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477) Ibid., page 401.

DACTYLOLOGIE

ftédudiou : Signe de moQtre. Oa feint de la tirer, de la {>orler à l\ireiJIe« de limer en*' suite. — Signe d'homme.

I Maigre. Uoscriptioa de l'abbé Sioord (178) : I « Figurer une personne dont les joues sont ereuses; et oe signe se fuit en tendant la |)eau du visa^ autant qu'il est possible ; â* on représente, autant qu'il se peut, un visaze sec et décharné ; 3* signe d'adjectif. »

Réduction : La main droite passe sur les ^eai joues qui s'allongepl en se creusant. — Signe d'adjectif.

Ob$eur. Description de l'abbé Sioard {179) :

c 1* Signe de clarté et de lumière, accompagné d'un signe négatif; â* signe de ténèbres et de nait) avec un signe d affirmation; d» signe d'adjectif et d'abstraction pour obs^ curité. »

Réduction : Les deux mains étendues passent devant les yeux en se croisant.

Trouble. Description de l'abbé Sicard (180) :

« i* Signe d'obscur et débrouillé, où règne ufie lumière équivoque et confuse : ce signe se fait avec les deux mains qui servent è imiter la confusion » les ténèbres qui offusquent les ;euxt et (pii leur dérobent è demi la vue des objets environnants; 2* signe d^adjectit. »

Réduction : Les deux mains tournent Tune autour de l'autre, imitant un tourbillon \ les yeux, en cherchant à pénétrer au travers, se ferment à moitié.

Venons maintenant aux signes des idées d'un ordre progressivement plus relevé.

Conduire. Description de Tabbé Si* caïd (181).

M 1* Figurer Faction de mener quelqu'un et de raccompagner; 2* figurer aussi l'action de commander à quelqu'un ce qu'il doit faire, et de le diriger, en chef, dans un tra- Tail dont on l'a cnargé; 3* signe du mode indéfini. Les principaux signes de ce mot sopl, par ellipse, celui de prendre quelqu'un par la main« et de marcher avec lui ; le signe de ehef et de commandement, et le signe d'obéissance et d^action. »

Le signe réduit consiste à tendre la main h quelqu'un, et à lui prendre le bras pour le eonduire.

JPapctVer. Description de l'abbé Sicard (182) : « 1* Figurer deux personnes, dont l'une a un devoir à remplir, quelque chose à faire; 2" on peut déterminer ce devoir et celte aC'^ lion, en figurant une course à faire, une lettre à écrire , une commission quelconque h remplir; 3* l'une des deux engage l'autre, la presse de faire ce qu'elle doit faire, et c'est en touchant son coude de lîndex de la main droite, à plusieurs reprises, accomî^agnant ce geste d'un mouvemefil des yeux et de la physionomie, hr MoJc indéfini. ^ Le signe réduit se borue au mouvement

{178) Théorie des êignes^ pase 5â3.

<I79)/Mi/., pageSfe.

<I80) ;»fVi., page 372.

(181) i^fV/., page 418.

(182) /W., page 407

de l'indcx'droit, frappant, h diverses reprîses, sous le coude gauche.

Promettre. Description de l'abbé Si* card (183J :

« 1* Figurer deux personnes , dont Tune demande èi une autre une chose qui ne peut se faire sur l'heure. 3" 4ction de |la part de l'autre personne de iaire, un jour à venir et déterminé, ce qui est demandé. Tout ceci ne peut s'exécuter que par une pantoipioie figurative, où l'on ex|)rimeki demande» d'une part, et la promesse de l'autre. 3** Mode indéfini, u

La réduction supprime la demande i et se borne à la réponse : la main étendue, le revers en haut, se porte en avant, à la hauteur de la tète, avec un léger mouvement de haut en bas : expression de sincérité sur la physionomie.

Punir. Description de l'abbé Sicard (184) :

« 1** Représenter des élèves ayant commis quelque faute, en faisaut ce qui était dé« fendu ^ et en ne faisant pas ce qui était commandé. 2" Action do leur imposer quelque privation, ou de récréation, ou do toute autre chose agréable, ou de les faire jiasser quelques heures, ou même quelques jours, dans la chambre de discipline. ^ Modo iiK défini. »

Réduction : La main droite fermée se porte avec force sur l'avant-bras droit, placé horizontalement en avant du corps.

Aider. Description de l'abbé Sicard (185) :

« 1" Supposer une {lersonne foisant quelque action, portant un fardeau, écrivant des lettres ou des mémoires , arrangeant des li^ vres, etc., et ne pouvant seule faire tout cela. 2* Représenter une autre per^sonne qui survient, et qui partage toutes ces 0|iéra*. tions pour soulager et aider la liremi^re. 3° Mode indéfini. »

Réduction : L4 main droite soulève la van tl)ras ^uche.

Hietorien, Description de labbé Si^ card (186) :

« !• Signes dictions, de guerres, do victoires, de paix, d'incendies, de conspira-, tions, de révolutions, de malheurs de toute esf^ce, d'institution,, do prospéiilo, dcdécn-^ dence de gouvcroement, etc. i" Signes do liasse, de grand, d'étonnant,, de remarquable, 3" Signe du désir d'apprendre les événements mémorables des tem|>s anciens.

4" Figurer celui qui les écrit et qui en fait imprimer le récit. »

^ Réduction : La main gauche se jette plusieurs fois par-dessus l'épaule, pendant qua^ la droite écrit. »

Oro/ewr. Description de l'abW Sicard (187) : « f Figurer un homme parlant à une grande multitude «.«semblée, et la déterminant h faire ce ([u'il loue, et à s'absicnir do^

(183) Théorie des signes, iiagc £^2.

