‹ Dictionnaire de musique théorique et historique (volume 3)Chapitre 82 sur 112 · EMP · texte numérisé non relu

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confondra avec Marie de Weber, l'illustre auteur de Freyschûtz, l'a employée d'une manière exclusive; aussi ne m'y arrêterai-je point. Reicha ne l'a point suivie d'une manière aussi complète. II a fait choix de treize accords qu'il appelle fondamentaux et auxquels il s'efforce de ramener tous les autres. Cependant, c'est encore de l'empirisme ; car ces accords soi-disant fondamentaux, sont en définitive, même pour lui, de simples faits harmoniques qu'il emprunte aux oeuvres des compositeurs, et non des données fournies par le raisonnement, les mathématiques ou les phénomènes observés dans les corps sonores. Ensuite, l'enchaînement de ces accords, leur but et les circonstances innombrables de leur emploi , toutes choses si essentielles en harmonie, ne lui sont connues que par l'étude empirique des compositeurs. Il n'y a rien dans ses accords fondamentaux, absolument rien qui lui fournisse à cet égard une loi quelconque, une conclusion, une simple induction. Enfin, le choix même de ses treize accords fondamentaux est complètement arbitraire. Rien ne prouve qu'ils le soient plus que d'autres, et, en effet, bon nombre d'entre eux ne diffèrent des autres que par des altérations purement facultatives; ceux qui les connaissent en conviendront, et la question n'est pas assez importante pour en parler davantage en faveur de ceux qui ne les connaissent point. En résumé, le système de Reicha ne mérite pas la réputation qu'il s'est acquise; il est moins acceptable encore que l'empirisme exclusif de Weber. S'il affiche l'orgueil d'une théorie, il n'en est pas plus raisonné; et il ajoute aux difficultés quelquefois inextricables d'une théorie sans base, sans liaison, sans fécondité.

Celte dernière et importante réflexion doit être appliquée à tous les traités d'harmonie , quels qu'ils soient, où la science n'est point appuyée sur le l'on-

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dément inébranlable et vrai de la tonalité moderne. (Voyez le mot Harmonie).

Emploi. On dit au théâtre qu'un acteur a l'emploi de ténor, de baryton, de basse, pour dire qu'il joue et chante tous les rôles écrits pour le ténor, le baryton ou la basse.

Empoongwa. La musique des habitants d'Empoongwa, dans l'intérieur de l'Afrique, est encore dans un état de barbarie. Venchombrey le seul instrument qui leur soit particulier, ressemble à la mandoline. Il a cinq cordes faites de racines de palmier. Le manche se compose de cinq morceaux de bambou auxquels les cordes sont attachées. En faisant tourner les bambous, l'instrument s'accorde facilement, mais non pas d'une manière très-solide. On le joue avec les deux mains. Ses sons, assez agréables d'ailleurs, offrent peu de variété.

Dans son voyage à Empoongwa, M. Bowdich rencontra un musicien nègre de la contrée, aussi dégoûtant par son aspect que sa musique était étonnante. Il avait une harpe montée de huit cordes faites avec les racines fibreuses du palmier, dont le son était harmonieux et rond. Il parcourait avec agilité un grand nombre de notes, et faisait monter sa voix au delà de la harpe. Tout à coup il commença avec force V Alléluia de Haendel. Entendre ce chœur au milieu des déserts de l'Afrique, dit M. Bowdich, à qui nous laissons la responsabilité de ce récit, et l'entendre exécuter par un pareil être, produisit sur moi un effet extraordinaire.

Enchaînement harmonique. On emploie ce mot quand la basse exécute un mouvement progressif, de façon, qu'un, deux, ou trois sons, composant un accord, demeurent invariables dans l'accord suivant.

Enchiridio.v. 3Iunuel.

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