‹ Dictionnaire de musique théorique et historique (volume 3)Chapitre 80 sur 112 · DOL · texte numérisé non relu

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cordes mélodiques parcourues par la modulation, de. puis la finale du ton jusqu'à sa dominante, et vice versa, donne à chacun des huit tons du plain-chant le caractère de tonalité qui lui est propre.

DoNGOLAH (Musique des habitants de). La mélodie du chant des habitants de Dongolah, dans l'intérieur de TAfrique, est plutôt douce et mélancolique qu'elle n'est bruyante et gaie. L'instrument dont ils s'accompagnent est une lyre antique grossièrement fabriquée. L'effet de cet instrument est assez harmonieux ; il se tient et se pince de la main gauche. Lne courroie, attachée aux deux branches de l'instrument, sert à le soutenir et à appuyer le poignet, tandis que les doigts agissant de la main droite frappent les cordes avec un plectrum.

DoQLET ou ToQUET. Noui que l'on donne à la quatrième partie de trompette d'une fanfare de cavalerie.

Double. Les intervalles doubles ou redoublés sont tous ceux qui excèdent l'étendue de l'octave.

Double est encore un mot employé pour désigner les acteurs qui remplacent les premiers sujets dans les rôles que ceux-ci quittent par indisposition ou pour d'autres motifs.

Doubler. Les premiers acteurs sont doublés par les seconds, et ceux-ci par les troisièmes, en sorte que, quelque accident qui arrive, un opéra peut toujours être représenté tant bien que mal. — Dans la musique à plusieurs parties, doubler veut dire reproduire plusieurs sons dans un.

Doubles-Mains. Mécanisme aussi simple qu'ingénieux, que l'on adapte aux nouvelles orgues à un clavier, et au moyen duquel, en baissant une touche, on fait baisser en même temps celle de l'octave en dessus. Comme l'action de la double-main est réciproque, si l'on fait parler l'octave de la touche haute, la touche qui lui correspond au grave parlera aussi.

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Le clavier de l'orgue est divisé en deux parts égales qui ont chacune leur mécanisme particulier, en sorte qup, dans quoique position que les mains de l'organiste se trouvent, tout le clavier est occupé. Sont-elles réunies au centre, les octaves extrêmes se (V>nt enloi> dre; sont-elles écartées, les mécanismes agissent sur le milieu. Les doubles-mîiins sont à la disposition de l'organiste au moyen d'un registre; il s'en sert au besoin pour renforcer les eiïels.

Doublement des notes des accords, c'est en harmonie, l'emploi simultané du même son fait par deux ou plusieurs parties différentes.

En général , à moins d'une intention particulière, il faut que les parties soient combinées et fondues entre elles, de manière à former un ensemble suave et harmonieux.

Le doublement de quelques notes peut être amené par la nécessité de faire marcher les parties d'une manière facile et naturelle, par les exigences de la pensée, eniin par le choix libre du compositeur. Le goût, l'élude des modèles et l'exercice enseigneront très-vite ce qu'il est bon de faire à cet égard.

Lorsqu'un accord n'est point renversé, le doublement le plus harmonieux est celui de la note fondamentale à l'octave. C'est la note fondamentale, plus que toute autre, qui donneà l'accord sa véritable physionomie; son doublement produit toujours un bon effet.

Lorsqu'un accord est renversé, les doublements les plus harmonieux sont encore ceux de la note fondamentale tonique ou dominante, et celui de la partie supérieure une octave au dessous d'elle.

Dans l'accord de dominante, on ne double pas le 4me degré ni la sensible , parce que ces notes sont presque toujours assez fortement accusées par elles mêmes, cl parce que n'ayant qu'une seule manièrfî de

se résoudre, il serait gauche de faire marcher identiquement deux parties à l'octave l'une de l'autre.

DouBLETTE. Jcu d'orguc compris parmi les jeux de mutations. II est d'étain, et sonne l'octave du prestant. Ce jeu n'est que d'une octave, et reprend par conséquent d'octave en octave.

Douzième. Intervalle de douze sons; c'est l'octave de la quinte : il conserve souvent le nom de quinte. Ce n'est que dans le contre-point double qu'il porte le nom de douzième.

Drame lyrique. (Voyez Opéra.)

Dramatique. Cette épithète se donne à la musique imitative, propre aux pièces de théâtre, et destinée à exprimer les divers mouvement du cœur humain.

Duettino. Ce mot italien , qui signifie petit duo, désigne une composition musicale à deux parties obligées, ordinairement très-courte.

DuLCiON. C'était, dans les seizième et dix-septième siècles, le nom du basson, qui n'était alors composé que de quatre pièces avec deux clefs , et qui avait quatre dimensions différentes.

