‹ Dictionnaire de paléographieChapitre 88 sur 136 · II. Ecriture cursive des diplômes Caroline · texte numérisé non relu

II. Ecriture cursive des diplômes Caroline

blement avoir apporté bien des changements et des variétés dans le style et les formules. 11 fallait plutét comparer le dipléme de Childebert avec les actes romains et gaulois du vi* siècle, et se souvenir que nos premiers rois n'avaient point d'autres notaires ou écrivains que les anciens habitants des Gaules, devenus leurs sujets. Se défier de la eharte de Tabbaye de Saint-Germain des Prés , parce qu^elle marque que Téglise de Saint-Yincent était proche des murs de la ville de Paris , pendant qu^elle en était éloignée d'environ un quart de lieue , c'est ignorer la signification de prepe^ dont on s'est souvent servi pour désigner la situation de lieux beaucoup plus éloignés. Ce serait sans preuves et contre toute ^ vraisemblance, qu'on supposerait qu'au vi* siècle il n'y aurait -point eu de pont pour arriver à la cité de Paris. Celui dont il est fait mention dans la charte de Childebert ne peut donc la rendre suspecte. Au reste, c'est avec le plus parfait désintéressement que nous avons cru devoir en prendre la défense. Ici, comme dans tout notre ouvrage, nous n'avons pour but que l'exacte vérité.

(16H\ Hisl. de Parùy lom. I, part, ii, p. 419.

(1612} Charte originale de la BibHolh. dn roi, n*IO.

PALEOGRAPHIE.

itjngue y pressée^ àqueue$ et montanis excédants. — Le caractère distinctif le j^lus uniyersel des écritures cursives carolines, c'est d*ètre hautes, serrées et armées de traits aigus. C*est par là que nous distinguons le deuxième genre des écritures diplomatiques dont on s'est servi dans les actes de nos rois de la seconde race.

La .première espèce est demi-distincte, inclinée vers la çauche, oblongue, maigre et pressée. Une écriture cursive excessivement allongée, indistincte, et dont les montants prolongés sont courbés et terminés en pointes dirigées vers la droite, distingue la deuxième espèce de Caroline du second genre. La troisième espèce d'écriture cursive Caroline allongée et armée de traits aigus est belle, demi-distincte et serrée. Nods donnons un modèle de cette dernière espèce (1613). C'est la fin d'un diplôme de Charlemagne, de Tan 801, qui se lit ainsi : Eê ut haec nostrae largitionis atque donatio^ nié auctoritas perpetuam obtineat firmiialem mkanu propria subter eam firmavimus el anuli nostrt inpressione adsignari jussimus. — Signum (monogramme Ide Karolus) Karoti glorississimi régis.

Ait. ni. Eerilore cursive, minuscuîe et goibique des diplAmes des rois de Praace de la troisième race.

Les caractères les plus ordinaires employés dans les actes de nos rois depuis Télevation de Hugues Capet au trône, sont Je cursif , le minuscule et le gothique. Les lettres tant cursives que minuscules allongées figurent régulièrement à la tète des diplômes jusqu'à Philippe -Auguste. Depuis son règne ces lettres longues prennent la forme des minuscules dans plusieurs diplômes. Les signatures empruntent le caractère cursif allongé, quand elles ne sont pas en

{petite minuscule ou en capitale jmélée de ettres onciales. L'écriture cursive capétienne n'est autre que la Caroline dégénérée. Dès le temps du* roi Lothaire elle n'était déjà plus reconnaissable. Elle ne passa pas le règne de Robert. On lui substitua dans le XI* siècle une minuscule qui ne diffère de celle des manuscrits que par ses montants fleuris et ses queues prolongées. Cette minuscule diplomatique se perd dans le gothique dès le commencement du xiii' siècle qui est le terme des beaux caractères.

