‹ Dictionnaire de paléographieChapitre 45 sur 136 · DEUXIEME PARTIE. — APPENDICES · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE. — APPENDICES

DES ALPHABETS HANEEL. LABIAL, GUTTURAL. — DE QUELQUES ESPACES DE SIGNES AUXIllAIRES;

PAR Bf. DBGÉRAilDO.

Un simple jeu employé par nos écoliers pour s'entretenir ensilenc^ et h distance, est devenu, pour l'instruction des sourds-muets, un|irocéJésiimporlant,qu'ilaétépresqueéle vé a la dignité d un art. On a donné le nom do dactylologie à Talphabet manuel, qui a pour objet d'imiter plus ou moins fidèlement, par diverses, positions de la main et des doigts, les différents caractères de l'écriture. On a soumis ce jeu à des règles; on en a fait le sujet d'ouvrages diJactiques, et ces positions ont été peintes et fixées dans des gravures.

La dactylologie est, en effet, à l'écriture alphabétique, ce que celle-ci est h la parole. Gaiquéosur l'écriture, elle la représente précisément comme l'écriture représente la parole.

Mais, dans i a.liance entre la dactylolojie et l'écriture, l'utilité réciproque de ces deux ordres de procédés est en même temps Finverse de celle que nous avons remarquée dans l'alliance entre récriture et la parole.

En effet, Tofiice de la dactylologie consiste à rendre à l'écriture cette mobilitédont jouissait la parole, et que la première a perdue en se fixant dans les caractères peints. La dactylologie est une écriture affran-^hie de l'appareil matériel et des conditions nécessaires pour l'emploi de la plume et du crayon; Ion en porte tous les instruments avec soi. Elle se prête aussi aux entretiens familiers; elle offre son secours en tout temps,' en , tout lieu,

C'est pourquoi la dactylologie ne peut guère être qu'un jeu pour ceux qui possèdent déjà , dans la parole, un moyen de communication encore plus facile et plus approprié à toutes les circonstances. C'est pourquoi aussi, elle devient une ressource essentielle à ceux qui sont privés de la pa-

role : elle leur rend une portion des avantages attachés à celle-ci ; elle supplée pour eux à récriture, lui donne en quelque sorte une extension nouvelle.

Toutefois la dactylologie est bien loin d'offrir tous les avantages dont la parole jouit ;. elle perd en même temps une t^r tion de ceux qui faisaient le privilège de récriture. D*un cOté, elle est bien moins rapide que la parole , elle est dépourvue de cette expression gui appartient à la voix humaine, et de rinunie fécondité que Tâme y trouve pour peindre tous les sentiments qui l'affectent; elle n'a rien de cette harmonie , de ce charme secret, de cette puissance d'imitation dont la parole est pleine ; son emploi, d'ailleurs, force de sus.pendre presque tout travail et toute action. l)*un autre côté, elle n'a point celle fixité qui rend l'écriture si favorable aux opérations de la réflexion ; elle ne peut déployer ses signes que d'une manière successive; elle ne saurait composer, comme l'écriture, ces vastes tableaux que l'attention embrasse simultanément et parcourt en tous sens avec une entière liberté.

Là dactylologie partage quelques-uns des inconvénients de la parole et quelques-uns de ceux de l'écriture : fugitive comme la première, elle est compliquée dans ses formes comme la seconde.

On conçoit que la dactylologie pourrait obtenir, comme récriture, et au même titre, la fonction de représenter directement la pensée, et devenir idéographique^ quoique sans être aucunement symbolique. 11 suffirait, dans l'instruction* du sourd-rouet, ou de renverser l'ordre, et d'employer l'alphabet manuel le premier, pour le traduire en caractères écrits, ou même de s'abstenir de l'usage de récriture. On associerait di-

(il9) Extrailsde l'ouvrage iiUiUilé : De l'éJncation des iourds-mueit de naissaMf^ tom. I'% p. ^D.

DACïYLOLOCIfc..

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rectement les idées aux mots dactylologîques. Mais cette manière de procéder présenterait quelques ciifficultés : Tattestion aurait quelque peine à donner aux mots dactylologiques, ejpelés nécessairement avec lenteur, cette unité simple et détachée qui doit servir de pivot à la pensée. D*un autre côté cette manière de procéder serait pcn utile; le ministère de récriture se prèle bien mieux au travail de renseignement des langues, comme à Tinterprétation des tenues qui les composent.

lie mouvement des lèvres peut aussi , en ]Arlie du moins, remplir, relativement à la IMirole, un office analogue à<^lui que nous venons de considérer dans le mouvement de la main et des doigts. 11 peut, sinon fi*gurer les éléments alphabétiques de la pa^ rôle et de récriture , du moins annoncer et retracer le jeu d*une portion de Torgane vocal, quand il profère ceux de la parole articulée. On a vu souvent des personnes atteintes de surdité s'appliquer a lire sur les livres des personnes avec lesquelles elles s'entretenaient, sans pouvoir les entendre. A force de soins et de i^rsévérance, elles s'étaient exercées à discerner habilement les configurations aussi rapides que délicates que reçoit cette portion de la physionomie liumainei suivant les intonations ou les articulations qui sont prononcées. Ces personnes s'étaient composé de la sorte une nou- . Telle espèce d'alphabet, que l'on pourrait 2!p^)eler un alphabet labial. Zwinger raconte qu QEcolamnade avait, h BAIe, un écolier ^ourd qui le comprenait des yeux (â^jo). Waller, dans les Transactions philosophie

Sues (221), raconte qu'un frère et une sœur, evenus sourds tous les deux dès l'enfance, habitant la même ville que lui, connaissaient tout ce qu'on leur disait, d'après le mouvement des lèvres, et y répondaient exactement. L'évèque Burnet donne un récit sembM>le sur laiille de M. Goddy, ministre à Genève, et devenue sourde h l'âge de deux ans (^2) : '«Le mrmJe, dit le célèbre Lecat, est plein de sourds h i}ui on fait entendre ce qu'on veut. 11 y avait, en 1700, une marchande à Amiens, qui comprenait tout ce qu'on lui disait, en regardant seulement le mouvement des lèvres de celui qui lui parlait; elle liait de cette façon les conversations les plus suivies. Ces conversations étaient encore moins fatigantes que les autres; car on pouvait se dispenser d'articuler (les sons : il suffisait de remuer les livres^ comme on le fait quand on parle (223). »

Toute personne atteinte de la surdité et déjà habituée au langage articulé pourrait se créer la même ressource : elle y parviendrait bientôt en parlant toute seule devant un miroir.

D'un autre côté, oh remarque aussi que les personnes atteintes de la surdité à un certain' âge n'en conservent pas moins l'u-

(«6) Fimtiol. méd., c. 25.

(«ii «• 313.

i'i^) BvBXET, Leure I, page 248<;

s ge de la pamle gu elles avaient acquis y bien qu'elles ne puissent absolument entendre le son qu'eires profèrent. C'est que les mouvements de l'organe vocal,' nécessaires I»our produire chaque mot de la langue articulée, se sont tellement associés par l'habitude à l'idée que ce mot représente, qu'elles continuent à le répéter, lorsqu'il s'agit d'exprimer cette idée, quoique l'oreille ne puisse plus les accompagner de ses vérifications et contrôles. Nous n'en «erons point surpriS) si nous faisons attention que, la plupart du temps, nous parlons nous-mêmes sans prêter l'oreille à nos propres discours. Cependant, il arrive aux personnes sourdes dont' il s*agit ici que, si les habitudes contractées par elles s'affaiblissent ou s'altèrent, elles ne savent guère s'en apercevoir; elles n'ont pas le même moven que nous (wur veiller À la fidélité et à la pureté de leur prononciation»

Cet exemple a dû suggérer l'idée de faire contracter artificiellement au sourd-muet de naissance une habitude du même genre, de l'exercer à disposer mécaniquement les diverses parties de son organe vocaj, de la manière nécessaire {Surproduire certains sons> et à former ainsi certains mots articulés. Mais il était indispensable de réussir ea même temps à lui iaire discerner les direrses positions et les divers mouvements de l'or^ne vocal, d'une manière assez certaine et assez rapide , pour qu'il ne les confondit point entre eux, qu'il pût attacher à chacun une valeur fixe et distincte. On devait arriver ainsi à lui créer un nouvel alphabet, correspondant à celui que nous nommions il y a ' un instant Valphabtt labial^ et que nous pourrions nommer Valphabet guttural. Les éléments de cet alphabet seront, pour le sourd-muet, ces sensations intérieures qu'il éprouve dans chacun des mouvements de l'organe vocal , destinés à re[îroduire un certain son ou une certaine articulation; sensations dont nous avons à peine une idée, mais qu'il aura appris à remarquer et à distinguer entre elles.

De la sorte, le sourd-muet de naissance se trouverait conduit h jouer, au sein de la société, précisément le même rôle qu'y joue une personne qui, après avoir longtemps usé de la parole et de l'oùie, se ti'ouve frappée de surdité.

Cette observation concourt à expliqHcr comment les alphabets labial et guttural ont été l'un des premiei-s moyens imaj^inés par ceux qui ont entrepris d'instruire des sourdsmuets.

Les alphabets labial et guttural réunissent à peu près les inconvénients et les avantages de Valphabet manuel ; mais ils sont plus rapides que celui-ci : d'un autre côté, les signes qu'ils emploient sont moins distincts et plus fugitifs.

