IMI
TÉLBGRAPHœ.
fer (M81)» dtt btUneier à frapper les mon- BAies (SâS), de réclairase au gaz (2896), de la mécanioue à fondre les caractères a*im- Brimerie (382T)> du procédé poiir fabriquer le papier continu (S838), du métier à bas (aâ9), du métier à gaxe, de rancienne teinture de coton en rouge> de la machine à fabriquer les poulies, et de tant d*autres * qui , après ayoïr été accueillies au dehors avec un juste
(9924) DNiD peintre lyonnais.
(«825) De Nicolas Briot.
(2826) De Lebon.
IfM»
ensuite
empressement, ont été âpres coup en France.
s Plein de foi dans mon œuvre, j'ose espé- / pérer ({ue ce mémoire, empreint du désir
3ue j*ai de roir ma patrie prendre rinitiative e ma découverte, engagera le gouvernement français à faire usage du télégraphe perpétuel et universel queje viens soumettre à son appréciation. »
(2827) De Didot Saint-Léger.
2828) De Didot Saint-L&er.
2829) D*un Ntmois.
tëlëgraphe électrique.
Mais que nous occupons-nous si longuement delà télégraphie aérienne, son temps est fait. Elle a rendu dMmmenses services, et bien ingrat serait notre pays, s*il oubliait jamais le nom de ]*abbé Chappe et celui de ses neveux. Mais à la télégraphie électriaue appartient l'avenir, et nul ne pourrait dire encore quelles sont ses destinées. Jamais des résultats aussi considérables n*auront été obtenus par un procédé aussi rapide, aussi simple. Des fils de cuivre isolés mettent en rapport deux grandes villes : Paris et Londres, par exemple, car la mer n*offre
S lus d'obstacle ; la Manche est traversée par es fils électriques. Qui oserait assurer qu on ne parviendra pas à assurer aussi un cflble magnétique entre Marseille et TAlgérie, et peut-être un jour entre l'Europe et TÂmérique ?
Aux deux extrémités des fils électriques, à Paris et h Londres, sont placés ces appareils électriques destinés a recevoir et à transmettre le mouvement ou la secousse. Des appareils semblables existent dans toutes les stations intermédiaires. Des aiguilles communiquent à une série alphabétique de lettres de A jusqu'à Z, et a une série de dix chiffres de 0 à 9. L'aiguille peut parcourir successivement les trente-ouatre degrés: et indiquer chaque lettre et chaque chiffre et écrire donc ainsi tous les mots et tous les nombres.
Dans un autre système le fil électrique est terminé par une petite lancette qui adhère à un tableau ou a un papier. On convient qu'un petit trait droit jperpendiculaire | représente un A ; un petit trait oblique de gauche k droite un \ B ; un trait oblique de droite
è gauche / un G; deux traits verticaux || un
D ; deux traits à droite \\ un E; deux traits à ijaucbe// un F, etc. On peut substituer les
riints .... aux petits traits et varier presque Tinfini les combinaisons de points et de traiU.
La télégraphie électrique est bien loin d'a- YOir dit son dernier mot. On peut dire même ipi'elle n'est encore qu'en étude. Que ne « Un seul télégraphe porte de Paris aux peuU>n pas en attendre quand on songerai trois cents villes ^,000 mots d'imoressiojjR
(2890) Yoyes le Mannel de TéUgrapkU ikctrique d^à cité, par M. MA6!fiEa».p. 119 et 178.
qu'il ne s^agit de rien moins aiyourd'hui que de chercher le moyen par la machine et les fils électriques de faire imprimer les lettres elles-mêmes de l'alphabet à des distances énormes. Nous ne décrirons donc pas en dé-tail les systèmes et les appareils qui ne peuvent tarder à Atre modifiés et améliorés; mais nous donnerons quelques extraits d'une brochure sur l'avenir de la téléeraphie électrique, publiée en 1649 par Mil. Breguet et de béré, et du compte rendulait par M. Pouii-^ let à l'Académie cies sciences sur l'appareil télégraphique de M. Siemens, de Berlin (28»).
AVENIR DE LA TËLÉGRAPmE ÉLE&
TWQUE.
« Dix ans se sont donc écoulés, et la télégraphie électrique s'est étendue dans toute la France, dans plus de trois cents de ses villes principales. Elle s'est oi^anisée et perfectionnée; elle ne transmet plus avec une vitesse de SO à 30 signaux par minute, mais bien avec cette vitesse de 100 sigtiaux par minute que nous avons d^à obtenue en iSMj avec deux employés, Fun aictant, fautrs écrivant les lettres. Ce n'est pas tout encore. 11 existe aujourd'hui, en 1849, des machines qui tmprtm«n/ plus de trente lettres par minute ; ce n'est donc point trop exiger d'une machine que de fixer sa puissance d'impreçsion électrique à 100 lettres par minute, en 1800. La télégraphie s'est donc transformée en une imprimerie à àistance, dont la force d'impression est de 100 lettres par minute, ce qui porte la puissance de transmission d'un télégraphe ou d'un fil de 5,000 mots à 25,(K)0 mots par jour.
