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preuve r.sul tant des vériflcations d'écritures , . otîseï ve crue non-seulement l'âge et les maladies opèrent des changements considéra- '))Ics dans les écritures; mais qu'ils sont ' aussi causés par la diversité des plumes et de l'encre (869).

Certaines dissemblances danç la figure des lettres né sont donc pas une raisoa légi^ "time pour attribiier des écritures à différentes mains. Il est très-peu de personnes qui se bornent à une seule manière de former telle et telle lettre. L'écriture des jeunes gens et de ceux qui n'écrivent pas beaucoup est encore plus sujette à varier, surtout s'il 3'agit de comparaisons de pièces ou de signatures de temps éloigqés. Ecrit-^n fréquemment, peu à peu la main se femi- Uanse avetc quelques figures de lettres, par , préférence à d'autres , (pi'on avait auuara- ! vaut employées. Il serait assez difficile, et peut-être impossible, de trouver une per- ' sonne âgée , dont la forme des lettres q eût éprouvé nulle vicissitude.

, uniforme., (i^aotiquîté i^ connaissait point ces raffinements. U suflisail qu*une signature en cas de litige pût être avouée par celui qui Tavait faite.

, Ces dissemblances, ordinaires entre les signatures

. des mêmes p|^^s.onnes, quand elles ont été écrites à des distançeaide temps considérables , sont cependant tovt ce qu'on peut alléguer à h charge des deux «ouBcrlptions coyales. Mais c'est aussi ce qu'on peut diredeplusftiirtà leurdécharge. L^irapossibilité d une ressemblance plus.pfécjse départ et d'autre en des traits tout i fait singuliers, est démontrée ; supposé qu<^ Vunfi n'ait pas été contrefaite sur l'autre. Mais miette imitatiui^ criminelle n'est pas moins improba-

. \Àe, Un faussaire, en effet, aurait-il affecté des dis-

. fiemblancest de la nature de celles que le P. Germon

, fi ses experts ont relevées? Pour faire ressembler les écritures, donne-t-on aux mêmes lettres des (igures différente^? Fait-con de plqsieurs pièces des lettres

• iracées d'un seul coup de plume? Leur ménage-ton des liaisons diverses? Change-t>on les pleins en

.déliés, et les déliés en pleins? A-t-on jamais vu, depuis qu'on vérifie les écritures, un exemplaire de ^reille contrefaçon, quoique tous les jours ces disparités puissent être observées entre. les signatures faites en dîvçrs temps par les mêmes per-

. sonnes ?

A l'égard des doux signatures de Wulfolaecus ,

. leur iulervsi^He est de plus de six ou neuf ans, selon deux difiérenlès façons de compter les années' de Thierry lU. Celte distance et le changement de trois

. règnes auraient pu occasionner sans conséquence quelque variation entre le$ signatures du même rélérendaire. Mais elle est si léj^ère ici, qu'on défierait les plus habiles experts, antiquaires et autres, d'y découvrir des différences d'un autre genre que celles qu'on a coutume d'apercevoir entre les squs-

.eriptions dé la même personne faites à^des temps éloignés. Çîe qu'U y a de plus décisif en faveur de l'unité de la main qui peignit ces deux souscriptiens, c'est que des traits et des formea de lettres trâparticuiières s,e retrouvent justement les mêmes des deux côtés. Cependant {(^) le«P. Germon ose avancer que, quoique départ et d'autre les deux signatures soient en trois lignes, leur nombre est si différent et leur forme si <uverse, que iiersoQne ne peut dire qu'elles aient été écrites de la même main. H en appelle (b) à ses prétendus experts trû-haptUs dans )a vérification des écritures. Mais. nous, mettrions pien eu fait, que le P. Germon et ses experts n'auraient pas seulenoent pu épeler toutes et chacune

Plusieurs, dans un Age avancé, s*aTisent de réformer leur écriture ; l'imitation des bons exemples la rend meilleure , Texercice plus hardie. D'autres désapprennent par le peu d*usage ou'ils font de leur main , sans parler des maladies et des incommodités c^^ pables de l'altérer. Après avoir souscrit des actes et des contrats, on voit des personnes apprendre pour la seconde fois à éciriré, quelquefois par un goût pour l'écriture, qu'elles n'avaient pas connu dans leur enfance, quelquefois même à mauvais dessein. Comment jugerait-on de leur première écriture par la seconde? C'est bien pis, si, sans affectation ou autrement, elles changent de genre ou d'espèce d'écriture (870).

