‹ Dictionnaire de paléographieChapitre 94 sur 136 · SOS · texte numérisé non relu

SOS

L'astérisque figuré en |>etite étoile * ou en X cantonné de quatre points ^ a divers usages. Saint Isidore nous le donne pour une marque d'omission dans le texte. Nous l'avons vu sur des textes mutilés dans un man-uscrit du viir siècle, et vis-à-vis des mots oubliés dans up autre du v* ou vi*, Aristo-

J>hane marqua l'astérisque aux endroits où e sens manquait. Probus et les anciens le plaçaient avec Tobèle aux vers qui n'étaient pas à leur place. Les Hexaptes d'Ori- §ène et un très-ancien manuscrit de la Biliothèqu^e du Roi désignent par ce si^e les mots hébreux et les sentences, qui n'ont point été rendus par les Septante. Saint Jérôme s'en sert aussi pour distinguer ce qu'il ajoute de l'hébreu , et termine par deux points ces additions. Saint Augustin avait le texte des psaumes revu parOrisène, dont on croit qu*est venue notre VuTgate d'aujourd'hui, .distingué par des étoiles qui marquaient ce que 1 hébreu ajoutait aux Septante , et par des barres mises aux endroits qui ne sont pas dan^Ie texte original. Dans un manuscrit grec de la bibliothèque des Pères de Saint-Basile de Rome, qui renferme les Œuvres de saint Grégoire de Nazianze, on marque (ilWj l'astérisque dans les endroits , où il est parlé de l'Incarnation du Fils de Dieu pour rappeler l'étoile miraculeuse qui apparut aux Mages. On s'en servait dans Platon (1755) pour noter la conformité des dogmes, et dans Homère,

gour faire remarquer les plus beaux vers, ette marque affecte certains mots dans les îleures de Charles le Chauve comme dans les éditions d'Origène des Septante. Elle était encore en usage au xiv* siècle dans les manuscrits d'Allemagne (1756).

L'obèle , c'est-à-dire la broche ou la flèche—marque la répétition des mêmes phrases et les mots surabondants, ou les fausses leçons. Dans les Livres saints, elle indique les paroles employées par les Septante, mais

Sui ne se trouvent point dans l'hébreu. Les eux points qui suivent l'obèle , en fixent l'étendue. Cette marque est appelée virguia censoria par saint Jérôme. Aristarque marqua d'un obèle les vers qui passaient sous le nom d'Homère et qui n'étaient pas de lui. Ceux oui n'en étaient pas dignes , quoi qu'ils en lussent, furent aussi notés de la sorte. Quand il croyait qu'un vers n'était pas à sa place, il le marquait ainsi * — . Ausone dit des mauvais poètes :

Pone obelos igitur spuriorum stigmata vatum.

L'obèle avec le point marque un doute si l'on doit ôter ou laisser le vers. Précédée de la diple > — elle sépare les périodes dans les comédies et les tragédies. Suivie de la diple — < elle marque que la strophe est suivie d'une antistrophe.

Le lemnisque est une ligne horizontale entre deux points, l'un supérieur et l'autre inférieur-7-.On marque, ce signe dans les endroits que les interprètes de TEcriture

(1754) Palœograpft. grœca, p. 57i.

4755) Teotz, p. 276.

sainte ont traduits dans le même sens, mais non pas dans les mêmes termes. Lorsque la ligne est surmontée de deux points.UL , ^est une margue de transposition dans certains manuscrits. Les copistes s'en servaient « quand ils ne voulaieut pas effacer les mots transposés. Les lettres ho traversées par une barre indiquent le texte hébreu dans les Commentaires de saint Jérôme sur Jérémie^ renfermés dans le manuscrit du Roi 1820 Dans le manuscrit 2235! de la même bibliothèque, quand on avertit de remettre un mot devant l'autre, on tire deux parallèles = sur celui qui doit être le second et une sur celui qui doit être le premier. En général , la ligne ou simple trait est une marque trèsfréquente dans les manuscrits. Les anciens l'employaient dans les vers pour séparer les choses les unes des autres , comme on sépare les combats des combats , les régions des régions , les lieux des lieux. Depuis le milieu du ix* siècle, les mots non terminés à la fin de la ligne et dont une partie est portée au commencement de l'autre sont quelquefois marqués par une petite horizontale. Nous en avons vu des exemples dans plusieurs manuscrits et diplômes qui ont passé par nos mains. Lorsque la petite ligne est perpendiculaire en forme d'accent aigu, c'est une marque de renvoi rfu xiir siècle et même plus tôt. Dans le manuscrit du Roi 152, on tire de petites lignes sous les motsj qu on veut effacer. Le correcteur du manuscrit 1S20, de la même bibliothèque, ne se contente pas de tirer une ligne sous les mots inutiles, il marque encore deux accents sur lès polisyllabes et un sur les monosyllabes. Les exponctions du manuscrit royal 107, du v* au vi* siècle, consistent à barrer les lettres et à mettre en même temps un point sur chacune. Dans plusieurs autres manuscrits fort anciens et dans quelques diplômes dé la seconde race de nos rois, on se contente de trancher les mauvaises lettres par des lignes ou transversales ou perpendiculaires.

Les savants ne conviennent pas sur l'ancienne figure du paragraphe destiné à séparer les différents objets qui entrent dans la composition d'un ouvrage. Saint Isidore lui donne la forme du r, que nous retrouvons dansquelquesmanuscritsduviii'siècle(1757).

Il paraît sous d'autres figures oui ne remontent pas plus haut que la moitié du xui*. Des triangles scalènes et de simples croix marquent au vnr les paragraphes du manuscrit royal W03. Depuis le xv* siècle, on se sert ordinairement de cette figure §.

Le signe que les Grecs appellent x/ivw«, est la partie inférieure du cercle, ornée d un point au milieu^^.Sa fonction est de marquer les endroits d'un ouvrage, où les questions douteuses ou obscures n'ont pu être éclaircies. Le céraunion v:; désignait chez les anciens plusieurs vers improuvés de suite, afin de n être pas obligé de mettre à tous des

(1756) Walter, Lexie. difdom., col. i56. (Î757) Lexic, dip/omultc, coL -iSH.

DIGTIONI^ÂIRE DE PALEOGRAPHIE, ETC.

obèles. L'ancre supérieure ^ marque une sentence, quelque chose d'important. L'inférieure |, signifie quelque chose de bas ou d'incongru.

Vanltsigma se met avant les yers dont il faut changer l'ordre. Lorsqu'on aioute un point au milieu, il désigne les endroits oCl il y 8l deux vers, dont le sens est le même, mais dont on ignore auquel on doit donner la préférence.

Leagoras Syracusain fut le premier qui se servit de la diple > sans point, pour distinguer dans Homère l'Olympe ctc/, de l'Olympe montagne. Pour marquer les endroits que Zenon d'Ephèse avait mal à propos retranchés ou changés dans Homère, on employait la diple ponctuée. Les latins en usaient de même par rapport à leurs auteurs.

La diple > ou double ligne et Tan^tlambda -< étaient anciennement employés dans les livres pour distinguer les passages de l'Ecriture sainte , ou les paroles des auteurs qu'on citait. Dans la suite, en ^uise de guillemets , on s'est servi de petites s renversées ou tronquées par le bas et quelquefois suivies de points et surmontées de virgules «' s\ Ces figures sont en vermillon dans le manuscrit de Saint-Germain des Prés 8^0, en or et en vert argenté dans le manuscrit 663 de la même abbaye. Dans les manuscrits du Roi 152 et 2206, on se sert d'y ponctués intérieurement. Ce sont des espèces.de 7 dans le manuscrit de saint Jérôme, de la bibliothèque de Saint-Mar^u de Tourc>. Dans les plus anciens, tels que celui du roi 152, au lieu des maraues de citation, on fait quelquefois rentrer les textes de l'Ecriture sainte d'un quart de pouce dans la colonne. Ces textes sont distingués en marge par des barres -, des s et des 7 dans le manuscrit royal 2235. Le manu^rit de Saint- Germain des Prés 197, annoncé de mille ans au commencement de ee siècle, distingue les citations de l'Ecriture par des virgules à chaque ligne, et souvent il n'y en a qu'une à la première. Depuis l'imprimerie, on met des virgules doubles et quelquefois renversées à côté d'un texte pour marquer qu'il est d'un autre auteur. C est ce que nous ap-

f celons guillemets, du nom de l'artiste qui es a inventés.

Selon saint Isidore, le chrisme, tapivifiov ou plutôt :^fm'jiuùv± est une marque dont chacun

[)eut faire 1 usage qu'il juge a propos. C'est e monogramme abrégé do Jésus-Christ, le symbole du christianisme et une espèce d invocation de notre Sauveur. Aussi n'étaitelle jias oubliée dans les lettres formées que s'écrivaient les évoques. Le grand Constantin avait fait mettre ce. signe sur ses élcn-

(17S8) Trotz, p. 281.

(1739) Le mot raétaphoriqiie coronis se prend iM>ur ta (In d'un ouvrage, d où est venue la phrase Coro,nidem imponere. Martial a dit :

Si nimiui videor seraque coronide hngus Esse liber : legito pauca, libeîtûs ero.

(1760) BuNCHiMt, Vindic. canon, script. ^p* 305.

(1761) ManuscrUée SaiM'4j:enAttin.des Prés,^^, - (17G2)Oa sait assez que les anciens avaient des

dards et ses boucliers. On croît même qu'il s'en servait dans ses diplômes fl758). Il fut marqué sur les tombeaux , et iréquemment employé dans les manuscrits et les chartes. Si les anciens grammairiens mettaient le X initial de xp^^^^ ^^^ endroits qu'ils approuvaient, ils ne manquaient pas d'écrire le mot âxfiii(rf>'j, vis-à-vis des vers ou des textes qui ne méritaient nas leur approbation. Nous avons remarqué le signe X dans les souscriptions des actes de Ravenne du vi* siècle. Il est accompagné de deux points -X- ou surmonté d'une virgule dans le manuscrit de Saint-Germain des Prés 254 du V ou vr siècle, et il y désigne fréquemment une sentence où quelque endroit remarquable.

Le /î et le rho grecs, en conjonction JJ annoncent qu'il faut corriger le vers ou l'eiaminer avec attention. Enfin le coronw marque la fin des livres ri759). Ce signe est figuré en trois manières |5 y ^i dans les auteurs; mais nous ne l'avons jamais rencontré dans les manuscrits. Les Latins finissent ordinairement par Féliciter ou Explicita comme nous l'avons remarqué ailleurs.

IX. Marques par des croix j des lettres de V alphabet, des crochets et des parenthèses; alinéas f ornements des titres ^ ctrconduction de lettres à la fin des lignes ; réclames. — Les croix diversement figurées sont les signes d'invocations implicites et des préludes dos invocations expresses écrites tou( au long dans beaucoup de manuscrits et de diplômes. Dans le Saint-Prosper de la Bibliothèque du Iloi, après le titre du livre des épigrammes, on trouve une croix épatée, dont la traverse soutient l'alpha et l'oméga qui signifient Jésus-Christ. A la marge et sur le premier mot de l'Evangile de saint Jean, on voit deux croix siln{)les dans le manuscrit d'argent en lettres onciales du chapitre de Vérone (1760). Ces croix marquent encore le commencement des inscriptions sur les tombeaux et les médailles. Au premier feuillet de l'ancienne collection des canons de Corbie (1761), il y a un titre en onciale rouge dont chaque mot est séparé par une croix. Un correcleor du IX* siècle a mis à la marge du 27* feuillet du manuscrit 197 de Saint-Germain des Prés une croix qui marque Jésus-Christ la conversion des Juifs, ou que cet endroit doit être entendu spirituellement. Une / cursire en marge, traversée par une s de même

Îçcnre en forme de croix, nous parait signiîer des choses qu'il faut prendre au sens mystique. Nous parlerons ailleurs do l'usage qu'on fit des croix dans les souscriptions.

Plusieurs lettres de Talphabet grec et latin servaient de signesdans les manuscrits(1762).