« Telle est la force de transmission qu'il faut appliquer aux divers services publics et privés que nous n'avons fait qu indiquer précédemment, et qu'il est permis de supposer paifaitement organisés en 1800. »
Journaux
DICTlOxNNAlRE DE rALBOGRÂPIUE, ETC.
tMir jour. Un second fël^aphe fait converger des trois cents villes vers Paris 25,000 ' nouveaux mots d'impression» Un troisième fil supplémentaire assure le service et prévoit les aecidenis possibles^ Ainsi trois télégraphes assurent grandement 50,000 mots ' par jour à la pubtidté. Le journai contient ' donc toutefe; les nouvelles politiques et commerciales de rintérieuf du pays et de TexMrîeur, les travaux, les votes, les discours des assemblées délibéranles, les annonces judiciaires, les annonces de llntérieur et même de l'extérieur dans l'intérêt des particuliers, etc. Nous ne pouvons nous défendre ici d'une certaine hésitation et d'un erand étonnement. Il suffit donc de trois fils ou trois télégraphes pour doter la France d'une presse nouvelle; non plus au service de& partis, mais au service de tous, donnant à la France entière l'histoire de la journée daad toute la rigueur du mot, c'est-à-dire avec la rigidité> le calme et l'inflexibilité de l'hi^toii'e. »
Posté }flectriquè.
« Telle que nous l'avonft eonsidérée d^'à sur une li^e de cinq fils, la poste électrique disi^ose ici d'une force de transmission iiûposante. Le fiombre des dépèches ou lettres , qu'elle peut envoyer dans toutes les directions s'élève de 51,280 à cinq fois ce Aomjbra^ ou 306,250 {un peu plus de deux millions et demi de mots) par jour. C'est donc Elus de 300,000 dépècnes par jour que le pulic peut utiliser et faire servir à toutes les éfEiires d'intéMt privé. (2831). Ainsi se trouve réalisée, sur une grande échelle et dans l'intérêt des particuliers, cette supression des distances qu'on se borne à désirer maintenant pour les affaires les plus importante^, et qui est devenue, en IMO, un besoin im- Mneux pour toute chose Utile ou sérieuse, flitile ou agréable. »
Adminiêiration intérieure.
« Vadministratiofi du pays qui, à la tète du mouvement général, la conduit avec sagesse et réglé avec prudence, s'est encore réservé pour son usage cinq fils ou cinq télégraphes, plus deux fils supplémentaires.
« £lie dispose donc de deux millions et dètni de mots pat jour, pour les besoins du service.
k Elle a adopté des formes nouvelles, et tlrisittsthet par le télégraphe la plus grande Mrtie dés affaires, en se servant avec mtelligencè du langage secret et du langage alphabétique. Elle a donné l'impulsion aux correspondances télégraphiques en les faisant connaître 6t apprécier par un usage particulier.
« Devançant le tnouvement au lieu d'être entraînée par lui, elle est arrivée à constituer un imtnensë bureau télégraphique oui expédie sur l'heore toutes les affaires de
Paris pour Iii province et dé la province • pour Paris.
a C'est ainsi qu'elle s'est emparée de celte singulière puissance de mettre en quelque sorte Paris en province et la province dans Paris. La France a donc obtenu une centralisation phfê puissante que jamais, mais perfectionnée de telle sorte que ses effets, se faisant sentir sur l'heure même sur toute l'étendue du territoire, réalisent une décentralisation véritable^ avec tous les avantages de l'unité du pouvoir. »
Relations de peuple à peuple.
« Il est permis de croire qu'en 1860, la plus gràhde partie des capitales de l'Europe seront reliées entre elles par des chemins de for et par des lignes électriques. Dès ce moment toutes les considérations précéden- ' tes se çénéraiisent de peuple à peuple pour s'étendre sur l'Europe entière. Ce sera surtout un avantage précieux pour les gouvcr- . nements de pouvoir communiquer sur l'heure dé capitale en capitale, et dfe Irailer, par le langage secret de la télégraphie ou par un tangage chi^réf connu d eux seul5, les affaires diplomatiques, les questions les plus 'épineuses de la politique , les secrets de l'état, et tout ce qm se rtittache enfin au t'epos du monde et à la conservation de la civilisation. Nous vo^ns aujourdliui le mouvement que la Vapeur imprime à l'univers entier; ce ïnoutemenl semble le précurseur de celui que le télégraphe électrique annonce d^à de manière à frapper tous les esprits ; c'est, en effet, I*appliratioc aux besoins des sociétés modernes d'une imprimerie nouvelle^ instantanée^ qui annuk . les distances et se complète de l'ieifiriiDerie ancienne', n
Pi^feetioUnemtMs.
« Nous avons jusqu'à présent r^eté avec soin tout écart d'tmaânation ; nous nous sommes renfermés d'aoord dans les étroites limites d'une expérience de quatre anné^ en ne considérant qu'une vitesse moyenne de ^ signaux par minute;, nous avons ensuite limité jusqu'en 1860 la vitesse de .l'imprimerie électrique à 100 lettres par minute. Le moment est donc venu de rt^ chercher quelle peut être cette vitesse un jour. Ce qui frappe le plus lorsqu'on pratique la télégraphie électrique, c'est l'insuffisance de 1 nomme, paralysant une vitesse inouïe, qu'il tient déjà captive, toais qu'il doit limiter pour la rendre utile. (2832). La vitesse de la télégraphie électrique, telle qu'elle existe aujourd'hui, ne peut dépasser une oeortaine limite, car l'oeil qui doit distinguer les signaux et la main qui doit les écrire s'opposent à une ^ande vitesse. Mais déjà rimpnmerie. électnque existe et laisse un vaste champ ouvert aux perfeetionoe- -ments et à l'imaginalion^ évalil d^aitiVeraux
t^SSi) C'ett par aa plus de 109 miUièns 4e let- eM de 80 à 96,000 lieues (|iar seeamte. < Vair à ce n- M. ieLle$ Recherches de MM. Fimmf et Cmmeiéeâimk
^S3%) I ji wtoBse présupoée du Oj^utaDt électrique. Manuel de M. Magnkb, page 186.)