(f84) im., page 533.

(t85)/Mttf., page 28.

(186) Ibid., page 130.

(187) /^i(/.,]«ge^54.

DICTl().^iV\mb Ut rALcOGRAPITE, ETC.

^ÛH^

ce qu'il condamne. 2* Figurer ee môme homme, représentant, par des discours pleins de grAce , de feu , les charmes de tout ce qui est honnête , et épouvantant les vi-< cieui par des tableaux pleins de pensées fortes et d'images terribles du crime, et de tout ce qui est contraire à la sainteté de la justice et de Tinnocence. }» (Ces idées ne peuvent être présentées aux sourds^* muets qu'à la fin de leur cours d'instruc* tion, etqu^ind ils peuvent, sans nul secours, les rendre par sip;nes.)

Réduction : L'index de la main droite imite le mouvement de la parole sortant de la bouche ; lé^cr mouvement des bras ; attitude imposanto.

Jug.e. Description de l'abbé Sicard (188i :

« l" Signes de criminel, de voleur, aas^ sassin, aempoisonneur, d'incendiaire, de faux monnayeur, defaui témoin, de banqueroutier frauduleux, de débiteur; de détenteur du bien d'autrni,. etc. (Ces si^es se £ànt en figurant , par gestes ,. les actions de ebacun de ces hommes injustes.) 2*" Signe de juge, qui se fait en figurant un homme décoré du costume de son état, qui tient une balance à la main,, et qui est censé peser faction qui lui a été dénoncée, et la comparer avec la loi qui la défend , qui interroge Faccusé et les témoins. 3" 11 condamne ou il absout. La condamnation s'exprime d'un air sévère, en figurant les différentes peines ordinairement infligées aux coupables; et l'absolution, d'un air agréable et riant, en passant la main droite sur le plat de la gauche, comme pour effacer ce qui la salissait, et pour montrer qu'il n'y reste plus rien. Tous ces signes s'ellipsent peu à peu, et on les réduit à ceux qui sont essentiels, et qui caractérisent l'accusé, le juge, la condamnation et le pardon. >»

Réduction : On feint de tenir les deux extrémilés d'une balance par le bout des doigts; on iiaitc le mouvement alternatif des deux bassins ou plateaux. — Signes de l'homme.

ConnaUre. Description de l'abbé Sicard (189) î

« 1" On ftiît d'aborJ, en regardant sa main, qui est censée représenter une personne ou un objet , le signe de ne pas connaître, et il se fait par un signe de négation. Puis on cache cette même main derrière sa tête, on la remet sous ses yeux , on la regarde, et on fait le signe de connaître par un sisne d'afiirmation. »

Réofuction : La main étendue, déployée, se porte sur le front, le revers en dehors; expression de confiance dans la physionomie.

Consoler. Description de l'abbé Sicard (190) :

« 1* Figurer deux personnes, dont l'une, ayant appris la mort d'un de ses proches, est accablée de douleur. 2° Figurer l'autre, lui aJressanf, par signes, des consolations et

({^)Théorie des siqnes, page i5G.

(189) /6f(/.,|)agc4t;0.

(190) /^fV/., page 431.

(191) /6»V/., pa^e 490.

des adoucissements à son chagrin. 3r Sijgiio du mode indéfini.

^ Réduction : Les deux mains élenaues s'abaissent, à diverses reprises, la paume en dehors ^ comme pour imiter l'action du calme; les yeux expriment Ja tristesse; la douceur se peine sur la physionomie.

Ennuyer. Description de l'abbé Sicard (191) :

« 1' Figurer plusieurs personnes; 2* en figurer une d'entre elles qui fait de longs récits, racontant des choses communes en termes communs ; 3* représenter celles q«ii l'écoutent, bûillant , tournant la tète, regardant le plafond et tout ce <fui se trouve autour d'elles. 4" Mode^ indéfini. »

Réduction :. On bâille, en détournant 1* tète; les bras s'étendent, comme lorsqu'on a sommeil. — Signe-de cause

Cause. Description de l'abbé Sicard (1^) ?

« V Signe d'action, qui se fait en figu-^ rant l'action de faire , et cette action se figure en feignant de modifier devant soi,, avec les deux mains, quelque objet, comme si on lui donnait nonrseulement la forme,, mais l'existence» ce qui se fait en figurant c^t objet sortant du fond de la terre et paraissant tout à coup. »

Réduction : Mouvement de la main fermée, le pouce levé, se portant de bas otp haut, comme imitant la ncoduction.

Vivre. Description de Vabbé Sicard (193) :

« V Représenter le principe de chaleur et de mouvement qui anime les corps, qui lc:Sft fait sentir, croître, se mouvoir et agir : c'est de ces quatre verbes qu'il faut faire le sigcow parce qu'ils sont le caractère et les signes do la vie animale. 2" On peut y ajouter encore les signes de connaître, de se souvenir eid^ vouloir, et c'est alors la vie de l'homme. 3» Mode indéfini- »

RéUuctioa: Les deux mains iérmées en pointe les doigts tournés çn haut, montent clés deux côtés de la poitrine, ens'ouvrant; la bouche respire et la physionomie s'anime.