XV. Caractères f selon les experts^ iieri^ furçs vraies et fausses : en sont-ils véritable* ment distinctifsl Air de V écriture^ leur dernière ressource^ rarement décisif. — L'écriture véritable, UQUS disent les experts jurés, n a rien que de simple et de naturel ; ses traits sont y\% fermes et souvent hardis. Ceux de

des deux signatures de Wulfolaecys, quoique dom Habillon en ait mis la lecture en interligne. Si, sans tes prévenir sur le juste soupçon qu'on avait de leur insuffisance à cet égard, on les eût convoqués, en présence de personnes capables, pour procéder ^ une vérification contradictoire , en combien de méprises ne les eût-on pas vus tomber, quand roéuie on (es aurait dispensés de s'expliquer sur les trois pe^ tites rangées de notes de Tyron, qui terminent les signatures comparées? Quoique ce ne soit pas ici de ces pièces dont on puisse copfier l'examen à d^ vérificateurs ordinaires , cependant le P. Germon devait être condamné même au tribunal des maîtres écrivains, puisqu'ils reconnaissent que les écritures de la même personne peuvent varier par bien des raisons.

(869) Nouv. traité de diplom,. 1. 1, p. 40, 41, 42.

(870) Une même personne peut en savoir plusieurs, et les employer tour à tour : elle peut s^en tenir à la bâtarde, après avoir fait un long usage de la financière : elle peut avoir fait des signatures, tantôt à longues lettres, tantôt en lettres ordinaires. Les unes pourraientrelles servir aux autres de pièces de comparaison? Enfin, sans supposer ni cbangeinentni renouvellement de caractère, récriture varie naturellement avec Tà^e, mais inégalement. Dans tes uns la différence devient très-çrande, dans les autres peu considérable. Six mois d application produiront souvent une variation plus notable que des dix et vingt années. Les plus habiles vérificateurs estiment presque impossible de bien juger de l'écriture sur des pièces de comparaison, éloignées de plusieurs anp&s de récriture qu'on examine. Aussi exigent-ils comme une condition essentielle, que les pièces de comparaison soient les plus proches, qu^îi est possible de l'acte suspecté. Des signatures éloignées de six, de dix oi^ dou>.e ans,^ ne doivent point

.sans doute passer pour voisines.

Mais en accordant au vérificateur les modèles les plus favorables à son opération , qu'en |>eut-on attendre? Un indice et rien davantage. Il d^se de la ressemblance ou diversité des écritures. Orccn*esl là ni le vrai ni le faux : c'en est tout au plus Hndice. Mais est-ce un indice Indubitable? Non, répond .LeYayer; pour qu'il le fût« il faudrait que deux écri- .tures s^einblables fussent toujours de la^mèine main, et que deux écritures dissemblables fussent toajoars de différentes mains. Or le contraire arrive souvent. La fraude, la nature, et mille accidents divers «ea peuvent être la cause.

(6)/«if.,p.»W,

PALEQGILVPHIE.

Ta fausse paraissent désunis et peines (87î). On les reconnaît encore aux mouvements ëe la main , lents, pesants , tratnés , inéi

faux (872). La contrainte de Timitation aura lit poser la main sur le papier. Ainsi Ton n*y découvrira pas la légèreté d*un modèle ; on y sentira plutôt un nomme qui hésite à ebaque lettre.

Le faussaire a-t«il été gêné à renfermer 9WX écriture dans une certaine étendue de papier ou de parchemin? On observe si quelque portion de cette écriture, et partie cttlièremeot vers la fin, n*est pas plus pressée, et moins hardie que le reste. C'est là, selon les écrivains experts, un puissant indice de fiiux. Les jurisconsultes ne les font guère moins valoir, surtout lorsque après les signatures il reste un espace blanc considé- Fahle, et que Técrivain s'est resserré dans les cinq ou six dernières lignes oui les précèdent. Mais, sans être gêné par l'espace, ne peut-on pas presser l'écriture, soit pour ne I»as recommencer une autre ligne, soit pour laisser plus de place aux signatures, qui n'auront peut-être pas été aussi nombreuses qu'on l'avait compté d'abord. Ne le peut-on pas dans un blanc-signé, faute d'espace? Ne peut-on pas serrer les lignes et le