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PAL£OeHAPHi£.
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limites du possible. Oq comprend» en effet, une machine qui imprime 100» 200, 500, et même 1,000 lettres par minute. Un télégraphe imfH-imant 200 lettres qu 40 mots par minute, donne 2,M0 mots par heure. C est transmettre par le télégraphe aussi vite et plus vite que Von écrit. Un télégraphe imprimant 200 lettres ou 60 mots par minute, donne 3,600 mots par heure. C'est transmettre par le téléffrapneoti^st vite que l'on parle. Rien n'empécne donc de comprendre) et même d'attendre des perfectionnements qui donneront aux transmissions télégraphiques , d'abord la vitesse dç .l'écriture ordinaire, et, plus tard, la vitesse de la parole. »
BÀPPO&T FAIT A L ACAnÉMIB DES SCIENCES PAR M. PODILLBT, *SUR LES APPAREILS TÉLÉGRA- PHIQUES DE H. SIEMENS, DE BERLIN (2833).
« Le télé^aphe que M. Siemens présente à l'Académie est du genre des télégraphes alphabétiques, e'est-à-dire qpie les mouve* ments produits par le courant de la pile ont pour objet de signaler à la station plus ou moins éloignée qui reçoit la dépèche les Tettres successives qui en composent les mots.
« Avant les perfectionnements considérables introduits par M. Siemens , les télégraphes de cette espèce étaient, en géné-^ rai, établis dans les conditions suivantes :
c Deux fils de métal joignent les deux stations qui doivent correspondre , par exemple , entre Paris et Berlin ; ils sont isolés avec soin , ne* communiquent électriquement ni entre eux ni avec le soi , soit qu'on les ait suspendus en l'air en les soulenant par des poteaux espacés de cinquante mètres en cinquante mètres, soit qu'on les ait enfouis sous terre après les avoir ' enveloppés d'un enduit non conducteur presque inaltérable, comme la gutta-per* cha convenablement préparée.
« Si, à Berlin, une pile est disposée ayant son pdle positif en communication avec Tun de ces fils et son pôle négatif avec l'autre , cela ne suffit pas pour que le courant s'établisse; car, à 'Pans, le circuit reste ouvert j puisque les extrémités des deux fils ne communiouent pas entre elles.
Mais si , à Paris , 1 on ferme le circuit en joignant les deux fils ou en les réunissant {lar un aro conducteur 'quelconque , le courant s'établit à l'instant , le fluide électrique circule d'une manière permanente , avec la vitesse qui lui est propre, dans toute l'étendue des . fila et .dans tous les appareils qui les réunissent à l'une et à l'autre de. leurs extrémité.
« On dit* alors que le fluide vient de Berlin à Paris fmr le fil qui communique avec le p61e positif de la pue, et qu'il retourne de Paris à Berlin par le fil qui communique avec son pôle négatif.
« Cependant il faut bien se garder de
S rendre à la lettre ces expressions d'aller, e retour et de circulation , qui sont re -
c^çs doubla science; e)le ^e veulent pas dire que le fluide électrique circule ép effet ou qu il éprouve \ya mouvçment de translation analogue à celui du liquide qi^i se meut dans un tube , ou à celui du gaz , qui va du eazomètre ^u bec d*éclairag[e ; ' elles signifient seulement que le ftuide électrique fait sentir ses effets surjes différents points du circuit
X Quand 16 son va fraper un écbo et revient à son origine , on peut dire aussi qju'il a un mouvement d'aller et de retour 0^1 un mouvement de circulation , et Tou sait bien cependant qu*en realité ce n'est pas l'air lui-même qui se transporte depuis Je point où il est ébranlé jusqu'à la surface qui fait l'écho , et depuis cette surface jusqu àu point primitif du départ ; au lieu de se. transporter, Tair vibre, et ce sont ces vibrations qui se transmettç|it successivement, et de proche «n proche , avec une certaine vitesse ; c'est donc le mouvement qui va et qui revient , qui s^ transmet et qui circule , et oon pas le fluide lui-même , ou, en général, le milieu dans lequel le mouvement s'accxHnpHt.
« C'est là ce' qu il faut ente.ndre quand on parle de la transmission de Télectricité » comme on parle de la transmission du son ou de la lumière.
« Le courant électrique circule donc de . Berlin à Paris et de Paris à Berlin sous la Goadition: 1** que la pile donne de Télec^ trioité; ^ que Iqç Qls soient bien isolés; dr que le circuit rçste exactement fermé sur tous les points de son tr«^et sans offrir nulle part la ipoindre solution de continuité.
, « S'il arrive qi^e les fils communiquent électriquoment entre eux ; si , par exemple , on les réunit par un fil fin de métal , par un filet d'eau , ou d'humidité , ou , en général , par un arc conducteur , cet arc conducteur devient à l'instant le siège d'un courant dérivé qui affaiblit dans une certaine proportion le courant dévolu à la portion res- . tante du circuit.
« Ce qui arrive pour une seule dérivation arrive pour UQ nombre quelconque , et Ton conçoit que si les poteaux où s'attachent Tes fils Qe leur donnent pas un isolement parfait , il en résulte autant de courants dérivés que de poteaux , c'est-à-dire vingt par kilomètre, et qu'alors les piles les plus énergiques deviennent bientôt insuffisantes pour faire passer un couraqt efficace dans une ligne télégraphique d'une étendue considérable.
