‹ Dictionnaire de paléographieChapitre 67 sur 136 · SM · texte numérisé non relu

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xiu*on appelle aldiiies ne sont autres que notre italique maigre et serrée, qui fait place aujourd'hui à une autre plus élégante. Quant aux capitales romaines , on les tira des anciennes inscriptions. Voici des lettres qui touchent de plus près la diplomatique.

Vers les commencements du xin* siècle, on distinguait principalement dans les bulles deux sortes de caractères , les lettres tondues, tonêœ litterœ (^63), et les lettres barbues ou chargées de poils , les mêmes probablement que les goffes. Une bulle de (Grégoire IX (i6i), de Fan 1228, porte expressément la première dénomination ; et ciuoiqu'elle n'énonce pas en termes formels la seconde, elle la suppose visiblement. On employait alors communément , dans les bulles et diverses autres chartes, des lettres, soit chargées de poils ou de pointes, comme par étages, soit enflées de traits superflus, ou qui montaient et descendaient , dans quelques caractères, au-dessus et au dessous de leurs voisins. Il était assez naturel de qualiûer lettres tondues celles d'où de pareilles superfluités se trouvaient retranchées. Ces dernières étaient simples, approchant de la minuscule : où si elles tenaient encore un peu de la cursive; du moins ra-> battaient ou resserraient-elles leurs traits, loin dç les allonger ou de les multiplier.

Nos lettres bâtardes de la fin du xv* siècle et du commencement du xvr ne ressemblaient guère à celles qu'on nomme ^insi maintenant. On en usait alors dans les imprimés, lorsqu'on y parlait français. Elles peuvent se rapporter a la Civilité gothique,

?u*on fait encore lire aux enfants. Elles (aient estimées françaises , aussi bien que les lettres de forme , de tournure et les car deaux : quoique par rapport à tous ces caractères, le temps eût amené des différences, propres à chaque nation.

Les cadeaux (kGSj sont de grandes lettres, qu'on place à la tète des pièces cursives, des

diqme^ où la matière nous paratl épuisée, d'après les mémoires de Fonraier.

(46S1) Hahnios, prmfat, in diplom. fundat. Ber^ gtns^ p. 4, 5«

(464) Ce pape fit entrer dans une bulle, qu'il s'agissaii de reneuveler ces deux sortes de lettres, afin de distiiunier ses additions de Tancien texte. SoUidtéepar Tempereur Conrad, pour autoriser la translation du siëce épîscopal de Cize à Naumbourg , et accordée en 1029, par Jean XIX, elle avait été sealemeni écrite sur du papier. Durant le cours de deux siècles, plus par négligence ou d'autres accidents que par un àse fort extraordinaire, elle était eo partie consuma de vétusté; et d'ailleurs les lettres, fort différentes de celles dont on usait au XIII* siédCy en rendaient la lecture difficile. C'est pourquoi le pape Grégoire, à la demande du chapitre de cette église, réublit son titre primitif, par une bolle à laquelle il attribua la même autorité qu*à rorigioal, suppléant et le? lettres et les syllabes et les mots, qu on présumait avoir été employés dans les endroits détruits ou effacés. Ce sont ces suppléments qui furait écrits en lettres tondues : easaem Ce, causa diseretianisj tonsis Utteris exarari jusut. NTution sinffulière, mais inconnue aux auteurs de la dernière édition de Du Cange.

Sîmon-Frédéric Habn, dans son diplôme de la

livres et des chapitres , où récriture eon« rente est employée. Souvent autant ou plus larges que hauts , ils sont relevés de toutes sortes d'ornements. Mais les cadeaux des temps, dont on vient de parler, n'étaient pas plus semblables aux nôtres, que le gotnique à la belle écriture. La lettre ronde de ces siècles revient à notre financière, comme la lettre de somme et la lettre bourgeoise oa des marchands à notre expéditive ou coulée. Au reste les écritures rondes et carrées de diverses sortes, dont nous serons obligés de parler dans la suite , nous dispensent ici de nous étendre sur ces lettres. Les longues ou allongées , cubitales , onciales , capitales ^ majuscules , demi-onciales , minuscules , très-menues, sont également renvoyées aux écritures.

11 ne faut pas s'imaginer, que les fameuses lettres appelées laureatœ , dont il est si souvent fait mention dans les anciens auteurs latins, fussent des caractères ornés de lauriers. On doit entendre par cette expression, les tables ou les lettres missives, que les empereurs ou généraux romains envoyaient au sénat , et qu'ils accompagnaient de lauriers , pour marque de quelque victoire , remportée sur les ennemis (Mti).

VI. Lettres solides^ en marqueterie ^ enre^^ liefy en broderie^ de pierre^ de marbre y dor^ d'argent, de bronze et autres métaux, ou sut des matières dures. — Si les lettres en marqueterie, litterœ lithostratœ , semblent du premier coup d'œil un peu étrangères à la diplomatique des chartes et des manuscrits ; elles ne le sont pas à celle , qui s'étend jus-r

au'aux inscriptions. Agnellus (^67) parlant 'un ouvrage à la mosaïque qu'on voyait aux côtés d'une église, fait mention de six lettres, qu'il qualifie Uthostratas. Elles pouvaient induire en erreur, parce que chaque syllabe du mot, qu'elles composaient , était séparée par un point. Du reste on trouvé beaucoup de lettres capitales . surtout dans

fondation dn monastère de Berg sur TElbe, prér tend qu*en comparant le texte qu'il cite avec celui de Pierre le Vénérable, où il est parlé du papier de Cbtfe, il sera démontré <iu'au xi* siècle on écrivaii non feulement les livres en ce papier, mais même les privilèges et les bulles. Notre auteur ignorait apparemment queTusa^e du papier d'Egypte subsistait encore après le milieu du xi* siècle, et qu'on a connaissance de bulles^ en ce papier, de Benoit IX et de Victor 11, successeurs de Jean XIX. La sienne doit donc être ajoutée aux preuves de l'emploi du papier d'Egypte cJiez les Latins, au xr sijede. A l'égard de celui de chife, il est inoui qu'on l'ait mis en œuvre, on ne dit pas pour accorder des privilèges ou des bulles, mais des actes de la moindre procédure juridique, plus d'un siècle après Jean XIX. Ce n*est pas encore assez : on pourrait ajouter pluf de deux, ei peut-être |>lus de trois siècles, puisq^ue les plus anciennes pièces juridiques en ce papicf qu on ait jus«iu'ici produites furent dressées assez avant dans le xiv*.

(465) Ménage dérive ce mot de catenoy étymolo*^ gie qui ne s'accorde pas mal avec les enchaînements, entrelacements, paraphes , dont les cadeaux soncomposés, ou qui leur servent d'ornements

(466) DEMPSTER.i4n(t^.i?om.,lib. x,p.808,édit.l6li.

(467) Scrivt. Itat., tom. U, part, i, p. i.

DICTIONNAIRE DE PALEOGRAPinE, ETC.

les manuscrits lombardiques, par coniparlî* ments de différentes couleurs. On dirait d'autant de pièces de rapport, qui concourent à les former. Par cet endroit les lettres en marqueterie ou bien à la mosaïque rentreraient sans contredit dans le plan de la diplomatique ; fût-elle bornée aui manuscrits, à l'exclusion des bronzes et des marbres (468).

Nous ne nous arrêterons point à ces lettres de pierre , en forme de longues balustrades à claire-voie , au dedans et au dehors de quelques églises (469). Il en est , où l'on lit tout au long VAve Marioj le Salve Regina^ YInviolata , ou quelque chose de pareil. On en voit des exemples remarquables au dedans et au dehors de l'église paroissiale de la petite ville de Caudebec, en Normandie.

L'usage de graver sur la pierre ou sur le marbre des epithaphes et autres inscriptions, et de les remplir de marbre d'une

(468) La première page, fol. verso du manuscrit de Saint-Germain, n. 215 du Yiir ou ix* siècle est é{[a]ement en marqueterie, mais d'une manière asser différente^ Cette magniûque page est distribuée en deux colonnes. Chacune contient sept lignes, dont la hauteur est d*un bon pouce, excepté les secondes et avant^ernières qui surpassent les autres d'un quart en sus. Les distances des lignes n'ont ou'un tiers de la hauteur de celles-ci, et un quart de rélcvation de ceUes-là. Trois colonnes ou pilastres, soutenant deux voûtes avec leur massif en treillis, renferment et partagent récriture. Au-dessous des voûtes, et audessus de chaque première ligne paraissent deux jeunes personnes montées sur de srands oiseaux bridés, mais sans étrier. Elles se tendent la main en se Quittant et se tournant le dos.

(469) Ces lettres excédent de bes^ucoup, et même incomparablement en hauteur, celles dont les anciens ne parlaient qu'avec hyperbole. Ils les appelaient lettres trës-grandes, lettres longues d*une coudée, liiterœ granaes, maxtfiue, decumanœ^ cubilum {a) iongœ UtieriB. Nous ne nions pas, néanmoins, qu'ils n'eussent des lettres très-longues, relatives à la liauleur des monuments où elles étaient placées. Telles sont celles qui composent l'inscription de l'arc de triomi^he, érigé à Septime Sévère, et à son Hls Marc- Antonin Pie. Elles u ont pas moins (b) de deux pieds d'élévation.

(470) Dans les premières fouilles, que fit faire, en 1711 à Portici, le prince, aujourd'hui duc d'Elbeuf, entre autres monuments, on découvrit un marbre carré, ou une base, sur laquelle on lisait, en grandes lettres d'airain, insérées dans le marbre : APPIUS PULCHER CAII FILIUS. Gori, qui nous atteste le fait (c), ajoute, que ces lettres étaient en airain de Corinthe. Pour confirmer ce dernier point par d'autres exemples, il rapporte qu'au pied du mont Capitolin, sous Seplime-Sévère, un arc de triomphe rut érigé en l'honneur de cet empereur et de son fils Marc-Aurèle Antonin Pie ; que cet insigne monument de la magnificence romaine subsiste encore, etqu^on y voit quatre cents trente-trois lettres creusées dans le marbre et remplies d'airain de Corinthe. Il cite pour ses garants Famiano, id) Nardini, et le célèbre (e) Fonlauini archevêque d Ancyre. Lu continuation du même usage en Italie est constatée par les tombeaux des grands ducs de Toscane, où

(a) PLAun Ruden$, aci. V, se. ii.

{b) Foutanwi De ont. Ilortœ, lib. i, c ?t, p. 4^

(c) SymboUc liMrariœ, Adminmda amiqnit Uercular^t p. 107, 108.

(d) h)ma tel., I. t, c. 6.

autre couleur, de cuivre simpie ou doré, ou de quelque autre mêlai, était fort à la mode en France, il y a trois à quatre cents ans. Quelque fois on se contentait de faire creuser de petits sillons sur les bords de la tombe, qu'on remplissait de lames de bronze, [)ortant en creux ou en relief les inscriptions ou les épilapbes dont on voulait les décorer. L'origine de cet usage remonte fort baut. Des monuments, du temps des Césars, conservés à Rome» et même du temps de la république romaine, trouvés dans les ruines d^HercuIanum en font foi (i^TO). Pline prétend qu'il y avait de son temps un chêne vert aans le Vatican, plus ancien que Rome , sur lequel était une inscription en lettres étrusques d'airain (471).

Les Romains, loin d'avoir consigné leurs lois et les faits qu'ils voulaient transmettre à la postérité, sur les lames de bronze ou les tables d'airain (M2); n'y employaient

les lettres des épitaphes sont scellées avec beaucoup d*art, en Cuivre blanc, dans des traces auparavant gravées sur le porphyre. De pareilles inscriptions Se bronze ou de pierre noire ornent les tombeaux des personnes de distinction de Florence. Quelquefois ces lettres sont dorées, principalement quand elles sont sur des tombes de mari>re noir, appelé parangon. La France a beaucoup d'épitaphes semblables ou dans le même goût. On croit de plus se souvenir d'en avoir vu dont lès lettres sont de marbre blanc ou de stuc. Mais elle en a perdu bien davantage en métal. Celles surtout qui étaient enchâssées par lames de cuivre aux extrérattés des pierres sépulcrales ont, pour la plupart, été enlevées, avec les épitaphes, le visage et les mains, qui étaient de même matière. Apparemment que ces dégradations de tombeaux arrivèrent dans les ra>asc8 des hugueuots. Aussi ces observations ont-elles plus spécialement leur application aux villes et provmces qui s'y trouvèrent les plus exposées.

(47i) Hi^., lib. XVI, c. 44.

(ili) Les édiles et les tribuns du peuple eurent d*abord Fin tendance des tables de bronze, conservées au Capitole et dans les temples de Saturne et de Gérés. Le soin en fut dans ta suite confié au\ questeurs. Mais, comme on n'en créa point, pendant 1 absence de Iules César, deux édiles en forent chargés. Auguste (f) leur substitua des préteurs ou des prétoriens. Claude réiablit les questeurs, Néron mit eu leur place des préfets du trésor. L'an 688 de Rome, 65 ans avant l'ère chrétienne, la foudre (g) fondit plusieurs tables d'airain. Il y en eut bien davantage de consumées, dans l'incendie de Rome sous Néron. Les combats du parti de Vitellius contre celui de Vespasien causèrent encore la pept« d'un nombre considérable de ces anciens monuments. Mais ce dernier empereur les rétablit, autant qu'il lui fut possible. Selon le J.-c. Yénuleius, on se rendait coupable {h) du-ciimede péculaten arrachant ou changeant quelque chose aux tables de bronze, exposées en public, sur lesquelles les lois étaient écrites, ou les bornes des champs figurées. Tout ce qui concerne les tables d'airain, gardées à Rome est traité fort au lona par Matthieu Egizxi, dans son Explication du senatus-ccnnUle des baC" etumalesy pag. l&i et suivantes.

(e) De (ttviqmî Hortte , 1. 1, c. 5, p. 45.

{ft Tac. àmmL, 1. mu.

iq) r.io., il Caliltn,

(h) Il 1. Qui tubuîam ^. P. ad ipg.Jul peeuL

PALli^OGRÂPHIE.

encore sous Tallus Hostilius » selon Denjs d*HaIicarnasse (473), que des planches de cbène. Mais cette opinion ne s'accorde

gis avec rinscription rapportée par Pline, 'autres auteurs contredisent également cette prétention, du moins par rapport aux traités d'alliance. Les Etrusques, leurs voisins, gravant des lettres sur le bronze et les lames de plomb, est-il vraisemblable que les Romains ne profitassent pas d'un exemple qui ne pouvait être indifférent à des hommes aussi passionnés pour la gloire (474) ?

A regard des lois des douze tables, Tite Live (^75), et Den^s d'Halicarnasse (476), disent, en termes iormels , qu'elles furent gravées sur l'airaio. Elles l'étaient encore au m* siècle, non-seulement , à Rome, mais aussi dans les autres villes de l'empire. Partout on les voyait exposées dans le barreau. Incisœ sint llcet leges duodecim tabulis et publico aère prœfixœ (477). Nous ne rappellerons point ici les lettres d'or (478-9) sur des colonnes d'argent, érigées en l'honneur de Jules César (480), ni la statue d'Apollon, sur la cuisse du-quel le nom du sculpteur était écrit en petits caractères d'argent (481). Nous ne dirons rien non plus d'un volume déterré dans les ruines d'Herculanum (482). Le cycle de Méton, ou nombre d'or, renfermant une période de dix-neuf ans, parut ^ux Athéniens une invention si merveil- Jeuse, qu'ils la tirent peindre ou graver en grands caractères d'or, au milieu de leur ^place publique.

Les sénatus-consultes dressés au sujet de la puissance tribunitienne (483), que Tibère avait demandée pour son fils Drusus ; le sénateur Hatérius , par un excès de flatterie, opina pour les faire écrire en lettres d'or, il fut ordonné par un décret semblable que l'éloge de Claude , composé

(473) Lib. m.

(474) Les Béotiens (a) des environs ou mont Hélicon, mootrérent à Pausanias auprès de la fontaine d^Hippocréne un rouleau de plomb fort endommagé par le temps. On ne laissait pas d'y avoir écrit le poème d*flesiode, intitulé : Le* ouvrages des jours, 11 semble qu'ils voulaient faire entendre que ce monumeai était contemporain du même poète, ou

3a'll en approchait fort. Mais Tusace d'écrire sur es lames de plomb tire du livre de Job des preuves d^aoe antiquité beaucoup plus reculée.

(475) Lib. m.

(476) Lib. X.

(477) S. Ctpr. ad Donat, (478-9) Macbob., lib. ult., c. v.

(480) Au IX' siècle, la simplicité primitive avait repris une bonne partie de ses droits. Le monument trouvé par Marquard Freher (b) dans le cabinet de rélecteur Palatin est plus propre à la constater, qu*à y donner atteinte. C'est une verge de fer de la srosseur d'un doigt, sur laquelle on avait écrit en lettres d'argent pur, et du siècle de Gharlemagne :

KaKLUS ImPBRàTOR ICS6IT CUBITUM ISTUV FACERB JUXTA MENSURAII SUÀM.

(481) L'usage des inscriptions sur la cuisse des statues était fort connu des anciens, et très-commun

(a) Padsah., I. IX, e. 51.

{b) EcEiART, CcmMiiU de rcb. Franc, crient., ». li

par Sénèque (484), et ju par Néron en piein sénat, serait crave sur une colonne d'argent, et récité à chaque nouvelle proinotioû de consuls (485).

La flatterie la plus outrée des Romains pour leurs empereurs n'a jamais poussé )a magnificence aussi loin, dans des cas rares et sans conséquence, qu'on la voit portée chez les Siamois, dans des conjonctures assez ordinaires. Toutes les fois ciue leur roi écrit aux grands princes, il le fait toujours sur l'or. Les lettres qu'il adressa au Pape et à Louis XIV étaient écrites chacune sur une lame d'or, d'un pied de longueur et d'un demi-pied de largeur et d'épaisseur. Les lettres d'or, sur des étoffes, dont parle Apulée (486), étaient sans doute plutôt Élites en broderie, que peintes avec une liqueur dor.

VIL Lettres sur Vivoire et les os ; juris^ prudence des Gaulois : examen dun texte important du Querqlus , quel âge peut-on accorder à cette comédie? — Les lois des décemvirs auraient été écrites sur douze tables d'ivoire (487j, si l'on écoutait le jurisconsulte Pomponius. Mais cette opinion, qui passe pour singulière , lui attire tous les jours les reproches des savants (488). La dispute gît uniquement dans le fait : car la difuculte n'est pas de savoir si l'on pouvait écrire avec des liqueurs sur l'ivoire, ou bien V graver des lettres. Il est sûr qu'on faisait l'un et l'autre.

Il ne parait pas nécessaire de rien ajouter à ce que nous avons dit, touchant les écritures sur cette matière (489); si ce n'est pour joindre les lettres en relief auic lettres tracées avec des liqueurs, ou gravées en creux sur l'ivoire. Mais les premières se faisaient plutôt par l'enlèvement de l'intervalle des lettres, que par l'élévation de celles-ci au-dessus du niveau des tables mêmes. Ainsi c'étaient là proprement des

chez les Etrusques. Saint Jean dans VApocalgpse (c) y fait une allusion manifeste. Le Verbe de Dieu^ nous dit-il, portait écrit sur son habit et sur sa cuisse : Le Roi des Rois et le Seigneub des Sei-

GxNEURS.

(482) G^est, selon les nouvelles publiques, une lame ou rouleau d'argent mince comme du papier. Quoiqu'on y ait découvert des caractères grecs, on n'en sait pas le contenu, parce que la crainte de les endommager fait qu'on n use en ôter la rouiiie, ou, selon M. fionami, le dérouler : peut-être faut-il lire dérouiller.

(485) Tacit., Annal., 1. m, n. 10.

(484) Ibid., 1. xui, n. 1.

(485) DiONis, Nie. Rerum Rom. epitom., auth. Jo. XiPHiLLNo; Luteti», 1551, in-4^, p. 148, gr. p. 115, •

(486) Lib. Ti.

(487) Terrasson prend un milieu. Ces lois furent, selonf lui, d'abord écrites sur l'ivoire, et bientét après gravées sur le bronze.

(488) Saint Prudence, lib. n contra Symmachum^ semble pourtant la favoriser par ces paroles :

Dicant cur candida sit lex Bis sex in tabulis.

(489) Nouv. Tr. de DipL, t. I, p. 454.

(c; XIX, 16. ' •

lettres toutes d'ivoire. Tels sont les caractères des diptyques du xv* siècle , dont nous donnerons un modèle dans notre ir planche gothique (4.90j.

Les os furent aussi employés aux mêmes usages, et particulièrement chez les Gaulois

(*9Ô) r* clas., 3* divis., 2* subdivis., 5» genr., :)• espèce, n. 1.

(491) Le slyle comique ne s'accordcniit pas mal de sentences de mort aussitôt exécutées que rcndues de sentences uniquement écrites sur les os du coapible. Scribunlur in ossibus ferait allusion au genre de supplice employé par les Gaulois, et non pas à la matière, sur laquelle ils é4*.rivaiciit effectivement leurs arrêts de mort. Par là, Ton ferait plutôt entendre qu'ils ne les écrivaient point du tout.

(492) Habeo (<i) quod exoptas, vade, ad Lxgerem vïmo : Quid tum? ÏUicJure àentiutn vivunt homines : ibi nuUum eht prœsttgium : ibi sententiœ capitales de robore proferuntur et icribuntur in os$ibu$ : illic eliam rtutici pérorant et privati iudicant : ibi totum licet : »i dives fueriê^ patus apeUaberit : $ic nostra loquitur Grœcia : 0 silvœ, o solitudines ! quiê vos dixit Ube^ ras? muitû majora sunt^ quœ tacemus : lameninterea hoc sufficiL Neque dives ego sum, neque robore uti eupio : noio jura hœc silvestria, La comédie, d*o& ces .paroles sont tirées, porte pour titre : Plauti QueroluSf ou bien Autularta. Elle fut publiée in-8* à Paris, chez Robert Etienne en 4564, par Pierre Daniel, Orléanais, et depuis, réimprimée par Gommelin avec les notes du premier éditeur, de Rittersbusius et de Gruter. Pierre Daniel bailli de Fabbaye de Saint-Benott-sur-Loire, qu'il qualifie de plus célèbre et de premier collège de tonte la France, profita du pillage de ce monastère fait par les Huguenots. Après s'être emparé d'une l)onne partie de ses manuscrits, ileut l'adresse d'en racheter a vil prix plusieurs autres. Celui dans lequel notre Aulularta se trouva renfermée était l'un des plus anciens. L'abbaye de Saint- Rémi de Reims en conserve un autre, d^un mérite à peu près égal. D. "Rivet (b) n'a pas eu de peine à

Srouver que l'auteur de ce drame est fort distingué e S. Gildas de Rhuys, ou de Gildas le Sage, à qui c(uelques-uns (e) l'ont attribué par une méprise visible. D'autres l ont cru de la (in du vr siècle : quoique le style soit d'un goût bien différent, et que, sous nos premiers rois français, on n*ait jamais rendu la justice d'une manière pareille à celle qu'on voit ici décrite. Selon Pierre Daniel, les juges gaulois mis en jeu n'étaient autres que les druides, ainsi nommés parce qu'ils prononçaient leurs jugements soiis les cbênes ; comme il y avait de son temps, dit-il, des juges oui exerçaient leurs fonctions sous les ormes. D'où ils avaient pris le nom de juges sous Vorme,

D. Rivet à raison de faire remonter le QueroluSy au moins au commencement du v* siècle. Ce qu'il prétend prouver par sa dédicace à Rutilius Numatianus. Maià ce dernier mot est de trop, et ne parait point dans la dédicace. Le nom de Rutilius ne fut pas rare chez les Romains, et plusieurs personnages distingués le portèrent du temps de la république et sous les Césars. L'opinion de ceux qui fixent le le Querolus à l'empire de Théodose est sans doute la plus commune ; son premier éditeur l'avait embrassée, sans pourtant l'envisager autrement, que comme une conjecture. Taubman et d'autres n'y

{a) OMerdiis, antinua comoBdla DuoqiiaiR antehac ediU, qu» in vetusto cod. ma. PlauU AumaHaf inscribilor, nuoc primum a Petro Danlele Aarelio luce donata, et notia iilusirata.