La i)einture, la sculpture, le dessin, sont

(225) Leçat. Traité da sensations, tome !•% paje

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blCTIoNNAlUE DE PALEUGRAPiflE, tetC»

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aux scènes du langage d'action primitif, dans le même rapport que récriture à la parole, ils retracent en effet la pantomime n^ turelle, et c*est ainsi qu'ils font parler leurs personnages. Or, de m£me que la pantomime se développe et peut se cfévelopper indéfiuiraetit par la création des signes métho^ diqiies, jusqu*au point de devenir un véri^ table langage systématique, les figures tracées qui en représentent Timage peuvent «tussi-, en se multipliant quant à leur nombre, en se simplifiant quant à leur forme > devenir une Véritable écriture. Si les sourds-* muets se réunissaient et se constituaient eu société, ils ne manqueraient pas d'imaginer une écriture.de ce genre pour fixer leur langage d'action, trop fugitif et trop moWle, et pour avoir un moyeh de corresp'ondil^e avec les absents. Ils institueraient des caractères qui retraceraient, soit par la force de l'analogie, soit en vertu des conventions, les divers éléments de la pantomime, et , avec cette espèce d alphabet, ils décriraient toute espèce de scènes du langage mimique. Cette écriture aurait, sur la nôtre , Tavantage d'entretenir des rabports pUis étroits et pïu^ sensibles avec le langage qu'elle serait appelée è fixer. Cependant on ne pourrait se flatte** d'instituer une écriture mimi^ que dont le trait pôt rappeler, au premier coup d'œil , les mouvements expressifs des gestes avec quelque fidélité^ sans faire per* are aux caractères de cette écriture la sim>> piicité qui devrait (Ire l'une de leurs condi'* lions essentielles.

C'est ainsi que les trois langages principal, x dont riiom me jouit pour exprimer sa pensée ont ou peuvent avoir chacun un système de signes auxiliaires destinés à les re^ présenter, qui sert à étendre au besoin et à suppléer leur emfiloi. C'est ainsi (jue chacun de ces sytèmes de signes auxiliaires peut avoir pour les sourds-muets une utitité spéciale.

11 est encore quelques autres espèces de signes secondaires ou supplémentaires qui ont été appelées au secours de nos langues dans différentes vues, qui presque toutes se rattachent à récriture, et qu'il n'est pas inutile d'étudier, dans l'espérance d'y découvrir quelques indications applicables à Hnstruclion des infortunés qui no)is occupent.

Quelques-uns de ces signes ont été imaginés dans l'intérêt de la science, et possèoent des propriétés philosophiques ; d autres n ont été conçus que dans quelque vue d'utilité pratique, et n'ont que des propriétés en quelque sorte mécaniques.

Les opérations les plus simples de l'arithmétique fussent demeurées iDexécutables, s'il eût fallu opérer avec les mots employés dans nos langues pour exprimer les ditférents nombres, soit de vive voix, soit par écrit : on a donc cherché à inventer un système de signes spécial pour la numération. Ici la dactylologie se présentait avec une prééminence marquée sur nos langues ; elle aut être le premier instrument de numération : elle avait le précieux avantage de iyov-

ter aussi loin qu'il était |)Ossibie la lumière de l'intuition dans les opérations du calcul. Aussi quelques peuples de l'Asie ont-ils adopté et conservé un système de numération qui consiste simplement à reproduire la numération digitale d'une manière indéfinie, sur des séries de fiches ou de boulels dé diverses couleurs et grândîiurs ; et Pestalozzi, dans ses combinaisons ingénieuses pour fonder l'instruction sur la méthode intuitive, a-t-il aussi adopté pour le calcul un procédé du même genre.

C est sur le modèle de la numération digitale, et non sur celui des expressions usitées dans la langue articulée^ qu ont été imaginés les chiffres qtie nàxis employons en arithmétique : ils ont donc été originairement une écriture idéographiojue.

Nous pourrions fort bien apprendre la valeur des chiflVes^ et exécuter, avec leur secours, toutes les opérations de l'arithmétique, sans connaître les mots ()ui, dans notre ligigue, expriment les mêmes valeurs^ Nous avons, il est vrai, cohservé l'habitude do répéter tout bas ces mots en calculant ; mais cette espèce de marmotage routinier ne nous aide en rien pour le calcul.

La lahgue des chiffres nous vient d'un peuple qui n'avait en commun avec nous ni la langue articulée, ni l'écriture : elle est commune à toutes les nations de l'Europe, oui usent cependant d'idiomes différents.

Ici quelques réflexions viennent frapper notre esprit, et jettent une lumière inatten-^ due sur l'art d'instruire les sourds^muets.

Le sourd-muet dépourvu d'instruction ne peut former aucun calcul: il est borné h juger des quantités par l'intuition; Le sounimuet gttiaé par un maître apprend facilement la valeur des chiffres, leur usage ; il exécute les opérations de l'arithmétique avec facilité, exactitude; il se met promptemcnt au niveau des autres hommes. Il nest aucune partie de son instruction où il soit parti d'aussi loin, où il pût arriver aussi haut en aussi peu de temps, avec aussi peu de peine. Pour€[uoi semble-t-il plus dimcile de lui enseigner les mots de la langue écrite? Serait-ce que la langue des chiffres est au^si bien faite que celle des mots l'est mal? S'ii en était ainsi, y aurait-il un remède? ius-

Îu'à quel point ce remède serait-il possible? ucune incertitude ne rè^ne sur la valeur attribuée aux différents chiffres. Le point de départ et l'échelle graduée suivant laquel e ces valeurs s'élèvent et viennent se combiner les unes dans les autres, sont clairement et exactement marqués. La langue ces chiffres observe les lois d'une heureuse et savante analogie ; les expressions par lesquelles elle désigne toutes les combinaisons sur lesquelles notre esprit opère en indiquent fidèlement et la formation et les rap ports-

Les signes de l'algèbre et ceux de l'algorithme infinitésimal, ainsi que nous avons ^ eu déjà occasion de le remarquer, remplis- * sent, vis-à-vis des chiffres de l arithaiélique, une fonction analogue à celle que rempiî^-

fV7

DACTYLOLOGIE

sent dans nos langues les mots attachés aux notions relevées, dans Tordre des combinaisons ou des abstractions.

La géométrie tout entière a, en quelque sorte, sa langue à part/aui peut être en enet enseignée séparément, dont les expressions sont toujours rigoureuses, parce qu'elles reposent sur des idées bien déterminées, et toiyours claires, parce qu'elles peuvent être facilement ramenées à 1 intuition. Un sourdmuet peut devenir aussi géomètre sans beaucoup d'efforts, et sa géométrie ne différera point de celle qui est généralement admise.

Les figures de géométrie sont, relativement aux formes et aux mouvements des objets réels, une véritable écriture idéographique, qnoi guide avec sûreté dans les abstractions les plus générales et dans les combinaisons les plus étendues. C'est que l'analogie dont elles s'appuient n'est point, comme celle du langage d'action, une suite de métaphores, mais bien une fidèle observance des conditions essentielles aux modèles dont elles font étudier les propriétés.

Les savants, en instituant leurs nomenclatures méthodiques, ont été maîtres de la création de leurs langues. Aussi leur ont-ils donné une précision parfaite, et les ont-ils soumises aux lois d'une analogie régulière. Pour fixer la valeur des termes, ils ont eu recours bien plus encore aux descriptions qu'aux définitions proprement dites ; ils ne se sont pas aidés seulement des expressions de la lançue usuelle, ils ont eu recours au dessin ; ils ont établi aussi, au besoin , certains signes conventionnels.

Les procédés qu'a suivis la science seront médites par l'instituteur des sourds-muets

Sii voudra enseigner la langue usuelle à son ève, suivre une voie philosophique, c'està-dire qui voudra le conduire aux mots par les idées (22i).

On fait aujourd'hui, et avec succès, un grand usage des tableaux synoptiques dans renseignement dès sciences, ils sont éminemment propres à faire embrasser d'un coup d'œil l'ensemble et les rapports des faits et des idées. Cette méthode peut être étendue avec le même avantage aux explications familières qui ont pour objet l'inter- Ïrétation des mots de nos langues, et servir faire embrasser aussi d'un coup d'œil au sourd-muet la génération des notions qu'on cherche à. lui expliquer, en la lui rendant plus sensible. Les signes divers qui accom-

(2i4) 11 1 été un temps où Tespoir de créer une langue universelle occupait fortement (jnelques esprits. Le grand Leibnitz s'en éuit flatte, et il avait cru qu'une telle langue pourrait avoir en même temps un caractère éminemment philosophique. Celte idée a pu se présenter aussi a quelques-uns de ceux qui ont médité sur Tart d'mstruire les sourds-muets, comme se rattachant à Fobjet de kar étude. Mais il est démontré aujourd'hui que si DOS langues oonventionneUes étaient susceptibles d'être ramenées à une analogie plus ou moins sé- Tère , cette analogie resterait nécessairement trèsimpaHaite. Aucune langue ne pourrait devenir uni- Tcrselie que par Teffet d'une convention générale.

DlCnONH. PB PlLBOORAraiB, BTG

{gagnent ou peuvent accompagner la formth tion des tableaux synoptiques, en figurant tour à tour ou la combinaison, ou la décomposition, ou l'analogie, ou le contraste des idées, deviennent comme une sorte de peinture des opérations de l'esprit.

11 est une autre espèce de signes dont on a fait des essais très-variés, qui a un. objet beaucoup moins relevé, qui se propose seulement cle faciliter, dans la pratique usuelle, l'emploi de nos langues, mais qui peut avoir pour l'instruction des sourds -muets une utilité toute spéciale. Je veux parler des procédés désignés sous le nom de tachygraphi€y stAiographie y oky graphie» etc., qui ont pour ot^et de rendre à l'écriture la rapidité

3 ni lui manque. L'écriture étant le refuge u sourd-muet, il est d'un grand prix pour lui de délivrer cet instrument de 1 un de ses inconvénients les plus gênants dans l'usage. On a cherché dans tous les temps à remédier à la lenteur et à la complication de l'écriture par des procédés d abréviations et d'annotations. Cet art, déjà connu des Romains, a reçu de nombreux perfectionnements dans ces derniers temps. On est presoue parvenu à suivre, en écrivant, la rapidité de la parole. Si l'écriture, au lieu d'être alphabétique, était syllabique, elle n'aurait besoin que d'un signe unique pour la plupart des radicaux des mots de la langue comme pour les termes monosyllabiques.

