‹ Dictionnaire de musique théorique et historiqueChapitre 28 sur 222 · AME · texte numérisé non relu

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air qui s'unissait aux sons de l'alto-basso accordé à l'octave, à la quinte ou à la quarte. De nos jours, il n'est plus d'usage parmi les musiciens, qui en conservent à peine le souvenir.

Amateur. On nomme ainsi celui qui, sans être musicien de profession, fait sa partie dans un concert pour son plaisir et par amour pour la musique. — On appelle encore amateurs ceux qui, sans savoir la musique, ou du moins sans l'exercer s'y connaissent et fréquentent les concerts et les théâtres lyriques. — Ce mot est traduit de y iioMen dilettante. (Voyez Mélomanie.)

Amati. Famille d'illustres luthiers de Crémone composée d'Amati (André) qui travailla de 1560 à iOOO, d'Amati (Jérôme) et Amati (Antoine) ses fils de 1596 à 1620 et d'Amati (Nicolas) fils de Jérôme de 1662 à 1692.

Ambrotsien. (chant et rit). Lorsque saint Ambroise monta sur le siège épiscopal de Milan, en 374, il y avait incontestablement dans cette Eglise un ordre provenant d'un de ses prédécesseurs pour célébrer les saints mystères. Mais les cérémonies en étaient simples, sans fixité, conformes, en un mot, à l'état d'humilité des chrétiens, et à l'esprit qui les animait. Quelques-unes des parties de la liturgie n'étaient peut-être pas encore écrites, et certainement elles n'étaient pas toutes recueillies. Saint Ambroise leur donna la forme et la splendeur qui leur convenaient. Il organisa la liturgie dans le diocèse de Milan, et en fit un tout complet. Il composa des messes pour chaque circonstance, un grand nombre de préfaces où l'on voit en peu de mots les sujets des mystères et les actions des saints, beaucoup d'hymnes et d'autres prières.

Quant à la psalmodie, il est constant qu'il établit, en 386, le chant alternatif des psaumes à l'imitation des Eglises orientales, et que, de Milan, il passa dans tout l'Occident, dont quelques contrées le possédaient encore dans le xn' siècle, comme saint Ambroise l'avait noté. C'est ce saint prélat qui nous apprend lui-môme cette institution dans sa lettre à sa sœur Marceline.

Ame. Petit cylindre de bois qu'on place debout entre la table et le fond d'un instrument à cordes pour maintenir toujours les parties dans le môme degré d'élévation et communiquer leurs vibrations. La manière dont est placé le cylindre contribue beaucoup à la beauté des sons de l'instrument.

Amen, Ce terme hébraïque, qui signifie aiTui soit-tl^

a été adopté par les chrétiens dans plusieurs oérémonies religieuses* Quand le prêtre a terminé une prière, le peuple, en signe d'approbation, répond Amen. Ce mot est employé aussi pour désigner le dernier verset de plusieurs textes ecclésiastiques, tels que les psaumes, les hymnes,' les motets, qui se terminent par le mot amen.

A-Mi-LA. Mot que Ton employait autrefois pour désigner le ton de la.

Amoroso, (tendrement). Ce mot indique Texpression tendre et touchante d'un morceau de musique. Il accompagne souvent les mots andante et andantino^ et demande une exécution semblable à celle de Yaffettuoso.

Amphîcordum. Nom donné à la lyre barbarina construite en i673 par Bonis, praticien Florentin, elle avait la forme d'une basse de violon, mais avec douze ou quinze cordes.

Anàbâsis. Ce terme indiquait chez les anciens Grecs une mélodie ascendante.

Anàgamptos. Expression grecque qui signifiait le contraire de la précédente, c'est-à-dire une progression de l'aigu ou grave.

Anagata. Sorte de tambour en usage dans la cavalerie orientale.

Anche. Deux languettes de roseau fort minces dans leur extrémité, placées horizontalement Tune sur l'autre et assujetties sur un petit tuyau de métal, forment l'anche du hautbois. Celles du cor anglais et du basson, faites de la même manière, ont des proportions plus grandes. — L'anche de la clarinette n'a qu'une seule languette de roseau, qui produit les vibrations en frémissant contre le bec de cet instrument où elle est fixée.

