‹ Dictionnaire de paléographieChapitre 83 sur 136 · SIS · texte numérisé non relu

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des tachygraphes, et nous voyons distinguer ces deux sortes de caractères au temps d'Origène (1W8), au sujet duquel Eusèbe raconte qu'il entretenait plusieurs copistes pour écrire promptement, et plusieurs au très pour écrire élégamment : le marquis Maffei distingue deux sortes d'écritures minuscules chez les Grecs : la ronde ou Tusuelle, dont on se servit dans les manuscrits, et la cursive ou expéditive, dont on flt usage dans les lettres, les actes et autres documents. L'épithète d'aiguë est donnée à la cursive, parce que quelques-unes de ses lettres se terminent en pointe, soit en montant, soit en descendant. Le savant italien croit voir dans Philon une preuve de cette cursive grecque. Cet auteur juif, parlant de ceux qui étaient engagés pour écrire , dit qu'ils exerçaient leurs jyeux et leurs mains ; ceuxlà pour acquérir une vue aiguë ou perçante, celles-ci pour devenir aiguës, c'est-à-dire,

Sromptes à écrire (1W9). Or, on n'a iamais it que les Grecs eussent emprunté cette écriture cursive des nations étrangères. Si l'on voit leur caractère primitif, qui fut le majuscnle sur les marbres et dans quelques précieux manuscrits , on n'en trouve pas moins une infinité en lettres minuscules de fisures diverses et d'autres en caractères serres, liés et compliqués ensemble. Si donc le caractère cursifa été en usage chez les Grecs dès les premiers temps, à combien plus forte raison a-t-il dû être employé chez les Romains, qui, conséquemment à leur domination et à la quantité d'actes judiciaires qu'ils

die, qu^elle servit d'original à ceux qui gravèrent les caractères grecs pour les impressions royales sous François I". Les Grecs modernes nomment en langue vulgaire leur cursive, SOpcxq, aisuê ou prompte. (U78) Tachygraphi (a) vero tp6i(0rigeni) vicissim dictanti plures quant sepiem numéro eorum aderant^ temporibu» ordinatis se invicem rependenies, biblio^ graphi qnidem non pauciores septem^ simul et puellis ad pulchre scribendum exercUatii.

(1479) n est étonnant que Maffëi , qui savait si bien le ^rec, ail toujours traduit ilE^vç par aigu; comme s'il ne signifiait pas prompt. Etienne ne fait point difûculté de rendre i^yjypàfoç par qui celeriter Bcribit^ quiet xax'^pàfoç. Cette version aurait donné une nouvelle force au sentiment de notre auteur. Le nom d'ôSv7pafo; dans Philon, et dans quelques autres anciens, suffirait pour fixer tout doute, s'il n'était pas applicable à ceux qui écrivaient en notes, souvent terminées en pointes très-aigues et d'ailleurs formées avec la plus arande rapidité. Sur ces oxygrapbes et tachygrapnes ou excepteurs, voyez le commentaire de Godfroi sur le Gode Théodosien, 1. VIII, tit. I, leg. 2. Dans la suite les tachygraphes devinrent calligrapbes , ou plutôt ceux-ci firent les fonctions de ceux-là. G*est'à-dire qu'ils se servirent en inémé temps des deux manières d'écrire le grec; l'une pour le texte de l'Ecriture sainte, et l'autre pour les scholies ou commentaires (6).

(1480) Par exemple, à la preuve tirée du passage de Quintïlien, que nous avons cité, il en ajoute d'autres, qui ne paraissent pas fort concluantes, c Personne, dit-il (c), ne fait 'connaître plus clairement qii*on écrivait communément à Rome en lettres cursif68, que Quintilien (<i). 11 blâme qu'on néglige d'apprendre à écrire bien et vromptement ,* cq qui

(«) GustB.» Util, eectêi,, Ub. vi, e. SI. (*) Fatœograph.^ p. 516.

faisaient expédier , se trouvaient dans une bien plus grande nécessité d'écrire promptement, et parmi lesquels le métier de scribe avait déjà cours trois cents ans avant la naissance du Sauveur? Telles sont les raisons dont on se sert pour assurer aux Romains la possession d'une écriture cursive. Mafféi en ajoute plusieurs autres (14^); mais elles n'ont pas toutes une égale force pour persuader. Bourget (1 Wi) estime que les Orientaux ont eu une écriture cursive dès le m* ou IV' siècle : ce qui rend plus que probable celle des Romains.

Mais ceux-ci , dit-on , ne se servaient point des mômes plumes dont nous nous servons aujourd'hui (lii^). Leur calamus n'était pas propre à peindre le menu caractère cursif. En accordant qu'ils n'aient pu dans l'usage ordinaire se servir de l'écriture majuscule, appelée vulgairement carr/ romatn, n'avaient-ils pas, dans leurs abréviations et leurs notes, une manière d'écrire plus prompte et plus expéditive que l'écriture cursive, qu'on leur attribue ?