Avare. Description de l'abbé Sicard (194) ;

« 1" Figurer des richesses ^ en disant le^ signe de pièces de monnaie qu'on a l'air de compter,, et qui forment une somme considérable ; on fait aussi le signe de toutes les sortes de propriétés qui font l'homme riche i maisons de campagne , maisons de vi/lc^ fermes, etc., revenus de toutes les espèces ; 2" exprimer le violent désir de posséder tous ces objets, et l'attachement excessif aux moindres biens ; 3" figurer le soin que l'ou met à les conserver, et surtout celui de n'en point user, ou de le faire avec une grando parcimonie : tout cela se rej)résente par une |)antomirae fidèle qui, peu à peu, supprime les détails, et ne conserve que les principaux signes, /i.* Signe d'adjectif. »

Réduction : Les acux mains, formées eu

(192) Théorie des signes, page 209.

(193) /6frf., page r>7'9. .

(191) /fttrf., tome II, page G2.

DACTYLO:-0(;iE.

crochet ou griffe, raclent le pantalon t en remontant le long des cuisses. — Expression d'^anxiété.

Bîfficiie. Description de l'abbé Sicard (195) : « 1* Signe de faction de faire , accom- Ipagné du futur ; 2* on porte les deux index au front, en les roulant Tun sur Tautre, accompagnant ce signe d'une expression (ic peine et d'embarras que figure la physionomie- 3* Signe d'adjectif. »

Réduction : Les deux poings tournent l'un autour de l'autre avec eflfort. La fatigue 5e peint sur les traits du visage.

Faux. Description de l'abbé Sicard (196} : il f Signe de vrai^ en tirant une ligne droite de la bouche, avec l'iiidex qui la trace de ce point en avant ; accompagner ce signe de celui de la négation ; 2" tirer une ligne d*une manière horizontale, et dans le sens de la bouche. 3*" Signe de Tadjectif. »

La réduction se borne au deuxième de ces signes.

Loi. Description de Tabbé Sicard (197) : « 1* Figiirer Dieu, ou quelque homme constitué en dignité , cher d'un Etat^ ou à la tète d'une administration quelconque , faisant connaître , ou par inspiration fsi c'est Dieu), ou par des paroles , ou par écrit (si c'est un homme), sa volonté absolue sur ce 4]u'il veut au'on fasse » ou sur ce qu'il veut qu*on ne niss« point; 2° figurer un écrit quelconque contenant un commandement ou une défense , avec le signe de publication. S* Signe du nom abstractif . »

Rrauction : L'index de la main droite se porte sur la paume de la main gauche élevée, étendue; puis, les deux index réunis s'avancent en droite ligne et horizontalement, commepour tracer une règle.

Secret. Description de l'abbé Sicard (198) : « 1* Figurer un événement quelconque

?ui n'est connu de personne; 2" représenter action de parler, et l'accompagner du signe de nézation : les sourds-muets expriment cette ioée en fermant la bouche, et en dfipli-

Ïiant le pouce sur les deux lèvres. S** Signe adjectif. »

Réduction : Le pouce sur la bouclie close, puis la main droite se elisse sous la gauche, placée près du cœur, le revers en haut. La circonspection s'exprime sur la physionomie.

Beau. Description de l'abbé SicarJ (199; : « 1* Représenter un objet qui plaît à la ▼uepar 1 agréable proportion de tout<îS ses

Krlies ; on rappelle au souvenir les plus aux monuments connus de celui 5 qui on fait le signe de beau : ces objets peuvent être quelque chef-d'œuvre de peinture, de sculpture ou d'architecture, ou quelque fleur rare et précieuse par sa forme et ses couleurs ; 2* signe d'admiration. 3' Signe d'adjectif. »

Réduction : Les mains semblent suivre

avec complaisance les contours d'une belle forme; Tune d'elles se porte ensuite à la bouche, puis s'en éloigne en montant : air de satisfaction.

Jaloux. Description de l'abbé Sieard (200) : ^ 1" Représenter une personne qui envie le bien des autres, que leurs succès contristent, et qui serait fâchée de partager son bonheur avec eux ; 2° représenter l'attentioil de bien conserver ce qu'on possède, et de n'en céder jamais aucune partie à personne. 3** Signe d'adjectif. »

Réduction : On se mord Tindex de la main droite ; regard de travers ; air inquiet. Réfléchir. Description de l'abbé Sic;ard (201): « 1" Figurer l'action de l'esprit qui médite sur quelque chose, et qui l'examine mûrement ; avoir la télé fixe, les yeux collés à terre ; diriger l'index tantôt à uroite , tantôt à gauche , en y portant également la tète ;

[mis avoir Tair a'ôlre décidé , et diri^i^er et 'index et la tête devant soi. V Mode indéfini. j>

RéductioQ : Attitude calme et recueillie; l'index de la main droite , porté au front,, semble y tracer des figures.

. On remarque jusqu'ici que la réduction des descriptions circonstanciées h un signe rapide et simple, conserve cependant quelque empreintede l'analogie qui se déployait entière dans la scène mimique primitive. Cependant, cette empreinte primitive n'est pas tellement sensible , qu'elle se manifesteau premier (îoup d'œil , qu'elle puissemême se reconnaître avec certitude. 11 a fallu une convention expresse ou tacite», pour choisir, entre cette multitude de traits détaillés qui composaient la description ,. ceux qui, par un privilégespécial, survivront seuls dans le signe elliptique, pour attacher à ce fragment de l'ancien tableau la mémo valeur qu'au tableau lui-même. On remarque aussi que Tanalogie subsistante dans le signe elliptique s'affaiblit d'autant plus, que ce signe remplace un tableau plus composé. Les signes de réduction , s'ils sont donc encore des signes d'analogie , ne reposent cependant que sur une analogie plus ou moins faible , incertaine; ils entrent en même temps dans la classe des signes conventionnels; ils prennent graduellement ce caractère.

