‹ Dictionnaire de paléographieChapitre 81 sur 136 · I. D'où vient le nom de lombardique · texte numérisé non relu

I. D'où vient le nom de lombardique

Origine de. cette écriture. A-t-elle été cmplof/ée ailleurs quen Italie ? Diverses sortes

(1270) Cheviluer, De toriti. de Vmprtm,^ part. 2, ch. 1.

(1271) YcTon. illnstr,, p. 336.

(1272) ^Vottr. Traité de diphm., lom. !,p. 405.

de lombardique. — De tous les autres nom», eelui de lornbardique a été le plus souvent donné aux écritures minuscules et cursives, difficiles à lire et crues barbares par la plu-

Sart des littérateurs. Plusieurs d'entre eux tant tombés sur des caractères obscurs et compliqués, leur donnèrent le nom des Lombards, barbares sortis des extrémités de la Scandinavie et de FOcéan, et qui ravagèrent ritalie au vi' siècle. Les savants n'ayant pas poussé plus loin leurs recherdieSy appelèrent encore gothiques les mêmes caractères, qu'ils prirent quelquefois pour des chiffres. Il n est pas rare de voir des auteurs appeler lornbardique des écritures antérieures à Tirruption des Lombards. Ces peuples établirent une monarchie en Italie, en 568, et j apprirent les arts et les modes des Romains. Comme ils y trouvèrent les écritures majuscules, minuscules et cursires en usage, ils les adoptèrent peu h peu, et se les rendirent propres. L'écriture appelée lombarde n'est donc point de l'invention de ces barbares, comme l'ont prétendu certains auteurs (1273). Si elle succéda à la gothique ancienne , elle n'est pas moins romaine iTorigine. Pour ne parler ici que de la minuscule, elle n'est autre que le petit romain un peu altéré et revêtu d'une forme accidentelle. Ce n'est donc pas la majuscule romaine dégénérée en minuscule lornbardique, comme le i)rétend Allatius (1274), sans en donner la moindre preuve. C'est du menu caractère italien et non du cursif, dont Gerson entendait parler, lorsqu'il demandait une écriture lisible, ponctuée, claire, sans conjonctions ou liaisons de lettres, et telle que celle des Lombards (1275). Si D. Mabillon eût distingué d'abord de la cursive cette minuscule, si commune dans les manuscrits , il n'aurait pas été si embarrassé (1276) lorsqu'il voulut s assurer des caractères spécifiques de l'écriture lombarde. En remontant de siècle en siècle jusqu'au temps où la romaine minuscule perdit son caractère propre et distinclif , il aurait découvert la forme de la minuscule lombarde, comme il apprit à fixer les éléments de la cursive par l'inspection des bulles et des chartes écrites en ce caractère.

Ce savant antiquaire distingue (1277) l'écriture minuscule lombardique en ancienne et nouvelle, et prétend (1278) qu'elle a été en usage en France. Nous croyons qu'il se trompe dans l'exemple qu'il en donne. Il cite les signatures originales des évèques du concile de Soissoos, gravées dans sa

(1^75) El eowufue genti$ Longobardorum procei- $it tn»ania, ut Homanomm caractère lUterarum penitui postpoêitù^ novas tpri, et sua ineptia genlit hfirbariem indUanteê^ dfra^pro litterU adwoenerutU. (Blonous, ItttL iUustr. Reg., p. 57*.

n274| Animadven, inantiq. etruu., p. 69.

(1275) Littera êit legibiiii^ iit punctuata, $U purgâta tfualU est Lombardorum^ non inw)iven$ u trw etibué tuperfuiê, «te. («i). Par ces paroles, te célèbre cnantelîer de rUniversité de Paris ne désigne point d'aatre écriture que celle dont on sî servait rn

(a) Cns., De Uufde uript , coosid. 0.

planche lv (1279). Mais quoique .es caractères en soient fort variés , nous n'avons pu y apercevoir le lombard. En quel pays ce caractère a-t-il donc été en usage T C'est ce qu'il faut examiner.

S'agit-il de la cursive lombardique des diplômes ou bulles? Il n'y a point de difficulté qu'elle n'ait eu cours en Italie sous diverses formes. S'agit-il de la lombardique des manuscrits postérieurs au ix* siècle, tels que le Tacite de Médicis, le modèle d'écriture lombarde brisée, publié par Muratori (1280) et tant d'autres manuscrits? Qu'elle ait été employée en Italie seulement, c*est encore un fait certain. Une autre es^ pèce de lombardique, telle que celle du manuscrit du roi 7dj0, renfermant un recueil des anciens grammairiens, du viii* au iv siècle , n'est pas moins sûrement dltalie, comme on peut en juger par le calendrier du Mont-Cassin, où il parait que ce livre fut transcrit. La difficulté ne regarde donc que les manuscrits lombardiques antérieurs au x' siècle. Peut-élre ne sen trouve-t-il pas moins en France (iu*en Italie. La seule bibliothèque de Saint-Germain des Prés en fournirait pour sa part plus d'une vingtaine. La plupart viennent de Tabbave de Corbie, et il est aisé de prouver' qu'elle les possédait dès le IX' siècle. Il est vrai qu'ils auraient pu avoiralors été transportés d*ltalie: mais un de ces manuscrits porte qu'il a été écrit à Noirmoutiers, par ordre de saint Adhélard, abbé de Corbie, pendant son exil. D. Martène et D. Durand , dans leur second Voyage littéraire (1281) , virent à Notre- Dame de Soissons les livres de la Cité de Dieuy écrits en lettres lombardes il v a huit ou neuf cents ans. Ils trouvèrent a Saint- Hubert deux autres manuscrits très-anciens de saint Isidore en même caractères (1282). Nous voyons la minuscule lombardique avec la mérovingienne et la Caroline à la fin du manuscrit 255 de l'abbaye de Saint-Germain des Prés , écrit vers le commencement du vin* siècle.

Le Dictionnaire (1283) en deux grands volumes in-folio, qu on croit avoir été formé par Ansileubus, évèque goth, est composé de plusieurs écritures, dont la plus ordinaire est la lombardique. Après elle, la plus fréquente est une minuscule aiguë, qui a son onciale et sa capitale. Cette minuscule ' approche de la Caroline. Elle ne parait p&s seulement dans ces manuscrits œmmo dans plusieurs autres de la même lombarilique sur le pied de corrections , elle occupe des

haKe de son temps. L*ancicn caraetère lombard était alors aboli.

[1276) De re dipi,, p. 49, n. 8.

1277) Ibid.

1278) Ibid., p. 5i^ n. U.

1279) Ibtd.y p. 454, 455.

4280) Rerum italic. script,, t. IV, p. 240.

[1281) Pag. 21.

(1282) ïbid., p. 155.

(1285) Ms. de Saint-Cermain des Prés., 12, 13.