Outre que ces notes et ces abréviations n'excluent nullement le caractère cursif, il n'y a point d'apparence que dans les actes de toute espèce, dont il fallait faire des expéditions, on ne se servît point d'une écriture usuelle, moins embarrassante ot moins équivoque que les abréviations et les notes réservées pour les minutes. On ne niera pas

2ue les anciens papiers de Ravenne n'aient té écrits avec le calamus. Cet instrument

était si utile pour les lettres familières. H veut qu'après avoir appris aux enfants à tracer leurs lettres, on leur enseigne à former des syllabes, c'est-à-dire ces lettres liées qui se font d'un seul trait de plume. De même, en leur apprenant à lire, il ne veitt pas qu'on coure ra))idement, sinon lorsque la conjonction des lettres était claire et sans aucun doute. Qai ne voit ici clairement l'écriture cursive, qui seole avait la propriété de lier les lettres ensemble? Or, puisque c'était là sûrement récriture cursive, de quelle force dirons-nous qu'elle était, si ce n*est de celle ^des papiers de Ravenne), où nous voyons tant de syllabes exactement conjointes et formées comme si ce n'était qu'une seule lettre? i

Il ne parait pas que Mafféi ait pris le vrai sens de Quintilien. l^'Les ligatures de lettres, surtout des anciens, ne procédaient point de syllabe en syllabe. Elles s'étendaient des unes aux autres, et, de plus, aux mots entiers, et empiétaient même quelquefois sur les suivants; ^ ce qu'il syoute du même auteor sur la conjonction des lettres dans la lecture, regarde plutôt la manière d'assembler les syllabes que la forme des lettres ; 5"* les lettres majuscules étaient susceptibles de conjonction. Le docte Italien n'a pas fait attention que quelques limes après il represente trois mots en capitale, où 1 on vc.i quatre lettres conjointes deux a deux. Le texte de Quintilien ne nous parait donc rien moins que piécis, 3uoique Mafféi se récrie, comme si tout le monde evait y voir clairement récriture cursive. Mais quelques autorités de moins ne doivent pas nuire à la bonté de la cause qu'il soutient savamment

(1481) Voyez son manuscrit à la Blblioth» du Roi, t. H, p. 47, 48.

(1482) Bibtioth. Britan., t. Y, part, ii, p. o59.

(c) Veron., Utuitr»^ col. 330*

(d) Ltb. I, c 1.

su

PALEOGRAPHIE.

était doBc propre à peindre récrituce cursive'des anciens.

II. Ecriture cursive'romaine prouvée par les manuscrits et les chartes d'Italie des premiers siècles.— On la trouve dans le Josèphe de la traduction de Rufin» écrit sur du papier d'Eç^pte et conservé à Milan. L'écriture en est liée, difficile à lire et remonte jusqu'au temps de Théodose. On la trouve constamment dans plusieurs manuscrits très-anciens du Chapitre de Vérone, dans la note du saint Hilaire du Vatican, écrit Tan 510, et dans le fameux catalogue écrit du temps de saint Grégoire le Grand, et publié par Muratori, Nous l'avons vue mêlée avec d'autres écritures dans les chapitres précédents. La planche lvii achèvera d'en démontrer l'existence dans les plus anciens manuscrits de la Bibliothèque du Roi et de celle de Saint-Germain-des-Prés. Passons aux diplômes d'Italie écrits en cursive.

Mafféi dans son Histoire diplomatique en a publié cinq du vr siècle en ce caractère, et très-difficile à lire. Si quelqu'un s'avisait de les attribuer aux Goths, cette ressource lui serait aussitôt enlevée (ihSS) par un jDameux papier d'Egypte de la même écriture et du même caractère (1484). « Car on y découvre certainement, dit le savant italien, qu'il fut écrit peu après l'an 444, c'est-àndire, cinquante ans avant l'arrivée de Théodoric, premier roi des Goth$, en Italie, sous l'empire deValentinienlII. » Le docte italien observe

Îue trois de ces pièces en papier d'Egypte , estituées de note certaine de temps, donnent de grands indices qu'elles sont encore plus anciennes. » Ponticus Virunius dans le prélude de la Grammaire grecque de Guarin « assure, dit Mafféi (1485), que de son temps, c'est-à-dire, sur la fin du xiv siècle, on conservait à Ravenne un document en papier du temps de l'empereur Adrien et de caractère qu'on ne connaissait pas (1486). » Le papier d'Egypte de la bibliothèque de Fem-

Eereur parut indéchiffrable au célèbre Lamécius (1487). Il jugea que l'écriture de cet ancien monument était inconnue. C'est cependant la cursive romaine, dont on faisait usage en Italie l'an 564. Elle se montre avec toute sa beauté et sa hardiesse dans la fameuse charte de pleine sécurité, écrite sur fiapier d'Egypte l'an 38, de l'empire de ustinien, ou l'an 564 de Jésus-Christ (1488J. Une autre charte de Ravenne, dont la Bibliothèque du Roi a fait l'acquisition depuis

(1483) Veron illustr., col. 531.

fait sous rempereur Léon le Jeune, vingt tns avant rarrivée de Théodoric à Ravenne. Cette pièce, tirée des registres publics, prouve que sous ce prince goth les archives publiques furent conservées, ainsi que la jurisprudence romaine. Mais Mafféi a mal conclu de ce fragment que la pièce où se trouve cette date fut écrite sous Tempereur Léon le Jeune. Il s'est trompé de plus d'un demi-siècle.

ai85) Ilid., p. 332,

(i486) Si Ton ne pouvait pas lire ce papier, commeol ae^-on su qu'il était du temps de rempereur

quelques années, plusieurs fragments d'an-' ciennes pièces publiées par Gori (1489), et deux parcelles d'un contrat de vente passé à Ravenne sous l'empereur Justin II, l'an 572 et publiées par Philippe de la Tour, évêque d'Adria, nous remettent pareillement sous les veux l'ancienne écriture cursive romaine (1490).

