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avec l'archet. Ces mots colVareo, ou simplement arco^ marquent le lieu oti Ton doit reprendre de l'archet.
Plagal (ton). C'est une règle fondamentale que toute pièce de plain-chant doit être renfermée dans l'étendue d'une octave, ou tout au plus d'une neuvième. Cela observé, il peut arriver deux cas, savoir, que la finale occupe le plus bas degré de cette octave, ou qu'elle en occupe le milieu. Dans le premier cas, le ton est authentiquey et lorsque la finale occupe le milieu, le ton est appelé plagal ou collatéral.
Plagale (cadence). C'est, à la basse, le mouvement du quatrième degré sur la tonique, ces deux notes portant l'accord parfait. La cadence plagale est une réminiscence du plain-chant et peut s'accorder cependant avec les exigences delà tonalité moderne.
Plagiat. C'est le nom qu'on donne à un larcin d'idées musicales. En musique comme en littérature, il faut distinguer les idées créées, les phrases filles de l'imagination, d'avec les lieux communs de l'école. On ne saurait s'approprier les premières sous aucun prétexte; les phrases toutes faites appartiennent à tout le monde.
Plain-Chant. (Voyez Chant-ecclésiastique.)
Planche. Se dit d'une plaque de cuivre ou d'étain, sur laquelle on grave la musique.
Plectrœuphon. Instrument à clavier et à archet continu, mu par une manivelle, inventé à Nantes en 4827, par Gama.
Plectro-lyra. Instrument à cordes pincées imaginé à Philadelphie en J833 par Trajetta.
Plectrum. Morceau de bois ou d'ivoire, terminé par un crochet dont on se servait pour faire résonner les cordes de la lyre et de la cithare.
Plein jeu. C'est dans l'orgue la réunion des jeux de cymbale et de, fourniture. Pour que le plein jeu i^rodmse un effet satisfaisant, il faut qu'il soit soutenu par de bons fonds, c'est-à-dire par le bourdon de seize pieds, la montre et les prestants.
Pleximètrb. Instrument du genre métronome, imaginé en 1824, par Finazzi d'Omégna en Sardaigne. Il ne différait du métronome de Maëlzel qu'en ce qu'il marquait les premiers temps de chaque mesure par un échappement.
Plique. Sorte de ligature dans notre ancienne musique. La plique était un signe de retardement ou de len-
leur ; elle se faisait en passant d'un son à un autre, depuis le demi-ton jusqu'à la quinte, soit en montant, soit en descendant. Telle est la définition donnée par J.-J. Rousseau ; mais on croit plus généralement que la plique des anciens était une espèce d'ornement semblable, à peu près, à notre trille. C'est ainsi, du moins, que l'a défini Marchetto de Padoue.
Pochette. Petit violon de poche, qui a le même manche que le violon, et dont les maîtres de danse se servent comme étant plus commode à porter. IV sonne l'octave du violon ordinaire.
PoGO, Peu. Poco àpoco, peu à peu.
PoEME. Ouvrage écrit en vers et destiné à être mis en . musique. On ne donne le nom de poëme qu'à des ouvrages d'une certaine étendue, tels qu'un opéra, un oratorio, une cantate; tandis que le mot paroles^ qui a la même signification^ s'applique également à un opéra et à une chanson.
PoïKiLORGUE. Espèce de jeu de lames vibrantes, imitant la flûte, ou le hautbois, mises en vibration par un soufflet, adapté au piano et imaginé par Cavaillé-CoU, en 1834.
Point. Le point augmente la note qui le précède de la moitié de sa valeur ou de sa durée. Quand il y a plusieurs points de suite, le second ne vaut que la moitié du premier, le troisième la moitié du second.
Point d'orgue. Passage brillant qui fait la patrtie principale dans un solo. Le point d'orgue se place sur un repos, ou vers la fin d'un morceau de musique. Les airs de bravoure de l'école italienne se terminaient autrefois par un point d'orgue, ou cadence. Cet usage s'est perdu peu à peu.