PAUlOGRAPUIIl.

portions de feuilles, des feuiLets entiers, le milieu de plusieurs pages, des parties de li-

Snes, qu^on ne peut pas soupçonner d'avoir té laissés en blanc , si ce n'est qu'on les eût laissés à faire à une personne plus habile, actuellement sur les lieux. Si ce manuscrit a été fait en Italie , il faudra dire que dès le IX* siècle, et peut-être dès le tiii% la Caroline était cultivée au delà des monts. Si le ma* nuscrit a été dressé en France, on y écrivait donc en lombardique. Il se pourrait faire à la vérité que ce travail aurait été fait par des Italiens. Mais si Ton trouve cette réponse satisfaisante, croira-t-on que ces étrangers aient écrit tant de manuscrits en France ? Cela peut donner matière à bien des doutes

On pourrait dire que cette Caroline , que nous qualifions aiguë et que'nous ne trouvons que dans les manuscrits lombardiques, devrait plutôt être nommée une espèce de lombardique ; mais dans le Dictionnaire cité on découvre aussi de vraies carolines. Et cette Caroline n'est pas sur le pied d'additions laites après coup ; mais elle est sur j les. mêmes feuilles et les mêmes cahiers qui constituent en premier |le manuscrit. Ainsi la même difficulté reviendra toujours. On aurait pu dès lors sans doute avoir introduit la Caroline en Italie. Les Français, qui j dominaient, avaient cette écriture toute for- ' méo dès le milieu du vni* siècle. Comme ceux qu'on envoyait pour gouverneurs, pour juges , pour commissaires , étaient souvent des évêques ou des abbés , ils purent introduire en Italie leur manière d'écrire. Les nouveaux maîtres des Etats ne manquent guère d'y trouver bien des imitateurs.

II. Usage fréquent de récriture lombardique. Quand a-t-on commencé ^ quand a-t-on cessé de s* en servir? — Struve cTaprès D. Mabillon, dit positivement (1284) que l'écriture lombardique succéda à^ Titalo-gothique ancienne au vr siècl6, et que dès lors elle fut d'un usage commun et ordinaire. Mais on a peine à croire que les Lombards , récemment arrivés en Italie, aient appris en si peu de temps l'art d'écrire h la romaine. Une troupe barbare de militaires ne change pas tout d'un cx)upde mœurs et d'inclinations; ce n'est qu'à la suite du temps qu'elle imite les modes et les usages du pays dont elle a fait la conquête les armes à la main. Mal à propos la plupart des anciennes écritures purement romaines ont-elles été qualifiées lombardiques ; Mafféi (1285) prouve très-bien que la moitié des papiers deRavenne et d'ailleurs ont été écrits avant l'arrivée des Lombards en Italie. On ne peut nier cependant que

(1281) 'De re dtp/om., p. 46, u. 2. Struv., De criter. nuis,^ p. 2.^, 27.

(1285) Opose. eccles. p. 59.

(1286) Cum in Italiam venU$ent Longobardi^ e tabuiU rosis subtilissimas fecerunt schedas : qua» egomeisœ^ustidi et iegi^quanquam longobardicis liUeris tûtuignatas, Pahgieol., Rerum memorab* iib. ii, Uu 13, p. 251.

(1287) Chrome. Godwic, p. 16.

(a) SiMTV., De erUcr. mu., p. 17.

leur écriture ne soit très-ancienne. Cela parait par plusieurs monuments (1286). Le célèbre abbé de Godwic (1287) prétend que ce fut principalement aux vu* et vin' siècles qu'on employa les caractères lombards en Italie, pour transcrire non tous, mais plusieurs manuscrits. On sait qu'il y en a grand nombre de cette écriture dans les plus célèbres bibliothèques de Rome. Cependant , malgré les recherches que le cardinal Passionei fit faire en notre faveur il y a cinq ans , il ne fut pas possible de découvrir un seul manuscrit en écriture lombardique du vu* siècle. Nous avons donc lieu de croire que notre savant abbé allemand, qui nous renvoie aux modèles de sa première planche, aura pris pour lombardiaue la minuscule saxonne, ou tirant sur la saxonne. Struve (1S88) ne voyait que l'ancien gothique et le lombard dans les livres écrits depuis le vni* siècle jusqu'au x% comme si toutes les écritures romaines n'avaient pas subsisté en même temps avec les nationales (1289)1 Les Liturgies publiées par Muratori, avec des modèles de minuscule lomtKQtrdique , ne permettent pas de douter que cette écriture n'ait été en usage après le ix* siècle. Mais a-t-elle fini avec le suivant ? G*èst sur quoi les savants n'ont pas toujours été d'accord.

S'il s'agit de la lombardkpid cursive, ell# paraît dans plusieurs bulles des Pïpes dtt IT siècle et dans celles de Pascal II. Elle dura donc jusçiu'après les commencements du xïr. S agit-il de la minuscule lombarde? On la trouve encore (1290) dans quelques manuscrits du commencement du siede suivant. D. Mabillon (1291) a prétendu crue depuis le XII' siècle elle est insensiblement parvenue à cette élégance et cette beauté qui caractérise la minuscule romaine d^ pré* sent. Mais il n'a pas ihit attention , 1* que notre menu caractère élégant tire son origine des anciens manuscrits en minuscule ro« maine antique et renouvelée sous Charlenia* gne ; 2* que ce beau caractère a toujours subsisté , a certains égards, en Italie avec le lombardique, en France avec le mérovingien^ en Espagne avec le visigotbique, en Angletet re avec le saxon et en Allemagne avec le teu tonique. Toutes ces écritures nationales ne sont que le petit romain, mêlé de cursive et de quelques traits accidentels, sut les^ quels sont fondées leurs dénominations et leurs différences caractéristiques. C'est sans doute sous ce point de vue ciu'au xi* siècle l'écriture lombardique était appelée ror maine ^1292). D. Mabillon reconnaît; lui-

(f28S) De enter, mw., p. i7 et 27.

. (1289) A tœcnlo octavOf scriptura tatis plane ofrioletà^ et éaraetêres gothici atque longobardici im deseribendoi codiceê introducti^ uneiaiibui et majus^ culU ad initia codicum solum reiiciit (a).

(1290) Mus. Italie., part, i, p. 116.

(1291) De te diplom., pag. 46.

11292) De re diplom., p. 52.

MCTIOiNNAlRfi DE PALëOGRAPUUë, ETC.

même que toutes les écritures romaines se trouvent dans les manuscrits avec les écritures prétendues barbares. Mais c/esrt sans raison que le P. Germon (12d3) soutient c^ue la pure romaine y était la plus ordinaire aux vu* et yiii' siècles.

Les antiquaires italiens du dernier siècle avaient des idées bien différentes des nôtres, sur la durée de récriture lombardique. Le pieux ot savant cardinal Bona les ayant consultés sur ce sujet, ils lui répondirent que ce caractère avait Uni avec le x* siècle (1294). Une pareille décision, sur un point de cette importance, fait voir qu'on ne saurait être trop circonspect, quand il s*agit de prononcer sur des questions et des faits qui dé{)endent d'une connaissance parfaite de Tantiquité. Un ou deux exemples suffisent pour montrer qu'il s'en faut beaucoup que| le x' siècle n'ait été le terme de l'écriture lombardique. V Dans le livre intitulé : Antiquissimi Virgiliani codieis fragmenta et picturœ ex bibliotheca Vaticana, et dédié au Pape Benoit XIV, on donne la notice d'un beau manuscrit de forme carrée, écrit en caractères lombardiques au xii* siècle. C'est le manuscrit alexandrin 1671 de la bihliothèq.ue du Vatican. 2" D. Mabillon, qui dans sa Diplomatiaue f 1295) avait borné la durée de l'écriture lombarde au XII' siècle, a prouvé depuis par deux manuscrits qu'elle a été en usage jusoue vers l'an 1227 (1296). Dans son voyaze d'Italie, il vit ces manuscrits dans la bibliothèque de l'abbaye de Cave.

