INN
forme^ sous le rapport de la salubrité, un des meilleurs établissements portugais sur cette partie des côtes orientales de l'Afrique, les naturels du pays, qui doivent à leur vaillance d'être restés libres , ont une danse très sauvage, et c'est ordinairement au son du tambour qu'ils se livrent à ce plaisir. Leur principal instrument est la mariméah. U consiste en dix morceaux on baguettes, d'un bois très dur, qui sont fixés dans un cadre. Une petite calebasse creusée sert à cbaque baguette de moyen de résonnance. Le tout ressemble à peu près à un harmonica. Un autre instrument, qui s'appelle cassanga, est encore plus répandu chez les naturels d'Inhambam. n consiste en une caisse vide , dont le dessus est garni d'un certain nombre de baguettes en fer de diverse longueur et que l'on frappe des doigts. Les voyageurs ont trouvé ce même instrument à Guilimare, ville située sur le bord de la rivière portant le même nom. A l'occasion d'une noce, on a vu les habitants placer le fiancé sur quelques barres de bois posées en travers sur l'orifice d'un puits, et , pendant qu'on l'arrosait abondamment, les spectateurs chantaient autour de lui au son de la cassanga, et en exprimant leur Joie par de grands battements de main.
m LEYARE = EN LEVANT {arsis). — C'est cette partie de la mesure où l'on lève la main ou le pied. (Voyez BaUere).
INNO = HYMNE , s. m. et f. — Ce mot, dérivé du grec vf*yoc, désigne ordinairement un chant de louange composé dans le style sublime. L'église, outre le Te Deum 4auda^ mtu, emploie dans ses cérémonies trois autres hymnes, dont le texte est pris dans l'évangile de saint Luc , c'est-à-dire le Magnificat^ le CantiqtiedeZacharie, et celui de Siméoru
V Hymne amiroisienne ou Te Deum iaudamtis a été composée par saint Ambrolse , archevêque de Milan, dans le IV* siècle. Cette h3inne est toigours en usage dans toute la chrétienté, et se chante dans certaines fêtes particulières de
remerdment, soit avec le chant figuré, soit avec le plainchant
La Marseiiiaise est un hymne de la révolution française, composé par Rouget de lisle. On prétend que cet hymne produisait sur le champ de bataille le même effet que Tancienne et célèbre chanson de Rolland. Le nom de MarseUtaise lui vient de ce que , en 1792, les confédérés furent les premiers à le porter de Marseille à Paris.
Hymne, chant triomphal et patriotique, est du genre masculin ; hymne, chant d'église, est du genre féminin.
INNOCENTEMENTE , ( innocemment ). — Cet adverbe italien placé au commencement d'un morceau de musique, indique un mouvement modéré et un caractère simple et sans ornements.
DO-AVOLATURA = TABLATURE, s. f. — Ce mot désignait autrefois la totalité des signes de la musique. Dès les temps de saint Grégoire-le-Grand, qui abolit les caractères de la musique grecque ( voyez Fart J ), on se servait d'un grand nombre d'espèces de tablatures, surtout au moyenâge^ ainsi qu'on peut le vohr dans l'ouvrage intitulé : Scrip^ tores ecdesUistici de musica sacra potissimtu, par l'Allemand Martin Gerbert, abbé de Saint-Biaise. Dans ces [derniers temps, on a bien essayé d'hitroduire de nouveaux signes de musique ; mais aucune de ces nouvelles tablatures n'a obtenu du succès.
On donne aussi le nom de taéiiOure à la basse chiffirée. Avant l'hitroduction de cette basse ^ on employait en Allemagne une espèce de partition sans portée , oit les sons étaient représentés par les premières lettres de l'alphabet, comme le pratiqua déjà saint Grégoire. Les lettres mqoscules indiquaient la première octave ou la plus grave (en commençant par <i<i ) ; les lettres minuscules désignaient la seconde octave ; les lettres minuscules avec un petit trait horizontal
dessus^ la troisième octave ; avec deux petits traits» la quatrième» etc.» ainsi que le présente l'exemple suivant :
C DE FG JH, edefgah, ed e fg ah, edefgah.
Il y avait aussi plusieurs antres signes pour indiquer la durée des sons. Les Allemands se servent aujourd'hui encore de ces lettres pour exprimer l'étendue d'une voix.
Tablature était en outre une manière de noter par lettres, en usage autrefois pour le luth, le théorbe» la guitare» le sistre et la viole.