« la théorie permet de calculer les intensités du courant dans les diverses pof-» . tions d'un circuit ainsi ramifié de la manière la plus complète, pourvu que Ton. connaisse tous les éléments de ces jan^ir fieations.
ff La théorie avait pareillement indiqué un moyen doublement économique d'établir un circuit entre deux points très éloi-
(^3; Extraits des Comp/cj r^ndui de ^Académie ât$ sciences^ in-V. — Ynycz Manuel MAG»iEa, p. 191.
gnés, comme Berlin et Paris. Ce moyen consiste à remplacer Fan des QIs par la terre elle-même. Supposons en effet qu'il n*7 ait qu'un seul fil de métal étendu entre ces deux points » et qu'à Paris son extrémité communique au sol par une large plaque dé métal plongeant dans la Seine , ou seulement dans l'eau d'un puits; qu'à Berlin le pôle négatif de la pile communique aussi à 1 eau d'un puits, et, par suite, aux eaux de la Sprée , on comprend qu'à l'instant où le pôle positif touchera l'extrémité du fil, le courant Tiendra ^ comme tout-à-l'heure , de Berlin à Paris par le fi^l de métal ; mais qu'au Heu de retourner de Paris à BerHn par le second fil qui n'existe ptus » il s'^n retournera par les eaux de la Seine, de la mer du Nord , de l'Elbe et de la Sprée , et de plus , par toutes les portions du sol dont la conductibilité est suffisante pour lui livrer passage. On dit alors que la terre fait partie du circuit, et l'on réalise ainsi une double économie en ce que l'onf évite la dépense d'un second fil et en ce que la terre , à raison de l'énorme section qu'elle offre au courant , lui oppose bien moins de résistance que le deuxième fil dont eHe tient la place.
« Ajoutons un mot sur les signes télé* graphiques.
« Le courant qui passe d'une manière continue dans un circuit formé par deux fils ou par un seul fil et la terre, ne produisant qu'un effet constant et uniforme, est peu }>ropre à donner les signes essentiellement variés qui sont indispensables à l'expression de la pensée. Il est donc nécessaire de tirer du courant des effets difl^rents et de> combiner entre eux ces effets jusqu'à ce que l'on obtienne enfin autant de signes qu'il en faut pour reproduire tout ce que les langues humaines peuvent exprimer. On 7 parvient d'une manière très simple en interrompant le courant pour le r^blir en^ ^ite, et en disposant les choses pour que ces alternatives donnent naissance à un mouvement de va-et-vient plus ou moins rapide; pour cela, on introduit dans le circuit un électro-aimant qui devient aimant pendant que le courant passe , et qui cesse, de l'être aussitôt que le courant cesse. Pendant qu'il est aimant, il attire sdn armature, et dès que le courant cesse il y a un ressort qui la rappelle; ainsi l'armature oscille ou vibre en quelque sorte entre l'action du ressort et celle de l'éleotro^imant. Ces vibrations peuvent se faire avec une rapidité presque incroyable , car il est très-facile de construire des appareils qui en exécutent plusieurs centaines dans une seconde , et assurément Ton parviendrait sans peine à décupler ce nombre.
Mais , comme on le voit , il y a là une con« dition essentielle à remplir , c'est un rapport nécessaire entre la vivacité du ressort c|ui rappelle l'armature et la puissance attractive de l'aimant qui l'entraîne en sens . contraire , puissance qui déocnd elle-même
de plusieurs données , et surtout de Tinteiisite du courant.
« Ce mouvement de va-et-vient une fois obtenu avec la régularité et la vitesse qQ*<Hi veut lui donner, i) est facile de le transfert mer en mouvement de rotation et d'avoir ainsi une aiguille parcourant un cadran sur lequel on inscrit ou les lettres de l'alphabet ou d'autres signes conventionnels. Alors il suffit d'arrêter pendant un instant trèscourt , par exemple un tiers ou un quart de seconde, l'aiguille vis-à-vis de la lettre on du signe que l'on veut faite. Par ces moments d'arrêt, on peut dire en qnelone sorte que le courant montre du deigt,. à relui
3ui reçoit la dépêche la série des signes ont elle se compose ; il n'a pins qu'à les écrire quand le mot est nni , ce qui s^annonce par un signal particulier, eo, s'il veut aller plus vite , les dicter à quelqu'un qui ait la main assez prompte pour écrire ^ aussi vite que parle le télégraphe.
