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vée de Piccini à FiirlSj en 1777, leur parut favorable pour faire iriouiphcr leur critique» Piccini, l'un des compositeurs italiens les plus renommés de cette époque, arrivait en France après avoir fait représenter plus de cent opéras. On lulconiia celui de Roland dont il composa la musique , et qnl fut représenté peu de mois après VÀnnide de ClucL Une guerre lie plume commença alors entre les partisans de ces compositeurs. La Harpe, Marniontel, Suard ^ Tabbé Arnaud et Ginguené y prirent part et publièrent une multitude de brochures et d'articles de journaux qui sont maiutonant oubliés. Jti/$ , et surtout Didon, de Piccini, restèrent au théâtre; néanmoins les ouvrages de (^luck flmreut par remporter dans Toplnion générale , et la part de gloire la plus grande lui fut dévolue.

Telle était la situation de la musique dramatique à T aurore de la révolution française de 1789* A Tégard de la musique d'église, elle était faible de style en France, parce que les études sérieuses de contrepoint et d'harmonies étaient faites daus un mauvais système, Gossec^seui^ mérite d'être distingué.

L'art du chant, toujours ignoré , n'avait point encore pénétré chez les Français* Avec de belles voix , Larrlvée, Jéliotte, mademoiselle Lagucrre, et plus tard Legros, Chardini^ mademoiselle Amould et d'autres encore étaient des chanteurs médiocres.

La révolution de la musique française , contemporaine de Fautre, eut pour instigateurs méhul et ni. Chérubin!.

Enthousiaste de la musique de Gluck , et disposé par la nature à sentir avec force tout ce qui appartenait à Texpressiou dramatique , i\léhul , né à Gi vet dans le département des Ardennes^ Méhut qui^ sans avoir fait des études bien fortes, avait rinstinct d'une harmonie élégante et pure , comprit que ce qui avait manqué jusqu'alors à la musique françabe était , indépendamment de celte harniooie dont il avait le seuti-

ment , l'adoptiou de quelques formes italiennes ^ les morceaux d'ensemble développés y les airs réguliers et Finstrumentation brillante dont Mozart avait donné l'exemple quelgués années auparavant dans les Noces de Figaro et dans Don Juan, Le résultat de ses méditations fut Fopéra A'Euphrosine ou le Tyran corrigé y qu'il fit représenter en (1790), Stratonice f 1792^, Phrosine et Méiidor (1794), Ariodant f 1799J , et Joseph (1807), achevèrent de développer dans toutes ses conséquences le nouveau système introduit par Méhul dans la musique française.

M. Ghérubini5 né à Florence, et venu à Paris enl788 avec un nom déjà célèbre , exerça une influence très active sur la révolution qui s'opérait alors dans la musique française, en y appliquant les qualités particulières de son talent, et en donna les premières indications dans l'opéra de LadàUka qu'il fit représenter en 1791. €e talent déploya toute son énergie dans le Mont Saint-Bernard (1794) 9 dans Médée (1797), et dans les deux Journées (1800). Ces ouvrages et ceux de Méfaul complétèrent la révolution de la musique en France.

Méhul et Ghérubini avaient été suivis datts leur syttème par M. Lesueur , qui néanmobis avait mis un cachet d'originalité dans la Caverne (1798) , Paul et Virginie (1794), et Téiémaque (1796) , et par M. Berton , qui jetait les fondements de sa renommée dans les Rigueurs du cioUre, Montano et Stéphanie et ie Détire, ttoîeldieu préludait à ses brillants succès par Zoraîme et Zulnar; enfin l'école française avait agrandi son «domaine.

L'art du chant , long-temps ignoré en France , commença à y être connu et cultivé avec succès vers le même temps. Ce fut encore à la musique Italienne que l'école française fut redevable de cette amélioration importante. En voici l'occasion. En 1789 , Léonard , coiffeur de la reine , obtuit , on ne sait pourquoi, le privilège d'un théâtre d'opéra italien. Yiotti,

célèbre ilolouîste italien , alors établi à Paris , fui chargé de ForgaDlsation de la troupe » et il mit tant de zèle et d'intelligence dans sa mission y qult parvint à réunir une partie des meilJeurs chanteurs qui existaient alors. Le nouveau théâtre ouvrit en 1790 dans une espèce de bouge de la foire Saint- Germain 9 en attendant qu'on eût hâti la salle Feydeau qui lui était destinée. RaJTanelli , Mandini , Viganoni , Kovedino et madame Morichellî composaient une partie de cette troupe j la meilleure qu1l fût possible de réunir alors. Ces excellents chanteurs exécutaient les délicieuses compositions de Cimarosa, de Sarti et de Paësiello, Un orchestre excellent composé des meilleurs artistes de France, et dirigé par Mestrino , ajoutait au charme des représentations; entin rien ne manquait a Fensemble de ce spectacle , le plus parfail qui eût jamais existé à Paris.