Un semblable mode d'écriture présenterait, sous ce rapport, une extrême simplicité, et tel est en effet le principe auquel ont plus ou moins recouru les principaux systèmes de tachy^aphie. Mais ce mode d'écriture perd en simplicité, sous un autre rapport, ce Qu'il gagne sous celui-ci ; car les éléments de la parole, pris dans les syllabes, sont extrêmement nombreux, tandis que ceux qui sont pris dans les lettres alphabétiques se renferment dans un nombre très-limité. Une semblable écriture exigera donc un nombre considérable de signes élémentaires, et ce sera un grand travail pour l'attention comme pour la mémoire que de bien retenir et reconnaître la figure et la valeur de chacun d'eux. De plus, ou l'on voudra les distinguer entre eux par des différences perceptibles, et alors, pour réussir à distinguer en effet une nomenclature de caractères si étendus, il faudra donner à chacun une forme assez développée et assez compliquée; alors aussi on retombera dans l'inconvénient auquel on

Toutes celles qui on^ été proposées jusqu*à ce jour n'ont obtenu d'autre assentiment que celui de leur auteur.

C'est ce que je crois avoir suiOsamment montré dans une autre occasion (Des signes et de fart de penser^ n* partie, sect. r*, chap. 15; sect. 2*, chap. 10). Quant à ce qui concerne l'éducation du sourdmuet, comme il s agit essentiellement de le rendre au commerce de la société, et par conséquent de lui procurer un moyen usuel de communication avec tous les autres nommes, on ne peut se flatter d'arriver, par la recherche d'une langue universelle, à aucun résultat oui lui soit utile.

DICTIONNAIRE M rAUWSRAPHlE, ETC.

voulait se soustraire; ou lâeuy au contraire, les différences seront peu marquées» et les caractères se confondront facilement les uns avec les autres. Toute tentative de ce genre rencontre donc deux difficultés opposées, et ne peut éviter Tune sans se heurter contre Tautre. Remarquons encore que tout système de signes dont on ne fait pas un usage très-assidu, et qui n'emprunte pas ainsi de l'habitude une sûreté entière, une célérité convenable pour le réveil des idées, perd la propriété la plus essentiel! e de nos langues*

On peut remplacer de mille manières les termes de nos langues par des convention» nouvelles , à Taide de signes qui retracent ou les mots eux-mômes, ou leurs éléments. C'est de la sorte qu*(m a Imaginé les chiffres qui servent à envelopper d*un mystère impénétrable le contenu des dépêches diplomatiques et les si^aux employés dans les correspondances télégraphiques et maritimes. On connaît les immenses travaux qui ont été exécutés depuis le xv* siècle , pour créer et perfectionner les systèmes d'écriture secrète.

Les notes de musique nous donnent Foxem* pie d'un système de signes écrits, propre à exprimer distinctement un ordre de sensations ou d'idées, simple et régulier, en marquant, par Tanalogie,, les rapports et les proportions qui existent entre elles.

La dactylologie, image mobile de l'écriture, peut recevoir, comme elle, certains modes d^abréviation : elle peut avoir aussi sa sténographie ; elle peut ainsi devenir syllabique, au lieu de demeurer alphabétique , et acquâir de La sorte une réduction trèsnotable.

Mais, soit dans l'emploi des signes auxiliaires, soit, en général, quand il s'agit de multiplier les systèmes de signes mis à la disposition, de Tintelligenee, ilest deux considérations qui demandent à être méditées.

D'un côté» il est certainement utile à l'esprit humain d'avoir à sa disposition plusieurs ordres de signes, s'ils ne sont point trop multipliés, et s^ils conservent entre eux c|uelque analogie. C'est ainsi que l'intelli-

gence humaine a recueilli un gr«Ml avantage de l'emploi simultané de la parole et de l'écriture ; c est ainsi que les hommes qui ont acquis la connaissance et l'usage de deux langues, s'exerçant avec fruit et ea mille manières, par les parallèles qu'ils établissent entre elles, soai conduits^ par le travail des traductions , à se mieux rendre compte de leurs pensées, à enirisager souvent les choses sous des points de vue différents, obtiennent une plus grande flexibilité dans l'esprit, et connaissent même mieux toutes les ressources de leur uropre langue.

D'un autre cftté» ai l'on multiplie tro|^ les différentes espèces de sispes employés

f)Our la même provision d'idées, (m charge 'intelligence dun fardeau inutile, on embarrasse ses mouvements dans un appareil troj» compliqué, suitout s'il s'agit d'une intelligence faible encore et peu exercée.

L'inconvénient que nous signalons de^ vient particulièrement sensible dans l'eokploi de ces signes secondures qui ne servent qu'à remplacer les instruments ordinaires du langage, tels oue ceux de la dactylologie et de la sténographie, pav exemple; car, pour l'ordinaâre, les sunes de ce genre ne disent rien à l'esprit ; ils ne réveillent pas les idées d'une nianière immédiate et directe ; souvent ils laissent entre eux et les idées {dusieurs chaînons intermédiaires : le réveil des idées s'opère done avec moins de certitude et de netteté.

Nous nous sommes borné k indiquer ici les principales espèces de si|pes secondaire» cpû ont été imaginés et mis enusa^e. On confit qu'il serait possible de les vaner, de les multiplier de bien des manières. Quels.

Se soient ceux que l'on emploie , il ne Lt jamais oublier qu'avant tout ils doiv^it être essentiellement simples, précis » £ifiile& cependant à distinguer, d'un usage commode , et surtout aussi fidèles qu'il est possible aux lois de l'analogie. Telles sont les conditions générales et fondamentales que doivent remplir les éléments matériels de toute espèce de langage.

II. SUK LB XÀMeikeB imUQOB, FnOPRB ACX SOURDSrHUETB ; VXEIOPUS DES MVnse» KSFiCBS

DB SIGNES QUI t>B COMPOSENT (325).

On a beaucoup et souvent parlé du langage lâimique que les sourds-muets se créent euxmêmes ; à peine a4-on cité (quelques exem- (iles isolés des signes qui composent ce an^age.

luen, cependant, n'est j)lua curieux en soi que d*étudier ce langage original , naïf , que la nature inspire au sourd-muet pour exprimer ses impressions; c'est une langue pleine de vie , où se peignent , avec une vérité parfaite, les premières opérations de l'esprit humain ; c'est un tableau de l'enfance de l'intelligence; et, lorsqu'on recueille avant tant de soin les informations relatives aux idiomes des peuples sauvages, fiferait-on plus indifférent pour la langue de ces infortunés qui vivent au milieu de nous?

Cette langue 'est d'ailleurs la seule qui n'ait point été transmise par la traditJon, la seule qui ait été instituée en entier par ceux oui la parlent.

il est aussi d'un intérêt tout particulier pour nous, de connaître, avec quelque détail, le langage mimique apporté par le sourd- muet avant son instruction : ces exemples expliqueront et confiitneront ce que nous venons de dire dans le présent chapitre, sur les caractères de ce langage. Ils montreront quels sont les premiers moyens de communication qui s'offrent entre l'élève sourd-muet et son maître, et quels secours celui-ci trouve dans le développement que celui-là a d^à reçu. Oa pourra enfin comparer ces signes propres

(225) Par M. DisiGérando > extrait de l'ouvrage De t^Mucation de9 SQurds-mueltj tom. 1", p. 97«

bACniMMSÊL

an sourd-fonef, ce» èigaei da sê création, arec les signes mélhodiotteâ institués de concert entre le maître et Vélèyet tris qu'ils sont usités dans notre établiêseffient , d'a^ près les exemples que nous donnetons de ceux-ci dans le chapitre 9 de la iv partie.

Nous ayons dono eni deroir offrir ici quelques fragments du dictiatmaire de ee tangage singulier, jusqu'à ce jour ineonna ; nous les avon^ distribués eo plusleuis classes

Nous avons distingué d*abord les sigaes mimiques que les jeune» sourdanoauets instituent isolément 5 chacun de son cété, avant de se trouyer rapprochés les uns des autres , signes qui sont ainsi entièrement individuels; et céut qulls instituent en commun quand ils se trouvent réunis, par des concessions mutuelles, par des conyentions tacites; ainsi que les réductions par lesquelles ils simplifient aussi » d'un commun aecord , les signes primitifs.

dans la première classot une seconde distinction se présente : les sourdsrmuets vivant isolément» obéissait chacun à leurs impressions personnelles^ dominés par les circonstances qui leur sont particulières , donnent souvent, comme nousiavons dit, un signe différent au même ob^t ; quelquefois, au contraire, recevant une impression semblable, ila imposent au même objet le même aigne, et se rencontrent sans le savoir. Cette diatinction donne lieu à une observation fort curieuse, et qui axcite autant d'intérêt

Îae d'élonnemeQt r c'est que les signes, qui iffèrent chee les sourds-muets, semblent être de préférence ceux qui indiquent des objeta matériels, tandis que ceux, qui le plus souvent se trouvent les mêmes, sont: 1* ceux des affections de rftme ; i"* ceux du petit nombre des notions intellectuelles qu ils ont pu concevoir ; 8* ceux des actions Ou des états qui se rapportent aux besoins du corps et aux habitudes les plus oommunes d» la vie ; kr les objets qui servent plus directement à l'usage de leur personne.