I. Écriture cursive capétienne tenant de la earolincy conjointe^ serrée^ inégale^ bouclée^ à traits superflus et brisés. — Le premier g^enre de ces écritures capétiennes se distingue par une écriture cursive d'un nou- Teaugoût, quoiqu'elle tienne encore de la Caroline demi-distincte. Plusieurs de ses lettres sont coqjointes, entortillées et serrées, d'autres terminent leurs montants en pointes élevées ou en boucles. Beaucoup de traits brisés et superflus défigurent cette cursive , dont les o, les r, les «, les t sont singuliers. Nous en donnons pour modèle le commencement et la fin d'un diplôme de Hugues Capet, de l'an 988, en faveur de l'abbaye de

(1613) Voyez Plancha de Paléographie y ii' 30.

Sainte-Colombe de Sens (1614). La figure placée à la tête renferme deux fois rinvocation cachée In Xti noe. Ensuite le diplôme commence par cette invocation formelle : Innomine Domini Dei œtemi Sahatoris nostri JesU'Christi 9 Hugo divino ordinante clementia Francorum Rcx. Si utilitatibus locorum divinis cultibus tnancifatorum servorumque Deinecessitalibusin eisdemdegentium orem (aurem) nostrœ Celsitudinis impendi* musj regium procul dubio exercemus munus ac per hoc ad œtemam beatitudinem capes* sendam omnino venturos nos minime dubiiamus. Qua de re notum esse volumus omnium sanctœ Dei ecclesiœ nostrorumque fidelium ,

quod adientes Quodut verius credatur

et diligentius conservelur manu propria subterfirmavimuSy et anuli noslri impressione signari jussimus : Signum Hugonis gloriosissiMi l\EGis.' Datum anno primo regni ejus. V. Nonas Junii. Signum Rotberti ejus filii ET Régis. Actum in Dei nomine Compendio féliciter. Au-dessous du monogramme : Rotgerius notarius régis scripsit et subscripsit. Remarquez que la date est en grands caractères. Le sceau est à côté du subscripsit dont la figure représente une ruche. Le parchemin a été coupé en croix pour insérer la cire. Ce diplôme original a vingt et un pouces de hauteur et vingt-trois de largeur. Les lignes sont éloignées de près d'un pouce. Les queues des b dh /approchent beaucoup des lienes supérieures et quelquefois môme y touchent. La première a sept lignes d& hauteur ; celle de la signature du notaire , six, celle du roi, cinq, celle de la date , cinq, et de Robert, fils du roi, quatre. Il n'y a que la première ligne qui soit renfermée entre deux horizontales, toutes les autres sont seulement appuyées sur une. Toute l'écriture grande et petite est de la même main. L'écriture tient du siècle précédent, o(i les t sont quelquefois en deux morceaux. Celle-ci a de singulier d'être fort tortue , et d'être recoquillee dans quelques-unes de ses grandes lettres.

Deui monogrammes dans le même di-

Elôme ' méritent d'être remarqués. Celui de [ugues Capet est carré et en croix tout à la fois. Notez 1* le signum du roi sur la dernière ligne , quoiqu'il reste un espace blanc au bas où parchemin ; 2" les mono^ammes

8 lacés après toute la formule de la signature; ° le datum et Yactum en longs caractères sur deux lignes différentes ; &** le datum sur deux lignes, dont la dernière ne reprend pas à Talinéa, mais est placée sous datum. 5° Au lieu de régnante^ etc., ou de regni j gloriosissimi Regisy on dit simplement regni ejus. G"" La date du jour du mois est mise après celle du règne. T Dans la signature du notaire, nulle mention du chancelier ni de personne pour qui il signe. S"" Au lieu du simple titre de notaire, on ajoute notaire du roi. 9° 11 exprime qu'il a écrit et souscrit l'acte, sans nulle mention de vérification. 10^ Le subscripsit est non-seulement exprimé dans la ruche, mais avec des lettres enclavées et

(161 4) Voyez Ptanches de Paléographie, r 57.

SM

mises ae haut en bas. Il" in Dei nomint précède le nom du lieu, i^ Observez Tomission de Yamen. Ces remarques prouvent

Sue le règne de Hugues Capet apporta bien es changements dans la manière de dres-* ser les diplômes. Celui dont nous venons de faire la description» remet au monastère de Sainte-Colombe un tribut qu*il appelle vicariaê ilUcitaSj ei que les rois avaient exigé jusqu*alors. On sait jusqu'à quel point Hugues Capet favorisa les monastères qu'il rétablit dans lei^r ancien état, en leur rendant la liberté naturelle de se choisir des abbés réguliers.

