ÉPI
Èphésies. Fêtes célébrées par les Grecs à Éphèse, ville de l'Asie Mineure, en Thonneur de Diane. Des concours de musique avaient lieu à l'occasion de ces fêtes, auxquelles, sous le règne de l'empereur Vespasien, on en joignit d'autres appelées Barbyliennes»
iliPicÈDE. Nom d'une chanson funèbre des Grecs.
Épiconion. Instrument des Grecs à quarante cordes.
Épilène. Danse accompagnée de chant exécutée par les Grecs en l'honneur de Bacchus, à l'époque des vendanges.
Épimélion. Nom grec de la chanson des meuniers.
ËPiNETTE. Sorte de petit clavecin dont on se servait avant l'invention du piano.
Épinette. Espèce de clavicorde, qui reçut le nom d'épinette parce que l'on avait armé les sauteraux d'un petit morceau de plume taillé en épine. Cet instrument eut, dans son origine, vingt-cinq touches conformément à l'échelle de guide^ sa forme était carrée ou trapézoïde.
Épinette archet (l'). Fut construite en 1743. TJn sieur Renaud, natif d'Orléans y appliqua un archet sans un formé d'un tissu de crin cousu sur une courroie. Les touches par la pression faisaient baisser les cordes sur l'archet.
jcjPInbttb a marteau (l'). Put imaginée en Angleterre, vers l'année 1730. Cet instrument possédait six rangs de sauteraux à plumes et un rang de sauteraux à marteaux. Les sauteraux en plumes attaquaient la même corde à des distances différentes, ce qui changeait la qualité du son. Cet instrument fut importé en France par un nommé Virbes.
Épinette a orchestre (l'). Contruite à Paris en 1748, était un instrument réunissant dans son corps deux violons, un alto, et un violoncelle, que des archets mus par une pédale faisaient résonner.
Épinette expressive (l'). Imaginé en 1740 à Grenoble, par Berger. L'essai de cet instrument soumis à l'académie reçut son approbation.
ÉpiNiciON. Chant de victoire par lequel on célébrait chez les Grecs le triomphe du vainqueur.
Épiodie. Chanson funèbre des Grecs.
Épique. On appelle ainsi une composition musicale ne présentant qu'un tableau idéal qui plait et charme, grâce à sa forme régulière et à sa beauté absolue, sans qu'on y
remarque quelque chose de bien déterminé qui excite notre sympathie.
Épisinaphe. Les Grecs appelaient ainsi la conjonction de trois tétracordes consécutifs.
Épisode. Sous le nom d'épisode, on désigne commu* nément ces sujets incidents qui font partie d'une composition musicale, sans cependant que leur existence soit absolument nécessaire.
Épithalame. Chant nuptial qui se chantait autrefois à la porte des nouveaux époux pour leur souhaiter une heureuse union.
ÉpiTRiTE. C'était, dans la musique grecque, ce rapport d'intervalle qu'on appelle aussi propositio sesqui^ tertia.
Épogodus. Nom du rapport d'intervalle 9 : 8.
Eptagorde. Intervalle de septième. On appelle aussi Eptacorde la lyre des anciens, montée de sept cordes.
Équisonnange. C'est la consonnance de deux sons semblables entre eux, comme l'octave, la double octave, etc. L'équisonnance peut être employée sans scrupule, attendu que l'octave et la double octave produisent souvent à l'oreille la môme sensation que l'unisson.
Ermosmenon. Les Grecs indiquaient par ce mot le sens moral de leurs morceaux de musique.
Ernst (Praiz Ant.). Luthier dont les instruments ont eu de la réputation. Il travaillait à Gotha en 1778.
Érotidies. Fêtes des Grecs en l'honneur de Cupîdon, célébrées dans la ville de Thespie, en Bébtie. Elles avaient lieu tous les cinq ans sur le mont Hélicon : on y assistait à des luttes musicales.
Espace. Intervalle blanc qui se trouve dans la partie entre les cinq lignes.
Espagne. (De la musique en). Parmi les nations européennes, il n'en est point qui possède une plus belle organisation musicale que le peuple espagnol. Cependant, quelque incontestable que soit son aptitude pour la musique, l'Espagne est loin de révaliser avec Tltalie, l'Allemagne et la France, pour le nombre et le mérite de ses compositeurs. Un concours de circonstances particulières l'a empêchée d'acquérir, sous ce rapport, le développement auquel ses heureuses facultés lui permettaient d'arriver.