Il est é^lement utile de connaître et ces signes qui se trouvent communs, sans concert, et ces signes qui, dans leur variété, nous représentent ta variété des aspects sous lesquels les mêmes dioaes s'offrent à divers esprits, suivanl la situation où ils sont plaees.

Le nombre des signes qui se trouvent identiques, chez les sourds-muets vivant séparés, est fort petit ni eôtfmaraison de eeiui des signes qui difEèrent* lieis, dès. l'instant où ils setouvent réunis, les nouyeaux yenus adoptent, avec une-ftuniité et une rapidité singulière, les signsfi dé^à usités par les anciens. On peut donc dire, en général, qne ee que le langage mimiqnie a de commun astre les ao vc»fiauets est presque entièremeni le produit d'une convention acceptée I>ar exa^t mais d'une cenvention promptement ei aisémem étMie.

C'est avec peiae qite l'on réussit à donner une description des signes mimiques employés par les soard muets; ils se compo-

sent, dans leur exécution rapide comme l'éclair, d'une extrême variété de mouyements , de positions, soit des mains, soit des bras, soit cle diverses parties du corps, dont les modifications fugitives sont souvent très^ difficiles è saisir et à expliquer, et surtout d'un jeu de la physionomie singulièrement expressif, et que nos langues ont peu de termes exacts pour faire bien comprendre. Les descriptions qui vont suivre ne doivent donc être considérées que comme une sorte d'élMiuche.

f' Voici d'abord un certain nombre de signes recueillis sur des sourds-muets jusqu'alors privés d'instruction, privés aussi de tout commerce avec d'autres sourds-muets , signes qui diffèrent entre eux, quoique emr plovés pour désigner le même objet :

e Enfant, — La plupart font , pour le désigner» le signe de petH , joint h celui d'aÛatter ; quelques-uns , celui de bercer; d'autres enfin imitent une oersonne qui en porte un dans ses bras.

Bmuf. — Les uns le désig^ent en figurant ses cornes; les autres, en désionant son emploi; ceux-ci , par sa taille, sa force et sa codeur ; ceux-là , par sa démarèhe pesante et le mouyement qu'exécutent ses mAchoires lorsqu'il rumine, etc.

ChewU. — Plusieurs veulent le caractériser par la mobilité de ses oreilles ; quelquesuns , en mettant l'index et le médius ae la main droite à chevauchons sur l'index de l'autre main ; un très^petit nombre en mettant un doigt dans la nouche , cour figurer un frein , en même temps qu'ils imitent une personne qui s'agite et fr^pe sa monture pour la faire avancer.

Chien. — Par le mouvement de sa tète lorsqu jl aboie, ou en faignant d'en appeler un.

Otêeau, — £n figurant le bec d'un oiseau avec les deux premiers doigts de la main gauche, tandis que la droite feint de lui donner la becquée, ou en faisant les signes de prendre sa pAture et de s'envoler aux approches de l'homme; ou bien encore, de monter sur un arbre, y prendre un J[eune oiseau, le mettre dans le sein, et témoigner la joi^ que cauçe c^tte conquête.

Poiêsan. — En figurant avec .l'avant^bras ses mouvements onliques, ou en mettant l'index dans la bouche, de manière à figurer l'hameçon qui accroche au palais le trop avide animal.

Pmn. — Les uns représentent les divei^ ses préparations qu'on fait subir au blé pour le transformer en pain; les autres font le signe d'at^atr fùimf joint à celui de couper, et de porter à la bouche.

Eau. — £n montrant ua peu de salive ; enlmitant un homme qui rame ; en singeant un portewr deau^ en figurant une personne qui âiit jouer une pompe, etc. A chacune de cas pantomimes iis flijoutent le signe de boire.

mix. •— Les uns imitent une personne qui en porte une entre les dents pour la cassOT ; les autres feignent de les abattre et

de les ramasser ; plusieurs singent les marchandes qui les cassent et les épluchent dans les rues de Paris.

Couteau. — En figurant » avec les deux mains 9 l'articulation de la lame et du manche ; en feignant d'en tenir un pour découper ; ou en imitant une personne qui égorge un animal.

Un Verre. — Par les signes de rincer et de boire: ou par sa forme et sa transparence.

Chaise. — Par le signe de paille^ et celui de s^asseoir; ou en décrivant sa forme avec les deux index et imitant ensuite une personne qui s'assied.

Lettre (missive). — Par les signes d'écrire et de cacneter; par ceux de décacheter et de lire; ou bien par sa forme carrée et sa suscription.

Maison. — Il en est qui font le signe en usage dans l'Institution; il se fait en plaçant, à plusieurs reprises, les mains lune sur l'autre pour imiter une personne qui bttit , et en les joignant ensuite de manière à figurer un toit; d'autres font le signe de vaste^ puis celui d'ouvrir une porte, d'entrer, et de la fermer après soi; quelquesuns n'ont d'autres moyens que d'en montrer une.

Soleil. — Ceux-ci font les signes d'éclairer et d'échauffer f en regardant le ciel ; ceux-là figurent sa rondeur et son éloignement; d'autres regardent aussi le ciel , et feignent d'être éblouis.

Bon. — Il en est qui portent le dedans de la main à la bouche pour l'en éloigner aussitôt; d'autres qui passent doucement la main sur la poitrine, en aspirant et prenant un air satisfait.

Vidcj Plein. — Quelques-uns feignent de regarder dans un vase, et de n'y rien voir, d'autres de se fouiller et de retirer sa main vide pour exprimer le premier; et, pour le second , les uns imitent une personne qui ,

Sortant un vaisseau plein , prend beaucoup e peine, et regarde si elle ne laisse rien tomber ; les autres feignent de mettre plusieurs choses dans la main gauche , et montrent qu'il ne peut plus y en entrer.

Vieux. — Le plus grand nombre prend l'attitude et imite la démarche chancelante d*un vieillard courbé péniblement sur son bftton ; quelques-uns font le signe de chauve: ils montrent pour cela la tète et le doi^ de la main , et ^goûtent ensuite d'autres signes

{Ans ou moins confus par lesquels ils veuent faire entendre qu'il reste encore, sur le chef, quelques cheveux blanchis.

Dormir. — Quelques-uns imitent une personne qui laisse tomber en avant et sur l'épaule sa tète appesantie; le plus grand nombre incline la tète sur une main en fermant les yeux.

Etre malade. — Plusieurs prennent un air souffrant , et feignent de se tAter le pouls ; quelques-uns penchent la tète, ferment les yeux à demi et jettent de petits cris ; un petit nombre font semblant de se coucher et de boire la tisane qu'on leur présente.

Etre bien portfmt. «-* Le plus cgrand nom-"

bre fait le signe de fort: c'est-à-dire qu'ils roidissent les muscles des bras, prennent une attitude hardie et une physionomie riante ; le plus petit nombre se tAte le pouls, ouvre les yeux et ajoute une marque d'approbation.

Pour nier. — Les uns secouent la tète ; les autres portent l'extrémité du pouce sous les incisives supérieures pour l'en retirer aussitôt; ceux-ci écartent les mains ouvertes, en feisnant de regarder et de ne rien voir ; ceux-là soufilent dans l'intérieur de la main, et prennent une physionomie semblable.

Pour affirmer. — Il en est qui joignent à un coup d'œil perçant un hochement de tète; d'autres qui avancent la main droite avec un air d'assurance, comme pour frapper sur un objet placé à une petite distance et à la hauteur de Festomac.

Pour interroger. — Plusieurs expriment deux propositions contradictoires, et regardent ensuite d'un air indécis la personne à laquelle ils s*adressent; quelques-uns se contentent d'exprimer deux des termes de la proposition , et de jeter sur vous un coup d'œil à la fois scrutateur et indécis .

Pour indiquer le futur. — Ceux ci entr'ouvrent les yeux et indiquent de la main un objet éloigné ; ceux-là font plusieurs fois le signe de se mettre au lit et de se relever.

Savoir. — Les uns frappent plusieurs fois du plat de la main sur le front, en faisant le signe d'affirmation; les autres font celui du passé et de se souvenir.

Voici maintenant quelques exemples des signes avec lesquels les sourds-muets se rencontrent, sans s'être concertés; qulls instituent chacun de leur côté, vivant isolés les uns des autres, et qui se trouvent semblables pour les mêmes idées. Ces signes , comme on le conçoit , sont bien moins nombreux que les précédents.

Singe. — En imitant ses grimaces et ses manières grotesques.

Coq. -—En portant la main sur la tête, dans une position semblable à celle de la crête de cet animal , et prenant son air à la fois altier et jovial.

Cordonnier^ Menuisier. — En singeant les mouvements du premier, lorsqu'il coud; dû second , lorsquil scie ou qu'il varlope.

Soupe. En disposant la main en forme de cuiller, et répétant les mouvements d'une personne qui avale du bouillon à petites cuillerées.

Raisin. — En feignant d'en tenir un ayec la main gauche, et de le manger grain à grain.

Tabac. — En singeant une personne oai prise; quelques-uns ajoutent le signe dé*ternuer.

Clef. — En imitant le mouvement indispensable pour ouvrir ou fermer une serrure.

Montre. — En feignant d'en sortir une du çousset et de la porter à V oreille.

Livre. — En portant les deux mains à la hauteur des yeux , dans une position semblable à celle d'un livre ouvert, et imitant les mouvements de tête d'une personne qui lit.

DACTTLMxOGIE.

FuBiL — En feignant de se servir de cette arme pour abattre un animal.

Monnaie. — En imitant une personne qui compte de Fargent ; en même temps ils ouvrent de ^ands yeux , et hocbent la tète pour exprimer l'importance qu'ils y attachent. Sils veulent désigner la matière de la monnaie qu'ils ont en vue, ils en indiquent la couleur, en montrant une couleur semblable; et, pour en faire connaître la valeur, ils tâchent d'en indiquer le volume.

