‹ Dictionnaire de musique théorique et historique (volume 3)Chapitre 64 sur 112 · CUV · texte numérisé non relu

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pensée philosophique et le trait de répigranime , la gaieté la plus vive et la sensibilité la plus profonde; en un mot, tout ce que Tart a de plus raffiné et la nature de plus aimable.

Chanson guerrière. Il y a, dit Montaigne, une harmonie courageuse qui échauffe en même temps le cœur et les oreilles. Les chansons militaires ont partout animé les hommes au combat , et les vers de Tyrtée, répétés par les Athéniens au son des lyres, no contribuèrent pas moins à la bataille de Marathon, que la valeur et les talents de Miltiade.

Au moyen âge, quelques trouvères, et notamment le célèbre Bertrand de Born, qui fïorissait au douzième siècle, nous ont laissé des chants guerriers pleins d'entraînement et d'enthousiasme. Tout le monde sait l'influence électrique qu'exerça sous la république l'hymne marseillais. A ces accents belliqueux des millions de combattants jaillirent tout à coup du sol français, et leurs phalanges victorieuses repoussèrent l'Europe coalisée contre nous.

Chanson philosophique. Quelques-unes des plus belles odes d'Horace ne sont évidemment que des chansons, et bien avant lui, les Grecs, qui mêlaient à tout des idées de liberté et de philosophie, animaient leurs repas par des chansons de ce genre. Athénée en rapporte plusieurs. Aristote , après la mort de son ami Hermias, a composé sur ce sujet la plus belle chanson philosophique qui nous soit parvenue. Cette espèce de chanson a dû prendre parmi nous une teinte moins sévère ; elle se confond le plus souvent avec le genre erotique. Panard, Béranger et Pierre Dupont offrent de beaux modèles de la chanson philosophique.

Chanson satirique ou vaudeville. De tout temps, les poètes français ont excellé dans ce genre éminemment national. Sous le rapport de l'étendue, le vaudeville est le ix)ëme épique du genre: comme il ne prescrit

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point de marche régulière, et qu'il va lanrant au hasard 1 épigramme et la saillie, il no s'arrête que lorsque l'auteur a épuisé sa verve satirique.

Panard est le roi de Tancicn vaudeville; il y atteint parfois à la naïveté de La Fontaine et à la gaieté de Piron. Aucun chansonnier avant lui n'avait su rendre la morale plus gaiement populaire. Collé, Jean Monet, Favarl, Désaugiers, ont laissé quelques vaudevilles qui méritent do trouver place dans les recueils, mais qui ne leur assignent dans ce genre qu'un rang trèsinférieur à Panard et à plusieurs de nos contemporains , notamment Scribe , Théaulon , Bavard, Duvert , Mélesville.

Ckonson bachique. Les premières chansons de table furent répétées en chœur, et l'on avait soin de n'y introduire que les louanges des dieux. Mais la chanson de table quitta bientôt ce ton sévère; on célébra le pouvoir du vin et do l'amour. Chacun des chanteurs prit pour sceptre une branche de myrte qu'il passait à son voisin, après avoir achevé sa chanson et vidé son verre. Quand le voisin ne savait pas chanter, il se contentait de garder la branche entre ses mains, tandis qu'un autre chantait pour lui. Delà cette expression populaire: Chanter ati myrte.

Anacréon n'a guère fait que des chansons de table. La meilleure est colle où il fonda sur la certitude de la mort la nécessité de boire. Il y a de la grâce et de l'abandon dans les raisonnemenis qu'il oppose à la Parque fatale. Tous les chansonniers depuis ont adopté sa logique.

Les chansons bachiques d'Horace ont plus de charme, plus de philosophie. Les guirlandes enlacées par une jeune esclave, le doux murmure des baisers timides, le falerne pétillant dans l'amphore, la brièveté de nos jours, la folie do l'ambition qui tourmente une vie si courte et la nécessité d'en jouir, la combi-

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iiaisuu de ces idées riaiiles et inélauculiques, uniment les cliansons d'Horace. C'est de lui que Montaigne a dit : il berce la sagesse sur le giron de la volupté.

Nos chansons de table ont été longtemps des orgies crossières ; celles de Maître- Adam ne manquaient pas de verve. CbauUeu et Lafaie donnèrent à ce genre de chanson une forme de bonne compagnie. Les fari^ dondahm, les tourlouribo, régnèrent jusqu'au siècle de Louis XY. Dufrény, Panard et Collé peuvent être regardés comme les restaurateurs de la chanson bachique, où ils ont été surpassés de nos jours par Desaiigiers et Béranger.

Chanson éroti(j2ie. Dans l'ordre naturel, cette espèce de chanson doit avoir précédé toutes les autres. Quoi qu'en disent Hobbes et Machiavel, les hommes ont fait l'amour avant de faire la guerre. Bornons-nousa rappeler ici que plusieurs odes de Catulle et d Horace sont les premiers modèles de la chanson erotique, et qu'elles seraient encore sans rivales, si denos jours Kei-anger en France, et Thomas Mooreen Angleterre, n'eussent porté ce genre au plus haut degré de perlection. Ouelques chansons erotiques de Bouttlers, de Séo'ur " de Parny et de Longchamps, peuvent être mises'au nombre des chefs-d'œuvre du genre erotique.

Chansonnette. C'est ainsi qu'on appelle aujourd'hui une petite poésie lyrique qui n'a rien de recherché ni dans le sujet, ni dans l'exécution.

Chant. Sorte de modification de la voix humaine, par laquelle on forme des sons variés et appréciables ; observons que pour donner à cette définition toute 1 universalité qu'elle peut avoir, il ne faut pas seulement entendre par sons appréciables ceux qu'on peut designer par les notes de notre musique et rendre par les touches de notre clavier, mais tous ceux dont on peut

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trouver ou sentir l'unisson, et calculer les inlervalles, de quelque manière que ce soit.

Chant, appliqué plus particulièrement à notre musique, en est la partie mélodieuse, celle qui résulte de la durée et de la succession des sons, celle d'où dépend en grande partie l'expression, et à laquelle tout le reste est subordonné. Les chants agréables frappent d'abord, ils se gravent facilement dans la mémoire; mais ils sont souvent l'écueil des compositeurs, parce qu'il ne faut que du savoir pour entasser des accords, et qu'il faut du talent pour imaginer des chants gracieux; inventer des chants nouveaux appartient à l'homme de génie, trouver de beaux chants appartient à l'homme de goût.

Dans le sens le plus resserré, chant se dit seulement de la musique vocale, et dans celle qui est mêlée de symphonie on appelle parties de chant celles qui sont exécutées par les voix.

Chant (l'art du) a pour objet l'exécution de la musique vocale.

La voix, dans son principe absolu, doit être considérée comme un moyen naturel d'exprimer nos sentiments. Appliquée au chant, c'est une force expansive, qui nous porte à produire au dehors nos sensations agréables ou désagréables, surtout quand nous sommes sous l'influence d'une émotion puissante. Il semble que la nature ait établi entre le cœur et l'âme une liaison merveilleuse, tant l'effet d'un air a sur nous de spontanéité. Aussi peut-on dire que la source du chant est en nous, et que la voix nous a été donnée pour nous élever par des accents harmonieux à une nature supérieure. (Voyez l'article Voix.)

Chant ALTERNATIF. Manière de chanter les psaumes dans les premiers temps de l'Église, et qui est employée encore aujourd'hui.

Chant dl carnaval. Chansons de carnaval qu'on

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