Acjjectif
Nota. Le signe de beau consiste à passer légèrement plusieurs fois le bout des doigts de là main droite sur la gauche, et en pre-
PALEOORAPHIE, ETC. 9»
nant, dans son regard et dans touie sa figure un air de satisfaction et de plaisir.
(Institution de Paris.) La main droite, ouverte à la hauteur de l'épaule gauche, se Eorte à droite en s'élevant autant gue le ras peut s'étendre. La physionomie exprime l'admiration.
Régner. — (M. Jamet.) 1" Tandis que la main gauche parait tenir le sceptre, le bras droit s'élève horizontalement, et la main ouverte s'avance de gauche à droite, comme pour marquer la puissance souveraine. On prend en même temps une attitude imposante.
^ Signe du mode indéfini.
(Institution de Paris.) Les deux mains, portées en avant et fermées comme si elles tenaient des rênes, semblent l'une après l'autre les lâcher et .les tirer alternativement. L'attitude est imposante.
Obtenir. — (M. Jamet.) 1" Signe de la préposition et du verbe tenir.
^ Signe du mode indéfini.
Nota. Le signe de la préposition se fait en baissant la main ouverte, la paume vers la terre, et la relevant en allongeant d'abord le bras, le raccourcissant ensuite de manière que le bout des doigts décrive un demicercle vertical.!
i (Institution de Paris.^ La main droite renversée s'avance en baissant; puis, se relevant en décrivant une courbe, elle reyient rapidement contre la poitrine en se fermant.
Objet. — (M. Jamet.) V Signe de la préposition et du verbe jeter.
2** Signe de nom commun.
(Institution de Paris.) Les yeux regardent fixement l'intérieur de la main qui se présente devant la figure.
Naturel. — (M. Jamet.) !• Faire le premier signe du mot nature.
2* Signe d'adjectif ou de nom commun, ' suivant l'acception de ce mot.
(Institution de Paris.) Après avoir fait le signe de Dieu, la main descend en imitant Faction de donner.
Regretter. — Par une rencontre singulière, le signe du verbe regretter est le même chez M. Jamet et dans l'InstitutiDn de Paris.
l*" On joint fortement les mains et on les presse contre le côté droit de la poitrine, tandis que les yeux se portent tristement vers le ciel, du côté gauche.
2<^ Mode indéfini.
On y ^"oute seulement, dans llnstitution de Paris, le signe de douleur^ en roidissant le Doing autour du cœur.
On ne fait pas le signe de mode indéfini.
Se résigner. — (M. Jamet.) On baiseZla main gauche, tandis que la droite fait le signe de Dieu.
(Institution de Paris.) On fait le signe de Dieu; puis les deux mains renversées se portent en avant en baissant, et le cprps suit ce mouvement en signe de soumission.
Magistrat. — (M. Jamet:) V La main gauche ouverte s'élève à la hauteur de la tête, la paume en avant, tandis que la droite
DACTYLOLOGIE
luonlr.^^ tic rinJei, celle main qui représente la loi;
!2* Signe de nom personnel.
(Institution de Paris.) L'index droit indique la paume de la main gauche étendue verticalement, pour représenter la loi ; puis les deux mains imitent le mouvement d une balance, pour signe de juger.
Souverain. — (W. JametJ 1" La main gauche se porte sur la garde de l'épée, pendant que la droite, ouverte, s'avance de gauche à droite, horizontalement, et à la hauteur des yeux ;
2* Signe de -nom personnel.
Dans l'Institution de Paris, on retranche seulement ce dernier signe.
Les signes de théologie, dogme, érlore, sont aussi les mêmes dans le système de M. Jamet et dans lapratigue de rinstitution de Paris, avec la seule différence que, pour les deux premières expressions j M. Jamet ajoute le signe de l'abstraction , que nos sourds - muets suppriment^ suivant leur usaçe.
Si l'on prend la peine de ranpfoelior les exemples que nous venons de présenter dans cette notice, on aura en quelque sorte l'abrégé d'une histoire entière du langage mimiaue des sourds^muets, dans toutes les
Sériodes successives de son développement, epuis les premiers signes imaginés isoléjnent par le jeune sourd-muet qui n'a en-
core reçu aur^un secours de Tinslruc lien, ni même entretenu de commerce avec les enfants atteints do la même infirmité; depuis ceux qui ont été adoptés en commun par ces mêmes enfants, an moment de leur reunion, et ont formé ensuite c>omme la langue conventionnelle d*un petit peuple de sourdsmuets adolescents, jusqu'à ceux qu! sont institués phis tard par le concours des instituteurs et des éièveS, par la réduction elliptique des descriptions mimmucs, jusqu'à ceux enfin qui sont fermés parla seule créalion de l'instituteur, soit dans les signes grammaticaux des abbés de l'Epée et Sicard, soit dans les signes de rappel de M. l'abbé Jamet.
L'histoire du langage mimique, qui commence aux inspirations naïves, irréfléchies et spontanées de la nature, qui se lermino aux combinaisons de I art guidé par les lumières de la philosophie, offrirait par ellemême un haut degré d'intérêt pour Télud^î expérimentale des facultés de 1 intelligem e humaine, en nous faisant connaître par cruelles voies, par quels efforts la pensée «Iç 1 homme tend à se produire, à se déployer au dehors d'une manière progressive, 5« frayant passade, et laisse son empreinte sur la matière qu elle peut saisir pour y déjwsf r son image. Elle offrirait aussi quelques indices précieux sur les révolutions qu'ont pu subir nos langues conventionnelles.