« Dans le système dont il s agit ici , cha* oue oscillation simple pourrait corresposare à une lettre du cadran ; mais il vaui mieux , en général > disposer les choses pour que l'oscillation double ne fasse passer qu'une lettre ; ainsi , s'il y a trente signes >sur le cadran « il faudra trente oscillations doubles de l'armatuie pour que l'aiguille fasse un tour entier. Alors 1 aisuille n'es! arrêtée un instant qu'à la fin de 1 oscillation double » c*est-à^ire pendant que rarmatore est sous l'action du ressort et non pasL sens l'action attractive de l'électro-aimant. ^ « Il reste à faire comprendie comment l'opérateur de Berlin qui envoie la dépêche parvient à interrompre le courant avec I4 vitesse et la régularité conveeables , et comment il est suf d'arrêter l'ai^ille éà l'autre station, c'est-à-dire de Paris » très-* exactement sur les lettres qu'il veut signaler. Il a pour cela un interrupteur , c esl-^ à-dire une roue ayant par exemple soixante centimètres de circonférence et divisée en soixante parties égales; ces divisions , for-^ mant une surface cylindrique sur la périphérie de la roue , sont alternativement de métal et d'ivoire , c'est-»à-dire conductrices et non conductrices. Vis-A-vis de ces der^ nières , qui sont au nombre de trente , sent reproduits dans le même ordre les trente signes du cadran de Paris qui reçoit la dépêche. Les deux bouts du fil qui doiveol se toucher pour compléter le circail viennent s'appuyer sur la périphérie de l'interrupteur, touchant en même temps l^une des soixante divisions oui s't trou-* vent; si c'est une division ae métal , le courant passe ; si c'est une division d'ivoire, il ne passe pas. Par conséquent, si l'opérateur ftiit tourner la roue avec la raau pour qu'elle accomplisse une révolulioa entière en partant d'une division d'ivoire • il est certain que le courant aura passé trente fois et aura été trente fois interrompu', que l'électro-aimant de I^aris sera <le* venu trente fois électro-aimant et aura trente fois cessé de l'être, Que larmalura aun
IlSfl
PALEOGR^HIE
fait trente vibrations doubles, et qu'enfin Taiguille du cadran aura fait un tour entier cocame Tinterrupteur de Berlin. S'ils étaient d'accord» c'est-à-dire s'ils correspondaient au même signe êii à la même lettre en cooimen^nt» ils seront d'accord en finissant; et rien n est plus facile, par la correspondance elleHnÀme, que d'établir cet accord et de le vérifier aussi souvent que Ton veut
« Chaque station doit avoir les deux appareils dont nous venons de parler, l'interrupteur pour envoyer la dépêche, et le cadran pour la recevoir ; on ajoute encore un troisième appareil , le carillon d'alarme qui n'est introduit dans le circuit que dans tes intervalles où la correspondance est suspendue : alors celui qui veut envover une dé- (lèche fhit sonner le carillon de l'autre stast tion pour appeler au travail les employés qui doivent la recevoir.
« Tous les télégraphes alphabétiques construits antérieurement à M. Siemens ressemblent à celui que nous venons de décrire ; on peut les caractériser d'une manière générale en disant qu'ils ont nécessairement un interrupteur qui se meut à la main , ^ar celui qui envoie la dépêche; et que, ]vir suite, celui qui reçoit la dépêche est obligé de se taire et de rester {>assif jusqu'à ce que son correspondant lui laisse la liberté déparier à son tour. Que si les di« versappareils dont on a fait usage présentent entre eux quelques différences, elles no portent pas sur ces deux points, mais seulement sur le mécanisme qui sert à transformer le mouvement de va-et-vient en mouvement de FOtation, ou sur la disposition du cadran, ou sur la forme de l'interrupteur, ou enfin sur le nombre des divisions tant conductrices que non conductrices dont il se compose.
« H. Siemens a considéré sous un tout 3Utre aspect le problème du télégraphe alphabétique, et il est entré dans une voie tout-à-fait nouvelle en se proposant demaintenir à l'opérateur qui reçoit la dépêche, pendant même qii*il la reçoit et qu'if écrit, son action directe et Immédiate sur l'opérateur qui la lui enrôle, et cela sans avoir recours à un second fil, sans rompre l'accord des cadrans et des appareils et sans amener (a moindre perturbation dans la série des signes dont la transmission est i^mmencée.
« La méthode ordinaire refuse absolument cet avantage à celui qui reçoit la dé-nêche; car s'il voulait parler pendant qu'on lui parle, il en résulterait à coup sOr une coniusfon dont on aurait peine à sortir. S'il* voit son appareil se déranger, faire un signe pour un autre et répéter tout autre chose que ce gu^on lui dit, il n'a qu'un seul moyen à sa disposition, c'est de rompre 1» circuit, c'est-à-dire de couper la parole à son correspondant. Alors, ce n'est qu'après des pourparlers et des pertes de temps considérables que la dépêche peut être reprise.
« Par la méthocte de M. Siemens, celui (^ reçoit la dépêche peut^ au contraire ^ à
chaque instant et sans aucun trouble, parlte' à celui qui la lui donne, signaler une err reur ou demander la répétition 4*un signe' mal fait ou mal compris.
« Pour réaliser cet avantage, qui est d'une haute importance» M. Siemens supprime tout à fait l'interrupteur dont nous avons parlé, et il dispose son appareil à cadran pour qu'il agisse absolument de la même manière,, soit qu'il doive envoyer une dépêche » soit qu'il doive la recevoir. Essayons défaire comprendre ce mécarôsme ingénieux qui fonctionne en même temps avec une ^rand^ vitesse et avec une' régularité parfaite.
« L'armature de l'électro-aimant porte un leviet d'environ un. décimètre de longueuif qui exerce deux actions très-différentes*
• Par 1& première, il fait passer, à chaque vibration double (ailes et retour), une ctent de la roue sur l'axe de laquelle est montée l'aiguille indicatrice du cadran, at
Br conséquent il poirte cette aiguille d'un# ire à la lettre qui suit.
