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TS

Art. Ifr. Ecrilnres capi'tiM YteiROthiques, Mglo-saioooes

et galKcanes il<as mn.

1 1. Kcrifairci eapludei 9idgoUù^u«& d'Eapugne et de

France.

La troisième subdivision des écritures capitales tirées des manuscrits renferme la Visigothique , tant d*Espagne que de la France méridionale. Celle qui est propre aux Espagnols a des caractères assez frap* nants pour en former un genre à part. Ses lettres sont très-souvent enclavées , hautes et un peu massives.

L'écriture capitale visigothique, propre à la France méridionale, est souvent mélangée de lettres étrangères , enclavées, massives, onciales, minuscules* et irrégulières. Elle constitue le second genre de visigothique capitale.

S % Beriture eaptiale ioxonne d!'Augleierre et de France.

Les manuscrits saxons offrent une écriture capitale, fort différente de celles des autres peuples du rite latin.

L'écriture capitale des Anglo-Saxons est grossière.

L'écriture saxonne-française est fort élégante.

Le manuscrit de la grande Bible de Charles le Chauve de cette écriture est un des plus précieux |monuments littéraires de nos rois de la seconde -race pour la religion. Depuis le règne de cet empereur, il ftii ce»serve dans l'abbaye de âaintp-Denis juBm'aa 23 octobre 1585 qa'il fttt transféré à la bibliothèque àa Roi. Haimon en retrancha l'éptire ai» Romains. Les épitres canoni*efaes et l'Apocalypse n'y paraissent pas. Le eommencement de chaque livre de l'Ecriture sainte et même des prologues de saint Jérôme sont en or. Il y a même des pages entières en lettres d'or fort brillantes. Telles .^ont les deux ou trois premières pages de la Genèse. On y remarque cinq sortes d'écritures. La première est la capitale rustique x>u aiguë, pointue et oblique. C'est celle des vers écrits sur les colonnes de pourpre en lettres d'or. Elle domine dans les petits titres. La seconde écriture capitale est fort nette. A proportion elle a plus de largeur que de hauteur. L'une et Tautre servent à I alternative |K)ur commencer les vers. La première est consacrée aux hexamètres et la seconde aux pentamètres. La troisième écriture est Tonciale fort propre, et d'un tour bardi et tranchant, dans le goût du viii* ou II' siècle. La quatrième un peu carrée a un coup d'oeil saxon et porte quelquefois des perles enchâssées dans ses lettres. Elle ne se trouve qu'au premier mot d'un ouvrage ou d'un livre. La cinquième écriture n'est autre que la minuscule ; et cette minuscule est très-ressemblante à la plus commune du IX* siècle depuis l'an 850. Nous n'avons point remarqué dans ce manuscrit de signatures sur chaque quaternion ou cahier. Les tihres sont marqués au haut des livres de l'Ecriture sainte. Les mots sont de temps en temps séparés, sans points.

(1200) De re dipL, p. iG, n. lu

Àkt. iV. Eflritarei etplules employées Aam li^s «Mk ro\iogfeQfl, iettloiii(|ues el gotblqaes moderMf.

§ 1. CopUtAe méromgienne ou firoHeo-goUiquê.

Les nuases et les doutes que l'on a voulu jeter sur la vérité de l'écriture mérovin-

(;ienne ou franco-gallique ne regardent que a minuscule et la cursive. La capitale a toujours été à couvert des traits de la critique.

§ s. Eeritwres eapUaiee tetUmnquet o« aUemandee.

Le moine Otfride, disciple de Rbaban- Maur , dans la préface de sa version des Evangiles en tudesque, assure q[ue les Germains ou Francs n'avaient jamais fait usage de l'écriture pour polir leur langue. Quelques savants en ont conclu que ces peuples septentrionaux ont absolument ignoré l'art d'écrire jusqu'au temps de Charlemagne. Il est vrai qu'avant le rè^ne de ce piince ils s'occupaient plus des armes que de la littérature, cependant ils ne la négligeaient pas tout à. fait (lâOO). Les monuments runiques, l'alphabet grec mêlé de latin d'Ulphria et le fameux livre d'argent des Evangiles publié par Junius, en sont la preuve. Les bibliothèques d'Allemagne ne sont nullement dépourvues de manuscrits latins plus anciens que le règne de Charlemagne et la prédication de l'Evangile dans le pays pfrsniiRMMteB. U èatceriain que les AIlemaBids^ aoos les règnes des eammirs carolins, abandonnèrent tout à liii ieiûr«Beieii caractère runique, et s'approprièrent récriture gallicane (1201). Ce caractère, romain d^origme, se reproduit dans les manuscrits et les diplômes d'Allemagne, mais avec un air et des traits qui caractérisent le goût uè^ tional.

§ s. EerUute capitale gothique moderme dit mm.

Nous n'aurions dû placer l'écriture capitale gothique moderne des manuscrits qu'à la suite de la capétienne , mais l'arrangement de nos planches ne nous a pas toujours permis de suivre l'ordre d'un système parfaitement régulier ; d'ailleurs , le go« thique moderne est regardé par plusieurs antiquaires comme le caractère propre des Allemands. Nous avons donc cru pouvoir le placer à la suite de leur ancienne écriture capitale. Celle-ci, dans les livres écrits aux IX' et X* siècles, ne diffère guère de la Caroline, mais au suivant elle commence à se défigurer par des traits d'un goût nouveau. Par un mélange continuel de lettres d'un ordre différent, elle commença à dégénérer dès la un du xir siècle en cette écriture barbare que nous appelons gothique. Nous ne sommes point de l'avis de quelques auteurs qui lui donnent spécialement le nom d'allemande. 11 est vrai qu'elle se maintient encore en Allemagne en dépit du bon ^ût et de la politesse des derniers temps, mais elle n'y a pas plus tôt pris naissance que dans les autres contrées de l'Europe.

Si ce caractère capital gothique est frès-

(1201) De re d^^., p. 43S.

PALEOGRAPHIE^

fr^^qnent dans les inscriptions lapidaires et métalliques , il est si rare dans les manuscrits des x|ii% xiv* et xv* siècles, qu'il ne nous a pas été possible d'en découvrir un grand nombre de modèles. Les titres de presque tous les manuscrits en gothique moderne de Saint-Germain des Prés et des Blancs-Manteaux, que nous avons feuilletés, n'offrent que des écritures minuscules plus grandes à la vérité, mais de même forme que celles du texte en minuscule. On dirait , qu'à l'exception des lettres initiales , l'écriture capitale aurait été bannie des manuscrits depuis le commencement du xiii' siècle jusqu'au dernier renouvellement des lettres.

AsT. V. Ëcrilores eapiiales earolioe et capétirnne. § 1. Ecriture eaf^uUe Caroline de$ mmu$crU$,

L'écriture capitale fut d'un grand usage sous Gharlemagne et ses successeurs. Les manuscrits des viu' et ix* siècles, oii elle est employée à la tète et dans les titres des livres, ne permettent pas d'en douter. Ce caractère carolin entre nécessairement dans la première division des écritures de la seconde classe.

Dans les manuscrits de la seconde race de nos rois on trouve aussi des écritures capitales, demi-rustiques et mélangées.

La première espèce tire sur la capitale aiguë et maigre. Nous la trouvons dans le premier de ces deux vers :

Rex coeli Domiiius solita pietatg remjndans

HU5C KaAOLUM REGEM TERRiC DILEXIT BERILEM , etC.

Dans cette écriture du temps de Gharlemagne, la tète de plusieurs lettres se distingue par son élévation et la marque de l'abréviation de Dotninus est singulière. Les deux vers hexamètres, qui nous servent ici de modèle, sont à la tète des quatorze , placés sous l'image de Gharlemagne, au comment cément de la belle Bible manuscrite qu'on conserve encore aujourd'hui en l'église pa- Criarchale de Saint-Paul de Rome, desservie

£ar les Bénédictins de la congrégation du [ont-Gassin. La peinture qu'on voit au frontispice représente Gharlemagne assis sur son trône, portant une couronne d'or fer-

(1202) Mui. Ualic, part, i, p. 68 et $eq., édit.

(Ii03) Monum. de la monarch. franc. ^ 1. 1, p. 5(U,

(1204) Les seules lettres monegrammatiaues écriles sur le globe désignent un roi du nom de Charles, dont la femme est marquée par ces lettres Hile, qui • ne stmi que Tabréviation à'Hildegarde ou Uildegardis. Or, on sait que Gharlemagne épousa en troisièmes noces Hildegarde dont il eut plusieurs princes et princesses. tA\e raccompagna (a) avec ses deux Ois, Garloman et Louis, dans le voyage de dévotion quUl fit à Rome en 781. C^est donc d*elle qu*i1 faut entendre ces vers écrits au bas du tableau

NobUU ad lanam coujux de mare venustat Qua insigni$ proleê in regnum paretur,

I^ pénultième vers désigne ainsi Gharlemagne de manière à ne dûs s'y méprendre : Quem feeit vriscos

pas s'y méprendre : Quem feeit priscot Hde$hi9t. de ta Fr., t. Y, p. 4% 111, «01, etc.

mée par le haut, et terminée par une es-

Eèce de fleur de lis ornée de pierreries. Le onnet qui est sous la couronne, et qui parait dans les espaces vides, est rouge. Le roi a les cheveux courts à la romaine et porte une moustache. Sa tunique est bleue avec des ornements d'or. Sa chlamyde, attachée à l'épaule, est de couleur de pourpre , ornée de pierreries sur les bords et en bas. Son sceptre d'or est aussi orné de même. Il tient en sa main un globe, où l'on voit clairement ces caractères qui ont arrêté 1). Mabillon : CRS N M X R. HILE ; l'I est conjoint avec l'H. C'est unmonogramme de Charles etde sa femme Hildegarde. Nous le rendons ainsi : Carolus nostri mundi (ou noster magnuf) Xristianus Rex. Hildegarde, Cette princesse est représentée à la gauche du roi et levant la main vers lui. Sa robe est rouge, ornée de bandes ou jalons d'or, et son voile est bleuâtre. Derrière elle paraît une dame suivante. Au côté droit de Charlemagne on voit deux seigneurs ou écuyers fort jeunes, qui ont la tête nue et les cheveux courts. Le premier, revêtu d'une tunique et d'une chlamyde ou manteau bleu, porte l'épée du

E rince. Le second, qui tient sa haste et son ouclier, porte une tunique blanche et une chlamyde de pourpre. Ne serait-ce pas plutôt Carloman et Louis qui accompagnèrent leur père Charlemagne a Rome en 781 ? Le peintre a représenté au haut du tableau les

auatre vertus cardinales , pour marquer sans oute que Charlemagne les possédait toutes. La première est la Prudence , qui tient un livre ouvert ; la seconde, la Justice, qui porte une balance de la main droite ; la troisième, la Tempérance, qui étend ses mains d'un air fort doux et modeste; la quatrième, la Force, qui tient une pique de la main droite et un bouclier de la gauche. On voit deux anges qui s'inclinent de chaque côté vers lesqua* tre vertus cardinales. Bans cette description nous avons ordinairement suivi D. Mabil* Ion (1202) etD. Bernard de Montfaucon (1203) ; mais nous sera-t-il permis de ne pas nous rendre aux raisons [qu'ils allèguent pour

Ï>rouver que ce tableau est plutôt de Charles e Chauve que de Charlemagne (1204) ?