IIL^ Contrefaçon des écritures lombardiques dans les monastères ; imagination fausse et dangereuse. — Le P. Germon (1297) n'avait garde d'épargner le caractère lombard. 11 no tient pas à lui qu'on ne le prenne pour une écriture de faussaires.^Richard Simon s'était aussi imaginé aue des imposteurs ont pris la peine de contrefaire l'écriture lombardique et d*écrire de la sorte, Je ne dis j^as seulement des actes, mais des livres entiers. La preuve qu'il en donne décèle la justesse de son jugement et toute la finesse de sa critique. « Comme la meilleure partie (des manuscrits latins) vienfrdes moines, il serait l)on , dit-il, de visiter leurs bibliothèques ; mais elles ne sont pas toujours sûres : oAr comme ils avaient chez eux des copistes oe profession, avant l'invention de l'imprimerie , parmi ces copistes, qui renouvelaient non-seulement les vieux livres, mais aussi les vieux titres , il s'en trouvait qui avaient la main assez bonne pour figurer adroitement de vieux caractères. (Admirez la conséquence.) Ainsi tout ce qu'on trouve de manuscrits en lettres lombardes dans les archives des moines bénédictins ne vient pas

(1293) Discept. 1, p. 52, 53; discept. 2, p. 49,

« (1294; Ejusdem œvi^ dit le cardinal (a), decimi nimirum sœculi^ est codex Chisiiis (de Gbisi). Nam caracterem lombardicuni quo scriptus est, in fine ejus sœcuU desiisse viri perili, a me coJisuUi^ asseverant, (1295) Pag. 46.

(a) Ub. I Rertm lUurg., c. 12, p. 83.

toiyours d'une main aussi ancienne qu est récriture lombarde. Il faut dire la même chose des autres écritures (1298). »

Deux sophismes sont tout le prix de ce beau raisonnemenr. 1** Simon suppose comme un fait constant, que les moines renouvelaient les manuscrits et les titres^ en contrefaisant les anciennes écritures. Par rapport aux manuscrits, il n'ya nulle apparence qu'ils se soient donné la peine d'imiter des caractères aussi compliqués et aussi difliciles à lire, que le sont les mérovingiens, les lombardiq[ues , etc. S'ils l'ont fait, par quel hasard n*en trouve-t-on pas la moinare trace dans toute l'antiquité? Si Von s'est avisé aux XV* et xvi* siècles d'imiter les écritures antiques , ce n'a été que pour faire revivre les beaux caractères, et les substituer aux gothiques (1299J. Pour ce qui est des titres, c'est une pure chimère, dont notre hardi critique n'apporte aucune preuve (1300), et dont la fausseté est démontrée et reconnue aujourd'hui des gens de lettres sans passions (1301). Les protestants mêmes se dmarent hautement contre la fable ridicule des douze cents chartes fausses de l'abbaye de Landevenec : fable néanmoins annoncée emphatiquement au public par Simon de Longuerue et Lenglet, etc., comme un fait certain, comme une anecdote et une découverte importante. 2'' Les moines avaient la main assez bonne pour figurer adroitement de vieux caractères. Mais l'ont-ils fait? Notre auteur suppose toujours ce qui est en question. Au heu de conclure de 1 acte au pouvoir, il conclut du pouvoir à l'acte : c'est sa méthode favorite . Qu'il en coûte peu à la passion de contredire les règles du bon sens ! 3° Toutcequ^on trouve de manuscrits en lettres lombardes dans les bibliothèques des Bénédictins^ conclut Richard Simon, ne vient pas d'une main aussi ancienne qu'est récriture lombarde. Quelle misère 1 Ou a commencé du moins au vin* siècle à se servir du caractère lombard. On le voit encore en usage au xiir , et notre judicieux écrivain voudrait que la main , qui écrivait des manuscrits et des diplômes en lombard, fût aussi ancienne que l'est cette écriture. Veut-il dire que ces manuscrits ont été fabriqués après coup? En ce cas, il auraThonneur d'être le précurseur du P. Hardouin, dont le système pernicieux a été si solidement réfuté par les savants. Que Simon ait prétendu, quoique sans nulle apparence de raison, que ces manuscrits ont été contrefaits parles moines, après l'abolition de l'écriture lombardique , rien ne doit surprendre de sa part. Il rebat sans cesse que les manuscrits ont été corrompus, et la seule raison qa il en donne, c*est qu'ils ont passé per in^furas

;i296) Mus. Ital., part, i, p. 116.

1297} Discept. 1, pag. 63.

1298) Bibliolh. ertt., t. I, p. 278.

1299) V. notre II* t., p. 379, 380.

(1300) De re divlom., p. 22 et seq, p. 226 eCseqq. Nouveau traité de diplom., tom. I, sed. 1.

(1301) Dictionn. de Chadffbpié, tom. 0, letc G

P.\LÉOGRAPHIE.

snonachorum manus. Expression délicate »

empruntée de Rivet, calviniste outré et des plus fanatiques. Mais si cette preuve est recevable en nonne critique, quels avantages J'irréligion n'en tirera-t-elle pas? A combien d'incertitudes et de doutes l'histoire et la tradition ne seront-elles pas livrées? 'Quels manuscrits ne pourra-t-on pas rejeter, sous le prétexte frivole qu'ils auront été copiés dans les monastères, ou qu'ils auront passé par les mains des moines, soit d'Orient, soit d'Occident?

IV. Minuscule lombardiqut de la première forme; Tacite de la bibliothèque de Médicis. — Nous distinguons deux formes d'écritures minuscules lombardiques, et nous les partageons en deux classes.

La première offre une petite minuscule distincte, assez élégante, et dont plusieurs lettres sont hautes, terminées en volute, et mêlées de capitales et de cursives. La seconde classe est caractérisée par des écritures détachées et tirant sur la mérovingienne.

Abt. m. Ecriture aiiniiscole gallicane.

Quand nous parlons de Récriture des Gaulois , nous n'entendons pas la grecque, dont ils faisaient usage (1302) en écrivant en langue celtique, avant quelles Romains se fussent emparés des Gaules. Les plus anciens monuments gallicans ou gaulois, dont on ait connaissance, sont en écriture romaine, et tous sont postérieurs à Jules-César. Les Gaulois s'en servaient certainement au m" siècle, pour dresser des actes, ou ériger des monuments publies (1303). Le caractère romain majuscule tant capital qu'oncial, demi-oncial, minuscule et cursif , fut en usage chez eux avant et depuis l'arrivée des Francs (1304). Les plus anciens manuscrits où tous ces caractères romano-gallicans sont consignés, en font foi. Pour ne parler ici que de récriture minuscule gallicane, on la trouve dans les manuscrits 762, 766, 936 et dans le papier d'écorce de l'abbaye de Saint-Germam des Prés, Nous réservons au chapitre suivant les preuves de la vérité et de l'existence de l'écriture gallicane usuelle et courante. Il ne s'agit ici que de la minuscule détachée et proj)rement dite, qui fait la matière de la troisième subdivision fde notre cinquième division des écritures tirées des anciens manuscrits. Les gallicans sont si rares, qu'il ne nous a pas été possible d'en tirer plus de trois genres de minuscules.

Les écritures n:iinuscules gallicanes, tirant sur la cursive et mêlées de lettres liées,, constituent le second genre de la présente subdivision.