L'oméga surmonté du rho signifie ûpotov, cU

registres, où ils éciîvaienl les noms des miliuir». Lorsqu*ils voulaicnl savoir le nombre de ceoi qsi avaient été tués dans an combat, et de eeai qui éuient encore en vie, ils mettaient an oomiBeiieement de la ligne le e pour désigner les pi^miers, le T pour marquer les derniers. Perse fait aUu&îo:! an signe de mort, quand il dit :

Et polis est nigrnm vitio perfringere tneta.

paléographie;

mis à la marge» il désigne quelque belle sentence ; quelques interprètes ignorants y ont vu le nom (TOrigène en abrégé. L'r marginale signifie ordinairement Requircy et avertit de recpurir à d'autres exemplaires pour s'assurer de la véritable leçon (1763). Le zéta^ Z, est la marque d'un texte fautif. Paul Varnefride (1764.) écrivait un x en marge, vis-à-vis des textes défectueux. Ce signe est emprunté des Grecs, chez qui le Z est la première lettre du mot Wrti, qui veut dire cherchez; on le trouve fréquemment à la marge dans les manuscrits grecs. Ces lettres h /, traversées par une ligne avec ondulation, veulent dire hic legcy dans le manuscrit 936 de Saint-Germain des Prés; cette marque, pour suppléer aux omissions, est à la mar^e intérieure. Dans le texte on trouve h a traversés par des lignes ondées, c'est-à-dire hic die. Un correcteur du IX* siècle ajoute à la marçe du manuscrit 766 de la même abbaye les ]igne3 omises dans le texte, où il met une espèce de crosse ou d^ p cursif qu'il répète avant et après l'addition portée en marge. L'« décore d'une queue traînante et rois en marge, indique une chose remarquable dans le même manuscrit, qui parait au coup d'œil du vi* siècle. Dans le beau manuscrit des Epîtres de saint Paul de l'abbaye de Saint- Germain des Prés, une ligne oubliée porte cotte marque .9. au lieu oublié et au bas de la page où est cette ligne.

Outre les notes ou signes dons nous avons parlé, les correcteurs roarquai^t de petits crochets -au haut des lettres ou des mots inutiles, qui se trouvaient alors renfermés comme entre deux parenthèses (1765). Ces signes, extrêmement petits, ressemblaient aux esprits grecs opposés l'un à l'autre. Une période entière, ou même plusieurs, avaientelles été répétées par mégardc? on marquait ces signes au commencement et à la Qn. Renfermer entre des demi-cercles les paroles superflues, c'était un usage ordinaire aux anciens. On s'est servi des mêmes figures pour distinguer les propositions incidentes et les phrases qui ne sont point nécessairement liées avec ce qui précède et ce qui suit, et c'est ce qu'on appelle parenthèses. Dans lo manuscrit 861 de Saint-Germain des Prés, pour indiquer les passages de l'Ecriture, on met en margeC^^. La même marque est or-' dinaire dans plusieurs autres , ainsi que tQ

sainte, signifie que la prophétie ou le texte qu'on explique n est que comminatoire. Cet a est la lettre initiale ou le sigle d'airctXii. Dans plusieurs manuscrits et anciennes éditions, on le marque vis-à-vis de ces paroles d'Isaïe au roi Ezechias : Dispane domui itue^ guia morierisy etc. (1766).

On ne divisa pas d'abord les livres. Pétrarque assure que Tite-Live n'a été partagé en décades que dans la suite des temps pour soulager les lecteurs (1767). Quand on distingua les livres d'un même ouvrage, comme YEnéidCy on se servit de différentes figures, comme l'on voit dans les plus anciens Virgiles du Vatican et dans l'exemplaire de Florence, publié en 1741 par le célèbre Foggini. Tantôt c'était une suite de petites lignes armées de crochets et interrompues, tantôt c'était un ou plusieurs rangs de branches ou de feuilles d'arbrisseau. Dans un ancien manuscrit, nous avons vu ces signes s:,. — - plusieurs fois répétés. Quelques pièces renfermées dans le manuscrit du Roi 3836, sont séparées par plusieurs triangles scalèncs alternativement rouges et noirs ; d'autres sont terminées par trois chaînes de ronds peintes avec les mêmes couleurs. Les anneaux rouges ont au milieu des points noirs, et les noirs ont des points rouges ; quelquefois la chaf ne rouge est sans points et n'occupe qu'une partie de la page. Des chaînettes font les séparations dans le beau Saint-Prosper de la Bibliothèque du Roi. Les manuscrits dont les chapitres ne sont pas divisés annoncent une grande antlcjuité ; tel est le manuscrit des E{)itres de saint Paul en grec et en latin, qui fait un des princiuaux ornements de la bibliothèque de Saint-Germain des Prés.

La maraue des alinéas, dans le Saint- Hilaire de l'église de Saint-Martin de Tours, dans le Psautier de Saint-Germain de Paris, etc., est un espace blanc entre le dernier mot d'une phrase et le premier de la suivante (1768). Une autre manière de marquer les alinéas fut de les rendre sensibles par des initiales majuscules dans les corps des lignes, et non au commencement; tels nous les avons vus dans de très-anciens manuscrits et dans un cahier du manuscrit royal 152, écrit dans le viii' siècle au plus tard. Si l'on rencontre encore beaucoup d'alinéas précédés d'un vide de l'étendue d'un pouce, dans le texte du manuscrit 1820 de la même bi-

pour noter les sentences. Ces figures ^+j'A^bliolhèque, il y en a d'autres dont les inisont destinées à marquer les réponses et les tiales débordent un peu au delà de la ligne objections* Enfin I'a mis à la marge des perpendiculaire tirée pour régler l'étendue gloses et des commentaires sur l'Ecriture de récriture. Ces alinéas saillants se mon-

(1 76^ Dans le manuscrit 9^ de Saint-Germain dt s Près , fol. 23i , on voit en marge une H barrée avec ces lettres Air,c*est-à-dire,M4p otct/iir, k quoi répond an bas R avec /ip, c'est-à-dire hic ponitur. 1//) signifie apparemment restiluendum» En effet la restitution est si considérable qu*on en porte une partie sur la page préoéilenle, et, quoique la ligne de cette page ne soit pas vis-à-vis de celle^i, il faut joindre la première ligne de Tane avec celle de l'autre et ainsi des lignes suivantes. Les H tranchées sont

(a) iris . eceies., t. XUI, p. 043.

fréquentes aux marges des manuscrits 766, 718, 7£;8 et 956 de 1 abbaye de Sainl-Gerniaiii des ^rës.

(1764) Annal. Bened,, ad an. 784, h» 7î.

(1765) Bremcéan.; Hi9i. Pandect.y p. 176. <1766i haïe xxxviii, !•

(1767) Du temps de Cassiodorc^ on divisait (cas les psagn^es expliqués [)ar saint Augustin en quiiuu décades on quinze parties, ce qui se toit encore, dât Tillcniottt (o), dans quelques nuiniiscnls.

(1708) Y. notre il' tome, p. 591

OOi

Irent dans un nombre de très-anciens manuscrits en prose. Dans d*autre$ ils rentrent en deçà de )a perpendiculaire. Les lettres initiales des alinéas du code Théodosien de la Bibliothèque du Roi sont entre les deux perpendiculaires au delà de la colonne d*écriture. Quand les lettres des alinéas et des titres ne sont pas plus grandes que celles du corps du texte c'est une marque de 'la première antiquité. C*en est une autre que ces lettres soient toutes onciales. Les capitales des alinéas dans l'écriture minuscule désignent au plus le tiii' siècle , quand même ces premières lettres céderaient de temps en temps la place aux onciales. Dans récriture onciale les lettres capitales des alinéas marquent une moindre antiquité que les onciales. Les premières sont initiales de Tonciale et de la minuscule vers le yiii* siècle. Les unes et les autres commencent les alinéas au ix*. Alors les initiales cursires excèdent toujours en hauteur le corps de la ligne d'écriture dans les diplômes. Dans les plus anciens manuscrits on trouve

Suelquefois une lettre plus grande à la fin e la ligne ou du verset. Les capitales pour les alinéas sont tantôt ordinaires et tantôt aiguës, rustiques et différentes de celles du texte. L'uniformité caractérise les plus anciens manuscrits. On ne se contenta pas de distinguer les alinéas par des lettres majuscules et par des points , on le- fit encore par diverses figures (1769). Nous épargnons au lecteur le dfétail de tous les manuscrits sur lesquels sont fondées ces observations.

Nous appelons accolade ou circonduction une espèce de crochet ou demi-cercle, dans lequel les anciens copistes, à l'exemple de l'empereur Auguste, renfermaient les mots ou demi-mots, qu^ilsportaient au-dessous de la ligne finissante (1770). Cet usage est ordinaire dans le saint Isiaore de la Bibliothè- Sue du Roi. On remarque la même chose ans le Psautier Alexandrin du Vatican ilMl (1771). Dans les manuscrits du Roi 3836 et ^667, on met sous la ligne avec circonduction les parties de mots qui achèvent le sens, pour ne les point porter à la lime suivante. On fait de même à l'égard de plusieurs, mots entiers. Au lieu de circonduction, on se sert de trois moyens dans le célèbre Psautier de saint (lermain, évêc^ue de Paris, dans le Saint-Prudence et le Samt-Prosper de la Bibliothèque du Roi, quand on ne veut pas porter les mots d'une ligne à l'autre. Le premier moyen est d'employer l'abréviation ni n'opère guère que des retranchements es lettres M, N. Le second est la conjonc-

(1769) Dans le manuscrit de Saint-Germain des Prés 1311, toutes les sentences de saint Jérôme sont

distinguées par cette marque f ... S, et dans le manuscrit 1045 les alinéaê le sont par celle-ci ^«^ .

Le premier correcteur du manuscrit du roi iSiO les fait souvent précéder par cette ligure v • Gda suppose que ces alinéas ne reprennent pas k la ligne, et âue l'espace blanc, qui les précède, n*est pas consiérable. Les alinéas sont nombres, comme les cha-

(a) Lib. it, in Oe/op T^. 87.

tion des lettres comme JEf soit à la fin ou un peu avant la fin do la ligne. Le troisième est la diminution des lettres à la Gn, ou un çeu plus haut. Elle va nuelquefois jusqu'à laire des lettres minuscules au lieu de capitales et d'onciales. Il n'est pourtant pas rare dans ces manuscrits qu^on rejette des portions de mots à la ligne suivante, même sans nécessité. Les très-anciens livres, où les mots sont portés d'une ligne et d'une page à l'autre, sont plus nombreux qu'on nepense. Nous avons vu en plusieurs autres des mots et des demi-mots mis au bas de la page, audessous du dernier mot de la ligne, ou même Sortes au-dessus de la ligne sans accolades, [ais dans le manuscrit de Saint-Germain des Prés en or, n° 663, jamais les mots ne sont portés d'une ligne à l'autre.

On appelle reclame le premier mot d'un cahier, marqué au bas de la dernière page du précédent, pour en indiquer la suite. L'ilsage des reclames ne remonte pas plus haut que le xi* siècle. Elles paraissent à chaque cahier dans un manuscrit de saint Martin de Pontoise, écrit vers ce temps-là, elles y tiennent même lieu de signatures. On trouve assez souvent dans des manuscrits plus anciens des mots ou restes de mots au l)as des pages, mais ils ne sont point répétés aux suivantes, et ce n'est que pour ne pas les rejeter sur une autre page. Ce ne sont point par conséquent de véritables rédames. Nous avons expliqué dans notre second tome (1772), comment la signature peut indiquer l'âg^d'un manuscrit. En termesd'imprimerie, la signature est une lettre qu'on met sur la première page de chaque feuille, pour marquer l'ordre qu'on doit suivre en reliant des cahiers. Il n'en est pas de même des signatures des manuscrits. Elies sont presque toujours placées sur la dernière page ae chaque cahier, tantôt au fond du livre, tantôt à droite, à gauche, au milieu. Ici elles sont en chiffres romains, là elles sont en lettres, et souvent en lettres et en chiffres tout à la fois. On en trouve en onciale, en minuscule et en cursive, avec ornements et sans ornements. Si elles manquent dans plusieurs manuscrits, c'est souvent qu'on les a coupées dans les dernières reliures. On en faisait peu ou point d'usage au ix' siècle. On vérifie promptement si un manuscrit est complet, ou si l'on y a ajouté on retranché quelques cahiers par le moyen des signalures. Ce fut par cette marque que Ton découvrit la falsification des actes du cinquièn?e concile dans la troisième session du sixième (tT73). Mais il faut faire attention aux

Sitres dans le manuscrit 66S en lettres d*or, de Tabaye de Saint-Germain des Prés.

