COR S
Dans les instraments à manche, tels que le violon et k guitare, la corde perdant de sa longueur toutes les fois que le doigt vient la presser sur la touche, une seule corde rend une multitude de sous. La lyre des anciens avec ses huit cordes, ne donnait que huit sons; avec quatre cordes de moins, le violon en produit trente-deux.
Dam le piano , les cordes perdent en longueur et en épaisseur à mesure que le système s'éloigne de rextréme grave pour arriver à l'extrême aigu. Une chanterelle de violon re-* couverte dans toute sa longueur «vec un fil de laiton très délié, sert de quatrième corde au même Instrument, et le sot n'est qu'un mi filé en laiton (Yoy. Stumo). Plusieurs instruments, tels que le piano, la harpe, le psaltérion, oi|t une forme triangulaire, par la raison que leur dernière corde n'est souvent que la vingtième partie de la longueur de la première. Dans les petits pismos^ le triangle est circonscrit dans un carré long : cette forme est bien moins pittoresque et donne plutôt l'idée d'un meuble que d'un instrument
2* On appelle eordes les voix ou les sons qui composent l'échelle; ce mot sert, en outre, à distinguer les différents registres de la voix humaine, et l'on dit : cardes de poitrine, cordes de tête.
Quelques uns font dériver le mot corde du mot grec tonosy qui lui-même vient de'Tstvcu (je tends). Ton signifie donc corde tendue ou corde sonore : de là vient que le mot corde est souvent employé pour ton , et Ton dit les cordes graves , les cordes moyennes , aiguës de la voix, de la mélodie, de l'échelle, pour dire tes tons graves, moyens, aigus de la voix.
d* On appelle cordes essentieiies ou cordes naturelles celles qui constituent une telle voix, dans son étendue ordinaire , comme celle de ténor, de basse, et l'on donne le nom de cordes forcées aux antres cordes.
4* Les cordes stahies étalent la première et la quatrième Tome i. 20
(le chaque télracorde des anciens 5 parce qu'elles ne changeaient jamais et Tonnaient toujours entre elles une quarte juste»
5** Enfin on appelle corde» fuumumifu^ celles iiui dans quelques instruments à vent se trouvent au dessous du chevalet.
GORDIBRÀ :=» QUEUE , ê. f. -- PeUte planche très mince percée de trous, que l'on place dans la partie inférieure des instruments à archet, où l'on attache les cordes au moyeft d'un noeud (Voyez Istrumtnto).
CORDOMETRO = GORDOMÈTRE , s. m. — Instrument att moyen duqud on peut mesurer la grosseur des cordes pour nlaintenir l'accord d'un instrument dans un ^al degré de force. Il y en* a de plusieurê espèces. Le mefllenr cordomètre est èehrî qui est ïormé de deux petits morceaux de fer on de cuivre de la longueur de 6 à 7 pouces environ qu'on attache avec des vis à une de leurs extrémités^ et qui sont éloignés à l'autre extrémité de 3, & lignes et davantage» de façon qu'il existe un vide qui va toujours en diminuant et se perd tout cl fait auprès des vis. L'instrument est divisé par degrés pour observer jusqu'à quel degré on peut pousser sans eflbrts la corde dans le vide du côté de la vis.
CORÎCO , s. m. = CHORIQUE , s. f. — Espèce de flûte qui accompagnait autrefois les dithyrambes.
CORISTA = CHORISTE , s. des deux g. — Homme ou femme qui chante dans les chœurs.
GORISTA = DIAPASON, ». m. — On donne le nom de diapason à un petit instrument numototte, ayant à peu près la forme d'une petite fourche et qui est fait d'ader trempé. On le met en vibration en frappant l'une de ses branches ou en les écartant Tune de l'autre avec violence, et Ton donne de l'intensité au son qu'il produit en appuyant son manche sur m corps dur. En France., ce son est à l'unisson du ia , et se-
iQQ que ce taestplm ou moins élevé ; on dit que te diapawm est haut ou éas*
Hawldns dit^ dans sm HUteire de ia Musi^w, que le diapason Ait inventé en 1711 par un anglais nonuné Jobn Shore.