Dès les premiers temps du moyen-âge, la nation espagnole cultiva la musique^ et le fondateur de son école est
Alphonse, roi de Gastille, auquel ses peuples donnèrent le nom de Sage, Il fonda une école de musique à l'université de Salamanque* Dans les XIV* et xv* siècles, les Espagnols eurent aussi leurs décidores ou troubadours. A la requête de Jean !•', roi d'Aragon, deux troubadours furent envoyés du collège de Toulouse à Barcelone, où ils fondèrent une école de musique qui subsista jusqu'à la mort de Martin, successeur de Jean. Le marquis de ^mnirSulliane (vulgairement appelé Santillana)^ qui écrivit un Traité sur la poésie castilane, vers 1440, parle avec éloge d'un compositeur nommé Don Jorge Saint-Sorde, de Valence, qui vivait à cette époque. Il cite aussi plusieurs autres musiciens, quelques-uns parleurs noms, et les autres pour leurs ouvrages ou les circonstances de leur vie.
Mais de tous les maîtres de l'harmonie espagnole, celui qui se distingua le plus à cette époque fut François Salinas, né à Burgos, et qui, quoique aveugle dès son enfance, n'en devint pas moins le premier contrepointiste de l'Espagne, et môme un des savants les plus distingués et des littérateurs les plus remarquables de cette époque. Salinas consacra trente années de sa vie, à la théorie de la musique. Les ouvrages de Boèce furent les principales bases de ses travaux et de ses études. Mais comme on apprend moins dans les livres des érudits que dans celui de la nature, sa doctrine est moins praticable que spéculative, et souvent elle manque de précision et de clarté.
Gristofo Morales rivalisa avec Salinas, moins pour le mérite de ses ouvrages didactiques que par l'éclat de son talent comme compositeur. Sous ce dernier rapport, il fit faire des progrès remarquables à la musique espagnole pendant le quinzième siècle. Son motet, Lamentabor Jacoby religieusement conservé dans les archives de la chapelle pontificale, à Rome, est chanté chaque année dans une des plus grandes solennités de l'Ëglise.
Le meilleur harmoniste après lui fut Louis Vittoria, auteur de motets très-estimés : il en composa pour chacune des fêtes de l'année. Les messes dont il est l'auteur ne sont pas moins belles, et l'on remarque surtout celle appelée Missa di Morti^ exécutée longtemps à Rome, ainsi que ses Psaumes delà pénitence.
Au seizième siècle, l'Espagne fut fertile en grands musiciens, dont quelques-uns rivalisent avec les plus brillantes illustrations des écoles flamande et italienne.
C'est aussi à cette époque que la musique dramatique commença à être cultivée daus la péninsule ibérique ; mais elle n'y jeta pas un grand éclat. Le peu d'encouragement donné par le gouvernement aux compositeurs dramatiques est la principale cause de l'infériorité du peuple espagnol sous ce rapport. — Mais en revanche la musique religieuse prit, au seizième siècle, de beaux développements, grâce aux riches dotations qu'elle reçut du clergé et de particuliers opulents. Charles Patigno, Juan Noldan, Vincenzo Garcia, Mathias-Juan Viana, François Gherrero, don Joseph Nebra, ont laissé des messes, des motets, des cantates d'une grande beauté. — Plusieurs de ces artistes ne furent pas seulement des compositeurs remarquables, ils furent aussi des chanteurs éminents, de très-habiles instrumentistes, et quelques-uns furent employés à la chapelle du pape, à Rome.
. Mais une fois arrivée à ce haut point de splendeur, l'Espagne déchut rapidement. Cependant, malgré sa décadence, l'art espagnol conserve encore quelques vestiges de son antique beauté. Qui ne connaît, au moins par quelques fragments, ces chansons populaires, empreintes de la poésie des traditions locales, ces copias, ces sarabandas^ où se montre toute la gaieté du caractère espagnol ! Qui ne connaît ces fandangos^ ces boléros ^ ces se* guidillas qui se dansent et se chantent encore avec accompagnement de guitares et de castagnettes I C'est dans ces chansons et ces danses populaires que se révèle d'une manière remarquable le génie espagnol.
La guitare est l'instrument favori de ce peuple. On peut même dire que jusqu'à ces derniers temps c'est à peu près le seul qu'il ait cultivé. Cependant les autres organes de l'harmonie commencent à se répandre en Espagne, mais seulement dans les hautes classes de la société. Quant au peuple, son plus grand bonheur est de jouer de la guitare, et quand un artisan a fini sa journée, il se rend sur la place publique, et se délasse de son travail en jouant sur cet instrument des boléros et des seguidillas. — Qui sait à quels magnifiques résultats l'Espagne pourrait arriver, si un gouvernement ami des arts s'appliquait à développer et à diriger le goût passionné qu'éprouve le peuple espagnol pour les jouissances de l'art musical. Si les dons de la nature étaient fécondés par les bienfaits de l'éducation, nous n'en doutons pas,