{1770} Nolavi, dit Suétone (a), et in ckirograpko ejus iUa prœcipue : non dividit verbu, nec ab esirema parte verêuum abundantet littera» in aiterum trwufert : $ed ibidem itatim tubji'cit circumdueitque.

Si 771) BiANcmNi, Yindic, can. script,^ p. zi9. 4772) Pag. 400, Mi.

i775) Le lecteur Antiocbus lut d abord le litre d^une pièce des actes du cinquième concile intiiolée -

PALEOCRàPIIIE.

voi

variations dans le nombre dos feuilles, dont les cahiers sont composés. Ceux qui ont plus ou mollis de feuilles qu'à l'ordinaire marquent quelquefois une transposition.

Souvent on distingue les cahiers ajoutés, par ia nature du parcnemin, dont la finesse est ordinairement une marqué d'antiquité. Nous ne connaissons que deux manuscrits du Vu* siècle, dont le parchemin soit grossier. Uyades cahiers de douze feuillets. Les plus ordinaires sont de deux, de trois, de quatre et de cinq feuilles. On les appelle biniayterniajQuatemiOj irivràSiov. On marque

Juelquefois Te nombie des cahiers à la fin es manuscrits.

X. Quelle fut la distinction des mots dans récriture des notaires avant Charlèmagnt? Fonctiuition des diplômies de France avant et iiepuis le règne de ce monarque; ponctuation des chartes aHtmandes tt des sceaux. — La plupart des notes ou marques ddnt nous venons de parler sont bannies des plus anciens diplômes. Quelques savants d'Allemagne (1774-5) n'en exceptent pas même les points, les virgules et les accents. Leur mé- {)Hse sci'a mise en «évidence, après que nous aurons examiné lés commencements et le progrès de la distinction des mots dans lés écritures diplomatiques.

Les intervalles en blanc sont très-rares dans le texte des chartes de Ravenne du Vi* siècle^ et ceux qu'on y rencontre sont

i)eu sensibles. Nos diplômes mérovingiens aissent ordinairement un espace blanc entre \^^ mots ou les syllabes de la première ligne des dates et de la souscription du roi. Il y ^ plite : ces espaces y paraissent quelquefois dans les endroits, ou la phrase finit, lït après les abréviations. L'usage de laisser des vides, pour tenir lieu de points, durait encore en %\k^ comme nous l'avons observé dans la date d'na diplôme de Louis le Débonnaire (1776). Hors ces cas, le texte des dipMmes mérovingiens est écrit tout de

gHu4mr$ de Ménas^ arekevêque de CP, à Yigiie Pape de Rome^ sur ce ^Hl u*v a ifu'une votonlé en Jésms^ Christ (a)« Aussitôt les légats du Pape s^écrièrent: fitûgncur, ce livre est falsîûé : ^u'en ne lise point ec discours, il est supposé. Faites examiner ce volume el vous verrez que le discours de Menas n'y a été «Is que depuis peu. £n effet, cet archevêque était mort la vingt et unième année de Justinien, et le cinquième concile ne fut célâ^ré que la vingc-septlème. Alors rêmpereur et les magistrats avec quelques évoques <!Kamiiièrent le manuscrit, et découvrirent que Ton avaii ajouté as commoicemeiU troia cahiers, qui n'avaient point les signatures que Ton avait couiume d'y mettre. La première ne paraissait qu'au quatrième calûer, la seconde au suivant, et ainsi des îiulres. On n'eut pas de peine à s'apercevoir que récriture des trois cahiers ijautés était différente de l'aticieniie écriture du même volume. Mais dans d'anires circottstances eetie dernière preuve n'asrait pas été cooduanle, parce qu'andensement diverses mains écrivaient souvent un même manuscrit. On distri buait un livre, qu'il fallait transcrire, à un nonibf e de copîsles. 11 y a (6) dans la bibliothèque de Méiiicis un manuscrit où les ncmis de l'abbe et des moiqat l'ont copié, sont écrits* La première page de

a) Tom. VI ConcH , col. Gii,0i3.

ù) Taotz., p. 502.

DiCTio:<NAiRC DE PALÉoGniPUlE, etc.

suite et presque 5ans nulle distiiiutiou do mots. Mais, dans les chartes de Pépin le Bref, ie plus souvent ils sont séparés par des vides considérables. C'est donc par pure inad* vertance queD.Mabillon(1777)adil qu'il n y a presque aucune distiuctiou de mots dans l'écriture des notaires jusqu'à Charlemagno. n ne faut pAs pourtant croire que depuis cette époque tous les mots «ient été distin^* gués. Dans les diplômes dé Pépin, roi d'A-

3uitaine, de Charles le Simple et du roi Eues, ils ne le sont pas encore tous, mais plusieurs sont coupes à contre-tômps. En 931, on ne voit encore qu'une demi-distinction de mots dans l'écriture allongée des chartes, mais alors la distinction parfaite so fiàontre dans la minuscule. Elle devient constante partout en %0. Côs observations sont appuyées sur un grand nombre de pièces originales que nous avons examinées.

D. Mabillon (1778) prétend que la ponctuation des diplômes a été plus tardive que celle des manuscrits. En effet, nous n'apcrcevOns aucun point dans les chartes mérovingiennes, si ce n'est quelquefois adirés les chinres. Dans les plus anciennes, on voit de temps en temps des points noirs entre chaque motv mais la couleur de Tencre prouve qu'ils ont été ajoutés postérieurement pour faciliter la lecture du texte. Les points qui suivent les mots dans deux pièces ori^ina^ les. Tune de Pépin le Bref, accordée àVabbayé de Saint-^Denis en 7ri7, et l'autre de Carloman, en faveur de Tabbayc (fArgenteui!» sont de la première main. On voit un gros point après une croix, form^*e de la main de répin, dans un autre diplôme. Dans celui

auil^iccorda en 7G8, au monastère deSaint^ [ilaire de Poiti<îrs^ le point est mis une seule fois à la fin d*une phrase; mais le point et la virgule sont marqués à la On de la si^ gnature du roi.

On n'aperçoit que fort peu de points dans les diplômes de Charlema,;iie et de

chaque cahier porte à la marge inférienre le nom ih chaque écrivain. Bien de plus ordilitire que de ren-* contrer dans les anciens manuscrits des feuilles ei des eahîerfi dérangés, écrits par différentes mains et en divers temps. On a voulu réunir des pièces s:)uveiU disparates dans un corps pour les mieux conserver; et les déranicnncnts qu'on y trouve viennent des relieurs. L^abbeLebeuf \c) après avoir dit qua le plus ancien exemplaire delà lettre de Hincmar sur saint Denis est du x' siècle, remarqua que cette 1 ltre est sur deux feuillets dans le manuscrit du Uoi 4427. U ajoute sans façon qu'ils mit été intérés à éesmiu^ parce qu'ils coupent un antre ouvraze et qu'ils sont d'une écriture différente. D. Mabillon, eoDclm^'il, fut troD[4>é par cette pièce dans ses Anaiectes. Pour peu qu'on soit au fait des vieux manus^ crits, on sentira rinconséqueoce d'un pareil raisontiemenL La lettre de Hincmar est déplacée, donc c'est une preuve de supposition !

(i 774^5) GuDEiius, Syllog. varior. diptomaî.^prœf.t p. 8; Hbuhan., Commenf. dere dipl.^ § 18, p. 11.

(1776) Biblioth. du Roi, n* 1.

(1777) Z>eredlp/., p. 51.

(1778) md,, p. 52.

(e) Rtenttt dt éhtrt écrAt, K. 1", ^CC.

Louis 10 Déhonnaiiv. Celui de Charles le Chauve de la bibliothèque du roi n'8, prouve qu CD ne les marquait pasencorc tous enS'jd. Au IX* sièide les alinéas sont quelquefois marqués par trois ou quatre points posés perpendiculairement et les nombres sont Suivis d'un point. Sur la fin du même siècle^ on commença à terminer par un point les phrases, dont le sens était fini. Nous voyons le point sur TY dans deux chartes, Tune de Louis le Débonnaire et l'autre deCharies le Chauve. Dans celle-ci, on termine le texte par un point en rosette. Dans une autre, donnée par Louis le Débonnaire en 833, et gardée à la bibliothèque du roi, entre Augustusde la première ligue et le commencement du préambule, il y a un espace de deux tiers de pouce, dont la moitié est remplie par des traits entrelacés, qui sont accompagnés de points, et qu'on prendrait pour des lettres; mais cène sont que des ornements. On y voit, sinon l'origine, du moins Tusage des traits surabondants et compliqués dans certaines liaisons de lettres, sifréquentes dans plusieurs chartes des xi et xii* siècles. Les mots d'un diplôme de Pépin, roi d'Aquitaine (1779), daté de l'an 827, sont le plus souvent distingués, mais par de très-petits espaces ; si ce ivest où il faut des points et des virgules. Là se trouvent des espaces d'une, de deux, ou trois lettres. Mais il n'v a ni points ni virgules marqués, excepté a la fin, après les chiffres et les abréviation?, après la date de l'empire et la date totale. Dans le diplôme de Ctiarles le Chauve de Tan 859, conservé au dépôt de la bibliothèque royale, les mots sont presque tous distingués, les points et les vir;jules sont mar- 4 lues par de simples points, qui sont au haut, au milieu, et au bas de la dernière lettre d un mot. Mais la distinction du point, de la -virgule et des deux points n'est pas représentée d'une manière uniforme. Cependant ^our l'ordinaire le point est au haut pour termint^r la phrase. Dans une autre charte du mémo «mpereuTrde l'an 870 et du même dépôt, on Toit la plupart des mots bien séparés et peu de points. Les uns sont placés au haut pour le sens fini, et au milieu pour la virgule ou petite distinction. Quelques mots ne sont pas encore distingués par des espaces; mais les points et les virgules sont exprimés confusément par des points placés au haut dans un diplôme du roi Eudes de l'an 887 jl780). Dans un autre du même prince (1781J, la plupart des mots sont espacés ; mais l'on en sépare plusieurs, qu'on n'aurait pas dû partager. On y trouve de vrais points au l)as

(1779) BibUoth. du Roi, n*' 5.

(i780)/Wrf., i»M9.

(1781) i6irf.,n"20.

(HSi) /Wd.,ii*22.

(1785) Arckiv. de ràbbaye de SainU-Coéombe. , ( 1 784) Arcinv, de rabbaye de Noailté. 4 . (1785) Archiv. de Saint- Piéfrre le Vif. ' (1786) Dom Etienne Buisson, religieux de Saint- Benolt-sur-Loire, distingué par ses lumières et ses talents, faisant il y a plusieurs années des recherches pour notre ouvrage, fut surpris de trouver ôe% pointSi 6UÎ des t dans deux pièces originales du

DICTIONNAIRE I>C PALEOGRAPHIE, ETC.

•FUo

des mots, pour terminer le sens : on met le point au haut pour nos deux points : on ei- |)rime notre virgule par un point, mais jfàs toujours exactement. Les points et les virgules ne sont |.»as autrement marqués que par des points dans un diplôme de Charles le Simple de l'an 899 (1782). On y remarç^ue des mots coupés en deux, avec des points noirs d'une encre plus récente, placés au commencement et à la fin des lignes. C'est appa* remment quelque lecteur ou copiste qui aura marqué ces points.