(871) Les. experts ne sont-ils pas les premiers à 1KM1S parler de malus incapables de fraude, et néan* moins naturellement pesantes, ou qui paraissent hésiter à ebaque trait? Selon eux, loin de tracer plusieurs lettres tout de suite, quelques-uns forment cbacune d'elles de divers cou{)s de plume. Les uns commencent légèrement, et linisseut en traînant : h» autres, après avoir commence d'une manière hésitante, continuent avec légcrcié. D'autres semblent n'écrire, que par sauts et par bonds. Après ces aveux, quel cas peutron faire ordinairement de La pesanteur ou delà hardiesse de récriture» pour décider de sa vérité?

(87i) Un faussaire préparé par bien des essais ne pourra-tril pas agir d'une manière aisée? Les experts en conviennent. Us se flattent toutefois de se eiror de eei embarras, parce que la main du faussaire sera meilleure ou pire que son modèle. Il est à la vérité dilOcile au mauvais écrivain d'imiter avec aisance une excellente écriture. Mais le faussaire

S eut avoir la main encore meilleure que son modèle : or l'on n'a pas de pine à comprendre gu'ou [puisse rendre son caractère plus mauvais, qu'il n'a coutume d'être. Prétendre que récriture du faussaire sera toujours aiiedcssus ou bien au-dessous de son modèle, c'est avouer que, quand il plaira au mattre écrivain de docla.rer une pièce supposée, il manquera rarement d'en trouver des prétextes dans les degrés de plus ou moins de bonté entre les écrl- Uires comparées. Le même homme n'écrit-il pas tanr tôt mieux, tantét plus mal? L'auteur d'un modèle bien écrit peut donc l'être en<^ore .d'une pièce, qui le sera plus mal. Les experts distinffués par leur capacité sont plus croyables, lorsqu ils reconnaissent qu'il est des imitations contre lesquelles toutes Içs rifles de leur art viennent échouer.

(875) Un manuscrit étant distribué entre plusieurs, chacun était chargé d'une certaine portion d*écrttiire, d'un cahier, d'un. feuillet et de moins encoie. Uans la crainte de laisser du vide d'une page à l'autre, ou étendait davantaj^e les mots, on multipliaU kairs distances,. OD grossissait l'écriture. En restaitil trop, pour continuer, comme on avait commencé , OH la pressait, et quelquefois après Tavoir trop pves-

(«) De prkm $crib, orig», p. 503.

caractère dans les manuscrits et les icegistres qui auraient été écrits avant que (rétre reliés , parce qu'on se trouvait à la fin d'un cahier, ou d'une feuille (873) ? Soiit-ce là des indices de faux ?

L'air de récriture est te dernier retranchement du maître écrivain ; mais il faut souvent Ten croire sur sa parole. L'air d'une écriture vraie est, à l'entendre, simple et naïf, et l'air d'une écriture fausse est forcé et n'a rien de naturel (874). Mais outre qu'un adroit faussaire peut atteindre àcel air naïf, à cette manière hardie, et que Técrituro d'un homme de bien pourrait être dépourvue de ces qualités, par le peu d'usage qu'il a d'écrire, ou bien à raison de quelque maladie , si cet air prétendu naturel ou forc(!^ n'est aperçu que par l'expert, n'aura-l-on pas un juste sujet de lui reprocher qu'il veut en imposer par de grands mots? L'air de l'écriture ne doit-il pas être aussi sensible pour tout le moncfe que la différence clos visages ? N'est-ce pas même la comparaison dont les experts s'autorisent pour laire va^ loir cet argument? Ils ne doivent donc pa«! nous représenter cet air comme un secret de leur art, dont nul aulre qu'eux ue puisse être juge (875).

sée, on reprenait la forme du caractère qu'on a>att abandonnée. Ce sontdcs observations dont les cxeia-

