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d'Cft^dipc : Votre cour devient mon asile, pour donner à rinstnimentation une fraîcheur et un calme délicieux.
Autrefois, on appelait alto-basso, un instrument de percussion à cordes que le musicien frappait avec un petit bâton, tandis que de l'autre il jouait sur la flûte un air qui s'unissait aux sons de l'alto-basso accordé à l'octave, à la quinte ou à la quarte. De nos jours, il n'est plus d'usage parmi les musiciens, qui en conservent à peine le souvenir.
Amateur. On nomme ainsi celui qui, sans être musicien de profession, fait sa partie dans un concert pour son plaisir et par amour pour la musique. — On appelle encore amateurs ceux qui, sans savoir la musique, ou du moins sans l'exercer, s'y connaissent et fréquentent les concerts et les théâtres lyriques. — Ce mot est traduit de l'italien dilettante. (Voyez Mé-
LOMANIE.)
Ambroisien (chant et rit). Lorsque saint Ambroise monta sur le siège épiscopal de Milan, en 374, il y avait incontestablement dans cette Eglise un ordre provenant d'un de ses prédécesseurs pour célébrer les saints mystères. Mais les cérémonies en étaient simples, sans fixité, conformes, en un mot, à l'état d'humilité des chrétiens et à l'esprit qui les animait. Quelquesunes des parties de la liturgie n'étaient peut-être pas encore écrites, et certainement elles n'étaient pas toutes recueillies. Saint Ambroise leur donna la forme et la splendeur qui leur convenaient. Il organisa la liturgie dans le diocèse de Milan, et en fit un tout complet. Il composa des messes pour chaque circonstance, un grand nombre de préfaces où l'on voit en peu de mots les sujets des mystères et les actions des saints, beaucoup d'hymnes et d'autres prières.
Quant a la psalmodie, il est constant qu'il établit, en 386, le chant alternatif des psaumes à l'imitation des Eglises orientales, et que, de Milan, il passa dans
tout l'Occident, dont quelques contrées le possédaient encore dans lexii© siècle comme saint Ambroise l'avait noté. C'est ce saint prélat qui nous apprend lui-même celte institution dans sa lettre à sa sœur Marceline.
Amen. Ce terme hébraïque, qui signifie aiiisi soit-it^ a été adopté par les chrétiens dans plusieurs cérémonies religieuses. Quand le prêtre a terminé une prière, le peuple, en signe d'approbation, répond Amen. Ce mot est employé aussi pour désigner le dernier verset de plusieurs textes ecclésiastiques, tels que les psaumes, les hymnes, les motets, qui se terminent par le mot amen.
Amoroso (tendrement). Ce mot indique l'expression tendre et louchante d'un morceau de musique. Il accompagne souvent les mots andante et andantinOy et demande une exécution semblable à celle de l'a/*fettuoso.
Anabasis. Ce terme indiquait chez les anciens Grecs une mélodie ascendante.
Anacampos. Expression grecque qui signifiait le contraire de la précédente, c'est-à-dire une progression de l'aigu au grave.
Anche. Deux languettes de roseau fort minces dans leur extrémité, placées horizontalement l'une sur l'autre et assujéties sur un petit tuyau de métal, forment l'anche du hautbois. Celles du cor anglais et du basson, faites de la même manière, ont des proportions plus grandes. — L'anche de la clarinette n'a qu'une seule languette de roseau, qui produit les vibrations en frémissant contre le bec de cet instrument où elle est fixée.