(1302) Itaque nonnuUi annos viceno$ in disciplina permanent; nequë fa$ esse existimant ea litteris mandate , tum in reliquis fere rebus^ pubiicis prtvatisque rationibus , grœcis litteris utantur (a).

(i305) Dt^ésf., lib. XXXII, leg. 11.

(1304) De re diplom., p. 46, 47.

M303) T. I, p. 4^7 et suiv., p. 503 et suîv.

(1306) Bist, d^un voyage littér. du sieur Jourdan,

(a) CiB4B., Comment., lib. ti, g, 14, edft. D. Bouquet, t. I, p. 255.

Le dernier genre des écritures minuscules gallicanes comprend celles qui sont larses et massives. Un des plus curieux exemples qu'on puisse citer est le fameux manuscrit de l'abbave de Saint-Grmain des Prés, en papier d'écorce d'arbre. La plus grande partie est en écriture gallicane minusculo-cursive. Elle paraît au moins du v* siècle. La dernière page est plus récente, on ne la croit pas antérieure au vi*. Excepté cette pa^e, autant qu'on en peut juger par certains mots plus faciles à déchiffrer, le reste renferme des rescrits d'empereurs romains.

Les lettres minuscules gallicanes, larges et massives, sont quelquefois liées et inégales. Le manuscrit de Saint-Germain des Prés, en papier d'écorce, fournit encore un mo-dèle d'écriture de cotte espèce. C'est cette simple date : Dat. xini. s/, (^alendas) maia$. Cette minuscule du iv* ou v* siècle se montre dans l'avant-dernière ligne de la page 6 de ce manuscrit en papier d écorce , mais ce n'est qu'à des yeux perçants. Si ce monument singulier nous a beaucoup exercé , 2u'il nous soit permis de le dire, ce n'a pas té sans quelque fruit, puisque nous y avons découvert les caractères minuscules et cursifs, dont on faisait usage dans les Gaules avant et depuis les commencements de la monarchie française. Après ce que nous avons dit du papier d'écorce d'arbre et des' planches ou tablettes enduites de cire (130^), nous ne nous arrêterons pas à faire voir la différence de ces deux matières qui recevaient anciennement l'écriture ; mais nous ne pouvons nous dispenser do relever ici un littérateur de la religion prétendue réformée, qui donne le nom d'écorce d'arbre aux tablettes cirées de l'abbaye de Saint-Victor de Paris. « Il y a, dit-il (1306), dans cette bibliothèque un volume d'écorce d'arbre, qui contient la dépense de chaque jour, pendant un voyage fait par le roi Philippe le Bel, depuis la fin d'octobre 1301 jusqu'à la fin du mois de mars, la même année, selon l'usage de commencer chaque année à Pâc[ues. » Depuis qu'on cessa en France d'écrire sur l'écorce d'arbre jusqu'au règne de Philippe le Bel, combien ne compterait-on pas de siècles ? L'usage de cette sorte de papier devint très-rare, après

3ue celui d'Egypte et le parchemin furent evenus communs. On prétend néanmoins qu'on se sert encore de l'écorce d'arbre en certains pays, au défaut d'autres matières (1307). Du reste, la différence de ces écorces et des tablettes enduites de cire est si grande, que pour les confondre, il faut • (130Ï) Elles sont appelées par les anciens pngillares, pugillar, pugillaria^ cerei pugillares^ et tout simplement cerœ. A ce dernier mot les jurisconsultes joignent souvent tabulas. Ulpieh (b) dit : Hœe uti Ms tabulis cerisve scripta sunt. Trotz, dans ses notes sur le P. Hugo(c) veut que les Jésuites aient entendu par tabulœ des écritures faites avec soin, et par cerœ des tablettes cirées, pugillares^ où Ton traçait à la hâte les choses qu'on craignait d'oul)lier. L'u-

(b) Tit. 20, Begular.

(c) P»jç. 82.

77ft

n*en avoir jamais eu la plus légère notion (1308).

An. IV. EcrlCn^e mliinteuhi méroTlngienneon franco-gai* li«iue dlÉliiigiiée <!• la oonuve.

1 . Caractère minuscule mérovingien auftan^ co-gallique différent du cunif; son existence prouvée par les anciens manuscriis. Est-^e la cursive transformée en minuscules sous Charlemagne? — Que l^écriture minuscule, dont usaient les Gaulois avant l'établissement de la monarchie française, se soit conservée sous nos rois de la première race^ c'est une vérité qu'on peut démontrer par plusieurs manuscrits de la fin du vi* siècle, du VII' et des commencements du suivant. C'est ce caractère, alors souvent employé, que nous appelons mérovingien ou francogallique, et que nous distinguons de l'écriture liée ou cursive qui avait cours en mémo temps.

JO. Mabillon (1309) , et ceux qui l'on suivi (1310) , semblent n'avoir point connu d'autre caractère mérovingien que le cursîf des diplômes et d'un nombre de manuscrits tels que le Saint-Grégoire de Tours, de la cathédrale de Paris, à présent de là Biblothèque du roi, et le Gennade de Corbie, aujourd'hui de Saint-Germain des Prés. La nuitième planche de la DiplonwUique (1311), où sont renfermés les modèles de l'écriture du VII' siècle , n'en offre aucun de minuscule mérovingienne. On y trouve seulement une ligne de cursive semblable à celle des diplômes de la première race. Excepté le premier modèle en grosse minuscule saxonne , les autres sont en onciale ou de-, mi-onciale. D. Mabillon, qui se sert indifféremment du terme de firanco -gallique et m^rovingienne pour désigner l'écriture de la première race de nos rois (1312), ne laisse pas (1913) de donner plus d'étendue à l'épi thète de franco-gallique qu'à celle de m^rovtn^t^fine.Il entend parcelte-cilaminuscule

sage en est si ancien, mron le fait r^nonter avant la guerre de Troie. Asdrubal s'en servit d*une maoière extraordinaire (à) en écrivant une lettre qu'il craignait qu*on n'intercept&t. Asdrubal efnstolam scrij^m super rébus arcanis hoc modo abscondtt : ffugtilaria nova nondmn etiam eera illita accepit^ litteras in lignum inddit, postea tabulas^ uti soUtum eil, cera coUivU. Les anciens écrivaient sur ces tablettes cirées leurs testaments : Nonne (b) libet medio ceras implere capaces. On disait prima cera^ ima cera^ pour la première et h «Jiernière page, le bas depase.

(-1308) Cœterum, dit Hohnius (c), inpenuria charim autbusdam in locis^ hune in cortieibus arborum sert'pendi modum tel etiammm non plane in desuetudi' nem abiisse novimus,

H309) De rediplom.^p, 49.

(4340) Chron, Godwic,^ p, 18: Legipomt, Dîsseri.f p. 117.

[13H) Deredipl.,p. 350.

1313) /6irf., p. 49.

1314) Jbid., p. 46.

;i315) Hist. ihtér. de la Fr., t. IV, p. 20.

(a) Tin-LivB, decad. i.

{b) JiivâiiAL, satyr. i.