Le chanteur le plus étonnant que la France ait produit , Garât , qui venait de se lancer dans le monde musical , allait former son goût et sa méthode à T école de ces virtuoses , et se préparait à fonder rexceUente école de chant d'où sont sortis tous les artistes qui depuis ont brillé sur les théâtres français. Ce chanteur joigaatt a l'organisation la pins parfaite qu'on puisse imaginer, une pronouciatioo qui ajoutait beaucoup à relfet de son chaut ^ et qui est une qualité indispensable pour rexéculiou de la musique frimçaise.

Tel était Vélat de la musique française lorsque toutes les maîtrises des cathédrales furent supprimées par suite de la révolution, ce qui détruisit l'éducation publique de la musique dans toute la France. Après la chute de Robespierre y le 9 thermidor an in , la Convention nationale décréta Torganîsation du Conservatoire de masique, sur le rapport de Chénier, pour remplacer ces aiici^aoes.écjaies ( Vo^r^ Gpmer-

En peu de temps la nouvelle école donna des résultats remarquables, cl dès Tan fV les concours des élèves furent

assez brillants pour que le miftistre de riatériear se chargeât de faire lui-même une distribution solennelle de prix dans la salle de FOpéra. Cette cérémonie se répéta pendant plusieurs années, et excita vivement Fémulation des élèves. Une multitude d'instrumentistes de mérite fut formée en peu de temps; les orchestres se recrutèrent et s'améliorèrent d'une manière sensible; des chanteurs supérieurs à ceux qu'on avait entendus jusque là peuplèrent les théâtres, et l'on vit successivement débuter à l'Opéra et à TOpéra-Gomique madame Branchu, Nourrit, Dérivis, Roland, Despéramons, madame Duret, madame Boulanger, Ponchard, Levasseur, madame Rigaut , mademoiselle Gnti ( aujourd'hui madame Damoreau], et beaucoup d'autres chanteurs qui ont fait et qui font encore la gloire de l'école française.

La fin du régime révolutionnaire et la réaction qui s'ensuivit se firent sentir dans la musique et surtout dans la musique dramatique. Après les vives émotions qu'on avait éprouvées, on sentait le besoin de calme et de sensations douces ; or il n'est guère de besoin dans la société qui ne soit bientôt satisfait Un jeune musicien, que rien n'avait fait connaître encore, se lança tout à coup sur la scène et réussit dans son premier essai de manière à causer des inquiétudes aux compositeurs les plus renommés. Ce musicien se nommait DMa^ Maria. Son Prisonnier au la RessemMance fut accueilli avec un enthousiasme diificile à décrire , grâce à la musique simple et naturelle qu'il y avait adaptée , et qui causa une sensation d'autant plus vive qu'elle était en opposition directe de système avec celle qui depuis plusieurs années était seule en possession du théâtre. Tel fut le succès de cet ouvrage que, presque subitement, les autres compositeurs changèrent de manière pour en prendre une plus douce et plus analogue à la direction nouvelle que prenait la société sous le consulat de Bonaparte. Méhul lui-même essaya de modifier son talent et donna des ouvrages d'un genre tout différent des premiers.

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tels que i'iraio , Vnû faite et ie Tr,ésor supposé, fiolcldieu, né pour la musique gracieuse et spïriluelle , cioniia succ^sssivement (e Calife (h lîatjdadt Ma tnnu Jurore^ Je fin de Paris et ie Nouveau Seigneur ele viiùige. Deux acleurs^ aimés du public, Elleviou et Martin, tous deux chanteurs agréables et cloués de belles voix » ne furent pas étrangers à cette métamorphose de la musique dramatique, Ih aimaient celle qui était favorable an développement de leur talent , et la plus légère était celle qui leur convenaU le mieux. Or ils procuraieut des succès; il était naturel qu'on travaillât pour eux; de là la réaction complèle qui se ût sentir dans l Opéra comique.

Cette réaction fut même telle qu*on reprit les ouvrages de Grétry, délaissés depuis long-temps, et que le public les revit avec entliousiasme* Dalayrac , qui avait aussi écrit dans le même genre ^ eut sa part de succès; enûn de nouveaux corn* positeurs, parmi lesquels on remarquait Nicolo ïsouard, Hérold, mort eu jauvier 18'i;5 , et Kreutzer, dont les débuts avaient été fort heureux, prirent aussi la direction qui plaisait au public , et la musique française se répandit à l'étranger avec succès.

La musique française était moins brillante dans le genre Instrumental, et même , il faut le dire , eUe n'a rien encore produit en ce genre qui ait pu la faire comparer â Fécole allemande»

Un des premiers soins des professeurs du Conservatoire avait été de rédiger des méthodes élémentaires pour les diverses parties de la musique , en Fabsence d'ouvrages satisfaisants pour cet objet- C'est ainsi qu'on vit paraître une Méthode de violon par Kreutzer, Rode et Baiilot, une Méthode de piano par Adam , une Méthode de musique et des solfèges auxquels avaient coopéré tous les professeurs ^ une Méthode de]chant, et^enlln une méthode d'harmonie^ fruit des méditaiions'de CateL

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