Pointu, Pointue. On se sert de ce mot figurément et dans la conversation familière, pour désigner une voix qui ne donne que des sons grêles, et n'a de développement que dans la partie aiguë.
Politique (musique) . C'est surtout à l'époque de notre première révolution que la musique politique a joué un grand rôle. C'était en juillet 1789. On venait de prendre la Bastille. Le peuple célébrait sa victoire par des chants joyeux, par des cris d'enthousiasme; mais depuis quelque temps, à l'Hôtel-de-Ville, les électeurs s'étaient rassemblés et exerçaient une magistrature provisoire. Les premiers ils commandèrent un ouvrage lyrique des-
liné à immortaliser cette victoire populaire : ils chargèrent un nommé Ùésaugier- Janson de composer un hiérodrame, ou drame sacré, retraçant autant que possible les épisodes les plus remarquables de la prise de la Bastille. Cet ouvrage fut exécuté en grande pompe dans l'église Notre-Dame, et jouit pendant quelque temps d'une certaine popularité.
Une innovation est à remarquer à propos de l'œuvre dont nous parlons; une grosse cloche d'un timbre sonore comptait parmi les instruments de l'orchestre, et rendait au naturel les sons lugubres du tocsin.
Traçons maintenant l'histoire des deux airs fameux au début de la révolution française, le premier chanté par tous les amis du roi, le second partons les amis de la nation ; nous voulons parler du bel air : 0 Richard^ 6 mon roi^ l'univers f abandonne / et du carillon national Ça ira»
Le mélodique Grétry était alors dans toute la maturité de son talent ; son triomphe avait été Richard Cœur-de- Lion, dont les paroles toutes monarchiques contrastaient singulièrement avec l'esprit démocratique qui se faisait jour chez le peuple. Les nobles, ou pour parler le langage du temps, les aristrocrates en consolidèrent le succès, et, à peine les états-généraux étaient assemblés, que dans tous les salons on chantait l'air du fidèle Blondel au pied de la tour qui renferme son royal maître. Quelque courtisans affectèrent de le faire entendre dans les modestes soirées que Louis XVI donnait à Versailles. Il devint bientôt une sorte de ralliement sous la bannière monarchique. Mais cette allusion ne se faisait d'abord que secrètement ; une occasion se présenta de la rendre publique.
En 1790, les gardes-du-corps donnèrent un banquet aristocratique dans l'Orangerie de Versailles. Après le toast, on chanta l'air : 0 Richard, et on fit serment de délivrer Louis XVL Dès ce moment, il devint uneMirseillaise royaliste.
Quand Louis XVI eut été enfermé au Temple, des joueurs d'orgue vinrent chanter sous les fenêtres du monarque l'air du troubadour, tant et si bien que, sous la Terreur, les musiciens ambulants durent l'enlever de leur répertoire, sinon passer pour suspects et aller en prison.
Tel a été le sort de cet air, qui dut beaucoup de son
succès à la politique. Occupons-nous maintenant de son rival, le Ça ira.
Depuis la prise de la Bastille, le peuple manifestait hautement sa haine contre les nobles. L'expression Ça ira était ordinairement employée toutes les l'ois qu'il lanternait, c'est-à-dire accrochait au réverbère un ennemi de la constitution. Pendant les préparatifs qui précédèrent la fédération du 14 juillet 1790, Ça ira fut mis en chanson avec un grand nombre de variantes quant aux paroles. Le Ça ira officiel est celui que l'on attribue à Dupuis, l'auteur de r Origine des cultes.
Bientôt cet air s'entendit dans toutes les rues. Si l'on assassinait un aristocrate, si l'on plantait un mai de la liberté, le Ça ira était chanté. Ouvrez le Journal de Paris du temps, aux annonces, voici ce que vous y trouverez : Nouvelles variations pour le clavecin^ sur l'air Ça ira ; rondeau sur Vair Ça ira. Le Ça ira vécut jusque sous le Directoire.