Duo. Composition musicale à deux parties obligées. Le duo vocal est presque toujours accompagné par l'orchestre , ou un instrument tel que le piano la harpe, la guitare. Le duo instrumental est composé de deux parties récitantes, et peut être aussi accompagné par l'orchestre.

Les mêmes sentiments, les mêmes situations qui, dans l'opéra , animent rair , donnent lieu aux duos , aux trios, aux quatuors. Ce sont des tableaux à plusieurs personnages, conçus d'après les mômes principes et les divers plans ; les détails de l'air, les images même qu'il nous représente, conviennent parfaitement à tous ces morceaux, qui, dans un cadre plus étendu, ne sont pour ainsi dire que des airs à plusieurs voix.

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Lu seule diflérence que ron y remarque, c'est que Je concours des interlocuteurs animant le discours musical , le compositeur ne se trouve point obligé de recourir si souvent au chant instrumental, aux traits d'orchestre, pour faire reposer le chanteur et lui donner le temps de prendre haleine.

Dur. On appelle ainsi tout ce qui blesse l'oreille par son âpreté : il y a des voix dures et glapissantes, des instruments aigres, durs, des compositions dures. La dureté du si naturel, lorsqu'on y arrive en montant diatoniquement à partir du fa, lui fit donner autrefois le nom de B dur ; il y a des intervalles durs dans la juélodie. La dureté prodiguée révolte l'oreille et rend une musique très-désagréable; mais ménagée avec art, elle sert au clair-obscur et ajoute à l'expression.

DuRANTiSTES. A l'époquc où Léo et Durante dirigeaient à Naples, l'un le conservatoire de la Fieta j l'autre celui de Sant-Onofrio , il s'était formé deux partis, celui des Duranthtes et celui des Léistes , qui soutenaient chacun un système différent sous le rapport de la composition musicale : les premiers étaient pour la modulation et l'effet, les seconds pour la richesse des accords. Le premier parti triompha.

DuTK.v. Double-flùte des paysans russes, composée de deux roseaux d'inégale longueur, percés chacun de trois trous.

E. Troisième note de la gamme diatonique, et cinquième de la gamme diatonico-chromatique, appelée dans le solfège mi. En Italie, on la nomme aussi e, /«, mi.

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EcBOLE. G était, dans la plus ancienne musique grecque, un accident qui élevait de cinq quarts de ton la note devant laquelle il était placé.

Échelle. C'est le nom qu'on a donné à la succession diatonique des sept notes, ut, ré, mi, /*a, so/, /a, si y de la gamme notée, parce que ces notes se trouvent rangées en manière d'échelons sur les portées de notre musique.

Cette énumération de tous les sons diatoniques de notre système, rangé par ordre que nous appelons échelle, les Grecs l'appelaient dans le leur diagramme, diagramma, c'est-à-dire par lettres, attendu qu'ils représentaient leurs diverses échelles de sons par les lettres de leur alphabet. Ils avaient plusieurs diagrammes : le plus usité dans la pratique était le tétracorde parce que, en effet, cette échelle n'était composée que de quatre sons ; et, pour former de plus grands diagrammes, ils ajoutaient plusieurs tétracordes l'un à l'autre, et répétaient ainsi ces quatre sons de tétracorde en tétracorde, comme nous le faisons d'octave en octave.

Ec BELETTE ou Ré G V LE . Instrument composé de différentes lames de bois dur qui répondent aux différents tons de la gamme, et qu'on touche avec une petite boule d'ivoire attachée à une petite baguette.

Ecîio. Son renvoyé ou réfléchi par un corps solide, et qui se répète et se renouvelle à l'oreille. Ce mot vient du grec échos, son. On appelle aussi éclio le lieu où la répétition se fait entendre.

Le nom d'écho se transporte en musique à ces sortes d'airs ou de pièces dans lesquelles, à l'imitation de l'écho, on répète une ou plusieurs fois certains passages en diminuant chaque fois l'intensité du son. C'est sur l'orgue qu'on emploie le plus communément cette manière déjouer, à cause de la facilité qu'on a do faire df^s échos sur le positif. Dans la

musique do ballot on appelle écho corlainos portions d'un air de danse.

ÉcLEPSis. Intervalle descendant.

ÉcLissES. Petites planches minces sur lesquelles reposent les tables des \iolons, des basses, des guitares, etc.

ÉcLYSE. C'était, dans l'ancienne musique grecque, un accident qui faisait baisser une note de trois quarts de ton.

