‹ Dictionnaire de musique théorique et historiqueChapitre 43 sur 222 · BAC · texte numérisé non relu

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n'étaient que des imitations très-impar faites de la voix humaine. — Voici le mécanisme de ces automates : les tôtes posaient sur des boîtes dans l'intérieur desquelles on avait disposé des glottes artificielles qui rendaient des* sons plus ou moins graves. On faisait parler ces glottes au moyen d'un clavier. Le joueur de flûte et le joueur de tambourin de Vaucauson sont beaucoup plus célèbres et beaucoup plus parfaits. Les Autrichiens nous les ont volés en 1815.

B représente la septième note de la gamme que nous appelons si. Cette lettre placée à la tête d'une partie, marquait, dans la musique ancienne, la basse chantante, pour la distinguer de la basse continue marquée par BG. — B ou COL B écrit sur une partition, à la partie de Talto, signifie que cette partie doit marcher à l'unisson avec la basse. Parfois aussi on écrit cette lettre sur la partie du violoncelle, ce qui est ordinairement indiqué par la clef de basse. — B indique aussi le signe accidentel qui abaisse le son naturel d'un demi-ton. — Dans le XI" siècle le B correspondait à la septième note de la gamme diatonique de si. Dans la gamme des anglais, le B correspond au ré des français.

Baazâs. Guitare à quatre cordes en usage chez quelques nations de l'Amérique.

B GANCELLATUM. N'est aùtro chose que le dièse ordinaire.

Babylonien. Nom d'un des modes arabes, exprimant la joie, qu'on ajoutait au mode guerrier, lorsque le vainqueur revenait du combat porté en triomphe. (Voyez le mot Assyriens.)

Bacchanales. Fêtes des anciens Grecs et Romains célébrées en l'honneur de Bacchus, et accompagnées de musique. On donnait aussi ce nom à certaines composi-

tions vocales, ordinairement sans instpumenls, ccriLcs sur des poésies burlesques et populaires, qui ressemblaient aux chants du carnaval, jadis en usage à Florence, surtout au temps des Médicis. — On nomme aussi Bacchanale une certaine danse bruyante et tumultueuse introduite dans un ballet,

Bacghia. Danse à la manière des ours, en usage parmi les Kamtschadales, qui, en murmurant une mélodie mesurée à 2[4, et d'un mouvement vif, poussent par intervalles de forts gémissements et marquent les temps de la mesure en frappant avec force la terre de leurs pieds.

Bacgiocolo. Instrument dont on se sert dans quelques parties de la Toscane. Il consiste en un vase qui a la forme d'une écuelle. On 1© tient de la main gauche, et de la main droite on le frappe avec un^pilon de la longueur de quatre pouces environ, et assez semblable à ceux qu'on emploie pour les mortiers en bronze. Les sons qu'on tire de cet instrument ne sont pas harmonieux, mais ils plaisent aux paysans.

Bachique. Se dit des airs et des chansons à boire.

Badiani, (Javetta), luthier, élève de Stradivarius à Brescia, en 1580.

Baglatea. Instrument de musique des arabes consistant en trois cordes tendues sur une planchette et mises en vibration avec une plume.

Baguette. Se dit des deux morceaux de bois qui servent à battre le tambour.

Bal. Assemblée de personnes qui se sont réunies pour danser aux sons des instruments.

Baladin. Nom donné anciennement aux danseurs de théâtres, et réservé aujourd'hui pour désigner les danseurs grotesques, farceurs ou saltimbanques.

Baladoire. Danse que l'on exécutait jadis-avec des gestes lascifs et des postures équivoques, le 1" janvier et le 1" mai. Elle fut abolie par diverses ordonnances des rois et plusieurs bulles papales.

Balafo. Espèce d'épinette en usage parmi les nègres de la Côte-d'Or. — Garni de calebasses et ayant de la similitude avec nos anciens claquebois.

Balaleiga. Guitare à trois cordes en usage chez les Russes.

Balance pneumatique. Instrument à l'aide duquel

on mesure le degré de force et de compression de Tair dans les orgues.

Balbatrie. (Claude), célèbre organiste dn xvin^siècle, son jeu attirait tant de monde pour Tcntendre, que l'archevêque de Paris fut obligé de lui défendre de jouer les jours de grandes fêtes.

' Balestieri, (Thomas), luthier, élève de Stradivarius, travailla à Mantoue de 1720 h 1750.

Ballade. Chanson ou espèce d'ode à plusieurs couplets ou strophes, que l'on chante ordinairement, mais qui sert aussi quelquefois d'air de danse, comme les vaudevilles. Il y a des ballades très-anciennes, qui sont fameuses et méritent de l'être par leur simplicité, la naïveté et le pittoresque des pensées. Telle est la ballade des detoœ enfants dans les bois, — On sait quel succès a obtenu en Allemagne, la ravissante ballade Léonore^ par Burger.

Ballet. On entend généralement par ballet un spectacle composé de pantomime et de danses exécutées par plusieurs personnages et accompagnées par la musique.

La musique des ballets doit être fortement rhythmée et s'identifier en quelque sorte avec le caractère des danses, la physionomie des personnages qui sont sur la scène et les diverses situations du drame.

Les ballets sont réglés par les danseurs qui portent le nom de chorégraphes. Un des meilleurs ouvrages à consulter est celui de M. Saint-Léon, intitulé : la Sténochorégraphie, dans lequel on trouve d'excellentes biographies des plus célèbres maîtres de ballets, anciens et modernes.