Çles se trouvent multi|)Iiés. presque à Tinfini.. Aussi 'rotzius (a) comptc-t-il pour la ouziènic cause des fautes, dont (quelques manuscrits fourmillent, Tir neptie des écrivains, qui, pour remplir exactonieni l'étendue de parchemin qu'on leur avait donné, faU saient sur la fln des lettres d*une grandeur gigantesque, les prolongeaient extraonhnairement, séparaient les syUabes et les diphtongues, remplissaient quelquefois Tespace qui leur restait de lettres répétées, mais vides de sens. C'est surtout d'après Brenckman (6) qu'il parle ainsi. Quelques-uns la»^ saient ces espaces en blanc, et faisaient mieux. Ce .ne fut pas seulement dans les manuscrits, mais enr core dans les diplômes et même dans les bulles, qu'on en usa de fa sorte. On y voit des lettres excessivement étendues. Ce sont prbtcipaiempnt les M et les N. Les premières semblables à deux C adosst'ts, et les secondes à deux L Les uns et les autres s'unissent par une longue traverse lioiizoutale,. qui quelquefois ne tient aussi qu^à un C. Ces extensions étaient surtout emplM'ées aux ilm^n des bulles, pour compléter la ligne. Nous observons la même prolongaiion de l'N et de quelques auffes lettres dans des. diplômes de nos roîs au ix* siècle. Si le trop^ d'esps^ce a fait étendre certaines lettres, le trop peu les a fait quelquefois diminuer, et serrer les lignes. On en voit des exemples même dans des diplômes royaux, et très-anciens, et trés-authentiques.

(874) Mais il, est beaucoup de mains, dont récri<ture la plus naturelle et la plus vraie est sujette à

E recéder par traits interrompus, pesants, foreés et à ien d*autres défauts, qu'il plaît aux vérificateurs vulgaires de regarder comme des signes de suppin sition..

(875) Que cet air ne soit pas imaginaire, il fera la même impression sur tous. La diversité des airs de récriture doit également saisir les personnes attentives , après surtout que l'expert Taura caractérisée par des observations propres à faire mieux sentir la différence^ Son art Tautorise à tixer l'attention sur des points, auxquels on n'aurait peut-être pas pensé. Mais il n'est pas inutile d'être en garde contre ses

(b) Hiu Pond cl., p. 156.

DICTIONlNAUIB OE PALËOaRAPHtE, CTG.

S'il m^ IflLut pas, dira-t-<)n, s'en tenir au rapport des maîtres écrivains, sur Tair de l'écriture^ malgré leur grande expérienc^^ on ne doit pas juger plus favorablement de celle des antiquaires.

Supposé Gue ces derniers s'en prévalussent pour déclarer de différentes mains des écritures dont la ressemblance paraîtrait manifeste ; qui doute qu'ils ne dussent pas être ))lus écoutés ? Mais leur expérience.n^est pas alléguée en preuve de paradoxes, qui semblent combattre ou qui combatteiit effectivement des faits, dont tout homme peut ju-^ ger, surtout quand on a soin de lui iaire envisager certaines choses sur lesquelles il pourrait être distrait (876).

Est-il croyable» c'est une dernière i>ns^ tance en faveur des écrivains jurés, .ost-?il .croyable qu'on puisse juger des ouvra^^ deTart, et. môme des productions d'esprit,

i>ar certains caractères, qui foui connaîit:!e eurs auteurs, et qu'on ne puisse juger de la différence ou de lldentité des mains qui ont tracé certains morceaux d'écriture ?

Mais autre chose est de savoir discerner les ouvrages de quelques fameux peintres ou sculpteurs de la foule de ceux qui ont exercé le mêrne art ; autre chose de distii^* guer l'écriture d'un inconnu. Un homme

remarques. Des chicanes, de pures minuties, exposées avec emphase ; des caractères communs à la "vraie et fausse écriture, donnés pour distinctifs de la fausse, pourraient fsAre illusion à des juges, qui eompteraient trop sur la certitude d'un art, te plus souvent livré aux conjectures.