Cependant, la valeur représentative de ces signes, dans l'imagination et la mémoire, dépend beaucoup du mode suivant lequel ils ont été institués. Si, en effet, ils étaient formés et convenus sans aucune préparation antécédente, il serait difficile d'y reconnaître l'image, au moins l'image distincte de l'idée qu'ils doivent exprimer. Mais, formés seulement à la suite de ces descriptions circonstanciées dont la Théorie des signes nous donne les exemples , institués comme une sorte de résumé de ces mômes descriptions.

(195) Théorie des signes, page 129.

(196) Ibid., page 168.

(197) /Mii., page 257.

(198) /»frf.,ragei4L

(199) Théorie des signes j page 74-

(200) Ibid., page 189.

^201) /('îrf., page 590.

PIOTIONNAIUE DK PALEOiiUAPHlE, ETC.

2Si>

plusieurs lois répétées, ils reproduiront ilaus Tesprit le tableau dont ils 'sont sortis ;, ils lui emprunteront encore une partie de ses effets : ils ne seroni plu3 seulement des signes de ra^ipel ; il» auront encore quelque chose de pittoresque, au moyen des images qu'ils réveilleront dans l'esprit.

C'est une chose digne d'attention que les signes de réduction, malgré leur laconisme, ont souvent quelque chose de. plu^ précis, de moins vaguor que Ja> îon^e description qui épuisait tous les détails.

La réduction s'opère généralement en baguant to.utes les circonstances accessoires, ppur s'arrôie^à celle q^ui est p)us sniJcialcT. ment caractéristique : daas un objet, h celle. de ses propriétés qui parait la plus saillante ; dans une aption , à celui de^ ses ressorts qui se montre le plus à découvert.

Le [)lus souvent, le langage mimique manque de mpyens directs pour p^indije ^ ou la jîropriété d'un objets ou le ressort d'une action,; alors il est contraiot de recourir à ta iiiétaphore, de signaler l'effet pour la cause , la partie pour le tout , l'antécédent pour le conséquent, ou réciproquement; alors, aussi, dans ce signe elliutique si abrégé doivent être renfermées a la fois et rexppessioii qui annonce la métapho^ , et celle. débridée ïéelle qu'il s'agit de ireproduire.

On remarquera encore que, dans tous les signes do réduction employés pour repré-, senter des idées intellectuelles et morales, le langa.:^e n^mique, contmot de recourir aux allégories et. aux symboles tirés des choses sensibles , doit encore i^unir une double fonction : celle de peindpe par l'analogie ce mouvement ou cette propriété sensil)1e sur laquelle l'allégorie se fonde, et celle de faifc cependant reconnaître qu'il va en effet aj^lê^orie,, pour faire remonter h )a notion, myalerieuse dont ce symbole est l'expressio» iiitèrméJiairc. Le langage mimique étant lui-même un langage figuré , il y a ici deux figures entées l'une sur l'autre: on pourrait dans ce cas appeler le signe mimique de réduction uft signe fkuré du &3cond degré , ou élevé à la seconde puis-, t'ance.

On remarqucFa. enfin , et nette remarque inérile une attention particulière, que lors-, que la desçriplioa de l'auteur de te Théorie acB signes ne fournil que des exemples spériaux et détachés, mode tmp imparfait sans doute d explication , le sigftç de réduction, dans sa simplicité , découvre avec honhew le caractère d'une expression générale» et sait le retracer, comme nous eo. avons vu des exemples , dan^s les signes d'earctVfr, aider, punir, etc. Nous en retrouvons un très-sensible encore, dans le signe de 5a/t>- (ait. La description de l'abbé Sicard conîj)renJ trois éléments :. « 1" Représenter une maison d'éducationot plusieurs élèves, dont licsuns négligent leurs devoirs et déplaisent au maîlre, et dont les autres travaillent avec goût et ardeur, et le conienUfU; 2" renrésenlor ceux-^i faisant tout ce qu'on leur couiLO^uic et au dclh; 3" moJc ludélini. »

Le signe de i:edijptioi) pçii|t d'abord Feffet, la saiisfiiction produite : la main droite , déployée, frotte doucement le cœur, pendant Que la figure s'épanouit. Il peint ensuite faction de produire cet effet : la main fei^ • mée se projette en axant,, dcjc^iv^i^t une CQfirl)e,. et s'ouvre.

Au reste, tous les signes de réduction ne rQposent pas sur l'analogie ; il en est qui abandonnent entièrement ces traces, et qui prennentun caractère absolument arbitraire. Quelquefois, la néglfçence seule, le défami d'observation, teuip a donné naissance ^p)a9 souvent, l'impossibilité de reproduiis^ dans un signe simple et sensible les conditions d'une nptioQ tciès-^bstraitc ou trèsncompliqiiéé , it rendu cette marche nécessaire ; souvent les objets qu'il s'agit de rappeler ne se distinguent pas eux-m^mes pur, des itfiïis^ caractéristiques cgoi leur, soient propres. D/^iS le langage des signes de réduction employés sous Ta direction de l'abbé Sicard^* par notre Institut de sourds-muets , les degrés de parenté, les jours delà semaine, etc., se rendent par des expressions absolument arbitraires, c'est-^'^-dire en figurant la \>vqt miere lettre du mot l^ançais qui leur est affecté ^ il* en est de même du sigqe des, temps.

