‹ Dictionnaire de musique théorique et historique (volume 3)Chapitre 63 sur 112 · CH · texte numérisé non relu

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Catapléon. Nom d'une certaine danse pyrrbiqiie

des Grecs.

CvTCii Nom anglais d'une certaine espèce de petits canons ou fugues, que l'on chante dans les sociétés comme simple divertissement.

C.1TEN4, Barre. Petite lame de bois que 1 on colle au dedans des instruments à archet dans la longueur de la table d'harmonie. ^^

CivvRE IL suo^o, Tirer du son. Manière de faire sortir le son de quelque instrument : de la les ditférentes qualités ou modifications du son. On dit : tirer des sons doux et âpres.

Cayatitse. Sorte d'air, pour l'ordinaire assez court, nui n'a ni reprise ni seconde partie, et qui se trouve souvent dans des récitatifs obligés. Ce changement subit du récitatif au chant mesuré, et le retour inattendu du chant mesuré au récitatif, produisent un effet admirable dans les grandes expressions. Cembalo. (Voyez Clavecin.) Centon, en italien centone. On appelle ainsi un oratorio, un opéra composé d'airs de plusieurs maîtres. On lui donne aussi le nom de pasticcio, pastiche, composition dans laquelle il entre des morceaux de divers auteurs. Ce mot dérive du grec centouy habit de plusieurs morceaux.

Chacone. Air de danse très-étendu, qui servait de finale à un ballet ou à un opéra. Le chacone n'est plus en usage sur aucun théâtre.

Chalumeau. Instrument à vent fort ancien, et le premier peut-être qui ait été inventé. Cet instrument pastoral n'était dans l'origine qu'un roseau perce de plusieurs trous. Le chalumeau moderne était une espèce de petit hautbois, que l'on a abandonné à cause de la mauvaise qualité de ses sons.

Chanson (la). L'homme ému d'un sentiment gai, tendre, ardent ou belliqueux qui prolonge ses ac-

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acconls, los module ol varie les tons dp sa voix en mêlant des paroles à cette expression naturelle, fait ime chanson. Le guerrier scalde, qui s'écriait sur le champ de bataille : '< Corbeaux, \oici votre pâture ; nos ennemis sont morts, remerciez-moi ; venez, voici votre pâture », et qui accompagnait ces mots d'inflexions diverses, faisait une chanson militaire.

Cette origine est commune à toutes les espèces de chansons. Les règles sont nées ensuite du nombre même des exemples, et ont été soumises à cette manière d'exprimer son émotion par une alliance intime (lu chant et du langage.

Nous ne nous arrêtons pas, ainsi que l'a fait Rousseau, sur l'origine plus ou moins ancienne de ce petit poëme, et nous avons de bonnes raisons pour nous en tenir à l'opinion d'Aristote, qui prétend que les lois elles-mêmes étaient des chansons. Chez les Grecs, les unes et les autres empruntaient le secours de la mélodie.

La chanson, parmi nous, est un petit poëme marqué d'un rhylhme populaire et facile; passant de bouche en bouche, et rapide comme la renommée, il devient l'expression de tout un peuple, qui répète ses refrains joyeux ou passionnés. Comme la chanson se prête à tous les sentiments, elle emprunte aussi tous les tons ; gaie, tendre, satirique, philosophique, jamais fée n'eut dans ses mains un prisme plus variable : la seule teinte qu'elle rejette est celle du pédantisme.

Si nous cherchons à établir une espèce d'ordre dans un sujet qui en comporte si peu, nous trouvons d'abord la chanson religieuse, la chanson politique et patriotique, la chanson guerrière, la chanson philosophique, la chanson satirique ou vaudeville, dans laquelle les Franrais ont surtout excellé ; la chanson grivoise, qui est l'abus et l'excès de ce dernier genre; enfin la chanson burlesque, ou parodie, qui tient de

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la chanson grivoise et dé la chanson satirique. Au reste, il est inutile de dire que tous ces genres rentrent souvent l'un dans l'autre, et qu'il est par conséquent inapossible d'en déterminer exactement les limites.

De la chanson religieuse. De tout temps l'exaltation religieuse a produit des chants, et les hymnes se sont élevées vers le ciel avec la fumée des anciens sacrifices. Sans parler des hymnes d'Orphée, des pœans ou cantiques sacrés des Grecs, de ceux des adorateurs du soleil, dont on retrouve quelques vestiges dans les fragments du Zendavesta, sans nous occuper de ces chants hébraïques connus sous le nom de psaumes, passons à cet usage populaire des chants inspirés par la religion chrétienne.

Ces chansons, appelées cantiques ou no'élsy sont curieuses comme monuments de l'esprit humain. La plus connue, comme la plus burlesque de nos chansons religieuses, est celle que le peuple adressait à l'âne, que Ton fêtait jadis comme l'animal choisi par Dieu môme pour porter son fils à Jérusalem.

Plus tard, la malignité satirique, s'emparant du rhythme des anciens cantiques, transforma en épigrames licencieuses les naïvetés des vieux noëls.

La chanson politique ou patriotique. L'antiquité nous a laissé quelques chefs-d'œuvre dans ce genre. Le plus célèbre , c'est le chant d'Harmodius et Aristogiton :

« Mon épée est entourée de myrte ; elle me rappelle le souvenir de nos frères qui ont rétabli l'égalité des lois. Harmodius et Aristogiton frappèrent d'un glaive orné de ces feuilles verdoyantes le tyran qui opprimait la république. Mon épée, sois entourée de myrte ; je te consacre à leur mémoire.

« Ombres saintes, vous n'avez pas cessé de vivre invisibles ; vous présidez encore à nos destinées. Vous êtes au milieu do nous, et vous souriez à vos amis,

alors qu'on votre honnoiir ils couronnonl leur coupe et leur glaive de myrte vert.

« Mon épée, sois entourée de myrte, et rappelle-moi sans cesse le souvenir des deux frères immortels qui, dans Athènes, ont rétabli l'égalité des lois. »

Cette sensibilité vive, qui faisait dire à Duclos que les Français étaient les enfants de l'Europe , s'est de tout temps exhalée en chansons. On chantait quand les Anglais démembraient le royaume ; on chantait pendant la guerre civile des Armagnacs; on chantait pendant la Ligue, pendant la Fronde, sous la Régence, et c'est au bruit des chansons de Rivarol et de Champcenetz que la monarchie s'est écroulée à la fin du dixhuitième siècle.

Celte révolution de 89, qu'avait prédite en chansons le chevalier Delisle, en 178i, embrasa tous les cœurs de l'amour de la liberté, et des chants vraiment nationaux la célébrèrent ; mais bientôt la plus belle des passions s'exalta jusqu'à la frénésie, et les fureurs populaires déshonorèrent une cause si belle : des refrains de sauvages poussèrent au pillage et au meurtre une population en délire.

La république périt au milieu de ses triomphes et de ses succès. L'ascendant d'un seul homme remplaça l'énergie de la nation , et la servitude glorieuse qu'il imposa au peuple français fit succéder des chants de victoire aux hymnes de la liberté.

La muse patriotique se réveille au bruit de la chute du conquérant. Un poëte, doué de la grâce et de la finesse d'Horace, d'un esprit à la fois philosophique et satirique, d'une âme vive et tendre, d'un caractère qui sympathisait avec toutes les gloires de la patrie, Réranger, la lyre en main , s'assied sur le tombeau des braves. Par un talent qu'il a seul possédé, il a su rassembler, dans des poèmes lyriques de la plus petite proportion, la grâce antique et la saillie moderne, la

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