‹ Dictionnaire de musique;Chapitre 149 sur 192 · W2 FRA · texte numérisé non relu

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La révolutiM opérée par Bossiai daiiA la muaiqiie diamatique > ne fat connue en France que long-tempa après qu'elle eut été faite; mais enfin on entendit le Barbier de SéviiU, OtheHo, Sémiramis, et après que cette musique originale eut essuyé bien des critiques, elle devint l'objet de rimilation. Insensiblement les faits résultant de la nalwe de cette musique se classèrent et les compositeurs n'en pri^ rent que ce qui était une source de richesses novrelles C'est ainsi que plusieurs composiceurs français , sans perdre ce qu'il y a d'individuel dans leur talent, ajoutèrent à leuis qualités personnelles les nouvelléa découvertes du mattrc de Pesaro. *

Parmi les compositeurs qui travaUIent aujourd'hui (janvier 1859) pour la scène française, on remarque Bieyer* béer, Auber, Halevy, Adam , Glapisson, Boleldieu fils, Am* broise Thomas, HippoHte Monpou, Grisar, Berlioe; ce dernier et Onslow se font aussi remarquer comme compositeura de musique instrumentale.

Parmi les composteurs de romances, on distingue Labarre, Romagnesi , Brayère , Penseron , Bérat , Grisar, Hasini , Tfmeux, et mademoiselle Lolsa Puget; Henri Blanchard et Doche sont renommés comme compositeurs d'airs de vaude* vtOe ; Musard et Tholbec pour les contredanses.

Parmi tes* dianteurs d'opéra, on admire Nourrit, Duprez, Levasseur, GhoUet, le jeune Roger, Couder, Mario de Candia (italien) dxnxt les récents débuts à l'Académie royale de musique ont été couronnés d'un grand succès; madame Cinti-Damoreau, mademoiselle Falcon, madame Gras-Dorus, nrademoiselle Nau et madame Jenny Colon- Leplus.

Parmi les compositeurs instrumentistes célèbres, français ou

* Bist. de la Mtu. par Staflbrd, trad. par Mme Fétis.

qui ont acquis une réputation en France, nous comptons en- Ir' autres, pour le piano, Adam père, Zimennann, Henri Berdni, Henri Herz, Albert Sowinski et madame Pleyel, la plus célèbre peut-être de toutes les pianistes de l'Europe ; pour le violon, de Beriot, Baillot, Habeneck, Ghys, Alard. Hartot; pour la basse, Franchomme; pour le hautbois, Brod; pour le cor, Gallay; pour la flûte, Tuiou; pour l'alto, Urban , etc.

FRASE = PHRASE, *. f. — Toute la beauté d'un morceau de musique consiste dans Tbeureuse invention des phrases , dans leur bonne disposition, et dans leur liaison, qualités auxquelles doivent être jointes toutes les proportions qui contribuent à les rendre bien claires et bien distinctes, en indiquant à propos le juste terme de chacune d'elles, et prévenait ainsi une confusion qui serait très défectueuse.

Il y a , en musique , deux espèces de phrases : ia phrase mélodique, qui consiste dans une snccessioir de sons tellement disposés , soit par rapport au ton , soit par rapport an mouvement, qu'ils forment un chant bien lié qui aille toujours se résoudre sur une des notes essentielles du ton. La phrase mélodiqi]^ peut n'occuper qu'une seule mesure et même moins ; elle peut aussi en occuper deux, trois et plus encore, selon que le sentiment le demande; on peut changer de ton dans le cours d'une phrase. Lorsqu'un plus grand nombre d'accords^se succèdent avec leurs liaisons naturelles ex-* primées ou sous-entendues, et forment une cadence, ils contiennent ce qu'on appelle une phrase harmonique; de façon que si dans une succession harmonique la cadence est évitée au moyen de dissonances ajoutées aux divers accords intermédiaires , la phrase ou période est oonséquemment prolongée.

Dans tout morceau de musique , les phrases doivent toujours être disposées régulièrement, afin qu'elles soient defacUe intelligence pour l'exécutant, et qu'il puisse les distinguer

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convenablement et eu marquer les accents avec toute Texactitude que demande Tari de la musique.

FRASEGGURE = PHRASER, v. a. — Terme de musique qui signifie présenter la période musicale avec élégance et noblesse 9 Fomer de tous les agréments inspirés par le goût et prescrits par une bonne école , et la conduire avec art depuis son début jusqu'à sa conclusion , sans rien négliger de ce qui peut contribuer à son effet.