Chrt8tu$ tramire monarchat. Cette supériorité âQdessus des anciens monarques convient littéralement à Charlemaffne. D. Mabillon, qui entend ces vers de Charles le Chauve, est forcé de dire qire cVst une exagération poétique. Ce savant homme s*éiait persuadequc ce tableau r(> présente Charles leChau\'e, 1* parce que le visage ressemble assez à ceux de ce prince ; v parce que le caractère du manuscrit est trop récent pour être du temps de Charlemagne, et convient mieux au temps de Charles le Chauve; 5** parce que ce dernier faisait copier des Bibles semblables à celle de saint Paul de Rome. D. Ber nard ajoute une autre raison; c*est (|ue nous voyons souvent ce prince peint au frontispice des livres et des bibles de son temps. Il est vrai que le visage a du rapport à celui du tableau qui est a la tète de la grande Bible que Tabbé Vivien et les moines de la célèbre église de Saint^-Nartin de Tours donnéreni à Charles le Chauve. Mais selon tontes apparences cette bible fut écrite pour Chariemagne. L'écritUfe

iffi

DICTlONN.ilRE DE PALEOGRAPUIE , ETC.

La seconde espèce du second genre de capitale Caroline est decai-rustigue, deinUrancbée, mêlée de quelques onciales et presque distincte.

Sous nos rois carlovingiens, comme dans les temps les plus florissants de l'empire romain, récriture capitale rustique ne cessa point d'être en usage. On la rencontre fréquemment dans les manuscrits contemporains, et postérieurs au renouvellement de récriture arrivée sous le glorieux règne de Charicmagne.

En faisant l'histoire abrégée des révolutions de récriture latine, nous avons dit que sous le règne de Charlemagne les belles capitales romaines furent remises en honneur, et qu'elles furent cultivées avec le même soin sous ses successeurs immédiats. Elles parurent alors dans les manuscrits à peu près avec la même forme et la même élégance qu'elles avaient du temps d'Auguste. Ce caractère ainsi renouvelé constitue le quatrième genre des écritures capitales carolines, dont il y a cinq espèces.

La première est proportionnée, élégante, trancnée et posée sur des arabesques. Tel est un modèle des Heures de Charles le Chauve : Incipit liber Psalmorum. L'écriture et les ornements àont en or, sur un fond violet.

La seconde espèce de capitale Caroline du quatrième genre est encore plus proportionnée , mais elle est indistincte dans le manuscrit de Saint-Germain des Prés 286 (1205); Sine fine digentes. Les deux premiers mots sont en vermillon et le dernier en noir. Le

de la Bible de saint Paul ou de saint Galhte de Rome nous parait assez convenir au temps de ce grand monarque, puisqu'il s*en faut beaucoup que tous les •mots y soient séparés. Il serait difDcile de trouver en «France des manuscrits du temps de Charlemagne en .minuscule tout à fait semblable à celle qu'on em • ployait à Rome pour copier les manuscrits. Si Cbai^ les le Chauve faisait copier des bibles et si son ima^e parait à la tête, Charlemagne, qui s'appliquait à les corriger, n'était pas moins curieux de les faire transcrire en beaux caractères. Pourquoi D. Bernard n'a-l^il point vu ce prince peint à la tète des livres T C'est qu'il n'a peut-être pas examiné avec assez d'attention le tableau qui donne lieu à cette note. Il aurait pu remarquer «(ue Charles le Chauve ne porte point de moustache dans les images qui sont incontestablement de lui.

(1205) Fol. n.

(1206) On y voit d'abord quatre pages divisées en deux colonnes renfermées dans des bandes. Le fond est en pourpre et les caractères en or. L'écriture présente un discours en vers, adressé au roi. Les premières lettres de chaque vers hexamètre et pentamètre sontjplus grandes, mais du même genre que

' les autres. Voici un échantillon du discours poé- ' liqne :

Jam inbeant menti, fuerini qwenoxia cutpœ Per laerimai, gemUu$, perque laborU Offuê.

.Sic sic eum prectbus nuœratur gratta Christi, Muneris est cujus qutdqtûd in orbe boni^

Quid vo/ttfittM, peltmtu, facimm^quid scimus^ habemus^ Inde datur noêtris utile non mertlts,

Àut vanumjiut vacuum aut nil ont laudabile nusquam.

Les autres vers sont sur le mèin« ton. Ensuite on

manuscrit contient le Sacramentaire desain^ Grégoire. Nous le croyons postérieur à Ja moitié du ix' siècle.

La troisième espèce est élégante» tranchée et fort régulière. Le premier manuscrit du roi nous en donne un exemple dans ces mots : Frater Am RROsiust qui forment quatre lignes alternativement écrites en or et en vermillon. Le manuscrit royal où ce modèle a été pris est cette bible célèbre (1206J donnée à Colbert en 1675 par les chanoines de la cathédrale de Metz. Elle avait été offerte à Tempereur Charles le Chauve par les moi* nés de Saint-Martin de Tours. Au milieu de la seconde page et dans les suivantes, on voit deux médailles en or avec bustes. La première porte cette inscription : David Rex IMPERATOR » et la seconde : Karolus Rex Franco» c^est-à-dire Frangorum.

Les lettres de la quatrième espèce élégante sont eu or, plus larges que hautes, à oéliés croissants et bases naissantes.

La dernière espèce de capitale brille par la beauté et les proportions de ses lettres qui sont grandes et bien tranchées.

Alfred le Grand, qui régna en Angleterre depuis Tan 871 ou 872 jusqu'en 900, attira de France des moines savants qui portèrent dans cette île la littérature et les caractères français usités au ix* siècle. Aussi retrouvons-nous la capitale romaine renouvelée ou Caroline dans les anciens manuscrits anglicans. Cette écriture constitue le cinquième genre.

§ 2. Ecrilmes eafnUdee capétimmet des mit. L'écriture Caroline, ayant un peu dégénéré

{>rescrit au prince ses devoirs. La première pa^ de a Genèse est à deux colonnes, et les sept premières lignes sont sur un fond de pourpre. Avant YExode le mont Sinaî est représente. H y a des peintures à la tôte des Psaumes^ du Nouveau Testament, de V Apocalypse, et une image où Vivien, abbé de Sainl- Martin de Tours, présente Tuuvrage à Charles le Chauve. Cette peinture a fait juger que cette Bible a été écrite du temps de cet empereur français. On ne peut nier que la pièce où Tabli» Vivien est nommé ne soit du milieu du ix* siècle. Mais il s'en trouve deux ou trois, toujours adressées au roi Charles, qui semblent mieux convenir à Charlemagne. Il y est plusieurs fois apostrophé sous le nom de David, et Ton sait qu^il setait donné ce nom. Dans la supposition que cette bible eût d*abord été faite pour Charlemagne par ordre d'Alcuin, abbé de Saint- Martin de Tours, on ne sera pas surpris que Charlemagne soit plusieurs fois appelé David par ce grand homme. Cette bible n'aura point été présentée a Charlemagne, soit à cause de la mort d'Alcuin ou de celle de cet empereur, ou pour quelque autre raison. Labbé Vivien, voyant que ce livre était adresse à un Charles, aura voulu roffrir à Charles le Chauve. Il aurait dû faire mettre son portrait à la lète. Mais comme il le voulait faire précéder de sa dédicace, et qu'il y en avait une autre au commencement, il se sera vu obligé de le renvoyer à la fin. La pourpi-c où sont les vers de sa dédicace ne répond j^int au reste du livre. Elle est très-laide et presque détachée : ce qui fait encore sentir un morceau postiche. En général, l'écriture et surtout la minuscule convi^ii mieux au temps de Charlemagne qu'à celui de Charles le Chauve. Elle sent plus fa fin du viir siècle ou le eomraeuoement du suivant que son milieu.

iAs le X* siècle» prit une nouvelle forme vers le temps de Hugues Gapet. Ce changement produisit de nouveaux genres et de nouvelles espèces d'écritures capitales, dont Tusase dans les manuscrits dura jusqu'à la fin ou XII* siècle. Ces capitales, que nous appelons capétiennes, forment une neuvième subdivision composée de deux genres. Le premier se distingue par une écriture négligée et rustique.

Le mélange des lettres capitales avec les onciales et les minuscules, dans les manuscrits, distingue le second genre de la neuvième subdivision.

La première est aiouë, rustique, anguleuse , et mêlée de minuscule et d'un peu d'onciale. Nous en avons un beau modèle dans le commencement d'une lettre d'Abbon, abbé de Fleur j, à Bernard, abbé de Beaulieu (1307) , et depuis évèque de Gahors : Domino meo-Abbatuh xarissimo B. servus

SBRVORUH DbI. A. SUSCEPI VBlTBBABILIS IN

xpo (Christo) vivM tuœ peregrinationis lUte^ ra$^ et ex pêne mortuo Prbro (Presbytero) addidici quid int. (inter) fluctus cogitation numeemivivus lugeas. On doit ici observer, I* la formule iervus servorum 9eij employée par un simple abbé ; 2° l'usage d'écnre les noms propres par des sigles ou pat là seule lettre initiale. La remarque est d autant plus importante que plusieurs critiques modernes n'ont pas craint de taxer de supposition des bulles et des actes des xi* et xir siècles, parce qu'on y emploie cette manière d'écrire les noms propres. La lettre d'Abbon se trouve au feuillet 182 du manuscrit du Roi W68. C'est un hors-d'œuvre écrit au xr siècle.

Chap. 3. Ecritures onciales^ romaine^ gallicancy mérovingienne^ lombardiquey Caroline^ allemande et gothique des manuscrits.

11 faut distinguer récriture onciale de la capitale. Si celle-ci est carrée, comme l'appellent communément les gens de lettres , celle-là est ronde dans un nombre considérable de ses caractères, composés de limes courbes. La dissemblance de ces deux écritures majuscules est si sensible à l'œil, qu'il est étonnant qu'on les ait confondues jusqu'à présent.

Ait. I**. Ecriture oociile romaine.

Si les manuscrits totalement en écriture capitale sont très-rares, ceux où le caractère oncial I domine depuis le commencement jusqu'à la fin sont assez communs, surtout dans les grandes bibliothèques. Les savants, familiarisés avec ceux-ci, ont tellement perdu de vue ceux-là, qu'ils ont appelé on-

(1^7) Cet abbé avait vraisemblablement entrepris un vovage à la terre sainte. Cette lettre d*Abbon et la suivante sont terminées par Valete. La dernière commence ainsi : Facundiœ prœroaàtiva cum vitœ mérita cl $apientiœ doctrina miraoUtter intonanti Domino L. sancti Bonifacii karissimorum karissimo abbali Floriacensis ccmobii humilis abbas Abboy spiritum Dominij qui replevit orbem terrarum^ repUre tUins ipsius êcientiam et inleltectum. Abbon parle dans cette lettre de Téloquence de la sainte

DiCTiONN. DB Paléographie, etc.

ciale toute écriture majuscule, soit ronde, soit carrée. Pour donner une juste idée de l'onciale proprement dite, nous commence^ rons par la romaine , qui se divise en sept genres.