Vit. EXEMPLES DES SIGNES UltflQVES DE RÊDLCTION USITÉS DANS L*INSTITLT ROYAL DE PABIS (234).
Le langage des signes mimiques, employé dans rinstitution de Paris comme moyen essentiel d'enseignement et de traduction, langage inconnu jusqu'à ce jour, non-seulement au public, mais aux autres établissements de sourds-muets, est d'un si haut intérêt dans l'histoire de l'art, il est en même temps d'une si grande importance dans Texamen des questions relatives au mérite respectif des différentes méthodes, qu'après avoir indiqué dans ce chapitre comment il s'est formé par des réductions et des ellipses, en le comparant aux descriptions mimiques de la Théorie des signes de Tabbé Sicard^ dont il est comme un résumé, il nous parait nécessaire d'en donner une idée plus complète encore par d'autres exemples.
A cet effet, nous présenterons d'abord, comme un extrait ou un spécimen du voca- Nulaire mimique en usage dans notre Institut, un choix de signes de réduction pour la nomenclature. Nous essaierons ensuite de retracer, en langage mimique, Voraison dominicale tout entière, telle que lessounls* muets la récitent chaque jour dans leurs prières, afin de montrer comment se construit une proposition, un discours entier dans ce langage, et suivant le génie qui lui «st propre.
(Quelque soin que nous ayons apporté à peindre fidèlement ces signes, d'après la manière dont ils sont exécutés par les élèves do notre Institut , nous n'avons pu donner
(234) Degéranw), ouvrage cité^ 1. 1", p. 579.
JDlICTJONN. DE PaLEOGRAPOIE, CtC
à celle peinture toute l'exactilude que nous aurions désiré, parce qu'il est, dans ce langage rapide, plusieurs expressions qui peuvent écnapper au spectateur, ou qui se refusent h une description expresse, comme sont celles qui appartiennent au regard et au jeu de la physionomie.
Signes de réduciion pour la nomenclature.
N. B. Nous avons choisi le polit nombre d'exemples qui suivent dans trois ordres de signes dinércnts : ceux qui expriment des idées familières des notions morales et dos notions inlollccluelies.
Nous devons répéter encore, en celte occasion, que le langage mimique des sourdsmuets a plusieurs signes différents pour le même mot de nos langues , lorsque ce mot a (les acceptions diverses, et même lorsque son acception principale vient à se modifier suivant les circonstances.
Sicard avait coutume d'ajouter, au signe mimique de réduction, qui représente l'idée en elle-même, un second signe grammatical, en forme de terminaison, qui désignait la fonction du mot correspondant dans notre langue, comme sub^antif, adjectif, verbe, etc. ; mais les sourds-muets, dans leur usage habituel , n'ont point conservé ces suppléments; ils n'emploient que le radical seul, sans s'embarrasser de la fonction grammaticale que remplit, dans le discours, le mot correspondant. Nous nous
conformons ici au tangage que les sourdsmuets emploient entre eux.
Pour juger comment ces signes de réduction ont été tirés des descriptions mimiques, il faut les comparer aux descriptions, telles qu'elles sont renfermées dans la Théorie des signes de l'abbé Sicard. Nous aurions désiré épargner au lecteur la peine de faire ce rapprocnemenl, en mettant ici les termes de com{)araison sous ses veux; mais les descriptions mimiques de I abbé Sicard ont unetelle étendue, qu'il eût fallu augmenter considérablement le volume de notre ouvrage.
Maison. — Les deux mains se superposent alternativement et à plusieurs reprises Tune sur le revers de l'autre, puis se joignent par l'extrémité des doigts» en û-gurant un toit.
Maçon — La main droite représentant une truelle, fait semblant de prendre du mortier, de l'appliquer sur la cauche et de l'y étendre. On ajoute le signe d'homme.
Vacances. — Les deux bras se croisent, et les mains, la paume tournée en dedans, s'aiitent légèrement vers la poitrine.
Pauvre. — Tendre la main droite , puis join Ire rapidement les deux mains avec un air de tristesse.
Accompagner. — Les deux mains fermées, les pouces levés, se collent l'une contre l'autre, et s'avancent dans cet état.
Avertir. — La main droite frappe légèrement et plusieurs fois l'avant-bras gauche porté en avant.
Vaciller. La paume deja main droite, placée horizontalement sur l'extrémité du pouce ffauche, exécute plusieurs mouvements d'oscillation.
Perdre. — Les mains fermées devant la poitrine, la paume en haut , descendent et s'ouvrent en se jetant en avant.
Air. — On agite la main devant la bouche, en respirant.
Café. — Feindre l'action de le moudre en imitant avec un poing le moulin, et avec l'autre le mouvement.
Clair. — La main fermée devant la figure, le revers en dedans, s'ouvre en écartant les doigts; en même temps les yeux, qui étaient à demi fermés, s'ouvrent, et la physionomie s'épanouit.
vieillard. — Feindre Jde s'appuyer sur un bAton, le corps courbé. '
Ami. — Les deux mains placées l'une audessus de l'autre près du cœur, dans une pNOsition horizontale, la paume en haut, s'éloignent et se rapprocnent alternativement du cœur , pour peindre les épauchements du cœur et leur réciprocité.
Bonté. — La main se porte sur les lèvres, qui y appliquent un baiser. La physionomie exprime la sensibilité.
bjuceur. — Les doigts de la main droite, écartés et courbés vers le haut de la figure, descendent lentement en se réunissant par leur extrémité. La physionomie prend part % l'expression de cette qualité.