Il y a encore un bon nombre de mots qui ne sont pas séparés dans un diplôme autographe donné par Hugues Ca^^el, en 988 (1783). Les points et les virgules y sont cxpnmés par des points seulement : les premiers sont au haut, les autres au milieu. On met le point au bas, {)our marquer le point avec la virgule; mais on le lait peu exactement. Il serait ennuyeux de faire passer en revue tous les diplômes des ix* et X* siècles , où les virgules empruntent la figure des points. Dès le w on en mît quelquefois aux quatre coins des chartes ecclésiastiques. Le point se montra après les chiffres romains et les alinéas. Ou en marqua d*abord quatre ou cinq perpendiculairement; ensuite au lieu d*un en de deux points inférieurs, on mit une virgule. Dans le même cas, on se borna souvent à deux points, ou h un ou deux points avec une virgule. Ce fut aux approches du x* siècle, et après ses commencements que la ponctuation régna dans le corps des pièces. Dans une charte d'Espagne , de Van 931 , qu'on peut voir dans \a Bibliothèaue universelle de la Polygraphie espagnole y le sens est distingué

{lar un, deux, ou trois points placés indiféremmcnt iK>ur un point, deux points, un point et une virgule. On met seulement des points aux endroits où nous mettons des virgules, pour séparer les jphrases et marquer la fin des périodes dans un diplôme original (178^*) du roi Robert, daté de Fan 1025. 11 n'y a que des points dans une bvlle de Pascal II, datée de Van 1104 (1785). Mais ce qui distingue le point parfait des points qui marquent les suspensions, ce sont les lettres majuscules. On ne connaissait donc pas encore à la chancellerie romaine notre usage des deux points, de la virgule, ou du point et de la virgule. Le point servait è tous les usages auxquels nous appliquons no're ponctuation. Si dès le xh* siècle on trouvequelquefois des points sur les t, dans quelques pièces des archives de l'église d'Orléans (1786), ce n'est que le pur hasard qui

XII* siède. Il les fit voir à Polluche , habile anti-

auaire. L'un et Tautrc y reconnurent la nènie eocie. lais ces t ponctués iie passent pas le nenlNre de deux ou trots, et le point ji*est pas marqvé 8«r b multitude des autres. U eal donc fan naturel de penser que récrivain ou notaire, peo attenUf, et voulant marquer un accent, u*en aura formé qn «ne partie, c*est-a-dire un point. Gela ne pem donnct nulle atteinte à ce que nous avons dît plus ba«l sur le li'mps auquel Tusage de m.ttre des points sur les t s est établi.

PALEOGRAPHIE

les a fait couler de la plume de Técrivain. Les accents sur les deui ij sont bi^n plus sûrs dans les diplômes de Louis le Jeune et de Philippe Auguste^ conservés dans les tnémes archives. On y lit ces mots avec deux accents : Camerariij Constabularii , Cancellarii: ce qui prouve de nouveau qu*on n'aurait pas dû faire descendre au xiu* siècle le commencement des accents sur les t.

S'il est question de la ponctuation dos diplômes impériaux et des autres chartes d'Allemagne, voici le résultat des observations, que nous avons faites, sur les modèles ]iubliés dans la Chronique de Godftic. Au x* siècle on voit des points dans les diplômes, tant pour marquer que le sens est fini que pour avertir qu'il est plus ou moins suspendu. L*usage des deux points, du point et de la virgule seule était 4il<frs inconnu et continua de Têtre pejidînit plusieurs siècles. Celui de placer le jM)int on Imut, au milieu et au bas de la ligne, n'était plus observé; mais on omplnyait c|uelqnefois trois points perpendiculaires , fgrsqiie le sens était absolumewt fini. Ensuite au lieu du troisième point, on mit %ino virgule, surmontée de deux points, placés l'un sur l'autre; ou bien, au lieu du p'^^int du milieu, on marqua une figure -semblable à l'accent circonflexe des Grecs. Du reste la ponctuation était peu exactement observée stir la fin de ce siècle. Mais lusa^o des trois points perpendiculaires fut bien plus fréquent. H semblait répondre h celui de nos alméas. On fit aussi quelque usage des deux points et du point audessous de la virgule, quoique rarement. Leur application ne quadrait nullement avec celle que nôU5 en faisons.

Pendant le xv siè<*.le, au lieu des trois points perpendiculaires, dont on ne cessa pas absolument de se servir, on métrait tantôt un point et une virçule, tantôt deux points, qu'on plaçait horizontalement avec une virgule au-dessous , ce qui lui encore pratiqué au xii' siècle : ou bien au lieu des ueux points, on formait deux figures un

f>eu approchantes de la virgule. Vers le mileuduxr siècle» toujours dans le même cas, on voyait paraître tour à tour tmis accents circonflexes entre autant de fois deux points, le tout perpendiculairement disposé, au lieu qu'il le fut horizontale ment au siècle suivant. Quelquefois on mettait quatre virgules renversées avec un point au-dessus, dans la même situation perpendiculaire. On n'élait point du tout constant sur Tar ticle.

Au XII* siècle , dans la signature de l'empereur ou du roi des Romains , en lettres majuscules , chaque mot se trouve suivi d'un |)Oint. Quoi qu'en dise Gudenus (1787), pendant ce siècle la pontuatlon

(1787) Sœevti xi, xu, chartœ absouii scatent puncii»^ V09t médium xiii, accentibns et commalibus; a^t iam his quam iUi$ coher^tiœ vocnm natumti vim inferenlibui. Aliu contra vice integrœ periodi iuter-

(A)Gi:DCvr9, Cod, diplonwlie., pra^al., n. 25, |i. \o.

fut plus exactement marquée qu'elle no l'avait été dans les deux précédents. Mais rette exactitude ne s'étendait pas à placer différemment les points, selon que le sens était plus ou moins suspendu. Enfin au xiii" siècle , on substitua des accents plutôt que des virgules à tous les points; mais on ne tarda pas à revenir aux points, en conservant néanmoins les accents ou les virgules couchées dans les endroits où le sens n'était qu'un peu suspendu.

Heineccius (1788) n'a pas oublié la ponctuation des inscriptions gravées sur les sceaux. Sous les rois mérovingiens, il n'y voit nuls points. S'il faut l'en croire , les Carlovingiens rétablirent sur leurs sceaux l'ancien usage de distinguer par des points la plupart des mots. Il £aut que ce docte allemand ait vu des sceaux de nos rois de la seconde race, bien différents de ceux que D. Mal)iiIon a iait graver sur les originaux. Car on n'y aperçoit pour toute interponction que le point, mis quelquefois à la fin de la légende et à la suite des abréviations. Sur les sceaux du roi Eudes , de iiuillaume le Conquérant, do Louis le Jeune et de Priinislas V, roi de Bohême, chaque mot e»t suivi d'un point. Heineccius convient qu'il y a des sceaux destitués d'interponclions, surtout aux xr et xii* siècles. Il y en a d'autres, dont les mots sont sénarés par deux ou trois points perpendiculaires, ou par deux rosettes posées l'une sur l'autre. Le point est souvent omis à la fin de la légende, quelquefois on lui substitue une fleur de lis, une étoile ou quelque autre figure. Dans les inscriptions de certains sceaux , chaque lettre est suivie de pareils ornements. Les bulles de plond) du Pape Jean V offreni cinq points dans le cliamp ; celles de Serge I'' n'eii ont qu'un; mais on en voit un au commencement et un à la fin de la légende du revers dans les sceaux ou bulles de Pascal II.

Chap. il — Des abréviations autres que les notes tironiennes. Des chiffres (1789).

' Dès les premiers temps, ceux qui ont exercé l'art d'écrire ont inventé divers moyens soit pour diminuer la peine du tra^ vail, soit pour rendre l'écriture plus prompte et plus expéditive et la renfermer dans un petit espace. Souvent ils ont cherché à la rendre énigmatique , afin d'en dérober la connaissance au vulgaire. Ils ont parfaitement réussi , en introduisant l'usage des sigles, des lettres roonogrammatiques et conjointes, des chiffres, des notes appelées tironiennesy et des abréviations variées à l'infini. On sera toujours arrêté dans la lecture des vieux monuments, si Ton ne se met au fait des différentes manières d'abréger l'écriture chez les anciens. En général, ils ont peint les mots en abrégé, en supprimant

punctionibm plane iunt destitntœ (a),

(1788) De sigiL veter., p. 187, n" «.

(1789) Diplomatique, t. III, p. i99.

plusieurs letlrcs, auxquelles ils ont souvent substitué divers signes pour avertir de 1« suppression. Ensuite ils ont abrégé les lettres mêmes par des retranchements de jambages et des conjonctions perpétuelles. La première méthode fort étendue est appelée par les savants p^x'^f^V^ » ''^^^ d'écrire par abréviations, et la seconde, rax^.faî'îa , c'est-à-dire l'art d'écrire prompteraent.

Celle-ci n'ayant iamais été traitée à fond , <îst réservée pour Te chapitre suivant ; cellelà a été éclaircie dans plusieurs savants ouvrages écrits en latin. La matière est si ampJe qu'elle formait des rolumés entiers. Sornons-iious étui notions les plus essentielles et les plus strictement liées avec Fart el l'histoire diplomatiques.

k%t. I. Dessigles. Cryplographle Ou écriiiire eu diiffres.

L Qaenlenà-on par styles ? En çuoi diffèrent-ils des notes tironiennts ? Origine et antiquité dès sigles: leurs diverses espèces, — Le terme de sigles est peu connu en notre langue. 11 signifle des lettres uniques, isolées ou singulières , destinées k exprimer un mot, ou du moins uAe syl* labe, sans le secours des autres élémeiU^. A proprement parler, les sigles, sigla on êiguBj sont les lettres initiales des mots entiers, par exemple N. P. Nobilissimus Puer. A M. N. B. M. Amicus noster bonœ tnemoriœ. S. P. D. saltàtemplurimam dicit. S. F. B. É. E. Q. K. *t vales , bene est , 0go quoquevaleo. Ces sigles sont nommés sinaulœ litterœ par Cicéron (1790), et mgulariœ par quelques anciens auteurs. Saint Mrôme les appelle sij^verborwn; Valérius Probus et Pierre Diacre leur donnent le nom général deno^cp, parce que ces lettres initiales désignent des mots, ou seulement des syll^es. C'est j^oivformémcftt à cette idée que les plus savants étymologistes et lexicographes croient q,ue sigla est dit pour sigilladimiaixiit de signa; ce qui revient au terme de notes donné aux sisles dans l'antiquité. Cette dénonûnaiion générique les a fait confondre ftvec les actes ti- /Dniennes. 11 est vrai que celles-ci, quand ailes ne sont point composées » ne dUlèrent

{uère des sigles ({iie par la forme extérieure, [ais pour l'ordinaire elles admettent multiplicité de signes pour exprimer un mot , et ces signes sont des lettres grecques et latines, tantOi majuscules et tantôt cursives«^ conjointes, tronquées, mises en divers senSf et mêlées de marques d'abréviations

(1790) Joan. Nicolai Tract, de tigl. neter., p. 4.

(1791) 11 pourrait se faire que ces auteurs auraient décomposé plusieurs uotes de Tiroiv et les auiraieiii réduites à la forme de sigles. Notre conjeclure est fondée sur la uature de ces notes, gui réunissent toutes les espèces d'abrévi^ 'oos usuées chez k's Romains.

1792) WoLF, Bibliotk. héb ., t. II, p. 574 et seqq.

1793) NicoL., De veut, stgl.^ p. 17.

i794)P«.XLiv, 2.

1795) Les Grecs se servent encore de sigles. Par

exemple, ils écrivent KAPAl pour désigner leurs cinq patriarches. Le K marc^ue celui de C .>nstanti-

DICTIONNAIRE DE P.VLEOGItAPIlIE, ETC.

antiques. L'écriture en si^jles est plus simple, mais aussi plus énigmatique : ses lettres sont communément capitales ; et une sufTU presque toujours pour exprimer un mol, où une syllabe. Si quelquefois on se sert de deut ou trois lettres l'our un seul termc# comme si^. pour spurius , gol. pour colonie la différence de ces si^^les composés d'avec lés notes n'en est j.as moins sensible , quand on fait attention à la figure et à la disposition des signes ou caractères. A la vérité parmi les signes recueillis par Valérius ProbûSy par Magnofi, arc.hetôque de Sens, et Pierre Diacre du Mont-Cas^în , il se trouve un nombre de lettres conjointes monogrammatiques (179i); mais ne seraient - elles point autant de notes, tiro niennes , que cos auteurs auraient fait tn^ trer dans leurs collections ? Au reste les mots exprimés d'une même manière dons les notes et dans les sigles ne sont pas fort nombreux. Ainsi la distinction de ces deux genres d'écrire par abréviations est aussi réelle que facile à découvrir.

