NOUVEAU TELEGRAPHE PROPOSE PAR M, GONON
Mous donnerons ici quelques extraits du mémoire oii l'auteur expose les avantages de son système , et dont il a fait lecture à TAcadémie des sciences le 12 février iSkk. n est intitulé : Mémoire sur le système tili^ graphique nowveauj universel et perpétuel^ pour le jour et pour la nuit ^ par Ennemond GoNON (2817).
(2817) Paris, Sirou, imprimeur-édilcur, rue des Noyers, 37; 1844, in -4
« A une époque oii les progrès en tous genres marchent avec rapidité, il est de la plus haute importance que les découvertes principalement utiles a la société soient mises au grand jour, et que les gouvernements leur accordent l'attention qu'elles méritent. Au nombre de ces découvertes se place, en première ligne, le perfectionne-
DICTIONNAIRE DE PALf OGRAPHIE ETC.
ment du télégraphe, si nécessaire à l'administration en France, depuis que tous les intérêts généraux ont pris un essor prodigieux , et que des voies nouvelles de communication se sont ouvertes de toutes parts.
« Après vingt-cinq ans de veilles et de travaux considérables, je suis heureux de. pouvoir présenter au gouvernement de mon pafs, qui possède déjà le meilleur des télégraphes en usage dans le monde , un nouveau système télégraphique qui, j'ose l'affirmer, surpasse de beaucoup, sous tous les rapports, celui de M. Cbappe.
« Mais avant d'entrer dans le détail des avantages de mon système, je crois devoir faire connaître la valeur approximative des systèmes qui l'ont précédé. On verra , par ce court exposé , les difficultés nombreuses qu'il m'a fallu vaincre pour arriver au puissant résultat que j'ai obtenu.
« Depuis un temps immémorial l'art des signaux est connu. Les anciens ont employé le3 feux, les phares, les torches, les étendards, etc., pour annoncer promptement et au loin des avis ou des événements prévus.
« Chez les Grées et les Romains, cet art a été |}Ou$sé très-loin relativement au temps. Thésée s'en est servi dans son expédition contre les Argonautes, et Mardonius au temps de Xeroès.
<K Thucydide cite souvent sa manière de parler avec des signaux. Cette manière fut également connue des Romains dans la décadence de l'empire^ L'art de correspondre par signes était trop important à un Etat essentiellement militaire, pour qu'il le laissât tomber dans l'oubli.
« Dans le moyen âse, le bruit ou le son des instruments remplaça la lumière, le feu ou la fumée.
«( L'invention de la poudre à canon appli-
S[uée aux bouches à feu rendit le bruit préérable , parée qu'on n'était pas obligé de choisir des hauteurs ou des points de vues
Sour se faire distinguer, et que l'état de l'air tait indifférent.
, K Bien certainement , l'art des signaux militaires est presque aussi ancien que la
fuerre elle-même. Les Grecs l'avaient porté un assez haut degré de perfection. On trouve dans Polybe, livre x, des détails curieux à ce sujet.
. a Les .signaux .par le ieu. pendant la nuit, par la fumée pendant le jour, furent les premiers employés; mais ils demeii^rèren^ longtemps impanaîts, parce que l'on se bornait à indiquer un certain nombre d'événements prévus, au delà duquel la méthode échouait. « Polybe attribue a Glépxène ou à Démodite la méthode des lettres de l'alphabet, au moyen de laquelle on pouvait se communiquer réciproquement, au loin et par é<Tit, des phrases entières sur un sujet inconnu. — On employait , à cet effet , des flambeaux qu'on montrait et que l'on cachait alternativement, et dont le nombre, et la position se rapportaient à telle ou telle lettre qu'on écrivait à mesure pour en former des mots. On trouve dans Vnistoire ancienne de
RoUin, t. VIII, p. làl, la descriptiott et même la figure de l'appareil décrit par Polybe.
« En Chine, l'art des signaux de feu a été
{)Oussé très-loin. On a rapi)orté de ce pays a manière de composer certains feux, d une lumière éblouissante, qui se voit au travers de répaisse fumée , accompagnement ordinaire des batailles navales. Ces feux ont été employés avec beaucoup de succès pour signaux, dans les opérations géodésiques.
« Privés du secours des lunettes, les anciens ne pouvaient pas faire de grands progrès dans l'art des signaux. Ce n est ({ue de nos jours qu'on y a appliqué ces instruments. Il a fallu que l'impulsion de la nécessité réveillât le génie et fit inventer le télégraphe I
« Parmi les modernes , nous citerons en
Sremière ligne le système télégraphique de [. Chappe qui est en usage en France depuis cinquante ans.
« L'expérience de ce télégraphe fut faite le là juillet 17d3, en présence du comité d'instruction publique de la Convention nationale» Le succès fut complet. On reconnut qu'en 13 minutes 40 secondes, la transmission d'une courte dépêche .pouvait se faire à la distance de 48 lieues. Quoiqu'il existât depuis longtemps différentes manières de correspondre au Ipin , on ne connaissait pas de moypn de se faire entendre, de proche en proche , avec une promptitude dans l'action et un mystère dans la méthode qui pussent dérober aux poçtes intermédiaires le secret qu'on ne voulait faire connaître qu'aux extrémités, {quel que fût leur éloignement. H. Chappe a su aplanir ces diflicultés,. en sorte, que le télégraphe de son invention est tout à fait dinerenl de ceux qu'on avait créés jusqu'à lui^
« Lorsque les Anglais virent, les premiers, jouer ce tél^rapheen France, ils n'en conçurent pas une bonne opinion ; cependant, après en avoir compris les résultats, ils ont tenté sans succès d'en établir de semblables.