On appelle aussi tablature une table ou tableau, représentant un instrument à vent et à trous» tel que la flûte » la clarinette» le basson et tous leurs trous. De chacun de ces trous partent des lignes horizontales » sur lesquelles reposent de distance en distance des O pleins ou vides. Si VO est pleûi» il indique que le trou doit être bouché; s'il est vide» c'est que le trou doit rester ouvert pour former tel ou tel ton désigné en marge.
Gomme la plupart des sons du système d'un instrument à vent et à trous» ne s'obtiennent que par le concours de plusieurs doigts » et même de tous les doigts ensemble » la taàia» ture présente encore à l'œil les lignes qui tombent perpendiculairement sur les lignes horizontales. C'est en suivant cette autre direction » et en faisant attention aux O pleins ou vides qu'elle donne» que l'on parvient à connaître la quantité de trous que l'on doit ouvrir ou fermer pour faire tel ou tel ton.
On trouve la taMature de chaque instrument à vent et à trous en tête des méthodes de ces instruments. On y johit
quelquefois une tabtature particulière, qui marque le doigter de certains trilles qu'on ne saurait exécuter avec le doigter ordinaire.
Le cor n'ayant ni trous ni clés» on ne peut point donner sa taMature, On a indiqué cependant celle du trombone, attendu que les tons s'obtiennent, sur cet instrument, par une plus ou moins grande extension de la pompe.
INTELLI6IBILE = INTELLIGIBLE, adj. —On dit souvent que la bonne musique est celle qui est intelligible à tous. Si cette opinion était énoncée par les seuls ignorants, il ne faudrait pas essayer de la combattre, car on sait bien ce qui leur plaît; mais si le même langage est tenu par les véritables artistes , il faut leur rappeler qu'ils n'ont pu d'abord exécuter ni même comprendre les ouvrages de Haydn, de Mozart et de Beethoven, pour lesquels, aij^ourd'hui que leurs connaissances en musique se sont agrandies, ils ont une très grande estime.
Le plus grand art du compositeur, Fart véritable, consiste à agir indistinctement sur tous par la vérité de l'expression , en employant, selon que le demandent le sujet de Faction et la situation du moment, les moyens inépuisables que lui offre son art De cette manière la modulation la plus travaillée, placée convenablement, sera intelligible dans la véritable acception du mot, même à l'oreille la moins exercée, non pasquant à la structure technique (qui n'intéresse nullement), mais quant à in situation du moment Si, par exemple, dans Don Juan, la statue du Commandeur prononce son terrible êi (oui) I sur la note fondamentale mi, et si le comiiositeur, prenant cette note comme tierce de do, modale dans ce ton pris par Leporello , tout Ignorant en musique ne comprendra pas la structure technique de cette transition, mais il tremblera intérieurement comme Leporello ; le plus savant musicien ne pensera pas non plus dans le moment à cette transition et se trouvera sous la puissance du même sentiment que l'ignorant TOME L Sa
I^ facile , Tagréable en musique doit doue être approuvé lorsqu'il est adapté à la situation; roais vouloir en faire une règle exclusive serait resserrer Tart dans de trop étroites limites et le condamner h la monotonie. Les amateurs de poésie qui aiment tant les poésies faciles et populaires , une simple clianson nationale^ ne diront certainement pas que les vers de Dante, de Scbiller ^ de Goethe, de Sbakeq[)eare, ont peu de mérite parce qu'ils ne sont pas intelligibles à tous ; car l'esprit de Thomme est capable de perfectionnement et n'est pas borné au cercle uniforme de la vie actuelle. L'empire de l'art et de la nature est infini , et peut être considéré comme bien au dessus de toute théorie par son inépuisable variété.
INTEDENTii: DI MUSIGA = IJSTENDANï DE MUSI- QUE. — G'est presque toujours un emploi de cour. L'intendant remplit quelquefois les fonctions de directeur de musique.
. INTENSITA = INTENSITÉ, $. f. — (Voy. Farza).