C est ainsi que, par une dégradation continue et insensible » le langage mimique, d'un tableau vivant, animé, complet, dont H secdmposait à l'origine, se transforme en une analogie successivement plus imparfaite, plus vague, pour se terminer eiïfin, dans une pure convenlioi).

Tous ces signes de Véductiôq s'exécuteqi avec une singulière rapidité : ils sont instantanés, ils égalent presque la célérité de la voix humaine : l'altitude du corps, l'as^ pect de la physionomie, l'expression des,, yeux , accompagnant le mouvement des mains, impriment au signe mimique, sans en prolonger la durée , un ensemble qui conserve une sorte d'unité au milieu démêlements de détail qui s'y combinent avee. une heureuse harmonie.

Si les signes de nomenclature ont donc pris, dans l'application pÊatique^ un caractère entièrement nouveau,, ^t ojit tj^ix sur-, tout ce cachot de simplicité qui leur était si. nécessaire , les signes graanmaticaux du moins ont subsisté tels que riqslituteur. les avait créés : c'est ici la peition de sa mé-, thode à peu près invariable.'

Seulement , on a. i^coiinu qu'il était le plussQ«vent ii|utilé dé joindre, deinslea eitretiens» au signe de nomenclature ^le^ signe grammatical destii^é à rappeler que le mol ('OFrespoodaot en fr.ançais appartient à la classe àas adverbes y ûes pr^o^iiipnSy^ôXc.^ quand la chose s'entei^d si^fusttmment i^m clle-mêiiie.

L'enseignement cqllectif,, donné dans ua institut peuplé de nombreux élèves . la sé-\ paration de ces élèves en plusieurs classes , sous des professeurs distincts, et suivant leur deçré d'avancement, denian laient uih*. distinction dans les matières, u» urdrc prur

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DACTYLOLOGIE

^essif dans la marche da rinstruclion , et àès lors exigeaient, dans la pratique, la roélhode régulière qui manquait au Cour$ finslvwationj tel qu il avait été publié par riBslUuteur. On a donc formé une échelle de quatre degrés distincts. On a d'abord enseigné séparément la nomenclature , en la divisant elie^mème en deux périodes corn-

f prenant, Vune, les objets sensibles ; Vautre, es objets plus relevés. On a formé ensuite ïes propositions simples , et enseigné les foactions des éléments qui les constituent. ^.1^, on s'est élevé aux propositions complexes, aux nombreux rapports qu'elles renferment. On a terminé par l'étude des plus hautes difficultés de la langue , par les gallicismes, nar les exercices de composi- ^îon, par quelques notions sur le stylo, la logique, et surtout par le développement de Vinstruction morale et religieuse.

Mais cet enseignement collectif, restreint 9UX heures dos classes, renfermé dans l'eneointe des salles , a été malheureusement privé de ce cours préliminaired'obsorvalions sur la nature réelle, qui devait se faire sur la scène du monde et de la société, et qui clevait être la préparation la plus utile à une vraie éducation dn sourd-muet.

L*abb6 SicarJ a ioint à son Cours d7n«tructlon neuf modèles de leçons. On en crtt désiré un plus grand nombre ; on y eût ^ésiré un caractère normal et didactique mieux déterminé. 11 en est de bien malheureusement choisis, tels que lecînauièmo, sur l'adverbe comment. Il en est de très- 'îi'^ïacts, c^muie le septième, çjui réJuil tC'jtes les opérations de l'esprit et delà volonté à n'être que des divers degrés du ni6m3 acte, exprimés par la répétition i\o.c lUQis idéer et vouloir, 11 en est de Irès-insuflîsants, comme le sixième , qui consacre seulement quelques lignes à rexplicaliou si i/nportanle des notions de cause et A' effets et qui y joint encore des détails plus propres k l'embarrasser qu'à l'éclairer, comme ceuxci : Massieu est façon ; dessin est effet (202).

Les procédés de détail exposés dans le Cours ainslruclion ont dCl subir aussi, dans I^ pratique usi^clle, de nombreuses modi* (icaiibns qui ouj pour objet le plus souvent do les siii^)lifier, quelquefois de leur donner iJus de précision. On a dû conserver fidèlemeiit et cet heuç^ux début, fondé sur Vintuition, dans leauel les noms sontim* posés aux objets présents ou définis, et l'ex'» plication de la valeur copulative du verbe éire^ et l'emploi des chiffres pour sig^^alcr les rôles que remplissent les éléments de la proposition, et le mode suivi pour faire naître l'interrogation, et les formules qui M>rvent à assigner leur fonction précise aux nréjiositions. Mais l'expérience a bientôt fait reconnaître que le procédé employé par

(909) Cours d^instmction, (Miges 470, 471.