« Par la seconde action, il rompt le cir-* cuit et arrête le courant dont il a luimême reçu le mouvement ; mais il ne l'arrête qu'au moment où il est lui-même arrêté par un buttoir dans son excursion iïalter^ c'està-dire quand l'armature, attirée par l'électro-aimant, est venue aussi près îles pâles qu'elle doive le faire : alors le circuit étant rompu, l'armature cesse d'être attirée » et se trouvant immédiatement rappelée par son ressort, le levier accomplit son rttour, A peine touche-t-il à cette autre limite de son excursion^ qu'il complète de nouveau le circuit, rétablit le courant, et à l'instant se trouve de nouveau emporté par l'armature pour accomplir son deuxième aller qui» par la même cause, est iiuivi d'un deuxième retour. Ces vibrations isochrones s'accompliraient ainsi indéfiniment tant que la pile fournirait un courant de même intensité ; puis^, elles deviendraient plus lentes quand la pilo s'affaiblirait, et enfin elles cesseraient après un temps plus ou moins long quand f'ach tion du courant serait devenue trop faible pour que la force attractive de l'éleotro-aimant pût vaincre l'inertie de l'armature et la tension du ressort qui la retient éloignée des pèles.
« Deux appareils semblables introduits dans le circuit, l'un à Berlin, l'autreà Paris, marcheraient de pair et avec un synchronisme parfait, sauf la vitesse de l'éfec-^ tricité qui peut ici être négligée; et s'ils étaient d'accord au premier instant , c'està-dire si les aiguilles correspondaient au même signe, elles feraient des milliers^de tours et marcheraient pendant des journées ou des années entières en se trouvant toujours d'accord, c'est-à-dire tov^urs au même instant vis-à-vis des mêmes signes.
« Aucun opérateur n'est nécessaire : la pile se charge de tout.
» Cei)endant, jusque-là, l'aiguille indieatrice du cadran n'aurait qu'un mouvemeiî't réfjulier et saccadé analoj^ie à celui de l'aiguille à secondes d'une pendule ij^eutoment
il serait bien plus rapide, car l'aiguille indicatrice pourrait faire une réyolution entière par seconde, ne mettant qu'un trentième de seconde pour passer d[un signe da cadran au signe suivant, ce qui suppose, dans le levier de Tarmature, trente vibrations doubles par seconde. 11 est vrai que M. Siemens n'essaye ses appareils qu'avec une vitesse moitié de celle-ci, c'est-à-dire un tour en deux secondes, ou une vibration double du levier de l'armature en un (fuinzlème de seconde. Cela ne veut pas dire toutefois que son télégraphe puisse faire quinze signes par seconde ou neuf cents par minute, car l'œil pourrait à peine suivre Taiguille ; d'ailleurs, avec cette vitesse régulière et uniformément saccadée, elle montre tous les signes également et fait en dérider résultat la même chose que si elle n'en montrait aucun, puisque l'observateur qui la suit ne peut rien distinguer, rien démA*
parfaitement réglée et monotone, sans faire sentir aucune lettre en particulier; k coup sûr il serait bien impossible de démêler ee qu'il a voulu dire.
« Il faut donc ajouter quelque chose au mécanisme dont nous venons de parler ; il faut arrêter rai^jille dans sà course, non pas long* ten^ps, mais pendant une demi-seconde, un tiers de seconde ou peut-être un quart de seconde, suivant la justesse des mouvements tfe celui qui envoie la dépèche et le coup d'œii plus ou moins prompt de celui qui la reçoit; par là rafgttille montre, choisit, on, si l'on veut, prononce en quelque sorte les lettres anr IbscTuelfes l'opérateur doit exclusivement porter son attention. Four obtenir ce résultat, M. Siemens adapte circulairement autour de son cadran autant de touches qu'il porte de signes, et sur chaque touche est répété , en caractère très-apparent, le si^e auquel elle corre$pond. En posent le doi^ sur une tfouche, on abaisse une petite tige verti- CtAe de un ou deux millimètres de diamètre, qui vient alors barrer le pas$a(B[e à«un lievier horizontal parallèle à t'aiguille et monté sur son axe. C'est exactement comme si l'on arrêtait l'aiguille elle-*mêmê ; mais le mécanisme est caché au-dessous du ca-« dran pour n'en pas troubler l'aspect, et pour ne pas fatiguer l'attention de l'opérateur. Il ne suflit pas que l'ai^ille soit bien fi-< dèleraent arrêtée vis-à-vis du signe qu'elle rJbit indiquer, il importe de plus que le levier moteur, lié à l'armature, dont le même dbstacle arrête aussi la vibration, se trouve alors vers le milieu de son retour, c'est-àdire vers te milieu de l'excursion qu'il fait sous l'influence du ressort qui le rappelle. On comprend, en effet, qu'à cet instant le circuit étant rompu depuis un certain temps, et les effets du courant ayant cessé, il y a moins de c)iance pour que l'armature con- .tracte uiie polarité magnétique capable de troubler fil marche régulière de l'appareil.
DlGTlONiNAlRE DE MUDTCRAPHiE, ETC. tiîi
Ces conditions sont trè^balâlemeot remplies par M. Siemens.
c Celui qui envpie la dépêche n'a donc qu'une seule opération à faire : poser le doigt successivement sur toutes les teucbes qui correspondent à la série deis signes qu'il veut transmettre. II abaisse une touche, et l'aiguille indicatrice de son appareil, emportée par le mouvement régulier qui l'anime, n'éprouve rien encore ; elle continue sa marche jusqu'à l'instant où elle arrive au signe dont la touche est abaissée ; là elle s'^rête. L'aiguille de l'autre station^ mue par la même force et soumise au synchronisme, ne peut pas cependant s^arrêter mathématiquement au même instant, car le levier qui la fait mouvoir, rappelé aussi par son ressort, achève forcément son retour, puisqu'il ne rencontre pas, comme son homologue de la première station, un obstacle matériel qui l'arrête; il achève donc son retour, et prend la position où, pour sa part, il complète le circuit et rétablit le courant. Cependant, ce qu'il fait là ne peut pas avoir à rinslant même son efficacité, puisque son bomologue de la première station est alors retenu en un point où il rompt le circuit. C'est ainsi que l'opérateur qui envoie la dépêche, posant le doigt sur une touche pendant une certaine fraction de seconde, détermine un instant d'arrêt pareil dans Faiguille de la seconde station; mais il faut Bien le remarquer, les deux aiguilles ne peuvent pas s'arrêter au même instant: la seconde ne s'arrête qu'après un temps qui équivaut à peu près au quart de la durée d'une vibration complète. Cette circonstance est importante par l'influence qu'elle exerce sur le nombre des signes qui peuvent ^être transmis dans un temps donné.
