‹ Dictionnaire de musique théorique et historique (volume 3)Chapitre 73 sur 112 · DAN · texte numérisé non relu

DAN

Da gapo , ou par abréviation d g (au commencement). Ces mois indiquent, qu'ayant fini un morceau de musique ou un motif principal, il faut le reprendre depuis le commencement jusqu'à l'endroit où est la fin véritable.

Dactyle. C'était le nom d'un acte ou de la division principale du morceau de musique exécuté par les concurrents dans les jeux pythiques.

Dactvles idéens. Lorsque Cadmus passa de la Phénicie en Grèce, il amena avec lui, parmi sa suite, des hommes appelés Corybantesou Curetés, qui, diton, furent les premiers à introduire la musique dans le culte des divinités grecques. Leur musique consistait dans de hauts cris accompagnés par des tambours et par d'autres instruments bruyants. La fable raconte que les Curetés , entre les mains desquels on mit Jupiter pour être élevé, le cachèrent sur le mont Ida, et pour empêcher que les cris de l'enfant ne parvinssent jusqu'aux oreilles de Saturne , ils firent un grand bruit avec des instruments, dansant en même temps des pas mesurés appelés dactyles. C'est à cause de ces pas et du mont Ida, qu'ils reçurent le nom de dactyles idéens.

Dactylion. Instrument à ressort inventé par M. Henri Herz, qui sert à donner plus d'extension à la main, à délier et à fortifier les doigts, à les rendre indépendants les uns des autres, à donner enfin au jeu cette égalité sans laquelle il n'y a pas de belle exécution sur le piano. L'expérience démontre merveilleusement qu'une heure de leçon par jour avec le dactylion suffit pour améliorer rapidement les progrès des élèves, et contribuer d'une manière sensible à la facilité du jeu chez les artistes eux-mêmes.

Daiue ou Def. Instrument persan qui ressemble à notre tambour. *

DaxNeforica. Hymne des anciens Grecs, chanté par

les vierges, au inuiiieiil où les pièlres |)orlaieiit les lauriers au leniple d'Apollon. Cette cérémonie se célébrait en Béolie tous les neuf ans.

Daisse. (Voyez Bvij.et.)

Danse (musique de). La musi(|u<^ des ballets était jadis restreinte aux cadres uniformes de certains airs de danse, tels que les chaconnes, les passe-pieds, les menuets, les gavottes, les gigues. Les airs de danse ne sont plus calqués sur un modèle connu; le compositeur s'accorde avec le chorégraphe pour les formes, le caractère et l'extension qu'il convient de leur donner. Le pas des Scythes tVlpIiigénie eu Tauride de Gluck, celui des Africains de Sémiramis de Catel, les gavottes iV Orphée et d'Armide, ont otïert tour à tour des modèles dans le style énergique et gracieux.

Dans un ballet pantomime, la symphonie, destinée à peindre l'action et les sentiments des personnages, diffère beaucoup des airs destinés aux pas exécutés par les danseurs; ces airs représentent les cavatines, les duos, les trios des chanteurs places au jnilieu des récitatifs. Des fragments do symphonies, des ouvertures tout entières, des airs connus, sont placés quelquefois avec bonheur dans un ballet. La musique domine dans un opéra, elle n'occupe que le second rang dans une composition chorégraphique; le danseur est l'objet intéressant, et l'on fait moins d'attention à la mélodie qui règle ses pas.

Plusieurs compositeurs ont réussi particulièrement dans les' airs de danse. Le comte de Gallemberg leur dut sa réputation; il n'a écrit que des partitions de ballet. Les musiciens français ont réussi dans cette partie de l'art d'une manière d'autant plus remarquable, qu'ils ont échoué ])îus souvent dans les airs de chant vocal. On peut citer une foule de jolis airs de danse parmi les productions de certains musicien^

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français qui n'ont jamais donné un air, unecavatine, un duo d'opéra de quelque valeur.