(b\ mu. tut. de ta Fran, U IH. p 281. (c) M. Accu TLAirri, Comœd.^ studio etioduslria Frid Taubmanni, 1602, in*4', p. 1268.

{d) Labbs BibUottu nova mti., 1 1, p. IM)6 ; Harlot, Hisl.

de la lA)ire. Ils écrivaient dessus les sen** tences de mort , qu'ils avaient prononcées aux pieds des chênes (h9i) ; si 1 on prend à la lettre , comme Tout fait jusqu'ici tous les auteurs, un texte fort sin^lier (493), et fort propre à éclaircir la manière dont les Gau-

trouverent rien à redire; Goujet, dans son premier supplément au Moréri, met la composition de la pièce sous Tliéodose le Jeune.

Mais qu'alors les Gaubis de la Loire exerçassent le droit de vie et de mort , que la plaidoirie y fût abandonnée à de simples paysans, que des personnes privées y prononçassent des sentences de mort sans appel ; en un mot, qu'il y régnât une licence entière ; ce sont des faits qu'on ne persuadera pas aisément à ceux à qui la politi<|ue romaine n'est pas tout à fait inconnue. Elle consistait principalement à dépouiller les peuples vaincus du droit du glaive, et souvent à leur faire recevoir la jurisprudence des vainqueurs. On a des preuves, en grand nombre, qu'elle fut introduite dans les Gaules après leur conquête ; s*il faut en excepter la Gaule septentrionale, on ne prouvera pas que cette exception s'étendit au droit de vie et de mort, on ne manquera pas même de raisons pour aller plus loin. Les Gaulois septentrionaux peuvent avoir mieux conservé plusieurs de leurs anciennes coutumes que la plupart des autres peu-^ pies, mais soutenir oue le droit romain n'ait jamais pénétré dans la Gaule Cisligéritane, pas même à quelques égards ; cette prétention paraît sujette à de grandes difiicullés. Comment l'accorder avec les tesuments de S. {d) Rémi, évèque de Reims ; de S. Perpet (e), évèque de Tours ; de (f) Chadoin et de Bertram, évèqiiesdu Mans; d'Ermentrude (g) et de plusieurs autres, dressés dans les provinces sep^ tentrionales .des Gaules. Les Fo. mules angevmes» au moins en (/i) partie du commencement du vi* siècle, ne renfennent-^lles pas divers monuments de la jurisprudence romaine, «*tnaéme de rétablissement d'un tribunal à Angers où la justice était rendue, précisément selon le droit romam ? Marculfe aurait^

sptentrionale pour manuscrits mêmes du code théodosien ou de son iliterprétation, écrits dans les provinces septentrionales, et notamment 0) dans le diocèse de Rayeux aa IX' Siècle, ne semblent-ils pas déposer en faveur du droit romain dans ces contrées ? Combien d*autres preuves ne pourrions-nous pas accumuler ? Combien d'exceptions aux allégations contMires ne pourrionsnous pas apporter, si nous ne craignions de nous écarter trop notre but? Qu'on fasse donc remonter, si l'on vent, quelques branches du droit coutumier jusipi'aux anciens Gaulois; loin d y trouver à relire, on aurait tort de ne pas applaudir aux savanus rechercties qu'on a produites sur une matière aussi intéressante ; mais l'exclusion totale donnée aa droit romain, dans une partie si considérable des Gaules, ne peut manquer de trouver dts conCradicteurs.

Si le texte rapporté ne convient pas au siècle des Théodoses, faudra-t-il l'entendre du temps de Plaute, où les Gaulois administraient certainement la justice, suivant la simplicité de leurs anciennes coutumes, sans appareil de tribunaux, sans chicane, saits avocats, sans procureurs, sans cables de cire ni de

JUw. LÎ, 1. u, f. 11, p. 180.

(e) 8fnct:eg.,i, V,p. iOX if) fkàKLjAnatect, t. lîl, p. (09. 160.

{g) Dere diptom., Supplem., p. 91 (*)V D<ftrel«'!.p.503.50i.

(i) Bouquet, t. lY, p. 465, ei seq.

U) Mê du Bot, n. My

PALEOGRAPHIE.

lois administraient îa justice. JL.es Danois, nous le répétons d'après D. Mabillon (493), avaient coutume d'écrire leurs lettres, non seulement sur le hâtre et le frêne, mais encore sur les cornes et sur les os.

VIII. Lettres écrites ou peintes sur les briques j les urnes y les amphores ^ les tombeaux; recette de V encre des anciens. — Les anciens

broDze? Mais Fauteur se distingue nettement de Plaute et des anciens dramatioues latins. Ce caractère n'obligerait pas à la vérité de le placer après la ix>nquéte entière des Gaulois, s'il ne citait (a) Gicéron, et s*il ne faisait une allusion (b) manifeste à TEnéide de Virgile. Nulle autre preuve incontestable, du c<)té des traits relatifs à 1 histoire, ne le fera des;cendre au-dessous de l'empire d'Auguste. La description, d'ailleurs, qu'il fait de la jurisprudence et des mœurs gauloises ; son silence sur celles des Chrétiens et sur leur religion, quoiqu'il eût des occasions continuelles d'en parler, ou du moins d'en peindre quelijues traits ; les censeurs ordinaires supposés en plein (c) exercice de leur charge, quoique abolie, ou plutôt réunie à l'empire par Auguste ; les sentences jfe vie et de mort attribuées aux druides, quoiqu'ils eussent été proscrits (d) des Gaules par les lois et les édits de Tibère et de Claude, semblent devoir remporter sur les objections chancelantes tirées du style, et sur des usages en vigueur dès le commencement du m* siècle, mais dont l'origine peut remonter bien plus haut. Schoepflin, dans rexcellent ouvrage qu'on vient de citer, appuie ce deniier fait sur Pline, HisL nat,, I. xxx, c. 1 ;*sur Suétone, in Claud,^ c. 25 ; sur Aurélius Victor, De Cœsaribus, c. 4. Il ajoute, page 561, qu'il n'est point douteux que, sous Claude, les druides ne se soient réfugiés au delà du Rhin, pour s'y mettre en sûreté. H avait dit, p. 84, qu'ils avaient jpeut-ètre passé chez les Germains ; le texte de Phne sur la proscription des' druides est formel. Qui sait même si ces sentences prononcées par les druides aux pieds des chênes, et suivies d'exécutions sanglantes, n'attirèrent pas contre eux ces lois foudro)rantes des empereurs romains ? Us n'étaient pas moins -jaloux du droit de vie et de mort qu'usurpaient ces Gaulois, qu'ennemis des sacrifices où ils immolaient ou faisaient (e) immoler des victimes humaines. De pareils sacrifices supposaient quelques sortes de sentences, portées contre ceux dont le sang devait être répandu. On sait que les druides étaient juges et (/) sacrificateurs à la fois. Quel(]ues progrès qu'eût fait le droit romain, dès Jules-Cesar, par toutes les Gaules, les druides s'étaient maintenus, jusqu'au temps de Tibère, dans la possession d'immoler des hommes, de se choisir des victimes, et par conséquent de prononcer, relativement à la religion, des arrêts de mort : ce qui dut suffire à l'auteur de notre comédie, pour lancer contre eux des traits satiriques. Ainsi, nous serions portés à la croire antérieure à la fin da I*' siècle et postérieure à Tibère. Comme étran-

Ser, le poète dramatique pouvait ignorer que la ignité de simple censeur eût été supprimée à nome; supposé que l'âge de la pièce approche de cette époque. S'il paraît s'attribuer (g) un discours barbare, ce n*est pas sans doute parce qu'il était lui-même barbare, ou parce qu'il toml)ait dans de fréquents barbarismes, puisqu'il écrit en latin et qu'il s'exprime en bons termes. Mais c'est, ou parce qu'il fait parler aux sciences des Grecs une langue narbare, ea leur faisant parler celles des Latins :

II) P. Dakul, p. 54.

b) Ibid. pTse. *

te) Ibid.^ p. 14.

(d) Àttatia tidmrala» aucior. Jo. Daniel ScBQDn.iiiu8. PeriodMê ceUiuL p. S4, 85; Peroî^M Emma^ p. 361. {e) STmAMMif Ub. iv.

Diction N. de Paléographie] etc.

et^ particulièrement les Etrusques (494), traçaient des lettres en encre noire ou rouge (495) ; non-seulement sur des tables de métal ou de marbre , mais de plus sur des urnes cinéraires et autres vases de terrç cuite ou de verre. On a déterré de ces -antiques, dont les lettres sont encore d'un noir aussi vif que si elles venaient d'être

Qui Grœeorum disciplinas ore narrât barbare

Et Latinorum vetusta oestro recolit iempore, ou plutôt parce qu'étant Grec lui-même, il js'exprimait en une langue étrangère, qui, par conséquent, était pour lui barbare. Ces mots : Sic {h) nostra loquitur Grœcia^ semblent désigner un auteur grec, et peutéti:e un Marseillais.

Au lieu de scribuntur in oBsibus^ Pierre Daniel veut faire lire scribuntur omî^im, parce que les stylets de fer ayant été interdits aux Romains, ils furent obligés d*en substituer d'os, pour écrire sur leurs tablettes de cire. Mais l'éditeur oublie qu'il s'agit, selon lui, de la manière dont les Gaulois rendaient la justice, et qu^on l'oppose à celle des Romains ; ainsi son érudition est en pure perte. Quelque attentifs que nous ayons été nous-mêmes à nous en tenir au pur nécessaire, nous craindrions d'avoir passé les bornes d'une note, si le sujet était moins important et s'il ne semblait pas remonter à la source des formalités les plus antiques de la jurisprudence ffauloise*

(495) De re dipl., lib. i, c. I, n. 7, p. 48.

(494) GoRi, Difesa deW alfabeto, p. 38, 95

(495) Il nous est revenu que dans le chapitre où nous avons traité des liqueurs dont on s'est anciennement servi pour écrire, «lueiques personnes ont été scandalisées de ne pas voir cité une seule fois Ganeparius, quoiqu'il ait composé un gros volume, intitulé: De atratnentis cujuscunque aeneris. Peutêtre même s'est-on imapné que nous l'aurions pillé sans le nommer, ce (|ui serait un grand crime en fait de littérature. Mais, pour nous 1 imputer, il faudrait n'avoir lu que le litre de notre auteur. Son livre est, si l'on veut, très-digne de l'attention des médecins, des chimistes, des naturalistes, des peintres et des teinturiers, mais peu ou point des antiquaires. Après l'avoir lu ou parcouru avec soin, nous avons été surpris que cet ouvrage ait si peu de rapport à notre but. A peine en pouvons-nous détacher quelques traits uui s'y rapportent.' Nous aurions pu tout au plus aaopter sa recette de l'encre des ancien's, qu'il avait empruntée du livre xiu d*Oribase. Ils la (i) composaient, selon lui, d'une mine de noir de fumée, d'une demi-livre de gomme, d'une once et douze oboles de colle de taureau, d*un denier et trois oboles d'encre des ouvriers qui travaillent sur le cuir. Les premiers imprimeurs se sont servis de l'encre des anciens. On a depuis inventé d'autres compositions, qu'il ne nous appartient pas plus de décrire que les diverses manières dont les modernes font leur ^cre et .les peintres leurs couleurs. Ganeparius (j) apprend encore la composition de l'encre perpétuelle ou du stuc, dont on remplit les lettres creusées sur les tables de marbre. Il serait peut-être plus dangereux qu'utile de copier les secrets qu'il enseigne, ainsi aue plusieurs autres auteurs, pour faire évanouir l écriture au bout d*un certain temps, pour l'effacer et pour la faire paraître au gré de l'écrivain ou de celui qui serait initié au mystère. Eulin il donne le secret de faire revivre les anciennes écritures, dont on ne

(f) La ^religion des Gaulois^ U I, p. 89.

{g) Pag. 5.

A)Pa;î.18.

î) Descript, 4 c. 5. p. 297, edit. Lood.

li) Pag. âfo.

Ml

DICTIONNAlRfi DE MLE06RAPHIE, ETC.

Seintes. Les Académiciens de Cortone, les [uratori, les Bocchi, les Gori, ont à Tenvl célébré la haute antiquité dos briques dé-» couvertes en 1737 , à cinq milles d'Adria. Elles sont couvertes de lettres assez semblables aux étrusques. On croit môme y remarquer plusieurs chiffres romains {i96). Le dernier auteur ne relève pas avec moins d'admiration ia fraîcheur et la vivacité des lettres rouges des deux autres urnes de terre (W7). Plusieurs anciens monuments rendent témoignage h la coutume établie chez les Etrusques, d'orner leurs tombeaux d'inscriptions en lettres rouges ou noires. Les Romains (i98) avaient peut-être emprunté d'eux cet usage. Ils employaient l'encre et le vermillon sur les tuiles (499) , les vases de verre et les bières : pratique qui fut imitée par les Chrétiens, comme le prouve Boldetti dans ses observations (500), au sujet des anciens cimetières des martyrs et des premiers Chrétiens.

Les autres vases destinés, soit à puiser l'eau, soit à conserver le vin , pendant une longue suite d'années , ou à quelque autre usase , étaient aussi très- souvent chargés de lettres ou d'inscriptions. De là les noms d'umœ litteratœ (501), de Utteratœ (502). pctiles epistolcBy donnés à ees vases. On disait aussi ensiculus litteratus. Ces lettres étaient tantôt gravées en creux ou en relief, tantôt écrites avec des liqueurs sur les urnes ou les amphores : quelquefois on se

saurait MÀmer Tusage légitime, et surtout ^uaud on l'applique aux vieux manuscrits. Au reste, 8*ii entend qu'on puisse faire disparaître une écriture sans qu'il en reste aocuee trace, ce fait est contesté par les plus habiles vérificateurs.

(496) DifeêùdelPalfabete^ pag. cxxvi, cxxvii.

(497) Pag. CLXxxvu.

U^JGoftJ^MoHumenium tive columbarium^ p. 38»

(499) Les lettres sur Tor comme sur le marbre dont on décorait les tombeaux en étaient remplies, et elles en jetaient plus d'éclat. Minium.», clarioresque UtteruB^ vel in auro, vel in marmore eliam in ienulcrii faeit. Plin. lib. xxxiii, c. 7.

(500) Lib. I, c. i,p. 94,528.

(501) Plauti Rudens, act. H,scen. v.

(502) Ibid.y Pœnul., act. lY, scen. u.

(503) ÂPHL., 1. VI.

(504) Plaut., Casina.y act. U, scen. vi.

(505) Au lieu de les imprimer ainsi sur la chair, on se contentait souvent de les peindre, soit en .noir, soit en rou^, après les avoir gravées sur une tablette de bois. On portait cet écriteau devant les criminels, on les en chargeait ; on relevait au-dessus de leur tète. Saint Attale, Tun des martyrs de (a) Lyon, fut obligé de faire le tour de l'amphithéâtre,

K recédé d'une table portant cette inscription latine : iG EST AttàlusGhristiahus. Nous ne connaissons rien en ee genre qui mérite une aussi grande vénération que le titre écrit par Pikite, et mis sur le haut de - U croix de notre Sauveur. Il fut retrouvé par sainte Hélène, avec la vraie croix. Rufin (b) et Sozomène (c) attestent le fait. Le dernier, décrivant la tablette ue bois où était ce titre, semble insinuer

a) EusiB., HiiL, Ub« v, c. 1.

b) HisL, lib. X

c) Lib. u, c. 1.

d) Vendjedi tatm, §. 5, art, 7, n. 50.

i.e) BuUe d'Àlexand.yl, da 25 juillet 1496. (Bosius

contentait d'y attacher des billets qui marquaient leur usage. Souvent les tuiles, les briques, etc., portaient des inscriptions, où 1 on annonçait le temps , le lieu, le proijriétairc , Tentrepreneur et les ouvriers de leur fabrique.

11 n*élait pas rare d'imprimer des lettres, jusque sur le front des esclaves; d'où vien- * nent ces expressions chez les anciens : frofi' tes lilteratt (503), ou simplement litiera* ti (504^. L'empereur Théophile poussa la cruauté jusqu'à faire écrire douze vers iambesfsur le front des saints Théodore etThéophanc, en conséquence surnommés graptes.

En général, ces lettres se faisaient d'abord avec un fer chaud ; ensuite on les remplissait d'encre, aQn que leur impression durât toujours (505). Dans les siècles gothiques qui précédèrent le renouvellement des lettres , on a souvent rempli d'encre les lettres gravées sur les monuments , et notamment sur les pierres sépulcrales.

IX. Lettres de liqueurs ùiétalliques sur le xélin pourpréy de couleur de safran ou de pavot; commencement de récriture sur le vélin en pourpre: son progrès^ sa durée^ sa décadence. — On vient de considérer les lettres , comme écrites ou gravées sur les métaux, les pierres, les verres, les terres cuites, etc. ; maintenant il faut les envisager, en tant que tracées avec des liqueurs métalliques ou minérales, sur le vélin ou sur le papier. Les manuscrits totalement en lettres d'or (506), ne

Su'elle avait été blanchie |K>ur recevoir dea lettres 'une autre couleur; mais il fait expressément envisager l'inscription comme s'ëtant conservée en caractères hébraïques, ffrecs et latins, conformément à ridée qu'en donne le texte sacré. Comment, après cela, M. Baiilet aurait-U pii faire dire (d) a Sozomène que les lettres en étiieni toutes rongées^ quand on la déterra, s'il n*avait pas écrit avec un peu trop de précipitation, et s'il ne s'élail pas fié plufc que de raison à la fidélité de sa mémoire? Le titre de la croix, si l'on lyoute foi aux f»rétentions des Romains, fui apporté par sainte lélèiie à Rome, et déposé dans l'église de Sainte- Croix à Jérusalem. Après avoir été perdu de vue et caché pendant plus de mille ans, il fut {e) découvert» sous le pontificat d'Innocent VIII, en U9^. Une relation du temps nous apprend qu^on trouva dans une cassette indiquée par ceUe inscription : if te est tiiulus verœ cruâs, une tablette où ces paroles étaient gravées et peintes en rouge : Jésus Nâzare- Niis BEX. JuDJBORUM. Lcs dcux demières lettres avaient péri par vétusté. Le mot entier était extrêmement endommagé l'an 1564. En 1648, il ne restait (/) plus que Nazar£Nus ue. Les lettres héi)raîques et |[recques n'étaient donc plus au temps de cette découverte ; du moins les auteurs n'en font* ils nulle mention, i Ai\jourd'hui (^), le titre ne parait plus blanc, ni les lettres rouges, soit à cause de la longueur du temps, soit qu'à force d'être manié, ces couleurs aient disparu. >

(506^ Quoique, dans notre premier volume, on ait déjà parlé des écritures en or, la matière n^est pas tellement épuisée qu'on n'v puisse ajouter des choses aussi curieuses qu'intéressantes/^ ailleurs.

Tract, de cruce, 1. 1, c il.)

(D J. Lips., Décrues, lib m, c. U.

{9} UdifORtf DE Stb-Mar», JM/to. mr PuSÊge de la erttiq., l v, dissert. 4, an. I, § I.

PALEOGRAPHIE.

êêt

paraissent cuère moins rares, que ceux dont toutes les feuilles sont teintes en pourpre. Parmi ces derniers, les uns sont enrichis de tettres d'or, les autres de lettres d'argent. Mais alors le premier métal se réserve certaineis portions de ces manuscrits, teUes que les titrés, les noms de Dieu, etc. Il ne faut pas confondre le vélin teint en

fjourpre avec le parchemin, couleur de saran (507). Mais, si Ton peut distinguer l'écriture, dite m papavere (o08), de celle qu'on traçait en lettres d'or où d'argent, sur le vélin teint en pourpre , on ne peut nier qu il n'y eût des rapports entre elles.

On ne doute point que les Latins n'aient appris des Grecs ou des Orientaux à rendre 1 or liquide, pour en écrire des livres ; mais on ne sait pas bien au Juste s'ils tiennent d'eux Fart de peindre le vélin en pourpre (509). Gii a pourtant tout lieu de le présumer.

Peut-être nVt-on aucun exemple plus Ancien de. livres en pourpre, que ceux dont parle Iules CapitoUn^ dans $on histoire de Maximin le Jeune. En le mettant sous. la

c'est un de cet sujets qui se prëseutent sous plusieurs facM : Gelui-d convient, également aux liqueurs dont on se servit pour écrire, et aui lettres iDémes.

(507) Saint Isidore (a) distingue trois sortes de parchemiDS : le blanc, le Jaune et le pourpré. Quoi qu'en dise (b) D. MabUlon, on a plus qtie sujet de donter si le parchemin appelé, selon lui, par Anastase le hîbliotliécaire, erocaïametcroceam, était réellement pourpré. Ces noma s'ajustent mieux avec la couleur iaane qu'on donnait à certains parchemins. D'ailleurs, le membratd$ (c) eroceit et le o'ûfM^ c x/»o M»rorç, r^élés plusie«rs fois dans la X" action du VI* coDcIte de C. P., ne désignent que des parchemins jaunes. iAbro {^) mmnéranacio crocato n'a pas non plot «ne autre slgaiflcation. Le terme xpox«toic, rendu par croceus et crocaiuê^ signifie cerlainement couleur de $afran, h n*est pas nécessaire d*en appeler à tous les lexîeograpbea pour rectifier une inattention ; si kl faute est d'nne autre nature, c'est que D. JM abîllon n'afaît pas vu d'ancien vélin jaune.

(608) An XI* siècle on trouva («), dans le tombeau t)e saint Florentin^ une inscription énonçant son nom et le jour de son martyre. Or, à prendre à Ja lettre les termes de rhisioire de sa translation, celle inscription était en pavot : erat autem scriplum in papavere. Une ancienne charte, mise à la soite de. la chronique d'Upsat, de l«an dehefler, pag. 152, fait mention de dalmatique», do chapes, de draps et d'antres ornements àt papavere. Les robes (f) togœ papamratm étaient connues des anciens, et iournirent matière à quelque trait satirique de Locilius contre Torquate^ Vossius (a) suppose ces étofi'es tîssues de fin lin. Soumaise (n), sor Soltn, les prétend d'une espèce de chevelure ou de lame qu'on tirait de la pourpre, du buccin et de quelques antres coquillages. Le P. Hardooin entend par ce terme les toiles qu'on rendait éclatantes avec un certain pavot. Pline, à la vérité, parfont (i) d'nne sorte de pavot, dît que sa semence, en été , donne an lin de réclat :^usîetfrs auteurs f ajovient de la blancheur. Que les anciens aient bien ou mal pris Vêla) Orig., lib. vi, c. 10.