Paqiucci affirme {Jrte fratiea dU Caniroff. , tom. m, pag. 174) que vers le même temps it existait en Italie trois sortes de diapatans ; le iomi^ard était le pis» haut ^ le romain était plus bas d'une tierce mineure ^ de telle sorte qne le ré de Milan correspondait au fa de Rome ; le di9q[iason vé^ nitien triait le milieu entre les deux autres; de|Mils lors il s'est insensiblement élevé au ton de celui de Milan. ^
Autrefois il y avait en Allemagne deuxsortes de diapasons : 1** celui de cbasur ou d'orgUQ ( eharian), qui était d'un ton plus hast que celui des orgues modernes ; 2* cç lui de chambre {kammcrtath), qui était à Tunlsson de celui de ces mêmes orgues. On trouve aussi dans les plus anciennes orgues aile-* mandes un autre diapason, qu'm appelait diapoMm de eorfut; il est encore plus haut que celui du chœur. Aujourd'hui tous les constructeurs d'orgues règlent leurs instruments sur le diapasœpi de chambre.
Grande est la confusion entre les dtapamns actuels «tes divers pays de l'Europe , en ceqni concerne tes ordiestres de théâtres. Non seuten^nt. presque chaque ville a le sien, mais dans diverses vUles il en existe plusieurs. Par exemple , la capitate de l'Autriche en possède trois , savoir : celui de la cour, semblable à celui de.Saint-'Pétersbourg, lequel est plus haut que celui de l'Opéra de Paris , mais qui est mcins élevé 4'un qvLatt de ton que celui de Milan* Le di2q>ason le plus bas de Ytenne est d'un demi-ton plus haut que celui de Leipsick. Le diapason de Rome est toujours beaucoup plus bas que ceux de Milan , de Pavie, de Parme» de Plaisance et de toutes les autres vUles de la Lombardie.
On remarque que le diapason de chambre s*est sensible-
ment élevé dans toute l'fiorope depuis un sièdé environ. Eu* ler^ dans son Tentamen novœ theoriw tnusicœ, etc., Pétersbourg» ITSQ, csdcnlait que VtU de la clé de fa au dessous de la portée, donné par le tuyau ouvert de huit pieds ^ faisait cent dix-buit vibrations dans une seconde. En 1771 , il le trouva faisant 125 vibrations; les expériences de Sarti, en 1796^ lui'firent Toir qu'il en faisait 131 ; et le docteur Gbladnl Ta trouvé dans ces derniers temps variant entre cent trentesix ei cent trente-huit vibrations. La dififérence» depuis 1739» est donc de près d'un (demi-ton.
Il est indUérent pour un amateur d'entendre le inème morceau de musique 5 à Paris ^ par exemple 5 dans un ton, età Milan dans un autre ; mais il n'en est pa^ ainsi peur les chanteurs. Il serait donc à désirer qu'il n'y eût qu'un «eu< diapason invariable pour tonte l'Europe. Le docteur Glda<taii dont sons avons parlée a proposé un diapoêongénértU européen donnant cent trente^buil vibrations.
Quelques uns ont prétendu qn'on devait donner an ittapason le ton &ui (dû) comme celui qui est la première note de la gamme ; il semble cependant qu'on ait dbaki pour régnlateur le ia, qui est à vide sur tous les instruments à archet Une antre raison de cette préférence pourrait être encore que les anciens ont commencé leur système par io.
CORNÂMUSÂ = CORNEMUSE, e. f. ~ Instrument à vent avec des chalumeaux h anches. Les parties de la cornemuse sont la peau de mouton qu'mi enfle comiote un ballon , et lé vent n'a d'issue que par trois chalumeaux qui 7 sont adaptés: Tnn s'appelle le grand bourdon , l'antre le petit bourdon ; le troisième chalumeau est percé de trons et sert à varier les sons et à rendre les d^rents airs de musique. Cet Uistrument^ qui a une étendue de trois octaves, était connu des peuples de Tantiquité. Les Romains rappelaient utricularium ou tù hria utricularis. Le mot eoriiemuêe est aussi le nom d'nn jea d'orgue (Voyez le second article OLoé).