FRECaE ]dUSIGAU=FLËGH£$ MUSICALES.— Dans un ouvrage intitulé : Jûumai d'wn voyage à Manehao, sur ia càte méridionale de Hainau, à Ganton, fait dans les années iSOZi et 1805 parle capitaine Purefoy^ on trouve : cqu'àHush- Eon (vUle) , les indigènes ont un amusement particvdier^ qui consiste à lancer des flèches musicales ou cbantantes» comme ils les appellent Ges flèches sont de la longueur de cinq pieds> ayanten guise de fer un globe de métal ou de boiscreux, percé de petits trous» On les lance dans une direction verticale avec un arc ordinaire ; et en s' élevant comme en retombant elles rendent un son très singulier, en quelque sorte musical » qui d'abord dimhme graduellement d'intensité , puis va crescendo à mesure que les flèches tombent sur la terre. »

FREDONS , s. m. pL — Ornements de Fancien chant français. Ce mot ne se prend que dans un sens ridicule.

FREDONNER, v. «k — Ghanter à voix basse, entre les dents et sans suite, quelque passage d'air ou de chanson. Ce mot correspond au verbe italien cantereUare (Voyez ce mot).

FRIGIO= PHRYGIEN, adj. — (Voy. Modo).

FU6A = FUGUE, «. f. — La fugue est une composition musicale d'une espèce particulière, qui consiste dans un thème ou nijet, exécuté ou imité par toutes les autres voix principales, selon les règles qui lui sont propres, et combkié de manière à ce que chaque partie respective puisse le continuer et le mener sans aucune pause reniarquable jusqu'à sa

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Mj où toutes les voix s'uiibseot pour terininer ensemble. Au moyen d'une semblable disposition , chaque voix brille distinetement sans servir d'accompagnement aux autres^ et chacune d'elles revêt le caractère de voix principale. Elle prend son nom du mot latin fuga, fuite ^ parce qu'une partie semble fuir devant Tautre. ,(

Yoici les dîlTérentes parties dont se compose la fugue :

l" Le thème ou sttjeL C'est le motif ou la phrase dominante qui doit être imitée. Cette phrase est ordinairement accompagnée par d'autres qui forment avec elle un cofitr^point ifûuùie , c'est-à-dire une harmonie susceptible d*filre renversée de manière à échanger la position des notes eti passant aUeruativement des voix inférieures aux supérieures, et de celle s -cl aux inférieures. Le sujet s'appelle aussi en italien guiila, antécédente- ^ H en latin dux,

2" La répmiae ou cmisdqtumt , en italien conseguente. en latin eûmes. C'est la reprise du sujet par nne autre voix, procédant de la dominante à la tonique;, quand le sujet s'est annoncé de la tonique à la dominante ^ et viee versa ^ il faut aussi dans la réponse avoir égard au demi-ton qui se trouve dans le mode majeur^ entre la troisième et la quatrième note du ton , ou au mi fa des anciens. Si donc le sujet commence » comme on le trouve dans l'exemple représenté par la fig. 6">, la réponse ne doit pas être faite comme dans l'exemple de la fig, 64 y attendu que la seconde note du ton est ici à la place de la tonique , ni comme on le voit à la lig. 65 , parce que celte réponse manque à l'égard de la place que doit occuper le demi-ton , et passe conséquemment dans une fausse modulation; il faut donc que la réponse soit pratiquée comme rindique l'exemple de 1 1 lig. G G.

5' Le ConiresujeL C* est cette mélodie qu'on fait entendre pendant qu'une des voix répète le sujet, 1^ coiitresujet commence ordinairement lorsqu' entre la réponse . ou en même temps que le sujcL

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ti"* La répercttssi&n. C'est Tordre dans lequel le sit}et et la réponse se font entendre alternativement dans lesdiflTérentes parties, ce qui dépend presque toujours de la division de l'octave.

5** Les épisodes. Ce sont ces mélodies qui se pratiquent lorsque le thème se tait, et qui pour une fugue oMigée doivent être prises dans le thème ou dans le contre-sujet. Si entre les répercussions on entend des mélodies hétérogènes qui ne sont pas prises dans le thème ou dans le contresujet, alors la fugue est ce qu'on appelle fugus libre » comme celle de la flûte enchantée de Mozart.

Ordinairement dans les grandes fugues, après avoir pratiqué un nombre de modulations convenable et après être retourné au ton principal, on fait X^strette^ dans laquelle on répète le sujet , mais d'une manière beaucoup plus resserrée ; la réponse y doit être plus ou moins anticipée , selon que le permet rimitation.