Sous le premier sont comprises les onciales qui se distinguent par leur élégance.

A l'écriture onciaie élégante des Romains, nous faisons succéder la massive et rustique. Celle-ci constitue le second genre.

On trouve dans les ^lus anciens manuscrits des écritures onciales romaines, dont les lettres sont plus rondes qu'elles n'ont coutume de l'être. Nous en avons formé le troisième genre de notre première subdivision.

Si la petite écriture capitale romaine parait sur les inscriptions lapidaires et métalliques, la petite onciale est encore plus fréquente dans les manuscrits. Elle doit par conséquent constituer un genre, surtout sî elle est accompagnée de traits singuliers. C'est le quatrième.

L'écriture onciale romaine, dont les mots ne sont point distingués, se montre tanl6t avec des traits tortueux et aigus, et tantôt ses caractères sont plus larges et plus arrondis. Assez ordinairement eHe n'a ni base ni points. C'est le cinquième g[enre;

L'onciale romaine se distingue assez souvent par des traits pleins et doubles. Cette forme constitue un dixième genre de la présente subdivision.

L'écriture onciale fut souvent mêlée de capitale, de minuscule et de cursive. Ce mélange produit le septième genre.

(Ait. II. Ecriture onciale gallicsM des foutsu

Nous avons exposé ailleurs la raison pour ]aG[uelle la plupart des plus anciens manuscnts qui subsistent sont en écriture onciale, pendant qu'il en reste si peu des v% vf et vu* siècles en minuscule et cursive. Nos bibliothèques de France ne le cèdent guère à celles d'Italie, pour l'abondance des manuscrits où l'onciale se fait admirer. Dans la présente subdivision nous allons passer en revue une

Eartie de ceux qu'on peut à juste titre attriuer aux anciens habitants des Gaules plutôt qu'aux Francs , qui furent longtemps plus occupés des armes que de la plume. Commençons par les écritures onciales les

Îilus élégantes. Ce genre élégant a sous lui es quatre espèces qui suivent.

La première se caractérise par une écriture onciale large, indistincte, bien espacée, à gros traits avec des déliés, à queues inférieures de la haste obliquement pointues.

La seconde espèce d'onciale gallicane élégante est à doubles traits, indistincte, et fait

Ecriture, dontTabbé de Saint-Bonîfa'oe de Rome et '. lui avaient été instruits daus Técole de Reims. Ce i que Tabbé de Fleury ajoute sur la demande d'une \ particule des reliçpies de saint Benoît , prouve qu'à Rome on était bien persuadé que la France possédait ce précieux trésor. Pretiotarum reli^iarum sancti Patri$ Benedicti imiçma potlulùttis vobis dirigi; eo quod indubitatum penitusesset sanctis^ $imam ip$iu$ corporiê prœsentiamy etc.

DICTIONNÀJRE DE PALEOGRAPHIE, ETC.

conjonclion ae lettres à la fin des lignes. Teffe la voit-on dans le Saint-Prosper de la bibliothèque du Roi, appartenant anciennement à celle de Fleuri ou Saint-Benoll-sur- Loire.

Le manuscrit est au moins du yv siècle.

La troisième espèce élégante se distingue par les caractères médiocres et arrondis.

Une écriture onciale élégante , mais en même temps mêlée de minuscule, donne la quatrième espèce.

Les' écritures onciales rustiques et massives sont contemporaines aux élégantes, mais plus fréquentes dans les manuscrits gallicans. Les premières constituent le second genre de notre subdivision.

On distingue dans les manuscrits des écritures onciales gallicanes , dont les jambages et les traits sont arrondis , et d'autres assez petites. Nous en avons formé les troisième et quatrième genres.

De même qu'on trouve des écritures capitales fort petites dans les anciens monuments 9 on en rencontre aussi d'onciales qui ne sont pas plus grandes. Celles-ci étaient employées surtout a faire des remarques aux marges des anciens manuscrits. Elles constituent le quatrième genre de la présente subdivision.

Il est des écrtiures onciales dont la forme et les caractères sont très-frappants. Telle est la ealhcaue à double , à triple et à plein trait. Nous en avons formé un genre à part, le cinquième.

Une de ses espèces est a gros et à triple trait : elle a toute la beauté et la rondeur dont Tonciale est susceptible. Un de ses plus beaux modèles est le célèbre verset du psaume xcv. DicUeingentibuSf Dominus regnavii aligna.

Le mot Dominus abrégé par Dms et le point qui le suit sont en or et le reste en argent. Le manuscrit de Tabbaye de Saint-Germain des Prés 661 , où se trouve ce verset, est le célèbre psautier gallican qu'une ancienne tradition nous apprend avoir été à l'usage de saint Germain, évêque de Paris, mort le 38 mai 576. Ce manuscrit est un des plus rares et un des plus précieux qui soient en Europe. Il a dix pouces de hauteur et huit ot demi de largeur, deux cent quatre-vinat-

(1208) Ce savant prieur de Saint^erniain des Prés remarque que Técrivain emploie souvent le b pour le v^ : brebi pour brevi ; taborabi pour laboravi ; lahabo pour lavcio ; benenum pour venenum ; deborant pour dévorant ;adjubet pour adjuvel ; le v pour le 6 : aavit pour dabit ; provmti pour probasti ; verva

Îour verba ; narravo pour narrabo ; vobes pour ove$; Ve pour ïi : inteuege pour intellige ; deliculo pour diluculo ; delcctum pour dilectum ; fortes pour fortiê ; grates pour gratis ; Vi pour Ve : sedis pour sedes ; delisti pour delesti ; infiticitàs pour infe- Ucitas ; omnis pour omnes ; fnnnas pour pennas ; Yo pour Vu : gressos pour gressus ; lalibolum pour lalibulum ; laco pour lacù ; manos pour manus , trocidenl pour trucident ; Vu pour Vo : cibus pour cibos ; sahus pour salvos ; incula pour incola ; iaçerdus pour sacerdos. L'écrivain n'emploie qu'un u pour deux : manum pour manuum ; equs pour

(a) Discep«. 1, p. 72 et seqq.

[bi ib^4., p.a».

onze feuillets» trente-six cahiers et trois feuillets de plus. Chaque cahier est régulièrement de huit feuillets. Ces cahiers sont marc^ués par des nombres placés à la marge inférieure, vers le fond du livre : caractères des plus anciens manuscrits. Sur chacun de ces nombres, il y a une barre—, qui désigne une abréviation. Le vélin en est teint de pourpre violet un peu cendré^, et l'écriture est en lettres oncialec d'argent. Mais on y observe régulièrement d'écrire le nom de Dieu en lettres d'or. Si ce n'est après ce saint nom, on n'y voit ni points ni virgules. Les mots ne sont points divisés. Le Diapsalwa en lettres d'or est toujours comme en titre isolé, sans qu'il y ait rien avant ou après dans la même ligne. Souvent on aperçoit en marge une R tranchée par une ligne horizontale. Cela signifie apparemment que le verset qui y répond est l'antienne que le peuple devait répéter. Il y a nombre de psaumes qui n'en ont point , et quelquesuns qui en ont deux. C est qu'on changeait d'antienne ou de répons. Ainsi cette ^ barrée voudra dire Reshonsorium, Cosigne parait deux fols dans le psaume MiserecUur au verset : Confiteantur iibi populi^ Deus^ con* fiteantur tibt populi omnes. L'écrivain aura répété 1'^, parce que le même verset, qui était effectivement le répons, se trouve répété. On lit à la tête de ce manuscrit la notice qu'en a donnée dom Jacques (1208) du Breuil en 1560. lia été, dit-il, longtemps gardé au trésor parmi les reliques, et de là transporté à la bibliothèque en faveur des gens de lettres. En 1269, le sacristain de Saint-Germain des Prés nomme dans le catalogue des reliques confiées à aa garde le psautier de saint Germain.

Nous avons déjà passé en revue un nooibre d'écritures onciales dont les mots sont peu ou point du tout séparés. U en est sept espèces absolument indistinctes , dont nous avons formé le dernier genre des onciales gallicanes.

A AT. II L Ecriture oocUle des nus. franoo-gaUiques oa

mérovingteiis.

Dans notre seconde division des écritures tirées des anciens manuscrits, l'onciale mé-

equus ; iniqum pour iniquum. Il écrit par an seul t les mois ou il en faut deux : proiciamus^ proicientet pour projiciamus, projicientes , deiciant , adiciet , subiciens pour dejiciant , adjidet , subjiciens^ Go trouve dans ce psautier du milieu du vi* siècle , fili pour /î/it , tnlumina, inrideant , conlaudatio ^ gigans , aput , conteruisti , pour contrivisti et susum pour sursum. Trouve-t-on une orthographe plus

orthographe de ces teinps< là au dessein qull avait de rendre suspects ces monuments. Mais il s'est abusé lui-paéme par les efforts qu'il a faits (b) pour prouver que dans les manuscrits contenoporains on observait une orthographe régulière. Gela n'a pas empêché le nouvel éditeur du P. Daniel (c) de renouveler une prétentioa si mal fondée.

(c) H/sf. de Fr., t. H, p. 165, 161.

rovingienne occupe le troisième rang. Elle forme par conséquent une troisième subdivision, que nous distinsuons en sept genres^

Le caractère général du premier ^enre d'écriture onciale méroringienne est Tindistinction des mots, qui parait dans les cinq espèces dont ce genre est comfvosé.

Les écritures onciales méroyingiennes où franco-galliques à gros et à double trait appartiennent au second genre.

L'usage de distinguer les mots les uns des autres en écrivant ne s'établit pas tout d*un coup. On en sépara d'abord plusieurs, mais OR en laissa d autres sans séparation. Ces écritures demi-distinctes caractérisent surtout le vu* siècle et les temps du viu* qui précédèrent le renouvellement des lettres sous Charlemaçne. L'onciale demi-distincte est assez ordinaire dans les manuscrits franco-galliques. Nous en avons formé le troisième {;enre.

Les écritures onciales mérovin^ennes , distinctes et bien tranchées , constituent le quatrième genre.

Le cinquième genre d'onciale mérovin-

glenne ou franco -gallique s'approprie les !riture$ élégantes» médiocres, petites et larges.

t/às écritures onciales grossières, massiveSf négligées ou rustiques, sont les plus fréquentes dans les manuscrits franco-galliques. ou mérovingiens. Nous en avons formé le sixième genre» qui comorend les quatre espèces suivantes.