Pour peu qu'on prenne la peine de lire et d'examiner tous ces monuments, on ne s'imaginera jamais que leurs auteurs fussent des Goths ou des Lombards. « Ce sont, dit Mafféi (1491), des instruments et des actes légaux , qu on peut envisager comme les derniers dépositaires de la jurisprudence romaine, des formules anciennes et des abréviatures solennelles. De plus ils sont

Eresque tous écrits à Ravenne, où les Lomards n'entrèrent que fort tard. Quand la plupart de ces pièces furent écrites, les anciens usages et le nom d'Empire duraient encore. L'empereur d'Occident était revêtu de cette dignité, lorsqu'on dressa la plus ancienne de ces pièces. Dans tous ces documents, même du moyen âee , les interlocutions romaines , les formules prétoriennes , les précautions judiciaires percent de tous côtés au milieu des barbarismes du style et de l'obscurité du caractère. En effet, les lois des différentes nations, à la réserve de quelques-unes de leurs coutumes particulières, sont toutes tirées des romaines. »

Mafféi, après avoir observé (1492) que sur plusieurs inscriptions latines on rencontre des lettres en forme minuscule et des traits même de cursive, reproche aux (1493) antiquaires d'avoir conlbndu un genre avec l'autre, quand ils ont donné les caractères minus^ cules qui se trouvent sur plusieurs pierres pour des exemples de cursive. Il n'est pas cependant difficile de distinguer ces deux écritures dans les inscriptions (1494). On employa la cursive dans les expéditions, les registres , les lettres, les actes des notaires et autres instruments. Quelquefois, pour éviter le travail et pour expédier les choses

Ï)lus promptement , on en usa encore dans es livres. C'est celle-ci qui compose la première subdivision de l'écriture cursive.

Aht. II. Ecritures cursives gallicane et méroviogieiiM.

Le parallèle des trois genres cursifs de l'ancienne gallicane , de la cursive romaine et de la mérovingienne, donné dans la Nouvelle diplomatiquCf suffirait pour convaincre

Adrien ? Il y a tout sujet ëe croire que cette époque ne sera fondée que sur quelques mots mal lus. Il faut voir, dans Paradin, comment avant D. Mabilioa on raisonnait sur une écriture peut-être plus aisée à lire, mais pourtant du même goût et approchant du même temps.

(itô7) De re diplom., p. 460 et seq.

(1488) Supplem. De re dipL^ p. 75 et suiv.

(1489) DoNii Inscript, antiq. ediL ab Antonio rio ; Florentiae 1731, pag. 477, 483, 495, 500.

(1490) Vita Philippi a Turre.f. 23.

1491) Veron. illustr., col. 332.

1492) Ibid., col. 329.

[14931 Ovuscol, eccle$,y p. 61.

^1494) Voyez la piaocbe xxix de notre tone II.

de iémépité et d'ignorance les écrivains qui oni tenté inutilement aen faire révoquer en doute la vérité.

§ 1. àneiimie écrUnre ewùvê gaUiemie deê ma*

. La deuxième subdivision des écriturescupsives tirées des anciens manuscrits oom*

Êrend la gallicane antique , usitée dans les aules , après que les Romains y eurent établi leur domination. Les rapports de cette écriture avec la romaine des manuscrits et des actes sont si frappants, qu'on prendrait Tune pour l'autre, si Ton n'en étudiait sérieusement les différences. La rareté des manuscrits en ancienne gallicane cursive ne nous a pas permis d'en distinguer plus d'un genre.

$2, BerituTê ourrive méravingtenne ou praneo-gallique

desrms*

L Existence et vétité de la cursive mérovingienne , démontrée par les manuscrits. — L'écriture cursive , appelée mérovingienne ou franco-gallique, n est autre que l'usuelle romaine ou romano-^allicane plus ou moins altérée. Les antiquaires, qui la regardent mal à propos comme une écriture barbare, sont forces d'avouer que plusieurs de ses caractères sont purement romains (1^95).

S'ils eussent comparé les figures et les liaisons de l'un et de Tautre caractère cursif , ils en eussent bientôt aperçu l'identité , à quelques différence {>rès, qui n'en changent point la forme essentielle.