« Napoléon, qui ne négligeait aucun moyen pour s'assurer les nombreuses victoires, qui l'ont immortalisé, a dû plus d*une fois une prompte réussite aux télégraphes mobiles iiu'iL plaçait d'un.cor^ d'armée à l'autre. Les batailles d'Austerlit^ , de Wagram , d'Eylau ; etc., etc., en sont de frappants exemples.
<( Dès que l'invention de M. Chappe fut connue du public et admirée dans ses résultats merveilleux, des savaaits de.loules les nations, pénétrés de son importance pour les gouvernements, s'appiiquèreni à Taméliorer, mais leurs travaux ont été jusqu'à ce jour tout à fait infructueux. — Voici ce qui a été tenté par quelques-uns de ces inventeurs ;
« M. Edwrantz, Suédois, a fait un Traitt. de télégraphie^ dans lequel on trouve de^ procédés reconnus impraticables.
« MM. Bettancourt et Breguet ont pré-
TELEGRAPHIE.
sentô, sans succès, un télégraphe de leur [invention, en 1797.
/ « M. Mpncabmr.a imaginé un télégraphe marin f qu'il appelle vigigraphe^ instrument simple avec lequel on obtient un boa nom* bre de signaux. L'expérience en a été fait^ à La Rocnelle avec quelque succès.
« Téléaraphe de Pillow^ composé d'un niAt mobile et de trois flèches, système phrasique et conventionnel.
« Aérographe de Latoury composé d'un mât immobile et de deux flèches , système rationnel ou du son, essavé sans succès pour une correspondance régulière.
« Télégraphe iEdgworthy machine à huit ailés, imitant les mouvements d*un para-r pluie, ne pouvant être placée qu'à de très-^ courtes distances, système alpnabétique.
« Télégraphe de Charrier e , composé d'un mât immobile et de six flèches, donnant 55,000 signaux, représentant le même nombre de phrases. La première épreuve publia que de ce télégraphe fut manquée, parce que la phrase qu'on avait donnée à Ôharrière n'existait pas dans son vocabulaire. Cet auteur n'avait pas songé, après trente ans de travail , qu'entreprendre de formuler
^ Vantrhopographe de Spratt est tout simplement un mouchoir blanc ou de couleur au'un homme tient à la main ; le corps de 1 homme sert de machine et les différentes positions qu'il prend produisent les signes télégraphiques : les avantages de ce système sont très-minimes ; cependant , la société des arts, à Londres, en récompensa l'auteur.
« Télégraphe portatif à mât^ composé de quatre flèches, donnant [4,096 signaux, adaptable à la marine. On en a fait des essais au Havre et à Dunkerque, et des rapports assez satisfaisants, dit-on, ont été envoyésau ministre de la marine. Ce télégraphe est^de l'invention de M. Garos, ingénieur.
« Télégraphe de VAmirautéy imaginé en Angleterre; sur le bâtiment de l'Amirauté, à Londres, on a établi un cadre rectangulaire qui porte six djsques octogones mobiles, chacun à part sur un axe horizontal et les* changements de position de ces disques indiçiuent soit les lettres de l'alphabet, soit certaines phrases convenues.
« Il existe un grand nombre d'autres systèmes, dont les plus connus sont ceux de MM. Guyot, Parker, Dudly, Kircher, Monge, Gauthey, Rojger, Kessler, Saint- Aouen, Château, Paulian, Amontons, Schilling et Morse. Mais ces méthodes, plus ou moins ingénieuses, n'ont jamais présenté les avantages que celle de M. Chappe a su réunir.
« Depuis quelques années, des savants de tous pays ont pensé qu'il serait aisé d'adapter un système télégraphique à l'électricité. Ces théoriciens n'ont sans doute pas vu qu'il n'y avait qu'un système alphabétique qui pût coincider avec la touche éleotrique, et. que c'était encore «goûter un moyen alpha-
bétique au grand nombre d'autres déjà rejetés; que celui-ci particulièrement oc^iasionnerait des dépenses énormes pour son ins* tallation ; et qu'après des travaux gigantesques pour l'établissement d'une ligne de peu d étendue, le plus léger accident ou la malveiUance détruirait soudain, travaux, dépenses, et conséquemment toute correspondance.
« Une petite ligne télégraphique de 11 milles (3 lieues |) avait été établie en An-
Sleterre, il y a quelques années, entre Westtra^ton et Padainçton ; cette ligne était favorisée par le rail d'un diemin de fer, et, malgré cet auxiliaire, elle avait coûté près do 2,000 livres sterling ( 4«,000 francs ). — Quand le gouvernement anglais vit que les espérances attachées à ce projet ne se réalisaient pas , malgré la persistance que Ton mettait à prolonger les essais, il abandonna l'idée qu'il avait eue d'établir une grande ligne électrique entre Londres et Bristol, nonobstant l'énorme dépense que cette ligne aurait occasionnée. Je n'entre paâ dans le détail des autres inconvénients de ce système. « Il est bien reconnu aujourd'hui, par tous les hommes compétents, que les systèmes télégraphiques alphabétiques et phrasiqttes ne présentent ni ibl régularité, ni la célérité; ni aucune des conditions nécessaires poui^ une correspondance exacte, prompte et universelle.