{b) Derediplom^^p^ÂS.

(c) C<WHI. Lab., t. Vf, cof. ^IS, SI4.

{d) ii^id.. col.. 79 1,791.

ie) Aci: S9. Bened.sœciH* vr, l. It, part, ii, p. 809

(f) PLW.,lib vm, r. 48.

conduite d'un certain grammairien, sa mère (510) lui fit présent de tous les livres d'Homère en pourpre et en lettres d'or. Le vélin pourpré n'était pas sans doute, au commencement du m' siècle, une invention tout à fait nouvelle. Capitolin, n'aurait pas manqué de relever le prix dès livres d'Homère par cette circonstance. îfaia le silence de Pline, sur cet usage de la pourpre, semble nous ôter la liberté de le niire remonter au delà de la fin du i" siècle (511). C'était encore quelque chose d^assez rare vers le commencement du rr*. L'érèque Théonas qui florissait alors, conseille (512) à Lucieti,' grand chambellan de l'empereur, de ne point l'aire écrire sur le pourpre et en lettres d'or les manuscrits entiers^ destinés pour le bibliothèque du prince, sans uh ordre et près de sa part. Mais sur le déclin du mime siècle, les moines mêmes (513) s'occupaient à faire du vélin pourpré ; ce qui suppose que l'usage en était devenu bien plus commun. Saint Jérôme (514) enparlecommed'une mode de son temps fort accréditée : Inficiuntur membranfie colora purpureo : aurum it-

toffe p4m>averata ppur une toile de iin lin, appelé bysêinus, il n'est guère possible d'en faire Tappiication aux chapes, aux d^ilmatiques, à Tinscription dont on a parié. D'un autre côté, les anciens ont entendu par fuixoiy ou papaver une partie du corps de la pourpre. Ainsi nous serions fort portés à croire que ces ornements des bas siècles, désignés sous le nom de papavere^ étaient teinis en violet ou bien en pourpre, mais d'un deffré inférieur à la bdUe et traie pourpre des anciens^ L'inscription pourrait doue avoir été écrite avec une liqueur pourprée #u sur une. étoffe ou du vélin de cette couleur. Permis aussi de rapporter les expr^siona pupaverata^ ie papavere^ in pupavere^ moins à la teinture qu'à la matière.deretoffe ou toile tirée de la pourpre ou d'antres coquillages lanugineux.

(509) Joseph, Antiquit, Jud. 1. xii, c. Si.

(510) Nous ne pouvons nous résoudre à rendre

Sir : sa parente^ ces mots : quœdam parens sua ons croyons qu'il y a une fauté dans ^uér^am : on aura \\i quidam, qui' se rapporte à ^rammaftro, pour cttidam. On trouve bien des exemples^ dans les plus anciens manuscrits, de la transmutation réciproquedu q et du c. Des éditeurs peu au fait auront mal à propos corrigé quœdam. pour faire accorder ce relatif avec parens,

(511) Si Ton s'en rapporte à (j) Casley, longtemps avant saint Jérôme, on faisait usage de la couleur de pourpre sur le papier ou le parchemin. II n'en a pas d'autre preuve que ce vers :

Nec te purpureo vêlent vaccinia succo (k). Ovide ne parle ici toutefois que d une couleur pourprée, bien inférieure à la vraie pourpre. 11 est elair d'ailleurs qu'elle n'était pas répandue sur Tiitterieur du livre, mais seulement sur sa couverture. Ainsi, nons ne recomialtrons point dans ce texte le vélin pourpré.

(M2) Spicileg., t. XO, p. S49.

(515) S. EpHKBii., parsenes. 47, BibL PP. asc^L, t. Il, p. iU.

(514) Epist. 22 ad Susiotk., a. 5i.

) Biymologic. > ) Pag. iU6, H27

(i) Lil). XX, C. 19.

(/) Caslbt, Préf.f p^ xm.

[k) Trist., 1. 1, eleg. 1.

queidt in litteras (515). Elle se maintint ayec distinction, durant les v* et vi* siècles. A peine s^aperçut-on, que la barbarie des vir et viir siècles eût fait perdre au vélin pou«rpré quelque chose de son éclat, ou qu'on fût moins curieux de se procurer des livres si précieux (516). Mais, malgré le goût décidé du ix* siècle pour la magnificence, en genre de manuscrits, sur son déclin, Tart môme de teindre le vélin en pourpre

Sarut fort déchu de son ancienne perfection, fès lors on ne vit guère que des manuscrits en pourpre rembruni. Ce violet éclatant, ce rouge foncé, ce bleu gracieux, quoiqu*un peu sombre, ne s'y montrent plus avec leurs agréments primitifs (517).

Rarement la pourpre se répand-elle sur les manuscrits entiers. Elle n'en occupe souvent que certaines portions, comme le canon de la messe, le frontispice des livres y

(515) Quelques feuilles écrites et de vélio en pourpre, sont conservées dans la bibliothèque Gotionienne. Gertaîus Anslais ue fout pas difficulté (a) de les prendre pour les débris de ces manuscrits magnifiques, dont (b) parlait saint Jérôme.

(516) Saint Wilmd, archevéoue d'York, au vu* siècle, fit à son ^lise (e) un présent qui parut bien merveilleux aux Anglais, lorsqu*il lui donna un livre des Evangiles de vélin pourpré, écrit en lettres d*or, et couvert .de lames d or et de pierreries. Ce

' n'était point un. ancien manuscrit qu'il eût apporté d'Iulie ou de France. Il le fit écrire (d) et orner lui* même. Il y ajouta, selonfD. Mabillon,(e) une Bible semblable à tous égards. Ce qui prouve que, sur la fin du VII* siècle, et le commencement du viii*, on n'avait pas interrompu l'usage d'écrire en or et sur le pourpre.

(517) Ce pourpre est pour le moins obscur, rembruni, et par conséquent sans éclat. Il n*a ni le beau violet du psautier de Saint-Germain des Prés, ni le bleu cendré d'une part ; et, de l'autre, le dair et brillant quoique un peu foncé du manuscrit des Evangiles de la même abbaye. La dernière qualité est commune au beau manuscrit des Epttres et des Evangiles du cardinal de Soubise, et à la plus srande partie de celui de la Bible de Gharles le Ghauve, donnée par les cbanoines de Metz à Golbert. Mais la totalité des trois premiers est en pourpre, au lieu qtt^le vélin du dernier n'en est teint que dans un très-petit nombre de feuillets, et encore pas toujours en entier. Le vélin de ces manuscrits, de sombre qu'il est, avant que d'être exposé à la splendeur du grand jour, parait d'un pourpre éclatant, lorsqu'on place le feuifiet entre l'œil et la lumière.

(518) Les cadres ou fonds de pourpre isolés, et souvent placés au commencement des livres, sont assez fréquents sur les plus précieux manuscrits du IX* siècle. Le célèbre manuscrit des Evangiles, donné par Gharlemagoe à Aix-la-Ghapelle, réunit le vélin

Sourpré, avec l'écriture en lettres d'or. Le psautier édié par cet empereur au Pape Adrien I*% quoiqu'il ne Tait pas reçu, peut-être parce qu'il vint à mourir dans la circonstance où il devait lui être présenté, est, à la vérité, en lettres d'or, mais il n'a que quelques portions en pourpre. Ecrit par Dai^ulfe m, et d'abord dédîé àGbarlemagne lui-même, il fut depuis donné à saint WiUebald, premier évêque de Brème.

(a) CàsUY.Prif., p. xu, BUdioth. BrUm., 1755, t. Y, psrt. il, art. 8, p. S90.

(b) Prœfai. in Job.

le) Pliubt, Uiât. eceL, I. xxxix, n. 46.

id) Mabil., Acia SS. sœeul. iv, parte ii, p. ÎS52.

(e) l)t re aip!om.^ p. 44

(0 Lambic. Comment debibl, Cœtar,^ l ii, c 5,p,296,

les titres, les enaroits les plus remarquables^ ordinairement bornés à cies cadres ou bandes de pourpre (518). Tantôt elle ne s*étend que sur une ou deux lignes, tantôt que sur un mot, tantôt çiue sur quelques lettres. Elle règne précisément sur les morceaux d'écriture qu on veut relever au-dessus des autres; dans les manuscrits mêmes, où tout le reste du vélin reçoit immédiatement les lettres d*or. Telles sont les Bibles et les Heures de Charles le Chauve de la bibliothèque du Roi , auxquelles nous ajouterons quelques superbes manuscrits du trésor de Saint-Denis en France et de plusieurs autres églises (519).

Quoique nous ne prétendions pas faire connaître tous les manuscrits, totalement en vélin pourjjré, et d'ailleurs en lettres d'or et d'argent, nous ne laisserons pas de donner une idée de quelques-uns ^520)

Cette église Ta conservé durant huit siècles. Lambécius (i^) ne. savait pas comment il avait de là passé dans la bibliothèque de Tempereur. Nous savons encore moins comment ce savant homme (h) avait pu se persuader qu'Adrien eût fait si peu d estime du présent de la dédicace et des vers (Tun si grand monarque, pour 8*en défaire de son vivant, en faveur d'un de ses sujets. On trouve beaucoup de manuscrits et surtout de pontificaux du ix' siècle, où seulement quelques feuillets ou portions de pages sont pourprées. Cette décoration est particulièrement réservée pour les^canons de la messe. Un manuscrit des Evangiles' de la bibliothèque du roi d^Aogleterre (t) n'a que quelques feuillets de couleur depourpre, ^ritu en lettres d'or et d'argent, avec des enluminures également précieuses. La bibliothèque Cottonlenne renferme un manuscrit des Evangiles, sur lequel . le roi Athelstan ordonna que ses successeurs prêteraient serment à leur sacre. Mais il n'y a qne les deux premiers feuillets de saint Matthieu qui soient teints en pourpre, et que les deux ou trois premières pa^ de chaque Evangile qui soient en lettrés d'or capitales.

(5i9) On a d'autres Heures de Charles le Chauve à peu près semblables, dans la bibliothèque impériale de Vienne. Ce manuscrit appartenait autrefois à un monastère de religieuses de Zurich. Il fui imprimé à logolstadt en 1585. Celles de ki bibliothèque du roi, toutes en lettres d'or, furent écrites vers le milieu du ix* siècle.

(520) Parmi les plus insignes manuscrits en pourpre, le P. Bianchini (;) célèbre ceux des Evanciles de Pérouse , de Brescia et de Vérone. Leur couleur est d'un bleu obscur, qui Uie permet de les lire qu'à la faveur d'une lumière éclatante, n ne donne pas moins de 1200 ans au premier. Le second est celui dont M. Carbelli rend un compte fort détaillé dans une lettre insérée au premier tome de la Dé-

('en$e de$ écritures cananiauei (k). Plusieurs de ces èuilles, dit-il, paraissent bleues, quoiqu'elles aient été teintes en pourpre. Les caractères sont en arffent; mais cette couleur, s'étant évanouie en bien des endroits , semble y avoir été remplacée par celle de l'or. On y serait trompé, si Ton n'y regardait de bien près. C'est pourquoi, conllnue-t-il, nous l^appdlions autrefois livre d'or ; au lieu que nous lenon>mons maintenant livre d'argent. La peinture en es*

(g) Ibid., p. 261.

il) Ibid., p. »6, 297.

(i) Caslkt. Préf. , p. xu, Bilioik. BriUmmqus^ t Y, 1735 p. 551 • '

U) VindieUB emumcar, Kviptwr., 1. 1, p. oc&xxu,

(k) Pag. GGGI.ZZX1

4tô

PALEOGRAPHIE.

Pour renare pius compassés les caractôces* eu or, on trace deux lignes blanches, servant à borner la hauteur de celles de l'écriture (521).

X. Lettres de liqueurs métalliques ^ et surtout d*or et émargent , écrites sur le vélin et le papier blanc. — Les manuscrits, où les lettres d'or remplissent des pages entières , se rencontrent plus fréc[uemment que les pourprés, et principalement, que ceux qui le sont dans toute leur étendue. Sans parler des orientaux et autres, en quelque sorte plus étrangers , quoiaue plus voisins (522) ; on en connaît autant a proportion de grecs que de latins (523) , où l'or brille aux titres

tantôt onie, tantôt raboteuse. On ne sait, si Ton doit en rejeter la cause , soit sur les différentes mains des enlumineurs , soit sur la matière , soit enfin sur les pinceaux. L*obseryation de M. Garbelli, au sujet de la peinture d'argent, ici polie, là rude et épaisse, se-vérifle encore plus souvent, par rap- 'port aux lettres rouges des manuscrits du Yin« siècle. On ne s'arrêtera point à décrire le manuscrit des Evangiles de Notre-Dame de Reims. 11 est également en lettres d*or et d'argent, et sur vélin pour^ pré. Celui de S. Denis en France, en caractères a*ar^nt sur le pourpre, ne paraît que du ix« siècle. En parlant d'un manuscrit des Evangiles, conservé à Upsal , le P. Biancbini le donne pour la version gotidque d'Ulphila , et prétend, sur le témoiffnage de (a) Fabricius , témoin oculaire, qu'il est écrit sur le pourpre en lettres d'or. C'est pourtant le fameux livre d'argent , qui ne porte ce nom que

Sarce qu'il est écrit en lettres d'argent, à l'exception es titres et des -quelques lettres initiales, qui sont en or. C'est par une méprise pareille çue le manuscrit de Brescia passait pour être écrit avec l'encre d'or, quoiqu'il fût en lettres d'argent. A ces manuscrits en pourpre il joint, d'après le P. le Long (6), la Bible que ThéMlulfè, évêque d'Orléans, fit écrire vers ran^90^:une autre appelée de Saint-Maur, co-

Ëe vers l'an 876, et depuis donnée par le roi Cbar- Yà l'abbayede Saint-Denis, quoique le pourpre ne s'y montre que sur quelques morceaux. Le P. Biancbini parle encore de quelques autres manuscrits de la même couleur, qu'on trouve au Tatican , à Saint- Jean de Carbonara de Naples, à Corbie, à Saint-Germain des Prés. U n'a pas été mieux informé , au sujet de la bibliothèque de Saint-Germain que de celle de Corbie, quand, par rapport à la première , il représente son manuscrit des Epîtres (c) de saint Paul , en grec et en latin , comme écrit sur du vélin poui^ré. Ce manuscrit très-antique n'est ni en lettres d'or ou d'argent , ni en pourpre. On n'en connaît point non plus de ce genre à Corbie. C'est encore Fabricius qui l'a induit en erreur', au sujet (<<}damanuscritdeSaint-Germain.Le.P. Biancbini ne parle pas d'un antiphonier écrit sur le pourpre par ordre de l'abbé Ansegise, et dont il est fait mention dans la chronique de Fontenelle. Ik de Mesmes (e) avait un manuscrit de l'Ecriture sainte en pourpre et en lettres d'or , terminé par une chronique d'Isidore et par un opuscule de saint Eucher en lettres d*arffent. Cnarlemagne fit présent à saint Ângilbert, abbéde Saint-Riquier, d'un texte des Evangiles, écrit en lettres d'or sur du vélin pourpré. D.Martène, qui Pavait vu dans ses courses littéraires, en fait une

a) BibUalh. grœca, lib. iv, e. 5, p. 180*

(b) BibL fOiT., 1 1, c. 4, p. 256.

ic)

{€) LnoHG, BiM. taer., U F, p. 935.

des livres et des chapitres mêmes. Ceux où il éclate, dans la totalité de l'écriture, paraissent unpeu^plus rares. Cette sorte de magniâcence est particulièrement renfer* mée dans les ym*, ix* et x* siècles. Elle s'étend surtout aux livres d'église, comme (52<i.) épltres, éyan^les, pontificaux, à plusieurs ma» ûuscrits des livres sacrés, à presq[ue tous ceux qui furent destinés à l'usage des empereurs, rois, princes et princesses. Tels sont les deux premiers manuscrits de la bibliothèque du Roi. Ce sont deux Bibles maenifi- 2ues, toutes deux présentées à Charles le hauve ; mais la première avait au moins été destinée pour Gharlemagne (525). Quoi-

mention expresse (H. Nous avons fait représenter, dans la planche xii ae notre premier volume , l'écriture de deux manuscrits grecs en pourpre et en lettres d'or et d'argent , tirés , l'un de la bibliothèque impériale et l'autre de celle de Zurich.

(521) Les manuscrits pourprés sont souvent réglés delà sorte. Partout ailleurs on rencontre[difficilement des lignes d'écriture, renfermées entre deux parallèles mncbes. tl est d'usage qu'elles ne portent que sur une horizontale qui sert a les rendre droites.

(522) L'or , dont les titres d'une histoire (g) de saint -Alban étaient ornés, n'attira pas moins les yeux des curieux, quand on en fit la découverte, que les lettres bretonnes ou plutôt anglo-saxones , dont elle était écrite. Elle parut si vieille, qu'à peine se trouva-t-il, au commencement du xi* siècle, un homme qui pût la déchiffrer. Nous ne parlons point de mss. syriens en or, et surtout des Arabes , ou souvent on voit briller l'or jusque dans les points.

(523) Dans un diplôme accordé à l'abbaye de Prum , Lothaire fait mention des images et des caractères eu or, dont était orné le commencement des mss. qu'il avait donnés à son gouverneur. Nous transcrivons à peu près les propres termes de là pièce, rapportée dans la jchronique de Godwic (h) , d'après orowerus (t). Un manuscrit de la bibliothèque Gottonienne représente les noms des bienfaiteurs de l'église de Durham , ^en or et en argent ; mais depuis le roi Adelstan , ils sont en encre ordi-

\cj VMidœitbid!

i) Bibl. gr,, ibid.

, \ LnOHG, BiM. tt , ,

(/) y<f!M> ^f^'p u* part,, p. 175.

Aréopagi

de saint Maxime.Outre les titres et les lettres initiales, on y voit des pages entières en écriture d'or. Mais le manuscrit est du temps même auquel il fut donné. Ainsi les Grecs n'ont jamais perdu l'usage d'écrire en or. On pourrait en citer une foule d exemples antérieurs.

(524) D. Rivet semble y joindre {k) les calendriers, martyrologes, lectionnaires, missels, pénitentiela , sacramentalres , antiphoniers et autres. Il fait expressément mention , d'après le P. Martène (/), d'un antiphonier en lettres d'or, dont le moine Gontbert enrichit l'abbaye deSaintBertin.En général la mode des manuscrits en lettres d'or, et singulièrement des livres d'usage , dans la solennité des saints offices, n'eut peut-être jamais plus de cours qu'au ix* sîède.

(525) En 1675, les chanoines de Metz en firent resent à Golbert ; elle avait été offerte, en 850 ou 51, à Charles le Chauve, par l'abbé Vivien et par

les moines de Saint-Martin de Tours. C'est une

(g) Matth. Pai», rilœ abb. 8. àtbam, p. ^*

\h) Tom. I, p. 15.

it) Atmal. Tremr.t l. vm, c. 1U. .

m Hisl. derabbayedeSdni'DadSfP.M.

\k) Jïtti./i7(^r.,t.lv, p. 2%.

(l)'rAe». fl«ecd,t. Ill.p. 508, y

iC7

DICTIONNAIRE D& PALEOGRAPHIE, ETC.

que ces Ribles ne soient pas entièrement éeiites en lettres d'or (536) , les titres» lès I)femières pages de chaque livre» les initiales des minéas ne manquent guère» dans Tune ou l'antre» d'être formés de cette pré-* cieuse enere ; au Uèu que tout est or dans les Heures de Charles le Chauve. Il existe encore de nos jours beaucoup de manuserits dont les lettres en or remplissent toute Tétendue (527). Les titres des livres et des cba-> pitres des plus beaux manuserits étaient » dit^on » pour Fordinaire à lignes alternative^

iuépri$e» dans le P. Lon^ueval, de (a) Tavoir fait présenter à ce prince par hs moines de Saint-Martin de Metz, Nous ne dissimulerons poqrtant pas que Baluze (b) est, avant lui, tombé dans la même faute, et D; Gamet (â) après;; mais ces auteurs soal redressés par D. MabittoB (d) el par D. Rivet («\. La seconde BtUe» éammbd par Charles ¥ à Saiiit-Ueiûs, fat rsBiise, en 1595, entre les mains do président, garde> de la biblîotbè^iie du r<M, suivant Tarrèt de la Cour du *ifà du mois d*oel(^re. Elle avait servi à rédition de hi fiibte de Robert Etienne, en i5ât8. GlÉaries le Chauve fit présent à Kabbaye de Saint- Bénis d*lui livre des Evangiles^ écrit l'an &70,en lettres d*or. fi fui, dans la suite,eé(léàremp€reur Arooul; œ prince 1» déposa dans le trésor de Saînt-Emmentt de Ratishouie, où il se conserve aii\jK>urd'bui. C'est apparemment par pure conlnsâou d'idées ((ue Godefroi de Bessel \f) fait donaer, à cette abhave, le même vianuscrit par Charles le Cfaauve. D. itahilloR déclare (^) n'avoir jamais rien vu de> sem* UaMe. Smr ^uoi il renvoie à son Iter Germanicum. U s'y e&pliqae avec plus de précision quand il dit» pas;. 54, qu'il n'a point vu de hvres d'Evangiles plus predevt et plus éléffaat. L'ahbéde Godwic en a fait représeÉler «a momie dans sa cfaronk|tte^ pag. 46; éà Ton n'aperçoit rien, du eélé de l'écriture, de phis ■lenEeittenx que dass. les Bihles de la bibliothèque du rei, et tes Heures de Charles le Chauve. Mais la riebetse de 1» couverture a dû entrer pour quelque chose éans Félege qu'eu fait le savant Bénédictin* Le frontispice du manuscrit iie hn donne pas moins de rdief. On y voit, pour le temps» une magnifique peinture de Charles le Chauve assis sur son troue avec tous les ornements et les accompagnements qu'on a représentés au tome 11 de la France orteniaie de M. Ëckhart; pag. 564.

(598) Nous passéus sous silence une infinité de manuscrits oà Ton trouve quelques portions d'écr»ture en or ; mais nous ne devons pas oubtier de faire une mention spéciale d'un manuscrit des Ë^an^s du n* siècle ou toutes les paroles de J.-C. sont eu lettres d'or. C'est le 257* de la bibliothèque du rot. < (5d7) A Saln^Marlin de Tours, on garde un manuscrit des Evangiles en lettres d*or onciales. Il doit l'emporter^ par son élégance comme par sou antiquité, sur ceki de Sulnt-Emn^an, si l'on en juge par les modèles que nous eu donnerons. Justiuien» dans ses Insikutes (A), enseigne que les écritures insérées dans les parchemins ou papiers appartenant à une autre personne, fassent-elles en lettres d'or, ne donneni unie atteinte à sa possession antérieure. C'est la même chose que si l'on bâtissait ou planimt sur le termi» d*aulrui. Cette maxime lait sentir eomlnen, au vi* siècle, l'usage des lettres dTor était ( commun. Suint Boniface (t) , apétre de l'AUemagne, (

fa) BUt. de tÈqi. galHc, t. Yf» I. xvu, p. 965.

\b) Capitul., t. il, p. 1572 el senq.

le] ÈiHifit^ l^mifief ifVéC» a. 55» p. «.

I De re diplom., f. v, p 364. {4)]iùLmér,,i.\4u.lXl [l\ Chrome^ Gadwic., 1. 1» e. 1 , a. 4. (g) AnnuL Bmed., t. Il(, p« 164.