II. Ecriture minuscule diplomatique^ mastive et fleurie; diplôme curieux et intéressant pour Thistoire de Louis le Gros et du Par^ (ement de Paris. — Le caractère minuscule constitue le deuxième genre d'écriture diplomatique capétienne.

La première espèce est massive, fleurie , mêlée de lettres gothiques et conjointes. Le modèle que nous en donnons est tiré d'un diplôme original de l'abbaye de ïiron au Perche. C est un des plus authentiques et des plus précieux monuments du règne de liOuis le Gros. On y trouve des traits historiques qu'on chercherait en vain dans les auteurs du xir siècle. Nous ne connaissons point de monument plus ancien, où la dignité» la prééminence et la souveraineté de la Cour du Roi ou du Parlement de Paris soient plus disertement exf)rimées.Les antiquaires verront avec plaisir les caractères dont 'on s'est servi pour écrire l'autographe dont il y a des copies à la chambre des Comptes» et dans le nouveau Gallia Chriêtiana (1615). Voici le contenu de notre modèle (1616): /n nomme sanctœet individtMe TrinitatiSf Patrie et Filii et Spiritus sancti , (jmen. Cum regalis prœœminenciœ semper si œcclesias prœcipuumque religiosa loca a no" œiis prœservarcBf ac libertatibus ac prieile^ giis aotarœj quitus mundanos fluetus évitent^ ta pr opter et hxis motus Ego nludoviçus Dei dono Rex Francorum humilis^ affectione per* valida^ qitam ad michi devotissimos monachos Tironenses {habeoper menoviter fundatos).,. lias autemnoslrarum perempnitatum et regiarum largicionum œdiciones nemo infringere quomodo libet audeat infuturum. Qui autem secus egerity indignaeionem et foris factum regiœ Celsitudinis se noverit incurrisse. Unde in supradictorum omnium robur et testi" monium prœsentes sigilli regii auctoritate et nominis nostri karactœ communienda duximus. Acta sunt hœc in prœdicto monasterio

(1615) Gall. C/irtfl.» t. VllI, p. 520.

(1616) Voyez Planches de Paléographie, n° 58.

(1617) La chose la plus singulière que dous ayons remarquée dans ce diplôme, c'est que le sceau fut couvert de trois enveloppes aussitôt qu'il fut donné. La première et la plus intérieure est d'une étoffe de soie blanche et brune. La seconde est un gros canevas. La troisième d'un cuir fort encore assez blanc. Sur le côté plat on a mis la notice de la pièce dn grosse écriture, a peu près semblable à la première Upne du texte. Xa ressemblance des traits est A grande, qu'on a sujet de croire qu'elles sont de la

Tironensi secundo idusAprilias^ anno graei:z millesimo centesimo vicœsimo^ astantibus nobiscum in ipso monasterio^ quorum nomina subtitulata sunt et signa. S. Anselli Dapiferi f. S. Hugonis Constabularii f . S. Gilberti Buticulariii.S.Widonis Camerarii. Dataper manus Stephani cancellarii. Immédiatement au-dessous du monogramme qui exprime LuDoviGus, le bas du parchemin blanc s'avance en forme de pyramide tronquée. On voit cinq ouvertures au repli du parchemin, pour faire passer un ruban en double d'un pouce de large et de neuf pouces de longv auquel le sceau est suspendu. Ce ruban tressé semble avoir été fait à l'aiguille sur un fond de soie. Il est brodé et broché de soie rouge et blanche. La seconde est couverte de fil d'argent. Ce ruban fprt épais passe dans le milieu du sceau , rond, fort grand , sans contre-scel, et tout à fait semblable à celui que D. Mabillon a publié dans sa Diplomatique^ excepté l'inscription que son dessinateur a mal figurée. On ht sur le sceau de la charte de Tiron , Ludovigos Di eaA Frangoeum Rex.