Grande Petit. — Pour le premier, ils élèveut la main et regardent en haut; pour le second , ils la baissent vers la terre, et leur physionomie exprime ordinairement le dédain.

Mauvais. — Ils ont l'air de déguster quelque chose, et de faire la grimace en branlant la tète.

Jolif Laid. — Il feignent de regarder fixement un objet, prennent un air satisfait en riant, et parcourent les côtés du visage avec la main, pour exprimer le premier; tandis que , pour le second , ils lont une légère grimace, en détournant un peu la tète.

Chaudf Froid. — Pour l'un , en recevant son haleine dans la main , avec un air de satisfaction ; pour l'autre, en soufflant sur les extrémités des doigts réunis , et en imitant une personne qui grelotte.

Nombres. — Ils montrent autant de doigts ouverts qu'ils veulent exprimer d'unités.

En grand. nombre. — Ils ouvrent successivement tous les doigts, rapidement et à plusieurs reprises.

Nuit , Jour. — Ils croisent les mains en les passant devant les yeux qui se ferment en môme temps; et, pour mieux exprimer leur pensée , u en est qui feignent de marcher a tâtons : c'est la nuit. Ils ouvrent de grands yeux, regardent autour d'eux avec un air de satisfaction et d'assurance : c'est le jour.

Le passé. — Tous jettent la main à plusieurs reprises par-dessus l'épaule.'

Jour (durée d'une révolution terrestre).

— En feignant de se coucher autant de fois qu'ils veulent exprimer cette période.

Foir, regarder. — Ils dirigent, en queloue sorte, le rayon visuel , au moyen de l'index el du médius, pour exprimer l'action de regarder; tandis que , pour celle de voir, les mêmes doigts partent de l'objet et se dirigent vers les yeux.

Acheter. — Ils feignent de compter de Targent, puis de le donner d'une main , et de recevoir quelque 'chose de l'autre.

Perdre. — Ils leignent de laisser tomber un objet, et de le chercher vainement.

Parler. — Ils tâchent d'imiter les mouvements d'une personne qui parle , et indiqaenty par le mouvement de l'index placé à la hauteur du menton , qu'il sort quelque chose de la bouche.

Entendre. — Ils dirigent l'index vers l'oreille, et tressaillent , comme pour marquer que nous éprouvons une sensation.

Avoir fam. -- Ils prennent un. air défaillant, entr'ouvrent désagréablement la bouche, et peignent les tiraillemeiits de l'estomac» f>ar les mouvements des doigts, placés sur a partie inférieure de la poitrine.

Être satisfait. — Leur visage s'épanouit , et ils passent à plusieurs reprises la main ouverte sur le cœur.

Être affligé. — Leur figure est triste, leur, air abattu; ils portent le poing droit sur la. cœur, en aspirant fortement.

Avoir oublié. — Us passent rapidement la main sur le front, haussent les épaules, et leur figure reste muette.

Se souvenir. — Ils prennent un air réfléchi, aspirent ensuite subitement, et portent l'index sur le front, de manière à l'y appuyer, assez pour relever un peu la tête ; leur figure s'épanouit.

Prenons maintenant quelques exemples dans les observations faites sur les sourdesmuettes.

Les meubles et les ustensiles prêtent à une foule d'interprétations diverses, selon qu'ils sont consioérés d'après leur forme, leur usage.

Pour représenter une chaise ^ les sourdesmuettes font le signe de s'asseoir, ou elles ajoutent celui de s'adosser, ou bien elles dessinent la forme en l'air , et v ajoutent celui de s'asseoir. Pour les meubles dont la forme est susceptible d'être changée, les signes diffèrent davantage ; chaque sourdemuette dessinera la forme qui lui sera connue, y joindra la couleur, qui varie encore : un secrétaire, par exemple , peut recevoir diverses configurations dont chacune présentera une idée individuelle à l'enfant qui sera tout étonnée lorsqu'elle apprendra qu'il n'y a qu'un nom unique pour désigner des objets qui lui avaient paru si distincts l'un de l'autre.

Pour présenter l'idée d'une plume ^ les sourdes-muettes emploient des signes différents; les unes se bornent à imiter l'action d'écrire, d'autres y igoutent la longueur d'une plume, d'autres feignent d'en tremper une dans une écritoire et d'écrire; ou font l'action d'en tailler une et d'écrire ensuite; ou, enfin, exécutent tous ces signes à la fois.

Les végétaux fournissent encore des signes différents pour les mêmes objets. Un arbre est désigne, tantôt par le signe d'un objet qui s'élève au-dessus de la terre à une grande hauteur, et celui de cueillir du fruit ; tantôt par son feuillase vert et les nombreuses Dranches qui siétendent, ou par l'omhre

S[u'elles répandent' et par l'action de s'y réùgier pour se mettre a l'abri des rayons du soleil.

Une pomme est tantôt représentée par sa forme ronde et l'action de la mordre, ou celle de la peler et de la manger après; tantôt par son coloris et son goût agréable.

Pour désigner une rose^ les unes font le signe de cueillir une fleur, y ajoutent la couleur et le parfum délicieux qu'elle exhale; d'autres en indiquent la couleur, en dessinent la forme, font l'action de la cueil-

Wl'

DICTIONNAIRE DE PAtMK»APHIE, ETC.

tir, den saTOurer Todeur, de l'attacher à leurs yètements; tantôt elles font tous cet signes successivement.

Les tmitnauœ fournissent un plus graiid nombre encore de signes divers.

Un chien est désigné tantôt par sa taille , sa forme, son habitude d'aboyer (que les sourds aperçoivent aisément au mouvement de la gueule : quelques-uns en entendent même le bruit); tantôt par sa fidélité à suivre son maître, tantôt par ^ manière de caresser, ou en lui faisant signe de venir, et en lui

résentant la main comme pour lui donner maneer.

Un chat y par le signe de ses longues moustaches, ou œlui de ses griffes et l*usage qu'il en fait, ou par sa forme gracieuse et la facilité ou'il possède de voûter son dos; ou bien elles le représentent guettant une souris, rattrapant et la dévorant; ou, enfin, le portant sur les bras, le caressant et faisant jouer sa queue.

Le chef>al est représenté par les unes , en dessinant sa forme noble , sa crinière ; par d'autres, en lui mettant une bride, rattelant à une voiture qu'il traineavecpeine; d'autres font le signe de monter à califourchon et de galoper.

Signes par lesquels les sourdes-muettes f sans s'être concertées, se trouvent cependant d'accord pour désigner le même objet par la même expression.

Aimer est exprimé par toutes, en portant

j9(M «tmer (car ta naine ne p connue de leur jeune cœur) est le même signe, en changeant Texpressiou de plaiiir en celle du d^Taiâir, et en ajoutant le signe de la négation qui se fiiit, par toutes, en se^ eouant la tète. Celui de V^iffirmcuion se fait en inclinant la tète devant soi, et la remet-» tant aussitôt dans la première position.

Le €0nttntemtniy le mécûnteniemmu , se peignent sufllsamment dans la physionomie; elles n'ont pas besoin de signes secondaires pour se faire entendre, et rexpression plus ou moins forte indique si c'est de la joie ou un simple contentement, du chagrin ou du mécontentement.

Une sourde-muette veut-elle dire qu'elle $nit , elle T)orte la main au front en expri-» niant la satisfaction ; qu'elle ne $ait pas^ elle portera tristement la main au front avec un signe négatif. Veut-elle parler de la ré^acion^ e) Te porte encore la main au front , et reste ouelques instants dans cette position , avec 1 expression d'une personne qui réfléchit.

L état de sûmmeil est marqué, par toutes, en fermant les yeux, et appuvant la tête sur une main, comme on Tappuie sur un oreiller : celui de la tàtifut^ en laissant tomber nonchalamment les bras le long du eorps. :

L'action de marcher est désignée par l'aotion elle-même; celle de manger ^ en feignant de mettre quelque aliment dans la bouche, de mâcher et d^avaler ensuite ; celle de jeter ^ en répétant le mouvement que cette action fait faire

Les observations d'après lesquelles ont été recueillis les signes dont nous venons d« présenter les exemples ont été faites sur les jsnfants amenés dans l'Institution de Paris. Les exemples qui suivent ont été pris, comparativement, le premier de chaque signe sur les sours-muets de l'Institution de Paris, les deux autres sur des sourd- muets observés dans les départements.

Montagne— V La main, la lace palmaire en bas, exécute, d'arrière en avant et de bas en haut, un S italique en serpentant

(Élève intelligent.) 2^ Les deux mains, la face palmaire en bas, se portent alternativement d'arrière en avant et de bas en haut ; ensuite on semble regarder devant soi le haut, puis derrière soi le bas de la montagne.

(Élève moins intelligent.) 3* Le même que le précédent.

Poisson. — l** La main, le bord extérieur eu bas , s'avance horizontalement , dans le champ antérieur, en serpentant.

2** On figure l'action cfe le saisir avec les deux mains , et de résister à ses efforts.

3** Le même que le précédent.

Oiseau. — V L'index et le pouce de la main gauche se touchent parleur extrémité, ensuite l'index de la droite soulève à plusieurs renrises celui de la gauche.

2" On figure l'action de plumer, en faisant comme si l'on arrachait des plumes sur le dos de la main.

3" On regarde en haut, et l'on imite avec les lèvres le mouvement que font pour l'appeler les personnes qui parlent.

Arbre. — 1" Le coude du bras droit" 8>ppuie sur la paume de la main gauche; son avant-bras est dans une position verticale ; ensuite les doigts écartés se remuent, pour imiter l'agitation du vent,

2* On représente l'action de l'embrasser, de grimper et de s'accrocher aux branches.