L'écriture abrégée par des sigles a été en usage dès les ten>;)S les plus reculés. On a des preuves certaines (1792) que les Hébreux s'en sont servis. Leurs anciens livres nous en ont conservé beaucoup d'exemples. Mais les sigles ou lettres initiales y sont quelquefois jointes les unes avec lés autres, el forment des mots quisouvent ne signifient rien (1793). C'est de ce genre d'abréviationshébraïques qu'on entend ordinairement ces paroles de Darid: Ma langue sera commf là ptume d'un écrivain qui écrit avec rapi-* dite (1794). Les Grecs ayant reçu leur écriture des Phéniciens hébreux (1795), on ne peut guère douter qu'ils n'en aient aussi ti^ ré leurs abréviations par sigles. On e» aperçoit l'origine dans les chiffres attiques. Les lettres numérales ennipa faire naître* aux Romains l'idée d'abréger leur écriture de la même manière. Ils n'avaient pas encore l'usage des notes, lorsqu'ils convinrent entre eux d*écrire certains mots et certains noms seulement par les lettres initiales y alin que ceu& qui écrivaient dans le sénat, pussent le iaire promptement.

Cette manière d'abréger ^ la plus rapide de toutes, devint bientôt à la mode, et malgré les inconvénients qui en résultaicni^ les empereurs mêmes s'en servirent.

Les sigles sont de diverses espèces : on en distingue des simples , c'est-à-dire oue chaque lettre signine un mot. Par exemple,, il y a autant de mots que de lettres danà A.

nople, ConstantinomtitaHus ; TA celui d*Alexa idrii^, le P, c*est-à-dire TB, celui de Russie, Ruthenu\; Vi celui d*Antiociie, et l'I celui de Jérusalem. EklVuanI Gorsini a composé un grand recueil des abiéviations et des autres caractères et symLol /5, qui se trouvent dans les inscriptions et les marbres grecs. C'est un in-fol. publié à Florence sous lo titre : De notU Grœcorum. L auteur y Craite de rorî^ioe des difierences du nom et de randquitc des notes el abréviations grecques. 11 rapporte suivant Tordre alphahétique environ mille espèces de notes, dont il donne d*abord la ligure ; il y joint la poiicUtation , puis il ajoute TexpUcationt

PALÉOGRÂPUIE.

A. A. F. F. Aere^ aura y argento ftando^ ftriundo ; Q. S. SS. Quœ supra sripta sunt ;

B. O, Benej oplim^ : B, L. Bonq^lcx; 9* M. P. Petit mtrwti posmt ; ff, fi. I. P. Hic rtquiescit in pace , etc. (1796), cette écriture eii sigles n*a lieu orainairement

'^Vuc dans les mots de formules, ou oui Lont très-familiers (1797); mais dans les f vxsci'iptions y où les sigles sont prodigués ^yec plus de pirofusion, on rend les mots pai des sigles composés, c*est-è-^ dira par les deux , trois ou quatre premi^r^s lettres, comnre N o b. C nobilis Cœsar ; N o t i!c€. Hou. nolariu9 Ecclesiœ rom<inœ;^oii. 'AP. Noniq aprilu. Pour éylle^ Téquivoque eK la confusion^ on Insère quelquefois des mots entiers dans les sigles, comme dans cette légende ; Ti. Cabsar. divi. Au». F. Auo. Tibtriut Cœsar divi Augusli filius Augustus. 11 y a des sigles répétés, dont Tusige est d'iudiquer le iHuriel et le nombre des personnes: pac {exemple, A nn.. annis. Cae8, Ace. Cœs93r Augjt^stus. Caess. Auqg. Cœsares Augwtî duo. Cacssb. Ai(JGa«. Cœ-. sare$ Augusti très. Ainsi à mesuce que le nombre augmente, on ne fait qu ajouter le dernier sigle. On s'est servi de cette méthode dans le ni us ancien code tbéodo-s sien de la Bibliotnèque din Roi^ et dans un (rai^ment des actes publies de Ravenne,

3u^on trouvera dans la troisième classe es écritures latines. Le manuscrit royal cité désignis trois Augustes par aaa^ et trois empereurs par ïmppp. Dans le frag<ment de Ravenne on écrit VY. SS, pour niarquer Fin sacerdotes^ deux prêtres , et wv. ddd. ftour signifieri^irî d^voa', trois hommes consacrés à Dieu. Mais au xiii* siècle une m^me Lettre répétée ne signifie qu*une personne. On écrivait deux xx.

pour signiGer Christus (1798). Dans le bas ûge le double ce. veut dire deux églises. Dans le grand Coulumier de France (1799) ces deux sicles G C sont rendus par écril €t signé. Vraisemblablement ces deux ce de différentes formes sont originairement deux SS. qui signifient scripium et subscri- ^ ptum. Hais les sigles les plus singuliers )âont ceux qui sont renversés et contournés. |£n voici quelques e:i;emples ^h, Conliber^ lus. 37. Caia liberta.' 3 L ^f. Conlibertœ charissimœ (1800). Ces lettres renversées ou à rebours marquent la plus souvent des noms de femmes, comme fi. Marca^ etc. 11 serait superflu et même impossible d'ex^ p^iquef ici en détail ces sortes d'abréviar fions, dont le nombre est prodigieux. Ser« torio Orsati publia à Padoue, en 1672, uq

M796| Valerius Probes, De notîSy p. 5^, 57.

(1797) AppiusClaudius, le plus mécbaiil des décemvirs , inventa les formules romaines qu*il fallait suivre à la lettre sous peine de nullité. La formule de ractiop pétitoire était : H. E. R. J. Q. M.E.A, C*est-à-dire: Hane ego rem jure Quiritum meam e$se aie : celle de Fexception était ainsi conçue : A. E,

C. ,E. V. Al eqo contra eam vindxco. Les arrêts ou «lécisions du Sénat étaient confirmés par un T qui signifiait les Tribuns du peuple^. Les premiers Cliré- «iens substituèrent une •]• au T, qui avait dans les jprcmicrs temps lu f jrnie de croix.

volume in-folio, intitulé: De notls Ramanorum eommentarius ^ où ces sigles sont recueillis par ordre alphabétique , et suivis dé leurs significations. Les critiques donnent des règles pour les expliquer : la plus Î générale et la plus sûre est de ne point eur assigner d'autre signification que celle- 2u*on leur donnait anciennement, et d'en xer le sens par des exemples certains II. Inconvénients nés de Vusage des sigles;défenses de s*en servir dans la transcription des lois romaines. — On fit usage de cette écriture abrég^ée tant dans les affaires publiques que particulières, dans les inscriptions et les manuscrits, dans les lois et les décrets, les discours et les lettres. On s'en servait pour marquer les termes ou bornes des terres et des héritages d'Italie (1801). Les magistrats et les jurisconsultes s'approprièrent un grand iiombrc do sigles, qu'on appelle juridiques. Magnon, archevêque de Sens, en fit un recueil qu'il offrit à Lharlemagne. Cet auteur les appelle juris oTiyûa. Au mo^en de ces sigles ou lettres initiales, on écrivait les mots avec la rlus gronde célérité. Un ancien poète en relève ainsi tes avantages (1802).

Hic et erit fetix scriptor^ cui iittera verbuni esr^ Quique notis linguam superet cursumque hquentis Excipiat longas nçva per compendia voces.

Mais les inconvénients qui naissent de l'usage des sigles surpassent de beaucouf) leur utilité. Dans cette écriture tout est énigme, à cause de la diversité des significations, qu'on peut donner à une même lettre (1803). Ces deux caractères A D. signifieront arue diem dans les épilres des anciens. On en fait tout simplement la préposition ad^ et ou a lu ad lY Kalend. ad vi Mus; au lieu d'anie diem iv Kalendas^ ante diem vx Mus. De deu\ savants l'un explique ces sigles tt par testis, et l'autre par titulus. Tantôt TM sont rendus par tamen et par testamentum; tantôt par testimonium^ quoiaue l^s sigles de testameî> tum soient TTM^ aaus quelques iatcrprétations manuscrites. On n'est pas moins partagé sur la signification des deux sigles /f, coiyoints, dont les jurisconsultes se servent quand \\s citent le Digeste ou les Pandectes^ qui composent la première partie du droit romain et du corps du droit civil. Les uns les ont pris pour deux nn joints ensemble , qu imarquent Pandec/f4 au plurjel, et que les copistes inhabiles ont pris pour deux ff. Lqs Auties y voient le is* grec, qui est la lettre initiale de Pandectts , ou le ^ qui signifie Digesla. Les Allemands croient que ces deux sigles désignent les deux empereurs

(1798) Motmm, de ta mon. franc.^ t. II, p. 157.

(1800) Valer. Pro6., De notis, p. 1^, 13.

(1801) Hygr», De limit. constit., p. 15i, 153, t06«

(1802) Maniuus, 1. IV.

(1805) Cbrisloplie Qarcnberg, dans son Histoire diplomatique de réglise cathédrale de Candersheim , publiée à Hanovre en 1754, observe que les doctou rs ma homëtans son t fort partagés su r la signi (ication de cette espèce (rénigme, qui résulte des abréviations introduites dan^ lur hunoux Korau

Fréuërics,quioiil remis en TOgue et autorisé le nouveau droit de Justinien. Qui pourrait deviner la signification de ces lettres initiales*99/ etpp, si Mafféi (1804|) n'avait découvert dans un acte de Tan 292, é.rit sur une pierre, qu'elles veulent dire ' Qua quemgi«e tafigU et populum'f Avant cette découverte on se serait applaudi, en lisant : (^uo^ quo tempore et perpétua ,. parce que ces sigles peuvent avoir la signification de ces raot^ dans d'autres anciens monuments. Le même auteur observe (1805) qu'un habile antiquaire a lu sur deux inscriptions : Dis coneervatoribue pro ealute animae «tiae, où il fallait lire Bis conservatoribus pro salute Arriae suae. Vigenërc fait signifier à ces sigles. Q. R. C. F. Quando rex comiiiq fugit^ ou si Ton veut : Quando rex comùiàvU fàs, A laauelle de ces deux explications faudratril s en tenir ?

Inutilement accumulerions-nous ici exemples sur exemples pour montrer l'incerlitudo ctréquivoquede 1 écriture en sigles. Les anciens s*en aperçurent bicntO^t, ef Tempercur Justinien porta une loi qui bannit des Tlvres du droitlessigles, comme étant obscurs, énigmatiques et trop sujets à caution (1806). Parla loi 2'anta nos (1807), ce législateur décerne la peine de crime de faux contre tous ceux

aui oseront s*en servir, en copiant les lois e l'empire. L'empereur Basile défendit aussi de les employer en pareil cas.

lU. Usag,e des sigles dans les manuscrits et les actes. Une buîle ou toute autre chartey. dans l<xquetle les noms propres sont seulement marqués par leurs sigies ou lettres initiales^ doit-elle passer pour suspecte. — Cependant, malgré 1 obscurité et le danger de cette écriture, on en a fait plus ou moins d'usage depuis les premiers temps jusqu'à nos iours. Le Virgile d'Asper, dont nous avons découvert plusieurs fragments dans des feuillets raclés du manuscrit 1278 de l'abbave de Saint-Germain des Prés, offre un nombre de vers écrits en sigles. Asper^ ou son co^nste, supposait que ceux pour qui il écrivait, étaient extrêmement versés dans la lecture de Virgile. Encore aujourd'hui qui serait embarrassé à lire ce vers : Tityre t. p. r. s. t. /; et bien d'autres également familiers ? Dans ee très-ancien manuscrit les sigles sont suivis de points, comme dans les inscriptions et les autres monuments de l'antiquité. Dans les diplômes on écrivait quelquefois mt- Ularecingulum par M. C (1808). On n'avaitpas oublié au xi* siècle cette manière d'abréger récriture. Le fameux terrier d'Angleterre dressé par ordre de Guillaume le Conauérant en est un preuve* Ce manuscrit en deux

(1804) Hht. diplom. p. iîl.

iïSObJMus. y^roft., p. 91.

(1806) Col., 1. I, lit. 17, De veleri jure enucleando.

(1807) Ibid., 1. II, § n.