Complaisance^ — La paume de la main droite passe plusieurs fois circulaireracnt
sur le cœur; puis les deux mains renversées sont portées en avant avec empresse* ment pour montrer de l'obligeance.
Indulgence. — La paume de la main droite passe, à plusieurs reprises, sur celle de l'autre main , de gauche à droite. Expression de douceur.
Tolérance, — Les deux mains renversées se laissent aller en avant autant que les bras peuvent s'étendre, avec une expression de physionomie qui peint la facilité du cœur.
Affabilité. — Signe de douceur; puis les deux mains renversées se présentent en s'abaissant à plusieurs reprises et de différents côtés ; les regards suivent ces mouvements avec une expression de bonté.
Politesse. — Pendant que le coude droit se rapproche du corps , la main fermée se porte vers l'épaule gauche, en faisant un mouvement de rotation de dehors en dedans; la tête s'incline.
Prévenance. — La main droite , le pouce en bas, la paume en dehors, se porte eu avant; les deux mains renversées et rapprochées s'avancent en s'élevaiit un peu, comme pour offrir.
Humanité. — Les aeux mains étendues "^«"scendent en glissant sur les côtés de In poitrine ; le bras se déploie horizontalement de gauche à droite; enfin, la main vient s'appliquer sur le cœur.
Pttié] — La main s'applique sur le cœur ; en même temps, les yeux sont fixés tristement du côté gauche, et la tète inclinée à droite
Compassion. — Ajouter au signe précédent celui de douleur, en pressant le poing sur le cœur.
Charité. — L'index se dirige vers le ciel, ensuite la main s'applique sur le cœur, de là contre l'avant-bras gauche placé horizontalement devant la poitrine; puis le bras se déploie horizontalement de gauche à droite; enfin, la main vient de nouveau s'appliquer sur le cœur.
Bienfaisance. — Imiter Taction de donner avec les deux mains, à plusieurs reprises» avec un air de bonté et de satisfaction.
Imprudent. — La main droite étendue, le
f)0uce en haut, se porte en avant en imitant es mouvements d'un poisson qui se précipite sur l'appftt.
Prudent. — Après avoir fait le signe précédent, la main se retire rapidement pour imiter le poisson qui reconnaît le danger.
Autorité. — Le bras étendu, à la hauteur de la tète, se porte de gauche à droite, on faisant plusieurs fois, avec l'index, le geste du commandement.
Puissance. — Les deux bras, les poings fermés, se portent avec force en avant, et s'arrêtent en se roidissant. Le pouce se lève à la hauteur de la tôte.
^ Obéissance. — Les deux mains renversées s'avancent en descendant vers la gauche; le corps suit ce mouvement.
Soumission. — L'index se porte rapidement sous la main gauche étendue horizontalement à la hauteur de la poitrine. — Signe d'obéissance
DACTYLOLOGIE
Empressement. — La main droite courbée
risse rapidement sous le menton de droite gauche. Les deux mains ouvertes, la paume en dedans, les doigts écartés et tournés les uns contre les autres^ se portent en avant par plusieurs petits mouvements brusques.
Emportement. — Les doigts de la main droite 9 écartés et recourbes, se portent plusieurs fois de bas en haut contre la fioitrine. Les jeux . étincellent , le corps s'agite.
Prtsdenet. — Le bout de llndex se {)orte au front ; puis les deux mains, placées du côté gauche, et fermées comme pour tenir des renés, semblent tour à toui* les tirer et les lÂcher avec précaution.
Sagesse. Les deux index, accolés Tun
contre Tautre, se portent ainsi en avant dans un plan horizontal; puis les deux mains ouvertes, placées Tune à cAté de Tautre^ un peu relevées par leur extrémité, s'abaissent lentement. La physionomie exprluïe la ff ravi té.
Modération. — Les deux mains ouvertes descendent du haut de la poitrine vers le cœur, comme pour en calmer l'agitation.
Dimension. — Les deux mains jointes, les pouces en haut , s'éloignent horizonta* lementrunede l'autre. La naain droite, le pouce en haut, appliquée sur le revers de la gauche dans la même position , s'en sépare en se' portant en avant sur un plan horizontal; puis la main droite, étendue sur la paume de la gauche, s'en éloigne en s'élevant verticalement à la hauteur de la tète.
Proportion. — L'index et le médius écartes, pour figurer un compas, tracent un demi-cercle sur la paume de la main
Î;auche; puis les deux mains courbées, es doigts collés et tournés en bas, s'avancent l'une devant lautre; en&n, le siirne d'égalité. ^
Temps. — La main droite se jette pardessus Tépaule, puis se porte en avant.
Durée, — Appuyer le pouce droit en croix sur le gauche, et les avancer ainsi autant que les bras peuvent s'étendre.
Grandeur. — La. main droite, dans une position horizontale, s*élève au-dessus de la tète.
Effet. — L'index et le pouce de la niain droite semblent détacher quelque chose qui serait suspendu entre l'index et le pouce de la main gauche.
Rivalité. — Les deux pouces levés, les autres doigts étant fermés, placés tun à cûté de l'autre, s'élèvent et s'abaissent alternativement à une petite hauteur.
Vérité. — Porter la main droite sur le c«9ur, puis étendre le bras en signe d'assurance.
Évidence. — Signe de vérité; puis les deux mains fermées et croisées devant la figure, le revers en dedans, se portent en avant en s'écartant et s'ouvranl avec force.