Maleré tous les efforts et les vaines subtilités des PP. Hardouin et Germon Jésuites , Sour fiméantir, ou du moins pour rendre outeuse et suspecte l'écriture cursive mérovingienne, les savants d'Italie, de France, d'Allemagne et d'Angleterre , qui ont écrit sur la diplomatique depuis dom Mabillon, ont reconnu que ce caractère compliqué a eu oours principalement sous nos rois de la première race. Ehl pourrait-on révoquer en doute l'existence , l'antiquité et la certitude de cette écriture cursive, sans introduire dans l'histoire et la religion un pyrphonisme affreux? En combien d'anciens maouscriis cette cursive n'est-elle pas con-

(1495) JoNTANiNi , Yindic, diplom,^ I. i, c. 8, p^ d5.

(1496) Mafféi, Opuscol, eccies.^ tabul. iv, d. 19, Î2, p. 61, col. 2, p. 86.

(149*7) De re diplom. supplem. p. h.

(1498) MAsa. , Iter. itaiic. ^ part, i, p. S16. ^1499) EcKBâRD , Commentar. de rébus Franc, orient, , t. i , p. 346.

(1500) Ald. MANffT. , Epist. ad Alois, Sénat,

(1501) Le P. Germon (a) gonlient que récriture de ce manuscrit est différente de la mérovingienne ; parce qu'elle est entremêlée de lettres majuscules capitales et onciales, quHl appelle romaines. De plus, cette écriture ne lui semble pas si compliquée que celles des diplômes. 1® Â la vérité les litres et quel-

aues lignes sont en lettres capitales mêlées d'onciales. fais cela empêche-t-il que le texte ne soit en véritable cursive mérovingienne? Est-il une seule charte francogallique, oà Ton ne trouve plusieurs lettres romaines , au moins du genre cursif? S« Il y a plu • sieurs sortes d'écritures mérovingiennes. Les unes

signée? La bibliothèque du Chapitre de Vérone en possède plusieurs écrits en ce caractère (1'(^%J. Celle de Luxeu montre un Lectionnaire gallican , dont l'écriture est précisément la même que'celle des diplômes mérovingiens (1497). Le monastère de Bobio, dont les plus grandes richesses littéraires ont passé dans la bibliothèqne ambrosienne de Milan, conserve encore VBxposition de la foi catholique par saint Jérôme , en caractère mérovingiens (1498). C'est cette môme Exposition que le P. Gamier, Jésuite, a publiée sous le nom de Rufin, dans sa dixième dissertation sur les ouvrages de Marins Mercator. La cursive mérovingienne avec toutes ses liaisons , ses angles et ses complications perpétuelles, a été mise en usage chez les Allemands (1499). Wàlter en a publié un beau modèle dans la première table de son Lexicon diplomatique. Ce modèle est tiré d'un ancien manuscrit , contenant les Sermons ou Homélies de saint Augustin.

Les lettres de Pline, que le sénateur Aloïsius , ambassadeur de Venise, emporta de France, et dont l'écriture était si différente de la moderne qu'il était impossible de la lire sans s'y être longtemps exercé , en quels caractères étaient-elles émtes, si ce n'est en franco-galliques ou mérovingiens (1500) ? Un nombre de manuscrits des bibliotnèques du Roi et de Saint-Germaindes-Prés, qui ont passé par nos mains, prouvent démonstrativement que cette écriture cursive était ordinaire en France aux vu* et viii' siècles. On la voit dans le Grégoire de Tours (1501), donné par Joli à la catnédrale de Paris et déposé depuis peu dans la bibliothèque Royale. On la voit dans le Gennade de l'abbaye de Corbie, aujourd'hui de Saint-Germain des Prés (150^. Les lettres mérovingiennes en sont absolument semblables à celles des diplômes du vir siècle. Cependant on y trouve des lignes, des mots et des moitiés de mots en lettres oneiales au commencement de quelques articles. Les alinéas et même les phrases commencent souvent par une lettre onciale. Et duis le texte on remarque diverses lettres, et même

sont plus liées, et les autres moins et plas claires selon la variété des maius et des tempft. 5<^ Le P. Jésuite est forcé par Tévideoce de convenir ib) que récriturede œ manuscrit et desautresque D. Mabillon lui oppose, approche beaucoup de la onérovingienne des chartes. Mais le déflaïut de date dans ces manuscrits lui sert d*échappatoire. Si c*est unerais«m pour dégrader les manuscrits, c*en est fait d'un irésr

grand nombre des plus beaux et des plus précieux des ibiiothèques du Pape, de Tempereur , du roi de France, etc. , et de toute FEurope. Si les manuscriu aiârovingieas , dont on accable notre chicaneur, eussent porté des dates, alors il se seraitretoamë du côté deslaHissaires^quireviennentsanscessedans ses dissertations. J>^ imposteurs , aurait-il dit» ont pu écrire ce manuscritet v ajouter une date pour mieux voiler leur imposture. Supposer que des faussaires ont pris la peine d'écrire exprès des volumes entiers avec des catactères encore plus difficiles à pondre qu'à déchirer : quelles rèvenes t (1502) Manuscrit de Saint-Geimain^ 03^

[b) Discept t, p. é^tJSfk

PAL£;06RAPHIE.

des syllabes et des mots d'écriture minuscule. A cela' près, tout est en cursive mérovingienne des pins difficiles; preuve évidente que trois çenres d'écritures avaient oours sous nos rois de la première race.