(c) AnalucUi Creidi, p. 414

liée, qu'il appelle quelquefois barbare (tSii), à cause de ses complications qui la rendent difficile à lire. B. Rivet (1315), prévenu de ces idées, a cru que l'écriture cursive mérovin« gienne avait été changée en minuscule au vui* siècle. « Bientôt, dit-il, au lieu des caractères mérovingiens, qui étaient presque barbares, on Ht revivre le petit caractère romain. » Ce changement n'a rien de réel. Le caractère minuscule, renouvelé au viii* siècle, n'est autre que le mérovinsien de même forme, mais beaucoup moins élégant et un peu altéré. Nous en avons pour garants un nombre de manuscrits antérieurs au renouvellement des lettres sous Charlemagne, dans lesquels on trouve une minuscule jproprement dite. Elle n'est que la continuation de la çailicane, comme oelle-ci n'est qu'une i*ontinuation de la romaine , à l'exception des nuances du goût national et de certains traits accidentels. Nos premiers Français commencèrent à cultiver un peu les lettres, et à écrire au plus tard sur le déclin du vr siècle. On ne peut pas dire qu'ils eussent alors une écnture propre, différente de la romano-gallicane(1316). Ils adoptèrent tous les caractères usités dans les Gaules, dont ils s'étaient rendus les maîtres. Ils se servirent par conséquent de l'écriture minuscule , dont les anciens habitants continuaient de faire usage. Pendant les règnes de barbarie et d'ignorance de nos rois de la première race, elle dégénéra insensiblement jusqu'après les commencements du yvo* siècle. Cette minuscule mérovingienne est distinguée en quatre genres avec leurs espèces.

II. Minuscule mérovingienne ordinaire et tirant sur la lombardique et la saxonne ; manuscrits du roi 1603, 1820, U03. — Le premier genre comprend six espèces de minuscules mérovingiennes ou iVanco-galliques ordinaires mélanj^ées , et qui tirent sur diverses sortes d'écritures.

Dans la première espèce, on reconnaît une

(1316) Les Francs avaient, sans doate, avant leur établissement dans les Gaules, les mêmes ca^naètes que lés autres peuples septentrionaux. Le eélâbre Fontanini (d) soutient qu'ils eurent une écritore propre, et différente de la romaine, au moins depuis que révêque Ulphila eut introduit son alphabet gothique, compose de lettres grecques et laUnes. Le gavant italien rapporte, quelques lignes après, un passage du moine Otfride , auteur du ix* siède, qui dit que les Francs n^avaient jamais poli leur langue barbare et rustique par récritore, ni par aucun art. lAngua hœc^ ditCnfride, ve^«lt agrestis habetur^ dum apropriis nec scrivtura née arte aligna uUis est temportbus expolita. Cela signiiie seuleraent que les Francs n*avait jamais employé récriture à polir leur langue théotisque, ou gulls n^avaient rien écrit pour la cultiver et la réduire en méthode. Le P« Germon (e), qui savait si bien le lathi, fait signifier à ce texte que les Francs n'ont jamais eu d^&riture distinguée de la romaine. Ebloui par cette fausse interprétation, il prétend que Fontanini est en contradiction avec lui-même. Telle est la manière de raisonner qui règne dans les trois volâmes du savant Jésuite.

{d) VindieUe aipt,, p. 78.

(e) Deveteribus reg. franc, dipl^ disceputioi, 1. 111^ p. 512, S13.

-...fair

PALEOGRAPHIE.

mifluscBle peu liée, distincte, ordinaire et espacée.

La deuxième espèce de minuscule méro- Tingienne est mêlée de quelques lettres cursivesy indistincte et bien proportionnée.

La troisième espèce est demi^istincte et à montants en forme de battants.

Dans la quatrième espèce de minuscule , on reconnaît sans peine trois sortes d'écritures mérovingiennes, plus serrées les unes que les autres, tirant un peu sur la saxonne et mêlées de lettres conjointes et cursives. Le modèle de cette triple minuscule francogallique est un passage du commentaire de saint Jérôme : Simplicem autem et veram se-quamur hiêtonam. Quod bonarum ficorum Calatim dixerity Jechoniamqui seHieremiae consilio et imperio Dei tradideraU régi Babylonisy cui et prospéra Dominus pollictstur^ malarum autem Sedeciae^ qui contradicens sententiae Dei captus fitf cecatisque oculis duc tus in Bubylonem^ ibiqt^^mortuus est. In tantum autem Deus posuit oculos suos in bonum; qui imperio ejus €Ldquieverunt et reduxerit ttlos in terram stiam et aedificavit et non distruxit et plantavit et non evellit , dediique eis cor ut scirent eum^ quod jpse esset Dominus^ et fièrent illi in fopulum (1317). Cette minuscule mérovingienne peut être du vu' siècle ou du moins des temps du viii' qui précédèrent le renouvellement des lettres. £i]e a été dessinée sur le feuillet 152 du manuscrit 1820 de la Bibliothèque du Roi. Notez : 1* que les trois premières lignes et la huitième sont de la même main, et les quatre du milieu sont d 'une autre ; 2'' que oans chaque ligne on trouve plusieurs liaisons de lettres ; 3** que les abréviations de rum se font par un trait dans IV, celles de Dominus, Deus ^^^ par ; 4* que les u sont rejetés sur les lignes, et que Yy est surmonté d'un point. Presque tous les points sont de la main des correcteurs. On ne se sert point de lettres capitales aii commencement des noms propres et de lieux. Pruspera ponv prospéra est corrigé et Yet changé en ut, et reauxit en reduxerit. Dans ce manuscrit , les notes de Tiron en marge et en sommaires sont fort fréguentes.

L'écriture minuscule mérovingienne de la cinquième espèce du premier genre est demi-liée , demi-distincte , et tire sur certaines lombardes.

La dernière espèce approche de la minuscule ordinaire : elle retient cependant quelques liaisons et conjonctions de lettres cursives, et ses montants se terminent ordinairement en battants ou massifs. Nous en donnons un modèle (1318) que nous lisons ainsi :

{iMl\ ¥oyez Planches de Paléographie, n« 14.

il 54 8) Voyez Planches de Paléographie^ m* i^, 1519) Juenin, dans la nouvelle Histoire de Vab^ baye de Toumus, rapporte (a) unebuUe de Jean VIH, de Tan 876, écrite, selon lui, en écriture onclale

. k Â? anÊSoftofho in phHyra^ litteris uncialigotticis deurtpto , longo pedes circiter xii , lato

JBaee causa est quod mtio populi âelin^en* tis ira Domtni eoncitata sit, Quicquid juxta historiam de Hierusalem diximus et Judaea referamus ad ecclesiam Dei^ cum offenderit Dominumj et vel vitiis fueritvel persécutions vastata^ ut ubi quondam eral virtutum chorusatque laetitia^ ibi peceatorum etmaerorum multitudo versetur. Le manuscrit du roi, 1820, fol. 28, verso, nous a fourni ce texte, où saint JérÀme applique à l'Eglise tout ce qui est arrivé à Jérusalem et à la Judée, à cftHse de la corruption des habitants. Presque tous les points et les virgules de cette écriture franco -çallique ne sont que du correcteur. Un trait tranchant, un point et ia lettre sont employés pour corriger adque , mis par le copiste pour'a^^iie. Les liaisons de lettres et les abréviations en petit nombre et sur l*m, 5î, et Drït sont h remarquer.

IIL Ecriture minuscule mérovingienne rfrant sur la cursive; Homiliaire de saint Bur^ chardj évéque de Wirtsbourg : manuscrit du roi 2994. À. — Les écritures minuscules franco-galliques tirant sur la cursive sont les plus communes dans les manuscrits antérieurs à la moitié du viir siècle. Elles constituent le second genre de la présente subdivision.

