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perfectionnement de Tûme, et dans lequel il voyait cetle musique céleste qui, dirigée par la philosophie^ peut lacilement forcer la partie sensible de Tâme d'obéir à Tintellectuelle, adoucir sa partie irascible, et les empêcher de se mouvoir contre la raison, ou de rester oisives quand la raison les appelle.

Les poètes anciens avaient tracé des modèles de mélodie et d'harmonie, et les avaient fait graver sur des tables exposées aux yeux du peuple dans les temples : il n'était permis à personne de rien changer à ces modèles; en sorte que les mêmes lois règlent tout ce qui concerne la musique, la peinture et la sculpture. On voyait des ouvrages de ces deux derniers arts qui dataient de mille ans, on entendait des chants qui remontaient à la même époque.

L'antiquité de ce système musical en laisse inférer l'universalité ; aussi le trouve-t-on, avec des modifications diverses, dans tous les lieux de la terre qu'ont habités les anciens.

Nous nous sommes bornés, dans cet article, à des idées générales sur la musique des anciens ; nous développerons ce sujet d'une manière plus étendue aux articles Egypte, Grèce, Rome, etc.

Andamento. Ce mot italien désigne, relatîvemnt à la composition de la fugue, une période, une composition, une espèce de sujet un peu long, qui parcourt toutes les phases du ton, y mêle parfois d'autres sujets, et contient deux ou plusieurs membres.

L'expression andamento se prend aussi pour mowvementy et l'on dit un andamento, juste, vif, rapide ; quelquefois pour caractère, en disant : Cette composition a une marche andamento (régulière et calme).

Andante. Placé en tête d'une œuvre musicale, ce mot andante commanderait à l'exécution la grâce, le laisseraller (andarej, si la conduite d'un orchestre et le génie d'une œuvre pouvaient dépendre d'un mot, d'un titre. Ici, comme dans tous les cas d'indications italiennes, il faut bien se rappeler que le sens des mots subit la loi des temps, des lieux et des mœurs.

Andantino, diminutif d'andante, imprime à la mesure une certaine régularité qui tient de la raideur plutôt que de la gravité. On aurait tort toutefois de prendre cette définition h la lettre, car andantino se trouve dans les mômes opéras en tôte de vingt morceaux d'un genre tout

différent. G^est du reste le destia de toutes les indications italiennes. L'andantino doit être exécuté de la même manière que l'andante, mais avec un mouvement un peu plus vif.

Anémogorde. Instrument à clavier construit à Paris en 1784, par un nommé SchnelL Les cordes étaient mises en vibration par un courant d'air.

Angélica-vox. Voix angélique. Registres d'orgues à forme cylindrique et à anches.

Angélique. Instrument ancien de la famille des luths, inventé dans le xvii" siècle par Rotz, facteur d'orgues à Mulhouse.

Angleterre. Dans le moyen-Âge« la musique eut en Angleterre la même existence qu'en France et en Italie ; elle fut divisée en musique religieuse et eii musique séculière. La première était consacrée au plain-chant ou canto fermo; la seconde, aux fêtes de la ville et de la cour. Dès le règne de Henri VIII, les ménétriers et les troubadours, ces rustiques Orphées des temps barbares, disparurent ; et ce prince offrit aux Anglais le même phénomène qui avait frappé les Romains sous l'empire de Néron, le spectacle d'un tyran sanguinaire aimant et cultivant lui-même la musique, celui de tous les arts le mieux fait pour adoucir le cœur humain.

Dans ce temps, Londres comptait un grand nombre d'amateurs, et le goût de l'art musical était tellement répandu, que son enseignement faisait déjà partie intégrante de l'éducation des personnes nées dans l'opulence. Ce goût général étendit son influence sur le règne suivant, et l'on vit la reine Elisabeth protéger la musique et la cultiver elle-même, comme l'avait cultivée son père. Le poôte Shakespeare connaissait cet art ravissant et lui adressa d'éclatants hommages dans plusieurs de ses drames. Ce furent les premier vers que les Anglais entendirent chanter sur leurs théâtres, et l'on peut dire que de là date l'origine de leur opéra.