Lorsque la fugue obligée est mêlée à différentes imitations et transpositions artificielles inusitées, on rappelle en italien ricercata. Si la fugue a plusieurs sujets qui se font entendre tantôt seuls, tantôt mêlés entr'eux, elle se nommera fugue d-ouMe, fiigueà trtns, à quatre sujets*

Les anciens appelaient fugues libres authefitiques {fugœ authenticœ) quand les notes du sujet allaient en montant, et fugues libres ptagaies {fugm plaçâtes) ' quand elles allaient en descendant.

n y a aussi des fugues à la seconde, à la tierce, à la sixte , etc. , dont la réponse se fait sur ces mêmes intervalles ; la fugue à la quinte est cependant la plus usitée.

Quelques uns divisent la fugue : 1*" en fugue réeUe abii" gée, (qu'on appelle aussi en italien irUegraieM naturaie, totaie), ou canony quand la partie qui répond marche par les mêmes intervalles et les mêmes figures que la partie qui propose, non seulement dans tout ce qui regarde le sujet pro-

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l>usé^inais encore dans luutle reste de la fugue du couiineucement jusqu'à la liu ; 2* eu (ki^u^ réeiU libre ^ dans laquelie le compositeur ne suiL les lois dont il vient d être parlé que ijour répondre un sujet, étant libre pour le reste de la fugue de faire ce que bon lui sem]>le ; S"* ea fugue du ton ou tg^ natct dans laquelle les réponses sont différenles, et quoique semblables à la proposition par rapport aux ligures , elles ne le sont pas cependant par rapport aux intervalles; 4" enfin en fuffu<^ d* Imiuitimi ^ dans laquelle la léponse imite le sujet à un inlervalle quelconque : cette fugue s'appelle aussi irt'égutière (Voy, Inûtazimii^)* 'jn\f%€i

H y a, en outre, deux autres espèces de fugues. La fugut conirairef dans laquelle le compositeur répond au sujet par inouienient contraire et observe les mêmes ligures et les mêmes sauts, sans se lier k tons les mêmes intervalles. La fugue contrah^c renversée , c'est-à-dire celle qui répond par mouvement contraire et qui observe les nïémes figures, et, autant qu'il est possible, les mêmes intervalles de ia proposition. Pour trouver avec facilité les réponses de cette fugue, les anciens se servaient de deux ceb elles, dont l'une descendait et l'autre montait, et chacune d'elles était formée de huit sons ; par ce moyen ils trouvaient les réponses contraires renversées, en comparant les lettres ou les notes inférieures aux notes supérieures. L'échelle inférieure servait pour les notes de la proposition, et Téchelle supérieure pour celles de la réponse. La déoomination de celte fugue tire sou origine de la position de ces écb elles qui sont entre elles contraires et renversées, ^j

La fugue suppose un compositeur qui possède la science des accords, et qui a une coimaissance profonde du contrepoint double 7 ainsi que des règles nécessaires «l ce genre de composition. Les qualités particulières de la fugue ne sont pas basées sur des principes purement arbitraires établis par les anciens compositeurs, mais elles sont lon*ésultal des raisons

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qui se renouyeUent par la nature rnAmç des choses. Le but principal de la fugue a été dans tous les temps d'ezjffliDer les senilments d'an peuple nombreux assemblé^ par exemple, dansune église. La différence des Intervalles par lesquelles diverses voix entrent et se suivent, les formes toi^ours nouvelles qu'acquiert rharmonie par le renversement des contrepoints doubles , mettent le compositeur à même d'exprimer les traits les plus remarquables de chaque membre en particulier dont est composée cette multitude.

Dans l'exécution des fugues, chaque voix doit exécuter sa partie énergiquement, ainsi que les instruments à archet dont le Jeu doit être énergique et signiicatif.

FUGARA. — Jeu d'orgue de tuyaux à anches, qui n'est plus en usage.

FUGATO = FUGUÉ, adj. — Ce mot désigne certains morceaux de musique écrits dans le style de la fugue, sans observer strictement les lois qui sont établies pour ce genre de composition. Le style ftigué est donc une fugue plus ou moins Irrégulière.

FURIA (furie), 9. f. — Eu Italie les compositeurs de ballet se servent de cette expression pour indiquer certahis morceaux de musique de mouvement vif, avec des couleurs et des accents forts , analogues à l'action de passions violentes, comme la colère, la vengeance.

FUSA, $. f. — Ancien n<Hn italien de la ctocht.

FUSÉE, 8. f. — Trait rapide en montant ou en descendant Ce mot était en usage dans l'ancienne musique française; on ne s'en sert plus aujourd'hui.

fUSELLA, #. f. — ^ Ancien nom italien de la double croche,

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