Dans ce diplôme de l'an 1120 (1617} les â sont marqués de deux accents. Col usage est donc beaucoup plus ancien que le xiii* siècle , comme nous l'avons prouvé ailleurs; quoique nos plus savants diplomatistes Talent fixé a cette époque. Les m et les e sont tous indistinctement^représentéspare. Dans cette charte le roi Louis VI se dit le * fondateur de l'abbaye de Tiron, pour laquelle il marque une affection toute particulière. Il lui accorde les

f)lus grands privilèges en reconnaissance de a guérison qu'il avait obtenue parles prières du vénérable Bernard, abbé de Tiron, dan» une maladie incurable. Il exempte tous les prieurés, dé{)endances et vassaux du monastère, de la juridiction de tous autres juges quede ceux du chef-lieu; en sorte qu'après le jugement rendu à Tiron, ils ne soient tenus de répondre immédiatement que devant les grands présidents à Paris et ailleurs , où la cour éminente et suprême du roi résidera : Post ipsius monasterii Tironensis curiam^ coram

MAGNIS PRiESIDENTIALIBlJS NOSTRIS PaRISICSTEL ALIBI, UBINOSTRAPEAGELLENS ET SUPREMA RE- GALIS CuRiA residebit.Le terme Prœsideniiaksj inconnu à Du Cange et à ses éditeurs , désigne les présidents du parlement les plus élevés en dignité. Cette charte revient à ce qu'on appelle lettres d'évocation et de sauvegarde. SiBruxelle en avait eu connaissance, il n'aurait pas dit que la plus ancienne évocation est celle que Phihppe - Augustt

même main. Voici Tinscription : Hludovici FraMOH rum Régis de Cardia et alit$ libertatibus. Les grands officiers apposent leurs croix de différentes formes. Le monogramme pourrait bien être de la main du roi ou de son chancelier, quoique ïi et Vs parais^ sent de la main de Técrivain. Les points et les abréviations sont remarquables. Aux extrémités du diplôme, on voit des points perçant pour la direcUoa des lignes. Ces lignes sont tirées avec le crayon de mine de plomb. Celles qui accompagnent la grande écriture sont doubles.

PALEOGRAPHIE.

accorda à l*abbaye de Fécacbp.Pour reveair à uotre diplôme, Louis le Gros y déclare le bienheureux Bernard et les abbés de Tiron «es successeurs, membres de sa maison 9 de sa famille et de son conseil, et leur en accorde tous les privilèges. Il fonde et dote le monastère en considération de l'un de ses fils, cni'il 7 avait offert à Dieu, IntuUu siquidem aukissimi filii nostri in ipso Tironensicœnobio per nos Deo oblati. Ce fils que le roi son père consacra à Dieu dans l'abbaye de Tiron, pourrait bien ètreHugues, dont Vhistoire ne nouê apprend rien de particulier (1618).

lU. Ecriture minuscule élégante^ semblable à celle des manuscrits. Le roi Philippe i", autorise et confirme les chartes en y marquant des croix ou en y faisant apposer son sceau. — Nous^ avons vu que, dès le viii* siècle , l'écriture minuscule renouvelée était emplovée dans les diplômes. Ce qui fut rare alors aeviut ordinaire pendant les xi* et xii* siècles.Telle qu*on la voit dans les manuscrits, telle on la trouve dans une multitude d'actes, à l'exception des montants, qui spnt quelquefois un peu plus allongés.

Cette belle minuscule, accompagnée de lettres capitales blanches fleuronnées, caractérise la deuxième espèce des écritures di- Elomaliaues capétiennes du second genre.

e modèle que nous en avons fait graver (1619) contient les prmiers mots, la date et les sigqatures d'une donation faite à Samt-Benoit sur Loire en 1071 par Hugues de Piviers, chevalier, fils de Tescelin. La première ligne est en lettres capitales blanches semblables à celles du commencement :

Omnis HOMO quamdiu hac fragili carne

ActumFloriaco publice anno nb Incarnatione Domini millesimo lxxi régnante Philippo anno x. Signum Philippi Régis \.Segnum t Hugonis filii Tescelini Petuerensis militisy qui hanc donationem fecit. Signumi Alberti /ra^ tris Huaonis et Milesindis matris eorum. S. Tescelini filii Alberti. VS du commencement de ceiie dernière signature étant tranchée tient lieu de croix. Hugues et Albert son frère offrent au roi Philippe I" l'acte de donation, afin qu'il le confirme par sa signature et par l'apposition de son sceau, comme il est dit expressément dans la charte : Vt autem hœc carta omni tempore Rrmior habe--

(1618) Daniel , Hist. de France, édïi. de 17iâ, t. II, p. 562.