K Quand celui (jui envoie la dépêche lève le doigt qu il avait posé sur la première touche pour le porter sur la seconde et faire le deuxième signe, les phénomènes suivants s'accomplissent. Le levier de son appareil, obéissant à l'action du ressort qui le tire, est libre enQn d'achever son retour, et il l'achève en effet. Alors le circuit étant partout fermé, le courant se rétablit; les armatures des deux stations sont attirées simultanément, et les aiguilles reprennent leur marche concordante jusqu*à l'instant où celle de la première station marque le second sisne; l'aiguille de la seconde station le répète à son tour ; et les mêmes phénomènes se reproduisent jusqu'à la fin de la dépêche.
« Si tout se passe bien , l'opérateur de la seconde station n'a rien autre chose à faire
Îu'à suivre d'un œil attentif les mouvements e son aiguille indicatrice, et à écrire ou à dicter les signes qu'elle lui a désignés ; si , au contraire, il a un doute, ou s'il est survenu quelque dérangement, il pose le doigt sur une touche ; alors raiguille de lA première station s'arrête à ce signe, et celui qui envoie la dépêche est prévenu par là que son correspondant veut parler ; l'entretien Rengage, tes explications s'é( '
PALEOGRAPHUL
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le tratail primitif reprend son courd. On peut dire que c'est une conversation bien oraon<» née, entre deux personnes qui veulent s'entendre , chacune ayant une égale liberté de placer son mot à propos.
c L'appareil dont nous venons de donner une idée se suffit à lui*Baéme; il n'a besoin d'aucun auxiliaire lorsqu'on veut s'èn.raj)-
t)orler au manuscrit de ropérateur, et courir a chance des erreurs qu'il a pu commettre, soit en lisant les mouvements de l'aiguille , soit en écrivant le^ signes après les avoir lus. « Hais, pour éviter jusdu'à la possibilité des erreurs de cette espèce» M. Siemens joint au besoin à son appareil une imprimerie magnétique qui donne la dépêche aussi bien idiprimée qu'elle pourrait 1 être par la presse ordinaire. Alors le stationnaire n'a pas à s'en mêler; il peut se promener pendant que son appreil travaille, et s'il revient au bout de quelques minutes, il trouve une bande de papier sur laquelle sont imprimées avec une grande perfection toutes les lettres de la dépêche : eues ne sont pas seulement g mises à la suite fune de l'autre, mais les d blancs sont observés avec soin , petits entre les lettres et grands entre les mots. Rien n'empêcherait d'y mettre la ponctuation la
Plus correcte, si elle devenait nécessaire à intelligence du texte; mais, en général, ce serait perdre un temps précieux à faire des signes inutiles.
« Essayons de donner une idée de cet appareil qui est très-bien conçu et parfaite- ' ment exécuté.
« Un axe vertical, en tout semblable à celui qui porte Taiguille indicatrice du cadran , et recevant un mouvement de rotation par un mécanisme absolument pareil, reçoit à sa partie supérieure trente rayons horizontaux disposés dans le même plan et espacés également. Chacun de ces rayons, vers son extrémité la plus éloignée de l'axe , c'est-àdire à il ou 5 centimètres de distance, porte en relief assez saillant, et sur sa face supérieure, l'une des lettres du cadran; ces rayons étant flexiUës et faisant ressort, il sufEura d*en pousser un de bas en haut contre la bande de papier qui se trouve un peu audessus , pour qu il vienne la presser avec plus ou moins de force. Cette bande de papier embrasse , sur un arc d'environ une demi-ciroonférence, un rouleau à imprimer couvert d'une encre assez ferme. La où le papier est fortement pressé par le relief de la lettre, i) s'imprime nettement ; ailleurs il ne reoôt p>as même de taches.
« Uàis il reste bien d^s mouvements \ conxhîner pour remplir fidèlement les deux oonditîoits anivacrtes». savoir s ^
- « l*" Pour que le rouleau à imprimer» qui doit être immobile au moment où il imprime, tourne di^une i^iMUtité convenable et emporte avec lui le papier pour faire un blanc , aujssitôt qu'il a reçi» la pression d'une lettre , et un ïmmt pins grand quand il termine uu mot;
€ ^ Pour que le marteau, qui vient en dt5$ou# frapper la lettre , vienne juste au
moment où çUe s'arrAtje elle-même pendant, peut-être un tiers ou un quart de seconde, ' pour recevoir le coup.
t Nous avons d^à dit que les rayons qui portent les lettres en relief se meuvent comme l'aiguille du cadran, c'est-à-dire qu'ils forment eux-mêmes une espèce de cadran tournant, dételle sorte que toutes tes lettres en relief viennent tour à tour passer au-dessus du marteau qui est disposé pouçagir de bas en haut et toujours au même point. Or, à la station qui envoie la dépêche, Topera- ' teur, mettant le doigt sur une touche^ arrête un instant la lettre en relief de la deuxième station , comme il y arrête l'aiguiJIe du cadran lorsqu'on se sert de l'appareil à cadran ; il ne reste donc qu*à faire jouer le marteau
I)endant cet instant très-court , pour que 'impression soit accomplie.