Est-il facile à concevoir, que de h même encre, de la même grosseur, taille, tenue, conduite de plume, des mêmes mouvements de la main, il en puisserësuiter différence de traits, de contours, d^air d'écriture? Or le faussaire petit en savoir assez pour être au fait de toutes ces choses, et pour réussir à les imifer. Quelle assurance a-l-on donc que l'unifBrmité de traits caractérise une pièce véritable, et que les indices contraires annoncent toujours un acte faux? N'a-t-on pas cent exeraoles de personnes qui varient sur tous ces articles? dn aura beag insister sur Pimpossibilité, que deux écritures de diverses mains aient le même air >. dès qu*on nous avouera, qu'il est impossible d^issigner en quoi consiste celfe différence d'air de deux écritures, d'ail*leurs sembla))les , on aura tout à cramdre de la partialité, du cap(^ce et de Tignorance même (car il faut trancher le mot).

Qu'un bon vérificateur démêle mieux qu'un autre -ce que tout le monde est capable de voir, comme lui, on ne le contestera pas. Mais du moins doit-il, ésLùH^ une chose si simple, et dont les sens sont juges, indiquer les disparités de deux écritures, qui ne permettent {las de les attribuer à la même main. Et comme, après un examen sérieux, on pourrait faire remarquer des dissemblances entre deux feuilles^ qui n'en seraient pas moins du même arbre : on pourrait en as^gner aussi entre deux signatures, sans, qu'elles cessassent d'être de la même personne. H n'est donc presque jamais, sûr d'attribuer à différentes mains des écritures semblables; avec quelque soin qu'on les ait étudiées et comparées avec les rè^ gles des vérificateurs ordinaires.

(876) L'expérience de l'antiquaire est fondée sur une infinité de recherches, d'observations, qu'il est véritablement impossible de faire comprendre survie-

(a) De teter. hœret.^ p. 4S0.

{b) im., p. lis, 455.

bien familiarisé avéic Féeritlnre d'um autre n*en ju^çera pas moins sûrement qu'un habile connaisseur des cbefs-d'osuvre d'un Raphaël, d'un Titien, d'un Poussin, d'un Lebrun. S'ensuit-il qu'il aura les mêmes lumières sur les ouvrages de peintres iqconnus ? Au reste» la difficulté d'avoir la même manière d'opérer en peinture ^t sculpture est bien t)lus grande qu'en écriture. Ainsi les conséquences d'un art à l'au* tre ne sont pas justes à tous égards,

XVL Différence et conformité d'encre:

qu'en peul^on conclure sur rage des pièces^

fiouT ou , contre le^r vérité? Ly/niformiié

^d'encre prouve ^qu'une pièce n'e§t point de

différents temps, — L'epcre, $vec toutes ses

teiptes. e(.seis couleurs, i^e fournit pas d'aussi

..gr^ttde^ ressources :<aii:x laussaires, ni par

conséq^^nt «ujl vériiicateurs, que la forme

et la diversité des écritures (877), Caries

secrets des uns pour faire le mal, et les

moyens des autres pour le découvrir, sont

loujQurs en pi*oporUoBt. :

Juçer les actes de fraîche date, à mesure -quel encre en est plus 'noire, plus vive et

f)lus l^ostrée : mépnse insigne, ecueil contre equei von| donner les experts maladroits^ et que les plus habiles savent éviter (878). Ce n'est pas que les derniers ne sachent

-champ à des personnes qui n'auront pas fait à peu près le même chemin que loi. C'est du résultat de -toutes ces connaissances, qu'il tire le parti qu'il prend sur la vérité ou la fausseté, sur l'antiquité plus ou moins grande des anciens monuments. 'D'ailleurs les antiquaires sont ordinairement bien d'autres, -hommes, que des maîtres écrivains, sans avoir les mêmes intérêts à se faire valoir.

(877) Nous ne lirions point de ces encres qui pâlissent, dit-^n, jusqu'à disparaître, ni de celles ^i se .montrent tout d'un coup, après être demegréescachée^,.ni de ces encres sympathiques, qin traversent de^ rames de papier, sans laisser dessus des marques de leur pénétration. Ces secrets influent peu sur ta falsiûcatiou des écritures judiciaires, et Ceux dont la réalité n'est pas douteuse ne seraient pas aussi difficiles à découvrir, qu'on pourrait se le figurer.