Lu première s'annonce par des caractères eitrèmement massifs, accompagnés de déliés très-fins et terminés en pointes aiguës. Le beau manuscrit de saint ftrégotre de Tours, de la cathédrale de Cambrai» nous en a fourni un modèle qui représente la figure et donne la valeur des quatre lettres que le roi Chi2i)éric !•' voulut Siire recevoir dans ses Etats (1309). En voici la lecture : (Sed versiculi illi nulla paenitus) metricae eonvmiuni rationi. AddU autem et lUleras litieris nostris ; id est^ Uy sicut Graeci habentf aé, the, Wi, quorum caraciares ht sunt :

o, QQ; a e, "y^; the, "JL»; «^«^ Z^. ^^ misil epistulas in universis civitatibus regni *wï , ut sic pueri docerentur ae Ubri antiq[uitu8 scriptt planait pumice rescriberentur. te modèle tiré du cinquième livre, cbap. ^^ de V Histoire de Grégoire de, Tours, ne doit pas nous arrêter ici. Noits l'avons dis-

(1909) Veyez planches de Paléographie^ n* IL 1210) Nauv. trailé de diplom., t. II, chap. i , art. 5, p. 54 et suiv

(iSii) ,- Le premier copiste, dit dom Bouquet (a) , n achève pas la psL%t qu'il avait cemmencée et il unit au coBuneDcement d'une phrase par ces mots : Cumaue ad renovandam, qui sont dans rimprimë au chapitre 42 du livre iv , et qui étaient les derniers de la tâche qu'on lui avait imposée. Le second copiste continue la phrase cottimeneée par Tautre et commence par ces roots ; aetionem munera Régi pet filium transtnisisset^ qui étaient les premiers de la partie qu'il s'était chaîné

(a) Bêcudl des hiu, des Gfules ei de Ut France, t. ][, prèf., p. V, vu

cute ailleurs (1210), et nous avoua enfi^ fixé les figures et les sons des éléments in* ventés par Chilpéric, et qui ont tant exerc^ les savants de tous pays. Toute la difficulté d'expliquer ces caractères, et delesfair® cadrer avec leur signification a disparu dès

Sue nous les avons envisagés comme autant e lettres doubles et conjointes. Au reste» dans ce texte on remarquera la correction du mot ratione, dont on a fait rationiy l'ae écrit pour e, et l'a mis à la place de Vepas". nitus pour penitus , cenractaras pour carac-teres. Le seul mot epistula au lieu d'epistola assure au manuscrit de Cambrai une haute antiquité. Nous le croyons écrit avant le milieu du yu* siècle, quant à «sa première partie , qui comprend les six premiers livres de l'Histoire des Français. Afin qu'ils fussent copiés plus vile, ils furent distribués à deux écrivains, auxquels on donna pouf écrire un nombre de feuilles à peu près égal (1211).

La deuxième espèce d'onciale mérovin* gienne rustique et négligée n'a ni bases ni sommets , et offre un mélange de lettres capitales, d'onciales, de minuscules et de cursives. Tous ces caractères se rencontrent dans le modèle que nous avons ftdt graver sur notre planche (121â). 11 contient ce titre qu'on lit à la tête du concile de Telepte» dans le manuscrit 936 de Saint-Germain des Prés, fol. 59, verso : Incipit (1213) eoncilium Telinsimj per tractatus sancti Syrict episcopï 'Papae urbis Romae, per Africain ^ post consotatum gloriosissimt Hon^ri Xi ^ et Constantini II. Dans cette écriture onciale du vr au vu' siècle, Telinsim est mis pour TelensSy ou plutôt TeUptense, consolatum au lieu de consulatum et Èonori pour Honorii, La date du postconsulat d'Honorius et de Constantin, ou plutôt de Constant, revient à l'année de J,ésus-Christ iitl7,ou à la suivante, selon le P. Labbe. Ce compilateur n'a publié li2ik) qu'une partie des actes de ce concile d'Afrique , 'qu'on trouve en entier dans notre manuscrit.

Les lettres de la troisième espèce d'on« ciale rustique sont détachées, demi-tranchées et massives. L'exemple que* nous en donnons (1215) renferme ces paroles de saint Augustin, où l'on apprend quelle a été la cause de l'endurcissement des Juifs : XPM ( Christum } occiderunt , in quo peccato aliorum occultorum peccatorum tnerttis ex-

de copier. Les quatre derniers livres sont d*un caractère plus petit (miniscule mêlé d'onciale). $ D. Bouquet donne les échantillons de ces trois différentes écritures. Celle auUl appelle la plus petite est visiblement de la fin du vu* siècle ou du coninieocement du suivant.

Mâl2) Voyez planches de Paléographie, n* 12.

(iâiS) Dom Cfoustant (6) cite un manuscrit qui porle : Incipit cofuiUum Teleptense super tractatoria tancli Cyricii, etc. On ptui \oir dans notre premier tome (c) ce qu'on doit entendre par tractatorta.

(12U) Concil., t. II, col. 1577 et 1578.

(1215) Voyez planches de Paléographie , n* 15.

(*; Bpisi. Fontif fismom., p. 044, 64?;. (c) rag. tkk.

:aecali iuni : ei quod Mius vofsio esset geniibtiê profiUura eadem propheUea contestatione (iât6). Remarquez Taccent aigu avant in quOf et sur eadem^ le point et la virgule divant et quod<, et propheteca corrigé et changé dïi prophetica. Cette ponctuation a été (goûtée, sans doute» pour faciliter la lecture de sette écriture demi-distincte, de la fin du m* siècle. Nous Pavons tirée du manuscrit de Saint-Germain des Prés 758, in-fot. verso 11.

L'écriture onciale mérovingienne de la dernière espèce rustiçiue est indistincte, ai-^ guë, disjointe et récrite.

Comme les anciennes écritures capitale, onciale, demi-onciale , minuscule, et cursive, avaient, cours en même temps , il n*est pas étonnant qu'un même copiste ait souvent passé d'un caractère à l'autre, et mêlé ies lettres d'un genre avec celles d'un autre tout différent. C'est ce qu'on remarque dans l'écriture mérovingienne en particulier.

AiiT IV Ecriinre onelales lonbardiqne, flsigoihiqoe , cariiliiie, aiiglo nsonne, leutoniqne, et goiblque moderne.

1 1. Uritwres muia'ei kmdmrdiqueê.

Nous les distinguons en deux genres, dont le premier renrerme l'onciale indistincte, tranchée et demi-tranchée.

L'écriture onciale lombardique, mélangée, et dont les mots sont tout à fait ou à demi séparés, constitue le second genre.

SI. Kcntwrê tmcùde vidgoUtûiue,

Nous ne connaissons aucun manuscrit des Goths ou Visigoths d'Espagne, dont l'écriture soit onciaie. Ce caractère est rare dans les manuscrits transcrits dans la partie méridionale de la France où ces peuples barbares s'établirent. Aussi notre cinquième subdivision ne renferme-t-elle qu'un seul genre d'onciale visigothique de France.

Encore ce genre n'est-il composé que de deux espèces, dont voici les caractères distinctife.

La première est haute, mêlée de capitaies bariolées, à bases et sommets arrondis et d'un goût singulier. La seconde espèce est petite et hssez régulière.

i s. Kerintte endale earoUne.

On distingue facilement les livres du temps de Charlemaane, de Louis le Débonnaire et de Charles le Chauve, par la beauté du caractère comparé à celui des siècles qui ont précédé et suivi les règnes de ces era-

f»ereurs français. Pour ne parler ici que de ^écriture onciale, elle recouvra son ancienne élégance dès la fin du viir siècle. L'onciale Caroline élégante , tranchée et bien proportionnée, caractérise un premier genre.

Le secona genre des écritures onciales carolines tirées des manuscrits, comprend celles qui sont à plein trait, ou tranchées à demi.

Î12i6) Lib. I De comensu Evang.

1217) Nov, TrMUde diptom., t. H, p. 5U. 1218) Ibid., p. 660.

Les écritures onciaies^ qui terminent la sixième sous-division de notre seconde divi* sion, sont renfermées sous deux genres, dont l'un contient les massives et l'autre les petites. Les premières constituent le troisième genre d'onciales carolines.

Le quatrième genre est composé de petites onciales carolines.

S i. tcrUmrejmeiale angh-taxomte.

La septième subdivision de la seconde division des écritures propres aux manuscrits, renferme les onciales anglo-saxonnes. Noos n'en avons formé qu'un seul senre, dont les mots sont tout au plus à demi distingués.

§5 'IrrirMrf mieia'ê teunmiqiie.

Les écritures onciales teutoniques ou allemandes exigent une huitième subdivision; elles sont si rares, surtout en France, qu*à peine avons-nous pu en former un genre, encore n est-il composé que de deux espèces mélangées. La première se distingue par une onciale allemande tranchée, belle, espacée et mêlée de capitale ; Ja seconde est petite, serrée, mêlée de minuscule et demitranchée.

§ 6. Ecriture ondate gotMniiie modime.

Après avoir fixé la durée de l'écriture onciale latine à la fin du x' siècle (1217), on serait surpris de nous entendre parler a'onciale gothique moderne, si nous n'avions averti (1218) que la source de cette écriture barbare, qui commença vers la fin du xii', est l'arrondissement d^s lettres carrées ou droites, et de leurs jambages perpendiculaires et horizontaux. Il n'est pas possible de méconnaître un nombre de lettres onciales dans le gothique capital ainsi arrondi.

La première espèce du gothique moderne oncial est massive et chargée d'ornements non moins bizarres que superflus; la seconde espèce de gothique onciale est excessivement ronde et petite.

Chap. h. De la demi'onciate.

On entend ordinairement par demi-onciale une sorte d'écriture antique qui descend h peine jusqu'au ix* siècle. Dans la rigaeur des termes, ses caractères n'ont dû avoir originairement que six lignes ou un demipouce d'élévation. Elle a eu à peu près le même sort que l'onciale ; l'une et l'autre ont perdu dans la suite des temps leur mesure sans perdre leurs noms. La demi-onciale réunit toujours aux lettres qui lui sont propres, tantôt un petit, tantôt un grand.nombre d'onciaies et de minuscules; la dénomination d'écriture mixte lui convient mieux qu'k toute autre. Elle a été confondue avec la petite onciale pure par quelques savants d'Allemagne (1219); peut-être n'admettait-elle aucun mélange de minuscule dans les premiers temps. Dans cette hypothèse, elle n'aurait presque différé de l'onciale que par

(1219) Lbgipont, Diaerf.^f. 116; Chnmîc. Ccdwic.

PALilOGRAPUIE.

sa hauteur et non par sa forme. C*est Tidée

3H^n avait Tabbé de Godwic; mais il en onne une fausse notion (1220) quand il prétend en prouver l'existence par le Virgile de Florence ou de Hédicis. Ce fameux ma* Duscrit n*e$t point écrit en demi-onciale, mais en petite capitale, mêlée de quelques caractères minuscules. Le docte Allemand revient à l'idée juste qu on doit avoir de la demi-onciale, lorsqu'il la reconnaît dans le célèbre manuscrit des Evangiles de la cathédrale de Wirtsbourff (1221], qui appartient à la haute antiquité (1^) ; les lettres onciales d'une médiocre grandeur y sont mêlées avec les minuscules. C'est ce genre d'écriture que nous appelons mixte ou demi-oncial.