« Au.ssi, de tous les systèmes mentionnés plus haut, celui de M. Chappe est-il le seul qui ait obtenu les honneurs d*une administration sans rivale dans le monde. C'est avec une œuvre placée dans la vraie route , quQ cet illustre inventeur a pu fixer l'attention de la nation la plus éclairée, et obtenir, en retour de ses services, les récompenses et les dignités qu'il méritait. Cependant, tout en rendant hommage aux hommes qui hono^ rent leur siècle par leurs travaux, on ne peut nier que quelques-uns d'entre eux n'aient fait qu'ébaucher pour ainsi dire les objets de leur invention, et qu'ils ne les aient laissés fort susceptibles de perfectionnement. Si depuis l'adoption du télégraphe de M. Chappe, personne n'a pu encore offrir unineilleur système, c'est évidemment parce que tous les inventeurs ont suivi de mauvaises voies ou qu'ils ont manqué de la persévérance nécessaire pour résoudre ce grand problème d'une manière satisfaisante.
«c J'ai indiqué successivement les principaux systèmes connus, sans faire mention des raisons qui les ont fait rejeter par les gouvernements et abandonner par les auteurs eux-mêmes (ce développement n'étant point utile à mon objet), mais j'ai dû m'arrèter quelques moments au nom de M. Cbappe,
rmr payer mon tribut d'estime et de respect cet illustre devancier.
« Après cette profession de foi, je dirai,
{)Our attaquer franchement la question , que* e fondateur de la télégraphie française, supposant qu'il avait crée du premier coup une œuvre complète , ne s'occupa plus malheu*
reusement du soin de l'améliorer (2818); qu'aussitôt que la Convention nationale eut accepté sa découverte, remarquable pour l'époque, il ne songea qu'à organiser les
son télégraphe.
« Depuis cinquante ans que l'administration telégraphicrue existe, aucune nation n'-est parvenue a s'approprier les movens employés en France, grAce à la discrétion profonde et inébranlable avec laçruelle les administrateurs ont toujours garde le secret dont ils ont été dépositaires. Néanmoins, il arrive que de certains esprits embrassent avec chaleur une idée qui leur est sympathique, qu'ils s'en pénètrent, qu'ils la retournent sur toutes les faces , et qu'à force de travail, de volonté, de persistance, ils finissent par obtenir des résultats qui dépassent leurs prévisions. Or, ce fait résume l'histoire des vingt-cinq dernières années
Sue je viens de consacrer à la recherche 'un télégraphe de nuit et de jour.
n Sans avoir jamais fait partie de l'administration télégraphique, je sentis naître un jour en moi le désir de comprendre les admirables procédés du télégraphe en voyant jouer celui de Lyon, ma ville natale. J'allai, dans ce dessein, visiter de nombreuses stations télégraphiques ; je fis , le l'avoue , des questions pressantes, mais dès que je pus ine convaincre que je n'obtiendrais pas |le moindre renseignement propre à m'éclairer sur le système en usage, je résolus d'en pénétrer par moi-même les mystères. Dès lors je me suis livré au travail le plus opiniâtre et le plus ardu, aux études les plus abstraites, aux combinaisons les plus nombreuses. Je n'ai reculé devant aucune difficulté ni devant aucun sacrifice pour remplir la tAche que je m'étais imposée. Et, redoublant d'ardeur, au fur et à mesure de mes découvertes, animé que j'étais par un sentiment de patriotisme, j'ai résolu enfin ce grand problème auquel se rattachent de si grands intérêts pour la France et le monde entier 1
« Voici l'analyse de mes travaux. Au bout de dix ans, j'avais trouvé un système de correspondance universelle, par des moyens gui me semblaient alors très-simples et que je jugeai plus tard être encore trop compliqués. Ces moyens (selon mes observations au télégraphe de France) exigeaient déjà moins de signaux pour une dépêche que ce dernier, parce cjue les jalousies de mes flèches étaient actives et que celles du télégraf)he de France né lui servaient que pour ivrer passage au vent. Jusque-là j'étais parvenu à surpasser le système établi par des procédés différents, mais ce résultat ne ip'ayant pas satisfait, je poussai plus avant mes recherches.