(i03) Dans le rapport primitif dont le présenC écrit n*cstq!rune nouvelle rédaction, on avait pro- |Niser de raire réJîger ee manuel ; dans un lapport vtbstH]Hent, on proposa d'adopter et de piiblici* le travail rcJiijc jjar Si. Dibian. Auiouçrir'.i f^nc tç

rabbé Sicard, pour détinir Tadjf^ctif, tout ingénieux qu*il est, en peignant, d*une ma^ nierc figurative, Tojiération délicate par la-^^ quelle Fesprit détache la qualité du sujeU pour l'y réuuir ensuite , jx^uvait être rem placé, avec avantage , par une indicatiat\

})lus rapide, plus claire, plus sûre , en se bndant sur la propriété qu*a Tadjectif, dans nos langues, de aéterminer l'objet par sa qualité. L'expérience a fait reconnaître que le sourd-muet, ayant déjà lui-môme une^ notion très^-exacte et très-rnette des trois temps absolus, il s agissait moins de se don-* ner beaucoup de peine i>our lui faire ana^ lyser cette notion , que de le bien guideir pour rappliquer. L'expérience a fait surtout entièrement abandonner les vues exposées par l'abbé Sicard sur la formation de l'ad-i^ verbe, et cette pénible transformation, par 'laçiuelle il s'efforce de faire naître la ter-« minaison ment^ commune à un ^rand nombre d'adverbes, des mots mantircy main y en suivant de longs détours où des notions faciles ne font que s'obscurcir. L'abbé Si card, du reste, ainsi que nous l'avons déjà remarqué, se guidait, dans son propre enseignement, bien plus encore par les lumières qui jaillissaient momontanémont pour lui de son commerce avec ses élèves, et du besoin de la circonstance , que i ar des règles antérieurement flxées à priori; il agis-^ sait plus qu'il n'appliquait sa propre théorie» et il avait atteint son but quand il s'était fait comprenJre.

Il est résulté toutefois de cet état de choses, que la pratique usuelle et réelle adoptée dans rinstilut,sous la direction de l'abbé Sicard, manquait d'un type normal, de rè-» gles fixes et déterminées; que ses procédés u'élaient consi-,nés nulle part. Ce fait s'est fait sentir encore d'une manière bien plus marquée, lorsque l'abbé Sicard a é é enlevé à un établissement qu'il dirigeait depuis trente ans. C'est alors que notre administration a cru devoir soustraire l'enseigne-» ment à Tincertitude des vagues tradition?,, lui donner un régulateur, et faire tracei^ quelques modèles qui j;u5sent subsister,, et servir de point de ralliement. Elle a dé-, siré obtenir un manuel (jui se compos;U non de théories , de préceptes, mais seuje^ ment d'exercices mis sous la forme d'exem-. pies. Elle a confié l'exécution de ce travail a M. Bébian. Le manuel qu'il a rédigée a rempli l'objet que nous nous propo-. sio^is (203), et a mérité notre approbation. Cette approbation a été donnée à l'ensem-. ble du travail ; elle n'est point une adoption décidée pour chaque procédé do détail : nous, aurions désiré peut-être un ordre plus lo^

Ïique; nous avons regretté de voir subsister es lacunes considérablçs (204); nous n'avons pu être toujours satisfaits de quelque^

travail a vu le jour, ce qui était, dans 1rs rapports p: imllifs, une proposition, un vœu, devient un récit, un coinçlc-rcndu. Le Manuel a élé publié chci M. Méqnignon pci*c, en S vol.

(4Ui) Parliculicicmcnt sur les conjonclions.

•is

DICTiONNAlRE Diù PALËOGlUPfitE KTC.

ftinovalions proposées (205}. Mais ce manuel n*est point destiné h èire imposé dans renseignement comme une collection de règles h suivre : il est une collection d'exemples destinés à éclairer la marche des instituteurs; il a surtout pour but de fixer, d'une manière stable, le modèle des procédés usuels les plus simples, les plus utiles, les

S lus faoiles dans la pratique. Le manuel de i. Béjian possèJe éminemment ce méri:e« L'élève y est constamment conduit, de la manière la plus nalurcMe , à concevoir de lui-même les idées qu'on veut lui faire exprimer, parce qu'il est placé dans les situations propres à les faire naître. I-.a méthode suivie est une véritable méthode d'intuition; elle substitue heureusement aux définitions en forme, à l'analyse directe, qui est souvent d'un accès diflicile , cette démonstration indirecte qui consiste à mettre en jeu les facultés de l'élève, à le faire agir, à lui faire sentir le besoin des formes- grammaticales qu'on veut lui fournir. L'auteur a prolongé bien au-delà des premiers pas dans la carrière l'emploi du dessin, comme moyen auxiliaire d'intuition; il l'a introduit dans les ré.^ons abstraites, dans l'explication des fonctions de l'article et des valeurs des prépositions (206); il en a fait un usage heureux et neuf ; il a montré ainsi que le procédé du P. Vanin, traité avec tant dT5 dédaiii, pouvait offrir des secours bien plus utiles qu'on ne l'a supposé , étant réduit à un office subordonné, et combiné sagement avec de bonnes méthodes intuitives. L'auteur a constamment tendu à simplifier les procédés, en les délivrant de tout appareil mutile. Il a introduit des améliorations remarquables : il a mieux caractérisé , par exemple , la fonction copulative du verbe élrey quoiqu'il ait négligé, comme l'abbé Sicard, d'indiquer les deux autres fonctions du même verbe; il a f>rt bien distingué les deux présents qui, dans les verbes, sont exprimés par le même terme; les deux valeurs de 1 article /e, /a, les^ l'une, qui généralise, l'autre, qui détermine; il a exposé, avec beaucoup de netteté, l'emploi du pronom (fut, h la suite du verbe. La plus haute dilBculté de la grammaire générale, celle où la métaphysique joue le rôle le | lus essentiel, la formation du substantif abstrait, se dissipe, dans le manuel, à l'aide de la méthode intuitive, et n'est plus qu'une opération familière de l'esiirit. La marche est partout éclairée par un choix d'exemples parfaitement bien entendu.