Chap. 5. Divers mélanges d'écritures dans les plus anciens manuscrits.

Lorsque nous parlons d'écritures mélangées, nous n'entendons pas seulement dési-

(1220) Chrome. Godwic.^ p. 54, (ab. i, n** I.

jl22i) Ibid.

(1222) Dans ce roanascrit les mots sont rarement séparés les ans des autres. On n'y distingue point les membres des phrases, et les interpqnctions en sont bannies, preuves d'une antiquité fort reculée.

(1225) Pour donner«une légère idée de tous les divers mé]angesd*écritures,commençonspar la capitale. < Dès les plus anciens temps, dit le mari|uis Mafr fêi (a) nous remarquons beaucoup de variété entre les inscriptions lapidaires, etencoreplus entre cellesci et les méUilUques. Nous avons plusieurs fuis observé sur la même pierre . les premières lignes en lieaax caractères, et les dernières en caractères bruts et rustiques. > Voilà le mélange de récriture capitale polie et de la rustique sur. le même marbre. 11 n'est pas rare de voir des inscriptions antiques en earaâères miguscules se terminer en minuscule et cursive. Sans rappeler ici celles dont nous avons donné «k» modèles dans la 29* planche de notre second tome ; le célèbre Maratori (6) a publié deux épiuphes de chrétiens martyrisés, où récriture capitale est méUttgée de lettres minuscules et cursives. Le Dremier de ces monuments paratt être du ni« siècle. Mais pour nous borner aux manuscrits, celui du roi coté 2, et qui renferme la Bible de Charles le €hanve, nous offre des lignes en capitale polie entremêlées de lignes en capitale mstiqne. Le Saint- Ambrolse de la mèmie bibliothèque, numéroté 1752, fournit un mélange de capitale et de minuscule avec rouciale. Maiiei (c) a remarqué non-seulement la minuscule dégénérant avec des lettres et des traits de minuseole et de cursive dans les manuscrits» mais encore le mélange de capitale, d'onciale, de deini-onclale et de minuscule. Le manuscrit du roi en est une nouvelle preuve. On trouve Técri* ture capitale au commencement des alinéas du manuscrit roval 2650, écrit en lettres onciales. Le manuscrit 2^77 de la même bibliothèque donne le mélange de la capitale, de Tonciale, de la demi-onciale et de la minuscule, tirant sur la cursive. Nous avons entre les mains une buUe originale du Pape Pascal H de Fan 1104, où le mélange de capitale, d*onciale allongée, de lombardique du moyen âge» et de mînuscole ordinaire, se montre k découvert. Les divers mélanges ou concours d'écriture grecque et latine sont SI communs dans les anciens manuscrits que nous sommes dispensés d'en parler. Depuis le x« siècle la capiule latine est môlée de lettres on-

M Verm. Wmtr., col. 539.

b) AtaûniH, iia(., t. V, col. ns.

€) ifpoêc. eccUs , r« 57» c 2^ï»- 71, col. t.

gner celles qni empruntent pfusieurs caractères des autres pour les admettre dans leur corps; cette sorte de mélange produit le genre mixte^ qui donne des esuàces à proportion du nombre I de la (qualité et do la combinaison des lettres empruntées Tant de variétés d'écritures mélangées donneraient lieu à des discussions sans fin comme sans utilité bien marquée, si Ton voulait les suivre toutes en détail. Nous nous renfermons dans des bornes lAus étroites. L'écriture demionciale, à qui le nom de mixte convient particulièrement, a été suffisamment examinée dans le chapitre précédent; il s'agit ici de

auelques autres mélanges (1323), et surtout u concours d'écritures antiques capitales, onciales, minuscules et cursives, à peu près dans le même temps, dans le même texte et dans le même manuscrit.

Qu'il soit ordinaire de rencontrer dans un même manuscrit divers genres d'écritures

ciales, et ce mélanf^e vient aboutir au gothique majuscule, qui est lui-même un mélange des plus bizarres de capitale, d'oudale et de minuscule défi-» gurées.

L'écriture onciale est mêlée avec la capitale dans le manuscritd'argent des Evangiles du chapitre de Vérone. On peut s*en convaincre en jetant 1^ yeux sur le beau modèle à deux colonnes publié (d) par lé savant P. Bianchini, Ifaflréi (e) en a fait graver plusieurs dans ses opuscules ecclésiastiques.. On y voijl concourir ensemble dans un même texte l onciale, la demi-onciale et la cursive, tirant sur la franco-gallique et la saxonne. Dans le code Tliéodosién manuscrit de la bibliothèaue du Roi, ronciale se trouve mêlée avec la minuscule lombardique, tirant sur la mérovingienne. Après avoir fait revivre Tancienne éerituœ effiftcée du manuscrit i278.de. Saint-Germain des Prés, nous y avons distingué une écriture onciale fort petite avec une écriture cursive pour les dates. Les caractères cursifs se rencontrent souvent aux conjonctions de lettres finales, ou approchant de la fin des lignes, dans les manuscrits en onciale. Nous pourrions en donner une multitude d'exemples. Le mélange d^onciale, de capitale et de minuscule est sensible dans le manuscrit du roi U13. Le 'Saint-Hilaire de la même bibllothè-

aue, numéroté ifôO, offire un mélange d*onciale et e minusode pointue et anguleuse. L'onciale élé* gante, un peu mêlée de minuscule,, marque la

Ï»lus haute antiquité. Nous avons aperçu ce méange dans le beau Saint-Paul de la Bibliolhcf ue du roi. L'écriture en est tout onciale > à Uexcepuoa du 6 et du d minuscules.

La minuscule se trouve mêlée tantêt conjointement, tantôt séparément avec tous les autres genres d'écriture dans beaucoup de manuscrits très^ncbns. On la rencontre dans un même acte avec la majuscule, la mixte et la cursive. Le manuscrit 4045 de Saint-Germain des Prés est en écriture minuscule mérovingîennne, telle qu'elle était au VHi' sièele, avant la correction de Torthographe, et avec distinction de mots. Il y a un cahier en écriture au coup d'œil lombardique. Ce manuscrit a ses titres, ses commencements de fivres et ses premières lettres d'alinéa en capitale, et quelquefois en onciale. Dans son écriture minuscule ordinaire, mêlée de mérovingienne, on trouve quelques N et au commencement et au milieu des mots ; mais I n minuscule domine. M. Mafféi a trouvé plusieurs

(d) rmitff. «cr/pl. ffliwii/c., 1. 1, D. cccon.

[ê) Tab. II», n. ! I, M, p. 61, tul. 2; |.. 7i, col. i etc.

contemporaines, c*e$t un fait dont conviennent tous les antiguaires. On v.oit (|uelquefois, dit le marquis Mafféi (122^^ i écriture d'un manuscrit, commencée en majuscule, se changer en minuscule, de là passer h la cursive et continuer ainsi jusau'à la fin. Nous avons, ajoute-t-il, parmi les nôtres, Fouvraçe dlsidôre, Du souverain &t>n, où, après cinq feuillets en grands caractères, on passe au petit, tel à peu près que celui de Vimprimerie ; enfin, peu à peu on en vient au cursif tout pur, et quoique plusieurs chapitres commencent encore par six lignes de majuscule, on reprend aussitôt la cursive. Ge mélange, cette réunion d'écritures contemporaines de différents genres dans un même monument, nous les avons vériflés mille fois dans Texamen que nous avons fait des anciens manuscrits, tant de la Bibliothèque du roi que de celle de Tabbaye de Saint-Germain des Prés.

De ce concours de majuscules, tant capitale qu'onciale, de minuscules et de cursives, dans le même manuscrit et souvent de la même main, Mafféi conclut que dom Mabiilon a jeté beaucoup-de confusion dans la science des écritures, en distinguant, comme il a fait y le caractère cursif romain en gothique, lombardique, saxcm et mérovingien. « Quelle démonstration plus certaine, dit le savant italien (1225), qu'une pareille variété ne vient pas de la diversité du siècle ou de la nation, mais de ce çiue l'écrivain, par paresse ou parce qu'il était pressé, abandonnait un caractère plus lent et ulus fatigant, pour un autre plus facile et plus expéditif? Ainsi, dans les ma^ifiques manuscrits en majuscules, on voit souvent des pages restées en l)lanc remplies de cursives de toutes les façons, tfueique bon homme de ces. temps là ayant jugé à proposd'y faire entrer des morceaux tantôt des livres sacrés, tantôt des apocryphes. D^où l'on peut conclure que pareil caractère ne vient point de ces quatre nations, que ce i>'est point celui du barreau^ ni celui de Ravenne, ni le ludovicien, ni l'ancien knnbard, ni le lombard postérieur, ni le demi-gothique, ni aucun de ceux qui tiont désignés sous tant de noms dans le grand ouvrage de la Diplomatique de D. Manillon. »

Mais tout ceci ne fait rien contre le savant Bénédictin. Pour l'attaquer avec quelque succès, il fallait lui montrer dans le même manuscrit, et de la même main, divers genres de cursive, telle que la lombardique, la franco-gallique et la saxonne. D. Mabiilon

fo:s la cursive mélëe avec la mînusciile, et a distingué dans les mêmes li^es des lettres liées et non liées. Nous pourrions justifier cette observation par cent exemples. Mais pour terminer un détail qui pourrait devenir ennuyeux , ajoutons seule- . ment que les anciens manuscrits fournissent des mélanges décriture remanie avec la mérovingienne ; de celfe-ci avec la lombardique et la carohne; de la visigothique avec la romaine, et de la francoffallique avec la saxonne. 11 résulte de tous ces mélanges : l"" que la même nation avait en même temps plusieurs sortes de caractères ; â" que les écritures minuscules et cursives ont été employées dans les

n'a jamais nié que toutes ces écritures, dans les manuscrits, ne fussent jointes à la romaine; il le dit même expressément de la franco-gallique (1226). De plus, il ne donne aucun sujet de supposer qa'on puisse confondre le caractère ludovicien, qui iie convient qu'aux diplômes, avec celui des anciens marmscrits en lettres lombardiques ou mérovingiennes. Il y a encore bien moins siget de lui imputer la même confusion par rapportai! lombardique postérieur. Les différents genres d'écritures latines, mis en pratique par les mêmes hommes et dans les mêmes manuscrits,, fbnt bien voir qu'ils viennent originairement de la même source, mais ils ne prouvent en aucune sorte qu'on ne puisse et ^u'on ne doive distinguer les différentes écritures cursives et minuscules sous divers noms, comme a fait D. Mabiilon.