^ « Bientôt ie crus entrevoir la possibilité d'améliorer la machine télégraphique et la poiQbiMîsoa ^\x çïictionnairp. J'imaginai ^t
"essayai en conséquence, successivement en grand et toujours avec plus de perfectionf trente-cinq télégraphes et autant de diction* naires, chacun d'une combinaison différente et de plus en plus simplifiée. Je ferai remarquer , toutefois , que mon système télégraphique ne repose pas sur un seul problème, qu'un calculateur eût pu trouver après quelques heures ou quelques jours de recnerches, c'est un travail d'une grande étendue qui renferme des milliers de problèmes s*encnatnant régulièrement etquil fallait résoudre tous pour arriver à la solution que j'ai obtenue ; car si un seul de tous les problèmes renfermés dans mon système n'avait Sas été résolu, j'aurais échoué dans mes preuves, ainsi qu'il est arrivé à tous mes devanciers. Ce n'est, en définitive, qu'après quinze autres années d'innombrables essais, que j'ai réussi enfin à expédier avec facilité, huit et dix fois plus vite qu'auparavant , et toujours d'une manière très-exacte, toutes les dépêches imaginables.
a Qu'il me soit permis d'indiquer ici, sans rien divulguer du secret de la télégraphie, les principaux avantages de mon système sur celui de M. Chappe. Le télégraphe de cet inventeur donne bien le nombre de signaux nécessaires à la combinaison qui lui est propre , mais M. Chappe et ceux qui lui ont succédé ne se sont pas aperçus de Tinsuffisance de visibilité des signaux dans Quelques cas. Il arrive souvent, à cause de 1 imperfection des mouvements et de l'ouverture des jalousies dans les flèches de ce télégraphe, que les signaux sont longtemps en position avant que d'être bien distinmés, surtout lorsqu'il y a le plus léger brouillard. — Ces observations ayant influé sur mes expériences, j'ai dû abandonner irrévocablement les jalousies dans les flèches, dans mes treize derniers télégraphes, bien que mon respect pour une autorité aussi estimable que celle de M. Chappe, me les eût fait conserver dans les vingt-<leux premiers que j'avais construits.
«( D'un autre côté, le télégraphe de cet inventeur ne peut donner que quelques centaines de signaux avec lenteur pour rendre tous les genres de dépêches, et en outre, il emploie constamment aeux, trois et même souvent quatre ou cinq fois plus de signaux qu'il n'y a de mots dans les dépêches. Tandis que le mien, construit de manière que tous les mouvements en soient déterminés^ prompts et visibles, est beaucoup plus simple dans son jeu, quoique plus compliqué en apparence.
tf Avec mon télégraphe, je produis un nombre de signaux qui ne dépasse jamais le nombre de mots contenus dans les déptebes les plus abstraites, y compris les signes qui impriment à une correspondanoe une régularité fidèle, comme la ponctuation , les alinéas, les soulignés, etc., etc. — De plus, je ^gne souvent sur les mots (ce qui est d'une ixnportaoce ex)r0Qie) 10^ ^, 90 et jusqu'^ 50
Ma TELEGRAPHIE.
pour C6nt; c'est-à-dire que je puis rendre une dépècke de cent mots (de quelque nature qu'ils soient) par 90» 80, 70 et même quelquefois 50 signaux, dans la certitude de ne jamais commettre la moindre erreur. Je
S lacerai plus loin deux exemples comparatifs 'expéditions de dépêches , en indiquant le nomore de signaux employés par le système de M. Cbappe et par le mien. On pourra juger. Je citerai, en outre, des faits officiels extraits du Moniteur qui justifient toutes mes assertions.
« Mon télégraphe est tellement simple que tous les employés peuvent être parfaitement au courant des signaux dans quatre leçons d'une heure, et devenir réellement habiles après une pratique de deux ou trois semaines au plus ; tandis que je tiens de la bouche même de beaucoup d'employés au télégraphe de France, qu'ils ont été obligés de s'exercer pendant six, huit et dix mois avant que de comprendre les figures des signaux et de les savoir bien rendre. — Eh 1 bien, je le répète, je garantis que tout homme pris au hasard, sachant seulement compter les numéros jusqu'à 79, apprendra facilement à faire tous les signaux de mon télégraphe en quatre leçons d'une heure chacune.
« Je me suis appesanti quelque peu sur ce point, parce que j'ai cru remarquer que MM. les administrateurs en chef des lignes télégraphiques de France, qui m'ont fait l'honneur d'assister à une épreuve de mon système, n'avaient|pas bien compris en quoi consiste la supériorité de mon télégraphe sur le leur, bien qu'ils eussent reconnu et affirmé devant les personnes présentes à cette réunion, gue je pourrais expédier un roman tout entier beaucoup plus promptement qu'ils n'y parviendraient eux-mêmes par les moyens qui leur appartiçnnent. Une preuve incontestable de la supériorité de mon télégraphe, c'est qy'il transmet les dépèches à leur destination au moins dix fois plus vite que celui qui fonctionne en France. Ce qui me paraît contre-balancer d'une manière péremptoire la complication prétendue ou apparente que ces messieurs ont cru trouver dans mon système. Je confirmerai d'ailleurs plus bas ce que j'avance, par le relevé des dépêches expédiées en 18&1 et pubUées par te Moniteur de cette même année.
«( Faut-il que j'indique en quoi consiste la supériorité de mon' télégraphe? le voici en deux mots : Le corps de ma machine est immobile, les pièces qui font les signes se meuvent avec une extrême facilité par le moyen de touches numérotées, en sorte que
(ttl9) Douze on treize signaux de mon télégraphe, représentant généralement quinze ou seize mots vendus à la minute, donnent neuf cent ou neuf cent •oixante mots, à llieure.