Jugement. — Les deux uiains comme si
elles tenaient une balance, imitent le mouvement de ses plateaux.
Raisonnement. — Les deux mains font alternativement, et à plusieurs reprises, le signe d'effet; seulement les pouces et les index sont dans une position horizontale.
Doute. — Les deux mains renversées se balancent à la hauteur des épaules, et la tèto se penche tantôt à droite, tantôt à gauche. Les épaules se haussent.
Soupçon. — L'index droit se porte au front, puis il se secoue uu peu vers la gauc'ie; !es yeux, è demi fermes, se dirigent du même côté.
Conviction. La main droite , les doigts courbés et tournés en dedans, descend avec force le long de la poitrine; le dessus du corps se penche en avant.
Ignorance. — La main droite, l'index et le médius écartés l'un de l'autre, se porte au front, le revers en dedans.
Science. — La main droite, avec l'extrémité des doigts réunis, frappe, à plusieurs reprises, sur le front; de la elle s élève, en s'ouvrant, au-dessus de la tète.
Génie, — La main droite porte l'index au front, puis elle s'élève au-dessus de la tète, en s'ouvrant et agitant les doigts pour imiter la flamme.
. Habileté. — L'index droite après s'être appuyé sur le front , s'élève vivement audessus de la tète ; le {^oignet exécute on même temps un mouvement de rotation de dehors en dedans.
Taitnt. — Signe d'habileté ; puis la main fermée descend du front, en imitant "action de donner.
L'orsisoD dominicale.
Nous donnons ici V oraison domituiale telle que la récite le sourd-muet dans son langage. Au lieu de traduire les mots par des signes , nous avons cherché à décrire tous les mouvements, tels que le sourd-muet les exécute, puis nous avons mis à côté de chaque description partielle le mot français qui y correspond ; ainsi nous ne donnons pas ici Voraison dominicale traduite dans le langage mimique, mais, au contraire, la pantomirre de Voraison dominicale^ traduite littéralement en français. Cette marche nous a paru préférable, parce quo la syntaxe du langage des signes étant différente de celle de la langue française, si nous avions décrit Yoraison dominicale mot pour mot, il aurait fallu sacrifler les inversions du langage mimique à la construction française, et nous n'aurions pas rempli notre but, qui est de donner ,un échantillon de la syntaxe de la langue des signes, de ses ellipses , et de son génie particulier. Ici , non - seulement le sourd-muet supprime la terminaison mimique composée du signe grammatical, qui, dans le système de l'abbé Sicard, accompagne le signe radical de l'idée, mais il supprime encore les conjonctions et les pronoms conjonctifs ; il réunit dans un seul et même signe la valeur du verbe auxiliaire, qui est
avec la valeur
purement grammaticale
réelle du verbe qui exprime l'action»
i<* L'index de la main droite se porte du côté gauche au côié droit, en décrivant une courbe horizoniale.
2«. Les deux mains s'appliquent au-dessus des hanches, et descendent obliquement sur le ventre en se rapprochant
S**' Les deux mains élevées a la hauteur de la tète» placées Tune sur l'autre, et affectant une forme concave, se séparent en décrivant le cintre d'une voûte.
4"" La main droite se plonge à la même hauteur dans la gauche ëntr'ouverle.
5° Les deux mains renversées,' les doigts courbés et écartés, exé* cotent Tune devant l'autre un mouvement d'attraction vers >e cœur.
&* L'index droit montre le ciel.
7<> L'index de la main drolte> frappe en croix^ une ou deux fois> sur celui de la main gauche.
8** La main droite, dans une position oblique, les doigts tournés à gauche, descend du front en a'éloignant du corps par une ligne . courbe ; en même temps la ^ tète s'incline,
9» Voyez n* 6*
10° Voyez n» 6.
il"* L'index se porte au front et puis au cœur.
\^ Les deux mains, portées en avant et fermées comme pour tenir des rênes, semblent alternativement les tirer et les lâcher.
iZf Les deux mains portées en avant, la face palmaire en avant, se balancent à une certaine distance l'une de l'autre.
U° L'index droit se dirige v^s le ciel, puis, se renversant, il revient sur le côté gauche de la poi^ trine.
Notre
Père
le ciel
dans
(nous désirons)
voire
nom
$oit sanctifié';
(nous désirons) que
votre (sûr les âmes)
règne
(Providence)
15° Voyez n» 5.
16* Voyez n'' 6.
17° L'index de la main droite part de la bouche, qui. en même temps, s'ouvre et se fenne ; ensuite il se jette rapidement à gauche, puis adroite.
18° Les deux index, placés parallèlement en avant, s'éloignent en descendant et remontant par une ligne courbe, pour s'appliquer horizontalement l'un contre 1 autre. La tète est inclinée.
19« Voyez n"* 3.
Sd° Les deux mains légèrement courbées, portées en avant, l'une à côte de l'autre, se séparent en décriWint une sphère.
arrive;
nous désirons) que
votre volonté
soit faite,
au ciel.
sur la terre.
PALEOGRAPHIE, ETC.
it° Les deux index s'appliquent l'un contre iautre.
22° Les mains, jointes devapt la figure, descendent obliquement sur la pjoitrine, les yeux dirigés vers lecieK
i3° Le boj*d externe dé la main droite descend transversalement sur le revers delà gauche à deoH fermée.
21° Le pouce de là miiin droite levé, les autres doigts fermés, après avoir effleuré la joue en «e portant de bas en haut, et d'arrière en avant, décrit de gauche à droite un cercle- vertical; puis il exécute des mouvements successifs d'arrière en avant, en avançant horizontalement vers là droite.