Outre les manuscrits entièrement ou presque entièrement écrits en cursive franco-gallique, il y en a un grand nombre dont quelque partie est en ce caractère. Tels sont les manuscrits Wk& et 1311 de la bibliothèque de Saint-Germain des Prés , dont plusieurs portions considérables offrent une véritable cursive mérovingienne. Elle remplit quelques cahiers du manuscrit royal 2W4.> A. On s'en sert quelquefois en marge dans le manuscrit du roi, 256, pour marquer le dimanche auquel un évangile appartient. Dans le beau manuscrit d'Origène, dont M.de Harlai flt présent en 1710 à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, on rencontre souvent des notes marginales en cursive franoo-gallique. Par exemple au sixième feuillet on a écrit de la sorte ce sommaire : De eos {ei>] qui baptizantur^ alii in dulcedine gratine stent {stant) : alii in amaritudîne peccatorum mergantur (merguntur). Le manuscrit 758 de la même abbaye présente aussi plusieurs sommaires en cursive mérovingienne. On la retrouve aux feuillets 166 et 169 du manuscrit 936, et dans beaucoup d'autres de la même biblitothèque.

Quel cas pourra-t-on faire désormais de l'érudition ou de la bonne foi du P. Germon, qui bannit des anciens manuscrits les caractères mérovingiens (1503) ?

II. Ecriture cursive mérovingienne prouvée par les diplômes. Le P. Germon confondu par ses propres aveux ; commencement et fin de la cursive franco-gallique, — Si des manuscrits on passe aux diplômes en écriture cursive f ranco-gallique , sans parler de ceux que D. Mabillon a publiés, et de ceux qu'on

Sarde dans les archives de Saint-Denis en ^rance , l'église de Saint-Martin de Tours conserve le privilège de l'évêque Ibbon, écrit en ce caractère (ISO/'i). D. Mabillon avait entre les mains la charte de Tabbé Adon, donnée sous le règne de DagobertlII, en faveur de la basilique de Saint-Rerai de Reims. L'abbaye de Saint-Michel, ou Saint- Michel sur la Meuse, possède encore la eliaKe originale du comte Wolfoalde, pour la fondation de ce monastère, écrite sous le règne de Childebert III. Nous avons actuellement sous les yeux l'autographe d'un diplôme de ce roi, en faveur de Leudesinde, abbesse d'Argenteuil. Il y a environ quarante-cinq ans (lue cet4e pièce, jetée parmi nn tas de papiers dans le coin d'une tour de la maison priorale de ce monastère, fut découverte par l'abbé Fleury, auteur de VHistoire ecclésiastique^ et confesseur du roi (1S05). On verra ci-après dans les écrî-

(1506) On peut voir un modèle de celte charte dans les iitacriptions de Doni, publiéeâ par Tabbé €orL CTest un papier d'Egypte de cinq pieds de lon-

tures de la troisième classe plusieurs originaux qui n'ont jamais vu le jour. Or toutes ces pièces sont en caractères franco^alliques.

Si cette écriture n'avait pas été commune dès le milieu du >i* siècle jusqu'au commencement du xi% comment se trouveraitelle dans différentes archives, tant ecclésiastiques que séculières , éloignées les unes des autres? L'église de Ravenne a-t-elle fait fabriquer sur le modèle des chartes franco» galliques la donation faite du temps de Parchevêque Pierre, en écriture toute semblable (1506) ? L'abbaye de Fulde, en Allemagne, qui possède un diplôme en cursive mérovingienne, accordé à saint Boniface, s'est-elle entendue avec les monastères de France, pour inventer un caractère inconnu (1507)? Que peut-on souhaiter de plus, accablant pour les partisans des PP. Germon et Hardouin, que le diplôme trèsmérovingien de Childebert III, de Tan 711, dont l'original se conserve aujourd'hui dans le cabinet du prince d'Henrichemont ? C'est une pièce juridique, qui n'intéresse en rien ni église ni monastère. L'écriture cursive franco-gallique usuelle y paraît avec toutes ses complications et ses entrelacements.

Elle est absolument la même que celle des diplômes de l'abbaye de Saint-Denis, publiés par B. Mabillon. Et l'on nous vantera l'érucfition et les succès du P. Germon, qui révoque en doute si jamais l'on a fait usaee de récriture mérovingienne dans les aiptômes et les actes judiciaires! Incertum est y dit-il (1508), an scriptura merovingica in diplomatibiis instrumentisque juridicis vere locum unquam habuerit.

Mais, jalousie de corps mise à part, quelle raison a-t-il pu avoir pour rejeter plutôt les diplômes mérovingiens de l'abbaye de Saint-Denis, que ceux de toutes les autres archives? Si celles de Saint-Denis ont été maltraitées par ce Père , sous prétexte qu*elles renferment des pièces en écriture qu'il lui plaît d'appeler barbare, pourquoi a-t-il épargné les autres dépôts où l'on en conserve de semblables ?