(2820) Le gouvernement emploie le télégraphe, IfÈ estafettes et ^ poste pour expédier $es dé])ôches. ^^ Lorsqu*il s agit d'une affaire de grande imporr
la position qui est prise se dessine nettement, à l'instant même , et se laisse distin* guer sans hésitation.
tf Au lieu de cela, vous avez une lourde machine dont le corps et les bras, en mouvements continuels, ont- çrand'peine à s<ï fixer. Dans ce corps et ces bras se trouvent en outre- des ouvertures coupées en deux. Ce télégraphe est assurément plus compliqué et plus difficile à comprendre pour des hommes simples que ne l'est le mien.
« Les signaux de mon télégraphe se faisant ainsi beaucoup plus rapidement que ceux de M. Chappe, les employés bien exercés peuvent donner douze ou treize signaux par minute et expédier facilement une dépêche de neuf cents à mille mots dans l'espace d'une heure, à une distance de cent lieues environ (2819). Tandis que, si nous en croyons le Moniteur^ des dépêches de vingt-cinq à trente mots mettent souvent plusieurs heu* res et même plusieurs jours à parcourir une courte distance. D'après mon système, il n'arrivera jamais de retards semblables.
« L'extrême vitesse avec laquelle je fai8 jouer mon télégraphe est d'autant plus digne d'attention que , puisqu'elle facilite en peu d'instants l'expédition complète et détaillée de longues dépêches, on n'aurait pas lieu de craindre les interruptions fréquentes causées par l'atmosphère dans la correspondance actuelle, et l'autorité ne serait pas accusée injustement de la non-publication de nouvelles que la plupart du temps elle n'a pu recevoir.
<< Pour obvier au triple inconvénient de la variation de l'atmosphère, du grand nombre et de la lenteur aes signaux , que faiton aujourd'hui ? ,0n réduit les dépêches, le plus qu'il est possible, en omettant des détails qui ne paraissent pas d'abord essentiels, et l'on jette le gouvernement dans l'embarras, parce que ces dépêches n'ont pas eu le développement qui en aurait fait connaître l'intention, l'esprit et le but. Or, je demanderai ce que l'on cherche en télégraphie, si ce n'est la faculté de communiquer des dépêches longues ou courtes , de quelque nature qu'elles soient, avec une parfaite exactitude et , pour ainsi dire, avec la rapidité de réclair? Tant que l'inventeur n'obtient pas ce résultat , l'objet de la télégraphie est manqué et l'on reste condamné à supporter les mécomptes du système actuel (2820)
<x Je vais placer ici les deux dépêches que j'ai annoncées plus haut, en parlant du nombre de signaux que j'emploie et qui ne dépasse jamais le nombre de mots que j'ai à rendre, »
plus expéditif, pour donner ses instructions et recevoir immédiatement Tassurance de Texécntion de ses ordres. Eh bien ! très-souvent, les moyens secondaires auraient été pla< prompts ! Cependant on ne s'en est pas servi, parce que Ton comptait sur le télégraphe, et U est arrivé que de p^reî}^ r^t^rdi^ pnl paralvsé les atiSaires d*une manière fâcbeus6| |iii }\én 4'en Mk^r )^ mrc|i0,
PRBMlftRB DÉP&CHE.
(Facile.
« • On lit dans le Phare des Pyrénées y du 30 août :
Des 6,000 hommes que la milice de Barcelone compte dans ses rangs j W) seulement ont pris les armtSy h ISrau soir y au bruit de la générale. Ils ont envoyé une pétition au général Arbuthnotj pour demander le réarmement du bataillon de volontaires qui avait été désarmé la veille. La garnison s'est opposée à V extraction des armes qui sont déposées dans
la citadelle.
a Cette dépêche demande au moins 254 signaux au télégraphe de France; au mien, seulement 79. — Elle contient .92 mots et signes de ponctuation. »
DEUXIEME néPÈGHE.
(Très-difflcile pour le télégraphe de radmiaistraiiOD.)
« Grande révolution à Athènes I... Chan>^ gement de constitution. — Voici les noms des principaux instigateurs de ce coup-d^état : — MM. Condurio'tts , président: P. Mtxvromic/ialt , vice->président ; Panutzos , Notaras , H. Churchf A. Metaxas^ A. Monarchidis^ H. N. Boudourisy A. Lidorikisy T. Moughincy G. EyniaUj N. Zacharitza^ N. Reynierij C. Caradja^ A^ P. Mavramichaliy F. SoutxOf PaïcoSf N:. G. Theocaris^ Ch. ClonareSy G. PratdûSy Rhigha^ Palamidis^ Anastase^ Lond$Sy S. Theocharop^oulaSy G. Payles, G. SpaniolakiSf C. Zographos^ André Landos^ G. h. Shinas\*- Lu Grèce serort-ellQ plus heureuse à Vavenir t C'est ce qu'on ne peut prévirir.
« Cette dépèche contient 172 mots et signes de ponctuation. Elle prendrait 625 si* gnaux au télégraphe de France (en supposant qu'on l'expédiât sans fautes, ce que je ne crois pas). — Je jjuis la rendre, par mon, système, avec 167 signaux, sans qu'aucune erreur soit possible.
a D'après ces deux exemples, on voit que mon télégraphe fournit le nombre de signaux nécessaires pour donner toujours des mots. Je dirai de plus qu il me donne trèssouvent deux, trois, quatre et jusqu^à huit mots avec un seul signal, et que mon dîc^ tionnaire, par la même raison, me procure une bien plus grande vitesse dans la traduction des dépêches aux points d'arrivée et de départ que ne peut le faire celui de M. Chappe.