25° Les deux mains renversées, étendues, s'abaissent par une légère secousse devant le corps.
26° La main droite se ferme, se porte en avant et s'ouvre.
27» Voywn°22,
28^ Les doigts de la mam droite, réunis, frappent avec leur extrémité le bas de la poitrine.
29<^ Les deux index se dirigent rapidement l'un contre l'autre; . mais le droit, au lieu de rencontrer le gauche , passe par-dessus et montre le ciel.
30° Voyez n* 1»
51° La main droite passe à plu^ sieurs reprises sur l'intérieur de . la gauche renversée*
32° Voî^e«n°21.
33° La main droite» à la hauteur de l'épaule, se jette en dehors à plusieurs reprises.
3^ La main droite, après s'è* tre fermée, vient s'ouvrir avec force contre la poitrine.
35° V oyez n^'i.
36' Voyez n» 31
37° Foyé«n°22.
ZS^ Le bout de l'index frappe à plusieurs reprises sous l'ayantbras gauche, placé devant la poitrine.
39° Les deux mains, renversées, descendent obliquement à gauche, et, en même temps, le corps se laisse pencher du même côte.
40° Les deux mains placées Vers la gauche, la paume en dehors, se portent rapidement en avant; en même temps le coms se retire en arriére.
41° Les deux mains se jettent rapidement aux épaules, la paume en dehors ; la tète se porte un peu en arrière.
comme;
nous «otrt prionê
le pain
quotidienf
aujourd'kui^
de nous donncri
nous vous vrions
nos fautes
(contre vous)
à nous de vardonner^
romme aux autres
nous offensant^
nous
pardonnons^
Nous vous prions
aux tentatioKê
succomber
ae ne pas Nosta
laisser i
mou
3ft7
42<> Lespaumesdes maints entrcfrappeni à la hauteur de la fi- m .
gare, et se séparent eu contiuuant de s'élever.
43» Les poignets, mis en croix, . „^„, aah^^^ s-écarlentaVec effort. de mm délivrer.
44' Voje» n- 3. <"^"^ JJf^"*>
45<* Foyez n* 21. ainni.
N. B. Il est essentiel de remarquer que, pour exprimer votre (n* 6), le sourd-muet ne fait point le sigue du pronom votre en
DACTYLOLOGIE
(^néraU mais désire en parlicuaer le séjour de Dieu, auquel il s'adresse en ce moment. En s'adressant à un interlocuteur, il dirigerait Tindei sur la poitrine de celui-ci. De mâme, au lieu de se borner à exprimer le sens du mot régne (n* 12), lequel est ici une expression ûçirée, il le détermine par une double addition, le rend spécial et propre. C'est le règne de Dieu sur tes àmeSf. s'exerçant par une protection qui veille et pourvoit.
mm
VIII. DESCRIPTION DB L'ÉTABLISSEMENT OU INSTITUTION DBS SOC RDS-MUETS A PARIS (235).
L'emplacement actuel de Tlnstitution des sourds-muets de Paris fut jadis la propriété d'une colonie de l'hôpital Saint-Jacques du Haut-Pas, situé en Italie, dans le territoire de la république de Lucgues, colonie conuuB sous le nom d^ religieux de cet hôpital, ou de Frères Pontifes ou constructeurs de ponts.
Nous ignorons l'époque précise de cette fondation à Paris. Seulement des lettres de Charles le Bel, de l'année 1322, ainsi que d'autres lettres de .Philippe de Valois, de Tannée 1335, nous apprennent que ces religieux avaient la jouissance de la moitié du local nommé le Clos du roi ; qu'ils y recueillaient les pèlerins de la terre sainte ; et portaient le signe du tan sur leurs habits. On les appelait aussi les frères hospitaliers.
Leur première chapelle fut bénie en 1350. Une autre plus vaste, dont les chefs avaient le titre de commandeurs, s'éleva en 1519, et fut érigée, dans le cours de 1566, en succursale de l'église paroissiale, malgré Topposition des curés du voisinage.
« Avons permis et permettons, porte la sentence de Toflicial de Paris, aux manants et habitants desdits faubourgs de la porte Saint-Jacques et de Notre-Dame des Champs avoir, à leurs dépens, autres personnes qui disent, chantent et célèbrent a haute voix, et avec chants, lesdits oflices divins^ etc. »
En 1572, il ne restait plus que deux religieux dans cet hô{)ilal, presque abandonné, Catherine de Médicis s'etant fait bâtir un nouvel hôtel appelé Hôtel de la reine, et plus tard, hôtefde Soissons, sur remplacement qu'occupaient alors les Filles repenties, et où s'élève aujourd'hui la Halle au blé, ces filles, déposséJées, vinrent s'instaU IfT dans le monastère des moines de Saint- Magloire, qui, par contre-coup, prirent possession de la maison de Saint-Jacques du Haut-Pas, emportant avec eux les reliques de leur pati^n. De là. cette demeure prit le nom de leur ordre.
^ La chapelle du monastère vit, en 158&, !>'édifier a côté d'elle une nouvelle succursale, consacrée aux besoins spirituels des fidèles du quartier, qui ne pouvaient guère 9*accommoâer des heures des religieux.