A côté de ce manuel, nous désirerions avoir un ,bon modèle de nomenclature, où les termes des langues seraient groupés par familles, et classés ensuite d'après un arbre généalogique conforme au système de la formation des idées dans l'intelligence hu-

(205) Nous regreUons que Tautcur soit revenu à un début auquel Tablté Sicard avait sagement renoncé, on faisant connaître Talpliabct en détail au sourd-uiuol, avant de lui enseigner aucun noiu*

maine. Nous aurions désiré également posséder un tableau des signes de réduction qui composent le lanjjage mimique employédans l'Institut de Paris^ ef qui sert a'»qourd'hm d'instrument principal h l'enseignement.

Nous essayerons, dans la troisiè.i e partie de cet ouvrage , de présenter quelques vues sur les principes qui devraient guiderdans le premier de ces deux travaux, et sur l'utilité qu'on pourrait attendre de l'autre.

Parvenu à un Age avancé, et distrait y^ar d'autres soins, l'abbé Sicard n'enseignait

S lus par lui-môme dans les dernières années e sa vie; mais il avait formé des élèves, et l'enseignement se continuait sous ses yeux» dans l'esprit de sa méthode. M Paulmier est celui de tous qui a travaillé le plus longtemps sous sa direction ; il a conservé la tradition vivante de tous ses procédés et y est demeuré scrupuleusement fidèle. Animé d'un zèle sincère pour l'instruction des élèves et pour les intérêts de la gloire de son mattre, M. Paulmier a montré aussi, dans la

{pratique des procédés, une habileté et une àcilité qui lui ont procuré des succès. Plusieurs élèves sourds-muets, distingués par leur capacité, ont été formés par ses soins. Il a publié diverses lettres ou notices, et ua écrit intitulé : Le sourd-muet civilisé (207), où l'on trouve consignés quelques faits curieux , quelques documents intéressants t où la méthode de l'abbé Sicard est préconisée sans restriction, mais qui ne renferma aucune vue neuve sur les princi|)es de l'art i il a publié également un Aperçu du plan d'éducation des sourds-muets (208), qui,, pour être susceptible d'une application utile, devrait être plus conforme à la nature des opérations de l'esprit humain.

* M. Bébian , disciple de l'«bbé Sicard , a opéré quelques années sous la direction de ce célèbre instituteur ; il a saisi mieux que qui que ce soit le principe duquel est dérivée la méthode de 1 abbé de l'Epée et de l'abbé Sicard , le principe qui forme l'âme et la substance de tous leurs procédés; nul ne l'a exposée avec plus de netteté et d'élégance , n'a mieux présenté tous les motifs propres h la faire valoir; nul n'a porté plus haut le mérite des signes du langage mimique > nul ne s'en est promis des effets plus étendus et plus complets : il ne se borne pas à leur reconnaître une éloquence naturelle, des propriétés pittoresques et poétiques, il leur atînbue une clarté, une exactitude logique, fondées sur les conditions d'analogie qu'ils observent; il va jusqu'à les supposer aussi propres à exprimer les notions abstraites que les images sensibles. A de nombreuses connaissances acquises, à une heureuse sagacité d'observation, à un talent distingué, cet auteur joint cette vivacité d'intérêt l'onr la destinée des sourds-muets , qui sera tou-

(206) Manuel d'enui^ncincniprallqne^iM., loroel", planches xix, xx et xxi.

(207) Paris, 1820, i vol. in-12.

(208) Paris, 1821 , hnHliuic iiv^\

DACTYLQLOGlfiL

jours Tune des plus certaines causes de suo ces pour ceux qui s'occuperont de leur instruction. Quelques erreurs sur la généra- ^ tîou des idées et les opérations de (esprit j humain 9 jointes à des préventions exagéj rées en faveur du langage mimique ^ re>n- 2 pèchent encore peut-être d*apercevou* et de suivre la voie la plus directe pour atteindre au ferme de cette instruction. Il a débuté par un Essai sur les sourds-muets et sur le latiçage naturel , également bien jicnsé et bien écrit (209) : il se propose , si je ne me trompe, de publier un ouvrage doctrinal sur Vart qui nous occupe.

- Il est deux autres élèves de ral)bé Sicard C|ui ont acquis, le premier surtout, une juste célébrité. Sourcis-mnets Tun etrautrc, ils sont devenus d'excellents instituteurs de sourds-muets : ce sont MM. Massieu et Clerc • M. Massieu est trop bien connu par le r61e qu'il a joué pendant tant d'années dans les exercices publics de l'abbé Sicard , pour que nous ayons besoin de rappeler ici tout ce qu*i] y a déployé de sagacité, et l'originalité souvent éloauente de ses réponses : il a publié , pour 1 usage des sourds-muets , une nomenclature qui a le double vice d'6tre exubérante, par la multiplicité do mots inutiles aux sourds-muets qu'elle contient, et d*ôtre dépourvue de toute méthode logique, condition qui seule peut faire le mente d'un tel travail. M. Clerc, plus jeune, bientôt enlevé à la France , a eu moins d'occasions de se produire; en peu d'années, cependant, il a de beaucoup» devancé son émule. M. Massieu n'a jamais pu parvenir à écrire le français d'une manière parfaitement correcte et pure ; M. Clerc y est parvenu de bonne heure , et il a dû sans doute cet avantage à un exercice assidu et bien dirigé de lectures choisies. M. Lafon de Ladébat a conservé et publié, à Londres (210), un Recueil des définitions et des réponses <ie MM. Massieu et Clerc aux questions qui leur furent adressées pendant les exercices publics que Tabbé Sicard donna dans cette ville en 1815. Qe recueil se lit avec beaucoup d'intérêt, et offre un témoignage vivant du haut degré de développement et de culture auquel est parvenue Fintelligence de ces deux sourds-muets. M. Clerc, appelé dans l'Amérique du Nord pour y diriger un institut de sourds-muets , remplit depuis plusieurs années cette mission avec un succès remarauable. Il a composé » pour Texamen des élèves de l'établissement dans le Connecticut, en présence du gouverneur et des ^eux Chambres, un discours écrit en anglais, qui a été traduit ensuite eu fran-