« J'ai une plus grande quantité de signaux, il est Tirai, mâîd (?est précisément parce que j'en ai plus, que par mon système j'en emploie, moins^ dan» mes opérations, et que ce fM^tit nombre de signaux employés proporîonnéllement me préserve de toute erreur. \— La non publication des dépêches télégro' phîqj^es d^nii la partie officielle du Moniteur prouve évidemment» ainsi que j'en avais Requis la certitude» que les cas d'erreurs sont fréquents dans le système actuel. Il n'y a pas lieu de douter non plus qu'à cause de
ceé erreurs les expéditions ne soient considérablement ralenties, et que Tadministration ne se voie souvent obligép de les recommencer.
(C Mais j'ai en outre, dans mon dictionnaire, une espèce de brachygraphie qui permet souvent à un signal la transmission de cent ou deux cents mots différents toujours parfaitement orthographiés. Car il faliJait reunir tous ces avantages pour vaincre la grande difficulté de la conjugaison des verbes, qui donne près d'un million de mots différemment écrits dans la langue française, sans compter les autres mots variables.
« J'espère donc mériter l'attention du gouvernement et du monde savant, lorsque je viens dire , en toute vérité , que pour arriver h la solution du problème télégraphique, il a fallu que j'étudiasse presque toutes les langues d'Europe et d'Amérique et que je parvinsse à classer et à combiner ensuite tous les mots existants pour les rendre 'avec exactitude et célérité, sanscrainte, de rencontrer jamais aucun obstacle t.. . Bten plus encore, ne bornant pas mes calculs a cette langue universelle qui résume toutes celles du monde civilisé, j ai cherché le moyen de pouvoir rendre même les mots qu'on inventerait immédiatement, et j'ai eu le bonheur de réussir l Ainsi, je puis avtîc mon télégraphe, c'est-à-dire avec quatre flèches et six croisées, transmettre correctement^ le jour et la nuit^ tous les genres de^ dépêches f quels que soient les mois qui les composent^
« J'ai acquis aussi la certitude que mon • système s'adapte avec plus d'avantage encore, quant à la célérité d'expédition, au génie des autres langues européennes qu à celui de la langue françaiseï par la raison que ces langues présentent moins de difficultés grammaticales et de mots variables que la nôtte. Je citerai, par exemple, la langue anglaise qui ne produit qu'environ six cent mille mots écrits différemment, ei la langue espagnole, qui en fournit à peu
{>rès neuf cent cinquante mille^ tandis que la angue irançaise en donne plus de quinze cent mille^ sans compter les noms propres. — Ces chiffres reposent sur les combinaisons que j'ai faites en composant ces trois dictionnaires télégraphiques.
« Un autre fait important à constater, c'est qu'avec mon dictionnaire télégraphûme français^ je pourrais transmettre des dé-
()êches quelconques dans toutes les autres angues qui seraient écrites en caractères français; seulement, dans ce cas, les dépêches seraient expédiées un peu moins })romptement que par des dictionnaires téégraphiques particulièrement appropriés à ces langues étrangères. Mais je ferai remarquer, que malgré que c^tte n^picUlé àài être moindre, elle serait encore faieflL-supé^ rieure à celle du télégraphe de M.Cilappe, en supposant que ce genre d'expédition fût pratiqueble pour ce dernier.
K Beaucoup d'essais de télégraphes dinmit
TÉLÉGllAPIfie.
ont été faits depuis quinze ans» spécialement en France, en Angleterre, aux États- Unis et en Russie ; on a dû les abandonner presque partout à cause de llmperfection des moyens employés par les auteurs. Le
• petit nombre de ces télégraphes qui ont été conservés témoij^ne Hautement de la nécessité de leur service, puisqu'ils sont dans un état fort incomplet et qulls n'ont d'autre effet que d'annoncer l'arrivée des navires dans les ports de mer, quelques cas de détresse ou d'autres avis sans étendue.
« 11 m'était réservé, grftce à ma persévérance au travail et aux inductions successives de mes découvertes, de. résoudre ce problème qui est 'd'une si grande utilité publique. J'ai eu le bonheur d'appliquer l'usage de mon télégraphe de jour au service . de nuit, de foçon que sans rien changer ni déranger à la. machine, elle puisse fonc«tionner à l'aide de l'éclairage, ce qui ue demandera ou'un instant de préparation
« Mon télégraphe perpétuel n occuj^era par conséquent qu'une seule administration, . ainsi que Je^ mêmes employés aux signaux. Il donnera la facilité de correspondre avjdc la même exactitude et la même célérité la . nuit que le jour. Les personnes qui douteraient de la possibilité d'un bon télégraphe de nuit n^auront qu'A consulter, pour leur instruction, le tome IV de la Ècue du ^y«ièmt taétrique décimât^ par les deux illustres savants Hm. Biot et Âraso (2821); elles j. trouveront des détails précieux sur la visi- . bilité des signaux de feux h de très-graudes distances*
« Je vais exposer les motifs qui me paraissent devoir attirer Tattention du gouvernement sur le télégraphe dont il s agit
« i!n voyant s'exécuter peu à i>eu les . grandes lignes de chemin de fer qui relieront un jour, il faut l'espérer, tous les points importants de la France et de l'Europe, il n*est pas un observateur qui, après avoir énumeré les bienfaits de ces précieuses voies de communications, n'ait songé aussi % l'abus que pourraient en faire des populations en révolte, et conséquenunent, .au trouble, au désordre qu'amènerait le déplacement de ces masses dirigées sur un même -point, dans un dessein hostile ou politique. Or, le pouvoir chargé de maintenir Tordre et la paix générale ne préviendra le danger que nous signalons, qu en établissant entrf Jes départements et les arrondissements des JîgBes de télégraphes propres à transmettre .les arvis et les oridres avec la rapidité d'une -chaîne électrique.
