‹ Dictionnaire de musique;Chapitre 30 sur 192 · Tome i · texte numérisé non relu

Tome i

Mais pour Okieux coçoiattre la marçbe et le développaBem successif de rharmonie des preoiic^rs tea^p^f U est iMSfiewdre de consulter d'abord les auteun qui ont laissé dans, leiirs ouvrages des tracei de cette science. On peut senlem^t comprendre que les premidires harmonies ont ÙA éire des conspnnances parfaites, comme runisson, Foçtave« bqoilile; e'est précisément ce qu'était Vorganum. Le premter au* teur qui en parle 5 et qui traite de TanUque manière û*0r- SCKoméT en se seryapt dans sa notation de points , c'est le mçine bénédictin Ubaldo on Ucbaldo dç Saint-Ama^d en Flandre, qui vécut dans le X' siècle. Guido d'Arezso remplaça le mot organum qu'il trouvait trop dur par celui de diaphonie, et introduisit uj^ diaphonie douce. Aussi rcjjetat-il l'emploi de la qumte et du demi-ton en adoptant la tierce majeure et mineure, la seconde majeure et la quarte ( Y07. 90uMicrotagtie, chap. 18, 19). Aux temps de Guido cependant on ne se servait pas de ces intervalles. Franco de Cologne, inventeur de la musique figurée (siècle XI), appelle l'unisson et l'octave des consonnances parfaite» , les tierces majeure et mineure, des consonnances imparfaites, la quinte et la quarte des consonnances mixtes , et les renversemens de tierce , c'est-à-dire , les sixtes majeure et mineure, des dissonances imparfaites dont on peut iaijre usage dans le déchant, quoiqu'elles ne sonnent pas. Ueftà l'oreille : la seconde mineure, la quarte ms^eure, la quinte majeure et la septième majeure sont des dissonances parfîtes, insupportables à l'oreille. Guido fut donc un ennemi de la quinte et tellement partisan de la quarte, qu'il la met au premier rang* Franco, aa contraire, considère la qiiinle et laqaarte comme des consonnances mixtes, et il est le premier à conseiller de mêler quelque dissonance parmi les consonnances , et de ne pas faire monter et descendre en même temps les voix ; voilà les premiers pas faits ven l'uidra et la progression des consonnances et des dissooanoesL

Pendant deux cent cinquante ans, c'est-k-Are, depuis Franco ( 1080 ) jusqu'à Marchetto , de Padoue ( 1274 ) , la musique figurée et rharmomie ne firent pas des progrès très sensibles; toutes deux elles se trouvèrent enfouies, pour ainsi dire , comme une semence dans un terrain stérile, qui ne peut germer si une main bienfaisante ne lui vient pas en aide. Bt cette main amie, ce M Marchetto, de Padoue, et Jean de Murs * qui la lui présentèrent Marchetto, commentateur aussi, lui, des doctrines de Franco , comme les deux auteurs anglaÊis Walter Odington (1340 ) et Robert de Handio (1326), traite, dans son Lticidariomusicœ planœ, de plusieurs choses dont ses prédécesseurs n'ont pas fait mention , et, le premier, fi dit qAe les dissonances doivent toujours se résoudre en côBSonnances^ et prohibe la succession immédiate de deux ^bssonances. Quant à Jean de Murs (1330), il rendit encore plus claire la doctrine de l'union et de la progression des intervalles, inventa de nouvelles règles pour des cas nouveaux , et enseigna en général tout ce qui a pu être conservé parles harmonistes des siècles suivans. Prosdoctmo de Beldomandis, de Padoue (1412 ), commentateur de Jiean de Miârs, et antagoniste de Mardietto, contribua également plour sa part aux progrès de rharmonie. Le flamand Jean Tinctor (1470) vint ensuite et exposa avec plus de philosophie que ses prédécesseurs les doctrines musicales de cette époque. Mais Franchîno Gaforio de Lodl alla plus loin encore , ayant été le premier, dans son ouvrage Pratiea musiea , imprimé à MOan en 1496 , à donner des règles plus étendues sur la progression des accords, omettant tous les artifices du canon et de la fague, exposés avant lui^ et se restreignant à te qui est indispensable pour la composition d'un morceau de bonne musique.

* Jean de Mari passe généralemeot pour français; quelques-uns, oe pendant , le disent flamand ( de Mors ) .

8û ARM

De toat ce que Ton vient d'énoncer dans ces deux paragraphes il résulte que les premières traces de rbarmonie se trouvent dans Varganum de Ucbaldo. Guido d'Areizo, en introduisant d'autres intervalles et une autre manière d-oi^aniser^ ouvre la voie à une nouveUe hannonie* Franco de Cologne fait de nouveaux progrès dans la doctrine de cette science et invente la musique figurée. Guido et Franco sont les premiers fondateurs de Tharmonie et du système de la musique moderne , et tous leurs successeurs ^ en corn* raençant par Jean de Murs^ n'ont été <[ue les sectateurs et les réformateurs de leurs doctrines.

11 a plu cependant à quelques auteurs de chercher l'origine derharmonie dans le pays le moins musical de l'Burope» en Angleterre, prétendant que de là elle s'^t répandue dans les autres pays. Et d'abord on fit passer Saint-Dunstan, archevêque de Gantorbéryau x* siècle , comme créateur de l'harmonie , se fondant assez inconsidérément sur un passage de Surius, biographe de ce saint (Voy. Laur. Surit, 4i«tor» S^. T. m, p. 360). Et comment cette invention nouveUe ne se répandit-elle pas aussitôt partout?... Cette erreur entraîna dans une autre, et l'on changea le nom de Dunstan en celui de Dunstable. D^^asldiBiMioth. BHta/nnicO'Hibernia, pag. 239 9 on assure que Jean Dunstable, mort en 1453, était non-seulement un excellent musicien, mais encore mathé- Q^atiden et astrologue. On lui attribue un ouvrage manuscrit intitulé : De mensurahUimusica; etBumey prétend qu'il est cité au liv. O, cfaap. 7^ et au Uv. III, chap. 4 de la Practica Musica de Gaforio. Ce qu'il y a de vrai, c'est qu'au premier passage Gaforio ne parle pas d'un ouvrage théorique , mais d'une composition musicale. On en peut dire autant de la seconde citation où Dunstable est nommé avec Binchoix, Dufay et Brasar; autrement on pourrait attribuer à ces trois derniers des écrite semblables, ce dont on n'a au*

Page 1