Si les conséquences que le savant marquis a tirées du concours des anciennes écritures cursives et minuscules nationales dans les mêmes manuscrits ne sont pas légitimes, celles qui en résultent naturellement renversent le pyrrhonisme raffiné du P. Germon. Après avoir fait tous les efforts imaginables pour anéantir les écritures lombardiques et mérovingiennes, et par conséquent tous les monuments où elles sont consignées (1227), ce savant Jésuite se rabat à mettre leur vérité et leur existence en problème. Combien de so|)hismes et de vaines subtilités n'a-t-il pas mis eu œuvre pour faire au moins douter de la vérité de l'inscription en cursive qut annonce Tâge du fameux manuscrit de Saint- Hilaire du Vatican (1228) ? Sa preuve la plus forte, c'est que le caractère en est différent de celui du corps du manuscrit. Le marquis Mafféi s'est moqué dune pareille chicane. En effet, le mélange ou le concours de tous les différents caractères dans les manuscrits démontre et la vérité des écritures livrées aux faussaires par le savant Germon, et le peu de valeur de ses objections frivoles.

Chap. 6. Ecriture minuscule. Etait-elle en usage chez les Romains? Son renouvellenunt en France au viu* siicle.

Avant que d'entamer les matières importantes que nous avons à traiter dans ce chapitre. Il faut donner une idée claire de co que nous entendons par écriture minuscule antique. On en distingue de deux sortes : Tune liée, ex[)éditive et usuelle, est appelée cursive ou courante ; l'autre ne diffère çresqne jioint du petit romain de nos imprimeries. Ses lettres sont désunies et isolées;

phis vieux manuscrits ; 3<^ que ces caractères réputés barbares ont la même origine romaine que les plus belles écritures capitales et onciales; 4* que tout ce que le P. Germon a débité contre leur anti*

Suite, leur vérité et sur leur prétendue invention par es faussaires, n^est qu*une puérile déclamation

(1224) Yeron. i7/ii«/r., col. 355

(1225) Ibidem

(1226) De redipL, p. 50.

(1227) Disccpt 1, c. 4, p. 49 et seq. ; Discept. «., cap. 5, p. 49 et seqq.

(1228) De veter, hœreVxc. part, ii, c. 9, p. 447 et scqq.

PALEOGRAPHIE.

elles s'éloignent beaucoup moins de Tancienne figure des caractères que celles de l'écriture cursive. C'est ce caractère minuscule non lié, le plus égal et le mieux formé, qu'on a fait passer dans l'impression (1229) ; crest aussi celui qui fait ici l'objet ae nos recherches. Pour procéder le plus méthodi-

Suement qu'il nous sera possible , nous Ions considérer cette minuscule dans tous les états par où elle a passé, selon l'ordre des dénominations que presque tous les savants s'accordent aujourd'hui à lui donner. Commençons par la romaine, dont les nationales sont émanées.

Art. f . Ecriture minoscole romaiDe : son existence, ses espèces et son osage. Les Grecs avsieut-ils socleEinemeot uDe écritore mlDoscole ?

I. Minuscule romainey rejetée par quelques savants et admise par plusieurs autres. — Les Romains, pour rendre leur écriture majuscule plus commode dans l'usage ordinaire, la diminuèrent et en formèrent les caractères avec moins d'art : de là un nouveau genre d*écriture que nous appelons minuscule. On se servit de ce caractère dans les compositions, et on le substitua au majuscule dans les manuscrits ordinaires, surtout depuis que la religion chrétienne, par une multitude d'ouvrages, eut commencé à dissiper les ténèbres qui couvraient la face de la terre.

Cependant la plupart de nos premiers littérateurs, et beaucoup de savants du dernier siècle, qui les ont suivis, n'ont point connu d'écriture minuscule chez les Romains; ou sî quelquefois on les a forcés à leur en accorder une, ils ne Font fait qu'en travestissant la petite capitale en minuscule. C'est par ce dénoûment qu'ils se tirent des textes des anciens qui font mention d'une écriture minuscule emplovée dès les premiers temps. €onfondre ainsi la forme des lettres capitales, de quelque petitesse qu'on les sup- Eose^ avec la forme des minuscules, c'est ien réellement anéantir ces dernières. Lipse (1230), parlant des lettres latines, dit expressément que le menu caractère n'était

Sas connu des Romains. Richard Simon ^ 'après Allatius (1231), prétend prouver la fausseté des fragments d'antiquités étrusques, parcQ qu'il y en a des morceaux écrits en petits caractères latins^ qui n'étaient point

(1229) Quoi qu'en dise le marquis Maffét (a), ce* irest point sur le menu caractère propre au xv siè- 4-le qu'on forma le petit romain de rimprimerJe; co fut sur la minuscule antique des vieux, manuscrits qu'on s'avisa dMmiter. c Au temps du rcnouvelleincDt des beaux-arts en Italie, c'est-à-dire l'an li^O (ou plutôt 1430), on commença, dit le P. Du Moulinet (6), à écrire les livres en lettres rondes qui ne tenaient rien du gothique. On peut le voir par un inanascrit De civitate Dei de saint Augustin, qui est en la bibliothèaue de Sainte-Geneviève, oui fut écrit en. halte l'an 1459 , pour le cardinal Philippe de Levi, archevêque d'Arles. Les premiers imprimeurs fondirent des caractères semblables aux lettres de re manuscrit, i Ce fut donc en Italie que commença à s'établir l'usage des beaux caractères ronds ou minuscules romains renouvelés. Car Tart d'impri-

(rt) Opùscol eccffi , pag. î$9.

en usage dans Je temps qu'on suppose que ces actes ont été écrits. Ce hardi critique avance, mais il ne prouve nullement la non existence de l'écriture minuscule, quoiqu'il soit fort probable qu'elle est postérieure au temps auquel on suppose que ces antiquités ont été écrites.

David Casley, dans son Catalogue des manuscrits de la bibliothèque du roi de la Grande- Bretagne y soutient (1232) que la minuscule n'existait pas encore au commencement du V siècle. ^ Ceux, dit-il (1233), qui sont versés dans les manuscrits et dans les inscriptions du temps de saint Jérôme, savent Que le menu caractère n'avait pas encore été inventé, et qu'on ne se servait que de lettres capitales. >» £t, ce qui est plus surprenant, le docte Anglais assure qu'on ne saurait donner un seul exemple du contraire. Après avoir rapporté le témoignage des anciens auteurs qui nous apprennent que les lettres romaines antiques étaient presque semblables à celles des Grecs, il ajoute que cela ne saurait convenir qu'aux lettres capitales, et non au petit caractère grec, fort différent du latin. Ainsi, lorsque les anciens parlent de petites lettres, il âiut toujours, selon notre antiquaire, entendre des lettres capitales, mais plus petites, et qui ne diffèrent des autres que par leur taille, comme si les Romains, après avoir pris d'abord les caractères majuscules des Grec», n'avaient pas pu dans la suite, à leur exem* pie , se former un caractère plus commode pour leur usaue ordinaire I Les majuscules^ d'abord capitales, ensuite onciales, furent à la vérité les prototypes des autres lettres ; mais la nature n'apprend-elle pas, à quiconque doit écrire beaucoup et souvent, à diminuer les lettres, à en retrancher certains traits, et à les former avec moins d'art et plus d'aisance?

Nous nous abstenons de faire passer ici en revue les premiers littérateurs qui ont donné trop libéralement l'invention de la minuscule latine aux barhares, destructeurs de l'empire romain en Occident. Un savant de nos jours ne remonté pas si haut pour trouver l'origine de cette écriture : il la rapporte à Charîemagne (1234), au lieu de diro seulement qu'elle nrit une face nouvelle au viir siècle, et que depuis cet empereur frarir

mer ayant été inventé en Allemagne, on se sorvit de caractères très-semblables aux lettres qui étaient en usage en ces pays-là , et qui tiraient beaucoup sur le gothique. On regarde le traité dé là cité de Dieu et les épitres de saint Jérôme, comme les premiers ouvrages imprimés en caractères ronds. Dans l'épître dedicatoire de ce dernier livre, dédié au Pape Paul 111, on lit que l'art de l'imprimerie fut' inventé en Allemagne vers l'an 1450. Struve prétend que les Chinois possèdent depuis un nombre de siècles un art d'imprimer ; mais il est certain qu'ils gravent^ plutôt qnils n'impriment.

(12^) De pfonunt. ling. laU^ cap. 8.'

(1251) BibL criL, t. Il, c. 5, p. 105.

(1232) Préface, p. xviii.

(1253) Bibliûth. britan., t. V, ir part., p. 337.

(1234) Heuman, Comment, de re dtffLy p. 7, 8.

(b) Journai des Sav., du 51 janvier 1681, p. 35.

DICTIQRNAIRE DE PALEOGRAPHIE, ET€.

çais elle fut beaucoup plus cultivée qu*auparavant.

D. Mabillon (1235) a reconnu une vraie minuscule du temps des Césars. Il en a démontré l'existence rar le suffrage des anciens auteurs et par la loi que Caligula (lâ36j fit dresser en caractères fort menus et dans un lieu très-serré, afin que personne ne pût la transcrire. Struve (1237) déclare que tel a été le sentiment du P. Mabillon, et rapporte les preuves sur lesquelles il est fonaé. On ne sait pourquoi Mafféi (1238) impute au savant Bénédictin d'avoir cru que le caractère minuscule a été introduit par Charlema^ne. Le docte Italien s'est mis en frais bien inutilement pour prouver le contraire. Comment et pourquoi n'a-t-il pas aperçu ; dans la Diplomatique du P. Mabillon, une chose que Struve n'a pas eu de peine à y voir? Notre marquis aurait-il voulu se procurer l'occasion et le plaisir de mettre sur le compte du oéièbre Bénédictin des erreurs bizarres (1239)? Quoi qu'il en soit» Mafféi méritera toujours nos éloges pour avoir, d'après le sénateur Buonarotti (12^], redressé les écrivains qui refusent aux anciens Romains l'écriture minuscule, pour la donner aux peuples qui ruinèrent l'empire romain. L'erreur n'est pourtant venue que de ce qu'on a comparé (1241) les beaux caractères des anciens marbres, dés bronzes et des plus précieux manuscrits, avec les écritures moins masniflquesysans porter la vue plus loin. La même chose arriverait aujourd'hui si l'on mettait en parallèle nos belles inscriptions et les livres les mieux imprimés, avec les écri^ tures dont nous nous servons dans l'usage ordinaire.

II. Anciens auteurs qui parlent de lettres minuêcules romaines; existence de cette écriture prouvée par les marbres^ les bronzes et leê manuscrits. — La seule différence de l'écriture pénible et magnifique de la plupart des inscriptions lapidaires et métalliques, et celle de 1 écriture Drivée ou minuscule, au-

(1235) De te dipi., p. 48.

1336) SuETON. fit Cal., c. 41.

1237) De criter. numuu., { 12, p. 15.

1238) Oposcol. eccles., p. 50.

M239) Yeron. iUuttr., col. 336.

(1240) ùsservamni sopra frametui di vetro.y pvéL • XVI et ftcqq.

« (1241) Germon, discept. i, p. 51.

{mt) Bacckid., act. lY, se. ix; Pseud., act. l, ac. f.

(1243) LIb., YH, c. 21.