(878) H ne s'ensuit pas que l'encre des diverses siècles ne.puisse jamais être distinguée : encort^ moins, qu'on n'ait nul moyen pour s'assurer si -la même pièce, le même manuscrit, n'en renferment pas de plus d'une sorte. Les très-anciens manuscrits nous offrent et des notes et des corrections faites d'encre différente de celle du tes^te. La variété des encres, employées aux sommaires, n'est pas çiolns fecile à saisir.* Il n'est pas rare non plus d'observer diversité d^encre et de mains, saus sortir de la même page. Mais «ces vérités, d'expérience ne cadrent pas avec les vues du P. Gennon.

Pour rabaisser au ix* ou même à que1(^ue siècle postérieur le célèbre manuscrit de saint Hilaire (a), que la bibliothèque du Vatican compte au nombre é» ses plus riches trésors, il s'efforce de rendre suspecte (b) la date de la quatorzième année du roi Trasamond : cW-à-dire l'an 8iO« de Jésus 4Ihrist. il insiste sur ta diflerence d^écriture (c) entre la noté et le texte et sur la disparité de caractère cotre te commencement et la fin de la même note fil) comme si ces indices pouvaient fonder quelque m^ compatibilité avec l'âge donné au manuscrit, lé INimformité et même VidentHé de rentre embarrasse

ic) rwd., p. iHi. '

[d) Itid.^ p. 4ji el seqci.

PALEOGRAPUœ.

êUt

qu'il est des écritures d*un à deux mille ans aussi noires et aussi luisantes que si elles venaient d'être foroîées ; mais ils sont au fait. des secrets qu'on a pour rendre l'encre jaune pftle, et plus ou moins chargée : d'où ils concluent que ces couleurs ne sont pas des signes sûrs d'un Age reculé (879).

le critique (a). Mais, selon lui, les manuscrits et les dipMmeâ de divers siècles ne montrent pas à cet égard une différence , dont on puisse ^'apercevoir. Anssi n'est-il pas merveilleux , à Tentendre , qu'on ne remarque aucune distinction d'encre dans cette note malgré la diversité des temps, auxquels on a dA l'écrire.

Pure iUusion! Quand on ne pourrait jamais fixer rage des écritures par leur encre,. on reconnaîtrait . toujours sans peine de la diversité entre des écritures d'encres différentes, D. Goustanl (6), bon juffe en fait de critique et de manuscrits, oppose l'expérience à la chicane. On reconnaît, dit-il, après pluaieurs siècles , dans les anciennes écritures, la diffQrence et des mains et de l'encre : à combien plus fortt raison cette différence se rendra-t-elle sensible dans une petite note? Ainsi, lorsque l'encre ne varie fias, il est absurde de juger une écriture de divers temps.

Il résulte même de cet exemple, qu'on ne doit p;is conclure à la diversité des mams de la diversité du caractère, dans une écriture très-courte. Nousconfiaissons plusieurs manuscrits, où en moins de qua-

{a) Ibid.. p. i5t.

VÛuiic. veter. cod, confirm,^ p. 905.

La couleur et la teinte de l'encre des chartes et des manuscrits anciens ne variejsit pas moins que sa composition. Qu'on imite tant qu*ou voudra les couleurs des encres antiques , il n'est pas possible d'exppmer les degrés par lesquels elles se ternissent et s'effacent.

tre à cinq lignes le caractère, quoique de la même main , varie trois ou quatre fois. U en est aussi où l'encre chanee sans que la main soit différente. Au contraire, plusieurs autres, et surtout le beau et très-ancien manuscrit de la Cité de Dieu^ de Saint- Germain des Prés , nous fait voir grand nombre de notes du même genre et de la même espèce d*écriture , où la diversité de l'encre , encore plus que la diversité de la main , font connaître qu'elles n'appartiennent pas dans leur totalité à la même personne. Sans admettre la proportion de noirceur, relative aux siècles , souvent la teinte des encres ne permet pas de regarder, comme de la môme encre, ce qui appartient a des temps différents.

(879) Selon Yansley (c) l'eucre dont les Anglo- Saxons se servaient, et dont il regrette la.perte, était excellente, et semblait faite pour durer une éternité. Mais quand il ajoute que les étrangers n'avaient rien alors en ce genre, qui lui fût comparable, on ne doute pas que chaque nation, du moms les Français et les Italiens, n^en puisse produire d'aussi befle , du même temps» et même d'un millier d'années plus anciennes.

(C) ÀnOquit. Utter. tepUntr,, l.n, Vmhi.

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