Parmi les meilleurs compositeurs de ce temps pour la musique d'église et la musique séculière, citons d'abord Thomas Tallis. Tallis fut le plus grand musicien, dit Burney dans son Histoire de laMusique^ non-seulement de l'Angleterre, mais de l'Europe, pendant le seizième siècle. Ses compositions portent l'empreinte de la plus riche et de la plus pure harmonie. — Guillaume Bird et Thomas Morley furent les dignes disciples de Tallis.

Morley était attaché* à la chapelle de la reine Elisabeth. Excellent théoricien dans l'art musical, il fut aussi un praticien très-habile. Les ouvrages de ce compositeur sont des chansons, des madrigaux et des cantates.

En Angleterre, la musique vocale séculière fut inférieui'e à celle de l'église, particulièrement sous le règne d'Elisabeth. Les chants à trois et à six voix, composés par Witame, sont, les uns trop longs, les autres trop courts* Quant au dessin musical et à la forme, tous portent l'empreinte encore rude des temps où ils ont été composés. Les paroles de ceux de ces chants faits avant l'apparition de Bird sont extrêmement barbares. Cependant les fréquents voyages que les Anglais opulents commencèrent à faire dès cette époque en Italie, leur firent apprécier la douceur et le cnarme de sa musique. Des madrigaux italiens furent adaptés à des vers anglais. Palestrina, Luca Marenzio et d'autres compositeurs italiens furent les Orphées de l'Angleterre.

Les premiers madrigaux anglais furent ceux de John Wilbie, qu'on chantait solennellement chaque année dans les collèges. — Bientôt parurent les madrigaux à trois, quatre, cinq et six voix, dont Thomas Wilkes flt les accompagnements et Shakespeare les paroles. Ces compositions sont placées avec raison parmi les meilleurs ouvrages du temps.

Nos lecteurs verront avec plaisir sans doute que, parmi les compositeurs anglais de cette époque, figure aussi le père de Milton. Divers historiens ont parlé avec de grands éloges de son talent musical. Il fit dit-on, jusqu'aux carillons qu'on sonne dans les campagnes, en Angleterre, et les chants que murmurent les nourrices en berçant leurs enfants. Il composa In nomine Patris sur quarante tons.

Les airs ou ariettes que Férabosca composa dans le môme temps portent tous l'empreinte profonde de la mélodie italienne. Ils firent faire à celle de l'Angleterre des pas aussi grands que rapides.

En même temps, la musique d'église, les madrigaux et les chants appelés en parties se perfectionnèrent. Le goût, le rhythme, la grâce et l'accent brillèrent également dans ces divers genres de compositions, qui n'étaient point inférieures à celles du continent.

Sous le règne de Charles P', la musique continuant ses progrès, Thomas Tomkins, élève de Bird, composa

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un nombre considérable d'ouvrages d'égliso justement admirés. Elway Bevia, élève de Tallis, déploya un tel talent dans les siens, que, perdus en partie depuis, ils ont laissé de justes regrets aux amis de l'harmonie. — Mais le plus grand- des maîtres de ce temps fut Edwar Gibbons. La mélodie de ce profond compositeur est pleine d'expression et de douceur; son harmonie est claire, facile et pure. 11 composa, comme les Tallis et les Bird, ses maîtres, alla pallestrina. Ses airs sont majestueux et solennels, ses fugues sont riches.

C'est également sous le règne de Jacques I" que fut jouée la première comédie écrite en anglais, où l'on introduisit de la musique pendant les entr'actes.

La tragi-comédie intitulée Camhyse^ où il y eut un banquet sur le théâtre, pendant lequel une musique instrumentale se fit entendre, et les masques, dont Tusage se répandit à la cour comme à la ville, furent des amusements qui devaient amener nécessairement Tinventioa de l'opéra.

