‹ Dictionnaire de musique théorique et historique (volume 2)Chapitre 46 sur 117 · PI A · texte numérisé non relu

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nombre peuvent atteindre à ce haut degré de perfection. La quatrième classe est encore plus faible que la troisième. Il semble qu'on ait perdu le secret des Beethoven , des Mozart, des Hummel, des Boïeldieu. C'est qu'ici encore il faut une étude longue et persévérante, secondée par une nature exceptionnelle. L'homme de génie, lui-même, a besoin de longs tâtonnements avant d'arriver à improviser en maître. Il faut s'y exercer de très-bonne heure et tous les jours, sans se rebuter des difficultés qui naissent à chaque nouveau pas dans cette épineuse carrière. Du reste, l'improvisation , lorsqu'on a franchi tous les obstacles, procure tant de jouissances, que les'**, jeunes gens bien organisés devraient s'y livrer avec plus d'ardeur.

Piano. Instrument de musique à cordes et à clavier, qui a succédé au clavecin. Dans le clavecin et l'épinette, les cordes étaient pincées par un bec de plume ou de cuir; dans le piano , ce sont des marteaux mis en jeu par la touche et divers échappements qui viennent les attaquer. La corde pincée donnait des sons trop uniformes , tandis que le marteau est aux ordres de celui qui sait le maîtriser, et que le son acquiert plus ou moins d'intensité selon que la corde est frappée avec plus ou moins de vigueur. Le piano donnant des moyens d'expression jusqu'alors inconnus dans les instruments à clavier, et modifiant les sons du piano ou forte par degrés imperceptibles, reçut d'abord le nom de piano forte ou forte piano, comme exprimant les deux qualités qui le distinguaient. Dès le moment de son invention, le nouvel instrument remporta une victoire complète sur le clavecin, qui disparut tout à fait.

Si le piano ne peut se montrer avec avantage dans une vaste enceinte et au milieu d'une foule d'instruments, il prend bien sa revanche dans les salons, où

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il forme à lui seul une harmonie complète. Si le violon est le roi des orchestres , le piano est le trésor de l'harmonie et du chanteur à la ville, à la campagne surtout. Que de soirées dérobées à l'ennui et embellies des charmes de la musique ! On chercherait en vain à former un quatuor ; le piano est là, c'est le point de ralliement.

Les jeux brillants et variés de cet instrument , les licences que la main droite a pu se permettre à la faveur des groupes harmonieux exécutés par la main gauche, se sont introduits peu à peu dans l'orchestre dont ils ont augmenté la puissance.

Le piano commença à se répandre en France vers 1780. Mais il y avait loin des premiers essais encore informes qui furent alors tentés aux instruments superbes, excellents, qui sortent aujourd'hui, des ateliers de nos habiles facteurs.

Le piano à forme de clavecin, vulgairement appelé piano à queue, est celui que l'on doit préférer. Les cordes étant frappées dans le sens de leur longueur, on obtient des vibrations plus fortes et plus prolongées. La forme de ce piano est élégante et pittoresque, elle représente une harpe couchée horizontalement.

Le grand piano donnant un volume de sons plus considérable et prolongeant les vibrations, on peut réellement exécuter des mélodies larges sur cet instrument. Ses moyens sonores et la moindre facilité que présentent les touches de son clavier donnent plus de solidité au talent de l'exécutant, et le forcent en quelque manière à acquérir un beau style.

Les facteurs de pianos dont les produits sont le plus estimés en France, sont : les frères Erard, Pleyel, Pape, Dietz, Roller et Blanchet, Souffleto, Henri Ilerz. On n'attend pas sans doute de nous que nous signalions ici les qualités qui distinguent les

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