{h) Lib. II, til. i,§35.

(j) Epi$i. 28, ediu Serrarii, p. 40,

ment en lettres d'or et d*argent ou d'autres couleurs. Mafféi (538) a cru trouver des preuves de cet usa^e^ dans le manuscrit de Vérone ; mais des litres totalement en or ne sont pas moins magnifiques.

Lorsque les lettres sont ai^ntées» on dirait qu'on aurait appliqué sur le vélin une première couehe de vert. L'argent détaehé, souvent il ne reste plus qqe des lettres vertes. Quelc|uefois aussi les lettres d'argent , h force d'être déteintes, paraissent nojres (9â9)% Mais cptte couleur varie, selon

demande à l'ahbesse Eadbnrge de lai écrire les Epitfes de saint Pierre en lettres d^or, et eq^ndant il semble destiner à cet ouvrage le prêtre Eoba. Au nkème siècle, les reliffîeuses d'Eike, dans la Belgique, se rendiieAt m libres par les psautiers, lesbvanfilesel autreslivres saints qu^elles écrivirent en lettres d'or» Bana la cc^iégiale de SaiatrJeaB d'Herford, eu Vféstphalie, ou voit le manuscrit des Ëfangiles de Witikind, prince ou petit roi des kmgrrrarieiis,.écrti en lettiesCor. Louis le Débonnaire fit présent d'uu maiMiserit seuiblablo-à l'abbaye de Saint-Médard de Soîssons, oà il s'est consenFO jus-

2u'à notre temps. Le P. I>uipolcnet, au troisiéine ourual des Savant^, de janvier i%%^ nous décrit ua manuscrit des quatre Evangiles d'une éfpale richesse, aj^rtenant à 1 abbaye de Satute-Genenriève ; itèresttme du temps diu mtoe empèreiir qh de Charles le Cbauve. Sous l'empire de Louis le Pieui^ le moine {k) Placide écrivit en lettres d'or un lirre des Evangiles, qu'on retrouve encore aiyourd'hui dansTahM^Dode Uautvilliers. Un autre manuscrit, toujours (/) en lettres d*er, appartenant à la bibliothèque de Bèà^y. tut d un grand secours à Erasme pour corriger la version du rtouveau Testaumat. De ]a«reils Actes des apdCrea se (m) couservent au Yaiican, avec bien d'autres manuscrits trés-précieiu. Celui-ci fut donné au Pape Alexandre \l par une reine de Chypre; mais il fat dépouillé d'une cou.verturo d'or^ eartehàe. depiçieenes^ brs^ae Rome fut saccagée seus CharlesHi^uint. L'empereur Lofthaire (n) it p^ésenA d*un Psautier en letires d'or, à l'abbaye de SaintrHubert des Ardennes» qui le possède eitcoce. Leèomâe £vraiMl(<^9parsott testamentde Tan 8^7, lègue à, son Uk Iwreager' un Psautier en caractères d'ov, et à soa autre lils, Adalard, un lectioniraire asvec les EpUrea et Evangiles écrits de même. Le cartulaire ou maiMiscrit des donations faites à l'abbaye de Winchester M Ait, en 966, u>ialemani écrit en lettres d^or; il est aniourd'kui

Sardé dans la .bibliothèque Cottpnienne. Le comte 'Oxford avait dans sa r^che^ bïbliiothèque un matnuscrit des EvangUes dont toutes les pagies sont en caractères d'or. Yoyez D. Rivet, ÈitL Uuér.j t. IV, pag, 2Si, 2^ 283; Théonhile Raynaud. t. XY, édit. de Lyon, 1665» p^ 164. Car ou ne finirait pas si Ton loulait Bappebf ici tous les manuseritu en lettres di'or répandus- dans les diJQféreotes églises et ' bibliothèques d'Europe. C^m. de papier d'Eg^^pte, en lettres d'or, sont très-rar^ ; tel est néaumoias, selon Trotzius (^), le tfirte des Evangiles dont (m se sert au sacre de l'empeseur. U n'entend pas, anns doute, aiMre chose, que ee^ papier, par le terme d^é- • Cùrce».

b'ÈSj^ OpetcoU eecieê,^ p. 9i, col. ^

539) Quand on expose à un jour dair ouelque

07 B. l^ivBT, Biai. UUir., t,Vf,pki.

(k) De re diplcm , Supplem., cap. 11, p. 51.

(/) Dia, encyclop.. U H* P- m.

(m) /Wrf., p «5:

(n) Martènb, Vou. mêr., t. M, p. 134, 135.

(0) Spicileg., l. H, p. 404.

(p) Caslet, prér., p. XII , Bibliotk. BrUm, p. S^ S31.

(g) Pag. 109

PÂLEOCaUPRIE.

qu'elle^ sont exposées, soit à Vombre, soit à la lumière (530). Les lettres en or, après avoir été beaucoup moins employées durant les xi% XII* et xin' siècles (531) , reprirent une nouvelle faveur aux xiv% xv* et xvr, surtout dans les Heures des personnes de distinction; mais elles sont a*un goût bien différent de celui des siècles antérieurs. Souvent on dirait qu'on appliquait des feuilles d'or sur le vélin (532) , pour en for-

feuiUet de vélin pourpré, écrit en lettres d^argem, récritare de ' la page opposée paraît noire et bien

{Àus marquée que les lettres argentées qu'on a sous es yeux ; dans cet aspect, des personnes exercées à lire à rebours, Comme les graveurs en lettres et les coiDpontears d'imprimerie, liraient pluç facilement récriture de la page tournée du côté du jour que celle qui Test de leur côté, s'ilsavaient quelque usage des caractères antiques.

(530) GarbeJU, dans sa lettre au P. Bianchini, en infère (a) que les caractères d'or et d'argent étaient écrits a deux reprises : la première par le copiste avec la plume et rencre, la seconde par Tenlumineur avec le pinceau et la liqueur d'or ou d'argent. D. Mabillon (6), avant observé sur un manuscrit en lettres d'or de 1 abbaye de Hantviiliers, au dlôcèsede Reims, les images peintes des quatre évangélistes tenant des plumes, en avait conclu que l'usage (c) des'ctt serar était sûrement reçu Vers le commencement du IX* siècle. Garbèlli a bien senti qu'il en résultait encore une alitre conséquence : savoir qu'on usait dé plumes, même pour écrire les manuscrits en caractères d'or et d'argent. Pour parer à cette difficulté, il fait employer la plume par le copiste qui les iranscrii, et le pinceau par le peintr&qùi retouche ied mêmes- lettres, et les couvre de la liqueur d'or et d'argent* Elle est, en quelques endroits de. son manuscrit de sainte Julie de brescia, si épaisse et si élevée, qu'une mouche s'y étant prise dkvânl que la matière fût séchée, s'y est conservée jusqu à présent. La preuve de l'encre noire, «eraint dé base à, celle d'or et d'argent de son manuscrit, se tire principalement, selon lui, du commeseemesit des Evangiles' de saint Luc et de saint Jean, d'où le précieux métal, après avoir disparu, n'a laissé que la première couche en noir des anciennes lettres.. Mais, s'il fallait toujours admettre deux écritures réunies^ l'une fondamentale, et l'autre superficicUedans les livres où les caractères d'or el d'arieent sont mn en œuvre, nous aimerions mieux dire que l'argent aurait porté sur une liqueur verte et l'or sur une rouge. Beaucoup de manuscrits nous fournissent un grand nombre d'exemples de lettres vertes, auparavant argentées, et d^écritures roa^cé, aupmvant dorées. Les secondas couleurs dissipées ont donné aux premières pleine liberté de se montrer à leur tour, mais avec plus de simplicilé. Quant aux traits noirs et apefçus sur des manuscrits en pourpre, après que l'or ou plutôt l'arl^t s*en est détache, ils peuvent avsir été causés par nmpfMSion de la ^ueur d'or ou d'argent, ou Bien par ThitereeptUm oe la teinture de pourpre. NousvoyttM même souvent des encres rouges et d'aotres couleurs laisser des impressions étrangères, produites par le mélange ou la composition des drogues dont elles sont formées. A combien plus forte raison a-i41 dû arriver i|uelqne chose de pareil sur le po«rpre, à raison soit de sa nature, soit de la coinpositioii de la liqueur d*argent? Au cas néan-

mer acs lettres, ou quelques-unes de leurs parties (533). Si la liqueur d*or y était admise, ce n'était mère que pour les peintures, devenues plus à la mode, et les lettres Initiales, appelées depuis lettres grises. Les diplômes impériaux en pourpre et en lettres d'or ne sont pas sans exemplea aux viii% ix% x% XI* et xif siècles (58*). Nous , n'en connaissons ni d'antérieurs ni de postérieurs.

moins que les commencements des Evangiles, dont l'or ou l'argent se sont évanouis, laissassent voir des Vestiges de véritable encre, si évidents qu'on œ pût^fes r^oquer en doute, on souhaiterait qu'on se lût bien assuré qu'ils n'ont uas été récrits par une main postérieure.

Rien, en effet, de plus commun, que de rencontrer des portions de manuscrits dont les lettres effacées ont depuis été récrit<^s avec l'encre ordinaire, quand même l'écriture originale aurait été d'une autre couleur. Cette opération est- elle faite par une jnain mal babilef Le travail parait si grossier qu'il n'est personne qui puisse s'y méprendre. Est-il aun écrivain qui n'ait point encore perdu l'usage du caractère oncial , ou doiit Tattention se soit portée à repasser exactement la plume sur les anciennes traces ou les traits primitifs? Alors, souvent il parait assez difficile de démêler les travaux de la première main d'avec ceux de la seconde. 0 est rare, néan- D(ioins, qu'on ne s'en aperçoive , quand on est prévenu, qu'on s'en délie ou qu'on y fait attention,

(531) Que les letres d'or n'aient point alors été abolies; l'abbé de Godwic en donne pour sxem|de un manuscrit, de Saint-Piem de Salzbourg, du xi* siècle. Jean-Christophe Wou {d) . rend compte d'un manuscrit hébreu de Berlin, qu il traite d'incomparable et qu'on estime du xni' siècle, où les titres et les premiers mots des chapitres sont en lettres d'or. Parmi les manuscrits de la cathédrale de Mayence, Gudenus {e) célèbre un livre intitulé Kaiholf<wfi, achevé Tan 1%86. Il est enchanté du merveilleux effet qu'y produit l'éclat de l'or, }oint à la variété des couleurs. Un manuscrit des décrétâtes de Grégoire IX, quoique seulement de l'an 1400, n*a

Suèremoins eu de part à ses éloges. U n'oublie pas 'y relever surtout les lettres d'or dont H est enrichi.

(55â) Ces feuilles d'or remplissaient quelquefois des pages entières. Elles étaient si minces et si bien appliquées sur le vélin , qu'il n'est pas possible de les en détacher. L'usage en était établi dès le xi* siècle, comme le prouve le manuscrit de Baint-Pierre de Saizbourg. Il nous sèniibie même en avoir vu de plus anciens avec des imsffcs et des lettres grises, formées en bonne partie de ces feuilles.

(S33) Trotzius prétend (/), qii'au moyen &ge on eut recours à cet art , parc^ qu on avait ^rdu celui d'écrire en or, Struve, auquel il renvoie, ne fait point tomber la perte de ce décret sur récriture d'or, mais sur Çg) l'application dés feuilles d*oi qu'on ornait de pemtures de diverses (jouleurs. £n effet, on voit souvent des portraits, donlle fond est ou d'or, ou de pourpre, ou d'azur, etc. Mais il est étonnant que Slruve regarde l'application des feuilles d*or sur le parchemin comme un secret perdu on du moins inconnu. L'abbé de Godwic (A) tient le même lan-

(Sii) Nouv. traité de diplom.^ 1 1, p. 545 eUuiv.

(e) 59^(000 vartorttm4fplQmaiarior«m.9 p. 540» Mi, 555-

\g) DeerU.mét,fil.

(h) Chrmc. Goamc.^p, 15.

DIGTIONNÂlftE DE PALEOGRAPHIE» ETC.

XI. Anctenê chryêographes^ enlumineurs ^ calligrapheSf tachygraphes ; Part défaire des lettres aor^ d'argent^ deoronze^ de fer y etc., httrès vernissées et cirées, — Les chrysographes, ca11igraphes,tachygraphesformaientautantde classes d'éîîri vains , que Tantiquité ne' confondait pas. Les premiers employaient l'encre d'or, les seconds écrivaient posément, les troisièmes promptement. Tout cela était assez bien exprimé par les noms qu'ils portaient d'écrivains en or, d'écrivains élégants et d'écrivains rapides. Au rapport de quelques historiens (535), l'art des chrysographes (536) fut exercé par des empereurs, avant qu'ils

(555) Siméon le Logothète le dit d*Artëmius, autrement Anastase et Gedrénus , de Théodose Adramitin. Mais, Pierre , chrétien orthodoxe d'Alexandrie^ dans son exposition abrégée des temps, ne le surnomme point autrement que calligraphe. Le manuscrit grec 229 de Saint-Germain des Prés, qui constate ce fait, est de la fin du ix* siècle.

(536) Il était appelé chez les Grecs x^vo'oypa^fa. Du Gange dans son Glossaire de la moyenne et basse grécité, donne, diaprés deux manuscrits de la bibliothèque du roi, sur le mot xp^w^pifot ^ deux manières de faire Tencre d*or; mais sans traduire le grec moderne dans lequel elles sont exposées. D. Bernard de Montfaucon (a) les a rendues en latin. Voici la première en substance.

11 faut pulvériser un bol tiré des mines d'or ou d'argent, tel ou'était Tancien cinabre, séparer le blanc d'un œuf, le battre dans un vase avec de Teau, en ^ter toute Técume, mêler une partie de cette eau avec le bol, le laisser sécher, Tarroser une seconde fois du reste de Teau, l'exposer à l'air, le rendre poli et brillant avec une pierre de touche, telle est notre manière de concevoir le secret des anciens, qui ne

Ï>aralt guère moins obscur dans la version que dans e texte. Le suivant semble un peu plus clair.

Pour faire les titres de leurs Kvres, les Grecs* pulvérisaient l'or, le mêlaient avec l'argent, l'appliquaient au feu, y jetaient du soufre , râuisaient sur le marbre le tout en poudre, le mettaient dans un vase' de terre vernissée, l'exposaient à un feu lent jusqu'à ce que la matière devint rouge; refroidie, remise sur le porphvre, battue avec une petite éponge et beaucoup d eau, ils ramassaient cette matière, la versaient dans un vase net, attendaient qu'elle fût descendue au fond, y remettaient de nouvelle eau pour la laver, jusqu'à ce qu'ils en eussent détaché les parties hétéroffèues. La veille du jour

Ju'ils voulaient s'en servir, ils jetaient de la gomme ans l'eau, ia faisaient cbaufier avec l'or préparé, dont ensuite ils traçaient leurs lettres, et les couvraient avec un pinceau d'une autre liqueur faite de gomme arabique et d'ocre ou de cinabre. Souvent,

Sont préliminaire, après avoir bien battu avec (b) u plâtre et de la céruse les cendres d'os de mouton brûlés et les avoir mêlées avec la colle de poisson, ils en enduisaient les places où ils voulaient appliquer l'or, comme pour lui servir de mordant. Lambécius (c) fait mention d'un manuscrit grec de la bibliothèque Impériale, qui apprend le secret de préparer la matière propre à former des lettres d'or. Les savants le supposent semblable aux précédents.

A ces deux méthodes des Grecs, M. Du Gange en joint une autre, particulière aux Latins, tirée d'un ancien auteur, sous le nom de Pallade. Egalement

(a) Pafœogr. Cr., p 5, 6

e] CcmmenU Bibl. Cœs.f 1. vu, p. 98.

fussent revêtus de la pourpre. Lors même qu*un manuscrit était en lettres d'argent, on distiguait l'écrivain du chrysographe. Cela est manifeste par le Psautier de Saint- Germain de , Paris. Les lettres d'or ne sont évidemment pas de la même main oue celles d'argent. Si, comme il arrivait plus ordinairement, on se contentait de peindre des lettres de diverses couleurs , 1 enlumineur qui s'en chargeait, n'était pas non i>lus communément le même que l'écrivain (537).

De là tant de lettres initiales , laissées en blanc, surtout dans les manuscrits des bas siècles (538)

propre à la formation des lettres d'or ou de bronze, elle consiste à limer l'or ou le cuivre avec une pierre de touche, à laver cette poudre dans plusieurs eaux, à la mêler avec de la colle très-luisante de parchemin, à s'en servir dans des lieux où il fasse chaud, à frotter cette écriture avec une pierre d'onix trèspolie pour lui donner de la consistance et de la couleur.

Papias, sur le mot /t6rt, enseigne aussi le secret de faire des lettres d'or, d'argent, d'airain, de fer : C'est de réduire en poudre très-fine, dans un vase du métal dont on veut faire l'encre, la fleur d'airain avec de l'alun, parties égales. Pour les lettres de bronze et de fer, il ajoute le sel et l'infusion de vinaigre. La matière propre à tracer les lettres d'or se fait avec la même infusion, si l'on en excepte le sd. Dans tous ces cas, les couleurs doivent être réduites à la consistance du miel ; au reste, leur préparation est, mot pour mot, dans le grand glossaire en lettres lombardiques de Saint-Germain des Prés ; U ia donne même comme de saint lsidore,'qu'il cite. C'est donc au moins à lui, et non à Papias, qu'il faut la rapporter. Les modernes ont bien d'autres moyens pour préparer les liqueurs métalliques; mais ce détail n entre pas dans notre plan.

(537) Les copistes (d) des manuscrits hébreux et ceuxipii, dans la suite, en fixèrent la lecture par des points, furent aussi, pour rordinaire, distin-

§ués. Un manuscrit hébreu, transcrit et ponctué par iffërentes mains, ne reçut souvent cette dernière façon qu'après plusieurs années et des siècles mêmes. Geiix qui apposaient les points se aualîflaient : Q^^Tp^ , c'est-à-dire jmnctatores , tandis que les

écrivains se nommaient : l^MSTO* c'est-à-dire scrt^^.

La distinction de leurs âges se manifeste par la différence de Tencre et du caractère. Ils remplissaient, de plus, les fonctions de nos anciens correcteurs de manuscrits grecs et latins. Avant le vu* siècle, ceuxci semblent avoir été des correcteurs en titre ; mais, depuis, il suffisait d'être ou de se croire habile pour en exercer l'office. Le nombre en fut grand an ix* siècle, et l'on ne rencontre presque aucun manuscrit antérieur qui n'ait alors subi la correction, quoique, longtemps auparavant, il eût passé par les mains d'autres correcteurs. Depuis le xir siècle, les corrections des manuscrits latins sont plus rares.

(558) De La Gurne de Sainte-Palaye, (|ui s'est beaucoup exercé sur les manuscrits postérieurs au XII* siècle, nous a communiqué une observation que nous avions souvent faite par nous-mêmes, ei que nous nous faisons un grand plaisir d'appuyer de soo témoignage: c On remarque un usage tr^fréquent dans les anciens manuscrits, c'était de laisser de» ulaces vides pour placer des miniatures ou pour

{d) BUdklh. hehrmc., Ub.' n, secC. 5, p. S16; lab. m, c. 5, n. 2, p. 537 ei seqq.

Ali

PALEOGRAPHIE.

Les lettres métalliques et autres sont quelquefois vernissées , même avec tout ce qui les environne. La cire servait de vernis aux Grecs , beaucoup plus qu'aux Latins. Les peintures à la cire étaient néanmoins trèsconnues des uns et des autres (539), avant rinondation des barbares: et les. Grecs en ont longtemps depuis conservé l'usage. 11 est souvent sensible , non-seulement dans les peintures de leurs manuscrits, mais encore dans leurs lettres historiées et leurs majuscules des titres. Nos Latins n'usaient pas moins visiblement de blanc d'œuf, comme on pourrait le prouver par des manuscrits du IX* siècle.

Plusieurs écritures barbares, et surtout les anglo-saxonnes, admettant Quelquefois le noir pour base des couleurs ae leurs grandes lettres initiales , on se borne à les vernir soit d'un rouge , soit d'un jaune p&le ou foncé. Plus souvent encore on les relève d'une multitude de points rouges , ou de quelque autre couleur f540). En général cet enduit ou vernis était d un grand usage au ix* siècle.

Xn. Lettres rouges et d'autres couleurs; lettres rouges devenues blanches de vétusté. — Le rouge (541), vermillon ou cinabre était la couleur, différente du noir, la plus employée dans les manuscrits. Souvent elle était la base des écritures métalliques. Sur un fond rouge on peignait des lettres dorées, argentées, bronzées, étamées, plombées. On trouve beaucoup de lettres rouges, qu'on ne soupçonnerait pas avoir été couvertes d'aucune liqueur métallique, si les restes, qui s'en sont conservés sur quelques-unes d'entre elles, ne faisaient foi que leurs voisines l'ont totalement perdue.

Les drogues, qui composent les encres , où

écrire d^une enere on couleur différente du reste des tilres ou des lettres capitales. Souvent on a négligé de remplir ces vides ; quelquefois on trouve, à côté d'aune écriture fort menue, les lettres ou les titres qui devaient être écrits d^une encre différente ; quelquefois même on voit les premiers traits des mmiatures qui devaient être peints i {Mémoire communi"

Sié par sainte Palaye), Les imprimeurs du xv siècle issaient aussi dans les livres des espaces vides pour peindre les lettres capitales ; mais , de peur que renlnmineur ne 8*y tromp&t, souvent ils les mettaient en plus petits caractères.

(559) Du Gange expose cette sorte de peinture, avec un grand détail de citations, dans son G/ossaire de la basse et moyenne gréciiéy sur le mot KVjpéryroc.

(aiO) Les points accompagnent aussi les initiales ou lettres gnses des peuples différents des Saxons, mais plus rarement. Ceux-ci les employaient même aux lettres, qui servent de signatures aux cahiers. Les points noirs ont quelquefois des usages a peu près semblables. On voit aussi des lettres, accompagnées de points verts argentés, dans les manuscrits en ]K>urpre. 11 en est d'autres dont la ponctuation entière est en rouge. Ces ornements ponctués eurent principalement cours aux viii* et ix* siècles. C'est surtout au commencement des livres et des chapitres qu'il faut les chercher.

(541) On écrivait en lettres rouges les noms des empereurs sur tous les étendanls. V. Suet., Vesv.^

ia) Lib. 33,0.7.

\b) Go». PANGnoLLi Bmon memorafr.; Francoftirti,

l'on fait entrer es métaux, pénètrent pour l'ordinaire le parchemin. Il n est guère plus rare qu'elles forment des lettres pochées. Une extrême vieillesse ou des accidents équivalents ont fait quelquefois blanchir les lettres originairement rouges (542) : comme on le voit dans le manuscrit de Saint-Germain des Prés , où les fragments des anciennes lois visigothiques sont contenus, et dans plusieurs autres. Le plomb ou l'étain, encore plus que Targent, se détachent des lettres où ils furent appliqués. Il ne reste souvent qu'une couleur sombre, qui annonce le métal dont les lettres rouges furent enduites. Le vermillon, dans de très-anciens manuscrits, macule ordinairement plus ou moins la page opposée, et se détachant à proportion de sa place naturelle, en enlève beaucoup de lettres. Tels stmt les inestimables manuscrits des Epîtres de saint Paul (5<h3), de saint Prudence , de saint Prosper de la bibliothè-

2ue Ro};aIe, tous trois au moins du vr siècle, et accident leur est commun avec beaucoup d'autres.