Hais cette église fut bientôt trouvée si petite, qu'on se vit forcé, dans Tannée 1630, ^Ten entreprendre la reconstruction, qui ne
{mt être terminée qu'en 1688. Monsieur, rère de Louis XIII, en avait posé la première pierre, et les libéralités au prince de Longue ville contribuèrent à son achèvement. Le b&timent qui avait servi à l'ancien hôpital et qui, démoli en 1823, était séparé de l'église paroissiale par une ruelle connue, à cette époque, sous le nom de la rue des Deux-Exlises, auaucl celui de' rue de l'Abbé de TEpee a été récemment substitué, à la demande de l'institution des sourds-muets. L'évéque de Paris Henry de Gondv, ayant supprimé les moines de Saint -Magloire, donna leur établissement aux prêtres de TOratoire. Cette maison devint aussi le premier séminaire dont la capitale ait été pourvue. Elle se maintint avec cette destinations jusqu'à la révolution de 1791, qui y transféra
'institution des sourds-muets» fondée par Tabbé de TEpée.
Voici la description exacte de cet édifice tel qu'il existe aujourd'hui.
Il est situé au-dessus de l'église Saint- Jacques du Haut Pas. Son portail, lourd et massif, disgracieux à l'œil , n'offre rien de remarquable comme ceuvre architecturale.
Les principaux corps de logis, formant les trois côtés de la grande cour, sont : le bâtiment des garçons, en face de Tentrée ; à gauche, celui des filles; à droite, un autre bàti-^ ment qui renferme un atelier (celui des menuisiers) la salie des séances publioues, communiquant à la bibliothèaue,. à l'infirmerie des garçons, outre les logements du médecin, de Taumônier et des employés. Au nord, un vaste appendice a été consacré à tous les détails Je Tadministration et aux appartements du directeur, du professeur faisant fonction de sous-directeur, et du receveur-économe. La salle des séances de la commission consultative est attenante aux premiers^ Du même côté se déroulent trois
ardins : le premier est destiné au directeur,.
e second au receveur^conome, le troisième à Taumônier.
L'ensemble de-ces constructions, surmontées de paratonnerres , et élevées de quatre étages, réunit presque toutes les conditions de commodité et de salubrité désirables.
Le bfttimcnt des garçons, faisant face au grand portail, est situé entre le jardin, avec terrasse au couchant, et la cour au levant. Dans cette cour, on contemple un orme co-
(235) Extrait des appendices delà Biographie de Vabbé de VEfée, par Ferdinand Bcrthier, sonramuet, clievalier de la Légion-d'hoiineuri pag. 562.
DlCTIOiNNÂIRE DE PALEOGIIÂPRIE, ETC.
ïossàlf dont la léte tlomiire majestoeusemeni les plus hautes maisons du quarticp Saint- Jacques, et s'apcrroit de toutes les éminences de Paris et des* alentours. Ce géant végétal, dont Texistencp remonte h plus do trois siècles, ombragea le bon Iji Fontaine, lors-
3a'il vint passer deux ans dans une eellttlc u séminaire de Saint-Magloiro. Il vii s'asseoir fréquemment au6si, sous son feuillage, l'éloquent auteur du Petit Carême.
Un bassin occupe le centre du janlia, h Teitrémité duquel rè&^c un^ quinconce de beaux tilleuls , au milieu duquel s'élève un gymnase. Au fond de ce quinconce, un mur sépare d'une institution de jeunes parlants une longue file d'élégants parterres cinc nos
5'eunes sourds-muets se plaisent à cultiver i leurs heures de récréation. Le Jardin des Plamtes leur envoie le superflu de ses richesses. A frfris communs, ils y ont tarillé-, industrieux horticulteurs, des voûtes, des berceaux, des grottes de charmille. Là, faisant trêve à leurs jeux, ils se groupent pour étudier sur des tables éparses, et, dans leur libéralité, livrent ensuite, tout le reste du jour, leurs fraîches oosis h qui veut en jouir.
La maison des garçons est surmontée d'une horloffeè deux cadrans tournés, Tun vers la cour, l'autre du côté du jardin. Cette horloge est abritée par un petit campanille que couronne une girouette. Tout le long de la grande façade de la cour règne, au rez-dechaussée, une galerie couverte, intérieurement tapissée de tableaux extraits de revues pour les enfants, d'images reproduisant leurs jeux, de cartes géographiques, de tableaux synoptiques d'histoire , de gravures i*eprésentant les hauts faits des annales de tous les peuples, les merveilles de la nature, les grands hommes de France, etc., etc. ; ses piliers supportent, au premier étage, une autre galerie vitrée, faisant saillie sur le bAtiment. Le long du rez-de-chaussée s'ourrent des salles d'étude, un atelier (celui des tourneurs), le réfectoire, la cuisine et l'office.
Il y a dans rétablissement, deux escaliers eofiduisant aux divers étages. Le plus grand a des marches en pierre et une rampe en fer, l'autre est en lK)is.
Le premier étage est occupé par les classes et la chapelle ; le second par les salles de dessin et d'écriture, et par les trois ateliers de lithographes , de cordonniers et de tailleurs; les troisième et quatrième, par les dcM^oirs. Celui des plus gramls élèves est AU troisième; celui des plus petite au quatrième. Au troisième, tous les lits soirt de fer, tandis que, au quatrième, il n'y a pres-
aue que des lits de bois. Au bout de chaque ortoir, on a pratiqué un vestiaire et un salon de toilette avec lavabo. Les rez-dechaussée sont pavés en dalles , le reste de l'établissement est parqueté
Les classes sont au nombre de six, que domine une septième dite de perfectionnement, fondée par feu le docteur Itard, ancien médecin de l'insiitnlion. Los arrivants sui-
vent, d'année en année et de classe en classe, le professeur respectif qui les a reçus à leur entrée dans la maison , leauel leur fait ainsi parcourir l'échelle graduelle du cours gêné* rai d'études, fixé à six années par le règlement. C'est ce gu'on appelle le système de rotatioa. L'enseignement comprend tes préceptes de la reuffion et les éléments de grammaire géMérale, d'histoire ^ de géographie et decâcvl, sans compter la parole artilicielle et la lecture sur les lèvres, ensei-
Snées par un professeur et son adjoint, dans eux salles d'étude, à tous les élèves qui font preuve de dispositions pour cette double spécialité.