Anciens (Musique des). Lorsque les savants modernes lisent dans les ouvrages de l'antiquité les éloges pompeux qu'on y fait de la musique, et les merveilles qu'on lui attribue, ils ne peuvent les concevoir; et comme ils ne voient rien dans l'étude et dans la pra-
tique (run art assez frivole qui justifie ces éloges ou qui contirme ces miracles, ils traitent les auteurs de visionnaires et les accusent d'imposture, sans réfléchir que ces écrivains qu'ils osent ainsi calomnier sont les hommes les plus judicieux, les plus sages, les plus instruits et les plus vertueux de leur siècle. Les musiciens eux-mêmes, fort emharrassés d'expliquer au moyen de la musique moderne les efiets surprenants allribués à l'ancienne, prennent le parti de rejeter ces efiets tantôt sur la nouveauté de l'art, tantôt sur le pouvoir de la poésie qui y était unie, tantôt surla prétendue grossièreté des peuples. Burette, le moins excusable de tous, puisque ses connaissances devaient le rendre plus juste, prétend que les merveilles qu'on raconte de la musique des anciens ne prouvent en aucune manière sa supériorité sur la nôtre, et qu'Orphée, i>emodocus, Terpandre, n'opéraient rien de plus que ne pussent opérer les plus mauvais râcleurs de village s'ils trouvaient de semblables auditeurs. Cet écrivain, qui croit pouvoir assimiler ainsi les peuples de l'antiquité aux hordes sauvages de l'Amérique, oublie sans doute que ces peuples étaient, de tous ceux qui ont paru sur la terre, les plus sensibles aux beautés des arts ; il ne pense pas que c'est peu de temps après l'apparition d'Orphée que viennent Hésiode et Homère, les plus savants des poètes, Lycurgue et Zaleucus, les plus rigides des législateurs. H ne veut pas voir que ïyrthée et Terpandre étaient presque contemporains de Sapho et d'Esope, de Solon et de Pindare. Nous ne savons pas comment il aurait arrangé des clioses aussi contradictoires s'il avait voulu y réfléchir un moment, ni de quelle manière il nous aurait prouvé que ceux qui avaient des poésies comme celles d'Homère et de Sapho, des lois comme celies d(,' Lycurgue et do Solon, des statues comme celles de Phidias, se seraient extasiés en écoutant
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l'harmonie d'un de nos ménétriers ; car nous, dont la musique est si parfaite à son a\is, qui possédons des opéras si magnifiques, nous sommes encore bien loin d'avoir rien de comparable à Vilidde et à VOchjssée, rien qui approche de l'Apollon du Belvédère et de Vénus pudique, quoique nos poètes et nos statuaires copient et recopient sans cesse ces admirables modèles. Il fallait que le brillant auteur d' Anacliarsis eût sur les yeux un bandeau bien épais, pour avoir adopté sans examen l'opinion de Burette ; il semble qu'il aurait dû lui préférer celle de Platon, celle de d'Aristote, celle de Plutarque.
Ces opinions valaient pourtant la peine d'être discutées. L'historien Polybe, dont on connaît l'exactitude, raconte que de tous les peuples d'Arcadie, les Cynèthes étaient les plus féroces, et il attribue hardiment leur férocité à l'éloigilement qu'ils avaient pour l'art musical. Il s'élève avec force contre un certain Éphore qui avait osé dire que la musique ne s'était introduite parmi les hommes que pour les séduire et les égarer par une sorte d'enchantement, et lui oppose l'exemple des autres Arcadiens qui, ayant reçu de leur législateur des règlements propres à leur inspirer le goût de la musique, s'étaient distingués par leurs mœurs douces et leur respect pour la Divinité. Il fait le tableau le plus flatteur des fêtes où la jeunesse arcadienne s'accoutumait , dès l'enfance , à chanter les hymnes religieux en l'honneur des dieux et des héros du pays.
Ainsi, Polybe attachait à la musique le pouvoir d'adoucir les mœurs. Longtemps auparavant, Platon avait reconnu dans cet art une influence irrésistible sur la forme du gouvernement ; il n'avait pas craint de dire qu'on ne pouvait faire aucun changement dans la musique sans en cfieclucr un correspondant dans la constitution de l'État. Cette idée, suivarit ce 2 d
philosophe, appartenait à Damon, qui avait donné des leçons d'harmonie à Socrate. Mais, après l'avoir reçue de Socrate, il l'avait fort développée par ses éludes et ses méditations. Jamais il ne perd dans ses ouvrages l'occasion de parler de la musique et de démontrer ses effets : il assure dès le commencement de son livre des Lois, que dans la musique sont renfermées toutes les parties de l'éducation. — L'homme de bien, avait-il dit ailleurs, est le seul excellent musicien, parce qu'il rend une harmonie parfaite, non pas avec sa lyre ou tout autre instrument, mais avec le total de sa vie. Ce philosophe se garde bien, comme le vulgaire commençait à le faire de son temps, de placer la perfection de la musique dans la faculté qu'elle a d'affecter agréablement l'oreille. Il assure, au contraire, que rien n'est plus éloigné de la droite raison et de la vérité. La beauté de la musique consiste, selon lui, dans la beauté de la vertu qu'elle inspire ; il pense qu'on peut connaître les inclinations des hommes par l'espèce de musique qu'ils aimene ou qu'ils louent, et veut qu'on forme de bonne heure leur goiit sur cette science en la faisant rentrer dans l'éducation des jeunes gens, d'après un système fix et bien arrêté.
Le système musical que Platon avait en vue dans ce passage était originaire d'Egypte. Porté d'abord en Grèce par Orphée, quant à la partie poétique, il fut ensuite développé par Pjthagore, qui en expliqua la partie théorique assez exactement, cachant seulement le principe fondamental de la science, dont il réserve la connaisance aux seuls initiés, ainsi qu'il en avait pris l'engagement dans les sanctuaires ; car les prêtres égyptiens ne communiquaient les principes des sciences en général qu'après les plus terribles épreuves, et les serments les plus solennels de les taire ou de ne les livrer qu'à des hommes dignes de les posséder.