Struve avance [Wi) sans citer ses garants, que les anciens avaient coutume d'écrire en rouge des livres entiers (5<^5); mais, quand il nous montre cette couleur comme singulièrement affectée aux titres des livres, il s'autorise d'Ovide avec fondement (546)

Les deux , trois ou quatre premiers mots des livres de certains manuscrits (547) soûl presque toujours en lettres rouges. Plus communément cette couleur ne s'étend pas au delà de la première lettre d'un alinéa (548}| et des premières lignes d'un livre.

Outre qu'on emploie le rouge , tant aux titres qu'au commencement des livres, des cbaoitres et des alinéas (549), on le fait servir

c. 6; Dion., l. xl.

m^)Manuscnt de Suint-ikrmttin des Pr^. 1278.

(543) Ce défaut affecte presque également récriture noire de ce manuscrit.

(544) De crit, mss.^ § 5.

(545) S'il n*avait, comme il parait, d'autre autorité, que celle de Pline (a); sa proposition serait fort mal appuyée. Celui-ci dit seulement oue récriture en vermillon éuit employée dans les livres : Minium in voluminibus quoque scriptura usurpatur; ce qui ne suppose pas des livres entiers en lettres rouges. On aurait du moins des priviléses écrits totalement avec Tencre de pourpre, si Ton écoutait Henri Salmuth (b) et Jean (c) Heuman. Mais, ou ils n'ont pas entendu Balde, qu'ils citent, ou ils ne se sont pas exprimés assez clairement. Balde parle d'un diplôme écrit sur du vélin pourpré, et non pas écrit avec Feucre de pourpre. (Voyez notre premier tome, p. 555.)

(546)rrt«t.,i,eleg. 1. , . ^

547) Manuscrit 6415, de la bibliothèque du Rot.

548) Manuscrit 2650, de la bibliothèaue du Roi. [549) Les plus anciens manoscrits, tels aue l'in*

comparable Virgile du Vatican, celui de Florence, le saint Gyprien de Saint-Germain des Prés, le saint Augustin n** 254, de la même abbaye , commencent légulièrement chaque livre par trois lignes en vermillon. Or, quand un manuscrit observe cet usa£e, on peut le resarder au moins comme du vi* siècle. Quand le nombre de trois lignes ne serait pas eiacte-

{c) Comment, de te diphm*, c. 1, J il, p. o.

an

à bijBn.d*autre$ usages. Quelquefois dans les rescrits impériaux on lui réserve la formule de la date ou du mois (550], et dans les livres des lois, les noms des jurisconsultes. Quelquefois môme, et principalement tant au ix* siècle qu'aux suivants, les lettres onciales ou capitales des titres et des alinéas sont écrites sur un fond rouge (551). Tantôt le noir et le rouge partagent entre eux les lignes des titres et les ornements qui les accompagnent (552); tantôt ces derniers prennent alternativement Tune ou l'autre couleuç ; tantôt Talternative de Tune et de Taptre. tombe sur Targument d'un livre (553); comme il est constaté par le fameux Virgile

du Vatican» n** 3225, tantôt elle s'applique à des rangs de points ou d'ornements, qui séparent les pièces; et quelquefois même aux commencements de livres. Les corrections des manuscrits sont plus rarement en rouge. On en remarque pourtant dans le fameux Virgile de Florence (55M : mais on les croit de la seconde main. Les lettres des signatures dès empereurs de Constantinople (555) étaient en cinabre ou en pour* pre (556).

Les lettres vertes ne se montrent souvent que sur les manuscrits pourprés. Maïs l'argent détaché, la seule couleur verte paraît pour l'ordinaire , soif qu'elle naisse de la

ment gardé, le manuscrit ne serait pas moias ancien : si le commencement de chaque livre offrait quatre ou cinq lignes en rouge ; tandis que le titre ne changerait point de couleur. Les quatre ou cinq premières lignes des livres historiques et prophétiques du manuscrit Alexandrin d'Angleterre (a) sont en.EOuge^ aussi bien que les titres des psaumes. Ce sera toujours une grande marque d^antiquité, si après les titres, en lignes alternativement rouges et noires, chaque livre d'un manuscrit débute par quelques lignes rouges. Du Teste il irèst pas douteux qu'il n'y ait eu, et qu'on ne puisse trouver des titres de livres en vermillon bien plus anciens ; mais ce caractère n'est pas propre à les distinguer des manuscrits plus récenlg. Ceux-ci retranchent ordinairement k rouge,' âi proportion qu'ils sont plus , modernes, qnoiqu'au ix* siècie on eu ^oîe encore, où le i:c»iige se mo»|re à pages entières.

- (550) MannuHt du roi^ 4409.

(SSl) Si le vermillon n'oecape quelquefois que le premier mot d'une pièce, quelquefois aussi le ibiofhè^^^n aux sknes marginaux répondant à nos gjuill^ittets. Dans les manuscrits pourprés, ces sijgnesw e& formç d'S rouges couchés, souvent aceompagnes de points dé la môme couleur, se montrent surtout lorsque le temps en a fait disparaître I'qr ; au GOBtraire, ils ne sept q«e verts, lorsque l^ar^enl en dst dét$K^ I^e vertniculatas araento du Canttque

rk maiwserit renferme ks livres du Nouveau. Dans

.les maaiiscrits pourprés des Evangiles, ks chiffres

.de ekaque chapitre du texte seront marqués en

mar^e avee k cuiabre, k plus souvent chargé d'or,

.tandis ^neiea divisioDS et ks versets relatifs des

autres jivaiigiles se trouveront désignés en vert ou

.plutôt e» argent, l^es» titres, dans ks manuscrits

dea vil* el vui« siècles, sont plutèl e» vermillon

queiea ptemîères lignes de Tonvrage. C'est tout k

coAtrwe éant ceux du v* et du vi«. Un inanuserit

<aK>artieat à raBlîqwlé la nhis reeiriée, lorsaue ks

Miuatre on cûi^ premières lignes de ckacttu de ses

livres sont réjgulièrement en onciale rouge, sans

aucun autre signe de distinction; si ce s'est que les

litres maTqwMit fai fin d'un livre et k commence-

mens d'onavlre soient peut-éire à lignes altemative-

neni rouges e( wmnè.

(552) Comme renfuminear et Técrivahi en noir n'étaient communément pas les mêmes, il est quelquefois arrivé que l'un ayant rempli son ministère,

(er) réf. feéÊtm. fitiOa LXX| edU. 8m. Grafe«» t> I, pr»fat.

{b) Cant I, 10.

(c) Ifs du roi 107.

(d) KiQiMO PaoH^ 9e éi9fi(^ p. SS9,

et Tautre ne s'en étant point acquitté , les lignes rouges ou noires sont demeurées en blanc. M. Bahizc (d) allègue un exemple de ligneslnoires oubliées. Ceux des titres et des lettres initiales omises sont beaucoup plus fréquentes. Quelquefois aussi récrivait-on en rouge ce que lîcrîvain avait tracé en noir. Voilà une des principales raisons poorquoi l'on trouve k roLfie sur knoir.

(555) Les rubriques des manuscrits lit urines, des canons ecclésiastiques, et surtout des lois civiles, étaient ordinairement en rouge. Cette couleur, suivant Colérus (dj, annonçait quelque chose de san(|[laut et d'horrible : et c'est pourquoi- elle était destinée spécialement aux rubriques des lois. Trotains (f) le réfute très-sérieusement par une look d'exemples, auxquels il aurait pu en ajouter encore beaucoup d'autres. Mais sans prodiguer l'érjuditioB, est-ce que les Ipis n'étaient pas encore plus terribks que leurs rubriques? Ponrquoi donc cette couleur menaçante n'en occupait-elle pas plutdt foatk texte?

(554) Son savant éditeur doute si ces. lettres rouges n'ont pas été tracées sur des noires, ou «f pour les former, on ne se serait pas servi oVncrc ordinaire et de vermillon mêlés ensemble. Comme la plupart ée ees kttres rongea lombei^ sur des noires du texte même, peut-être aussi souvent, pour le moins, que sur des covrections, et qv'eiks ne changent point la forme des unes et des autres, tt sembk que ce n'est qu'un jeu» et non pas un travail sérieux : si ce n'est que quelque personne ail été obligée de retracer ces traits , p<mr lui servir de témoins, qu'elle aurait lu et entendu Vlrgîk , ou pour tenir lieu de variantes, ou pour faire revivre des caractères qui commençaient k dispuraHre. Cependant^ si l'on veut que ce sokul de véritabks corrections, nous ne |Hrétendon^ ]»aa combattre cette opinion , comme si le rouge n'était pas une coukur qui pût leur convenir. Nous cilerons même k manuscrit du rot 1752, dont la première pafftie kcède à peine au Yirgik de' Florence en antiquité.^ Or ks corrections y sont faites en vernfiUofi.

(555) BnissON , FormuL , lib. m, p. 36$; Nom- 9eau traité de dtplom., t. I, p. 554 ef suiv.

(556) Quoique Pacbymère (g) dise qu'ils arvaîent substitué k cinabre à la pourpre, dans leurs slgnatnr^ , NicétasI, au premier nvre de la Fm de JVcnuei (h), les fait souscrire aveereucre de pourpre proprement dite. 'Wenreron, moine de Liège, ne sVxprrme pas en termes moîn^ fonMek dans sa chronique, lorsqu'il park de la signature laile à Rome par Jean Palmogue , hmpemfB après Pacbymère.

(ê) fke$. Jw.f 1 1» pwutg*, t. 8I« (f) Pag. SITF el soqq.

) Lio. vin.)

} Pag. 54.

4TÎ

PÂLEOQJIASIID&

pourpre 9 ou de ta composition de Tencre d'argent-, ou du concours de l'une et de Taur tre. Il est pourtant d*autres manuscrits, même du vh* siècle, où Ton rencontre quelques lettres initiales en yert, sans aucun rapport avecrencre d'argent. Les anciennes assises de Jérusalem (557), en forme de chartes scellées et signées, commençaient par une lettre enluminée d^ùt et toutes les autres rubrices étaient vermeHlées. En cela les assises de la haute cour et celles des bourgeois étaient semblables.

On ne s'arrêtera point aux lettres bleues et jaunes, encore moins à celles qui réunissent les couleurs métalliques et minérales. Les noires rarient beaucoup dans leurs nuances et leurs teintes. Les unes sout très-noires, les autres d>in noir pâle et déteint, plusieurs jaunes ou rougeâtres. Ces variétés affectent également les anciens manuscrits et les chartes. Les écritures des papiers d'Egypte sont plus constamment très-noires (558).

XIIL Lettres enclavées f liées ^ conjointes ^ monoorammatiques y perlées j initiâtes ^ etc. — Les lettres enclayées ou renfermées dans d'autres remontent fort haut. Elles étaient d'uni usage onfinaire dans les manuscrits des Ti et Yii* siècles. II est vrai qu'elles ne se mettaient alors que dans les initiales des livres, des chapitres ou des alinéas. Les di-

Slômes se prêtèrent quelquefois à cette mode. lusîeurs origifaaux de Pépiir, fils de Louis le Débonnaire^ en fontla preuve. On en conserve un entre autres à la bibliothèque du Roi* Dès Tau 27 de Jésus-Christ nous voyons {55é) des lettres enclavées dans d'autres* Au XI' siècle, te coutume d'enclaver les lettres des titres avait prévalu. A force de les multiplier et de les déplacer , on téussit souveqt à rendre énigmatique la lecture des monuments où ces lettres sont employées. Longtemps auparavant, on voit des manuscrits non-seulement renfermer , dans la capacité de quelques-unes de leurs lettres initiales, le commencement des lignes suivantes, mais encore s'en faire précéder. Les mono-

grammes se rapportent aux lettres enciavées, nées et conjointes. Ces trois dernières espèces de lettres doivent ici d'autaiit moins nous occuper , que nous serons obligés d'en parler avec plus d'étendue, quand nous traiterons des écritures et des abréviations. Du reste elles influent dans tous les genres d'écritures, et jusque dans les notes de Tyron. Les lettres perlées sont au moins susceptibles de trois subdivisions. Ou elles se trouvent totalement composées de perles, ou elles ne les portent qu'a leurs eitrémités , à leurs jointures, à la naissance de leurs traverses; souvent même ne les reçoivent elles qu'à quelques-unes de ces parties, ou elles ne les acfmettent que comme enchâssées dans le massif de leurs principaut traits. Nous voyons Tusage des premières introduit chez les Grecs et les Latins; mais celui des secondes y fut plus solidement établi. Elles eurent un grand cours chez les Orientaux et dans les villes crecques soumises aux Séleucides. Depuis leur assujettissement aux Romains , elles continuèrent de les imprimer souvent sur leurs médailles. Nous en remarquons sur les monnaies juives ou samaritaines, aussi bien que sur celles dos Grecs, en l'honneur de la république ou des premiers empereurs romains. Si les lettres perlées ne firent pas la même fortune en Occident, on ne laisse pas d'en découvrir bon nombre sur des monnaies antiques, soit latines, soit africaines, soit espagnoles, et même anglo-saxonnes. Nos Français s'en servirent aussi sous les deux premières races. La troisième sorte de lettres perlées ren^ ftrme celles qui sont, quant à leur figure , dans le goût anglo-saxon. (560). On ne peut pourtant pas dire si ces lettres se rencontrent dans les livres anglo-saxons. II en est de même de celles qui sont terminées en flèches. Les unes et les autres sont destinées h la parure des livres écrits en France. Elles y sont , il est vrai, rarement employées et n'y semblent introduites que pour la variété des décorations.

5S7) La Tkammas.f c. 4, p. 15.

(55S) Wanley, dans sa préface sur tes fivres ^ les maniisGrits septentrionaux, rePéve Tencre dont âfieiemettent on se servait ea Angleterre, bien au-dessus de c^lledes autres nations. Elle lui sem- Malt faite peur durer étemellenieni 11 déclare n'a-^ voir presque rien vu, qui hii doit comparable parmi les avvrâgès des étrangers du même âge. Mats, quoique porté à croire que le sang âes sféches fèt «ne des prioeijKiIes drogues qui entraient ^ns sa eompositiok , h ne laisse pas d*en regarder la recette comme inconnue, et de regretter la perte de cet exeelsot secret. Des manuscrits et des dipl^ mes écrits de si bonne encre sont pourtant suspects à certaina auteurs, parce que la couleur en paratt trop vive, et conséquemment trop récente. Du reste, malgré la préférence, accordée par Wanley à Tencre d* Angleterre sur celle des peuples voisins, 9^ n'ont pas laissé d*en avoir de parfaite, fille se conserve oams tonte sa. beauté, depuis plus de mille ans, et cette quaCté convient spécialement à la plus ancienne. Les siècles postérieurs ont aussi des manuscrits et des chartes en encre très-noire et trés-lul-

sante : mais, <faulrea du même temps ne sç distinguent yae par une couleur plus ou tnoins p4le, plus ^u moins jaunâtre. Entre les quatorze premiers siéefee», H nVn est aueun où Ton ne trouve de Tencre de tous les degrés, depuis le noir le plus foncé jusqu'au plus faible. H en va de même de la blancbeur ou de la saleté du vétin. €es variétés doivent être rapportées â la composidon de Tencre, à la conservation des chartes et des manuscrits, à fusage qu'on en a fait. Si sur tout celales airtiquaîres peuvent saisir des nuances, concourant à les décider sur l'âge des pièces et. sur leur vérité, elle» ne paraissent pas a portée da commim âés gens ne lettres. Ce jçoût exquis ne s^acqwiert que par une longue expérience.

(559) Bhteria dipL, p. 99.

(560) Lès parles se trouvent lenVent encbâssées dans certaines lettres anglo-saxonnes, noires o« Meves, de )a bible ou manuscrit 2 de la biMiothèque du rot. C'est régulièrement aux extrénfiités on bien aux jointures, qu'elles sont placées. Elles figurent encore au milieu du massif de plusieurs de ce9 lettres.

DICTIONNAIRE DE l^ALEOGtlAPHIE, ETC.

MO

Nous serions trop lonss, si nous nous étendions sur les diversités des lettres, caractérisées par leurs figures. Il faudrait parler des lettres rustiques, triangulaires, hétéroclites, barbares, diyersement inclinées, de lettres en griffes, en battants, en osselets, à boutons, à bases et sans bases, à traits superflus, et de tant d'autres, dont nous donnerons des modèles, et que nous réduirons en classes, divisions, genres, espèces, lorsque nous examinerons les différentes écritures des peuples d'Occident, chez qui la langue et les caractères des Latins furent en honneur. On croit devoir couler encore plus légèrement sur les lettres hachées, de quelque manière qu'elles le soient ; les monuments figurés, où elles se trouvent, ne sufiisent pas pour en assurer l'antiquité. Les lettres à jour ou blanches, tirées a'après les inscriptions des marbres et des bronzes, doivent être aussi mises sur le compte des graveurs. Les manuscrits nous fournissent cependant et des capitales, et des onciales , et des minuscules à jour. Ce ne sont pas seulement quelques lettres, mais des pages entières. On dirait qu'elles auraient été tracées par des plumes ou plutôt des calamuê àdeux becs ou à double ouverture. Les exemples en sont fréquents dans les manuscrits des VII* et vin* siècles. Les temps postérieurs n'en sont pas même dépourvus. Quoi- 3u'on répande diverses lettres tremblantes ans nos alphabets de cursive , on réservera pour les écritures les observations qu'elles doivent faire naître.

Il n'est pas rare de voir des lettres à contre sens, ou dans une position étrangère à leur situation naturelle, et même renversées. Seulement contournées, elles servent sur les anciennes inscriptions romaines à désigner les prénoms des personnes du sexe. Mais le P. Costadau (561) n'en devait pas faire une règle générale. Il en est certainement un nombre dont on faisait une application bien différente. Les lettres renversées sont assez fréquentes sur les vases antiques et sur les monnaies. Si elles le sont encore

f>lus souvent sur les sceaux, les anneaux et es pierres précieuses en creux, ou plutôt sur leurs empreintes, c'est ordinairement' par pure méprise. Au surplus la maladresse

(561^ Traité des ùgnes de noi peméeSy 1. 1, p. 521.

(562) Ce n^est pas néanmoins un sisne contraire à la plus haute antiquité, que d'avoir les premières lettres du texte de chague ouvrage plus grandes que les autres, surtout si elles sont simples et sans ornements.

(663) Page 637.

(564) Les traits historiques, dont elles représentent les images, leur ont fait«imposer le nom d'historiées. Les plus anciennes sont souvent relatives au discours qu*eUes commencent. D., Bernard de Montfaucon (a) explique en détail, à quoi se rapportent plusieurs oe celles, qui décorent les manuscrits grecs, n en a même fait graver quelques-unes dans sa Paléographie. On y voit un saint Jean Chrysostome la plume à la main, à la tète du premier livre du sacerdoce. Sa 39* homélie au peuple d*Ân-

(a) Pakeograph.f p. 251 elscqq.

des ouvriers n est pas la seule cause sur laquelle il faut rejeter le renversement des lettres. Le caprice, les modes bizarres et autres motifs, qu*il n'est pas nécessaire îd d'approfondir, y ont eu guelque part.

Les lettres initiales des livres, des chapitres et des alinéas étaient d'abord d'un goût beaucoup plus simple, qu'elles ne commencèrent à le paraître au vu* siècle, et même sur la fin du vr. Ces ornements furent prodigués de plus en plus dans la suite. Moins un manuscrit affecte les lettres historiées à la tête des livres et des chapitres , moins il emploie de lettres initiales d'un plus grand volume que celles du texte, aux alinéas : plus on doit juger ce manuscrit ancien, s'il est écrit en onciale ou demi-onciale (562). Par exemple, les premières lettres des psaumes du célèbre Psautier qu'on croit avoir été à l'usage de saint Germain,, évoque de Paris au vi* siècle , ne sont point supérieures à celles du texte. Mais parce aull nous faudrait anticiper la distinction de l'écriture onciale et capitale , si nous voulions traiter ici à fond la matière des alinéas , nous nous bornons à ces deux observations. C'est encore une marque d'une belle antiquité, lorsqu'on trouve la première lettre de chaque page, ou seulement de la plupart des pages d un manuscrit commençant par une

Srande lettre, tandis qu'on nen met que 'une taille ordinaire à la tête des livres et des alinéas. Tels sont les fragments d'un Virgile, dont on a donné le modfèle; dans la nouvelle appendice de la Diplomatique de D. Mabillon (563). Tel est le manuscrit 960 de la bibliothèque de Saint-Germain des Prés.

XIV. Lettres historiées en forme dhommeSf de qiMdrupides^ ioiseaux^ , de poissons^ de serpents ; lettres fleuronnéesy brodées^ entrelaceesy bhsonnées^ ornées d'arabesaueSf de feuillages^ de grotesques^ lettres à filigranes^ en chevelure^ en miniature^ etc. — 11 n'est peut-être point de caractère plus facile à saisir, ni plus propre à déterminer l'Age des manuscrits, que celui qui résulte de la forme et du génie de leurs lettres historiées (56th) répondant à nos lettres grises. En sénéral leur rareté dans les manuscrits, oii a'ailleurs on ne s'est point négligé sur

iioche commençant par ces mots : Hier nous revliimes du combat, est précédée d'un £, d*où s^étsinoe un guerrier armé d'une pique. Pottr lettre historiée d'une autre pièce, où il est parlé des peines de l'enfer, paraît un serpent monstrueux, qui dévore* un homme. C'est le premier K de notre alphabet de la planche suivante. Quelquefois la figure de la lettre grise ne se rapporte qu au premier mot. Mais Tima-

Sînation de l'enlumineur est le fond inépuisable, 'où la plupart de ces lettres sont tirées. Les Latins furent un peu moins attentifs que les Grecs à faire cadrer Timage avec les faits renfermés dans les paroles. S'ils donnent davantage au pur caprice, ils ne laissent pas aussi de conformer les

Sortraits de leurs lettres initiales aux sujeU qui oivent suivre. On se contentera d*en indiquer quelques exemoles, empruntés du sacramentaire de Gel-

PALEOGRAPHIE.

réiéeance, est en proportion avec leur antiquité. Si ce caractère n'était démenti par aucun autre, on pourrait estimer du v* siècle ou du Ti* au moins, tout manuscrit où Ton u*en découvrirait aucune. Du reste, on ûe prétend pas ficer au dernier l'origine des lettres historiées. On ne saurait même presque douter qu'elle ne soit bien plus ancienne.

En effet , le vi* siècle n'était pas un temps fort propre è faire éclore des nouveautés si recherchées. Ces lettres sont appelées capitulaires (565), parce qu'elles étaient placées au commencement des chapitres et des livres.

Les lettres en broderie commencent à relever les manuscrits du vi* siècle. Au vu* elles deviennent plus fréquentes et remplissent quelquefois la première page d'un livre (566).