3^ Les deux mains ouvertes en demicercle marquent, en s'élevant verticalement, la forme et la direction du tronc, ensuite elles s'éloignent l'une de l'autre ; il en résulte une attitude qui a du rapport arec celle de l'arbre; les bras représentent les branches, et le corps le tronc.

Vin. — 1** La lettre initiale du mot Hn , représentéepar l'alphabet manuel, s'applicfue «t tourne sur la joue, comme pour en em^ prunier la couleur;

S* Une nsaiu semble ouvrir un robinet , l'autre ayant la forme d'un verre reçoit la liquide, puis le porte à la bouche eomme pour le boire.

3° On porte à la bouche la main arrondie en forme de verre , ensuite on repréMute l'ivresse.

Chtnal. ^ 1** Les deux mains, plaeées de chaque c^té de la têt#, se remuent d'arrière en avant pour imiter le mouvement de »es oreilles.

2° On lève un pied par derrière, ensuite on figure l'action de donner dessus quelques coups de marteau*

3^ On représente le galon par to iii#ye«

PACTTLOLOeiE.

Sl§

des deux mains qui se portent à plusieurs reprises rapidement en avant.

Cfttm. — i* On se frappe plusieurs fois sur U cuisse ayee la main, comme quand on rappelle ou qu'on le caresse.

7 On porte la main en ayant, en faisant . glisser le pouce sur les autres doigts, comme . quand on lui donne quelque chose, et en imitant le mouyement de nos lèvres quand nous rappelons.

9" On remue les m&choires pour imiter Taboiement.

Lait. — l'* Une main prend Tindex de l'autre, ensuite elle la l&cne après un léger effort.

9r Les deux mains représentent Faction de traire.

^ On représente l'action de boire une lionenr douce et ensuite celle de donner de 1 argent.

Soleil. — 1* I^a main se porte au-dessus des deux yeux, comme quand on veut les garantir <rnne lumière trop vive.

2* Une main se dirige vers le ciel, et décrit un petit cercle, ensuite on affecte d'être ébloui

3* La main se dirige vers le ciel, et l'on regarde dans la même direction, les yeux à demi fermés.

Lune. — 1* Le bord intérieur de la main descend depuis le front jusqu'au menton, ensuite l'index décrit un cercle autour du yisage.

â^'La main, dirigée vers le ciel, décrit un petit cercle, ensuite la tête se penche de cAté sur la main en fermant les ^eux.

9^ La main se dirige vers le ciel , ensuite on tâtonne en fermant les yeux.

Nuit. — f Les deux mains se croisent en passant devant les yeux.

9r Semblable à la dernière partie du signe précédent, n** 2.

3* Semblable & la dernière partie du signe précédent, n* 3.

Ifoir. — !• On passe le doigt sur le sour-

ir On montre un objet noir.

dr IdeHL

R&uge, — 1* On touche avec le doigt la lèvre inférieure,

&* On montre un objet rouge.

8* Idem.

Chaud.— VOn. reçoit Phaleine dans le creux de la main.

9r On remue la main, comme quand on se brûle.

3° Idem.

Froid. — 1* On dirige le souffle sur la peinte des doigts réunis par leur extrémité.

2* On calotte.

8* Idem.

Miroir. — 1* On a Tair de se mirer dans «ne main.

3* Idem*

8* Idem.

Penser. — !• LMndex exécute sur le mi- Meii du froiH plusieurs petits cercles.

2* et 3* On n'^oute aucun signe de k gMdn à ceVul de la physionomie.

Aimer. — l"" La midn drmte presse doucement l'endroit du cœur.

2° et 3** Même observation qu'au signe précédent.

Actions. — 1* Chacune a son aigse qui n'en est qu'une sorte de répétition.

^ et 3° Mêmes signes, mais moins exacts.

Homme. — 1° Les deux mains ouvertes en demi -cercle descendent parallèlement et symétriquement le long des côtés.

2** et 3*" Les deux soiufds-muets articulent le mot pqpa, qu'ils donnent à tous les hommes.

Mous rapportons ici un exemple curieux

Sie nous trouvons dans Arnemaun, Kleine eobachlungen Uber TaubslUmme; Berlin, 1799 (I Th., p. 92) ; c'est le seul que nous ayons pu renconter dans tous les ouvrages publiés sur l'éducation des sourdsmuets, où se trouvent reproduits les signes mimiques que ceux-ci instituent livres à eux-mêmes. Arnemann avait eu successivement six élèves, et voici les signes employés par eux pour trois expressions, «r Première expression : pour désigner Yabeille^ Carie fait le signe oe miel; lean-Carie-Vilh., celui de la cire qu'elle nous procure ; Jean- Carle-Frédéric Voisfram la désigne par la piqûre ; Carle-FerdinantdeS., au contraire, porte la main derrière l'oreille gauche, parce

3ue cet insecte l'a une fois piqué à cet enroit. Pour indiquer le Dimanche^ l'un tient les mains hautes; le second les joint; le troisième tient les deux mains étendues l'une contre l'autre, et fait comme s'il lisait dans un livre, en remuant les lèvres; le quatrième fait le signe d'une perruque ronde, d'une soutane et d'un collet; le cinquième indique les ornements pontificaux ; le sixième tient le chapeau devant le visage, et montre ainsi, comme l'appelle chaque sarçon, la mélodie du pater^ etc. Moi-même f ai autant de signes différents que j'ai d'élèves : Carie me désigne par un emplâtre au cou, que j'avais lorsqu'il vint à Tlnstitution; Frédéric, en étant le chapeau; Ferdinand, par ma taille ; Wilhelm, par l'enseignement; Hannchen, en appuyant la main gauche sur la hanche, attitude qui ne m'est pas propre du tout, que cependant, peut-être, j'ai tenue une fois a mon insu ; Valchen, en descendant riiidex de la main droite le long du nez, sans doute parce que je n'ai pas un nez camus, mais un nez droit. »

Terminons par quelques exemples des signes que les sourds-muets inventent entre eux, sans que le maître concoure à cette invention, c'est-à-dire que les sourds-muets nouvellement arrivés dans l'Institution de Paris reçoivent de leurs compagnons d'infortune, comme tradition qu'As conservent, et qu'ils ne tiennent pas de leurs maîtres.

A la naissance de l'établissement» les ieunes sourds-muets, à peine réunis, ont fait un échange mutuel de leurs signes; leur langage s'est enrichi du tribut de chacun ; ils Pont étmdu entre eux, et les nouveaux signes ont été inventés sans le eoneemrs del

MCTIONNAIRE DE FAUOGRJUVIE, ETC.

Ht, den sawarer Todeur, de l'attacher à leurs ?fttement8; tantôt ellM font toas «a» sinies sBccessiTement.

Les animoHx fournissent nn pws graùd nombre encore de signes dirers.

On chien est désigné tantôt par sa tail'- SB forme, son habilnd" H'«hoTer Itr sourds aperçoivent aise de la gueule : cpielqO Bême le bruit); tantôt { son maître, tantôt par M ou en )ni faisant signt

résentant ta main cor manger.

Un chat, par le a*taches, ou oelui^ .' en fait, ou pa»" *~cihté qu'il p* ■' ,; bien elles i' ; r: "^ ris, l'attf portant jouer

'J'..n.fet '^f. oressent. d.

I^ obswYti" ..^^1, la droite en avant recueillis i-- ^'^^is en forme de griffes. P^*"*' x:^i^ '""^ ""'"^ \JiimsA la *"'' .*^ v:;^S**i' essuyer la bouche.

^■"I^j^i^j^-^ Signe de dur, signe de rond. •''■^^'^^■^ Signe de jaune; la main '^•'.-■'y- -^j^ doigts reunis par le bout, tourne '^m^jSûW '^^ '" l^ouche , comme pour marquer ;V //^itofements de la moutarae. ■^ Oteiile. — L'index et le médius de la main ' droiie, collés l'un contre l'autre, frotent les deais.

Asperge. — L'inaex de la main droite semble se tourner dans delà sauce, puisil se porte à la bouche et glisse entre les deux lèvres.

Eou-de-eie. — L'indei de la droite gratte la gorge, pour indiquer les picotements de cette liqueur spiritueuse.

Jardin au roi. — Signe de jardin , et sl- ;ne d'oiseau, en portant l'index droit à l'inlex gauche, comme lorsqu'on veut exciter

''C^îi'éd'"^ '^"ambiant de scier du un oiseau à ouvrir le bec' (227).

%^''iw ^''-^e delea, en imit^ult, Bouc.— La main droite descend depuis le

^^''■fûii''''''^^Sàoiglsdesd.e]xi.nia.ins, menton pour indiquer la barbe; puis, l'in-

.V et' ...aBni" ... dei et le médius éc-artés en forme de comeSt

i>"''^^iîté''^"'^Afat mains concaves, les elle se porte au front. ^Xf^"- ^^riei-oiU se touchent par '" ' -" ' - """ flréaa^rL , 'éloignent l'une de l'a

Loup. — La main droite concave, avec

■^ifTéi'O^ ^gt's'éloigneût l'une de' l'au- les doigts un peu évasés vers la bouche, -s'é*

fjai <^^ ''"'^ eiio^ séparaient des copaux. loigne de la figure en réunissant les doigts

^ coio^ Les deux mains étendues en pointe , pour représenter le museau de

C^'T'^J une toiture, et imitent la Join- cet animal.

lep'^^" nièces , en mettant le bout du mé- Les deux mains, dans une position ho-

ta^^^^iieatrel'iadeietlotaédiasgaaches, rizontale, l'index et le médius collés l'un

diu^ Cire droit entre le médius et l'aniiu- contre l'autre, se portent tantôt à gauche,

^''■'^"aaaches, etc. tantôt à droite ; la tôte et tout le corps suit

^"f-i^ne. — La main droite, comme si elle ce mouvement, pour imiter l'allure du loup,

^jjune canne, imitfe le mouvement qu'on Eléphant. — Le bras droit seporte eu bas,

ir^cule. en décrivant une spirale, et imite la trompe

parapluie. Les de.ux mains semblent tenir de l'éléphant, lorsqu'elle prend du foin et le

uD parapluie ; j^uis la main droite fait le porte k la bouche.

sisiie de la pluie, et se porte rapidement en Prison. — Signe de maison; les deux

dehors, la paume étant renversée, comme pour éloigner la pluie.