« D'autre part, cette ligne de télégraphes ^serait éminemment utile entre les places Tortes de France; le gouvernement disposerail de la sorte avec beaucoup de promi)* -titud^ selon ses besoixis, des forcer .<iui s y trouvent concentrées.
• « Qttoicpe je me sois fiàni partisan Un
monopole, je reconnais cependant avec tous les hommes d'expérience pratigne , qu'au 9 milieu de telle nation et dans telles circons* •' tances, il est des institutions qui.tre peuvent être réellement 'bien dirigées qtie par la main puissante et sâre d'un gouvernement national. J'admets donc que l'administration du télégraphe, depuis qu'elle fut tîonflée aux autorités gouvernementales, en 1793, par une loi expresse, a toujours été exercée avec loyauté et à peu près dans des vues d'intérêt public; mais j'oserai avancer, sans crainte d être démenti, que les services de cette administration ne j^ont pas assez eu rapport avec les besoins du pays. Et comment en serait-il autrement, lorsque la len** teur inhérente au système actuel ne lui per^ met pas de satisfaire aux besoins de l'auto^ rite ? • N'entendons-nous pas dire sans cesse que de trèst<K)urte8 expéditions ont été interrompues par les brouillards ou par la nuit? Dans* l'état des choses, l'application du service télégraphique doit être nécessairement très- bornée.
«Si l'on accepte, au contraire, le télégraphe . ({ue je présente, la question s'agrandit, les intérêts de tous sont pris en considératioBi, et l'Etat, au lieu d'y perdre, augmente considérablement son revenu.
^ J'ai déjà démontré que mon système possède au moins dix fois plus de célérité dans ses movens d'expédition que celui de .M. Chappe. Il résulte de ce principe que si le gouvernement donne une, deux, trois, et jusqu'à six courtes dépêches au plus dans un jour, par chaque li^e télégraphique» je puis aisément en expédier dix, vingt, trente, et jusqu'à soixante dans la même journée (à Washington, aux Etats-Unis., il m est arrivé .d'en reproduire cent vingt-cinq à cent cin-
Îpante dans la même journée). Comme cette acilité d'exécution dépasserait probablement les besoins du gouvernement, l'administration télégraphique pourrait devenir une res- •source précieuse pour la nation, un moyen de correspondance à la portée du monde industriel, commerçant, unancier, etc., et les iivantagies de cette nouvelle application sexaient immenses pour le pays I On me dira peut-être « qu'il serait dangereux de confier « ce mode de communication à des particuliers « Çui en abuseraient en dirigeant à volonté les a jeux de bourse, ainsi queles affaires de né- « ^ce, ous'en serviraient dans d'autres inteur a tions coupables.4» Je vais répondre à ces ob-r jections.
« La publication de fiiusses nouvelles ne sera jamais à craindre, parce que l'adminis* tration télégraphique restant sous la direction du gouvernement, il y aura impossibilité al)solue de faire expédier une cfépêche quelconque autrement que par 4es officiers as sermentés qui .seuls eonuattr^ont les secrets indéchiffraûes de k tédëgraphie nouvelle. Sien phts, oee hom»Bs «Misis, «ipaisies et intègres, dont la «discrétion >eit depim >ân-
(ttil) Ao flKmiênt où neus publions ce Irrrp, 1885). Arago vient de descendre ilans la tomëe (octobre
DlCT10?fNAlRE DE PALÉOGRAPHIE, ClC.
Dtt0
junte ans uq siyet d'admiratioD universelle, relèveront encore, en quelaue sorte, à leurs
t propres yeux et à ceux de leurs compatrio* tes^ lorsqu*ils auront une mission de plus en
- plus grande à remplirl Cette correspondance télégraphique offrira une garantie de sécuri^i, en ce qu'elle sera ouverte^ signée, et qu'il faudra toujours traduire les dépêches en signaux. D'aorès ces observations, on comprendra que Vusage du télégraphe, ap-
iiroprié aux besoins des particuliers, sera )ien moins dangereux pour la société que le service de la poste commune, auquel on ne conQe que des missives cachetées^ sans parler des journaux hostiles au gouvernement, dont il propage TinflueRce.
« 11 me reste à indiquer au gouvernement et à la nation les principaux avantages qm l'un et l'autre recueilleront indubitablement de mon système de télégraphie.