IV. Minuscule franco-gàllique élégante et mêlée d*onciale ; manuscrits ' de Vabbaye de Saint-Germain des Prés 1200, 100, 1315. — Les minuscules mêlées d'onciales caractéri* sent le troisième genre.

y. Minuscules mérovingiennes élégantes et au coup d*ceil lombardiques et carotlnes; manuscrits 1045, 861, 8bl de la mime abbaye : marque singulière d^un cahier dans une .Bible. — Il n est pas rare dQ rencontrer dans les anciens manuscrits des écritures minuscules mérovingiennes élégantes, qu'on croirait au coup d'œil lombardiques et carolines'. Nous en avons formé le dernier genre de notre quatrième subdivision, appartenant à la cinquième division des écritures tirées des manuscrits.

Abt. V. EcritufA miaufosie notbiqne anclenae, dii»ilDg«ée en iUlo-goUiiqae et en visigolkiatte. A-i-oo des inonumanu en ancien gothique dllaiie? Visigothique en Espigne el en France.

I. Quel est V ancien gothique? Son usage et sa durée en Italie. — On a donné le nom de gothique ancien non-seulement à l'écriture runique et ulphilane , mais à toutes celles qui ont paru difficiles k déchiffrer. La cursive romaine a été plusieurs fois appelée gothique par des savants du premier ordre. Le même auteur (1319) donnera (^arfs un endroit ce nom à une écriture qu Tr'qualiâe lombarde dans une autre. Pour éviter la confusion, oar ancien goftiiaue nous n'entendons

duos. Le même historien dit ailleurs (b) que cette bulle, d'environ douze pieds de long, syr deux de large, est écrite %nr de Vécorce d'arbre et en lettre lombarde. Il confond ^ Fécnture des Gotlis dltalie avec celle des Lombards; S"" Tonciale avec la cursive alongée; S^Fécorce d'arbre avec le papier d'Egypte.

(«) Ton. ir, p. 96.

D)[<TI0NNAI11E PB P^^SaaiJPlinSt ^tC^

\b) Toau I» p. 95.

DIGTlONiNÂmE DE PALEOGÏIÂPHIË, ETC.

ni rëcriture runîque, ni l'ulphilane (1320), mais celle que les Goths, devenus maîtres de l'Italie, empruntèrent des Romains. Cette écriture italo-gôthique n'admet point d'au-

la ruine de la monarchie des Goths en Ita-. lie. Que ces barbares se soient servis des caractères romains aux V et vi* siècles, les médailles de leurs rois Théodoric, Athalaric, Théodahat, Baduela, Vitigès et Téïas, ne permettent pas d'en douter. Il est plus que probable que les Goths ne se contentèrent pas d'adopter les caractères majuscules romains; les minuscules et lescursifs leur étaient encore plus nécessaires dans l'usage ordinaire et journalier. Mais il ne nous est resté aucun monument des Goths en ces caractères latins.

Si l'abbé de Godwic etD. Legipont les ont vus, surtout dans les manuscrits du vi' siècle , c'est que ces savants Bénédictins d'Allemagne ont pris pour gothiques des écritures qui ne le furent jamais. En vain , parmi les modèles publiés par D. Mabillon, en chercherait-on un seul en gothique minuscule ou cursif . Ce savant antiquaire, après avoir paru douter d'abord (1321) à quel genre d'écriture doit se rapporter la pièce en papier d'Egypte de la bibliothèque de l'empereur, se détermine à l'appeler italogothique, et dit que cette écriture fut en usage en Italie avant l'arrivée des Lombards. Fontanini (1322) s'appuie sur la même charte de Ravenne, publiée d'abord par Lambecius, pour prouver que les Goths cor-

(i5S0) L'écriture gothiaue d'Ulphila n'est qu'un compose de beaucoup de lettres (a) commuues aux Grecs et aux Latins, de quelques-unes particulières aux uns et aux autres, et d un très-petit nombre propre à rendre certains sons barbares , inconnus aux Grecs et aux Romains. On lit entrer des caractères parallèles dans récriture saioune, pour expri« mer des sons également contraires à la prononciation latine. C'est de l'écriture ulphilane qu'on doit entendre ce que dit Allatius (6) de certains caractères gothiques , qui paraissent à l'œil plutôt des lettres capitales grecques que latines , et qui néanmoins ne sont point grecques. Cette écriture gothi- 2ue, à face ereco-latme, est celle du fameux livre 'argent, publié en ses propres caractères par Junius, et dont Gruter a donne quelques modèles dans ses inscriptions (c). Ce manuscrit, unique en son espèce, écrit en lettres d'argent, et contenant une traduction des quatre Evangues, en langue gothique, a beaucoup exercé les savants. Ulpbiia est-il auteur de cette version? est-elle d'un Goth contemporain de cet évèque ou d'un Saxon , comme le prétend Hickes? C'est sur quoi ils sont encore partagés. Selon les uns (d)^ les lettres en sont, pour la plupart, plus semblables aux phéniciennes que les grecques ordinaires; selon les autres, eUes sont plutôt vanciques que gothiques. La vérité est qu'elles sont semblables à celles de l'alphabet d'Ulphila, évèque arien , qui vivait du temps des empereurs Valentinieu et Yalens, c'est-à-dire vers l'an 370. Que ce caractère soit plutôt francique que gothique, c'est

I) Yoyaz en l'alobabet, tom. I, planche xnu b) ÂfwnaAv. m hagm. etrui.. p. 63,

rompirent l'écriture romaine au vr siècle. Mais la cursive de cette espèce en l'an SMest absolument la même que celle de la charte de pleine sécurité et des autres papiers d'£gypte, conservés dans la Bibliothèque du Roi et du Vatican (1323). Or, tous les savants reconnaissent aujoiird'hui que ces

Sièces sont en caractère cursif romain, ^'ailleurs il est impossible de prouver que la charte de la bibliothèque de l'empereur ait été écrite par une main gothique; d'où il est aisé de conclure qu'il ne nous reste ni manuscrits, ni diplômes écrits en italo-gothique, si ce n'est quelques contrats en écriture gréco-latine, passés en Italie aux XV* et XVI* siècles.

Des fausses idées sur l'ancien gothique sont nées plusieurs erreurs de conséquence. Telle est l'opinion de Struve (1324) qui prétend que, depuis le-viii* siècle, on employa ces caractères à transcrire les manuscrits : on sait que l'écriture minuscule y domine. Il faut donc que cet auteur ait cru qu'elle est de l'invention des Goths, et que ces barbares ont eu le secret de la faire adopter par toutes les nations lettrées de l'Europe. Struve ajoute effectivement (1325) que les Germains et les Allemands, depuis le y* siècle, changèrent les caractères grecs , dont ils usaient auparavant, en lettres gothiques semblables aux saxonnes. Ainsi, selon cet auteur, outre l'écriture runique et ulphilane, les Goths auront eu encore une autre écriture propre et différente de la romaine ; mais il suffit de Jeter les yeux sur les plus anciens manuscrits des Allemands pour se convaincre que c'est des Romains, et non des

une imagination singulière déjà réfutée. Basnage, au III" tome de ses Annales ecclésiastigueê , prétend prouver que les Goths avaient une écriture propre plus ancienne, parce qu'en 320 ils envoyèrent leur évèque au grand concile de Nicée. La conclusion n'est ni évidente, ni nécessaire ; mais il paraît certain que le runique, qu'on appelle aussi gothique^ pouvait être en usage chez ces peuples. (1331) DeredipL.p.àGOr

(1322) VindU. dipl, p. 86.