EcMÉLFE. Du grec ex et melos, son sans mélodie, ou voix parlante, par opposition à emmélie, du grec eu elmeloSy qui signifie le son du chant. Emmélie est aussi le nom d'une certaine danse introduite dans la tragédie.

École. Comme il y a en peinture différentes écoles, il y en a en architecture, en musique, et généralement dans tous les beaux-arts. En musique, par exemple, tous ceux qui ont suivi le style d un grand maître, peuvent être regardés comme appartenant à l'école de ce maître; on désigne encore par le terme d'école la réunion de tous les maîtres d'un pays. Ainsi, l'on dit Vécole françaisey Vécole italienne, V école allemande.

Les musiciens illustres voyageant dans toute l'Europe, les communications établies entre les virtuoses, l'échange continuel des œuvres qui, dans chaque pays, ont acquis de la célébrité, sont autant de raisons pour que la musique étende partout ses progrès dans des proportions égales. Les découvertes ne sont plus des mystères que des maîtres jaloux ne révélaient qu'à un petit nombre de disciples. L'art est partout le même, et le terme de musique française ne s'applique plus maintenant qu'aux compositions qui ont vu le jour avant la venue de Gluck. Les trois écoles principales ont néanmoins conservé chacune un caractère particulier. L'école allemande se distin-»

gue par une harmonie savamment travaillée, unie à des chants pleins de force et d'expression ; l'école italienne par une mélodie toujours suave, une facture élégante; l'école française a adopté un genre mixte, qui tient de la vigueur allemande et de la grâce italienne.

Un morceau d'école est une composition dans laquelle on s'est attaché plus particulièrement aux effets de l'harmonie qu'aux grâces du chant.

Ecosse (La musique en). On peut diviser la musique primitive de l'Ecosse en guerrière, pastorale et joyeuse. La première consistait en des marches que l'on exécjtait en présence des généraux d'armée, et par lesquelles on rappelait les combats qu'ils avaient dirigés. Tout y respirait une telle fureur d'enthousiasme, que l'auditeur, irrésistiblement entraîné, s'abandonnait aux sentiments d'excitation héroïque ({ue lui inspiraient ces chants.

Le caractère de la musique pastorale était bien différent. Los accents en étaient mélancoliques et gracieux, les modulations naturelles et les mouvements lonfs. — La musique dite joyeuse consiste aujourd'hui en contredanses et en valses, qui ont un caractère et une expression tout particuliers, lorsque ces morceaux sont exécutés par des artistes habiles. Ils sont ordinairement composés de deux reprises qui comprennent chacune huit ou douze mesures.

Les instruments employés par les Écossais sont la harpe, le cruth et la musette. La musette surtout est de'-enue l'instrument national des montagnards écossais, qui s'en servent dans les fêtes champêtres et même dans les batailles, et alors ils la joignent au tambour. — La musette écossaise diffère un peu de la nôtre. Elle est ordinairement composée de trois bourdons et d'un chalumeau percé de huit trous, dont sept placés en dessus et un en dessous. L'échelle la

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plus basse chi chalumeau est formée par les sons sol, la, si, do, ré, mi, fa, sol. Le premier bourdon fait entendre un sol grave, le second donne un si, et le troisième un sol à l'octave au-dessus de celui que fait entendre le premier. Cet accord imparfait (orme l'accompagnement continu des airs naïfs que les montagnards jouent sur leur instrument.

Écriture musicale des grecs anciens. Les signes ou lettres, qui servaient d'alphabet musical, étaient rangés sur deux lignes dont la supérieure était pour le chant et l'autre pour l'accompagnement.

Guido d'Arezzolrouval'invention de les écrire sur la portée ; ses notes ne furent d'abord que des points où il n'y avait rien qui en marquât la durée.

Mais Jean de Meurs, né à Paris, en 1350, et qui vivait sous le règne du roi Jean, trouva le moyen de donner à ces points une valeur inégale par les différentes ligures do rondes, de blanches, de noires, de croches, do doubles croches, etc., qu'il inventa et qui ont été adoptées par les musiciens de toute l'Europe.

Edicomos. Danse accompagnée de chant chez les anciens Grecs.

Ediles. C'était, au temps dos premiers empereurs romnins, le nom de certains magistrats ou censeurs, qui, outre l'inspection des édifices publics dont ils étaient chargés, devaient aussi examiner et approuver toutes les comédies et les compositions musicales avant leur représentation.

Effet. Impression agréable et forte que produit une excellente musique sur l'oreille et l'esprit des auditeurs.

H n'y a que le génie qui trouve les grands effets. C'est le défaut des mauvais compositeurs d'entasser parties sur parties, instruments sur instruments, pour trouver l'effet qui les fuit, et d'ouvrir, comme disait

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