Aux lettres brodées, en France, succéda la mode des lettres en treillis ou à mailles (567). Leur massif commença d'abord par rece-

lone. On t voit un cracifiz servant de T au commenoement au canon de la messe : les animaux mystérieux désignant les quatre évangéilsies à la tète des discours ou Von expose les raisons de ces symboles ; un charpentier taillant un arbre, apparemment pour faire trois croix, qui concourent avec lui à former la lettre initiale de la collecte, pour la fête de Tinvention de la Sainte-Croix ; un cavalier armé de pied en cap, pour première lettre de Toraison de la medse qu^on devait dire en temps de guerre. Dans radphabet végétal, le dernier de la xix* planche, le premier B est un pampre de vigne chargé de feuilles et de grappes, parce qu*ii est à la télé de la bénédiction des raisins nouveaux. Le second T porte des fruits de différents genres, parce qull commence la bénédiction des fruits nouveaux. Nous passons un agneau avec une croix et un rameau d'arbre, formant le D initial de la bénédiction de Ta^neau pascal ; un autre D pareil, composé d'un poisson, d'un bras élevé, tenant un verre lon^, mais sans patte, au commencement de la bénédiction du vin nouveau.

(565) Cette expression est plusieurs fols employée par Ekkard le leune (a). Les lettres capitulaires n'avaient point de mesure fixe, selon Tabbe de Godwic (6), et cependant, contre le sentiioent de D. MabiUon, il pense que c'est de ces lettres, et non pas des onciales, dont Loup de Ferrières {c) demande la mesure à Eginhard. Du Cange renvoyant de ces lettres à celles que les auteurs des limites appeUent litterœ capitaneœ (d)^ insinue par là qu'elles avaient ensemble des rapports.

(566) Elles y forment de temps en temps des lignes d'un pouce de haut, et conséouemment onciales, dans la plus grande rigueur ae ce terme. Il n'est pas même sans exemple Qu'elles surpassent cette mesure, ou qu'elles ne régalent pas. Depuis le milieu du vu* siècle jusqu'au milieu du vin* , ces lettres s'allongent et s'amaigrissent. Souvent elles sont terminées par des filigranes en volute. Souvent des poissons en font partie : quelquefois elles en sont entièrement composées. Les lettres brodées se rencontrent principalement dans les manuscrits mérovingiens. D'où l'on pourrait conjecturer, que si l'on en trouve aussi dans plusieurs manuscrits en onciale , c'est qu'ifs ont été transcrits dans les mêmes pays où l'on usait d'écritures mérovingiennes : d'au-

{m) GoLDAST, JUrimi AUman., 1. 1 , p. 49.

it) ChrmL Gadw., lib. i, cl , d. 5, p. 19. c) Episi. 5k p. 25, edit Bahiz.

voir des chainettes. Bientôt elles se multiplièrent , au point de produire des lettres tressées 'et entrelacées. Le rè^e de ce caractère désigne les vin* et ix* siècles.

Les arabesques parurent sur les lettres historiées, dès le viii*. Leur faveur s'accrut dans la suite ; leur crédit se soutint , au moins jusqu'au xii% mais depuis le x* ce fut avec un dépérissement sensible du côté du goût.

Les lettres blasonnées, ou pour ainsi dire en marqueterie (568) appartiennent à l'écriture lombardique. Elles sont extrêmement massives ; quelquefois même leur largeur excède leur nauteur.

Lorsque les lettres grises visigothiques (Si69) sont plus simples du côté des images , elles le paraissent aussi du côté des couleurs. Mais en général elles sont très -composées, surtout dans les livres d'église. Ce sont des lettres à figures d'hommes, ou de quelques parties de leurs membres. Elles représentent des animaux à quatre pieds, des oi-

tant plus que les manuscrits où celles-ci sont employées, ne laissent pas de faire usage de lettres ordinaires capitales, onciales, minuscules.

(567) On peut en produire quelques exemples aussi andens que ceux des lettres brodées. Ces tresses, ces chaînes, ces bandes de mailles se maintinrent lonfftemps sur les lettres grises. Mais jamais elles ne furent plus à la mode, jamais. les filets de ces lettres ne se répandirent avec plus de profusion, jamais elles n'acquirent plus de sràces, qu'au ix* siècle. Les Bibles et les Heures de Charles le Chauve, gardées à la bibliothèque du roi, en sont remplies.

(568) Elles occupent Quelquefois toute la première page d un livre. Mais alors leur hauteur n'est pas toujoursuniforme. Elle change presqueàchaqueliffne. Les unes sont de près de trois pouces, les autres a'un peu moins, d'autres de deux ou d'un. Quelques-unes ont à peine les deux tiers du pouce ou même de sa moitié. Plusieurs, et même des lignes entières, prennent la forme d'oiseaux ou de poissons. Le massif des autres est composé de feuillages ou de parquetage : toutes sont en mosaïque, ou du moins bariolées de différentes couleurs, mais à grands compar- Uments. C'est à ce dernier trait surtout que les lombardiques se distinguent de la plupart des lettres historiées. Les couleurs des unes semblent former des dentelles ou des broderies , et celles des autres des pièces de rapport, où le coloris varie autant que la figure.

(569) Si Ton veut se former une idée de celles qui font partie des titres ou des commencements de livres du manuscrit 163 de Saint-€kîrmain des Prés, on peut consulter la planche xvii, num. 2. Le Sacramentaire de Gelione ne renferme point de pareils titres en lettres plus petites. Elles y sont quelquefois d'un grand pouce, quelquefois elles n'en ont que la moitié. Souvent plusieurs lignes du même titre s'élèvent à différentes hauteurs. 11 faut lire ici : In XPI. nomi incpt. ben. ephL $uper. poptl/it. In primi$. de Vigl. N5li$ Dni. Et sans abréviations : In Christi nomtne indfiunl benedictiones episcopales super populum in pfimis de Vigtlia Natalis Dumini, Les deux V, ou l'Y et le Y, et la barre du mot incijriunt sont d'une main plus récente, quoique ancienne. Ce morceau est tiré du manuscrit de Saint- Germain 163, folio 149, verso.

{d) DeaarQrumcmiUiiniiimeicmttmuUm^ihmntmt

4tt

seaux, des peissons, des serpents, des fleurs ^ des fleurons, des feuillages. Les tti* et yiii* siècles sont, à proprement parler, ceux des lettres composées d'un ou w plusieurs animaux à quatre pieds, d'un ou de plusieurs oiseaux, poissons, serpents; on de différents assortiments de ees animaux entre eux|, ou même avec les hommes. Les uns et les autres formèrent originairement le corps des lettres. Mais, dans le moyen âge, communément ils n\y parurent que comme des décorations , quï n'empêchèrent pas qu'on n*y figurât les lettres à rordinaire (570).

Les lettres historiées anglo-saxonnes (571) se distinguent des autres, parce qn^elles aboutissent entêtes et en aueuesde serpeuts, parce qu'elles sont bordées de points (572), parice ' qu'elles paraissent dans leur massif garnies de perles, parce qu'elles portent sur un fond, soit rouge, bleu, jaune, soit mi-parti ou écartelé 4e ces couleurs. Ces lettres grises terminées en tête ou en queue de serpents, de dragons, d^ mons* très, ou les représentant dans leur massif, ont été moins imitées des autres nations que les^ précédentes. Le treillage et les entortillements ont souvent lieu, dans ces sortes de lettres. C'est sur quoi nous renvoyons à notre premier alphabet anglo-saxon.

Les lettres fleuronnées ou fleuries, constamment employées dans les manuscrits ont passé de Ik (tons les imprimés. Leur variété presque infinie ouvrait sans doute un vaste cham][) à l'imagination des peintres de ma* nuscrits ; aussi se donnèrent-ils carrière en ce genre. Aux vni* et n* siècles ils diversifièrent prodigieusement leurs lettres histo*^ riées. Soiivent les couleurs les plus vives et les plus tranchantes y contrastèrent. Rien dans la nature , dont ces lettres n'aient emprunté la forme. Mais, après l'avoir pour ainsi dire épuisée , k force de vouloir rafli-

(570) Les manuscrits les plus précieux des siècles postérieurs repréàentent aussi des ûgures humaines, mais d'un goût furt différent. Celtes des temps antérieurs composent régulièrement le corps de la lettre, ou du moins en forment une portion considérable. Celles des autres ne les admettent le plus souvent, que comme des bors-d^œuvre, comme des ornements étrangers. Tantôt les personnages paraissent encadrés dans le massif d'une lettre, presque en forme de pilastre : tantôt on n'y voit, que des médailles, des bustes, des moulures : tantôt, pour ^n venir aux exemples, ce sont les signes du lodiaque, qui servent à décorer une de ces lettres. Tel est un D en or de la Bible, écrite pour Charlcmagne, mais réellement offerte k Charles le Chauve. Vers les xr et xn* siècles les portraits sont plutôt renfermés, dans le sein des lettres grises, qu'ils n'entrent dans leur contour, ou qu^ils ne contribuent à leur formation.

(571) Les ornements des lettres grises angle-saxones semblent n'être le fruit, que d'imaginations atroces et mélancoliques. Jamais d'idées riantes : tout se ressent de la dureté du climat. Lorsque le

Sénie ne Manque pas absolument, un Ibnd de ruesse et de harbarie caractérise d'autant mieux les manuscrits et les lettres historiées, qu'on a plus affecté de 1^ embellir.

(a) Chrmdc, Godwie,, p. 35.

ner, les enlnmineurs et ies peintres tombèrent dans le ridicule et dans TextraTagant. Toutefois avant le xiii* siècle, ils s*en pré* servèrent en quelque sorte, si l'on compare les productions de leur imagination la plus égarée avec celles des siècles suivants. Ou ne vit plus alors ces lettres garnies que de tètes déplacées, avec des nez monstrueux, ou bien; elles se chargèrent de lignes de diverses couleurs, en barbes, en gerbes, en chevelures bouclées par les extrémités. Souvent leurs extensions postiches ne se bornèrent pas, soit à remonter au haut, soit à descendre au bas de la page, mais se replièrent encore le long des marges supérieures et inférieures. Cependant le corps de la lettre proprement dite n'avait ordinairement guère plus d'un pouce de diamètre. Les extensions chevelues affectaient des couleurs opposées à celle du fond de la lettre. Deux filets voisins soutenaient, souvent leur alternative de couleur, autant de fois qu'ils étaient répétés. Dans leurs intervalles « d'autres petites lignes, qui ne tenaient à rien, se trouvaient placées; Souvent elles étaient en vis bu en volute. Quand les filigranes n'avaient pas lieu, les échappements des lettres presque en forme d'antennes, ne laissaient pas d'occuper autant ou plus de terrain , lors même 3u on leur donnait pour fond des feiiiljes 'or (573). En un mot, tout ce qu'un goût dépravé peut produire de plus absurde, tout ce qu'un cerveau frénétique çeut enfanter de chimères, fut presque l'unique apanage des lettres historiées des xin.% xiv\et xv' siècles.

Cependant c*est au xv* qu'on commenco un peu à se réconcilier avec la belle nature. On en découvre même quelques faibles préludes dès le xiv*. Ces filigranes et ces échappements de lettres historiées don*nèrent heu à de -5 vignettes, à des rinceaux,

(572) Quoique toutes les lettres ponctuées n% soient pas angto-saxonned, et que foutes les anglosaxonnes ne soient pas ponctuées, c*est néanmoins un caractère qui leur convient plus particulièrement qu'à nul autre genre d^écriture, surtout quand elles sont majuscules. Godfroi de Besscl (a) a fait représenter un morceau d'on manuscrit de la ealfaéîh^ale de Virszbourg, dont les deux premières lignes en titre sont entourées de deux parallélogrammes de points. La lettre grise, placée à la tète, en est lont environée. Cependant cette écriture n'est an plus que demi-saxonne. Le même auteur (b) a fait figurer un autre modèle d^uii manuscrit de Saint-Pierre «te Salsbourg, qui se dit du x* siècle. La plupart des lettres majuscules de sa première ligne sont garnies de deux gros points. Ce sont-là sans doute des pins anciennes lettres de ce goût. Le gothiqve récent en a souvent fait usage. Les autres peufÂes n^aunieniils point emprunté des Saxons cet ornement bîaarre ?

(575) Les lettres posées sur un fond d'or, ou diiiêrent de leur couleur particulière, furent fréquentes, dans certaines écritures lombardiqoes, au ix' siècle, et même aux suivants, dans les diverses sortes t^e romaines ordinaires. Souvent elles aftcleul, iiou seulement les lettres des titres, mais encore ceUes des aUnéas, dans la gothifue moderne.

(b) îbid., p. Rt.

PALEOGRAPHIE.

où Ton Tit naître des fleurs et des firaits. Les enlumineurs s'exercèrent d'abord beaucoup sur les fraises : et c'est peut-être en guoi ifs réussissaient le mieux. Leurs dessins, au reste, étaient des pièces mal assorties. S'ils s'ayisaient d'orner les manuscrits de portraits, leurs personnages étaient roides et sans yie. Mais peu à peu leurs miniatures devinrent plus douces, plus finies et plus naturelles. Les vignettes et les peintures furent détachées des lettres. Les portraits, devenus un peu plus animés sur la fin du XV* et le commencement du xvi* siècle, ne servirent plus que d'ornements isolés, et les vignettes, de cadres et de bordures. Les rinceaux de feuillages y paraissaient souvent sur un fond d'argent, et les fleurs sur uu fond d'or. Des oiseaux, des dragons, des reptiles, etc., faisaient quelquefois un effet assez gracieux dans ces cadres et ces bordures, quoique la niature n'y fût pas encore tout h fait copiée dans sa beauté. Les lettres initiales étaient souvent elles-mêmes décorées de plantes, garnies de feuilles, de fleurs el de fruits.

CnAPTTMsâ. Uiagedesalj^habets dans amibes eérémonies eccUsiûsttques. — Collections d'alphabets.

L'Eglise/ dans une de ses plus augustes cérémonies, fait de l'alphabet un usage gui semble devoir lui donner bien du relief. Après que l'évèquQ a figuré avec sa crosse les lettres i et a sur la porte du temple dont il commence la dédicace, il écrit par trois fois sur les murs extérieurs ABC. Entré dans la nouvelle église, sur la cendre qu'un des ministres vient de répandre en forme de croix de Saint-André, il représente avec le bout de son bAton pastoral toutes les

(574) Les noms à^abcedarium^ abeeturinm, et tant d'autres dénominations barbares, dont se servent les pontificaux, ne doivent pas nous arrêter. On peut les voir dans le nouveau Glossaire de Du Gange. On n'y trouvera pourtant pas Tabctumum, que D. Martène i^pète deux fols, d'après un manuscrit de Reims du ^'iii« siècle. C'est apparemment le mèific que cite D. Ménard comme portant abctuaiuu. On trouve bien des ekemples du F pour l'R, parce que le premier, en tant que grée, n'est point différent de la seconde, et jfu'on aimait àinèler les lettres grecques avec les latines.

(575) Ih anîiq. EccL ritibus, lib. n, cap. 15, nov. edit., tom. H, col. 678, 679.

(576) On ne se propose point non plus de donner un état des manuscrits anciens; où l'on trouve un nombre pins eu moins grand d'alphabets téels ou prétendus, samaritains, hébreux, ffrecs, normands, mniqiies, latins, etc. On en a, dans le précédent volHme, indiqué quelques-uns. On pourrait dans ce- Inl-ei en ajonier plusieurs antres, nais comme il en résolterait Uès-peu d'utilité, l'on croit devoir s'épargner on travail dont les irais excéderaient de beau coup le produit. A peine en excepterons-nous la col-

occidental, traçant les éléments de Talphabet grec; ensuite de l'angle droit oriental il avance vers Tangle gaucbe occidental, formant ceux de ralpbabet latin. Dom Hugues Ménard, dans ses notes sur le Saeramentaire de saint Grégoire, ajoute au*anciennemént révoque figurait encore l'alphabet hébreu. Mais les pontificaux cités par Bom Martène (575j ne font mention que du grec et du latin.. Nous aurions bien d autres avantages à relever dans les alphabets, s'il nous était permis de différer plus^ longtemps à donner quelques notions et des compilateurs et des collections principales d'alphabets latins.

I. Auteurs qui ont publié quelles alphabets latins parmi un plus grand nombre dVtrangers; alphabets de Raban, deTrithèmt, de Héphurne^ de Yigenère^ de Van Helsty de Vul^ canius de Bruges , de Nicolas Schmid. — On ne doit pas néanmoins attendre de nous un catalogue exact des auteurs à qui le public est redevable des alphabets tires des marbres, bronzes, manuscrits^ diplômes et autres actes publics ou privés* lA multitude des matières qui nous occupent ne nous permet pas toujours de pousser sur chacune nos recherches jusouaux derniers détails (576). 11 nous suffira de foire connaîtreles travaux de œ genre entrepria par un certain nombre de gens de lettres, et quel^ quefois d'en porter notre Jugement.

Déjà dans le volume précédent (5T7; on a commencé la notice des compilateurs d'al-' phabets. Plusieurs auteurs, particulièrement appliqués à recueillir ceux dés étrangers, en ont aussi publié d'écriture latine; quelques-uns même l'ont fait sous le nom des nations qui l'ont adoptée. Tels sont les alphabets allemands, firançais, irlandais, écossais, du Père Bonaventure Héphurne. La seule lettre gothique moderne* msguscule et minuscule, des imprimés et des chartes ré-

lection d'alphabets de Raoan iuaur (a). Elle se ré-* duit à cinq : un de lettres hébraïques, dont il fait. Moïse riuTenteur; un de grecques, dont il pousse le nombre jusqu'à 29, ajoutant aux trois épisèroes celte figure T, empruntée du latin, pour valoir mille. Son

sophe cosmographe, Scvthe de nation. Il cfevrait par conséquent elre scytnîque. Plusieurs de ses caractères néanmoins approchent fort de celui d'Hichiis, attribué aux Francs ou aux Marcomans. Il n'a guère moins d'affinité avec diverses leUres de Tal-, phabet palcstin de Bephume. Hais il ne ressemble en rien ni à son scythique ni à son massagétique, niau lartarique moderne. Raban, qui prétend l'avoir' tiré de saint Jérôme, ne laisse pasde denâander grÂce, pour les fautes, qu'il aura faites en le représentant. A r^ard du cinquième ou dernier^ il le rapporte aux Harcomans ou Normands, d'où sortenti selon lui, ceux qui parlent la langue théotisque. Nous l'avons fondu dans notre aMabet général des runes» planche xiv, tom*. 1, p. llii ' (577) Pag. 659 et suiv.

ru) Ton. yi, p. 359, 3M.

VOQ

centes (5T8) s'y fait remarquer. Nous ne croyons pas devoir nous arrêter aux alphabets de rabbé Trithème (579).

A proprement parler, le traité des chiffres de Vigenère (580) ne renferme qu'un alphabet de cursive, fourni par chaque élément de quatre ou cinq figures qui puissent se rapporter à notre objet.

En 1587, Nicolo Van Helst mit au jour à Rome quatorze alphabets, parmi lesquels on en compte sept latins, tous d'écriture cursive du temps, tous distingués par les dénominations nationales d'italicfue, de belgiq^ue, d'hispanique , de germanique, de française, d'anglaise, de polonaise, outre la latine ordinaire, à lettres capitales.

Un anonyme publié par Yulcanius de Bruges en 1597 (581) tira un alphabet, réputé ancien gothique, du livre d'argent de l'abbaye de werden. Il y joimit (5fe) un alphabet de prétendues notes lombardiques (583) 3u'il avait puisées dans ce manuscrit ou ans un autre, qu'il qualifie également d'argent. Vulcanius lui-môme (SB3*) quitte le personnage d'éditeur pour prendre celui d'auteur. Et d'abord il débute par quatre alphabets runiques» mais il les intitule gothiques (58b).

Il y a plus d'un siècle, que le fameux Nicolas Schmidt; autrement apoelé Cuntzel von Rodenackerse proposa le plan le plus vaste, en fait d'alphabets et d'écritures. Il rassembla celles de presque tous les peuples de la terre , tant anciennes que modernes , et les accompagna d'alphabets (585). Il dressa

^578) Parmi les 72 alphabets de ce compilateur, nul autre, qui ait trait aux latins. D. Mamllon (a) ne connaissait son ouvrage, que par le titre, et par ce que lui en avait apprisWormius.il ne laisse pourtant pas d*en donner une idée assez iuste : si ce n*est qu'il ne dit pas qu'environ la moitié de ses alphabets sont chimériques. Bons et mauvais, ils se trouvent accompagnés d'autant d'emblèmes en l'honneur de ta sainte Vierge, avec des inscriptions dans la langue et l'écriture correspondantes à ces alphabets.

(579} Nous trouvons, au cinquième livre de sa Poiygraphief traduite par Gabriel de Gollange, natif de Tours en Auvergne, et imprimée à Paris en 1571, treize alphabets eu caractères extraordinaires. Quelques-uns sont étrangers, les autres ne doivent passer que pour de purs chiffres. L'alphabet tvronien ou en notes deCicéron, s'v voit au feuillet 186, avec tous le^ défauts qu*ou sp&ifiera en parlant de celui de Bourguet.

(580) 11 en est à peu près de ses 56 alphabets, ittsiérés dans son Traité de$ chiffra^ imprimé en 1586, comme de ceux du P. Hephurne. Les uns sont vrais, les autres supposés, d'autres mêlés de caractères vrais et faux.

(581) De iiiterU et txnqua Getarum tive Gothorum^ p. 1. *

(582) Ibid., p. 20.

(585) Apprendre le lombard aux ambassadeurs goths, et les mettre en état de conférer avec les princes d'Italie, fut, selon l'anonyme, l'usage qu'on prétendit faire de ces notes. Sur quoi l'éditeur ne se rend (b) pas garant de son auteur. C'est trop peu dire : les notes lombardiques en question ne sont

,a) De te dtpUm.^ p. 45, 46, {b) Frœf,9 p* IL

plusieurs exemplaires des unes et des autres, et les déposa dans les bibliothèques de divers princes d'Allemagne. Struve rend compte (586) d'un de ces manuscrits contenant l'Oraison dominicale en cinquante et une langues , avec plus de cent trente alphabets. Mais les travaux du célèbre paysan d'Allemagne ont peu de rapports aux manuscrits et aux diplômes anciens, quoiquMl ait quelquefois multiplié les alphaoets sur la même langue, et qu'il en ait recueilli de la plupart des peuples de l'Europe , sans parler de ceux des autre nations. Mais il n'a pas fait difficulté d'en grossir le nombre, de ceux qu'il avait tirés d'auteurs, qui n'avaient pas su distinguer les fabuleux des véritables.

II. Continuation du même sujet. Alphabets d'Edouard Bernard^ de Jf . Bourguet^ de don Velasquez. — Edouard Bernard, professeur d'Oxford, a donné , dans son Diagramma^ 29 alphabets estimés des savants. Mais il s'attache particulièrement à ceux des Orientaux. Tous sont étrangers au latin, à l'exception de ^ept , qu'il lait commencer à l'an 714 , avant Jésus-Christ (587) et finir l'an 500 depuis l'Incarnation. Cinq sont purement latins, un saxon, un français; c'est-à-dire dont on usait en France, immédiatement après que l'empire romain y fut détruit. Les figures de la lettre la plus abondante n'y passent point le nombre de quatre. Presque toutes ont été puisées dans les inscriptions.

Bourguet , qui avait compilé tous ces alphabets (588), y joignit ceux de la propagande. Sous le n** 8 se trouvent renfermés

autres que les romaines, connues sous le nom de notes de Tyron, de Sénèque, etc. Ce qui semble avoir induit en erreur Fanonyme ; c'est qu'ayant trouvé ces notes (c) dans le manuscrit d'argent, il s'était imaginé, qu'elles devaient être relatives à Tancien gothique. Au reste il ne se borne pas aux deux alphabets : il donne plusieurs modèles imprimés de ce manuscrit de Werden, outre des listes de notes tyroniennes en assez petit nombre, si on les compare avec Tample recueil de Gruter.