Anche libre. Est une languette fixée par une de ses extrémités au devant d'une ouverture pratiquée dans une paroi solide. Cette languette est construite de manière à se cambrer dans l'état de repos et à dégager l'ouverture. Mais si on établit d'une manière quelconque un courant d'air qui tend à s'échapper par l'ouverture, dans le spns nécessaire à la vibration, on voit la languette ou anclie entraînée s'appliquer d'abord sur la paroi et suspendre momentanément l'écoulement, puis son élasticité la ramène à sa position première, après quoi elle est de nouveau entraînée et ainsi de suite, tant que l'air fait effort pour s'écouler par l'ouverture, dans beaucoup d'instruments à vent le son se produit par l'intervention

d'une anche : la clarinette, le hautbois, certains orgues* Le cor de chasse et la flûte semblent dépourvus d'anches, mais les lèvres en tiennent lieu. La voix humaine elle même se produit dans le larynx par le passage plus ou moins rapide de Tair expiré entre les replis nombreux appelés cordes vocales qui jouent à peu près le rôJe d'anche.

ÂNCHER. Garnir un instrument de son anche, ancher un basson, ancher un jeu d'orgue.

Anchks (jeu d'). Registre d'orgue composé d'une série de tuyaux à anches et donnant un son éclatant et incisif.

Anches libres. Lames métalliques ûxées sur autant d'ouvertures percées sur une plaque et qui vibrent aisément par le moyen de la soufflerie, seulement aujourd'hui on se sert, pour attaquer la lame, de la percussion, et la vibration est contenue par la soufflerie.

Anciens. (Musique des). Lorsque les savants modernes lisent dans les ouvrages de l'antiquité les éloges pompeux qu'on y fait delà musique, et les merveilles qu'on lui attribue, ils ne peuvent les concevoir; et comme ils ne voient rien dans l'étude et dans la pratique d'un art assez frivole qui justifie ces éloges ou qui confirme ces miracles, ils traitent les auteurs de visionnaires et les accusent d'impostures, sans réfléchir que ces écrivains qu'ils osent ainsi calomnier sont les hommes les plus judicieux, les plus sages, les plus instruits et les plus vertueux de leur siècle. Les musiciens euxmêmes, fort embarrassés d'expliquer au moyen delà musique moderne les effets surprenants attribués à l'ancienne, prennent le parti de rejeter ces efiets tantôt sur la nouveauté de l'art, tantôt sur le pouvoir de la poésie qui y était unie, tantôt sur la prétendue grossièreté des peuples. Burette, le moins excusable de tous, puisque ses connaissances devaient le rendre plus juste, prétend que les merveilles qu'on raconte de la musique des anciens ne prouvent en aucune manière sa supériorité sur la nôtre, et qu'Orphée, Demodocus, Terpandre, n'opéraient rien de plus que ne pussent opérer les plus mauvais râcleurs de village, s'ils trouvaient de semblables auditeurs. Cet écrivain, qui croit pouvoir assimiler ainsi les peuples de l'antiquité aux hordes sauvages de l'Amérique, oublie sans doute que ces peuples étaient, de tous ceux qui ont paru sur la terre, les plus sensibles aux beautés des arts ; il ne pense pas que c'est peu de

temps après l'apparition d'Orphée que viennent Hésiode et Homère, les plus savants des poètes. Lycurgue et Zaleucus, les plus rigides des législateurs. Il ne veut pas voir que Tyrthée et Terpandre étaient presque contemparains de Sapho et d'Esope, de Selon et de Pindare. Nous ne savons pas comment il aurait arrangé des choses aussi contradictoires s'il avait voulu y réfléchir un moment, ni de quelle manière il nous aurait prouvé que ceux qui avaient des poésies comme celles d'Homère et de Sapho, des lois comme celles de Lycurgue et de Selon, des statues comme celles de Phidias, se seraient extasiés en écoutant l'harmonie d'un de nos ménétriers : car nous, dont la musique est si parfaite à son avis, qui possédons des opéras si magnifiques, nous sommes encore bien loin d'avoir rien de comparable à VIliade et à Y Odyssée^ rien qui approche de l'Apollon du Belvédère et de Vénus pudique, quoique nos poôtes et nos statuaires copient et recopient sans cesse ces admirables modèles. Il fallait que le brillant auteur A'Anacharsis eût sur les yeux un bandeau bien épais, pour avoir adopté sans examen l'opinion de Burette ; il semble qu'il aurait dû lui préférer celle de Platon, celle d'AristotOj colle de Plutarque.