(1323) c On en trouve même de la sorte, dit MaJiéi (e) du ix* au x« siècle . et encore plus avant. Le savant auteur (D. Mabillon) a bien senti cette uniformité. Aussi, dit-il ici que le caractère gothl- (|ue approche du lombard, la que le saxon a de 1 affinité avec le gothique, ailleurs que les papiers de Ravenne ne s'éloignent pas beaucoup du francogallique. II devait donc dire aussi que les diplômes qu'il publie s'accordent pour l'écriture avec les papiers d'Egypte que nous avons. > U suit de ce raisonnement du docte lulien que D. Mabillon n'aurait pas dû supposer que les Goths ^ les Lombards et les Francs ont corrompu les caractères romains, en j mêlant leurs caractères propres ; puisque les écritures cursive, gothique, mérovingienne et lombardique ne diïïërent de la romaine qoe par des traits nationaux et accidentels , qui ne oonst»tuenv pas une différence capable de faire méeoiinattre l'origine d'où elles sont sorties.

(1324) De criler. m*»., p. 17, ,^1525) /Hrf., p. 38, 39.

\(d) Tom. II des Mémoires de n€ûdémk dm ires, p. 135. . .

{€) Vmn^ iUmr,, col. 525,

PALEOGRAPHIE.

GolhSt qu'iiS ont emprunté les caractères! dent il s'agit ici. C'est encore sur une fausse idée de l'ancien gothique que Fontanini et Struve, d'après D. Mabillon, appellent demigothique récriture majuscule des titres et des premières lignes des manuscrits mérovingiens et des inscriptions lapidaires et métalliques du même temps. Qu'entendent nos savants auteurs par semi-gothique? Des caractères barbares mêlés avec les romains. A layerité on trouve souvent des lettres oncialesy minuscules et cursives mêlées avecla capitale ; mais tous ces caractères sans exception sont romains d'origine, et nullement barbares. Misson, dans son voyage d'Italie, ayant aperçu de prétendues letr 1res tirant sur le gothique dans un Virgile du Vatican, ancien de plus de mille ans, en conclut (1326) que ce manuscrit était récent. En combien d'autres bévues n'est-on pas tombé, faute d'avoir su distinguerlaforme et l'oriffine primitive des écritures latines nationales?

II. Gothique dC Espagne et de France méridionale j aistingué de V écriture runique et ulphilane; ses dénominations prouvées par les inscriptionsy les manuscrits et les diplô^ mes; les Espagnols se sont^ils servis des caractères arabes ? — Les Goths occidentaux ou Visigoths établirent à Toulouse le siège de leur empire au v* siècle, et poussèrent leurs conquêtes jusqu'en Espagne, où ils régnèrent jusqu'à l'invasion des Sarrasins ou Mahométans en 712. Les Visigoths portèrent, diiron, en Espagne une écriture gothique approchant de celle d'Ulphila, évoque des Gotns au iv* siècle (1327J. On suppose môme qu'ils firent usage de leurs caractères runiques, et qu'ils ne furent abolis qu'en 1086 par Alphonse, roi déCastille(1328). Ecartons la confusion qui résulte de toutes ces opinions. Les modèles représentés par divers auteurs (là29) prouvent que les Goths d'Espagne n*admirent ni dansleurs inscriptions, ni dans leurs manuscrits, ni dans leurs chartes, ni dans leurs autres monuments, les caractères runiques et barbares; ils firent réellement usage des lettres romaines majuscules, minuscules et cursives. On remarque , il est vrai , quelques caractères grecs dans les anciennes inscriptions latines faites en Espagne; mais on en montre plus encore, soit en France, soit en Italie. Il en sera de même des lettres non barbares, mais

(1326) VirgilH eataiecta, lib. i, c. 12, p. 220, apod Fabr.

il 527) Chrome. Godwie., p. 18.

1528} YoRVius, De iitt. runica, p. 454. ' 132d) De Té dipiom,y p. 452; Leblanc, Traité des monnaies j p. 52; Mafféi , Oposc. col. écoles. j' tab. nr ; Polygrapk. espan. , Prolog, fol. xvi et suiv.

(1330) Rodrigue de Tolède, cité par Du Gange, an moc littera gotkica^ a donné lieu à Terreur où tous, ou presque tous, les modernes sont tombés au su-. jet de i*écriture tolétane. Hs Tont prise d'abord pour le gothique, dont Ulphiia passe pour auteur; ensaite» entraînés par Tautorite d'OlaûsWormius,; qui vovait partout son runi<rue, ils ont confondu ce' cAT^çJt/m avec l'ulphilane, Ainsi, do trois écritures

latines, d'une figure que Ton pourrait appeler barbares; elles ne sont conformes en jrien aux runes, ni aux gréco-latines dTJlphila. Si donc l'on s'en rapporte aux monu* ments antiques, et surtout aux manuscrits et aux plus anciennes chartes d'Espjagne, on conviendra que l'écriture visigothique ressemble à la romaine, à l'exception du goût et de Quelques traits nationaux. Les auteurs rappellent gothique ancienne , gothique d'Espagne, hispano-gothique, înozarabique, tolétanne ou lettre de Tolède, et, par abus, runique et ulphilane (1330).

La capitale visigomique des manuscrits de France et d'Espagne a été représentée dans la planche xxxvii de ce volume. La minuscule occupe la moitié de la planche lu que nous expliquerons bientôt. Signons avions eu communication des anciens manuscrits d'Espagne, nous aurions donné un plus grand nombre de modèles de ce caractère antique. Ambrosio Morales, dans sa' Chronique d'Espagne^ et Aldrette (1331) citent grand nombre * de manuscrits écrits en lettres gothiques, lesquels existaient au XVI" siècle. Quant à la cursive visigothique, IjB plus ancien diplôme latin en cette écriture qui ait été conservé jusqu'ànotre temps, fût donné par le roi Chindaswinthe en 684^ de l'ère d'Espagne, c'est-a-dire l'an 646 de l'Incarnation. 11 n'en cède point en barbarie, pour parler comme le P. Germon, à ceux des Lombards et de nos rois mérovingiens. ' Nous ne pouvons dire jusqu'à quel degré cette pièce approche de l'écriture liée des Romains, parce que nous n'en avons point vu de planche gravée. Mais les manuscrits du môme temps en écriture (1332) cursive ' nous font présumer qu'elle en était peu différente. La bibliothèque universelle de la Polygraphie espagnole ne fournit que trèspeu de modèles de l'écriture diplomatique des Visigoths, encore. leplus ancien n*.est-il que de Pan 931 ; il a beaucoup de rapport avec l'écriture cursive d'Italie et de France du môme temps. La nouvelle Paléographie espagnole de don Terrers en offre du yii* ou viir siècle.

On peut demander si, après la destruction de la monarchie des Goths par les Sarrasins, les Espagnols se sont servis de caractères arabes (1333). Don Nazzarî, grand bibliothécaire du roi d'Espagne, avoneri334) que les Chrétiens et les Maures du pays ont écrit avec ces

fort différentes, ils n'en ont fait qu'une. Il est étonnant qu*un aussi habile antiouaire que Du Gange n'ait point aperçu cette confusion. Elle disparaît! aussit^^t qu'on compare ensemble les caractères runiques, d'iJlphila et Toletans.