(583*) Pas. 45.

(584) On les trouve dans notre xiv* planche. Quelques inscriptions runiaues les accompagnent. Les morceaux, qu'il ajoute de romance, d'âpre Nithard, de teutonique, de saxon, de persan, de basque, de frison, d'islandique, avec quelques listes de mots de ces langues et autres, sont étrangers à notre sujet.

(585) Struv. De crit. manuscr,^ § 8.

(586) CoUectaneamanutcr.y fascicul. I, p. 194.

(587) Son second alphabet latin est de la première année de Tère chrétienne, le troisième de 506, le quatrième de 400, le cinauième ainsi que le français et le saxon de 500. Ces dates prises en rigueur paraîtraient un peu bazardées : à moins que ses alphabets n'aient été tirés de monuments, qui portassent ces dates. Alors il faudrait beaucoup resserrer l'idée que Von pourrait se former de retendue de leur usage.

(588) 11 en avait en même temps recueilli un nombre prodigieux d'étrangers, et surtout d'indiens, qui paraissent faire la principale richesse de son manuscrit. Les modèles des écritures de ces nations y vont de pair avec leurs alphabets.

(c) Ibid.f p. 7.

PALEOGRAPHIE.

deux hibornois dans ie ^oût saxon» deux italiens de romaine ordinaire, deux allemands de pure gothique récente, toujours alternativement majuscules et minuscules.

La mâme collection présente un alphabet en lettres minuscules pour la forme, quoiquefort hautes, garnies de paraphes, hérissées d'ailleurs de pointes anguleuses, qui caractérisent parfaitement le gothique moderne. On y Toit de plus un prétendu alphabet de notes de Gicéron, d'après Trithème. Hais à peine s'en trouve-t-il quelques-unes de Yéritables : encore doivent-elles plutôt être regardées comme des mots que comme des élei^ents. Ses lettres doubles ne valent pas mieux. Ainsi tout ce qu'a rassemblé ce savant homme, par rapport au latin, se réduit à fort peu de cnose, et n'a pas vu le jour.

L'année dernière, don Velasc^uez, de l'Académie royale de l'histoire , mit au jour un Essai ^mr les alphabets des lettres inconnues , qui se renamtrent dans les plus anciennes jmé-dailles d'Espagne (^86). Pour parvenir à les lire, il compare (d90) les lettres primitives de seshabitants avec les alphabets orientaux^ grecs, .runiquesy latins. Il a puibé ceux-ci

(589) Efuayo tobre lot alphabetos de las lettas deseonoeidaSf por Don Luis Joseph Yelasquez, 1752, în-4'*.

m&Q) L*aiiteur en fait le parallèle au moyen de sept planches. La première renferme trois alphabets : 1"* le ^rec commun, dont les caractères n'ex- 4:èdent jamais le nombre de quatre : 2*" le grec primilif , quoiqu'il ne remonte pas plus haut que six cents ans avant Tèrc chrétienne, où les figures de chaque élément, quelquefois réduites à deux, ne se trouvent p^s multipMées au-dessus de dix : S"" suit ^'alphabet étrusque, médiocrement garni de caractères. La seconde planehe contient les alphabets arcadien, péUsgique, latin ancien, got^iaue, dit d'Ulphiîa -et le runique. Celui-ci, le plus abondant de tous, fait il peine le ^uart du nôtre. L'auteur relègue les épiâmes à la hu des alphabets de ses deux, premières planches et de la 5* et 6* : comme s'ils n'avaient pas en leur rang marqué parmi les.iettrea!

Les alphabets hébreu , syriaque ancien ou estr^iH ghèle, qu'il appelle chaldéen, syriaque vul^ire, phénicien ou samaritain d'Edouard fiernard et du P. de Alontraucon, occupent la troisième planche. Les trois premiers sont simples, c'est-à-dire que chaque élénieni n'a pas phis d'une figure. Les deux autres, tirés de ces deux auteurs, sont connus du public.

On voit dans la qvatrième planche les alphabets phéniciens, samaritains : i"* de Scaliger; ^ôo Bo- 4-hart ; 3» de Wallon ; i" de Ghishul ; S" Je phénicien de Swinton ; 6*" le punique de l'abbé Fourmont ; 7"* le phénicien espagnol de Uhenferd. Excepté le dernier ei celui de Swinton, qui n*a paru que depuis notre premier vohime, nous y avons fait usage de ioue les autres.

Les cinquième, sixième et septième plandies ^nt bornées aux alphabets celtibérien ou de ia. proviuce tarraconaise, tuderian ou de la Délique, bastulophéniden, propre aux colonies phéniciennes et carthaginoises. Le piemier, à peu de diose près, parait irés-bon, le second passable, le trpisième presque arbiiraire. Mais il ne faut |>as oublier que Don velasqoez ne doiuAC son travail que comme un essas et ses découvertes (\ue comme des conjectures. Ponrlni rendre une pleine justice, il faut reconnaître qull y en a d'heureuses, que son dessein est bien pris, <^ne l'exécution en est conduite avec méthode, qae Terudition y est répandue avec sagesse, et qu'il

Diction N. de Paléographie, etc.

dans une partie des mècnes sources ({ue nous (591). Mais ils soat incompiSgr^bl^mei)! moins étendus que les nôtres. Quanit au latio, il n*est composé que des quatre d'Edo^iarJ Bernard, fondus en pn ^eul.

111. Compilateurs d alphabets et de modèle^ é^ écriture latine des derniers siècles : Wirstlin, Fanti et autres maîtres de Vqrt. — Léonard Wirstlin ou Wa^^ner, moine de saint Ulric d'Ausbourg, avait réuni d/iqs unçeul volume, qull présenta en 1507 à Tempereur Mas imilien, cedt sortes d'écritures, toutes pos^* Heures au x\v siècle. 'Nous ne connaissoiti ce manuscrit que par ^ dissertation préliminaire au premier tome du Trésor des anecdotes de dom Berïiard Pez (592). Il est intitulé : Proba centum scriptsurarum di^err sarum una .manu exaratarum, Quoiqti*<m ne nous apprenne point, si cesmoîdèles d^écri'iures spnt accompagnés d'alphabets (593), la iSingula^ité de cette collection, qui d'ailleurs «st une. des plus anciennes en ce genre, ne nous permet pas de la passer sous silence.

Le Xrùnr des. écrivains^ tiré des auteurs les

Ïlus estimés J[5d4), surtout de Sigismond anti, noble JPeriarois, composé par Ange

ne peut manquer que de monuments, pour nicarc la connaii^sanee des antiquités espagnoles au nive^^u de celle des étrusques. Quelques fautes cle détail. Inséparables de l'humanité, ne doivent rien prendre sur l'est! me que mérite l'ouvrage de ce savant âcadémicien. Nous sommes même disposés à adôptqr ses ti'ois derniers alphabets, quoique nous sounoi- Uons qu'il les perfectionne. La voie de comparaison avec les autres alphabets étrangers ne donnera quf*. des vraji&emUanoes;, celle .qui s'^^uie sur des monuments unffôrihes, et dont les caractères moîns connus seront éclaircis par d'autres plus connus, mèneront droit 'au certain, ou du moins en appro* cberont.

(591) Pag.îSetsuîv-

(592 Pag.xxxv.

(593). Les npms assez bizarres de cesécritures $e trouvent dans lés Anecdotes citées. Les continuateurs du Glosàcàre l^t^n de Du Gange les ont rangée par ordre alphabétique, sous le mot scHptura. Cependant ils eh ont omis deux, savoir : aversalicana ' média et rotundaliê glpbata qu'ils n'auroni peut-ôtm pas voulu répéter, nous i envoyons aux livres indî^

pourrait men aussi qu glnébon nombre de ces écritures.

(594) La plupart des compilateurs d'anciens alphabets, ne faisant pas dilllcullë d'en recueillir de nationaux et même d'assez modernes, nous autorisent à ne pas tout à fait négliger ceux des maîtres de Tut ' des XV* etxvi« siècles et du commencement du xvu*. Les alphabets des derniers ont même sur les autres plusieurs avantages. Us sont en plus grand nombre, ' ils paraissent mieux clioisis, ils s'étendent à plus de nations, ils montrent une plus grande variété de caractères, ils servent de modèles à ceux des siècles suivants. Ces ouvrages ne sont souvent d'ailleurs que des compilations d'alphabets et d'écritures de aifierents peuples. Leurs auteurs ont pour l'ordinaire Influé dans le3 changements arrivés à l'écriture. D. Mal)ilion, lui-même, dans sa préface sur la Diplomatique et au chapitre 11 du livre i^% pdrlc de deux personnes qui, sous le pontiAcat de Paul 111, c'est-a-dire un peu avant le milieu du xvi' siècle. Tune à Rome, 1 autre à Venise, avaient rasseml lé des exemples de toutes sortes d'écritures, quoiq):e

DlCTiONAlRE DE PALËOGRAPIIIC, ETC.

de Modène» parut en italien, Tan 1533. 11 '^t gravé en bois par Hugues de Carpi , qui devait avoir pour son art des talents peu communs. Outre un très -grand nombre d'exemples d'écritures, dont les plus antitiues ne remontent pas au delà du xiii* «lècle , ce Tréior contient 37 alphabets (595) d'écritures rondes, bâtardes, impériales, bullatiques» expéditives , de chancellerie de toutes les sortes, de commerce, de minute, de gothique de diverses façons, etc Le même livre et autf es semblables , plus & l'usage ■des écrivains de leur temps que des anti« quaires, renferment au moins losdifiérentes espèces d'écritures employées dans les siècles et les pays où ils ont vu le jour. On jugera donc à juste titre de celles d'Italie des XV* et xvi' siècles par cet ouvrage.

IV. Alphabets et modèles de Jean^Baptiste PalcUinOy de Toriy de Josse d'Hond , de Le Gagneur^ etc. — On y peut joindre , si l'on veut, celui de Jean-Baptiste Palatin, imprimé à, Rome en 154ii^, quoique le privilège ^t l*épltre dédicatoire soient de IMO. Aux 4ermes de dom Mabillon (596), il représente "l'écriture romaine de chancellerie, des bulles apostoliques et des négociants ; la française,

belles se fussent presque uniquement bornées aux .plus récentes. Il n*est donc pas étranger à notre dessein de dire quelque chose des travaux de cette nature. Nous ne descendrons pas néanmoins au-dessous du règne de Henii IV, et nous ne prétendons pas même nous astreindre à faire mention, ni de tous les alphabets publiés aux xv* et xvi* siècles ni de leurs auteurs.

(595) On ne dit rien de ceoi des lettres étrangères.

|596) De re dipL, p. 45.

(597| Struve, quk (a) copie ici D. Mabillon, ne rend pas fidèlement le sens de ses paroles. Leipremier fait imprimer à Venise, et le second à Rome, le livre de JéaurBapUste Palatine. Struve appelle une de ces écritures rognoscanij et la distingue de Vincise ou coupée. D. Mabillon la nomme rognosam, et dit expressément que Fauteur Italien lui donne le nom aincisam, La méprise de Struve sur le lieu de Timpression vient, sans doute, de ce que le P. Mabillon parle en même temps d*un autre écrivain qui avait publié un pareil ouvrage à Venise. Pour ne rien dissimuler, le savant Dénediclin a lui-même été mal servi sur le compte de Palatine. Dans le livre de ce dernier auteur, nul modèle d'écriture flamande, notaresqwy incite. Il n*entend point par lettera rogno$a une' es- |)èce, mais une mauvaise qualité d^écriture à laquelle il joint celle de smorta, c^est-à-dire pâle ou jaunâtre. Aussi n'en parle-t-il que relativement à Tencre trop fluide, à la sécheresse ou à la rudesse de la plume. 0.1 sait, ou du moins est-il aisé de savoir, ce que en italien signifie rognosa. Les écritures marchandes de Milan, de Rome, de Venise, de Florence, de Gènes, de Genève, figun^s par notre écrivain, ont ensemble beaucoup d*a<finité. Ce sont des mélanges de cursive et de minuscule, tenant encore beaucoup du gothique. Son modèle des bulles apostoliques se rapporte à celle du xm* siècle. Sa letire de brefreyieni à l'italique ancienne ; sa cancellaresgue formée k la nouvelle; sa napolitaine à notre minuscule ; sa française à celle des vieilles Civilités, Son espagnole différerait peu de la minuscule, si quelques lettres cursives excédautes haut et bas ne la défiguraient. Sa lombardique a trait à celle du x* siècle.

<«) Dtf crflenis nm., § 8.

la napolitaine, la lombarde, Ves|)agnoIe, Tallemande, la flamande, la florentine , la nota* resgue, Tincise (597) ou coupée, et autres airbitraires. Il joignit à ces alphabets des modèles d'écriture moderne, et m6me d'ancienne lombardique.

Vart et la science de la vraie proportion des lettres j par Geoffroy Tory, fut imprimé en 151^9, à Paris. L'auteur y donne sept alphabets latins, dont cinq sont de cadeaux^ de lettres bAtardes, de gojfes^ autrement impériales ou bullatiques, de forme et de tor^ neure (5S^). Ces cinq alphabets français sont gothiques.

Le théâtre de Vart d'écrire^ en latin, fut mis au jour l'an 159i^, par les soins de Josse d'Hond. Ses exemples et ses alphabets sont tirés des plus habues maîtres italiens, français, allemands, anglais, flamands (599). On y remarque des écritures gothiques, propres de tous ces peuples. Il y en a de française et de romaine ronde, d'anglaise et de flamande courante, de cursive liée, et d'italienne po* sée, rieille et nouvelle, de cancellaresque, de française et d'anglaise bâtardes, encore bien différentes de celles d'à présent.

Au commencement du xvii* siècle» Le Ga-

Suiyent deux exemples d^écriture allemaiide, vne d« lettre française dans le Koût de nos épitaphes de 500 ans. G*est la pure gotnique hérissée d*angles et de pointes, mais avec des exiensions et des entrelacements de traits dans Tintervalle des ligues. Tous ces modèles sont accompagnés de leurs alphabets. Il intitule lettre mandne une écriture tournée vers la gauche et qu*on ne lit qu*au miroir. Sa lettera trat^ tixata^ Clément faite à plaisir, est composée de majuscules cursives liées, entrelacées, endavces. Après un alphabet de capitale romaine, il passe à la er^tographte, dont il enseigne divers secrets suivis de deux modèles, de douze chiffres carrés^ et de quatre planches de rébus. 11 revient aussitôt aux alphabets : presque tous sont étrangers et en caractères minuscules. A Texceplion du latin, du grec, du premier hébreu, de Téthiopien, qu*il nomme chaidéen et de Tarabe, tous sont faux ou du moins trè&suspects. Un modèle et deux alphabets en lettres de forme majuscule et minuscule terminent sa collée^ tion. Le reste ne consiste qn^n des avis à Tapprenti écrivain sur les instruments de récriture, sur la taille de la plume et la manière d'en faire usaee.

(598) Au sujet de ces lettres, Tauteur (fr) dit que les anciens eu c escripuoient épitaphes sus les tumbes des trespasses. Ils en escripuoient aussi en vitres, en tapisseries, comme on peut le veoir en beaucoup de vieulx monastères, mais aujourd'hui les imprimeurs en font les commencemens de leurs livres et des chapitres d'iceux. En impression y a maintes diverses manières de lettres : comme leUre de forme, qu'on dict canon. Lettre bastarde de laquelle on a toujours par cy devant imprime liures en françois. Il y a lettre bourgeoise, lettre de sommes, lettre

Romaine lettre Aldine, qui est dilte pouro^tie

Aide le noble imprimeur Romain demeurant et imprimant nagueresenVenisea mis eu usage. > Joutes les lettres cursives de Tory étaient encore gotfclqocs. Son écriture bâtarde ne ressemble point à la oôire.

(599) Il commence par trois alphabets de capitales cursives. H y en a de français, d'allemands, d'*cspagnols, d'italiens, au nombre de dix. £n génénil ces alphabets sont souvent founiis de plusieurs sortes de caractères sous chaque élément.

(b) Fol. 138« T*

PALËOGRÂPIIIfiL

gneur publia âa Ttehnographie (600), renfermant divers modèles d%critures et d*alpfaabets (fui constatent Tétat de la belle écriture eu France, sous le règne de Henri IV.

Il parut un nouvel Ari d'écrire à Zurich^ en 1605, où Ton donne des exemples et des alphabets latins, allemands, français et italiens (601).

y. Auteurs qui ont compilé des alphabets de manuscrits^ de diplômes et d'autres monu^ mentSy avant notre siècle: alphabets de Hormon; D. Mabillon justifié. — Pierre Hamon, secrétaire de Charles IX, avait projeté de mettre au jour des modèles de toutes les écritures du monde, anciennes et m.oder<* nés (602). Outre les trésors littéraires de la Bibliothèque du roi, qui lui étaient ouverts, il pénétra dans plusieurs archives, et spécia* lement dans celles de Saint-Germain des Prés et de Saint-Denis. Il mit tout de bon la main à l'œuvre en 1566 et 1567. U tira des modèles sur les originaux avec beaucoup d'adresse; mais ils demeurèrent manuscrits.

Communiqués à D. Mabillon, lorsqu'on imprimait sa l^ôp'oman'^e, quelques-uns

(600) On peut y compter sept oa huit alphahçts en lettres rondes, italienne^, cancellaresaues et formées. Cette dernière écriture n*a rien de commun avec celle de Tory. C^est précisément la belle italique romaine qu*on introduit depuis quelques temps dans nos impressions, au lieu de Htalique aldine.

(601) €e livre est en allemand. Il débute par un alphabet de gothi^e majuscule en échiquier. Chaque lettre est de trois pouces en carré et chargée de ' quelques centaines de traits. U continue nar un alphabet de ronde française; suivent deux a'italienne ou bâtarde, et cinq d'allemande. On trouverait difficilement plus d^'exemples réunis de diverses formes de la gothique de ce temps.

(602) De re diptom., praef., et p. 45, 344.

(603) On pourrait dire qu'il en aurait pris mal à D. Mabillon de les avoir employés, si les reprodies qu'on lui eu a faits (a) avaient du moins quel-

3ue fondement. Mais depuis quand la candeur, la roiture et l'humilité la plus dirétienne ont-elles mérité les traits de la critique , qu'elles devaient désarmer? Ne fut-ce pas D. Mabillon lui-même oui, pouvant cacher l'illusion <}ue lui avait faite une épigraphe frauduleuse, dont il n'était à portée de vériner la fausseté ni sur l'original ni sur des pièces de comparaison, fut le premier à la nublier (o) dans le tivre même où cette méprise lui était échappée? Et aui s'oi serait alors aperçu, s'il n'en eût pas averti ? Au reste, en quoi consistait l'imposture? Dans l'inscription de Testament de Jule$ César, au lieu de Charte de Ratenne. Le titre qu'avait vu D. Mabillon n'était point l'étiquette réelle ou prétendue de l'antograpbe, mais du modèle tiré par Hamon. La pièce originale que D. Mabillon a publiée au Supplément de sa Diplomatique se conserve à la Bibliothèque du roi. C'est un des plus beaux monuments de ce genre dont on ait connaissance, et contre lequel tous les efforts de la critique échoueraient immanquablement. L'inscription trompeuse, qu'on y suppose apposée, ne l'aurait été que pour en rehausser le prix. Le P. Mabillon, dans sa Diplomatique, avait déchargé Hamon de cette supercherie, mais il laisse entrevoir quelque soupçon contre lui, dans son Sun-

{élément. U nous parait probable, si elle exista aueors qu'à la tête du modèle de Hamon, qu'elle fut

(a) HtMmoK discepi. i, p. 68. De veier. bmreU, p. ii9. \b) Ds re diplsm , p. 5 U

furent jugés dignes de figurer parmi ses modèles (603). Mais Hamon ne dressa qu'uft. petit nombre d'alphabets latins, quoiqu'il eAt formé le dessein den publier de tous les âges (60iii.).

VI. Alphabets et modèles de Souteroue et dt D. Mabillon. — - Bouteroue (605) a donné deux alphabets : le premier pour celui des Gaulois ; le second comme propre des Fran* çais, sous la première race. Uun et Tautre sont tirés de leurs monnaies; mais, après avoir confronté l'alphabet gaulois de cet auteur avec ses médailles, nous avons reconnu Sue les caractères les plus extraordinaires e ces monnaies ne s'y trouvent pas, que les grecs peuvent appartenir à des médailles véritablement grecques et non gauloises, et que les autres sont purement latins. A l'égard de Talphabet plus latin que français, une quinzaine de ses figures ne paraissent point sur les monnaies françaises, et un peu plus de lettres rares, que nous y avons re* marquées, manquent à cet alphabet.

D. Mabillon n'a pas laissé de l'insérer sans changement dans sa Diplomatiqus (606).

commise par quelqu'un de ceux qui vendirent la pièce. Le P. Germon (c) se plaint de ce qu'on a fait' disparaître la fausse étiquette du dos de la charte do Eleine sécurité, par la toUe dont on Ta revêtue pour I conserver. On aurait pu, selon lui, faire servir cette inscription à convaincre toute la pièce de faux. Nous ne pouvons joindre nos regrets aux siens, sur une si crande perte. Quel plaisir pour le P. Germon, s'il eût pu flétrir la fameuse cnarle en écriture romaine de la Bibliothèque rovale! Mais jamais répigraphe perdue ne lui aurait procuré ce plaisir, quen lui faisant prendre la vérité pour le mensonge. Elle existe encore dans la Diplomatie que, cette épigraphe si regrettée. Loin de pouvoir démontrer ja fabrication de la pièce» sur laquelle elle fut put-être frauduleusement mise; dans les deux petites lignes qui la constituent , plus de dix preuves d'incompatibilité entre Tune et l'autre se manifesteront à quiconque aura bien présents à l'esprit la forme et le contour des caractères et des traits de la charte de pleine sécurité. Ainsi, la fausseté de Tétiquette ne saurait rejaillir sur la pi}ce originale. Au reste, la prétendue toile du P. Germon prouve encore une sa mémoire ne lui représentait pas fidèlement les objets mêmes ^u'il dit avoir vus (d). Tout le monde peut se convaincre par ses yeux que la charte de pleine sécurité n-est pohit collée sur de la toile. Si l'on y avait appliqué ce remède, Je commencement ne s'en serait point détaché comme il Test aujourd'hui. Elle fut seulement revêtue de pafMcr fort. Nous en ignorons le temps. Si ce Alt par les soins de Hamon , cela pourrait faire retond)er sur lui l'imposture. Peut-être aurai^ll collé dessus du papier, autant pour ne laisser nulle preuve de son mensonge que pour conserver un monument qui pouvait alors passer en France pour unique en son espèce. Sans endommager la pièce, peut-être ne bcraitril pas impossible de vérifier ce fait, si Ion en était fort curieux.

Ï604) Librorum de re dipL Supplem., c. 12, p. 55.

(605) Recherches curieuses des monnaies^ p. 157,

(606) Il est vrai qu'il ne le donne pas pour quelque chose de bien merveilleux « ni sur quoi Ton puisse sûrement compter.

{e) Discepl. i, p. 61

id) De veter. hœrcU, p. 449.

4JS

D1€T10NlNâ1RE de VALEOGaAPlIlE, ETC.