La danse est un des premiers besoins, des premières expériences, des premières joies de l'homme; quelquefois aussi les temps antiques la jetaient comme une guirlande funèbre autour des tombeaux. La danse est la véritable forme poétique des premiers âges. David, dont la loi est placée comme une borne lumineuse entre l'Orient primordial et l'Occident moderne, rendait grâce au Seigneur par le geste et par la voix : il dansait devant l'arche, et chantait ses psaumes dans le temple.

Le ballet qui est un drame dansé, un dialogue de gestes, fut pratiqué par les Egyptiens dans leurs cérémonies sacrées. Il était composé alors sur des dessins hiéroglyphiques. Il exprimait la doctrine sacerdotale

et le mouvement des astres. La théocratie égyptienne enseignait l'astronomie à ses fidèles, en leur apprenant à danser.

Les Grecs dansaient beaucoup. Socrate, déjà vieux, termina son cours d'études en prenant des leçons d'Aspasie, danseuse très-renommée.

On dansait dans Taiéopage, et les membres de cette docte assemblée s'avançaient en cadence pour venir déposer leur boule ou leur coquille dans l'urne.

Pylade et Bathyle, fameux pantomimes, se partagèrent les faveurs du public de Rome sous le règne d'Auguste. Le premier inventa le ballet noble, tendre et pathétique. Les compositions de Bathyle étaient vives, légères et pleines de gaieté. Réunis d'abord, ils construisirent un théâtre à leurs frais, et représentèrent ensemble des tragédies et des comédies, sans autre secours que ceux de la pantomime, de la danse et de la symphonie. Cette heureuse association de deux talents, à la fois si divers et si originaux, fut pour le public romain une source de vives jouissances. Pylade et Bathyle jouirent pendant quelque temps en commun de leur fortune et de leur célébrité. La jalousie altéra leur amitié et rompit leur union ; ils se séparèrent.

Les divisions des Pyladiens et des Bathyliens ensanglantèrent souvent la scène. A la fin du spectacle, ces acteurs, enorgueillis ou bien irrités de la diversité de leur succès, se battaient, s'égorgeaient derrière le théâtre.

Tibère chassa de Rome les pantomimes; Caligula, Néron les rappelèrent et rétablirent les spectacles publics.

Les pantomimes employaient quelquefois des moyens violents pour représenter, au naturel , la mort l'assassinat, ou le supplice d'un personnage. Un criminel, la figure couverte du masque de l'acteur qu'il remplaçait au dénoûment, était réellement empoisonné, torturé, poignardé, livré aux flammes, etc..

Les historiens de la musique sautent à pieds joints plusieurs siècles, et d'une seule enjambée passent du règne de Constantin à celui des Médicis. L'art dramatique s'était perdu; la pantomime et le ballet théâtral étaient déchus de leurs prestiges, au milieu des ténèbres dont le moyen-âge avait enveloppé l'Europe. Le premier ballet régulier et somptueux qui fut exécuté lors de la

renai sance des lettres, n'eut d'autre objet que d'offrir à une société d'illustres amateurs de quoi satisfaire l'appétit de leurs estomacs. Toutes les notabilités de la fable et de l'histoire furent évoquées pour servir un repas splendide. Bergonzo di Botta, de Tortone, dont les annales de la gastronomie et de la danse ont conservé le nom, signala doublement son goût dans la fête par lui donnée en 1489 à Galéas, duc de Milan, qui venait d'épouser Isabelle d'Aragon. — Les grands ballets parurent bientôt après. On les réserva d'abord pour célébrer, dans les cours, les mariages des rois, la naissance des princes, et tous les événements heureux qui intéressaient les nations. Us formèrent seuls un spectacle d'une dépense vraiment royale.

Les ballets poétiques, tels que la; Nuit, les Saisons, les Ages ; les ballets allégoriques et moraux, tels que les Plaisirs troublés, la Curiosité j leur succédèrent. La division de toutes ces compositions chorégraphiques étaient en cinq actes; chacun présentait trois, six, neuf et même douze entrées.

Catherine de Médicis introduisit les ballets poétiques à la cour de France. Baltasarini apporta le premier une certaine régularité dans ce genre de spectacle. Ce fut lui qui, en 1581, composa le fameux Ballet comique de la reine, pour les noces du duc de Joyeuse. Ce ballet n'était qu'un intermède destiné à l'embellissement de ces fêtes nuptiales.

La danse était un des amusements favoris d'Henri IV. Sully, le grave Sully, préparait les fêtes, faisait construire les salles, était l'ordonnateur suprême des ballets. Il y figurait comme danseur, en exécutant les pas que la sœur du roi lui montrait. Plus de quatre-vingts grands ballets contribuèrent aux divertissements de la cour d'Henri IV, sans compter des bals magnifiques et une infinité de mascarades singulières.

Au commencement du dix-septième siècle, les ballets devinrent un 'travestissement agréable des passions et des secrets de la cour. Benserade mettait dans les siens, qui jouissaient d'une vogue immense, des rondeaux où se peignaient adroitement les dames et les seigneurs qui les chantaient.

Quinault accomplit une révolution dans le ballet. Déjà Pierre Corneille avait écrit des pièces comme Andromède^ où la danse et le chant sont subordonnés au récit drama-

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