Sous le règne de Charles I", la musique dut suivre le sort de l'Etat lui-même; elle marcha rapidement vers sa décadence. L'anarchie ne conserve et ne respecte rien. La destruction est son génie.

La restauration anglaise, consommée par le retour de Charles II, en ramenant la paix et les plaisirs dans Londres, y ramena aussi la musique. Smith et Harris, grands compositeurs et grands organistes, vinrent, l'un d'Allemagne, l'autre de France, pour ranimer l'harmonie expirante. L'entrée de Charles II et son couronnement donnèrent à la musique, interprète de l'allégresse publique, l'occasion de signaler ses progrès. Mais, soit que rémigration eût influé sur elle, soit que l'interrègne lui eût porté des coups mortels, elle parut à cette époque plus française qu'anglaise. Blow, compositeur, dont plusieurs ouvrages sont admirables, se signala pendant ce règne; Michel Wise, Thomas Tudway, suivirent ses traces. Mais tous furent effacés par Henri Purcell. Son génie embrassa tous les genres de composition. Profond et souvent sublime dans la musique d'église, il fut agréable et plein d'expression dans la musique séculière. Le premier il reconnut le charme et la puissance de la voix, et en respecta les accords. Grâce à lui, la musique dramatique, jusqu'alors informe, subit de notables perfectionnements. Il surpassa tellement ses devanciers

dans la musique de chambre, que la plupart de leurs compositions tombèrent dans Toubli à partir de l'époque où les siennes parurent. Comme musique instrumentole, les airs qu'il a mis à des odes, à des ballets, à des madrigaux, sont des morceaux ravissants.

Sous le règne de Jacques II, et généralement pendant une moitié du dix-septième siècle, la musique anglaise fut atteinte d'un principe de décadence, comme elle l'avait été pendant l'interrègne et le protectorat. Jacques II s'occupa exclusivement d'abstractions et de controverses religieuses, sans encourager les arts et les sciences. Cependant, vers la fin de ce siècle,- les progrès de la musique instrumentale furent sensibles, surtout dans le violon, et Nicolas Matheïs et Lestronge n'ont été surpassés dans ce temps que par le tendre et mélodieux instrument de Corelii.

Après la mort de Purcell, Clarke, Holder, Criggton, Tucker, Boyce et plusieurs autres brillèrent encore dans le musique d'église. Mais aucun ne donna mieux que lui de l'expression, du charme, de l'harmonie à la langue anglaise. Il sut la rendre musicale malgré sa rudesse, et euphonique malgré son anliphonie naturelle.

Ij Oratorio, cette sorte de composition mixte, moitié religieuse et moitié dramatique, conduisit à l'invention et à l'usage du drame lyrique en Angleterre. Comme nous l'avons déjà dit, ce furent plusieurs pièces de Shakespeare, dans lesquelles on introduisit de la musique, qui formant déjà une espèce d'opéra, préludèrent à la découverte de ce genre de spectacle, si naturel à l'Italie. EtLulli, du sein de la France oh il dirigeait le théâtre lyrique de cette nation, voyait, ses ouvrages influer puissamment sur l'art dramatique dans la Grande-Bretagne. Les Anglais, mettant l'amour-propre national de côté, sentirent que la musique italienne était préférable à la leur. Dès ce moment, les premiers compositeurs et lea chanteurs les plus habiles de l'Italie s'empressèrent de descendre dans cette île, et ce fut elle qui, devançant plusieurs autres nations dans l'adoption du grand opéra, eut de bonne heure un tel spectacle. Le premier qui fut donné sur le théâtre de Londres avait pour titre : Arsinoé, reine de Chypre. Il fut représenté sous le règne de Marie, et un anglais, ThomaS Clayton, en fit la musique. Mais il n'avait que la manière italienne; tandis que l'opéra intitulé Pyrrhtiset Demétrins, dont le

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