Il y ir, dans chaque classe, des tableaux noirs, sur lesquels la leçon est écrite, à la craie, et une rangée de pupitres, devant lesquels les jeunes sourds-muets ,. assis , éerivent sur des ardoises les dictées qu'on leur fait parsignes, ou les compositions dont on* leur donne le sujet.
Les élèves de sixième année sont, en outre, admis à un concours annuel qui d^ termine l'admission de deux d'entre eux, pour trois années de plus , i la classe de perfectionnement dont nous avons parlé , et qui doit toujours se composer de six élèves.
Tous les exercices de la maison des garçons ont lieu au son de la caisse, qu'ils battent eux-mêmes, avec la précision, avec l'ensemble de vieux t«nbours de la ligne,, et dont les moindres vibrations leur sont sensibles, soit par Fépigastre, soit par la plante des pieds ou la paume des mains.
Dans la chapelle, éclairée par cinq fenêtres percées dans le mur de droite, et ornée de quatorze bas-reliefs en plastique, représentant le chemin de la croix , on remarque, derrière le mattre-autel , un grand tableau de St«)h.-Barth. Garnier, qui représente Jésus-(ïhrist rendant l'ouie et la parole à un jeune sourd-muet.
Sur l'arc de la voûte qui couronne cette peinture, on lit cette inscription.
IL A BIBX FArr TOOTB CHOSE. IL A FàTK E5- T8NDRB LB8 SOURDS ET PARLER LES MUETS.
(Marc, vn, 57.)
A gauche, on admire le beau tableau dont nous avons parlé , œuvre et don affectueux d'un sourd-muet vivant, Frédéric Peyson, ancien élève de l'école, et disciple de Léon Cogniet, représentant les derniers moments de l'abbé de l'Epée. A côté, un second autel avec la statue de la sainte Vierge. A droite , enfin, une plaque de marbre portant cette inscription en lettres d'or :
i'aN 1805 ET LE 13 FÉVRIER, CETTE CHA- PELLE A trt SOLENNELLEIfETfT BÉMB ET CONSACRÉE A DIEU, SOUS l'iNVOCATION DE SAISÎT ROGH ET DE SAINT AHBROISE, PAR SA SAINTETÉ LE PAPE PIE VII, LORS DE SA Vt- SrTE A CETTE INSTrrUTION, SOUS LE MINIS- TÈRE DE SON EXCELLENCE MONSEIGNEUR DE CHAMPAGNT ; ÉTANT ADMINISTRATEURS MM. BROUSSE DESFALCHERETS, MATHIEU DE MONTMORENCY , BONNEFOLX , DUQUESNOT , SICARD.
Héàliûée en 1850; ywr A.-M. Peyre, arcmlecie^
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DACTYLOLOGIE
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Au-dessus de la pprle du saint lieu règne une tribune destinée aui jeunes sourdesmuettes» et au-dessus un confessionnal.
Dans les classes et les études, toutes les
Sriëres sont faites à tour de rôle » par un lève, à Taide de la mimique.
Sous la chapelle est la cuisine, spacieuse et bien tenue, munie d*un réservoir qu'on remplit au moyen d'une pompe, et d'un grand fourneau de fonte , sur lequel est appendue une abondante batterie de cuisine. Par un perron de quelques marches, on monte de cette pièce au réfectoire des garçoiis^ dont la fontaine est de marbre, ainsi que les tables^ qui reposent sur des pieds de fonte; au moyen d'un tour pratiqué dans l'office, la même cuisine dessert le réfectoire des filles, qui en est entièrement séparé, et occiftpe Tautre extrémité des bâtiments.
£n arrivant dans la salle des séances publiques, qui se trouve dans l'aile de droite , en entrant par la rue Saint-Jacques, le regard s'arrête tout d'abord sur un grand tableau exécuté et donné à l'Institution en 1835, par Ponce Camus. Cette peinture représente le jeune sourd-muet connu sous le nom de comte de Solar (sujet du drame de M. Bouiily, joué à la Comédie Française ), accompagné de son maître et protecteur, l'abbé de rSpée, reconnaissant la maison où il a vu le
I'our, sur une des places publiques de Tououse. Aux murs de droite et de gauche sont gravés les noms des anciens administrateurs de l'établissement, qu'on retrouve entre les bustes du fondateur et de son élève et successeur, l'abbe Sicard. Ces deux vénérables images ornent les deux côtés du tableau noir destiné aux exercices publics sur lequel repose un autre buste plus grand de l'abbé de l'Epée, œuvre remarquable de M. Auguste Préault. Au-dessus du tableau noir, on lit cette inscription :
t'iCOLE nC9 SOtRDS-VUBTS, EN FRANCE. A éTÉ FONDÊB PAR l'aKBÉ DR hkPÈK^ QUI L A ÉTA- BLIS A SES FRAIS, BX 1760, RLE DES MOU- LINS, A LA RUTTE SAIMT-ROCH. ELLE A ÉTÉ
Arigéb eu iifSTrruTioN nationale par les
LOIS DBS 21 et 29 JUILLET 1791.
