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SUPPLEMENT

APPEIHDICE A LA DACTYLOLOGIE

sumBS BaiPLOiis dans les abbati» oo tic soeiicb tiMr mBscair.

L'obligation du silence est une bien dure condition; et la législation moderne, en l'imposant aux hommes qu'elle frap()e de ses décisions, a trouvé un moyen aussi moral et humain qu'il est eQicace et sévère

Combien en effet l'homme auquel la

farole est absolument interdite , abandonné ses propres réflexions, et quand il est coupable à ses remords, doit éprouver de tristesse, d'amertume et d'ennui. Privé de communiquer ses pensées à ses semblables, obligé de refouler sans cesse en lui-même les mouvements de sa nature, il renferme «lans son cœur les idées et sentiments que son esprit voudrait épancher, et ne trouve en présence du juge sévère qui siège dans sa conscience que le dégoût et l'aversion. Solitaire et morne, i^ marche au milieu des vivants, comme un mort qu'aurait pour

quelques Instants animé un pouroir suma"

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Envisagé sous le côté poéliquOt le silence au contraire a quelque 'chose de beau, de

S rave et de majestueux. Le silence auguste e la nuit, les calmes solitudes des for^ le vague paisible et rêveur de la mélancolie et du mystère, sont des images qui saisissent le cxBur de l'homme et qui prêtent à Veari ses effets à la fois les plus doux et tes {dus énergiques.

Aussi les anciens avaienMls fiiitdu sflence une divinité qu'ils honoraient d'un ealte particulier. Chez les Eonrptiens, le Silence personnifié dans le dieuHarpocrate, filsd'Isis et d'Osiris, était représenté sous la figure d'un jeune homme nu, ou vêtu dhine robe tralnsnte, couronné d'une mitre, la lète tantôt rayonnante, tantôt surmontée d'uoi

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supplément:,; - APPEMfilCE A Là OACTTLOLOGIE*

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mnier; tenant d'une maki une corne d'abondance, de l'autre une fleur de lotus, et portant quelquefois un carquois : allégCM'ies dont le sens n'est pas connu aujoura'hui. On lui offrait des lentilles et les prémices des léj^mes; mais le lotus et le pécher lui étaient particulièrement consacrés.

A Rome, le dieu du silence arait des attributs et des représentations plus sim*pies : c'était toujours un jeune homme tenant le doigt sur la bouche, ou l'ajant fermée d'un bandeau, et de l'autre faisant signe de se taire. On honorait aussi une déesse du silence nommée Muta ou Taeiia , ks jeunes Romaines lui confiaient leurs secrets.

En Italie comme en Egypte, la figure du silence était un symbole employé pour signifier qu'on doit garder la fidélité des lettres ; aussi la voit-on souvent représentée sur ]e$ anciens cachets h sceller.

Sur les bords du Nil, la statue d'Harpocrate était placée à l'entrée des temples, comme pour indigner, dit Plntarque, qu'il faut honorer les dieux par le silence, ou que les hommes, n'ayant qu'une coiinaissance imparfaite de leur nature, n'en doivent parler qu'avec respect.

Peut-être cette idée a-t-elle influé sur les

1 lieux fondateurs des premières abbayes, orsquils prescrivirent le silence comme règle habituelle de leur maison , ou plutôt le cœur de l'homme, toujours le même a-t-il dans ses pieuses retraites, sans qu'il eût k chercher des exemples et des modèles chez les anciens, retrouvé dans ses propres sentiments le besoin et le désir du silence pour contempler et louer Dieu.

Mais cependant quelles que fussent les défenses de la règle monastiqu^ tous rapports ne cessèrent* pas entre les frères, il fallut alors imaginer des signes pour lier les communications nécessaires de la vie intime» et exécuter avec ensemble certains services. Ces signes n'afaient rien d'arbitraire; its avaient été arrêtés dès un temps très^reculé et étaient les mêmes dans toutes les abbayes de quelque ordre et de quelque nation

Qu'elles fussent ; de sorte qu un moine tranger arrivant dans un pays dont il ignorait la langue était sûr de se faire comprendre de ses frères par le muet langage au'il avait appris dans son monastère; c'était comme un lien nouveau qui unissait tous les religieux dans la même communion.

Ces signes étaient écrits à la suite des fèglements de l'abbaye, en voici la traduction littérale :

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