!1619) Voyez Planches de Paléographie, n» 39. 1620) EcKHARD, Comment de rébus BWanc. orient., I, p. 734.

(1621) Annal. Bened., t. V, 1. Lxiii, n» 57, p. 24.

(1622) Ibid., p. 102; Beslt, p. 365.

(1623) Ceci doits*entendre du siège de Dol, comme il parait par une charte (a) de Bartliélemy, abl)é de Marmoutier, datée de Fanuée et du temps que k roi PiMlippe allait en Bretagne pour - combattre le roi (TÂngleterre, jfui assiégeait Dol. Fa- €lum est hoc in anno et in hsis diebus, quando ibat Rex Franciœ Pfnlippug in Éritannia ad pugnandum centra Regem Anglorùm,qu% ibi obsidebat Dotum car flmm. Philippe et Alain Fergent firent lever le siège au duc de Normandie. La gloire de celte action ne

(9; Vs te diplmu.. 2* édit% p. 610.

retur^ ego Hugo et frater meus Albertus Do-' mino. nostro Philippo Régi eam obtulimus ad corroborandumy qui libentissime eam dignes tus est corroborare et sui sigilU authoritate et proprii nominis subscriptione. On voit dans ces lettres le signum du roi Philippe avec une croix. Pour s'épargner la peine de dresser une charte de confirmation , les princes et les prélats se contentaient souvent d'apposer leur sein^ ou leur sceau au bas du titre qu'ils voulaient confirmer. On a des exemples de cet usage dès le ix* siècle (1620), et même longtemps auparavant. Il devint tout commun sous les règnes des rois Robert et Philippe I". lorsque ce dernier (1621) figura le signe de la croix au bas d'une donation faite par Guillaume de Mantes, Simon de Neaufle était assis au pied du trône, et un moine nommé Erchenalde tenait la charte entre ses mains. Ces simples croix avaient souvent la même autorité que le sceau. Le même roi Philippe (1622) étant allé à Poitiers en 1076, pour demander du secours à Geofroi, duc d Aquitaine, contre Guillaume, duc de Normandie, roi d'Angleterre, qui faisait le siège d'une place en Bretagne, ne marqua qu'une simple croix au bas du diplôme pour l'authentiquer (1623), parce que, ayant été obligé de précipiter sa marche , il ne s'était point muni de son sceau. En 1106 , le même

E rince étant à Angers confirma tous les iens de l'abbaye de Saint-Nicolas de cette sorte (1624.) ; il ordonna à Etienne, son chapelain ou aumônier , d'apposer le sceau royal à toutes les chartes du monastère, et lui-même marqua des croix sur plusieurs en signe de confirmation. A ces croix le chancelier ou notaire ajoutait le signum avec le nom du roi. Ces signatures postérieures à la date des chartes sont d^autant plus à remarauer, qu'étant devenues fréquentes après le déclin du x* siècle jusqu'à la fin du xii% elles ont causé de l'embarras à ceux qui n'étaient pas instruits des anciens usages (1625).

IV. Ecriture gothique minuscule et cursive des diplômes; charte de Philippe le Hardi. — Les belles écritures diplomatiques des XI' et xir siècles ne furent pas exemptes dé auelaues lettres gothiques. Sous Philippedoit donc pas être attribuée au seul jeune Allain, Sui ne pouvait être alors que novice dans le métier e la guerre. Cet événement étant diversement daté dans les auteurs, les historiens de Bretagne ont profité de cette différence d'époques pour faire oeux sièges d*un seul, et en ont conclu qu un jeune duc de Bretagne avait lui seul mis en fuite le conquérant de TAngleterre.