« 1* La célérité des expéditions de jour et de nuit donnera un surcroît dé puissance à Inaction gouvernementale et en même temps un gage de paix et de tranquillité publique. «^ La facilité qu'aura le gouvernement de rendre service à l'industrie, au commerce, etc., en publiant chaque jour dans les Tilles commerçantes le taux des marchandises, le cours des rentes, celui des fonds étrangers, etc.; cette facilité d'expédition donnera aux affaires une activité prodigieuse. Xes tÂtonnements causés dans les villes éloignées de Paris, par l'incertitude et l'attente des nouvelles , cesseront aussitôt, et la J'rance, après avoir été jusqu'ici une puissance cominerciale du troisième ordre, montera enfin au premier rans.
: < 9* Pendant les sessions des Chambres, lèrsqué les travaux législatifs se termineront îpi nuiti et que la gravité des votes préoccufiera le [Miys entier, le ministère pourra du moins faire expédier immédiatement les dépèches qui excitent souvent à un très-haut ci^gré l'intérêt public (2822).
• « V* En employant mon télégraphe de jour 4iM nuit 9 l'Etat augmentera de beaucoup ses ^ ressources financières ; voici comment : dès qu'il appliquera les expéditions télégraphiques aux besoins des particuliers, il devien-
{9822) Si le télégraphe existant poavait servir, jiar eiemple, à expédier simultanément aux principales villes de France le discours du roi, il n*y aurait pasiieu de douter que radministration ne satisfit la Juste curiosité de la nation. Elle décline évidemment ce message parce quelle ne saurait le remplir ^ temps. L'étendue du discours royal exigerait au moins d ou A mille signaux, et Ton mettrait plus de temps à expédier cette dépèche aujourd'hui par les télégraphes ordinaires que par b voie des V courriers. A cet inconvénient, il faut ajouter encore t celui des fautes nombreuses dlnexactitude que les mêmes télégraphes commettent fréquemment dans les dépêches de quelque longueur. Par mon système, le dernier discours prononce par Sa Mi^este, le 27 décembi«9 aucait pvt s'expédier^ sans erreur avec BOi signaux (épreuve que j'ai faite) et dans moins ll*une neufe, sur tous les points éloignés de Paris; ee db<^rs renferme $03 mots et signes de ponctuation.
dra rintermédiaire d'une mnltH^de d^inté-* rets privés, entre tous les points de la France, et ce service ramènera nécessairement à ajouter aux cinq grandes lignes télteraphiques directes et aux branches indirectes qu'il possède d^è, d'autres lignes nouvelles.
« Je tiens d'une autorité respectable que , si les frais de l'administration.télégraphiqne s'élèvent à un million environ, l'économie de courriers one cette même administration produit à l'Etat couvre au delà cette dépense ; d'où il suit que le télégraphe actuel n*e$t B>int en réalite une charge pour lepajrs. ais, quand je viens faciliter à Tadministration un service national , grAœ au perfectionnement du système que je présente, il ne s'agit pas moins que d'offrir au Trésor une source durable de revenus.
« 5* Toutes les puissances de l'Europe auront la faculté de s'approprier ce télégraphe, d'un commun accord, pour se communiquer entre elles des notes diplomatiques et autres, dans toute espèce de circonstance. Aussitôt qu'elles voudront se renfermer chez elles, chacune fera usage d'une clef particulière et dont le secret sera impénétrable.
« Plusieurs gouvernements , instruits par leurs ambassadeurs et par leurs chargés d af-
faires des résultats surprenants que j'avais obtenus en télégraphié, il y a déjà quelques
pays i
heureux essais ou en divers lieux d'Amérique on vota des fonds pour que je pusse réaliser mon système sur une grande échelle, ce que j'ai exécuté à la satisfiction générale de toutes les autorités et de toas les nommes de science. Si je n'ai pas conclu d'une manière déûnitive avec ces gouvernements, c*est que des. crises politiques ou financières les ont forcés de suspendre raccompUssement de ce projet.
« Sera-t-il toujours dit que les nations étrangères exploiteront à leur profit les inventions et les découvertes d'utilité publi<}ue que la France aura dédaignées ? Non, il n en sera pas du télégraphe Que je présente, ainsi que de la vapeur (2823), dt$s ponts en
On expédierait de même les réponses des chambres, qui ne sont pas attendues avec moins dlaté* rêt.
En Angleterre et aux Etats-Unis d^Amérioiie, à Touverture des chambres, toutes les vUies éloipiêcs des capiules payent des fHiroes énormes anx estafettes qui apportent les premières, soit le dîsoows de la reine, soit le message du piésideni. i^ai va nlusieurs fois à New-York, les joumattstes Wehhd Bennett, éditeur du CMiri#r inmùrer ei de VBefwU^ payer 20 à 20,000 francs (i ou 5,000. diillars) à orim qui de Washington à New-îork (JIO lieues seofe* ment) arrivait le premier. Il en est de rotoe dans tous les Etats, ce qui prouve èTidemment fai néorssilé de promptes communications pour le bien réel des nations.
(2833) G*ast ^ Salomon de Gaos, né à DieMM, q«e Ton doit la découverte de la force élastique ie b vapeur, et c'est Paphi, né à Biais, qui a iMijinr la première macbuie k vapeur.