INTENSO = INTENSE, adj. — On le dit d'un son qui vU^re fortement
. INTERMEZZO = INTERMÈDE, s. m. —Les anciens Romains représentaient souvent, entre les actes de leurs pièces de théâtre, de petites scènes qu'ils appelaient Satyrù
Grescimbeni affirme que, dans une farce composée par Damiano et imprimée en 1519 , il y avait au commencement de chaque acte des vers rimes formant des octaves, qui étaient chantés avec accompagnement de lyre ou de guitare , par un personnage qui portait le nom d'Orphée. Une autre fois on chantait un madrigal sous le titre de chcBwr, à l'imitation des anciens poètes comiques qui, au temps d'Horace, introduisirent des chants entre les actes, pour remplacer les chœurs employés par les Grecs dans leurs tragédies et leurs comédies.
Dans les anciennes comédies italiennes, chaque acte avait
un soounaire ou prologue » et quelquefois deux. Uu morceau du même genre était toigours rédté ou dtonté dans les anciens mystères par un an§e messager.
Les petits morceaux intitulés : Intermèdes en munftee, qui précédaient les opéras» n'étaient dans leprindpie que des madrigaux ou des chansonnettes. Le Tasse en composa pour, son Jminta, et Guarini pour son Past&r fido. Le public s'ennuya cependant bientôt de ces sortes de Compcnltions sans action, sans mouvement et sans incidents dramatiques y et on leur substltuasagement des scènes aflimées, pleines de caractère, de sentiment et de gatté.
Les intermèdes furent représentés entre les actes des grands opéras (comme au temps de Métastase) , et entre ceux des comédies, comme c'est encore FusagQ à Rome. £n Italie on donnait autrefois le iiom d'intermezzo à de petits opéras , tels que la Serva padrona, de Pergoièse, représentée à Naples vers l'an 17^ A» et qui est un des plus célèbres Intermèdes que l'on connaisse; ces intermèdes n'étaient pas toujours joués dans les entr'actes des autres pièces; on les appelle aijûourd'hui farces. Les intermèdes sont passés de mode en France.
lîlTERPUNZIOlSE ===» PONCTUATION, s. f. —On appelle ponctuation dans les compositions musicales la manière de distinguer les repos plus ou moins parfaits, et de diviser les phrases de telle sorte que l'on sente bien .lew commencement , leur fin et leurs liaisons phis ou moins grandes , ainsi que cela arrive dans un discoiurs bien prononcé.
On appelle aussi ponctuation le repos qui se trouve à la moitié de chaque verset des psaumes et qui est indiqué par un astérisque *. Lorsque la première partie est trop longue, trop étendue, elle est copiée aussi par un autre repos moins long , qui laisse seulement le temps de respirer et qui est marqué pap une vii^le.
INTERVxVLLO = INTERVALLE, s. m. ~ Distance d'un
son à un autre , plus aigu ou plus grave. Les intervalles se comptent ordinairement de bas en liant, et le chiffre repré* sentant le son le plus aigu par rapport au plus grave donne le nom à Tintervalie. Do sot, par exemple , forment une quinte, parce qu'il y a entre ces deux notes une distance de cinq degrés. Tout intervalle pouvant appartenir à différents Modes, il est pour cela qualifié des épithètes de naturel, majeur, mineur, diminué et a/ugm£nté. On n'appelle intervalle naturel que ces consonnances qui ne déterminent aucun Mode, comme la quarte, la quinte et Toctave; par les mots m4xjeur et mitieur, on distingue la variété des tierces, des sixtes, des septièmes et des secondes; maîf^ si dans un intervalle naturel ou mineur on monte la note grave d'un demi-ton mineur, ou si l'on baisse la note aîgvé d'un demi-ton aussi mineur, on formera ce qu'on appelle un intervalle diminué. Si dans un intervalle naturel on majeur la note grave est abaissée d'un demi-ton mineur, ou la note aiguë élevée d'un demi-ton aussi mineur, l'intervalle s'appellera intervalle augmenté.
On pourrait aussi imaginer des intervalles doubleme^u diminués ou doublement augmentés , comme, par exemple, la seconde doublement augmentée, soi b, ta j(, etc. ; leiu* qualité s'explique d'elle-même. .
Les intervalles les plus usités sont les suivants :
1* Vunisson; il est ou naturel, comme do do sur \e même espace, on augmenté, comme do do jji (on verra à l'article Prima pourquoi l'unisson est mb au nombre des Intervalles).
2'' La seconde; die est majeure {do ré) , mineure {si do), et augmentée {do ré f).
a*" La tierce; elle est ms^eure {domi)^ mineure (réfa)y et diminuée {ré jji fa\
Ix"" La quarte; elle est naturelle {do fa), diminuée {do i fa), on augmentée ifasi).