‹ Dictionnaire de musique;Chapitre 174 sur 192 · IMI · texte numérisé non relu

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oa r Apollon da Belvédère. Un travail parfait d'art est nne <Euvre de Tesprit humain^ et, dans ce sens, c'est aossi on tra~ vail de nature , élevant les objets les plus ordinaires à une plus haute signification, à une dignité plus sublime.

11 est certain que le plus grand effet de l'art dépend de l'illusion musicale. Le compositeur qui veut faire agir l'illnsion sur les autres, doit d'abord en sentir lui-même toute la puissance, c'est-à-dire que ruiusion doit subjuguer auparavant son esprit par de vives images, et son cœur par des eCTets correspondants. Et ce sont ces images, ces idées et ces sentiments qui , appuyés sur des objets réels de la nature, ou se rapportant à des objets fictifs, doivent ensuite produire l'illusion sur l'esprit et le cœur des auditeurs.

IMBOGGATURA = EMBOUCHURE, 5. /; — La partie des instruments à vent que l'on met contre les lèvres ou dans la bouche, pour en jouer. Chaque instrument à vent a son emhauchure particulière. Celles de la trompette, du cor, du trombone, du basson, du serpent, sont de même nature, dans des proportions différentes : ces emhouehureê ressemblent assez à un petit entonnoir. La flûte s'embouche par un trou ovale fait à l'instrument même, le flageolet par un bec, la clarinette par un bec qui porte une anche; le hautbois, le cor anglais, le basson , ont une anche pour emifouchure.

Comme c'est de la manière de gouverner Vemhouchurt que dépend la qualité du son , on dit qu'un corniste ^ un flûtiste, etc., a une belle embouchure quand il tire de beaux sons de son instrument

IMITAZIONE = IMITATION, 8. f. ~ Gcéron dit t Omnii motus animi suum quendam a natura haéet vuitum et sonum et gettum. Si tous ces sentiments ont des tons qui leur sont propres, et si le compositeur peut se servir de ces tons pour exprimer les sentiments, la musique, quoique bornée dans ses imitations, n'est pas moins un art imitatif, attendu que la nature lui présente ses modèles avec les moyens pour

les reproduire. Arhtote, Rdusseau et plusîeui^ autres auleun oDt adopté ce prineipe. Voici conimeut s'exprime ù ce si^et le philosophe de Genève :

a Limitation de la peinture est toujours froide » parce qu'elle manque de celte succession d'idées et d'inipreitSîoDS qui échauffe Tame par degrés, et que tout est dit au premier coup d'œîl. La puissance imitatlve de cet art , avec heancoup d'objets apparents, se borne en elTel à de très faibles représentations* C'est un des grands avantages du musicien de pouvoir peindre les choses qu'on ue saurait entendre, tandis qnll est impossible au peintre de peindre ceJles qu'on ne saurait voir ; et le plu^i grand prodige d'un art qui n'a d'activité que par ses mouvements^ est d'en pouvoir fonncr jusqa'h rimagc du repos. Le sommeil^ le calme de la nuit, la solitude et le silence même entrent dans le nombre des tableaux de la musique. Quelquefois le bruit produit l'effet du silence, et le silence l'elTet du bruit; comme quand un homme s'endort à une lecture égale et monotone . et s*évellle à rinstant qu'on se tait; et il en est de même pour d'autres elfetâ. Mais l'art a des substitutions plus fertiles et bien plus fines que celle-ci : il sait exciter par un sens des émotions semblables à celles qu'on peut exciter par un autre; et, comme le rapport ne peut être sensible que Tira pression ne soit forte, la peinture , dénuée de cette force, rend difficilement à la musique les imitations que celle-ci tire d'elle. Que toute la nature soit endormie , celui qui la contemple ne dort pas; et Tart du musîcieu consiste à substituer à Timage insensible de l'objet celle des mouvements que sa présence excite dans l'esprit du spectateur : il ne présente pas directement la chose, mais il réveille dans notre ame le même sentiment qu'on éprouve en la voyant.

n Aussi, bien que le peintre n'ait rien à tirer de la partition du musicien, Tiiabile musicien ne sortira point sans fruit de l'atelier du peintre. Non seulement il agitera la mer k son

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