(1531) Del origen de la lengua castellanay fol. 58.?

(1552) Polygrapk. espanola.^ Prolog., fol. xxu.

(1355) Gomme les Arabes ne se sont point m^és : avec les autres peuples, ils ont conservé leur langue dans sa pureté. Quelque antiquité qu*0D lui. suppose, il est certain que les caractères en sont nouveaux. On croit communément qu'ils furent inventés par Moramet, depuis la mort de Mahomel arrivée vers Tan 633. Les Arabes ont donné leur écriture et leur fausse religion aux Persans.

(1334) Polygraph. espanola, Prolog., foj, wvif

ns

DICTIONNAIRE DE FALEOGRÀl^HlE. ETC.

caractères ; il en excepte pourtant les rois. lu. Commencement^ usage^ durée et fin de récriture hispano-gothique. — Si quelques savants (1335) font commencer le gothique d'Espagne dès le y* Siècle , c'est qirils confondent toujours ce caractère arec l'écriture ulphilane» consignée dans le manuscrit des Evangiles, appelé le livre d'argent de l'abbave de Werden. Il est certain qu'au vu* siècle on se servait du caractère nispano-

fothique pour écrire des manuscrits. Le réviaire mozarabique, dont Mafféi (1336) a publié un modèle, ne permet pas d'en douter. On a des manuscrits au siècle] suivant en belle minuscule visigothique dans le godt romain. Tel est le Missel de l'église de Tolède, dont nous avons fait graver un échantillon. Struve (1337) donne plus de mille ans d'antiquité a ces sortes de manuscrits visigothiques. On en connaît du ix* siècle dont récriture minuscule est mêlée de lettres cursives, semblables à celles des Mérovin^ens et des Lombards. Tel est le manuscnt de l'église de Cordoue, dont on a des modèles dfans Aldrette (1338) . et dans la Diplomatique de D. MabilJon (1339). L'écriture en est nette et aisée, comme les autres minuscules du même temps. Or on voit par ces manuscrits, et par beaucoup d'autres monuments, que l'écriture visigothique des Espagnols n'était presque point différente de la romaine.

Cependant, soit que ce caractère de Tolède ou hispano-gotnique eût dégénéré par le génie de fa nation et la succession des temps , soit que le commerce avec la France eAt changé le goût espagnol , dès l'an 1086, si l'on s'en rapporte à Vormius (13&0), Alphonse, roi de Castille et de Navarre, ordonna, dans un concile de Lyon (131ii<l), que les notaires et les écrivains ne feraient plus usage des anciens caractères gothiques , alors attribués à Ulphila ; mais qu'ils se serviraient de ceux dont on usait en Castille, c'est-àdire des caractères français. Ce changement n'arriva au'en 1091, selon le calcul le plus exact (13!i'2). « Le cardinal Reinier, légat du Saint-Siège en Espagne, tint un concile dans la ville de Léon , où il fut entre autres choses ordonné que dans les écrits l'on cesserait de faire usage des caractères

{(Othiques, et qu'on y emploierait désormais es mêmes caractères dont on se servait en

(1335) Steuv., De eriter^ nm., p. 39t.

(1556) Opoee. eceèu.^ tab. nr, n. IB, p. 80, eoL S; p. 81, coi. !• H537) Decriter. m., p. 22.

(1338) Del origen de ta kngua ùutellan.f lib. u, C.18.

(1339) Tab. XLT, p. 434 et 432.

, (1340| FMI. éatOc., p. 65.

(1341) Ch auteur a lu LuaéumnH pour LegUmend et a eonfoodu Lyoo avec Léon en Eqiagne.

(1342) Dans le G/oMatre latin de Du Ganse, sur le mot litlera aothiea, on Ut que récriture gotnioue Ait abrogée par Bernard, archevêque et primat de Tolède, dans un concile de cette ville tenu en Tére 1117, ce qui revient à Tan 1079 de J.-G. H y a ici deux mé-

Srîses dans lesquelles Gonrinçius était tombé avant ^u Gange : 1"" £e concile dont il s'agit ici ne fut point

France et dans les principales prorinced ae TEurope, pour Tuniformité et fa facilité du commerce avec les étrangers (13b3). » C*est qu*aIors on avait adopté presque partout » non récriture gauloise, comme parlent certains auteurs, mais la française ou capétienne. Ce renouvellement de caractères en Espagne, ainsi que l'introduction de roflice gallican ou romain à la place du mosarabe, sont principalement dus il Bernard , qui de moine de Clunv était devenu archevêque de Tolède, et à plusieurs colonies de Fénédictins français, qu'on avait envovées en £s-

Eagne(]3U). Le changement d écriture n'y it pas absolu ni fort prompt. Le gothique ancien persévéra encore longtemps depuis le décret de son abolition. Dom Joseph Ferez, moine bénédictin et professeur des langues de l'académie de Salamanque (1345), fait finir le caractère hispano-gothique avec le xii* siècle (1346). I/abolition de cette écriture est plus tardive [iSVI) : elle ^ait encore en usa^e après le xin* et peut-être même le xv* siècle. On peut s'en convaincre en parcourant les modèles donnés par don Cbristoval Rodriguez dans la bibhofhèque Universelle de IdiFolygraphie âCEspagnt.

àxr. VI. Bcritare minoicttle earoliae.

l. Quelle est Vécriture minuêcule Caroline ? Qui des Françaie ou de$ Italiens lui ont donné naissance ? Objections de Ma/féirdbonéues. — n ne s'agit plus de considérer l'écriture Caroline dans sa totalité, ou dans ses grands caractères majuscules et comme renouvellant les caractères romains de l'Age d'or. L^i minuscule, distinguée de la cnrsive, est ici Tunique objet de nos recherches. A la considérer dans son origine, elle n'est autre que le petit romain usité dans les Gaules, avant et depuis l'établissement de la monarchie française. Ce caractère s'altéra considérablement, surtout pendant le vir siècle, et les commencements du suivant, par le mélange des lettres cursives. Dès le règne de Pépin et même auparavant on^ commença à le renouveler. Mais c'est à Charlemagne que les savants attribuent pour l'ordinaire ce changement. Selon D. Mabillon (13fc8), ce erand monarque changea les anciens caractères qui avaient dégénéré, en cette sorte d'écriture si nette et si distincte qui fraya le chemin aux caractères d'impri-

Célébi^ à Tolède. 2» U fat tenu en l*ère 1129, qni revient à Tannée 1094. Le P. Lal^ a obserré qsie Rodrigue de Tolède marque Tère 1117 dans les imprimés, maàs que c'est une faute à omrriger.

(1343) FBMME9Ji9,Hi$t.irE$fMigne^\om.ni^p.%10.

i3U) Hiil. liilér. delà France, t. VU, p. 158.

(1345) Dissert, eeeles,, p. 36.

(1346) Alors, ou même longtemps aanaravaiii, avait cessé la distinction des anciennes dentures romaine , méroTingienne , Caroline , iomlMiHliq«e » ▼isiflothique et saxonne, quoique noua oe psétendions pas qu'elles aient été connues soos U ces noms, dont plusieurs ont été intentés dus derniers siècles.

(1347) Poly graphie espan., Prolog., p. imv. (iZm De re diplom., p. IM).

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