(1808) Méhestriek, De la chevaterte^ p. 15.

(1809) WilleS. Nicolso!i, The english historicat li- Brarv, p. 96.

(1810) SiDOR., Orig., I. xvi, c. 26.

I8i!) PuTscniiJS, p. AÏ9, 2019, 2020.

1812) Hist. delEgl, Gallic, t. V», I. Mx^p. 11". 1813) Hist, litt. de 11 Fr., l. VIIl, p. 17.

volumes^ que les Anglais appellenC Bornes^ day booky fut écrit en lettres antiques et en sigles (1809). Ces sigles néanmoins n'y sont

f>as à beaucoup près si fréq^uents que dans e "Virgile d'Asper. On s'en servait encore pour oistinguer les livres, pour marqner le nombre des chapitres et des cahiers des manuscrits. On exprimait aussi 1» valeur des Eoids par différentes lettres des deux alphaets grec et latin (1810).

L'ancien usase des seules lettres initiales pour marquer Tes noms propres s'est toujours maintenu (1811). Le P. Longueval (1812) convient lui-même qu'aux ix* et x* siècles» on les écrivait encore de la sorte dans les manuscrits. Ceux qui contiennent les lettres^ de Fulbert de- Chartres, en fournissent des exemples pour le siècle-suivant (1813). Nous pourrions citer une suite d'autres manuscrits depuis les premiers temps jusqu'au XV* siècle, où les noms de baptême et de famille sont exprimés par des sigles (18U). Que cet usage ait été pratiqué dans les actes et les chartes de^ toute espèce, c'est une v^érité certaine; attestée par une multitude de monuments et d'auteurs de tout pays. C*e$t un point de diplomatique, auquel Henri Spelmen (1815), D. Mabillon (1816), Ménage (1817), le célèbre généalogiste de 1» maison d'Uasbourg (1818), et les plus savants diplomatistes d'Allemagne r ont fait une singulière attention. Tous enseignent unanimement qu'il n'est pas rare de rencontrer les noms propres écrits par de simples lettres initiales dans les bulles et les diplômes. Cependant cet usage devenu tout commun depuis le ix* siècle jusqu'au xvi* a paru bizarre et tout à fait extraordinaire à certains critiques. Ils se sont imaginé que les originaux mèmes^ où les noms ne sont pas autrement désignés que par leur lettre initiale, devaient passer pour suspects. L'auteur des fameux mémoires de Languet, évoque de Soissons, contre^ les titres de l'abbaye de Compiègne (1819) a fait tous ses efforts pour accréditer cette fausse et dangereuse règle de diplomatique. « Ce critique impitoyable, lui répond l&céièbre Cochin (1820), ignope-t-il donc ce qu'il V a de plus commun dans les brefs et les lettres des Papes? Dans combien de volumes aurait-il trouvé des exemples de ce qu'il critique, s'il avait voulu les consulter? Qu'il ouvre les deux volumes des\EpllrM d'Innocent III, les conciles du P. Labbe, et toutes les autres collections semblables, et il verra que- les noms de la plupart des évèques, des abbés et même des seigneurs à qui les brefs ou lettres sont adressés , sont laissés en blanc (Iffîl), ou désignés seulement par une

(laii) Jfoiiiiiit. de la monarch. frane.^ L II!, p. ^A.

(1815) Glosê. Spelm., p. 42L

1816) De re diplom., p. 59.

1817) Hist. de SabU, p. 129.

(1818) Hebgott, Geneal^ ^miis Hûêburffi.t praef., p. 8.

(1819) Mém. de Compiègne^ p. 50.

(1820) Ibid.^p. 59.

(ï S'a!) De re diplom., p. o*i, n* W. " 4

PALËOGRAPUIEL

lettre initiale» Celui à qui /ou écrivait, a*avsîl pas besoin qu'on Hnstruislt desoa nom^ ni de ceux des personnes avec qui il avait affaire. D'ailleurs l'expression de la dignité sufiisaity et ne laissait aucune équivoque sur la personne à qui elle était adressée, ou dont on parlait, o Malgré une réponse si tranchante,, des écrivains postérieurs ont adopté la fausse règle de Languet, et ont tenté de faire passer pour supposé un acte original adressé au Pa^pe Lucius HI par un évéque et trois ahbé^ sous prétexte que les noms de ces prélats n'^ sont marques que par des sigles ou lettres initiales (1^).

Pour couper pied à de pareilles chicanes, que des censeurs peu versés dans l'antiquité )iourraient faire revivre dans la suite, nous avons recueilli un nombre d'exemples de bulles, de diplômes et d'actes, où les noms propres sont seulement désignés par leur première lettre (1823).

Ces sigles ont été souvent mal interprétés par les copistes qui se sont donné la liberté d'écrire les noms propres toutau long(18â^). Les livres du droit romain n'en fournissent que trop d'exemples. Le nom d'Yves ou de Jesceran n'étant écrit que par la lettre initiale dans deux épttres d'Yves de Chartres (1825), un écrivain téméraire a rendu ce sîgle par Jean^ archevêque de Lyon. Dans les lettres kei 5d*£tienne, évéquede Tournai, où les manuscrits ne marquent qu'un P, Le Masson qui les a données au public , a

(1822) JuitifU. du mém. sur Vorig. de fabbaffe de Saint-Victor, p. 98.

(1823) Dans un diplôme donné par Louis le Débonnaire Tan 826 (a), le nom de Bernard, évcque de ScraslM)urg, est seulement désigné par B. En 097, le Pape Grégoire Y écrit son nom par le seul G dans une^ lettre à Tabbé Abbon : Domino specialiter venerabili Abbom abbati G. *ervu$ tervorum Dei, Mlutem inChri$to{b).On9L un rescritaalhentîqtte de Pascal II à Pierre, évêque de Poitiers, où leurs noms sont ainsi écrits en sigles : P. epUcopus^ servus servorum JDeif dilecto fralri P. Pictaviensium episcopo^ êoiutem et apostolicam benediclionem (c). Le P. Hardouin avait dans son cabinet une charte d'Anne de Russie, femme de Henri 1". Elle commence par le sîgle A goi désigne le nom de cette princesse (d). Le Jésuite juge cette pièce de bon aloi, charta geniiina. Heureuse charte d*avoir trouve dans le cabinet même du P. Hardouin un asile contre sa critique e( sous ses yeux une grâce qu'il n'accordait point à celles qu'il n'avait pas vues ! D. Mabillon (e) a publié deux chartes originales du xu"" siècle qui constatent l'usage où l'on était alors d'exprimer les noms par des sigles. Dans la première, Henri, comte d'Eu,. désigne par un G l'abbé de saini Lucien; dans la seconde, Lambert, évèi^ue de Noyon, écrit son nom par une seule L. Parmi les chartes écrites à Ih fin de la grande Bible de saint Martial de Limoges, il y. a une bulle d'Alexandre III qui cororaenee ainsi : A, €pus <er9M, urvorum Dei L. Lemofn^ensi episcopo, salutem et apoêlolicam benedictianem (/}.. Robert de Meulan, comte de Leicester, écviyait amsi au même Pape : Reverendis$imo Domino et Patri A. Dei gratia Êummo Pontifici R. Comêê^Legercestricp humiUs tan-

(a) Booocsr. BecueU des^hiu. de Fr., L Vf, p. SitO.

(a) Amud. Bened., t. IV, p. 107.

(r) ibid.. p. 460.

id) Us, de ta bibt. du Hci 0216. A., p. 282.

(«> Di te diplom., p. 9>JI el997.

imprimé Pttro au lieu de Pontio , comme Va. remarqué Baluze (1826), d'après le P. Du Moulinet. Ces méprises des éditeurs et des copistes dans Texplication des noms laisr ses en blanc, ou marqués par leur lettre, initiale, ont non-seulement jeté beaucoup de confusion dans l'histoire, mais elles ont encore donné l'occasion d'accuser de su[)position des pièces très-sincères et très-authentiques, où Ton a substitué un nom pour un autre. C'est ainsi que les copies des mêmes chartes paraissent souvent niusses » quoique les originaux soient irréprochables. IV. Ecriture en chiffres : explication et lec* ture de deux chiffres de Raban-Maur. — Les caractères déguisés, transposés et variés» pour écrire des lettres et des choses secrètes, ont été en usage dès les premiers temps. C'est ce qu'on appelle sténographie ou cryptographie, c'est-a-dire écriture en chiflTres, qui ne peuvent être entendus que par ceux qui sont convenus ensemble de la signification de ces caractères mystérieux. Cette écriture en chifn^es est ancienne de plus de deux mille ans. Nous ne parlerons point ici de la scytalelacédémonienne. Selon saint Jérôme fl827),leprophèteJérémies*estsecvi quelquerois de cette manière d'écrire,, mais en transposant seulement les lettres. £née surnommé ïacticus inventa en partie etramassa,au rapport de Polybe, jusqu'à vingt manières différentes d'écrire en chiffres, dont il fallait avoir le secret, pour y comprendre quelque chose.

ctitatis tuœ fiHxiS satuiem et benediclionem {g). Dans une lettre dii chapitre de Reims à celui de Rouen, les noms du prévôt, du doyen et du chantre sont* pareillement écrits par les seules lettres initiales (/i). Ces sicles sont communs dans les chartes de Normandie et d* Angleterre, surtout depuis le xr siècle jusqu'au xv** siècle. L'Allemagne et rilalic ont aussi fait usage de cette sorte d'abréviation des noms propres. Siglis, dit (i) Gudenus, non sunt scriptœ

?mœdam voces in diplomatibus /a/t'/iû, qnœ hodie taibus commode exprimuntûr, exempH gratia S. pro sanctus. D pro Dominas, D G pro Dei gratia : initiales tamen lilterœ tam in principio et contextu, quam m série Testium adductorum positœ fréquenter sunt signa nominum propriorum. Sic per sigtam C, indigitatur forte, Uonradus, A. Arnoldns IV. Wernerus : Quœ tatnen nomina, ad habendam certitudinem, rite, expressa mallel posterilas. En 1427, le cardinal Cassinl écrivait ainsi à la ville de Sienne : Magnifids et cxcellentissimis D D, prioribus, Consi- Uo Communi ac Capitaneo poptdi civitatis Senarum amitis nostris Cliarissimis À, Cardinalis S. MarceUi (;)•. Après que nos critiques modernes ont reprouvé une- multitude de chartes sur les motifs les plus frivoles,. on est moins étonné de les voir décrier celles où les noms des personnes sont exprimés par des sigles. C'est attaquer ces monuments par l'endroit même qui les rend plus conformes aux anciens usages.

(182i) De re dipl., p. 59.

(1825) HUt. littér. de la Fr.^ t. X, p. U7 et Itô^

(1826) Hist. de la maison d'Auverg., 1. 1, p. 58.

(1827) Commentar, incap^ \\\ Jerem,

(/1 M s. du ilôt 5560, 3.

(y) Lb BBAttEtm, Preuxe de CHist u'Evreux, p. 5*.

{H) RBfls:n, Canât. Norman, i parte, p«g 89.

(f) Sytlog. I, varior, dipt.^ praf»t., p (i

(f ttal'sacr.,i, ll,p. Oitf.

lUCTIONNAlUE ttE l^ALEOGRAlilîE, KFÇ.

Snélonc nous npprcnJ que Jules César écrivait en chiflres. Cet empereur les appcïait cœcas lUtera^j des lettres occultes (1828). Il employait le quatrième élément, c'est-àdire Je dpour Ta, et aiosi des suiyai^ts. Mais Auguste écrivait 6 pour a ^ e pour 6, et transposait toutes les lettres de cette ma^. nièrCtetau lieu de Vx, il marquait deux AA (1829). Ces exemples prouvent que les Uomaius formèrent leurs chiffres par lo renversement de rcrdre naturel des lettres de leur alphabet. Tel est le chiffre d'Auguste, qu'AuluHGelle (1830) nous a conservé. Du reste ces renversements et ces transposirions de lettres n'abrégeaient point l'écriture occulte, puisqu'elle renfermait tous les caractères riéi^essaires poiiç exprimer les mots; niais elle la lenuaît inintelligible à ceux qui n'en avaient point la clef. Le concile dfi Nicée eut recours j( ces chiffres, et la manière qu'il prescrivit pour écrire les lettres formées, qu'on pouvait intercepter, revient à cette espèce de sténoiraphie , où les mots sont rendus par leurs lettres ini-. iiales.