Chaîne. — L'index et le pouce de ladroite forment, avec l'index el le pouce de la gauche, deux anneaux de chame qui se tiennent.

Epingle. — L'index de la droite représentant une épingle, semble se piquer dans la manche du bras gauche.

Elui. — La main droite, les doigts collés, entoure l'index de la gauche, et imite l'action d'ouvrir un éti '

poings se mettent en croix l'un au-dessus de loutre, comme lorsqu'on a les mains liées ; les sourds-muets se bornent môme à ce dernier signe.

Bicétre. — La main droite, les doigts courbés , gratte le ' revers de la gauche étendue verticalement, les doigts à' droite.

Ternis. — La main droite, les doigts réunis, se porte aunez, et de là au coeur, pour marquer que celte odeur soulève le cœur.

1,2, 3, etc., sous. — On lève I, 2, 3, etc., doigts, et on les courbe rapidement et à plu-

Drap. — Les deux mains se lèvent , sieurs reprises ; le poignet exécute un léger

comme pour prendre une pièce de drap, mouvement de rotation,

puis semblent le tfller pour en connaître la 1, 2, 3, louis. — On lève i, 3, 3 doigts,

qualité. puis l'index et le pouce louchent le bout de

CAandeHc. — L'index droit se porte à la l'oreille, en signe d'or,

bouche qui soulBe dessus, et imite l'action Serré. — Les deux mains fermées sepres-

de descendre et de lever rapidement une sentl'unecontrel'autre; lescoudespressent

chandelle qu'on vient d'éteindre, pour la les flancs ; la physionomie exprime la gône.

rallumer. Seul. — La main droite fermée, avec le

Chenet. — Signe de fer, puis celui de pouce levé, se porte avec force de gauche à

lion (226), qui se fait en portant avec force les a droite pour attirer l'attention.

{S26] Dn particulier an g^éral ; les élèves ont vu paNia(l»ité qui lenr a servi de regard, di rappel.

les cbenelB représentant des lloni : c'est une (SS7) De la parUe au tout.

DACTYLOLOGIE

Egal. — Les deux index se collent Tun contre l'aare.

Différent. — Les deux index, collés l'un contre Tautre, se séparent promptement.

Malade. — L'index et ]e médius de la main ^roite, collés l'un contre l'autre, frappent

plusieurs reprises le pouls, pour marquer

fièyre ; la figure exprime la langueur.

Tésobéissant. — Le coude du bras droit se ^ève rapidement, comme pour résister à Dersonne qui vous prend par le bras.

^n colère. — La main droite ouverte, avec les doigs écartés, en crochets et tournés contre le cœur, exécute rapidement, et à

f>Iusieurs reprises, un mouvement de bas en laut , près du cœur, comme pour marquer le sang qui s'agite.

Dur (qui conçoit difficilement). — L'index se porte au front; puis le second osselet du méilius droit frappe sur un os de la main gauche.

Faux. — L'index droit passe transversalement devant la bouche.

Jaloux. — L'index droit se met entre les dents incisives; la physionomie exprime l'envie.

Malin. — L'index droit se porte au front, en y appliquant son extrémité, et tourne sur «ui-méme; les sourcils se contractent; les yeux, demi fermés, expriment la malice.

Prompt. — La main droite courbée, avec les doigts collés, passe rapidement et à plusieurs reprises sous le menton*

Neuf. — La main droite s'élève rapidement derrière la gauche étendue verticalement, les ddijgts tournés à droite.

Délicieux. — Les doigts de la main droite passent devant la bouche, en remuant; la langue semble les lécher; puis la main se porte rapidement en l'air.

Orgueilleux. — La main droite, avec les doigts écartés', la paume en dehors, se lève le long du cœur; en même temps la tète se lève avec fierté.

Gagner. — La main droite ouverte se porte en avant, comme pour prendre quelque chose , se ferme et revient par une courbe, comme pour se mettre dans le gousset.

Perdre. — Les deux mains, fermées à la hauteur de la poitrine, se jettent en avant, en bas, en s'ouvrant.

Acheter. — La main droite donne de l'argent, tandis que la gauche se ferme, comme pour prendre quelque chose, et se retire.

Vendre. — Les deux mains, élevées à la hauteur de la tète, s'agitent comme font les marchands qui. tenant un mouchoir par les deux coins, le secouent puur attirer le public.

Conduire. — La main droite fermée se porte horizontalement de droite en avant, comme si elle conduisait quelqu'un par le bras.

Prêter. — Les mains fermées se portent alternativement en avant et en arrière.

Avertir. — La main droite touche plusieurs fois l'avant-bras gauche.

Reeter. — Le pouce droit s'appui transversalement sur le pouce gauche.

Sortir.— lA main gauche étendue est dans une position verticale,* la paume en dedans; la main droite, étendue aussi, s'applique contre la paume de la gauche; les doigts paraissent en dessous.

Partir. — Comme le précédent; mais le mouvement de la main droite est plus fort.

S'enfïiir. -— Comme celui de sortir; mais la mam s'applique, à plusieurs reprises, et avec vivacité; la tète est tournée a droite, comme si elle regardait quelqu'un qui serait derrière elle; la physionomie exprime la crainte.

Finir. — La main droite étendue, avec le revers en dehors, dans un plan vertical, se porte rapidement de haut en bas, derrière la main gauche , étendue aussi et dans une position semblable, les doigts dirigés seulement en sens contraire.

Obéir. — Les deux mains ouvertes , avec la paume en haut, les doigts étendus, se portent en avant en descendant; en même temps le corps suit ce mouvement, et la tête s'incline.

Oublier. — La main droite étendue passe sur le front; la physionomie exprime le vague.

Se tromper. — La main fermée, à l'exception du pouce et du petit doigt, se porte rapidement sous le nez, et la tête se porte en arrière.

Se moquer. — Les deux mains ouvertes»

avec la paume en haut, les doiRts écartés, l'une devant l'autre, se portent, à plusieurs reprises , en avant , en baissant. La physionomie exprime le dédain.

Avoir honte. — La main droite frotte la joue droite avec le revers, la tête est inclinée, et les yeux se baissent ; la physionomie exprime la confusion.

Etre convaincu^ de manière à ne plus avoir rien à répondre. — La main droite, les doigts collés et courbés , à l'exception du pouce ,

3ui est écarté des autres doigts, le revers en ehors, se porte avec force , de haut en bas, le long de la poitrine ; la bouche est à demi en tr'ou verte; la physionomie reste immobile d'étonnement.

Etre surprie. — La main droite s'applique à plat sur le bas de la poitrine; le corps se penche en avant, et la physionomie est 'te même que pour le signe précédent.

* Cela ne me regarde pa$. — Les deux mains, le revers en dehors. Tes doigts collés et tour* nés en bas, touchant la poitrine par le bout, s'en éloignent rapidement, en élevant le bas des mains, et en écartant les doigts, comme pour repousser quelque chose; les épaules se haussent légèrement; la physionomie exprime l'insouciance.

Lorsqu'un sourd-muet en tourmente un autre, qull s'acharne contre lui, et en dit du md, celui-ci , en s'en plaignant au maître, ne manque jamais de lui faire ce signe : il dirige nndex vers celui dont il se plaint, puis il porte rapidement et à plusieurs reprises la main contre sa poitrine ; ce signe répondi à peu près à ces mots : H t$t toujourê

DICTIONNAIIIE DE fALBOGRÂPHlE. ETC.

d ma poursuiUy il me (ourmenie^ il ne f>eut pas me laisser tranquille.

Pour témoigner du dégoût pour quelque chose. — La bouche à demi ouverte; la lan-

Î;ue, appuyée sur la lèvre inférieure, exprime a fadeur; en même temps, la main droite ouverte, les doigts écartés, le revers en dehors, porte rindex sous la lèvre inférieure, et de là sejette en avant, comme si on jetait de la salive sur quelque chose.

Vous portez-vous\hien? — La main droite tâte le pouls; puis elle s'applique sur la bouche, et s'en éioïgne en baissant; la physionomie exprime le doute ; les yeux regardent la personne k qui Ton s'adresse, comme pour attendre sa réponse.

Nous deux ensemble. — La main droite fermée, excepté le peuce et l'index, qui sont fortement écartés, dirige l'index vers la personne à qui Ton s'adresse , puis le pouce contre la poitrine de la personne oui parle; puis les ^6ux pouees levés se collent l'un oontre l'autre, et se portent en avant sur un plan horizontal.

Pour peindre V immobilité de quelqu'un. —

Lindex s'applique verticalement sur )a bouche entr'ouverte, la tète étant immobile.

Pas encore. — La main droite fermée frappe à plusieurs reprises avec le pouce sur le menton

Lorsqu'un élève est puni ou qu'il lui arrive quelque autre malheur, et qu'un de ses camarades se réjouit de ce qui lui est arrivé, ce dernier imite l'action de jouer du violon ; ce signe répond à peu près à notre expression c'est bien fait.

Un élève voit-il un de ses camarades s'efforçant en vain de soulever un poids, ou de faire quelque autre chose, ou témoignant seulement Tintention de faire quelque chose au-dessus de ses forces, il lui fait le signe suivant : il porte rapidement l'index à travers la bouche de droite à gauche, ce qui signifie : Tu n'y peux rien.