Nous y Yoyons aussj, de ia façon de ce docte et laborieux Bénédictin, dix alphabets (W7), y compris celui des Pandectes de Florence, Iransporté par D, Ruinart du MtAseum itcdicum dans la Diplomatique de Tédition de

iim («08). , ,. .

Quelqîie estimables que soient les liaisons de lettres et les alphabets que D. Mabillon a publiés, ce n'est presaue Tien en comparaison de ses modèles d'écritures. A cet égard, quelques-uns ont bien pu le sur-

Easser du côté de la magnificence et de la eauté des gravures; mais du côté de la richesse et de la multiplicité des pièces en tout genre, il ne s'est encore trouvé personne qui l'ait égalé : ce n'est pas assez dire , la république des lettres n'a nul ouvrage de cette nature qui lui soit comparable.

VIL Auteurs qui depuis notre siècle ont feeueilli d'anciens alphabets latins^ et surtout ceux des chartes. Alphabets et modèles de D. 4e Mont faucon^ de HickeSj de HeinecciùSf de Brencniann^ de D. Hueber^ de Schaanaty de Duellius. -^ D. Bernard deMontfiiucon n'a pas autant enrichi le public par ses alphabets falins'que par ses collections d'alphabets grecs. Il a pourtant publié deux alphabets en lettres onciaies (609) ;le premier tiré d'un beau manuscrit de Lactance, du vi*^ ou VII' siècle, de la célèbre bibliothèque des chanoines réguliers de Saint-Sauveur de Bologne en Italie ; le second d'un manuscrit desévangilesdeVerceil(610), qu'on prétend avoir été transcrits de la propre main de saint Eusèbe, évéque de cette ville, au milieu du IV siècle.

Hickes fait entrer beaucoup d'alphabets dans son Trésor des langues septentrionales^ publié en 1705. Sans parler des étrangers, qui se rapportent presque tous aux runes , treize (6li; sont extraits de manuscrits an-

glo-saxons et demi -saxons (612). A deux simples alphabets de majuscules et de minuscules, conformes aux lettres gaUo^omai'^ neSf qu'Alfred le Grand introduisit en An-^

Sleterre (613), il en ajoute Cdik) quatre autres es xi* et xii* siècles. Il consacre une page entière (615), pour faire représenter les alphabets des Normands et des Français (616), et une autre pour l'alphabet des monnaies anglo-saxonnes et anglo-daniques (617). Rarement ces alphabets admottent-ils multiplicité de caractères, si l'on en excepte les deux de monnaies. Quelque exact que soit cet auteur, il n'a pourtant pas épuisé la matière, même par rapport aux deux derniers alpha*^ bets. Car, à regard des autres, à peine estelle eiQeurée.

Une planche d'alphabets, disposés par siècles," tenninô le Traité drs Sc^eaux iVïtei* lieccius, imprimé en 1700. Il les commence au V* et les finit au xv" siècle. Non-seulement les lettres cursives en sont exclues, mais à peine y rencontre-t-ou quelques minuscules, si ce h'e^t au XIV*. Chacun de ses alphabets se borne à un très-petit nombre de caractères. La plupart ne laissent pas d'être suivis de quelques lettres conjointes et d'abréviations. Brencmann publia son HiUoire des Pan'^ dectes de Florence h Ulrecht, en 1722 : il y fit entrer un alphabet, (jui parait recuciltî avec soin et d'après Toriginal. Nous ne pensons pas moins favorablement des modèles d'écritures qu'il y avait puisés.

La même année, dom Philibert Hueber mit au jour son Autriche illiistrée (618). Il l'en* richit d'une planche alphabétique, tirée des chartes de l'abbaye de Melc, depuis l'an 1108 jusqu'en 1400. L âge précis de chaque lettre est marqué sous son pied. Malgré cette précaution, quelques-unes nous sont pour le moins suspectes, non de faux, mais de n'être pas telles qu'elles semblent annon-

(667) Il en a publié un autre dans ses annales, lom. I,p. 697.

'(668) Des neuf autres, tous simples, c'est-à-dire 8MIS répétition du même élément, diversement Ûguré; quatre sont en lettres capitales, et cinq en eursives. Encore, sur les quatre premiers, deux aont-ils étrangers au latin, et deux seulement em* fruntés de monuments romains, antérieurs à Jésus-Christ. Le premier des cinq en écriture courante, soit des manuscrits , soît des diplômes, fut puisé dans un fragment de la charte de pleine ^urite, ou plutôt d*une copie de ce morèeaa. Deux manuscrite mérovingiens ou france-gattiques en ont fourni deux , suivis un peu après d*un alphabet anglo-saxon et d'un lombardique, dressés d'après les modèles d'un très*petit nombre de manuscrits. C'est à quof se réduisent les alphabets de D. Mabillou ; à moins qu'on n'y veuille ajouter celui des notes tyroniennes. Il l'avait pris sur une copie, tirée par Hamon^ d'un manuscrit de la Bibliothèque du roi. Mais c'est plutôt un échantillon de mots commençant par toutes les leUres, rangées selon Tordre alphabétique, qu'une suite d'éléments, oui puissent former un véritable alphabet tyronien. Il est à peu près dans le même goût que celui de D. Carpcntier, mais plus abrégé.

(609) Diar. hal., p. 405.

<610) IHd., p. UL

(611) Il les termine par des lettres liées ou conjointes et par des abréviations. C'est une méthode

au'il suit volontiers dans tous ses alphabets , mais s'y borne toujours à quelques échantillons. Ses modèles des écritures runiques, latines, anglosaxones, françaises et normandes, gothiques anciennes et modernes , sont donnés non-seulement d'après les merres et les manuscrits, mais encore d'après les diplômes. C'est surtout en fait d'angle saxones qu'il est le plus abondant

(612) Lib. 1, part, i, p. 3

613) Ibid., p. 78.

614) Ibid., p. 144.

[615) Part, n, p. 3.

[616) On y voit les alphabets des Normands d'aprè» Tnthème, Khaban Maur, le Vénérable Bède. il y

{'oint celui de Wastbald, celui des Francs de Dorac, 'alphabet secret de Charlemage. Ceux-là sont étrangers au latin. Mais il n'en est pas de même des trois suivants, dont deux sont puises dans deux manuscrits, et le troisième dans le Traité des monnaies de Leblanc. Ce dernier est le plus étendu, et néanmoins plusieurs ligures de lettres singulières y sont omises.

(617) Dissert. episL, p. 168.

(618) Nous ne parions point de ses nonfbreas*^ tables de sceaux, ni d'une seule planche d'écriture, renfermant deux modèles, et quelques abrévialious.

PALEOGlUPllIE.

cées. En général on remarque ici plusieurs lettres très-extraordinaires.

Jean-Frédéric Schannat, à ]a fin de la pfemière collection de ses Vendanges littéraires^ publiée en 1723 , fil représenter des modèles de trois célèbres manuscrits de saint Boniface de Majence, et les accompa^gàa de trois alphabets (619).

Deux ans après, on vit paraître à Leipsic un ouvrage de Kaimond buellius, sous le titre iïExiraits généalogiques et historiques,. L*4iuteur le commence par des modèles dé manuscrits depuis le v* siècle exclusive^meuiy jusqu'au xyv (G20). U se borne à six alphabets simpjes, dont quelques-uns sont empruntés de là DiplomaUque de A. Mabil- Ion etde Schannat.

VIJI. Alphabets et madeksdeScheuchzer.^ dfi X>. Godfroy von BesseU de Baring^ deD.Nas^ $are et de D. Rodriguex^d' Andersen ^ de Walther. ^ En 1730, M. Cheuchzer fit graver des alphabets, tirés des diplômes et des manuscrits d^une abbaye d'un can* ton de Suisse. Ils ne commencent qu'à Charleinague. Quoiqu'ils aient leur mérite , le nombre eu est trop peu considérable pour répondre à toutes les formes que l'écriture latine a prise, dans tous les temps et chez toutes les nations qui l'ont adoptée.

En 1732, Godefroid von Bessel immortalisa son nom per sa Chronique dt Gotwic (621); mais les alphabets n'en font pas le principal mérite. U les a renfermés dans retendue d'une page (622), dont la meilleure partie est employée en ornements et en espaces vides. Un tiers (623) est destiné aux lettres monacales majuscules et minuscules. Les une« et les autres sont très-gothiques. S'il les a mises si au large, il a prodigieusement (624) resserré un autre alphabet de lettres fleuries avec quelques figures d'animaux (625).

(619) Le premier est à la page 222. Il consiste en leize lettres formées de poissons. Il est tiré du second de ces manuscrits. Les deux autres se voient à la page 228. L'uu est en majuscules, presque touioars carrées, Tautre en ëemi-onciales anguleuses. Tous les deux renferment des caractères très-singiiiiers. Les morceaux d*onciade , de miiuiscules et de saxonne, ne passent pas le nombre de neuf on dix. il les redonne presque tous au public* avec les mêmes observations, dans son Diocèse de Fulde, Mais sa réponse à Eckart renferme douze grandes planches d écriture diplomatique, depuis le vin* siècle jnsqu^au xii*. Il y répète encore le dipléme de Fépin, qu'il venait de publier ailleurs (a). Ses autres ouvrages prouvent qu^il aimait à reproduire les mêmes planches.

(620^ Ses modèles occupent à peine quatre pages el demie. Ceux des trois premières sont tous tirés de D. Mabillon et de Schannat, à Texception de trois, pris dans les manoscrits de SaintHGermain-de»* Pfés, et d*an autre du xii' sîède* Le reste, consistant en une page et demie, ne commence q^u^au xui* siède. Encore j voit-on ûgurer deux modèles de la JHptomatique de D. Mabillon.

(621) Son premier volume renferme neuf planches de niaiitt8crit,dont les modèles commencent au vii« siècle, et Unissent au xi*. Celles des diplèmes des empereurs s^étendent, depuis Tan 915,jusqu*en 1257. Oo peut Juger, sur ces monumentSi des anciens ma-

Ce serait, ici le lieu de faire mention da Catalogue des manuscrits du roi d'Angleterre^ publié par David Cafley en 173ih , s'il était aussi riche en alphabets qu'eq raodèlea. et, de diplômes etde manuscrits (626)

La Clef diplomatique^ de Daniel Eberhard Baring, parut en 1737^ à Hanovre. Si Ton en excepte deux simples alphabets, tirés de di-plômes, et sept d actes de «notaires, tous les autres sont empninlés de D, Mabillon» de D. Hueber et de Schannat.

A la tête de la Bibliothèque universelle de la polvgraphie espagnole^ publiée à Madrid en 1738, D. Nassare, bibliothécaire du roi d'Espagne, mit un prologue, enrichi de quelques alphabets, et de plusieurs njo^èles, tirés de manuscrits et d^inscripiUo^s ^ciennc^s et modernes. Pour ne rien dire des alpha* bets des langues étrangères, il répète U planché de l'abbé do Gotwic, dans laquelle^ les lettres monacales sont insérées, i^lle çst suivie de trois sim^es alphabets p^is sur des inscriptions wisigothiques d'Espagne et sur un manuscrit mozarabique^ Ce ne *sont là que les préliminaires de la Polygraphie de D. Christophe Rodriguez. Celui-ci la commence par vingt planches, toutes puisées dans la Diplomatique du P. Mabillon*. dont il emprunte et les écritures et les alphabets. Dans les modèles, qui ne sont dus qu'aux recherches du compilateur espa* gnol, paraissent divers alphei|bets simples, dont les plus anciens'ne re*r:ontent pas au^ dessus du x* siècle. Le seul xv* en prend pour sa part seize sur vingts-sept. Ainsi pour chacun de^ sept autres il n'en reste qi^'un, ou deux au plus.

Le Trésor choisi des diplAmes et des v^onr naies^ d'Ecosse fut donné qu publia eq 1739 avec une magnificence plus que royale. Les. alphabets n'y sont pas oubliés. On en compta

nuscrits d'Allemagne et des diplômes impériaux (622|Lib. I, p.71.

(623) Les deux autres tiers de cette planche, qui n'occupe pas toute retendue de la page, sont remplis par Falphabet runique, et celai d'Ûlpnibi.

(624) Cent cinquante-quatre caractères des lettres fleuries s'y trouvent réduits au point de ne tenir que le quart d'une page. Des lettres d'un pied dis haut n'occupent qu'un espace de moins d'un pouce,, et les autres à proportion. Une réduction si extraordinaire répand nécessairement de la confusion sur la plupart de ces lettres.

(625) Lib. I, p. 45.

(626j Seize planches de chartes et de manuscrita bien «sonomisées nous foamissent les écritnrea d'Angleterre, et surtout lesianglo-saxonnes, earôUnea et normandes, depuis le vu* siècle jusque vers te milieu du xvi*. Ses modèles procèdent presque toujours par dates. Hais nous n avons pas entrepris de parier des auteurs, qui n'ont publié' que des modèles de manuscrits et de diplômes. Sans cela, nous n'oubUerions pas la Bibliothèque impériale de Lambécius, celle de Turin, le Propylœum d'avril du P. Papebroch, les Liiurgies et les Ecrivains de l'hUtoire d'Italie de Muratori, la Défense des écritures cano»^ niques par le P. Bianchim, et tant d'autres don| nous avons les ouvrages entre les mains, outre aewt que nous n'avons pas ou qui ne sont point V^IMia è notre connaissance, t

sept de lettres manscules et minuscules, tirés des chartes d*Ëcosse. Us peuvent suffire pour la diplomatique de ce royaume. Mais c'est peu de chose par rapport à l'étendue de notre objet; et d'ailleurs les plus anciens caractères de cette collection touchent à peine aux dernières années du xt* siècle.

En 17'V7, le Lexicon diplomatique de Walther fut imprimé à Gottingen. A la suite de son dictionnaire d*abréviations, on trouve, entre autres choses, neuf alphabets (627) de lettres majuscules , minuscules, et cursives, prises sur un très-petit nombre de manuscrits et de chartes. Ainsi, loin de représenter les lettres latines de toute l'Europe , ils n'é-

Suisent pas même celles d'un royaume, 'une province, d'une contrée. Du côté de Fantiquité, le viir et le xv* siècles en sont les bornes. Nous ne prétendons pas néanmoins en déprimer le mérite. Chaaue élément se trouve autant multiplié gue le comportent les modèles de manuscrits ou d'actes , dans lesquels on a puisé ces alphabets. Plusieurs liaisons en rehaussi*nt le prix, et,. p«r-<iessus tout cela, vingt-huit planches^ tantd'écrilures, de manuscrits de chartes et de musiaue, que des alphabets dont envient déparier, rendent ce recueil aussi curieux par ses modèles, d'ailleurs assez élégamment çravés, qu^utile par les 225 planches d'abréviations expliquées.

Nous ne dirons rien de Fulvio Montauri , de Jean Théodore et de Jean-Israël de Bry, de CoHetct, de Jauçeon (628), de la demoiselle Elstob, Anglaise, et de tant d'autres compilateurs d'alphabets (629). Ce n'est que dans ce'siècle qu on en a donné des essais tmpeu passables. Les meilleurs, cependant, ne sont fe résultat que de manuscrits ou de diplômes particuliers, que des titres d'un canton, d*une abbaye, d'une église. Difficilem.eat eu montrera-4-on quelqu'un, qui s'étende è la fois à une vingtaine de chartes Eationales. Il reste donc bien des milliers de manuscdts, de diplômes, d'actes, de médailles et d'autres monuments dont on n'a pas pensé à recueillir des lettres, qui pourraient figurer avantageusement dans une compilation d'alphabets.

IX. Idée des monuments sur lesquels doi^ vent être dressés des alphabets généraux; col^ lection comf)lète d'alpimbets particuliers , msnf fixante d une party et de Vautre impossible. — Il n'est pas» à la vérité, possible de fout voir et de tout dépouiller; mais, quand avec un peu de choix Ton n'a par soi-môme épuisé quelques centaines de manuscrits, de xltpJômes originaux et de modèles des uns et

{Wl) Les deux premiers sont tirés de deux manuscril3 du vni« siècle : Le Irmsième d*iin manuscrit du IX* ; le quairième d'une charte ecclcsiaslique du xir; le cinquième et le sixième de deux chartes du xni«; le septième et le huitième de deux pièces du xiv; le neuvième d'un manuscrit du xv. Au reste les nombreuses planches de ceï excédent ouvrage sont fort l&clie» ou peu remplies. L'explication des tbréviatioiis et même de& anciennes écritures occupe iMtant on plus do place que les textes.

(H2^) On prétend <jue ce 8a>'ant a hissé bra.u-

des autres, quelques milliers de médailles c( d'inscriptions de tous les Ages, et qu'avec cela l'on réunit à peu près tous les al[)habets de ceux qui nous ont devancés dans ce genre de littérature, on doit être en état de donner au public, sinon du parfait, du moins des collections d'alphabets , assez bien fournies pour faire face à presque toutes les difficultés. S'il était question de ne rien laisser en arrière , un volume entier n'y sulB- Tait pas.

On peut demander lesquels des alphabets généraux, particuliers, ou par siècles, s'ajusteraient le mieux au projet d'une diplomatique universelle. Les généraux»

dira-t-on , sont trop vagues et ne fixent pas assez l'Açe des caractères. Pour parvenir à la plus grande précision , il faudrait que chaque lettre portât sa date avec elle : alors on n'appliquerait point à tel temps une figure qui devrait appartenir à tout autre, on marcherait toujours la preuve on main, et l'on n'aurait rien à craindre de l'erreur.

Mais TAge des monuments, des manuscrits»

des chartes, n'a pas toujours de date certaine. On ne [>eut quelquefois en juger que par estime; encore ne s'étend-elle pas toujours jusqu'à donner un indice sûr et précis du siècle. On sait néanmoins indubitablement que tels caractères , d'ailleurs trèssinguliers, lui sontantérieurs ou postérieurs. Faudra -t-il les néj^liger parce qu'on en ignore l'énoque juste? Par là les trois quarts et demi des lettres plus anciennes que le VIII* siècle seraient perdues pour nous. 11 faut donc nécessairement renoncer aux alphabets par dates, dans une entreprise telle que la notre, où les écritures de tous les genres, de toutes les espèces, de tous les siècles, de tous les lieux et de tous les peuples de l'Europe, doivent concourir. Ils ne peuvent s'exécuter que par rapport à quel-

aues contrées. C*est ainsi que D. Huebcr* ^ ans son AiUriche illustrée^ voulant dresser un alphabet dont toutes. les lettres fussent datées, s*estbornéà la durée d'environ quatre siècles, comme aux archives d'une seule abbaye. Mais quand on aurait rassemblé des milliers,'de caractères par dates,enpOurrait-on conclure qu'ils n'auraient point été en usage dans d'autres temps et dans d'autres contrées? La conclusion serait très- inconséquente.

Pour être légitime, elle devrait se réduire à^ constater l'existence de certaines fi^^ures de lettres pour tel pays et pour tel temps. Ainsi les inductions qu'on en pourrait tirer seraient toujours à la décharge des pièces

coup de mémoires sur les lettres et les écritures ;^ mais nous n'en avons point eu communl«ati«n.

(6i9) On pourrait, par exemple, nommer les alphabets d^EPie Rierafl, ceux d'André de Pictis, publiés in-folio à Rome en 4595, el de Gothfroi BanlM4, qui parurent à léna en 1688. Ces trois aoletirs sont tirés d'un catalogue contenant prés de 150 livres, divers, toucbani les hiéroglyphes, les lettres cl les écritures de toutes sortes de langues, la cryptographie, la. cabale, les chiffres, les sigles, les *ai»rév~ tioiïs, rorlb(»praj>hc.

PÂLEOQRÂPillE.

yérilables^ et jamais à la charge des fausses Ainsi plus de discernement par cette Yoie.

Les alphabets particuliers à chaque inscription » à chaque diplôme, à chaque ma- Duscrity sont d'ailleurs absolument impraticables. S'il en fallait former autant que d'inscriptions» que de chartes, que de manuscrits, «t si chacun renfermait toutes les figures diverses d^ lettres contenues dans ces monuments, ce serait un trayail immense et d'une très-médiocre utilité. On ne pourrait que se lasser de roir reparaître sans fin des nuées d'alphabets particuliers, qui ne feraient presque que se répéter. Sous prétexte de quelques nouveaux caractères, de quelques variations de traits , îL faudrait rebattre cent et cent fois les mêmes lettres sans qu'on en fût ordinairement beaucoup plus avancé, dès qu'il s'agirait de les faire servir à la lecture d'une pièce sur laquelle ils n'auraient point été pris. Il est peu d'inscriptions anciennes, et moins encore de modernes des bas temps , peu de manuscrits , peu de chartes dont les écritures soientabsoiument les mêmes, dont aucunes lettres ne diffèrent entre elles, quoique la variété de forme ne consiste souvent 3ue dans deux ou trois caractères. Qu'on resse autant d'alphabets que d'inscriptions, de chartes, de manuscrits, chacun n'aura donc de particulier que ces deux ou trois lettres. Toutes les autres seront les mêmes. Quelle profusion pour un ouvrage où l'on s*attend à voir réunir la totalité des alphabets avec celle des écritures 1 Après des centaines de planches d'alphabets les plus étendues, on n*aurait pas la centième partie du pur nécessaire. Quel embarras d'ailleurs de parcourir des milliers d'alphabets pour résoudre une difficulté qui disparaîtrait aussitôt vis-à-vis d'un alphabet général 1 Si toutes les lettres, suffîsammentdifférenciées|d'un HMinuscrit, d'un diplôme, d'un monument, étaient reçues dans les alphabets qu'on en dresserait, de particuliers ils se transformeraient à quelques égards en généraux ; et dès lors leur étendue et leur nombre ne deviendraient-ils pas des obstacles insurmontables à l'exécution d'un fkareil dessein ?

Que ces alphabets ne soient point formés avec plus de soin que ne l'ont été la plupart de ceux qu'on a rendus publics, on n'y ferait pas entrer la trentième partie des caractères contenus dans les manuscrits et les diplômes d'où ils sont tirés. Quand on confronte les alphabets extraits dé certaines pièces avec leurs originaux, on est surpris de ren^ contrer dans ceux-ci beaucoup de caractères très-singuliers dont on n'a fait nul usage* On s'aperçoit de ce défaut jusque sur des échantillons d'écriture extrêmement courts. Comparez Talphabet pris par dom Mabilloa lui-même (630) sur tes célèbres Pandectes de Florence, avec les deux lignes qui lui en furent envoyées parMégliabecchi, bibliothé-

caire du grand duc de Toscane (631), la res* semblance entre ces lettres est à peine sen* sible. Que serait-ce donc si le parallèle était fait entre l'alphabet de dom Mabillon et celui de Brencman (632)? Est-ce que le modèle adressé à dom Mabillon n'était pas fidèle? Les planches que Henri Brencman a fait graver du même manuscrit nous répondent de sa fidélité. Est-ce que dom Mabillon, avant actuellement sous les jeux roriginaf , se serait trompé touchant la forme des lettres qu^il y a puisées? On doit encore moins leprésumer. Mais un simple alphabet est in-, suffisant pour contenir toutes les dlfférence$ de lettres renfermées dans un manuscrit.. Ainsi les alphabets particuliers, déjà tro]^ nombreux par leur multitude prodigieuse , devraient encore l'être d'un autre côté bien davantage par celle des caractères qu'il faudrait rassembler sous le même élément d'a- (»rès chaque manuscrit et chaque diplôme. Is sont aonc impraticables pour notre dessein , et moralement impossibles oour tout autre.

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