‹ Dictionnaire de musique théorique et historiqueChapitre 71 sur 222 · CRI · texte numérisé non relu

CRI

d'harmonie, on appelle couvertes ou cachées ; on fiû4 une quinte ou une octave cachée, lorsqu'on marche à la quinte ou à Toctave par mouvement direct.

Crécelle. Espèce de moulinet en bois dont on tire un son aigre et bruyant, en l'agitant fortement avec la main. 11 remplace les cloches dans les églises, le jeudi et le vendredi de la Semaine-Sainte.

Crembalum. Instrument des Romains, qui, selon quelques-uns, ressemblait aux castagnettes, et, selon plusieurs autres, n'était qu'une guimbarde.

Crescendo. Ce mot italien signifie en croissant, en augmentant. Le crescendo consiste à prendre le sou avec autant de douceur qu'il est possible, et à le conduire par degrés imperceptibles jusqu'au plus grand éclat. Cet effet est fort beau, et termine bien une symphonie. Prescjue toutes les ouvertures d'opéra arrivent à leurs derniers effets par un crescendo.

Crescere (monter). On dit en italien qu'un chanteur cresce, qu'un instrumentiste cresce (joue ou chante trop haut), lorsque leur intonation est plus élevée qu'elle ne doit être. La cause de ce défaut est naturelle ou accidentelle.

ÇnmLE. Planche percée de trous, qui est destinée à maintenir les tuyaux dont les embouchures sont placées dans le sommier de l'orgue.

Crier. C'est exagérer la force des sons de la voix, en chantant. Ce défaut est celui des chanteurs dont la voix ne se produit point avec facilité.

Crista,(J. p.). Luthier à Munich, en 1730.

Cristallocorde. Nom d'un clavecin construit en 1781, à Pans, par un allemand nommé Boyer. Cet instrument avait des cordes de cristal. Il remplaça le jeu des clochettes que Mozart avait introduit dans la Flûte enchantée,

Cristopora. Luthier florentin, vivait en 1725.

Critique musicale. La véritable critique musicale suppose de grandes et profondes connaissances dans l'art, ainsi qu'un goût exquis. Elle ne se contente pas seulement d'examiner les compositions d'après leur forme extérieure et technique, mais encore elle les apprécie d'après leur caractère esthétique. Si en outre cette critique est impartiale, claire, écrite dans un langage convenable, dégagée de toute passion, elle encouragera l'art, perfectionnera le goût.

ÇRO 153

Crodias. Nom grec des flûtes.

Croisé. Les parties se croisent, lorsque la plus élevée, en descendant, se trouve plus basse que la partie qui était auparavant plus grave, laquelle, en montant^ devient à son tour la plus élevée.

Croix. Signe qui marquait le trille dans l'ancienne musique. On se sert d'une petite croix pour désigner dans un basse chiffrée les intervalles augmentés. La quarte augmentée se chiffre par un quatre précédé d'une croix, *4. Quelques auteurs chiffrent l'accord de la septième dominante par un sept avec une croix au-dessous. La petite croix indique presque toujours que c'est une note sensible qui forme l'intervalle indiqué.

Cromamètre Instrument servant à accorder un piano sans être obligé de faire une partition, qui fut inventé par Roller en 1827.

Cromorne. Mot tiré de l'allemand, et qui signifie cor tordu. Cet instrument est représenté comme une corne de bœuf tordue, avec quatre trous dans la partie inférieure. C'est aussi le nom d'un jeu de l'orgue. Il joue à l'unisson de la trompe, mais donne un son moins éclatant. Il se place au clavier du positif. (Voyez Orgue.)

Cronomètrë. Ainsi se nomment en musique les instruments qui servent à marquer la mesure.

Cronomètre-musigal. Instrument propre à mesurer le temps et le son, imaginé à Berlin en i797, par Barja, professeur de mathématiques.

Croque-Note. Nom qu'on donne par dérision à ces musiciens ineptes qui, versés dans la combinaison des notes, et en état de rendre à livre ouvert les compositions les plus difficiles, exécutent au surplus sans sentiment, sans expression, sans goût. Un croque-note, rendant plutôt les sons que les phrases, lit la musique la plus expressive sans y rien comprendre, comme un maître d'école pourrait lire un chef-d'œuvre d'éloquence écrit avec les caractères de sa langue, dans une langue qu'il n'entendrait pas.

Crotales. Instrument de percussion composé de deux pièces de fer ressemblant assez à deux écuelles rondes, fort épaisses et peu concaves. On en joue de la même manière que des cymbales. Les crotales sont encore en usage en Provence, où elles ont reçu le nom de Chaplackoon, (Voyez Cymbales antiques.)

154 CYM

Crouth. Espèce de rebec. Il y en existait de deux espèces, le crouth trihant ou à trois cordes et le crouth à. six cordes réputé plus noble que le premier. Le barde Ed. Tones en donne la description dans ses écrits : «Un joli coffre, avec un archet, un lion, une touche, un chevalet. Il a la tête arrondie comme la courbe d'une roue et le renflement de son dos est semblable à celui d'ua vieillard. Six chevilles pour tendre les cordes. »

Cruma. Les Latins donnaient ce nom à certains instruments formés de plusieurs vases de terre en forme d'huîtres, ou autrement; en les frappant les uns contre les autres, ils produisaient un son.

Crusgitiros. C'est le nom d'une chanson de danse des anciens Grecs, accompagnée de flûtes.

Cuvette. La cuvette est une partie de. la harpe qui sert de base à l'instrument; elle contient le mouvement par lequel les pédales attirent les tringles qui mettent en jeu le mécanisme renfermé dans la console. A chaque côté de la cuvette figurent les pédales : il y en a quatre à droite et trois à gauche.

Cymbale. Jeu d'orgue à bouche et en étain. Il est compris parmi les jeux de mutations et diffère seulement de la fourniture par la grosseur moindre de ses tuyaux.

Cymbales. Instrument de percussion composé de deux plaques circulaires d'airain, d'tin pied de diamètre et d'une ligne d'épaisseur, ayant chacune à leur centre une petite concavité et un trou dans lequel on introduit une double courroie. Pour jouer de cet instrument, on passe les mains dans ces courroies, et l'on frappe les cymbales l'une contre l'autre du côté creux. Le son qu'elles rendent, quoique très-éclatant, n'est pas appréciable.

On réunît les frappements des cymbales à ceux de la grosse-caisse, pour marquer le rhythme, ou seulement la mesure, dans les marches guerrières, les airs de danse fortement caractérisés, et les ouvertures, symphonies et chœurs qui ont une couleur militaire.

Les sons frémissants et grêles des cymbales, dont le bruit domine tous les autres bruits de l'orchestre, réunis eux sifÏÏQments aigres de la petite flûte et à des coups bien rhythmés des timbales ou des tambours, expriment avec une vérité effrayante, soit des sentiments de férocité, soit une orgie bachique où la joie tourne à la fureur. On con-

Page 1