Ces opinions valaient pourtant la peine d'être discutées. L'historien Polybe, dont on connaît l'exatitude, raconte que de tous les peuples d'Arcadie, les Cynèthes étaient les plus féroces, et il attribue hardiment leur férocité à l'éloignement qu'ils avaient pour l'art musical. Il s'élève avec force contre un certain Ëphore qui avait osé dire que la musique ne s'était introduite parmi les hommes que pour les séduire et les égarer par une sorte d'enchantement, et lui oppose l'exemple des autres Arcadiens qui, ayant reçu de leur législateur des règlements propres à leur inspirer le goût de la musique, s'étaient distingués par leurs mœurs douces et leur respect pour la Divinité. Il fait le tableau le plus flatteur des fêtes où la jeunesse arcadienne s'accoutumait, dès l'enfance, à chanter des hymnes religieux en l'honneur des dieux et des héros du pays.

Ainsi, Polybe attachait à la musique le pouvoir d'adoucir les mœurs. Longtemps auparavant, Platon avait reconnu dans cet art une influence irrésistible sur la forme du gouvernement; il n'avait pas craint de dire qu'on ne pouvait faire aucun changement dans la musi*

que sans en effectuer un correspondant dans la constitution de TEtat. Cette idée, suivant ce philosophe, appartenait à Damon, qui avait donné des leçons d'harmonie à Socrate. Mais après Tavoir reçue de Socrate, il l'avait fort développée par ses études et ses méditations. Jamais il ne perd dans ses ouvrages l'occasion de parler de la musique et de démontrer ses effets : il assure dès le commencement de son livre des Lois^ que dans la musique sont renfermées toutes les parties de l'éducation. — L'homme de bien, avait-il dit ailleurs, est le seul excellent musicien, parce qu'il rend une harmonie parfaite, non pas avec sa lyre ou tout autre instrument, mais avec le total de sa vie. Ce philosophe se garde bien, comme le vulgaire commençait à le faire de son temps, de placer la perfection de la musique dans la faculté qu'elle a d'affecter agréablement l'oreille. Il assure, au contraire, que rien n'est plus éloigné de la droite raison et de la vérité. La beauté de la musique consiste, selon lui, dans la beauté de la vertu qu'elle inspire; il pense qu'on peut connaître les inclinations des hommes par l'espèce de musique qu'ils aiment ou qu'ils louent, et veut qu'on forme de bonne heure leur goût sur cette science en la faisant rentrer dans l'éducation des jeunes gens, d'après un système fixe et bien arrêté.

Le système musical que Platon avait en vue dans ce passage était originaire d'Egypte. Porté d'abord en Grèce par Orphée, quant à la partie poétique, il fut ensuite développé par Pythagore, qui en expliqua la partie théorique assez exactement, cachant seulement le principe fondamental de la science, dont il réserve la connaissance aux seuls initiés, ainsi qu'il en avait pris l'engagement dans les sanctuaires; car les prêtres égyptiens ne communiquaient les principes des sciences, en général, qu'après les plus terribles épreuves, et les serments les plus solennels de les taire ou de ne les livrer qu'à des hommes dignes de les posséder. Voilà la cause de ce Jong silence que Pythagore exigeait de ses disciples, et l'origine de ces voiles mystérieux dont il les obligeait 5 son tour de couvrir ses enseignements.

Le système musical que nous possédons aujourd'hui nous étant venu des anciens, est, quant à son principe constitutif, le même que le leur; il n'a varié que dans les formes poétiques. C'est ce même système que Timée de Locres regardait comme institué par les dieux pour le

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