En vain fait-il tous ses efforts pour rendre suspecte l'écriture cursive mérovingienne (1509). Il se trahit lui-même. De son aveu (1510), il existait une ancienne écriture barbare que des imposteurs pouvaient contrefaire, et c'est celle dont on s'est servi dans les diplômes franco-galliques. Si elle n'existait pas , comment les faussaires ontils pu s'en servir? Si elle existait, ces faussaires ne l'ont donc pas inventée. Si elle existait, rien n'empècne de dire qu'il existe encore des manuscrits et des diplômes en ce caractère. Si elle existait, les objections sophistiques du P. Germon n'empêcheront pas qu'ifs ne soient tous vrais.

gueur et d*un pied de hauteur.

(1507) ScHiNNAT. , nndic. arcfdvH Fl»Uêm.f tab. m,

(150B)Discept. l,p. 53.

]l509) Ihid. , p. 83.

"tmej/Wd., p. 57,58,59,

mCTIoiSNAlRE t>E PALÉOGRAPHIE, ETC.

Mais, dît cet écrivain (1511), il y â eu des faussaires en écriture lombardiquè : il y en a donc eu en mérovingienne. Conséquence fausse et ridicule I On ne saurait rien conclure d'un fait à un autre. Du moins, repli quera4-on, s'il y a eu des faussairesen lombardiquè, il a pu s'en trouver en mérovinfienne. S'il n'est question que de possiilité, quand il n'y aurait pas eu de faussaires en lombardiquè, il pourrait s'en rencontrer en Diérovingienne. Mais de ce qu'il a pu exister des fabricateurs de faux diplômes mérovingiens , il ne s'en suit nullement qu[il y en ait eu. On ne conclut pas du possible à l'acte, à moins qu'on ne veuille déraisonner. Mais de tout ce que nous venons de dire, on conclura fort bien

Sue le P. Germon n'avait guère mieux tudié la bonne logique que la vénérable antiquité.

• L'écriture cursive romano-gallicane dégénéra insensiblement en mérovingienne après le milieu du vr siècle. Mais si la première se soutint encore pendant plus d une centaine d'années, la seconde régna depuis la moitié du vu* jusqu'au temps de Charlemagne. Elle était néanmoins déjà devenue im peu plus polie et moins compliquée dès le rème de Pépin le Bref. L'écriture allon-

§ée de la première ligne et de la signature es diplômes fut mérovingienne jusqu'à Charles le Chauve. Les manuscrits et les chartes des ix' et x' siècles offrent encore beaucoup de vestiges de la cursive mérovingienne, dont les espèces sont fort variées. Celle du vu* est indistincte, serrée, obscure, compliquée, et par conséquent très-difficile à déchiffrer.

Aht. III. Ecritares corsives lombardiqae, carolioe et

saxonne.

^i. Écriture ewrswe lombardiquè.

On distingue sans peine dans les manuscrits et les diplômes diverses sortes d'écfritures cursives lombardiques, l'ancienne et la nouvelle, la franco-lombardique et celle qui tient de la minuscule.

I. Cursive lombardiquè ancienne^ approchant de la franco -gallique : autre lombardique plus récente^ tris-serrée et fort obscure. — Les bibliothèques d'Italie et d'Allemagne ont des manuscrits dont les caractères lombards sont presque les mêmes que ceux des diplômes mérovingiens. Cette ancienne cursive lombardiquè constitue un premier genre.

La première est anguleuse, serrée, compliquée et indistincte. La deuxième espèce de cursive lombardiquè approchant de la mérovingienne est aiguë, fort anguleuse, tortue, distincte, à queues superflues» et ses hastes sont terminées en masses.

(15il| Discept. , p. 60.

(1512) Litterœ emm, dit Struve (a], quitus in fnthlù cis utebaniur monumentis , temportbus CaroUngidê erant tenueny inlongius deduciœ et pressœf quorum forma in plerisque cum minutie barbaris (id est merovingicis) conveniebat ^ nisi quod sint longiores

\ (a) J)0 criur. mss-, § 35, p. 57.

La troisième espèce de cursivd îoiùbardrque, tirant sur la mérovingienne,! est distincte et serrée

Une écriture plus récente, très-serrée 0L des plus obscures, caractérise le second genre de cursive lombardiquè.

IL Cursive lombardiquè mêlée de mintff* cule, — Les écritures lombardiques minusculo-cursives constituent un troisième genre, auquel nous rapportons les trois espèces suivantes.

§ 2. Ecriture eurnve earoVme des manuserits,

L Plusieurs sortes de cursives Caroline^: leur exislenee et leur vérilé prouvées far les anciens manuscrits. — L'écriture cursive Caroline, qu'on peut appeler gallicane ou française du moyen Age, tient beaucoup de la méiovingienno sous les premiers rois carlovingiens, et particulièrement sous Pépin le Bref, les deux Carloman, et Charlemagne dans ses premières années. Sous ce point de vue, nous pouvons bien la nommer mérovingico-caroline. Elle s'allongea et devint plus maigre, plus serrée et plus polie sous Louis le Débonnaire (1512). Les livres et les diplômes de son temps sont de meilleur goût qu'auparavant. On trouve les chartes mieux écrites en Italie depuis, qu'avant la conquête qu'en fit Charlemagne (1513). Depuis le milieu du règne de ee grand monarque jusqu'après celui de Charles le Chauve, la cursive C'aroline contracta beaucoup de ressemblance avec notre itaUaue, quoiqu'elle fût encore un peu mêlée de mérovingienne (15U). Elle devint tremblante, surtout dans ses grandes lettres allongées. Ce ne fut qu'au x* siècle, si l'on en croit D. Mabillon (1515), qu'elle prit cette forme. Hais dès l'an 788, les lettres tremblantes se font voir dans le célèbre rouleau ou recueil de donations de l'église de Salzbourg, écrites par l'évêque Arnon, la même année qui vil Charlemagne maître de la Bavière (1516).

