LUT
quer la première note de chaque temps plus sensiblemeat que la seconde, quoique de môme valeur, et en liant.
Cette manière d'exécuter est encore en usage pour les pastorales et toutes les compositions qui ont Je caractère rustique et montagnard.
LucoRNARio. Nom de Tantienne que Ton chante à vêpres, selon le rite ambroisien, avant le Dixit.
Lumière. On donne ce nom à une ouverture par laquelle le vent entre dans les tuyaux d'un orgue.
LupOT (P. ). Luthier à Stutigard, construisit à Cette, des instruments qui eurent une belle réputation, il travailla de 1725 à 1750.
LuHA. Instrument des anciens Grecs, dont plus tard on a fait lyre^ c'est le môme que le xélus. (Voir ce mot).
Lustre, (chevaliers du). Nom donné par ironie aux claqueurs à gage d'un théâtre, parce qu'ils se placent ordinairement sous le lustre.
Luth. Instrument très-cultivé autrefois, et dont on ne joue plus depuis un siècle. La guitare et la harpe l'ont fait délaisser. Il était monté de vingt-quatre cordes sur un corps arrondi en dessous, en forme de tortue, et ressemblant à celui de la mandoline, qui en était le diminutif. Ces vingt-quatre cordes composaient treize groupes ; son manche était large et renversé dans son extrémité. Huit de ces cordes, placées en dehors du manche, ne se touchaient qu'à vide.
Comme la lyre antique, le luth, en cessant de servir aux musiciens, a laissé son nom aux poètes, qui le font figurer souvent dans leurs stances, et môme dans l'épopée.
Luthier. Artiste qui fait des violons, des violes, des violoncelles, des contre-basses, des guitares. Ce nom, qui signifie facteur de luths, est resté par synecdoche à ces sortes d'artistes, parce qu'autrefois le luth était l'instrument le plus commun et le plus répandu.
Lutrin. Pupitre de chœur sur lequel on met les livres de chant dans les églises. Ce mot vient de lectrum, dont on a fait lectrinum, de là lettrin, et puis lutrin par corruption :
Sur ce rang d'ais serrés qui forment sa clôture^ Fut jadis un lutrin d'inégale structure, Dont les flancs élargis de leur vaste contour Ombrageaient pleinement tous les lieux d^alen tour.
306 LYR
Derrière ce lutrio^ ainsi qo^au fond d*an antre, A peine sur son banc on discernait le chantre. Tandis qu'à l^autre bout, le prélat radieux. Découvert au grand Jour, attirait tous les yeux.
BoiLEAU. — Le Lutrin.
Luttes musicales. Les anciens peuples professèreijt une grande estime pour la musique. Les Grecs, particulièrement, la regardaient comme un des moyens nécessaires pour former l'éducation, et adoptaient, avec empressement, tout ce qui pouvait contribuer à ses progrès ; ils croyaient que des concours de musique, qui avaient lieu devant les assemblées nombreuses, étaient un des moyens les plus favorables pour arriver à ces résultats. On célébrait donc, à certaines époques, des fêtes populaires, oîi Ton délivrait des prix aux concurrents en musique. Les jeux olympiques^ pythiques^ néméens et isthmiques étaient les principales de ces fêtes« (Voir ces mots.)
Les juges appelés à porter un jugement sur le mérite des chanteurs qui se distinguaient dans le concours, leur décernaient pour prix une couronne de laurier ou de feuilles de chêne, et toute la Grèce les comblait d'honneurs et de gloire. On érigea même à quelques-uns des monuments aux frais de l'État. Plus tard, on introduisit aussi dans ces fêtes, des concours pour la musique instrumentale.
Plusieurs Têtes solennelles, fondées par les anciens Romains, étaient également célébrées par des luttes musicales. Néron, surtout, constitua à Rome des concours de musique qui jetèrent un grand éclat.
Lydien. Nom d'un des Modes de Ja musique des Grecs, lequel occupait le milieu entre VEolien et V Hyperdorien. Le caractère du mode Lydien était animé, piquant, mais pathétique et propre à la molesse, aussi Platon le bannit-il de la République.
Lyra. Instrument appartenant au système des violes, et qui en formait la basse.
Lyre. Instrument de musique, de forme triangulaire, dont la mythologie attribua l'invention à Mercure. Quelques auteurs ont accordé tour à tour l'honneur de sa découverte à Orphée, à Amphion, à Apollon, à Polymnice. D'autres ont dit que c'était \me écaille de tortue,
LYR 3Cff
qu'Hercule vida, perça, et monta de eordes de boyaux, au son desquels il accordait sa voix.
La lyre a beaucoup varié par le nombre de ses cordes ; celle d'Olympe et de Therpandre n'en avait que trois. L'addition d'une quatrième rendit le tétracorde complet. Pollux attribue aux Scythes, l'invention du pentacorde. L'heptacorde fut la lyre le plus en usage etla fins célèbre. Simonide ajouta une huitième corde, pour produire l'octave ; et, plus tard, Timothée de Milet, contemporain de Philippe et d'Alexandre, multiplia les cordes jusqu'à douze. On les touchait de trois manières, ou en les pin« çant'avec les doigts, ou en les frappant avec le jp^^e^rt^m, espèce de baguette d'ivoire ou de bois poli j ou en pinçant les cordes de la main gauche, tandis qu'on les frappait dé la droite armée du plectrum. Les anciens monuments représentent des lyres de diiférentes formes, montées depuis trois cordes jusqu'à vingt. Cette dernière ne servait, dit-on, que pour célébrer les dieux et les héros.
On a essayé de faire revivre cet instrument, en lui donnant le manche de la guitare à six cordes. Sa forme élégante et pittoresque avait d'abord tenté nos belles musiciennes ; mais on est revenu à la guitare, qui est plus commode à tenir, et dontl'harmonie estplus pleine et plus agréable. '
La lyre et luth retentiront encore longtemps dans les œuvres des poètes, quoique les progrès de l'art musical les aient condamnés à un éternel silence. Le violon a fait disparaître tous ces instruments imparfaits, qui n'étaient, en quelque sorte, que les essais des facteurs et des musiciens, les uns préludant à l'art de la lutherie, et les autres à celui de charmer l'oreille.
Lyre a bras. Instrument à archet, de la dimension de l'ancienne viole de ténor à sept cordes, et qui aujourd'hui n'est plus en usage.
Lyre allemande. Cet instrument, dont on ne se sert plus, consiste est une caisse de forme oblongue, ressemblant à la partie inférieure d'une viole d'amour. Aux parois latérales de cette lyre, il y a dix à douze touches qui servent à ra:ocourcir les quatre cordes attachées dans l'intérieur de l'instrument, et forment une étendue de sons diatoniques qui égalent le nombre de touches. On fait résonner les cordes au moyen d'une roue frottée de colophane, que la main droite faittourneràvec un levier,