« C'est un électro-aimant puissant qui est ' chargé de cet office "; il est mis en jeu par une pile particulière ou pile auxiliaire, dont le courant n'entre pas dans le circuit télé- • raphique. Chaque loisrque le levier moteur u télégraphe exécute une vibration pour faire passer une des lettres en relief, il établit une communication entre les pêfles de la pile auxiliaire, eu, end*autres termes, il ferme le circuit de l'électro-aimant d'impression , et cependant celui-ci reste inaetif» parce qu'il est construit pour obéir plus lentement à l'actioB de son courant ; mais lorsque le levier moteur s'arrête un instant sous 1 action de son ressort,c'est-à-direà sa limite de retour, afin de répéter le signe que la
f première station lui Mi parvenir, alors 'électro-aimant d'impression reçoit du courant qui le traverse une force assez prolon^ fée pour que sa lourde armature obéisse à attraction qu'elle éprouve.
« Dans ce moment, elle produit les effets suivants :
et 1" Par un levier un peu long , qui fait corps avec elle, elle donne le coup de marteau à la lettre en relief qui l'attendait;
« 2" Par un second levier qui agit un peu lus tardivement sur une roue à rochet,elle ait tourner d'un cran le rouleau imprimeur et la bande de papier qui l'entoure ; les pré^ cautions sont prises pour que le rouleau se déplace aussi dans le sens longitudinal , et puisse imprimer ainsi par les divers points de sa surface ;
« 3° Par un troisième levier , elle vient rompre enfin le circuit de la pile auxiliaire « et anéantir ainsi la puissance qui l'avait atti-« rée ; à l'instant, cette lourde armature, ayant pour cette fois terminé son rôle , reprencl elle-même sa place » obéissant à l'action duressort qui la soUieite , et qui devient alors prédominante ;
« 4". Par un quatrième levier qui ne fono« (ionne qu'à la nn de chaque mot, l'armature' de Télectro-aimapt d'impression fiiit résonner un timbre, et le stationnaire peut appré^ cier par là si les appareils conservent leur accord ; ce dernier effet résuhe d'une dispo $ition ingénieuse : chaque mot se termine par une touche blaoche, et celui des trente
IM€Tl(mitAIRE DE PÂLEMRAPHIE, ETC.
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rayons qui correspond ti cette touche ne
«Drte aucun relief; alors le marteau qui appe comme s'il devait imprimer, n'éprouyant pas la résistance due à répaisseur du relief, fait une course un peu plus longue, et permet à l'armature dont il fait partie de faire elle-même un peu plus de chemin.
C'est par cet eicès d'amplitude dans le mou- Tement que le quatrième levier peut arri- Ter jusqu au timbre à la fin de chaque mot» et xCj arrive pas quand c'est une lettre qui simpnme.
« Enfin M. Siemens joint encore aux appareils précédents un appareil nouveau cp il appelle tranifMtteur^ et qui est exclusivement destiné à transmettre les dépêches entre deux stations . très-éloignées l'une de l'autre. Ce troisième appareil repose encore sur le même principe ; mais de plus il présente une application- intéressante de la théorie des couranis dérivés. Le courant qui circule entre l'es stations, le courant télégraphique proprement dit , peut être très-ftiible , parce qu'on ne lui demande presque aucun service ; sa seule fonction est d'ouvrir et de fermer le circuit en temps opportun. Alors, les courants des piles de chaque station , passant presque exclusivement dans les appareils à signaux , ont toinours assez de puissance pour les faire marcher ; puis , quand leur rble est fini , le faible courant télégraphique agit à son tour pour préparer l'appareil à exécuter le signe suivant.
ff La commission a examiné ,. avec un très -vif intérêt, les divers appareils de
if. Siemens ; elle y a trouvé partoul une parfaite intelligence de la théorie, et, en habile observateur , M. Siemens a su tenir eompte de tous les phénomènes si complexes qui se manifestent dans les conducteurs et dans tes électro^îmants , surtout quand les actions doivent être d'une très-courte durée.
4 Son système ,. médiocrement exécuté , donnerait sans doute des résultats très-médiocres ; mais bien exécuté , comme il Test par H. Halske y il nous parait avoir une incontestable supériorité sur les appareils du même sence > c'est-à-dire sur les appareils alphabétiques ordinaires, en ce que ceux-ci ne fonctionnent ]^ avec le même degré de sûreté et de précision.
« Quant à la vitesse , nous sommes portés à croire que l'appareil de M. Siemens ne le cède non plus à aucun appareil alphabétique ; nous regardons même comme probable que les perfectionnements ingénieux que M. Siemens a apportés dans la construction des électro-aimants sont propres à lui assurer de l'avantage , surtout lorsqu'on a soin de ne mettre en rapport que des appareils ayant à peu près la même sensibilité relative et de ne jamais associer deux électroaimants dont 1 un serait vif et l'autre paresseux. En conséquence , nous proposons à l'Académie de décider que le mémoire de M. Siemens et la description de ses appareils seront publiés dans le Recueil des Saveumt étrangers. »
Les conclusions de ce rapport sont adoptées.