Au moyen âge cet art revint à la mode. Saint. Boniface, archevêque et martyr, passe pourl'avoitpoçtéde PAnglelcrreen Allemagne (1831). Raban, abbé deFuldeetarchevéquede Mayence, donne deux exemples de celle écriture occulte, dont nous avons découvert le mystère. Dans le premier on supirnne les cinq voyelles A. E. I. O. U. et on eur substitue un* certain nombre de points ainsi disposés: . n c. p. t v: r s :s sb :: n.

F l C. l RCH. GL l l IV. ^ * %. Q.I M • R T. R. 8. I.» I

est représenté par un point, l'A par deux^ TE par trois, 10 par Quatre et TU par cinq. Ces points ont été mal rendus par les copistes ou les éditeurs de Raban, qui n'ont point entendu ce chiffre, dont voioi Texplication: Incipit versus Bonifacii Argdi. glo- RiosiQUE MARTYRis. Daus Ic sccoud cxempIc, on substitue la lettre suivante à chaque voyelle que le, premier chiffre remplace par des points. Les consonnes B. F. K. P. X. tiennent la pla/ce des voyelles et ne lais^ sent pas de conserver leur proï)re valeur. Voici le chiffre dont Raban fait honneui aux anciens sans l'expliquer: kbrxs. xpp

FPRTK.S. TKPP. KSTBR. SBFFRPP. BRGHKTFNENS SCFPTRP. RFGNK. XT. PFGX8, BXPF. FEUCITER.

A. C'est-à-dire : Caniâ XÎ^ [Chrinto) fortU Tiro, instar saf^o areitenens sceptro reçni^ ni decus auro. Féliciter, Amen, La première lettre est un vrai K. Le second motest XPO^ ancienne abréviation de Christû. L'éditeur de Raban a oublié le T dans le cinquième mot. Le sixième peut être lu safêiro ou saffiro ; car il n'y a point de ph. Au dernier E du mot suivaQt , on aurait dû mettre une F.

Nous ne savons si c'est exprès ou par mé-

. (1828) Julius Cœsar comneverat^ ii quid tecreti Cttiquam per Huerai iignificaret^ quarlum %empcr etemenium in scribendo^ pro eo quod xnmi debebaly ium^re ; tie obvia iiuerarum (criiocuivi^ cssct [n)» (18^20) SrFTON. In Anynst., r. 88.

garde qu'on a mis un véritable E. A l'anlé'

Eénultième mot les copistes auront probalemeut mis une F pour un P. Le chiffre ne s'éteçd point fux mots suivants. Après ces éclaircissements, il n^est pas difficile d'y trouver cette espèce de vers :

CaEU^ ChRISTO, FORTIS TIRO,

Instar safbiro, arçiteneh sçptro regni ut decus alro

Fi^L^ITER. AmBN.

Chrétien Brçithauptdans son Art de déchiffrer ^ donne l'explication du chiffre dont se servaient autrefois les Normands pendant leurs fréquentes incursions en France, atii> que leurs desseins ne fussent pas décou-» verts (1832). Les lettres en chiffres étaient en usage au xii* siècle. U y a dans Iç se^ cond volume de Rymer (1833) une lettre do l'archevêque de Cantoroéry à Edouard 1" roi d'Angle tetre» par laquelle il l'informe qu'on a trouvé dans les poches de Léolin » pçiqce de Galles, le dernier de h race des anciens Bi^etons du Gallois, plusieurs lettres en chiffres, pa^r lesquelles on découvrit Îu'il avait des intelligences eo Angleterre, 'écriture en chiffre est devenue tres-Kîomnxune dans les derniers-siècles ; mais en ce genre rien n'e^t plus célèbre que l'alphabel secret du oardinal de Richelieu (183&). L'are decifiratoria de Breithaupt est précédé d'une, dissertation sur les différentes manières d'écrire en chiffres, employées par les anciens et par les modernes. Depuis l'abbé Tritbème, une multitude d'auteurs ont traité delà eryp-. to'^^raphie^ Ils nous ont donné des ouvertures pour expliquer les chiApres»^ et en oi^ proposé de nouveaux. Contentons-nous d*àvoir mis sur les voies ceux gui rencontreront ces caractères mvstérieux dans les £Uiciens manuscrits. L'afph^ et l'oméga des Grecs n'y sont pas moins fréçiuents que dans les diplOmes. La signification de ces deux chiffres sacrés es^. assez connue.

ÂtT. II. Des chiffres grecs, niRiqu^, roimûos, fravçaiSp ]|llemmds, espsgno»; origiiie des chiffres ^nodemes, QoiDinés chiffres arabes.

§ t. Àneiemelii/preê'dêt Grea^des Bpmtnnjt^ 4e$ Frtmcme^ des AUeniandSf dei EspannoU et dès peuples upienurhnaux.

L Chiffrée grecs ; leur qntiquiie remaniet-elle Juiqû'à Cadmusl A-t-on fait usage de répiseme jSac des Grecs dans les manuscrits, lalins pour signifier vi ? — Les caractères dont les^ anciens se servaient pou^* compter et pour abréger les noms de nombres sont de véritables sigles. A l'exéniple des Hébreux, les Grecs et 1q3 Romains donnèrent à leurs lettres la valeur, en suivant Tordre, que chacune tenait dans l'alphabet, ou en rendant les termes numériques par leur élément initial. Chez les (irecs^ par exemple, ri est la fetti;^ initiale de r« pour fiut, qui

(iSôU) Noçtes. Attictp,^ i. xvii, c. 9. '1831) Raban. Maur, t. VI^ p. 55i.

,t83«) TkiTiiEM., Po/ttcr.,p. 180.

(18Î3) Paîç.Si.

M85i) Lesjmndn Grand Seigneur ^ lelirc T?»

QJI

PAliiOGUAPniE

ddi

signifie un; I« w du mol w«vt», cinq: le A du mot *iz«, dix. L'II vaut cent, parce qu'il commence le mot Hxarôv, et rx signifie mille, du jnot ydîa. Mais en quel temps s'est-on avisé d'assigner un nombre à chacune des lettres de l'alphabet? Quel est le premier des Grecs qui s'en est servi pour compter? En général, les uns attribuent la science des nombres à Mercure, les autres à la déesse Nuinéria ; les uns à Abraham, les autres à Theutdemon et la plupart aux Phéniciens. Hais on ne croit pas que l'invention des chiffres re*"? monte k ces premiers temps. L'on employa (l'abord, dit-on, les différentes inflexions et {)ositions des doigts, pour signifier les différents nombres (1835). L'on compta encore avec de petits cailloux, et de là les termes de calcul et de calculer. Vint ensuite l'invention des chiffres, dont Tite-Live fait honneur à Minerve (1836) : ce qui signifie, à proprement parler, que cet historien n'en connaissait point le premier auteur. Platon (1837) et saint Athanase (1838) les donnent à Paldmède. Saint Isidore de Sévillo et le vénérable Bêde en font auteur Pythagore et Nicomaque. Or le plus ancien de ces inventeurs vivait longtemps après que Cadmus eut apporté les lettres en Grèce. Cependant Je président Bouhier (1839) suppose qu'elles étaient numériques lorsqu'elles furent apportées; mais il est beaucoup plus probable qu'elles ne le devinrent qu après qu^ l'ai" phabet grec fut complet.

Dans notre troisième alphabet général des lettres grecques, nous avons fait précéder cha-

3 ne élément de sa valeur numérique (1840). n y voit trois caractères réduits au seul usage de marquer les nombres. Samuel Bernard a rapporté dans son Diagramma les chiffres attiques. S'ils sont les plus anciens, ils sont aussi les moins expéditifs. On les tfouvefi^ dans la planche lx de ce présent volume. Moiis nous abstenons de détailler les différentes cQm.bi(i/iisons des caractères numériques des Grecs ; elles n'ont été bien connues des Latins qu'au xni* siècle (184*1). Leur manière de compter a été expliquée en latin par Henri Etienne (i8tô), et en fran^ çais par l'abbô Lapglet (1843). Passons à quelques recherches utiles sur ces chiffres

il835) CosT\DAV^ Traité des tignety tom. Il, p, 82. 1856) TiTK-LivE, 1. vu, c. 5.

1857) /)« Rep., I. vn, p. 697.

(1858) Advers. génies»

(1859) De pri9ci$ iitter., dîssert. ad cdkem Paiœogr. érœeœ^ p. SQ7.

(1840) Tom. I, planche xi, p. 681.

(1841) HaUb. Paris (a) nous apprend de quelle manière la science des nombres ffrecs secommuniqum en Occident , vers Tan Î^Àtk, par le moyen de Tarchidlacre Jean de B^singetokes : Magi»ter Johannes^ dit-il, figura» Grofcorum numérales et earum noiUiam et significaticnes in Angliam portavit, et familiaribus suis declaramt. Per quas figuras eiiam iitterœ reprœsentanlur. De quitus figuns hoc maxinu gdmirandum^ quod unie a figura quiiibet numerns repvœseniatur : quod non est in latino vel in algorismo. {Vityez PiTSErs, de Hlmtribus Angtiœ scriptoribus ^

grecs introduits dans les diplômes et les manuscrits d'Occident.

Dans les lettres formées dont fusagedura jusau'au xv siècle, les évèques de France et d'Allemagne employèrent un certain nombre de lettres numérales grecques. On peut voir, dans la Collection des conciles (1844), la valeur, les diverses significations et le mystère de ces caractères au moyen desquels les

!)rélats se précautionnaient contre les arli* ices des imposteurs. Mais de tous les chiffres grecs, le plus usité chez les Latins fut Tépi* sème^l?«v, qui a pris insensiblement la figure du Ç^ queue. 11 parait sous cette forme dans une inscription latine de l'an 296, dans les manuscrits et les diplômes du premier âge (1845). 11 est certain (184G), et nous avons prouvé que chez les Grecs il signiûe 90, parce que sa figure est devenue avec le temps toute semblable à c^lle de l'épisémon xoTTira (1847). Montrons maintenant qu'il vaut ordinairement vi dans les manuscrits et les chartes latines les plus antiques.

La célèbre collection des canons renfer** mée dans le manuscrit 936 de la bibliothèque de Saint^ïermain des Prés, écrit au vr siècle, exprime perpétuellement le nombre six par q. C'est ce que nous avons remarqué après dom MabilloB (1648), en parcourant les chiffres qui distinguent les canons ou chapitres. Chaque sixième canon et tous ceux où le nombre six es} renfermé, comme 7, 8, 16, 26, 28, sont écrits par q. Ce caractère, pour signifier six, est ordinaire dans le texte et les capitules de Grégoire de Tours, cidevant de la cathédrale de Paris, et présentement de la Bibliothèque du Roi ; et dans le beau manuscrit d'Onçène de Saint-Germain des Prés, fol. 72. Ritter, dans ses Pro^ Ugomènes sur le code Théodosicn^ quil a revu sur un très-ancien manuscrit de Wirs-. bourg, prouve que la note ç v signifie six. Le manuscrit mérovingien 1278 de Sainte Germain des Prés, écrit a la fin du vu' siècle^ offre le môme chiffre dans les nombres 16» 17, 18, 19. Personne n'ignore que la fête do Noël se célèbre le 8 des Calendes de janvier Or dans le Calendrier de Corbie du vurjiècle^ elle est ainsi annoncée : q ii. Rt. Jm. Le

sur fan 1252, p. 28â.| Si Ton veut $avoir de qucl& caractères oo se servait à GonstaiitÎBople pour marquer les sommes, bu n'a au'à consulter le livre in-, titulé : Analeetagrœca, publié par Dom deMontfau-L con. On y trouve ces caractères employés dans 1;^ Logarique ou le Rationarium^ et dans le Typique ou.> règle ie Timpératrice Irène, imprimés dans ce recueil. Le raamiscrit d*où \o Typique a été Uré es! signé, de la propre raaio de eeûe princesse, en lettres rouges.

(1842) Appeud.ad Tiiesaur. grœc,, col.2Q5 et seq.