CORNET A PISTONS. * — Le cornet à pistai^ «oit sa natesaBce h U trpmpette (Vojr. cet art ), car le cornet n'est antre chose .qu'une petke trompette qui possède des tons plus aigus. Le mécanisme du cornet à pisteiis est semblable en tout point à celui de la trompette» c'est-à-^dire que les pistons remplissent les mêmes ftoctiotts. L'instrument afliram par sa nature des sons plus 9àgQ$ que ceux de la.trompette, son étendue est par conséquent renfermée dans un eqiaoe moins grand. Là rapport qu'on peut étabfir entre eux est celui qui existe entre le violon et l'alto.
Les tans ou ^4m^ tU rtchange de la trompette à pistons sont en commençant par le ton le plus grave :sH;,Hiifiut, réj^yré, mj \; , miii , fa et âût. Ceux du cornet sont : mij;, miiiffa et soi (à l'onisson de la trompette ) , <a (? » ^a t) y et d^ I; à l'aigu.
C'est M. Antoine Halary qui trouva le moyen d'adapter au cornet le même principe de mécanisme du cor et de la tram-' pctte à pisUms.
11 existe une méthode de trompeUe^de cornet à pistons, par M. Dauvemé» professeur au Conservatoire de Parla.
CORNETTA, *. f. ==t CORNET A BOUQUIN , s. m. ~ Cet instrument ne se distingue du oor de cÉasse que par sa dimension plus petite et scm emboudMire qui est attadiée a» corps du cornet
^CORNKTTA ACUSTICA = CORNET ACOUSllQUE. —Ce cornet a été inventé il y a quelques années par M. Dall'Armis, pour aider lessourdsà entendre (V. le vol. xxxvnJaAvterisas, du Giomaiearcadieo discienze, ietUrû ed arti di Rama, p» 48. Dans le voL xxxvm on en trouve même la gramnre).
CORNETTA, s. f. =: CORNET, s, m.'^Le cornet cstle plus ancien de tous les instruments qui sont actuellement en usage; sa forme très simple et la dificuUé de son embouchure sem-
' Ajoai^ par le Tradoeiear. *
blent le prouver. 11 est fait en corne et percé de sept trous dont un sert au pouce de la main gauche : Il est de la longueur de deux pieds environ, et on en )oue comme de la trompette. L'étendue du cornet, dans toute la gamme dlato* olco-chromatlque, est depuis le <a dé de Violon au dessous des lignes, jusqu'au mi au dessus des lignes. Le c&r^ieuino ancien s'étendait du ré clé de violon au ê&i le plus aigu. Le cometto tarto , également anden, était plus bas d'une quinte que le cornet ordinaire. Le cometto muto avait un son Csible et l'embouchure attachée au corps de l'instrument
GORNETTO = CORNET.»— Jeu d'ongue composé de quatre tuyaux qui résonnent à la fols sur chaque touche et qui sont ^Lccordés à l'octave , à la double quinte et à la triple tierce.
CORNISTi = CORNISTE, f. des deux g. — Mudclen qui joue du cor. •
CORNO =s CQR, $. m. «^ Appelé aussi Cor de chasse. Cet instrument à vent en cuivre sans trous, est formé d'un long tube tourné en forme circulaire et terminé par une portion ouverte qu'on nomme le pavillon. Le cor se joue avec une embouchure ou bocal de forme conique^
Le cor étant un tuyau sonore ouvert par les deux bouts et pri;iré des trous qui dans le hautbois et la clarinette servent à modifierles sons , c'est au moyen de la pression plus ou moins forte des lèvres sur l'embouchure que l'on parvient à rendre 4es sons différents; mais comme par cette manière on ne peut faire résonner que la tonique et ses aliquotes , on se verrait réduit à demeurer constamment dans le même ton si l'on n'avait recours à divers cors de rechange qui, en s'adaptxnt à l'instrument , servent à élever ou à abaisser soa intonatibn. Ces variations étant produites par un moyen physique qui tient au mécanisp^ de l'Instrument, et consiste à raccourcir ou allonger ses tuyaux dahs les proportions données, la mélodie doit rester immobile; aussi les parties de cor et de trompette sont-elles toujours notées en do (ut), et ce
COR Mi
do de?^aûi successhrenent un ré^nami^mt ftij etc. y UnH le système des aliquotes change en même temps que la toni^ que. L'exécataiit voit sans cesse €lo mi sH sur le papier, et roreille entend réfaîa, misai H, faiada ,Hré fa^ selon que Tinstrament a été disposé d'sqprès les indicaitîons qui se trouvent en tête des morceaux de musique.