11244) Lib. m, epist. 5.

1245) Dom HabiUon (a) estime qoe la plupart des livres en lettres majuscules n'éuient écrits que d^aii côté , c*est-à-dire qu*on laissait en blanc le revers de chaque feuillet. Plotarque (b) nous apprend que Caton donna à son fils ses Ofigtnes, écrites de sa propre main en grandes lettres. Pouvaitr-il

Pourquoi

appelé antiquaire celui qui écrivait en leUres capi-

(fl) De re tiinf., p. 47.

(/») TiTon. f/.'fis/r., cnl. 530.

(c) Kpkl.nd Ftorm.

rait dû faire comprendre que les Romains, qui écrivaient beaucoup, ne tardèrent pas i se servir de la dernière^ comme étant plus facile et plus commode. S*il est question de remonter à son origine» nous pouvons Tin* férer de quelques vers de Plante (1242) et de divers textes de Sénèque, de Suétone et de Vopisque. Ces derniers, en efiet, constatent Tusage, établi de leur temps, d*employer une écriture menue et très-^menue. Pline rHistorien (121^) répète, d'après Gicéron,

3ue VIliade d*Homère, écrite sur une feuille e vélin, fut renfermée dans une écaille de noix, tant les lettres en étaient menues. EU ce qui paraît encore plus étonnant, Martial

Sarle des OBUVres de Virgile et de Tite-Livo crites sur un simple morceau de parchemin. Pline le Jeune (124fc) dit de l'HistorieD 2ii*il avait laissé cent soixante commentaires crits très-menUf et des deux côtés (124^5). Or, est-il vraisemblable que des écritures si excessivement menues fussent en lettres capitales? Ne serait-on pas plutôt porté à croire qu*on aurait usé de caractères plus aisés encore h serrer que le petit romain? De ce que Quintilien (i2h6) représente les anciennes lettres latines comme d'une forme et d'une valeur différentes de celles de son temps, il ne s'ensuit pas, à la vérité, que les dernières fussent en petit romain ; mais il décrit ailleurs (1247} une sorte d'écriture qui ne saurait avoir beaucoup de ressemblance avec les caractères de forme majuscule ou capitale.

Les auteurs cités ne font point entendre gue récriture très-inenue dont ils parlent fût un composé de notes, de signes ou d'abréviations. Dans les inscriptions mélangées de la trente-neuvième planche de noire second volume, on trouve toutes les lettres minuscules. On en voit au moins trois dans l'ancien étrusque , savoir Vm > Vn et le g. Dom Bernard lait remarquer le t et Vu dans les anciennes inscriptions (12U|). Une épitaohe en lettres blanches , publiée de nou-

tales antiqiies, si ce n'est pour k distinguer des actuaires, des scribes et des libraires, qui éaîvaient en caractères menus , plus commodes pour les affaires ordinaires et pour les manuscrits moins précieux ? La belle écriture suivait la manière antique; d*où .saint Jérôme (c) prend occasion de dire «j^u'il avait des élèves qui s appliquaient à Fart antiquaire. Antiquaire se rend par fto-xmey^Mypc et Kûù^pif^ç. Saint Au^stin (d) appose les antiquaires a ceux

libraire, de scribe, d'actuaire, de tachygraphe. La conséquence n*est pas nécessaire. Saint Augustin , dans Feudroit cité, n'oppose les antiquaires qu'aux notaires , c'est-à-dire à oeui qui écrivaient eu notes de Ttron, et non en caractère minuscule.

(1246) Instit., 1. 1, e. 7.

(1248) Paleogr. p. 136; Stbw., § 12, p. fC; BnoRARcoTTi, préf., p. xxni.

(d) in p$aL mv, n. 6.

{e) Yeron. Hlmtr., col. 531.

PALl!»GKAPHlE.

'7(tt

Teau dans notre II' volume (12V9), renferme avec quelques lettres majuscules, les minuscules et les cursives. Or cette inscription est de Tan 338. Mais les tables arvales déterrées sur le chemin d'Ostie, et données au public par Philippe de la Tour« évéque d*Adria» assurent aux caractères minuscules une antiquité bien plus reculée» puisqu'au jugement du célèbre Fontanini (1250) , elles doivent se rapporter à l'empire de Titus.

Allatius (1251) fait rénumération d'un grand nombre de manuscrits du vr siècle ou à peu près, qui réunissent un mélange de lettres capitales et minuscules, quoique celles-ci ne le cèdent point aux autres pour la grandeur. Elles empruntent à plusieurs égards la forme du petit romain. Ce mélange au reste, qui ne cessa qu'au ix* siècle, remonte bien plus baut« Les marbres , les bronzes, les médailles, en fournissent diverses preuves, comme en font foi les inscriptions de Gruter. Scaliger (1253) et plusieurs autres savantsien sont convenus. En vain Allatius tAcbe-t-if d'infirmer leur témoi-

Snage; il est obligé de produire lui-même es autorités en faveur de Fexistence de notre 6, et surtout 'de notre ^, dès le iv* siècle. Don Nazzari prouve (1253) par les médailles et les inscriptions, que non-seulement les caractères romains ont toi^gours élé en usage en Espagne , mais encore qu'on s'y servait du minuscule au vi* siècle. Il rapr porte surtout deux inscriptions qui ne permettent pas d'en douter. On y voit le mélange des lettres minuscules romaines avec les m^uscules.

Veut'On établir l'usage ordinaire de l'écriture minuscule dès le v* siècle ou le commencement du VI*? Nous en avons les preuves les plus constantes. Laissons à quartier celles qui sont plus imposantes que solides {iiSh). Le manuscrit de Saint-Hilaire du Vatican, qui fut collationné en 510 à Casule, ville uAfrique, offre une écriture minuscule des mieux conditionnées. Parmi les restes de la bibliothèque du chapitre de Vérone, on a un manuscrit en ce caractère mêlé de quelques onciales. C'est à cause de ce mélange que le modèle que nous en avons donné dans notre planche xLvt figure parmi les demi-onciales romaines. Mais il

(lt49) Now9. irait, de dipL^U H, plane, xxxix,

p. es3.

/I250) findU. veUr. dipL, 1. i, c. 8, n. 2, p. 92.

(1251) Anknadt. in anttq, etmu.. p. 09.

(1252) Ibid., p. 49, 62, 64, 65.

(1255) BikliaA. nmver$. de la Polygrûph. e$pagw>la^ prolog., fol. xvi.

(1254) Mafe attègne en ùiveur de ranliqulté de réeritiuv mlnnscule le fameux Virgile de Médids , oà Tott trouve des notes interllnéaires et des apostillea en ce caractère. Notre savant italien ks croit 4u même kfd que le texte. Foggini, qui à publié le Virgile de Florence, Jie parait pas de cet avis. H se contente de dire que ces notes ne sont pas d*une médiocre antiauité. Sekm Maiél, les deux échantillons de huiles romaines du vu* siècle , publiés

(a; Pag. 437.

appartient également aux minuscules. Le manuscrit dV>ù il est tiré renferme les QBuvresJde Sulpice Sévère , à son histoire près. C'est peut-être l'unique qui porte aussi précisément le temps « le lieu et le nom de son écrivait! (1255). En effet on lit à la fln qu'il fut écrit , c'est-à-dire achevé h Vérone le 1" août, sous le consulat d'Agapit, indiction X% par Ursicin , lecteur de l'église de la même ville. Ces notes chronologiques désignent l'an 517. Un autre manuscrit (1256) du chapitre de Vérone, où sont renfermés les livres sapientiaux écrits en minuscule, neut sans peine remonter au siècle précéaent. Les célèbres Pandectes de Florence du même siècle sont aussi remarquables par leurs caractères minuscules. A ces manuscrits nous pourrions ajouter TOrose de Florence , le Lactance (1257) de la bibliothèque de Saint-Sauveur de Boulogne, la collection des canons de la bibliothèque de Corbie, le Saint- Augustin en papier d'E^pte de la bibliothèque de Petau , et celui de Saint- Germain des Prés, aussi en papier d'Egypte, dont nous avons tiré la ui* planche de noire I" tome. Tous ces manuscrits dont on peut consulter les modèles , et bien d'autres que nous pourrions citer, sont en écriture minuscule et du VI* siècle au plus tard (1258). Or il est naturel de supposer qu'elle existait plusieurs siècles auparavant. Un pareil usage ne s'établit pas tout d'un coup. Combien n at-il point fallu de temps pour le rendre universel, comme nous le voyons au commencement du vr siècle ?

IH. Objections répondues: minuscule employée par Cassiodore. — Sî les lettres minuscules, dit-on, étaient en usage chez les Romains , elles devaient être si différentes dos nôtres , qu'on ne pouvait les lire sans beaucoup de difficulté (1259). C'est comme si l'on disait : si les lettres majuscules étaient en usa^e chez les Romains , elles devaient être si différentes des nôtres , qu'on ne i)ouvait les lire sans beaucoup de peine. Mais Tobjection et les preuves dont on l'appuie (1260) ne sont applicables qu'à l'écriture liée ou cursive. On ne confond pas moins celleci avec la minuscule, dans l'instance qui va suivre.

. lustinien ou plutôt Trébonien , lorsdans la lHplomùiiqué(a) sont en caractère minuscule, quoiqu'un peu altéré , parce mie le dessjn de quelques lettres est trop chargé. Mais ceux qui exaroimeiroAt de près ces deux modèles, y apercevront plutôt le caractère cursif que le vrai minuscule romain.

(1255) Vertm. iUu$tr., p. 537.

(4256) BiAifCHim, Vindie. çanonk. scHpî. , p. ccxciii.

(1257) En 1686, D. Mabillon {b) ^loonait à ce beau manuscrit plus de onze cents ans d'antiquité. Le texte est écrit en leUres carrées ; mais les eorrections et les notes de celui qai Ta collationné sont en Ànîture jninusoule très ancienne minuio cAameêere ronumo antiquiêsimo,

(1258) ik re dt>fo«., p. 55i, 555, 557.

(1259) Allât., Animadv.y p. 66.

(1260) ibid., p. 67.

{b) lier ItaHe , pirl. i, ^. t94.

DICTIONNAIRE Iffi PALËOGIlAPiliE, ETC.

qu'ils (1261) rédigeaient ou reciieillaient les lois du Code et du Digeste » écrivaient-ils pour le faste et la magnificence? Avaient-ils assez de loisir pour employer les journées entières à renare en lettres capitales ce qu*ils pouvaient faire en quelques heures, avec le secours de caractères minuscules? Pourquoi donc les célèbres Pandectes de Florence, que Politien et d'autres s«bvants ont cru archétypes , sont-elles en lettres m/guscules , s'il existait dès lors une autre écriture ?