La cursive Caroline frisée commença à se .multiplier au x* siècle. On en trouve de pochée, et tirant sur la lombardiquè, dans un diplôme de Charles le Simple de la Bibliothèque du roi n* 23. Le caractère cursif carolin parait dégénéré, tortu et recoquillé dans quelques diplômes de Hugues Capet« L'écriture cursive de la date d'un grand nombre de chartes carolines d*Allema^e et de France tient beaucoup de la minuscule (1517). Elle est aussi différente de celle du texte que la lombardiquè l'est de la mérovinj^ienne. Elle peut bien par conséquent constituer une espèce à part. Hais il ne s'agit pas à présent de la cursive des diplômes et des actes publics. Notre plan demande que nous fassions seulement connaître ici celle des manuscrits. Démontrer l'existence de ee

eurvilinecSy et rotundœ, ^1515) Leblanc, traité des mon.^ p. 86. (1514) De re difflom. p. 46. • (mn)lbid.,p.m.

(1516) Chronic. Godwic, p. 57

(1517) Heuiian., Commenlar.de re (/fp/.,t.!., p. %m

SBS

I^ALËOGRâPHIE.

caractère dans ceux dôs vm* et ïx* siècles, c'est mettre à couvert du côté de l'écriture tous les diplômes carloviugiens, que le P. Germon (1818) n'a guère plus épargnés que les franco-galliques.

Ces écritures cursives carolines des manuscrits, nous les avons réunies sous trois genres.

II. Cursive Caroline serrée j haute j gigant^squty enclavée^ mélangée et tremblante. — Des lettres cursives pressées , allongées , gigantesques, singulières et mêlées avec d'au très de diverses sortes, donnent le premier genre.

III. Cursive Caroline petite y tenant de la mérovingienne et de la lombardique; cursive plus récente et tirant sur la minuscule. — Les écritures cursives carolines, petites et qui tirent sur la mérovingienne et la lombardique, constituent le second genre de la présente subdivision.

Les manuserits surtout du ix* siècle fournissent beaucoup de cursives carolines tirant sur la minuscule. Elles constituent le troisième et dernier genre.

§ 5. Ecriture cwrûve saxonne dès mu.

Ce serait perdre le temps que d'igouter de nouvelles preuves à celles que Godfroi de Bessel , Georges Hickes et Wanley ont données de la vérité de l'écriture cursive saxonne. Contentons-nous d'en faire connaître les genres principaux.

Les écritures cursives saxonnes triangulaires, grandes et petites, constituent le premier genre.

Les cursives saxonnes aiguës et peu liées forment un deuxième genre, composé de six espèces, dont les différences sont sensibles.

Divers mélanges d'écritures cursives an-

{jlo-saxonne et mérovingienne caractérisent e troisième et dernier genre.

Aet. IV. Kcriures eoniTes visigoibiqne, capôUenne et 7 figures

gothique nodeme des inaoQScrlts.

§ i. Écriture cwrme wisigoUtlque^ des mss. , •>

Les écritures cursives visigotiques, comprises dans la septième subdivision, sont peu nombreuses, parce que les manuscrits en ce caractère sont rares en France.

Les écritures cursives visigothiques ne forment qu'un genre, compose de trois espèces seulement.

La première est espagnole , et tient de la minuscule et cursive romaine. Elle est peu liée et peu distincte. Ses traits sont allongés, massifs et tantôt tournés vers la droite ou la gauche, et tantôt perpendiculaires.

La deuxième espèce de cursive visigothic|ae est française, aiguë, massive, presque indistincte, ouverte et récrite dans ses a.

La dernière espèce tire beaucoup sur le mérovingienne. Elle est de plus très-liée,, anguleuse et mêlée d'onciale.

§ 2. Monture euxnve capétienne des nus. La huitième subdivision des écritures

capétienne. Elle tient beaucoup de la caro* line, sous les premiers rois de Fr«ice de la troisième race, et même pendant une partie du règne de Robert. Au xi' siècle efie ne diffère de la minuscule des manuscrits que par ses traits allongés, aigus et fleurohnés, et c'est dans les diplômes qu'il faut la chercher. Alors la belle minuscule capétienne pénétrant car tout, et même jusqu'en Danemark à la tm du xn* siècle, semble avoir été substituée à la cursive, tant celle-ci est rare dans les monuments de ce temps-jà. On ne peut pourtant pas dire absolument qu'elle se soit perdue. On trouve dans quelques manuscrits des écritures minuscules qui ont des queues prolongées dans les f g h m n p q r Sy et qui par conséquent peuvent passer pour cursives. Il s'en éleva une au xiu* siècle d'un goût nouveau, et qui ne tarda pas à donner naissance au gothique cursif, c'est-à-dire à la plus bizarre et la plus mauvaise de toutes les écritures.