(1624) Annal. Bened., t.V, 1. lxx, p. 477, n. 99.

(16S5) I Et quant à ce qu'on a dit (c'est un grand ennemi des dipldmes qui parle), qu'on voit quelquefois dans des chartes la signature de personnes qui n'étaient pas encore au monde, ce nest pas toujours une marque de fausseté, parce qu'un* roi, un {>rince, un prélat, auront été priés de confirmer par eur signature un privilège accordé longtemps avant eux (b). »

(6) Eticyclopéd., l. IV, p. 1019, col».

Auguste ce mélange prit le dessus (1626). Alors parurent comme deux nouvelles écritures, serrées, obscures, hérissées de traits inutiles et d'abréviations dégoûtantes. La première est Tancienne minuscule capétienne dégénérée, qui se maintint encore dans une certaine beauté jusqu'à saint Louis, et qui, depuis cette époque jusqu'au renouvellement des lettres, alla toujours en dépérissant. La seconde est une cursive qui paraît tout à fait barbare dès Tan 1226 (1627). Elle ne retient riendes anciennes cursives nationales. Ses jambages excédants sont repliés; ses a et ses d sont courbés de gauche adroite et de droite à gauche ; ses queues inférieures remontent au niveau ou même au-dessus du corps de la ligne; elles sont en crochet et prennentdes formes bizarres. Les supérieures sont tournées en divers sens, tantôt droites, rabattues, pochées ; tantôt doublement et triplement bouclées, soit d'un seul côté, soit de Tautre.

Le gothioue minuscule est le plus ordinaire dans les lettres royaux. Nous en offrons un modèle (1628) dont voici le contenu : Philippus Dei gratta Francorum Rex.

No tum facimus univers 18 Quodut ratum

et stabiiepermaneatinfatururriy presentibus litteris nostrum fecimus apponi sigillum Datum Parisius anne Dominimillesimo ducentesimo septtMgesimo nono mense Augusto. C'est ici le commencement et la Qn des lettres d'amortissement accordées en 1279 par Philippe le Hardi aux religieux Guillelmites de Montrouge pour une acquisition qu'ils avaient faite à Bagneux. Ces lettres royaux sont scellées du grand sceau avec un contrescel parsemé de fleurs de lis sans nombre.

Les planches suivantes donneront plusieurs modèles du gothique cursif dont on se servait en Europe, dans les bas siècles, pour écrire les actes publics et particuliers. La plu-

{>artsont si mai écrits, qu'ils feront toujours a croix de ceux qui n'on^ pas contracté l'habitude de les déchiffrer. Les écritures diplomatiques commencèrent à prendre une nouvelle forme au xvr siècle Le diplôme de François, dauphin, et de Marie, reine d'Ecosse, son épouse., gravé dans le Trésor choisi des diplômes et des monnaies SEcosse (1629-30), fut écrit et donné è Paris le 17 janvier 1558, ancien style. La première ligne est eu belle capitale, le texte en minuscule italique fort élégante, les signatures du prince et de la princesse sont en lettres allongées, et la contre-signature en gros caractère gothique cursif . En général, l'écriture ne de-

(16i6) On aperçoit le gothique naissant dans les diplômes de Louis VII (a). Les ieUres commencent à être resserrées et revêtues de traits bizares. Les chartes de Philippe-Auguste, de Louis VIII et quelques-unes de saint Louis (b) offrent une minuscule dégénérée en gothique. D. Mabillon (c) a publié an diplôme de ce saint roi, dont récriture cursive est des plus mauvaises. Ce gothique cursif varie à Tinfini. C est un mélange de lettres de diverses classes et de divers genres, estropiées, crénelées, à queaes inférieures remontantes, etc.

(a) De re dipltm.^ p. ii9.

(^j Ibid , p. 431 et 133, n, 1

vint vulgaire que sous le règne du roi François I". Auparavant cet art n*était guère exercé que par les clercs, les moines, quel* ques savants et les gens d'affaires.

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