La réponse n'est pas difficile : V Les Pandectcê de Florence ne sont pas en lettres capitales (1262). S'il en parait de temps en temps quelques-unes, les minuscules y dominent. A proprement parler, ce fameui manuscrit, si l'on en excepte les titres, est en demi-onciale , c'est-à-dire en minuscule mêlée d'onciale. Le morceau figuré , que nous publions d'après D. Mabillon (1263), et les modèles donnés par Brencman, suffisent pour en faire la preuve. 2" Autre chose est de mettre par écrit sesjpensées, autre chose do les mettre au net. Qu'un jurisconsulte, sur lequel un empereur se serait déchargé de dresser un corps de lois , se fût amusé à les peindre en lettres majuscules, soit capitales, soit onciaies ; cela n'est guère vraisemblable. Mais rien n'empêche que ce recueil de jurisprudence, une fois rédigé, n'ait été transcrit avec toute la magnificence possible. Un manuscrit destiné pour les préfets de Rome ou les exarques de Ravenne, ne pouvait manquer d'être écrit avec grand soin, et relevé de tous les agréments qui pouvaient rehausser le prix d'un pareil ouvrage. 3" On peut tourner l'objection en preuve, puisqu'on a des monuments en écriture minusr cule et cursive, plus d'un siècle avant Justinien l"; ses lois ont donc pu être écrites d'abord en ces caractères. Tout ce qu'on avance d'ailleurs, pour décorer les fameuses Pandectes florentines du titre d'original, est frivole , et ne prouve rien. Il n'est donc pas possible de refuser aux Romains l'écriture minuscule, ai d'en attribuer l'invention aux nations barbares. Le célèbre Cassiodore, sénateur romain et depuis moine et abbé au VI* siècle, n'en employait point d'autre en transcrivant les divines Ecritures {i^Wj. On la retrouve dans les manuscrits écrits durant le VII* et la moitié du viii* siècle. Elle est si

^1261) Allât., amma(/v., p. 55.

(1262) Le cardinal Norris (a) dit en général des Pandectes de Florence, qu'elles sont écrites en lettres majuscules romaines : In Pandectis ante mille annos et quod excurrit^ tnajori romana littera exaraf û, etc. 11 faut oueréminentissime auteur n*ait îeté les yeux que su ries titres et le'premier n\pt des alinéas, qui sont réellement en majuscules. Mais le corps du texte est en caractères minuscules, mêlés de plusieurs lettres capitales onciates, et surtout de TN. On sait que ce caractère s'est maintenu dans la minuscule bien des siècles après le vi*. i On s'est souvent servi, dit Mafiëi (6), du nom de carré, en parlant des manuscrits latins en lettres majuscules,

(a) Cœnotapk . Pis. , diss«n . 4^

(b) Vutoti. il usW.f col. 53 L

commune au ix% et il en reste tant de manuscrits, qu'il est impossible de la révoqtier en doute.

IV. Ecriture minuscule deê Romains prouvée par V exemple et les^ livres des Grecs. — L'existence du caractère minuscule chez les Romains peut encore se prouver par l'exemple des Grecs. Les premières lettres de ceuxci furent majuscules , et cependant, dès les anciens4e«ps, l'écriture minuscule grecque, appelée ronde, frrûoyy^Xvy s'est formée, ainsi que la cursive liée et pleine d'abréviations. Si les anciens Grecs eurent leur minuscule, comme l'on n'en peut douter, à quelle antiquité remonte-t-elle ? C'est ce qu'il n'est [)as difficile de tirer de leurs marbres et de eurs médailles, comme l'a remarqué D. Bernard de Montfaucon. On découvre en effet quelques commencements ou prémices de minuscules dans les anciennes inscriptions grecques (1265). Le cabinet de Mafféi (1266) en renfermait une excellente, queSpon avait déjà vue dans l'isthme de Corinthe. La tribu romaine, dont se dit Licinius Priscus, et les jeux encore alors célèbres dans l'isthme, font connaître qu'elle fut gravée dans les bons temps , et néanmoins on j voit trois ou quatre lettres constamment et totalement de la forme minuscule.

Cette écriture a- 1- elle été portée des Grecs chez les Romains ou des Romains chez les Grecs? C'est un problème qu'il n'est pas aisé de résoudre. Nous avons découvert et la minuscule grecque et la minuscule romaine dans un des plus précieux et des plus anciens livres qui soit en Europe. C'est l'incomparable manuscrit du roi 107, qui renferme les Epiires de saint Paul en grec et en latin. On y rencontre aux feuillets 162 et 163 quatre pages qui offrent une ancienne écriture grecque à deux colonnes. Les deux pages, où devait se trouver la version latine, ont été omises à cause de cette écriture sur laquelle on a récrit le texte grec des Epltres aux Corinthiens. On a seulement observé de changer le haut en bas. Outre l'écriture onciale, on aperçoit souvent en marge les noms de plusieurs auteurs en écriture grecque minuscule et même un peu liée, qui paraît du même temps. On y voit aussi la marque de Chorups. Le nom de Merops s'y présente souvent tout au long ou en abrégé, ainsi que celui de

tels que les Pandectes florentines, auxquelles il convient très-peu, et moins encore celui de caractère pîsan, que d'autres leur donnent, i

(1265) De te àiplom., p. 557; Hist. Pandect., p.'

(1264) Hune autent Pandecten propter copiam leclionis minutiore manu in quaternionibut quinauaainia tribus œstimavimus conscribendum ; ut qwoà lectto copiosa telendit, scripiurœ densitas adunala contraheret (c). Cassiodore donne le nom de Pandectes aux livres de rAncîen et de Nouveau TesîtatamenU

(1265) Palœograph. grœca^ p. 176.

(1266) Veron. ilUistr., col. 528.

(f) Cassioi>oh., Oper., \. Il, p. 515, col. »

Onâirwv. Il y a lieu do croire que c'tsl la Jmrope d*£uripide. Les noms des acleurs et les corrections interlinéaires sont d'une encre plus jaune, guoic^ue bien plus ancienne que le manuscrit qui est lui-même d*une très-grande antiquité. Nous n*avons transcrit

Sue les derniers vers de la quatrième page. ^n pourrait pourtant lire la plupart des précédents, quoique avec plus de aifficulté.

L'écriture minuscule latine parait dans deux petites t^nes écrites à la marge du même manuscrit aux feuillets 67 et 90. Cette addition prouve que cette minuscule a dû être mise peu de temps après le manuscrit par celui qui Ta revu. Si cette écriture a été peinte en Grèce, comme il y a lieu de le croire » on en conclura qu'elle était en usage du temps au moins de l'empereur Constantin. Car depuis la chute de Tempire d'Orient, on a bien conservé quelques anciens usages des Latins, mais on n en a pas emprunte de nouveaux.

V. Minuscule romaine confondue avec la cursive par différents auteurs; diverses espè^ ces de minuscules: antiquité du manuscrit du roi 256; écriture a/dtne. — Allatius trouve une grande difFërence entre Tancienne minuscule et la moderne. La première, selon lui, prenait diverses formes en diverses occasions. Dans un siècle, dit Tabbé de Godwic (1267), elle paraît allongée, mince, aiguë; dans un autre^ on la voit ronde, obtuse, tremblante. Il est visible que ces auteurs confondent la minuscule, dont les lettres sont isolées et sans liaison,'avec la minuscule aiguë, liée et expéditive. D! Mabillon (1268) a distingué jusqu à trois sortes de minuscules romaines, la ronde, la cursive et la minuscule de même forme que la capitale et Tonciale. La dernière, qu'il qualifie de menue et très-menue, se trouve par là confondue avec la petite capitale et avec l'onciale d'une grandeur médiocre. Struve (1269) a su éviter cette méprise. Il a prétendu avec raison que les anciens appelaient minuscules les lettres qui, de majuscules qu'elles étaient d*abord, prirent dans la suite la forme de notre petit romain. Il n'en cherche point la preuve ailleurs que dans quelques inscriptions antiques où plusieurs de nos minuscules se rencontrent

Ce caractère romain , renouvelé sous Charlemagne, est devenu célèbre par l'usage qu'en ont fait presque tous les peuples d.'Europe. On lui a donné le nom de carolin et quelquefois celui de gallican, sans néanmoins le confondre avec l'écriture minuscule, usitée dans les Gaules avant la mérovingienne. Nous ne tarderons pas à faire connaître plus particulièrement le caractère carolin.

L'écriture italique, dont Aide Manuce passe pour l'inventeur, est au fond la même que la minuscule romaine. Elle^ ne s'en

[i^Tj Chronic. Godnk., p. i9.

1268) De re diplom,, p. 47, 51.

1269^ De criter. ww., § 12, p. iC.

écarte qu'en ce qu'elle est plus maigre, pins pressée, un peu plus penchée et tirant sur Ta cursive. Elle a rapport aux anciennes écritures, autant qu'elle vient d'elles *,. elle n'en est guère qu'une variété. A l'égard de ses lettres majuscules, elle ne manque pas de modèles antiques. Nous trouvons en efifet, dans diverses inscriptions romaines des meilleurs temps, une (^criture penchée en lettres majuscules très-élégantes. L'écriture aldine est appelée cursive et cancellaresc[ue dans deux brefs, l'un de Jules II, dû 27 janvier 1513, l'autre de Léon X, deux mois après (1270).

L'usage du petit caractère romain est plus ordinaire dans les manuscrits que celui du mérovingien au vu* siècle. Le premier devint plus fréquent, h mesure que le maintien de \é foi et la discipline ecclésiastiquo. mit dans la nécessité de transcrire les livres sacrés, les actes des conciles et les ouvrages des saints Pères. 11 fallut encore fournir aux Eglises les manuscrits dont elles eurent besoin pour la célébration de la liturgie et des divins offices. Aussi conserve-t-on de toutes parts, dit Mafféi ^1271), des livres écrits en minuscules avant Charlemagne.

Dans les plus anciens en écriture onciale on trouve souvent des mots en lettres minus* cules à la fin des lignes. On y rencontre des corrections et des notes écrites en ce caractère aux vi% vu' et viii' siècles. C'est ce que nous avons remarqué dans plusieurs manuscrits, et surtout dans le manuscrit du roi 256^ où les écritures minuscules servent à corriger le texte. Nous verrons ailleurs qu'elles prirent plus d'une fois dans les diplômes la place des cursives.

En général l'Age des écritures minuscules des manuscrits est assez difficile à distinguer, depuis le ix* siècle jusqu'au xir. Les liaisons de quelques lettres ensemble comme ra^ le haut des o, d, À, i, qui s'élèvent au dessus de la ligne commune, beaucoup plus chargé que le milieu, les pieds des m et des n aigus et un peu tournés vers la gauche, quelques lettres onciales, qui reviennent de temps en temps au milieu des mots , comme N, R, €, S, annoncent presque toujours le ix* siècle. C'est ce qu'on voit eu bonne partie dans quelques pa^es d'écriture minuscule qui sont à Ja fm du manuscrit du roi 256 pour suppléer à ce qui manauait. Nous avons indiqué ailleurs (1272) les moyens de discerner l'âge des minuscules, qui ont régné dans les manuscrits depuis le commencement du ix* siècle jusqu'à la fin du xir. Les articles suivants faciliteront encore davantasce ce discernement.

Art. n» Ecriture miiioscule lombtniique.

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