Il n'y en a plus. — La main çaucbe étendue est dans une position horizontale; la main droite étendue, à une certaine distance Au-dessus de U gauche, le tevers en haut^ descend jusque sur la gauche.

IIL OOVPARAISOfl DES SIGNES MIMIQUES DES SAUVAGES DU ffOED-OUieT DB L* AMERIQUE ATVC

CEUX DES sotnns-MUETi (228).

Ce parallèle peut offrir aux observations du philosophe un sujet aussi neuf que curieux; on aimera peut-être à eh trouver ici quelques éléments. M. Akerly a comparé les signesdes sauvages à ceux qui sont employés dans Tins ti tut des $ourds-muets de New-York, d'après les exemples de l'abbé Sicard. Nous les comparerons ici, 1** à ceux que les sourds-muets inventent eux-mêmes et apportent à leur entrée dans notie Institution; 2' aux signes artificiels ou méthodiques obtenus par la réduction, qui sont employés dans notre Institution. Pour abréger, nous désignerons oeux des eailvages américains par la lettre A.; ceux qui sont propres aux sourds-muets par S.-M.; oeux de réduction par R.

Pierre, [A.]— La main droite fermée donne plusieurs petits coups sur la gauche.

[S.-M.] Deux signes différents. — Le premier signe se fait en représentant la rondeur d^une boule : on figure un cercle avec les deux mains ouvertes, et on feint de la lancer en Tair. Deuxième signe : imiter l'action de celui qui taille les pierres, et superposer alternativement les deux mains lune sur le revers de l'autre, pour imiter l'action de hâtir.

[R.] — Comme le signe des sauvages.

Eau [A.]— La main formée en creux, élevée vers la bouche, passe un peu en avant, eans toucher la bouche.

[8.41.] -^Vo^ez 2, col. 802.

[R.] — Siçne de pluie et de boire.

Cheffol. [A.] *- La main droite , le bras tourné en bas, les doigts joints, le pouce en repos, s'élend en avant.

[S.^.] — Voyez 2, col. 302,

[R.] — Foyes2, col.302.

F^. [A.] Les deux mains à moitié fermées ae portent près de la poitrine, ensuite s'éloi-

gnent et se rapprochent l'une de l'autre. Les doigts s'étendent, et les mains un peu plus séparées font un mouvement comme peur imiter la crainte de la flamme.

[S.-M.]— Ils imitent les mouvements d'une personne qui met un genou en terre peur se chauffer; ils avancent la main^ puis la-retirent promptement en secouant les doigts, comme s'ils ressentaient une brûlure.

[R.]— Signe de rouge ; puis les deux mains rapprochées, les doigts courbés en haut, se lèvent et s'abaissent l'une après Tautre, em agitant les doigts, ponr imiter la mobilité de la flamme.

Air. [A.] — La main droite levée perpendiculairement et portée en avant, avec un mouvement de vibration, en cassant deyant la figure.

[S.-M ] — Agiter l'air devant la bouche en respirant fortement.

[R.] — La main droite étendue Verticalement,)le revers en dehors, imite le mouvement d'un éventail devant la bouche qui soufile.

Froid. [A.] (Sensalion de flroid.) — ■ Le signe d'air; mais la main droite fermée, tenue yis-à-vis de l'épaule en imitant un tremblement.

S.'M.] — Voyez 2, col. 80», n» 9.

R.] — Voyez 2, col. 309, n" 1.

Printemps. [A.]— Lesignede/*roid,ancpiel on «Joute celui d'achevé. {Voir ci-après.J

tS.-M.] — N'a pas été reconnu ebex.eux.

[R.]— La main droite, les doigts réunis

i)ar leur extrémité, sort plusieurs fois entre e pouce et les autres doigts de la main ^uche, en s'ouvrent pour Indiquer la végétation; l^rge^ grand. [A.] — Les deux mains ouvertes, placées de chaque c6té du corps, font un mouvement en avant.

(22S) Par M. DsotRàNBO, De VéducatUm det sourds-muets^ t. II, p. 205«

Sff

DACTYLOLOGIE

[S.^.l ^Les deuc maijis placées en avant oe chaque côté du corps s'écartent par uo mouyement subit»

fR.J — Idem.

Yotr. [A.] — Llndex partant de Toril se dirige vers Tobjet.

[S.-M.l — Idem.

[R.] — Idem.

Clair. [A.] — Les mains éltrées et étendues s'avancent toutes deux en partant du visage.

[S.-M .] -— Ouvrir à la fois les'deux mains et les deux yeux.

Ihmmr ou wuU, [A.] — Les yeux fermés, la tête inclinée sur la main. (Le signe se ré pète autant da fois qu'on veut marquer de nuits.)

[9.^.] — Idem pour dormir , et peur nuit, eoyez a, col 903, SOS.

[R.] — Les doigts écartés, courbés et dirigés vers le haut de la figure» descendent en se réunissant par leur extrémité ; les yeux se ferment et la tôte se laisse tomber en avant. Pour nuit, voyez 2, col. 999, n* 1.

Lune. [A.] — Le pouce et le doigt formant un crochet, sont élevés vers l'oreflle.

ÎS.-M.I — Voyez % col. 309. n»" 2 et 9.

[R.] — Voyez ibid. n* i.

Mois. [A.] — Signe de la lunaison.

rS.-M.] — Un de ces élèves porte l'index collé avec le pouce au col de sa chemise, pour marquer qu'on en change le dimanche ; puis il compte autant de dimanches qu'un mois en contient.

fl.] — Le ponce de la main droite parcourt, de haut en bas, la longueur de lamain étendue Dour figurer un calendrier.

Ackew, fait. FA.] — Les deux mains parallèles Tune à 1 autre, perpendiculairement dans le sens de leur larseur, la droite en avant , imitent i'actien de couper quelque chose.

S.M.] — Idem.

R.] — Idem.

Maison y lo§e. (A.]— -Les deux mains se touchent, les doigts en haut, en figurant un toit.

[S.-M.] — Toyez 2, coî. 808.

[R.] — Comme le signe des sauvages.

Homme. [A.]--Le doigt levé Verticalement.

[S.-M.] — Signe d0 grand, auquel certains d'entre eux ajoutent celui de barbe.

[R.]— Foyej^S. coLSOS.

Mort. [A.] -^ L*index se jette de la position uerpendiculaire dans la position horizontale, vers ia terre, le revers de la main en bas.

[S.-M.] — Us laiçsent tomber leurs bras; la tôte se penche sur l'épaule droite, les yeux à demi fermés restent immobiles» et la bouche est entr'ouverte»

(R.]~ La nMân droite en descendant, trace nue croix en avant du corps.

Frire. [A.] — Siene d'Aomme; placer en- OTdte dans ia bouche la bout de l'index et . d« médius ensemble.

[S.-M.] — Les deux index joints l'un à rautre.

[R.] — he précédent, accompagné du signe masculin.

Crainte , être efftayé, causer de T effroi. [A.] — Les deux mains tournées vers les côtes, les doigts ouverts , se tournent ensnite en dehors en tremblant, comme pour représenter le cœur qui tremble.

[S.-M ] — Ils tournent la tète du côté gauche, et tressaillent comme s'ils apercevaient an animal dangereux ; la physionomie achève le reste.

[R.J — Les mains tremblent, ainsi que le reste du corps. Si Ton veut exprimer causer de V effroi, on ajoute le sisne, en jetant la main fermée en avant, et l\)uvrant.

Bon. [A.] — La main, placée horizontalement, le revers en dehors, décrit avec le bras une courbe horizontale extérieurement.

[S.-M.] — La main étendue s'applique sur la bouche, puis s'en éloigne.

[R.] — idem.

Joli. [A.] — Signe de èen; les doigte et le pouce , se réunissant en forme de courbe,

Sassent sur la fi^re, en la touchant presque epuis le front jusqu'au menton*

[S.-M.] - royssS, col. 303.

[R.] — Idem,

Vérité. [A»] ~ L'index, dans la position d'indiquer, trace une ligne un peu courbée dans le haut, à partir de la bouche, et se dirigeant droit devant soi ; les autres doigts soigneusemen t fermés.

[S.-M.] — N'a pas été reconnu chez eux; mais ils emploient une affirmation plus orononcée par un mouvement de tète.

Mensonge. [A.] — L'index et le médius répètent deux ou trois fois le siçne précédent ; mais, réunis à la bouche, ils se séparent, en s'éloignant pour indiquer que le âiot dévie.

[S.-M.] — N'a pas été reconnu chez eux.

[R.] — L'index horizontal passe devant la bouche de droite à gauche.

Non, rien, je n'ai pas. [A.] — La main, la

{)aume en dehors , passe et repasse devant a figure.

[S.-M.] — On secoue la tète.

[R.l -— Pour non, on secoue la tête; pour rien, le pouce et l'index prennent le bout des dents incisives et s'en détachent avec force. Four je n'ai pas, on souffle sur le plat de la main qui passe devant la figure de droite & gauche.

Maintenant , présentement, [A.] — Les deux mains formant chacune un creux, se réunissent l'une à côté de l'autre et se meuvent de haut en bas,

[S.-M.] — Idem.

[R.] — Idem.

Beaucoup. TA.] -^ L'intérieur de la main droite frappe légèrement aplat sur le verers de la gauche, et ce msouvement'se répète en proportion de la quantité i4us ou moins grande.

[S.-M.] (volume.) — La main droite ouverte, le réversion haut» s'éloigne de la gauche en mentant; les joues se gonflent.

(Quantité.) Les doigts des deux mains s'ouvrent è plusieurs reprises.

DIGTIONMÂIRE DE PALEOGRAPHIE, ETC.

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