Aux clubs, on faisait souvent de la musique; elle se composait le plus souvent de symphonies ayant pour basses continues des roulements de tambours, des vociférations et des décharges de mousqueterie.
De la déchéance de Louis XVI à la Terreur, il n'y eut qu'un pas. Cependant au point de vue de l'art musical, la Terreur fut une époque à part. Les quatorze armées bordent et défendent nos frontières menacées par la coalition des rois étrangers ; la France fait un effort sur elle-même : et quel stipulant plus efficace que la musique peut inspirer les manifestations du courage ? Nous ne suivrons pas ces nouveaux soldats sur les champs de bataille : la Marseillaise leur suffisait, et dans toutes les OjDcasions périlleuses, l'hymne fameux redoubla leur courage et les mena à la victoire.
Et maintenant qu'on nous suive à l'Opéra sous la Terreur, voici les pièces qu'on entendra : ^^ ^'t^^e de Thionville^ musique de Jadin, V Offrande à la Liberté^ scène religieuse de Gossec, et Fabius^ tragédie mise en musique par Méreaux. A cette époque, la musique politique a plus que jamais envahi le théâtre.
Sous la Terreur, le catholicisme avait été' remplacé, d'abord par le culte de la Raison, ensuite par celui de l'Être- Suprême, tous deux inaugurés par des fêtes solennelles.
La tiète de la Raison fut célébrée dans l'église Notre-
Dame; plusieurs compositeurs concoururent à la partie musicale. Un témoin oculaire nous a assuré que les airs qu'on chantait dans ces solennités étaient vraiment imposants, et que les motifs en étaient d'une admirable simplicité.
La Fête de V Être-Suprême, qui suivit d'assez près celle de la Raison, fut plus remarquable sous le point de vue musical ; on y entendit des strophes en manière de cantiques, dans lesquelles Gossec se surpassa. Sous le Directoire, le Consulat, l'Empire, la Restauration, le règne de Louis-Philippe, la République et le second Empire, la musique politique n'a pas joué un grand rôle. Elle a cédé le pas à la musique sérieuse qui a été féconde en chefs-d'œuvre. La Parisienne, les Girondins, Partant pour la Syrie, voilà tout ce qui mérite d'être signalé pendant cette période, dans l'histoire de la musique politique.
Polka (la). C'est une danse originaire de Bohême, une danse de paysans. Elle a tous les signes du type original, des allures vives, brusques, tumultueuses, rudes, mais gaies et souvent voluptueuses. La cadence de ses mouvements suit la mesure deux quatre. Elle se ralentit et mêle à sa vivacité une délicieuse mollesse. La polka, comme la valse, est à deux, se sépare du bruit et s'isole de la foule. Elle tourne sur elle-même, lance au. loin ses jambes l'une après l'autre, de côté, et du pied sur lequel elle se repose elle saute deux fois par saccades précipitées et en frappant le sol avec le talon, le plus coquettement du monde. Elle procède de la Cracovienne et de la Mazurka.
Polka. Espèce d'accordéon perfectionné.
Pologne (de la musique en). Une grande nation présida longtemps aux destinées des peuples du Nord ; elle possédait de riches provinces, cultivait avec éclat les lettres et les arts. Aujourd'hui elle a tout perdu, elle gémit sous ses ruines.
Dans cet état de chose, la musique a dû faire peu de progrès en Pologne. Avant la chute de Varsovie, il y avait un Conservatoire bien organisé, qui avait produit d'excellents élèves. Il était dirigé par Soliva, Italien, homme de talent. Joseph Elsner, excellent compositeur, était au nombre des professeurs. Lui aussi a rendu de très-grands services à l'école de musique polonaise ; aimé et adoré de ses élèves, il compte parmi les meil-