‹ Dictionnaire de musique théorique et historiqueChapitre 113 sur 222 · GÉN · texte numérisé non relu

GÉN

Gammes chromatiques.

Vitesse ordinaire 720 notes par minute.

Grande vitesse 800 id.

Gamme chromatique. Gamme procédant par demitons successifs.

Gamme DiATONiQUE. C'est la gamme ordinaire, procédant par tons et demi-tons.

Gamme enharmonique. Cette gamme, qui n'existe pour ainsi dire que pour TœiU offre la succession suivante : ut^ ré bémol, tU dièse, r^, mi bémol, ré dièse, etc.

Gasaph. Espèce de chalumeau ou cornemuse des côtes de la Barbarie.

Gaspard di Salo. Ainsi nommé parce qu'il était né dans la petite ville de Salo, est un des plus anciens luthiers dont les instruments jouissent encore d'une belle réputation. 11 travaillait à Brescia, de 1540 à i6i5.

Gavani (Michel-Ange). Luthier, à Bologne, élève d'Amati, travailla de 1695 à 1715.

Gavotte. Sorte de danse dont l'air est à deux temps et d'un mouvement modéré. Les gavottes d'Armide et A'Orphéc sont des modèles de grâce. Celle de Panurge a eu une vogue prodigieuse qu'elle doit à son rhythme fortement marqué, qualité précieuse pour les danseurs vulgaires. Cette gavotte n'a pas de seconde partie, et pour y suppléer, l'auteur fait redire la première à la quarte.

Gedlsr (GiLigemmos) et (Joh Benedictus) étaient deux luthiers, élèves de Stainer qui travaillaient à FUssen, en Bavière, en 1756 et 1796.

Geigen-glavicymbal. Instrumenta clavier à sons prolongés, à l'aide d'un archet continu, imaginé par Hans Haydn, en 1610.

Génie musical. Le génie, en musique, c'est la faculté^ la puissance de création. Le musicien de génie est celui qui sait trouver des idées nouvelles, et ouvrir à l'art des routes inexplorées. La nature et le cœur humain offrent sans cesse une mine abondante et riche aux explorations de l'artiste , mais il n'est qu'un petit nombre de privilégiés qui sachent recueillir cet or pur, le séparer de tout alliage, le façonner avec habileté et le marquer d'une empreinte ineffaçable.

Cette faculté de création indique la différence qui

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existe entre le musicien de génie et celui qui n'a que du talent. Le premier, marchant dans sa force et dans sa liberté, fait entendre au monde des chants nouveaux et des mélodies inconnues. Le second s'empare de cette œuvre commencée, la perfectionne et la complète. A Tun la gloire des découvertes, l'initiative des idées; à l'autre l'habileté de la mise en œuvre.

L'histoire a enregistré les noms des hommes d'élite qui ont agrandi par leurs travaux le domaine de l'art musical ; mais il faut le dire, ces hommes éminents n'ont pas toujours recueilli le fruit de leurs efforts. Supérieurs à leurs contemporains, la foule a quelquefois refusé de les suivre dans leur essor hardi vers des sphères inconnues ; et, longtemps incompris, ils ont eu à lutter contre l'indifférence ou le dédain du public dont ils froissaient les préjugés et les habitudes. On sait quelles préventions, quels obstacles eut à vaincre le génie de Gluck avant qu'il lui fût possible de se déployer sur notre scène lyrique; on sait quelles tempêtes de récriminations soulevèrent les chefs-d'œuvre de ce grand musicien. On contesta la haute valeur de ses travaux, on méconnut son originalité puissante, on proscrivit ses innovations les plus heureuses, et l'on ne craignit pas même d'appeler un galimatias stupide ses plus éclatantes et ses plus subJimes beautés. Mais l'illustre compositeur ne se découragea pas ; il tint tête à l'orage avec cette attitude calme et fière que donne la conscience d'une grande supériorité ; et peu à peu les préventions cessèrent : aux injures succéda l'admiration, et le nom de Gluck est arrivé jusqu'à nous entouré d'une glorieuse auréole.

Ce dédain de la foule pour tout génie novateur n'a pas même épargné l'un des plus grands musiciens de notre temps, Rossini. Personne n'ignore qu'à l'époque de son apparition, Guillaume Tell fut peu goûté par la masse des dilettantes; et cependant Guillaume TeUe^i regardé aujourd'hui comme la création la plus admirable de Rossini, comme celle où l'illustre compositeur a déployé le plus de sève et d'originalité.

Ces exemples prouvent qu'en dépit des préjugés, des habitudes prises, des préventions de la médiocrité et de l'ignorance, le génie véritable est toujours sûr d'arriver au succès ; et souvent même ce succès est d'autant plus éclatant, d'autant plus durable, qu'il a été plus lent et plus difficile à obtenir.