Le système harmonique du cor est pareil en tout à celui de la trompette; mais ses tuyaux , du double plus longs et terminés par un grand pavillon , donnent l'octave basse de cet instrument Ce pavillon est disposé de maidère à recevoir la main, qui réunit son artifice au pouvoir de remboocbuee pour maîtriser la colonne d'air et la forcer à articuler les tons que la résonnance multiple ne fait point entendre , et que Ton nomme vulgahrement tans éauchés ( coUa mano ) ; c'est ainsi que Ton parvient sur cet instrument à parcourir toute la gamme diatonico-chromatique.
Gomme la partie des cors est toujours mise en ut (do) majeur, il est nécessaire d'indiquer en tête de chaque morceau le ton dans lequel ils doivent jouer. Par exemple : cami in Bon carsensié, m G ouenur, in D ou en ré, m E Ou en mij in E, tn Es, in E ^ /^ on en mi 6, etc.
Les plus beaux sons du cor sont ceux que Ton obtient avec la proportion» moyenne des tuyaux; c^est pourquoi les compositeurs qui connaissent l'eflét de cet instrument se servent quelquefois de tout autre ton que celui dans lequel est écrit le morceau. Par exemple : les cors enmi6,faQiré remplacent très bien ceux en ^'b,daei to> surtout lorsqu'ils s'adaptent mieux aux modulations qui s'éloignent du ton primitif.
LQcoTiie chasse fut inventé en France en 1 690 , mais il ne servit d'abord que pour l'exercice dont il porte le nom. Transporté en Allemagne , il y fut perfectionné et fut appliqué à l'usage de la musique. En 1750 , on commença à s'en servir en Francç , mais il ne fut introdnit dans l'orchestre de l'Opéra qu'en 1757. Les sons qu'on en pouvait tirer alors étaient en
petit nombre ; flial&eB 1760, un aUenand» nommé Hanpl, dé* cMvrit qu'il était possible de loi en faire produire d'autres en bouchant en partie a? ec la main le pafillon. Cette découverte ouvrit la carrière à d'habUes artistes qui se livrèrent à l'étude dm cor. Un antre allemand^ tpA se nommait Halten^ holf , compléta les améliorations de eetinstromenten 7 ijoo* tant une pompe à coulisse, anmofen de laquelle on en règle la justesse lorsque les intonations s'élèvent par la dialeur.
D'après on passage d'une lettre de lady Montapie , on peut conjecturer que k cor a été d'abord anciennement employé dans la musique de danse et de chambre. Told ce passage ; • They (les salles de danses) arsvery nuiyni/Ioen^yTWrniâhed, and Ae m/uHk very Gaod, iftheyhadnotthët detesiabU custâm 4pfniiadng km^ng^hamê wiih it, tàa$ aimoftdeafentkecomfHtn^. Buithat tÈoisey soaffreeo" bUherCy they never make a conotrt wMunU it. » (Toy* LiitersofiherigthhimouraéieLadyMôntague. Lett W^ Vienne , Jan. 1717 ). C'est bien id le cas dédire : iempora mutantur et nos mutamur in iitis. Il y a cent ans, on criait que les cors de diasse anonrdissoient les veilles, et aujourd^iui on souiBre patiemment tout le cortège de la musique bruyante.
Le cor est un instrument précieux par la variété de ses e^ lets. Toor à tour énergique ou suave, il ae prête également bien h l'expression des passions violentes et à celle des saitimens tendres. Ses accents simples et pleins de candeur, cette flratemité constante qui règne entre les deux cors, ces tierces et sixtes, ces quintes riches, barmonienies et redondantes , ont des charmes toi^cnirs nouveaux. Nous les avons entendus mille et mille &>is ces traits, et quand on nous les etSHra de nouvean nous éprouverons les mêmes senaattons^
COBNO a=r COR , ^. m. — Jeu d'orgue (Voy. F4%tUme).
CORNO BÂSSETTO = COR DE BASSET, (en allemand BasHt-ktMm). — On croit que cet instrument, qui unit à la