Devant le tableau rèsnc une estrade consacrée aux exercices, d oCl l'on descend, par un double perron, à une série de gradins disposé en amphithéâtre pour le public. Le long du mur de droite, on lit sur une pierre de marbre :
MADAMB SUZANNB- ELISABETH «EULAL» CHAHnON , VBUVB VIONETTB , DÉCÉDÉE A PARIS LE 3 FÉVRIER 1831,. A LÉGUÉ A l'INSTITUnOIf BOYAUB DES SOURDS - MUETS TROIS FBBMBS , SOUS LA CONDmON QUE , A PER- PÊTUrrÉ , HUIT ENFANTS SOURDS - MUETS , PAUVRES , SERAIENT ADMIS. GRATUITEMENT DANS CETTE INSTITUTION*
Le mur de gauche a pour pendant cette autre inscription :
JEAN-MARC-GASPARD rTA^D, CHEVALIER DE LA légion-d'honneur, MEMBRE DE l' ACADÉMIE ROYALE DE MÉDECINE ET DE PLUSIEURS SO- CIÉTÉS SAVANTES, MÉDECIN, PENDANT TRENTE-
HUIT ANS, DE L INSTITUTION, NÉ A ORAISON (basses- ALPES) LE 15 AVRIL 1774, DÉCÉDÉ LE 5 JUILLET 1838, A, PAR SON TESTAMENT, FAIT A PARIS, LE k OCTOBRE 1837, LÉGUÉ A CETTE INSTITUTION HUrT MILLE FRANCS DE RENTE PERPÉTUELLE, 5 POUR 100, POUR T FONDER UNE CLASSE d'inSTRUCTION COM- PLÉMENTAIRE ET SIX BOURSES TRIENNALES GRATUITES EN FAVEUR DE SIX SOURDS-MUETS DÉSIGNÉS AU CONCOURS PARMI LES ÉLÈVES QUI ONT ATTEINT LE TERME ORDINAIRE DES ÉTUDES.
LE CONSEIL d'administration A VOULU QUE CE MARBRE PERPÉTUÂT LE SOUVENIR DE CE BIENFAIT ET l'eXPRESSION DE LA RECON- NAISSANCE DE l'institut.
L'uniforme des garçons est, à peu près, le même que celui des jeunes Ivcéens parlants. Les dimanches et jours fériés, il consiste eu une tunique , un pantalon et un képi de drap bleu foncé, avec liseré rouge. Pendant la semaine ils sont vêtus d'une blouse bleue.
Les élèves sont divisés en compagnies et en pelotons,ajant à leur tête un sergent-major, des sergent» et des caporaux , portant fièrement sur leurs manches les marques distinctivcs de leurs grades respectifs.
Deux petits pavillons, élevés des deux côtés du ^rand portail, font saillie sur la cour. Dans 1 un est le bureau du contrôleur du service; l'autre sertdelogementaii concierge.
Pour entrer dans le quartier des ûlles, on passe devant ce dernier pavillon, qui est contigu à la salle des bains, et l'on arrive à la loge si)éciale de la portière de cette partie de la maison.
La distribution du quartier des filles reproduitt à peu de choses près, en diminutif, celle du quartier des garçons. Cette aile de l'édifice est composée de quatre étages.
Le rez-de-chaussée renferme une pièce d'entrée, avec une fontaine au fond, une salle de récréation et un réfectoire. De là on descend par quelques marches dans un jardin clos ae murs» contenant un bassin et* un gymnase, sans compter les parterres des. souS'-mattresses.
Le premier étage est occupé par les classeset par une grande salle d'étude, qui se transforme en ouvroir à. certaines heures du jour; le second » par les dortoirs ; le troisième , par l'infirmerie et la lingerie ; le quatrième par les logements de la surveillante en chef et de ses subordoBnées.
L'établissement entier, qui a coûté plus de 1,200^000 francs, a été élevé par la munificence du gouvernement , à la place des vieux bâtiments de l'hôpital Saint-Jacques du Haut-Pas, qui^ainsi que nous l'avons dit plus haut, menaçaient ruine, ayant été construits eu 1386,. sous Philippe le Hardi.
Le personnel des doux établissements se compose comme suit : un directeur responsable^ assisté d*une commission consultative de quatre membres qui se renouvelle par quart, un receveur économe et un aumônier.
Quartier des garçons : Sept professeurs^ nont quatre sourds-muets (un des professeurs parlants remplit les fonctions de sous-
DICT40NNAIRE DE PALEOGRAPHIE. ETC,
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directeur; un autre colles de bibliothécairearchiviste).
Un professeur suppléant, un surveillant sourd-muet, un maître d'étude sourd-muet, des aspirants sourds-muets ou parlants, dont le nombre est fixé, chaque année,. par Je ministre; six chefs d'ateliers, dont un sourd-muet ; un maître de dessin, un maître d'écriture, un contrôleur du service, un veilleur et cinq hommes de peine.
16G élèves, dont 100 à la charge du gouvernement.
Quartier des QUes : Une surveillante en chef, trois dames professeurs , trois répétitrices, des aspirantes dont le nombre est également fixé chaque années deux maîtresses d'étude, dont une sourde-muette; une maîtresse de dessin, une maUresse d'écriture, une inQrmière, une portière, une veilleuse et deux servantes, dont une sourde -muette.