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Genres. Il y a trois genres dans la musique, le diatonique, le chromatique et l'enharmonique. Le genre diatonique procède par tons et par demi-tons naturels^ c'est-à-dire sans altération. Ainsi, les deux demi-tons qui se trouvent dans la gamme, sont du genre diatonique, et la gamme, soit en montant, soii en descendant, se nomme gamme ou échelle diatonique. Le genre chromatique ne procède que par demi-tons. Ainsi, une gamme, en montant ou en descendant par demi-tons, se nomme gamme ou échelle chromatique. On emploie en montant le chromatique par dièses, et en descendant le chromatique par bémols, suivant la manière la plus naturelle. On peut l'employer cependant des deux façons, en montant et -en descendant. Le genre enharmonique est le passage d'une note à l'autre, sans que l'intonation de la note ait été changée d'une manière sensible, comme par exemple, d'ut dièse à r^bénJol, demi naturel à /'a bémol, de si dièse h ut naturel, etc.

Genre épais ou serré. Dénominations anciennes des genres chromatique et enharmonique, où les sons se trouvent plus serrés que dans l'échelle diatonique, appelée pour cela genus rarum,

Genus epitrigtum. Espèce de rhythme de la musique grecque, dont les temps étaient en raison sesquitierce, ou de 3 à 4.

Geste. L'art du geste a été considéré par les anciens comme un art indépendant ; il est intimement lié & la musique, à la danse, à l'art dramatique et à l'éloquence, mais il n'en est pas inséparable ; en effet, un chanteur peut avoir une belle voix et chanter avec expression, sans donner à ses gestes le mouvement qui leur convient. Un idanseur peut se mouvoir avec habileté,^ sans exprimer par la pantomime le caractère, l'esprit, la pensée du pas qu'il exécute; mais d'un autre côté, un chanteur, s'il ne sait s'accompagner de gestes expressifs, .ne remplira jamais convenablement son rôle. Un orateur, possédât-il les trésors d'éloquence de Démosthène et de Cicéron, ne pourra impressionner fortement son auditoire par le simple débit de ses paroles, s'il ne sait faire usage des gestes et des mouvements delà physionomie.

Suivant Varon, saltatio ou la pantomime, l'art du geste, était chez les Romains une imitation savante et raisonnée de tous les mouvements du corps et des différentes expressions de la physionomie. Cet art se subdi-

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visait en plusieurs espèces, et avait produit chez les Romains un si grand nombre de danses et de pas, que Meursius a composé de leurs noms et de leurs genres un dictionnaire entier. Nous lisons dans quelques historiens que l'art du geste était de tous les arts libéraux celui que les anciens aimaient et pratiquaient le plus ; car on renseignait à tous, à rhistrion de bas étage comme à l'orateur distingué ; mais cet art n'était pas le même pour tous. Aussi Quintilien dit-il à ce sujet qu'il ne faut pas qu'un orateur prononce comme un comédien, ni qu'il fasse des gestes comme un danseur.

L'art du geste se divisait en deux classes, en naturel et en artificiel. Le geste naturel était celui dont on se servait en chantant pu en déclamant, pour donner plus de force au discours ; comme, par exemple, en parlant de la Divinité, d'élever les yeux et une main vers le ciel. Le geste artificiel était celui des acteurs pantomimes, et il consistait à tracer dans l'espace ou à décrire, en employant tels ou tels signes mtelligibles, l'objet qu'on avait l'intention de représenter.

Le jeu de la physionomie, que nous comprenons dans l'art du geste, n'avait pas d'importance pour les anciens, au moins sur le théâtre, car on sait qu'ils portaient des masques. L'expression du visage, qui nous charme tant sur nos scènes lyriques, était, chez les anciens, tout a fait inutile ; en effet, les salles de spectacle étaient si grandes, et les acteurs s'y trouvaient par conséquent si éloignés du public, que les mouvements des yeux et les changements des traits eussent passé inaperçus.

Cicéron, qui avoue lui-même avoir appris l'art du geste du comédien Roscius, dit que celui qui se destine à déclamer ou à chanter en public, ne doit point négliger cet art, le plus utile de tous. L'orateur Hortensius, rival de Cicéron, avait reçu des leçons de la célèbre danseuse Dyonisia.

L'art du geste théâtral, chez les anciens se divisait en trois genres : 1* le geste tragique; 2** le geste comique ; 3<* le geste satirique. C^s trois divisions faisaient partie . de la mimique ancienne, divisée elle-même en hypocritique, c'est-à-dire celle qui servait de base à l'art du geste, et en rhythmique, qui indiquait les temps en marquant les mouvements de cet art.

Chez les anciens, les auteurs et compositeurs dramatiques écrivaient sur leurs manuscrits, au-dessous de leurs

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