ri09)Pam, 1817, in 8".

fSIO) En anglais et €11 fi-ançais, Londres, 1815, 1 TOI* in^^.

(Sin Paris et Genève, 18i8, ln-8\

(212) MM. Rerthier, Lenoir, Ga/an, Dowiederker, etc. Il nous est doux de pouvoir exprimer \v\ rair*ction que nous portons h <os lM>n« j(»unes gens, qiienous avons vu se ronnei'sou!)HOsyrux,donl nous avons encoui*agé1cs cfTorts, et de imuvoîr atlostcT ausài la saiisfai-llon i{\\"\h nous font rp'OMXT par

çais, et publié en Franco (211), et qui at« teste toute sa capacité. En ce moment encore, nous possédons, dans notre institution, plusieurs de nos élèves sourds-muels qui, élevés par leur mérite au grade de répétiteurs, s*acquittent, à notre entière satisfaction, des fonctions de renseignement, et promettent des successeurs a ceux que nous venons de citer (212).

M. Roy de la Croix a puisé auprès de rabi)é Sicard la connaissance des procédés de ce célèbre instituteur, et pénétré de reconnaissance pour son maître, lui a rapporté encore le mérite de ceux qu*ii a imaf;inés lui-même. Le motif qui avait conduit e disciple auprès du maître inspire un profond intérêt. M. Key de la Croix avait une fille sourde-muette, et a voulu se char-

f;er lui-même de son instruction : mais tous es sourds-muets sont aussi devenus ses amisj comme il le dit lui-même (213). C'est dans la vue de les servir qu'il a oublié le récit des soins qu'il a donnés à réducation de sa fille f2U). On ne peut lui en savoir assez de gré; son ouvrage sera un encouragement pour les familles où se Irouvent des enfants sourds-muets, lorsque les |iarents auront assez d'instruction et de loisir pour être disposés à suivre son exemple. Cet écrit leur offrira- aussi quelques vues utiles, quoique l'auteur se borne h indiquer, d'ure manière sommaire , les procédés qu'il a employés. Ces procédés, conçus dans Tesprit de la méthode de l'abbé SiearJ, sont en général plus simples. M. Rey de la Croix annonce ou il s'est contenté de mettre sa fille en état d'employer la langue française avec facilité et correction , sans prétendre lui enseigner les principes de la grammaire. Il avait le projet cle publier un grand ouvrage où ses procédés auraient été développés en détail; mais il ne lirait pas l'avoir exécuté. Du reste, loin d'adopter un système exclusif de procédés , il a réuni, au contraire, et employé à la fois tous ceux gui s'offraient à lui, l'alphabet oral et labial , comme Talphabet manuel , les estampes du P. Vanin, comme les signes méthodiques des abbés de TEpée et Sicard (21ô). Nous ne trouvons cependant, dans son ouvrage, aucun renseignement sur l'emploi qu'il a pu faire de ce dernier moyen. Il a employé aussi, avec succès , h rcxcmple de l'abbé de l'Epée, les noms imprimés sur les cartes moDiles et le bureau typographique.

Chose sinçulièrç 1 tandis que l'abbé do l'Epée, ainsi que nous l'avons vu, avait adopté, dans la pratique, ce même procédé

leur zèle, amant que par un talent r^^1arquabl«^ Ou aime à les voir se créi^r une earrière honorable (;! utile, en eoncourant à rinstruelion de leurs cotnuagnons d^infortune.

(215) Voyez le titre et la dédicace d« svu ouvrage.

(ili) La nourde-mv.'tc de Ctaplèrr, otn Iciont données à ma fille; B^^zters, an IX, 1 vol. in-8".

(ii:;) /frfrf., p;igcl8.

ÎS"»

DICTIONNAIRE DE PALËOCRAflIlË, ËTC

(i nt'Mcula'ion arlifîdrlle doul il avait crrtiquiî 1 emploi tîftfis ses controverses avec ses rivaux, voici que, par un autre contraste , ra')bé Sicanl, après avoir fait réimprimer y Art de parler de son illustre mattre, après avoir déclaré solennellement que l'arliculation artifit-ielle était le complément né^ cessairc* de TéJucation du sourdkmuot, a ce* pondant entièrement abandonné» dans la

pratique, cet important procédé auxiliaire; la tradi.ion mémo $*en serait perdue, si Tun des élèves de l'abbé Sicard , M. Paulmier, ne Tavdit conservée : il en a fait quelques applications particulières ; mais Tusage n'en a point encore été remis en vleueur dans rétablissement. Les cartes mobiTes , le bureau typographique, ont été égalemeal ou écartés ou simplement négligés (216).

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