Parmi nos opéras modernes, les airs de ballet de Guillaume Tell sont très-remarquables; ceux de la Muette y de Robert-le-Dïable , de Dom Sébastien y du Prophète, du Juif-Errant, sont justement admirés.

La contredanse, la \alse et le galop, sont les airs que l'on entend le plus souvent dans les bals. La contredanse nous vient de l'Angleterre, et s'est établie en France au commencement du siècle dernier. Elle s'exécute à huit, à douze, à seize personnes, dont la moitié de chaque sexe, sur un air, un rondeau à deux-quatre, ou six-huit allegretto, composé le plus souvent de trois reprises de huit mesures chacune. La contredanse se joue quatre fois de suite, pour que ceux qui la dansent puissent exécuter à leur tour les figures d'après le dessin du chorégraphe. La valse est un air à trois temps. Le galop est un deux-quatre fort animé, dont la cadence doit faire sentir vivement le frappé et le levé de la mesure. On arrange en contredanse, valses et galops, les airs d'opéra.

Danse aux fla^ibeaux et quelques autres danses du seizième siècle. Marguerite de Valois, épouse do Henri lY, qui dansait si merveilleusement, que les conteurs d'anecdotes font partir Don Juan des Pays- Bas dont il était gouverneur, et où venait d'éclater une grande révolution, pour venir incognito à Paris surprendre cette reine dans un bal, Marguerite de Valois excellait au branle de la torche ou du flambeau, de même que dans toutes les danses sérieuses. « Je me souviens, dit Brantôme, qu'une fois étant à Lyon, au retour du roi de Pologne, Henri HI, aux noces d'une de ses filles, elle dansa ce branle devant force étrangers de Savoie, de Piémont, d'Italie et autres, qui dirent n'avoir rien vu de si beau que cette reine, si belle et grave danse, ajoutant que cette reine n'a*

vait pas besoin, comme les autres dames, du flambeau qu'elle tenait à la main ; car celui qui sortait de ses beaux yeux, qui ne niourait point connue Taulre, pouvait suffire. »

Alors la danse se divisait en haute et en basse danse. La première, composée de sauts et de gambades, réservée aux baladins de profession ; la seconde, noble et posée, était celle de la bonne compagnie. Les plus fameuses danses du seizième siècle étaient la pavane espagnole, fière et bravache comme un hidalgo, et qui a donné naissance à l'expression proverbiale se pavaner ; les vUlanelles napolitaines, les padouaneSj les gaillardes^ les Canaries , les voltes et courantes, les allemandes et les niat".ssinSy espèce de ballet armé que Molière a introduit dans son Pourceaiupiac.

La pavane était pour Marguerite de Yalois un nouveau sujet de triomphe. « Le roi Charles IX, dit Brantôme, la menait ordinairement danser le grand bal. Si l'un avait belle majesté, l'autre ne l'avait pas moindre. Je l'ai vue assez souvent danser la pavane d'Espagne, danse où la grâce et la majesté font une belle représentation. Mais les yeux de toute la salle ne se pouvaient soûler ni assez se ravir par une si agréable vue; car les passages étaient si bien dansés, les pas si sagement conduits, et les arrêts faits de si belle sorte, qu'on ne savait que plus admirer, ou de la belle façon de danser, ou de la majesté de s'arrêter. »

Timoléon de Cossé, comte de Brissac, et après lui le jeune La Molle, faisaient fureur à la cour de Charles IX, soit dans les branles, soit dans la pavane, soit dans la gaillarde ou les Canaries. Les deux dernières jouissaient alors d'une grande vogue. <( Le roi Charh'S, dit Brantôme, s'avisa un jour, après dîner, de faire retirer tout son monde, à la réserve de MBL de Strozzi et de Brissac, et d'un petit nombre de familiers. Cela fait, il ordonna au premier de toucher du

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