Les cursives capétiennes ne forment qu'un genre, auquel se rapportent les six espèces suivantes, presque toutes tendant au gothique.

La première est extrêmement petite dans le corps de ses lettres, et très-allongée dans leurs queues perpendiculaires et leurs montants diversement terminés. L'écriture cursive capétienne de la seconde espèce est anglaise , basse , confuse et chargée d'abréviations nouvelles. La troisième espèce de cursive capétienne est à longs traits arrondis, conjointe en quelques lettres , et approche beaucoup de la minuscule. La quatrième espèce est petite, hérissée d'angles et de pointes, et ses r ont la forme de z. La cin-* quième espèce n'est pas plus liée que la minuscule, mais ses montants et ses jambages sont le plus souvent recourbés vers la droite, r les C majuscules 7 sont accompagnés de i figures bizarres, et l'R est tranchée et res-

semble à 1'/ antique*

La dernière espèce de cursive capétienne est chargée de traits superflus.

§ s. Bcritures cwiives gothiques modernes^ tirées des

manuscrits.

L'écriture un peu liée, et pleine d'abréviations, qui prit naissance au xin* siècle, dégénéra en gothique affreux dans les suivants. Les bibliotnèques , les greffes et les dépôts publics et particuliers sont remplis de manuscrits de registres et d'actes écrits en ce mauvais caractère, souvent plus difficile à déchiffrer que les anciennes écritures cursives prétendues barbares. Ce gothique moderne est partagé en deux genres. Le premier est caractérisé par des écritures minusculo-cursives aiguës, abrégées, conjointes et confuses.

Les écritures usuelles, obscures, hérissées d'abréviations et purement gothiques, constituent le second genre.

Dans une de ses variétés ou espèces, on voit une mauvaise écriture abrégée, à tr{ut8

cursives tirées des manuscrits renlerme la. ^^ bizarres, superflus, à lettres horriblement

{i518)'X)Mcep(. I, p. 12; discept. 2, p. 519.

défigurées et confondues les unes avec les autres. La Biplomalique représente un modèle où on lit : Votre petit serviteur Bertran du fhjtesclin, 6*est la souscription d'une lettre adressée à M^ le duc d'Anjou et de Touraine. Cette pièce originale, qui nous a été commnniquée par dom Ursin Durand, est entièrement écrite d'une même main sur du papier de chifltes. Nous serions portés à croire que c'est l'écriture de Duguesclin, si son ktâtorien ne nous apprenait que ce héros ne savait ni lire ni écrire (1519) ; il se sera donc servi d'un clerc ou secrétaire, comme faisaient les grands seigneurs, dont la plupart ne savaient pas même signer leur nom. La lattre ne porte la date que du mois et non de l'année; elle est plîée à peu près comme Ton fiiit aujourd'hui, et le cachet imprimé dessus, on oii'e rouge, en fait toute l'authenticité. •om Morioe l'a publiée (1520) sur une copie de la chambre des comptes de Paris. Elle

{leul servir à faire connaître l'orthographe et é langage vulgaire du xiv* siècle.

La dernière espèce de cursive gothique pure est grosse, conftise et compliquée.

La vérité des anciennes écritures cursives doit paraître aussi claire que les rayons du soleil. Les manuscrits en démontrent si évidamment la vérité et l'existence chez toutes les nations du rit latin, qu'il ne reste désormais nulle ressource à ceux qui voudraient encore les regarder comme suspectes. Mais

aUQ) ai$u de^ Ihk^Mêciin, édit. de Menard,

comment faut-il juger de la ressemblanee entre ces écritures? Est-ce par la eomparai* son des espèces ou par leurs rapports génériques ?

S'il n'y avait qu'une espèce d'écriture romaine, une écriture mérovingienne, une écriture lombardique, une écriture saxonne, on pourrait traiter de fausse toute écriture ou romaine, ou mérovingienne, ou lombarde, ou saxonne, qui ne leur ressemblerait pas autant qu'une espèce d'écriture du môme temps a coutume de se ressembler, car il fbut toujours supposer diversité de mains; mais dès qu'on est obligé d'admettre multî-

i>licilé de genres et d'espèces, suivant la difërence des siècles, et qui plus est, dans le même lieu, dans le même manuscrit, de la même main, on ne doit plus exiger que toute écriture romaine, mérovingienne, etc., ressemble précisément à certaine espèce de romaine, de franco-gallique, etc.; il suflit qu'elle soit conforme à quelque autre également romaine, mérovingienne, etc. Or, comme on ne peut pas dire qu'on ait encore épuisé toutes les espèces existantes de chaaue sorte d'écriture, ili même peut-être tous les genres, on ne doit pas plus exiger la ressemblance rigoureuse de telle espèce d'écriture donnée avec telle autre du même genre, que Tidenlité d'écriture entre celles des diverses mains de la même espèce.

(1520) Mém, pour Hrvir à (*Hi$t., de Bretagn,^ Gt 2», ool. 2d^, wèé

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