(1845) Tab. clironoL t. I, p. 528 et suiv.

(1844) Labbe, tom. YllI, p. 1803 et seqq.

(1845) Maffei, Istor. diploni.y p. 1^5.

(1846) Vossius, De arle granun., I. i, c. 25, p. 8I.

(1847) Tom. F, p. 683.

(1848) De rediplom.y p. 21G.

9iS

IHCTlONIfAIttE DE

premier chiffre a donc ici la râleur du vu et Don du Y9 comme dom Mabillon (1849} et LoDgiiemare (1850) Tout dit, sans doute par pare inadvertance et sans le vouloir. Dans le Mariyroloft qu'on trouve à la fin du Sacramentaire de Gellone, écrit au vnr siècle, le septième jour des Calendes est marqué parc I. KL., et Képisèrae grec est fréquemment employé pour signifier vi. Le manuscrit du roi 256, qui renferme les quatre Evangiles en latin, exprime le plus souvent six par vi ; mais de temps en temps le même nombre y est marqué par ç. Ce chiffre est fréquent dans le Commentaire de saint Jérôme iur les Psaumes^ écrit au vt* ou viir siècle et renfermé dans le manuscrit 2235 de la même bibliothèque.

II. Valeur du q ou ç dans tes diplômes; méprise de dom Mabillon^ d'où l'on a tiré une objection spécieuse contre le testament de la dame Clotilde; chiffres étrusques et runiques. — Que l'épisème des Grecs ait constamment la valeur de six dans les anciens actes publics, c*est un fait démontré par la charte ou f»apier de Ravenne de Van H^ publié par e marquis Mafféi (1851). Ce savant reprend Gruter (1852) et Heinesius d'avoir mal ex- I>liqué le ç, qui vaut vi dans les inscriptions latines (1853) et non pas. v, comme ils Tout prétendu. La constitution d'un tuteur spécial, écrite en papier d*£gypte long de six pieds, et datée, P. C. Basili V. C. anno x q; c'est-à-dire post consulaium Basili viri c/arissimiy anno xvi(1854). La môme date écrite par Tépisème grec parait dans un autre papier du vi* siècle, gardé dans les archives métropolitaines de Ravenne (1855). La charte de Clotilde, dame de qualité, fournit une date de la seizième année du règne de Clofaire il, et non pas de Clotaire III, comme le croyait dom Mabillon (1856;) Or, cette époque «st ainsi marquée dans Toriginal publié par

fl849) De re diplom.., p. 560.

(1850) Dissert, sur la chronoL des rois mérov., p. 35.

(i8M) Istor. diplom.,p. 130.

(i85i) lbid,j p. 133. Mafféi i^e contredit sans s^en apercevoir lorsqu'il relève (a) les PP. Mabillon et de Monlfaucou, pour avoir lu dans une bulle de Pascal l" Guidus' Julius ; ce que le docte italien prétend devoir être rendu par v Idus Julias, Mais si la figure est ç 11, elle signifiLTa viii Idus Juiias,

[1833) Fabrctti, Imcript», c. 7, p. 540.

[1854) ïstor. diptom,. p. 161.

4835) Ibid., p. 171.

|1836) Ce savant homme a reconnu sa méprise dans un écrit sur les Antiquités de saint Denis (b). Void ses termes : c Le testament de Clotilde, dame française, en faveur de saint Denis, impriinié dans Isi Diplomatiquey ne convient pas au temps de Clotaire 111, comme je le croyais pour lors, mais à rannée seizième de Clotaire 11, qui est Pan de Jésus- Christ (599). ) Celte mé(>rise a suscité à D. Maliillon deux sortes d^adversaires bien différents. L'abbë de Longuerueet le P. Pagi, convaincus de la bonié du diplôme, oui soutenu qu'au lieu de Tannée seizième le Bénédictin aurait dû lire Pannée guatorzième de Clouire III. Le P. Germon voulant faire

(A) Istor. diptom. p. 165.

I» Owrati. jfptth, I. il, p. 346.

PAiEOGRAPntE, ETC. VU

le même savant (1857j : VBl}^ De ces deax

chiffres conjoints, le premier est Tx et le second le ç . Leur séunion donne la seizième année du règne de Clotaire. Il est impossible de lire autrement ces deux caractères qu'ils n*out été his par dom Mabillon (1838). Cependant Lemgucrue, dans les Annales des. Ftan— çais (1859), soutient qu'ils signifient xiv. Aio^ ait-il, eruditum Mabillonium non recte numéros istos merovingicos implexos legisse^ et loco XVI legendum xiv. Dans le diplôme de Tan 690, qui accorde ou confirme à saint Denis la terre de La^ny, la seizième annéedu règne du roi Thierry (1860j est fizurée* comme dans la chaste de Clotilde Le P.. Pagi (1861), qui ]^econnait avec Longuerue la sincérité et Tauthenticité de ces deux, originaux^ s*est mis Tesprit à la torture pour" découvrir dans les chiffres le nombre xiv. Il y avait trois figures : la première, dit-il, est Vxj la seconde un t, et la troisième un t^ dont le derièiev jambage est effacé par vétusté. Il prend le point cgdi suit le chiffre pouc un reste de ce prétendu jambage, sans faire attention que les anciens avuent coutumode mettre des points à la fin des chiffres. Mais, malgré tous les efforts du savant Minime, lesantiquaire&ne verront dans la date des deux diplômes que Tx qui signitie dix^ et le ç qui ajoute six. Le môme épisèmo, grec sert a exprimer le nombre de xvii dans la charte de Vendemire et de sa femme Er* cambcrte (1862). Enfin, pour faire voir que Tabbaye de Saint-Vincent de Paris a porté le nom de Saint-Germain avant la translation. qu*on fit de ses reliques Tan 75^, dom Mabillon. a fait g]L*aver un plaid original de Childebert 111, oii la huitièn^e année de son rè^ne est écrite avec les chiffres 11, qui valeni VIII (1863).

Notre savant Béuédictin (186i^J était }«ersuadé que cet épisème des Grecs cessa d être

croire k ses dupes que la plupart des chartes originales produites dans la Diplomatique sont fausses», ou du moins suspectes, n'a pas manqué de profiler de la faute de D. MabiUon. L*aateur des observation» sur les chartes des rois de la première race vienK encore de faire (c) reparaître le testament de Clotilde^ où le règne de CloiairellIest,dit-il, prolongé iusqu*à^ la setziéme année, quoique ce prince, selon les historiens, n'ait régné que quatorze ans, et que le P. Mabillon lut-métne dans ses annales ne donne pa^ plus d'étendue à son règne. On voit par cet exemple et par plusieurs autres ove les plus fortes objeclioiis des adversaires de D. Mabillon ne roulent que sur les méprises qui lui sont échappées. Elles sont trèspardonnables a un savant qui, le premier, a dâridié un pays inconnu.

(1857) De re diphm., p. 578, 579.

(1858) Supplém.,p. 51.

(1859) BouQ., Recueil des kUt. de la Fr., U m^

(1860) De re diphm., 579.

(1861) Adann. 668, num. 8, 1. 111, p. 56.

(1862) De re diplcm., p. 581.

(1865) SunpUm., p. 69.

(1864) IbU.^ p. 95.

(r) Hist. de France, ptr le P. IUmk, t. Il, p. MIL

rALÉOClUIiîIE.

en usage coei les LalÏHs après le tiii: siècle. Néanmoins la table des chiffres dtessée par Walier, secrétaire des archives électorales de Sa M qesté britannique , offre quatre G de différentes figures gothiques du niv' siède, dont chacun a la valeur de six (1865). Mais ces chiffres avaient déjà perdu leur an* cienne forme. Si elle reparaît dans les autres monuments de France et d'Allemagne des XIV et XV* siècles , ce n'est plus que pour signifier cinq, comme Ton peut voir dans la table des nombres représentés dans notre

S tanche lx. On trouve souvent sur les méailles de Tempereur Justinien des ç qui désignent le même nombre de v, mais c'est que les monétaires les ont confondus avec les U à queues.

A l'exemple des Grecs, les Etrusques se' servaient de leurs lettres pour marquer les nombres (18G6). Ils écrivaient leurs chiffres de droite a gauche, niAx. iiixx. iiiaxxx. c'est-à-dire xviii, xxviii, xxxvni. Dans le

{iremier et le dernier nombre l'v renversé à a valeur de cinq, comme chez les Romains. Les anciens Danois imitèrent ceux-ci,, en attachant à leurs lettres la signification des nombres. Mais ils ne multiplièrent point leurs chiffres. IIjs exprimaient les nombres au-dessus de dix-neuf par des mots entiers» Nous avons fait graver sur notre planche lx leurs lettres numérales d'après Olaus Wormius (1867) qui, comme Ton sair, n*a rien oublié pour mettre en honneur rancienuG' littérature du Nord.

III. Chiffres romains; leur usmge Culnt iniroditii dans des temps d^ignorancer Manière dont les anciens les écrivaient. — Serait-il possible que les Romains, qui ont emprunté des Grecs les arts et les sciences, n'eussent point appris d'eux à se servir des éléments de l'alphabet pour compter? Si l'on en croit Quelques modernes, les anciens Latins ne nrent pas usage des lettres numérales comme on le croit communément (1868). Pour étayer cette opinion singulière, contre laquelle déposent beaucoup d'anciens monuments, on allègue ces paroles de saint Isidore de Séville, qui vivait au vu* siècle : Latini autem numéros ad litteros non compu* tant (1869). Mais 1** il en excepte expressément 17, qui vaut un, et YX dont la figure,

(1865) Lexic, diplom.^ abbrev,; Cottingœ, 1747 tab. ccxxv., col. 45tf.

(1866) GoRi, Difesa delV atfabetô elrusc, pref., pag. CLxii 112.

(1867) Fasti Danici, p. 155.

(1868) Eneycfop.,t, I",pag. 4.

(1869) Origin., I. r, p. 5.

(18701 Pdtschîds, col. 1345.

{1911) Solebant enim vetustissimi Grmcomm L pto N seribere : unde quinquaginta quoque numeri ng^ num^quad illi per'N scribunt, no$ per L more illorum mntiquitsimo scribimus (a). On voit qoe cet ancien autt^ordonneaux chiffhes romains une origine liiea dMIérenie de celle que nos modernes ont mventëe. t (Tefet, dtt-OD , la coutume de penser que ces cbiflhs8 romains i, v, x, sont des lettres, et point du tout selon Vacbter: i est plutôt une espèce de

(«) PUTSCBII», p. 861.

H^iiém^de Trerouj, avri! 1733, p. 705, 791.

dit-il , marque la croix et le nombre dix. 2* Prisnien, qui vivait en 525, parlant des nom<» bres et de la manière de compter des Grecs^ dit que. les Latins les ont imités d'assez près (1870). Il trouve l'origine et la valeur des chiffres romains dans les nombres grecs. La lettre L, par exemple, désigne le nombre de cinquante chez les Latins , parce quechez les anciens Grecs elle se mettait ixnir l'N qui vaut pareillement cinquante selon leur manière oe compter (1871). 3* Les nombres romains se montrent dans les inscriptions du premier âge et dans les plus anciens manuscrits. On s'en sert pour distin* gier les livres dans le fameux Virgile de édicîs écrit au v* siècle. Jusqu'au iv on employa le caractère C, qui est le c carré,

EDur marquer le nombre centenaire (1872). ^usage des chiffres romains ne fut donc ]>oint introduit dans les temps d'ijçnorance, comme on ledit dans V Encyclopédie, d'après quelques modernes (1873). M se peut faire néanmoins que ces chiffres ne remontent pas h la plu^ nauteantiqnilé. Lorsque l'écrilure était encore rare chez les Komains, ils compiai(*nl les années avec des clous (I87i), et la manièrn de les aliarltor devint dans la suite urke cérémonie de leur religion super^^titieuse.

Quand TusaRC de récriture fut nevenu commun, Tl, TV, l'X , l'L, le C, le J> ol PM furent les seuls caractères latins, destinés h marquer les nombres, au lieu que tlans l'hébreu, le grec et les autres langues d'Orient , toutes les lettres sont numérales. Cette disette de chiffres chez les Romains les obligea ù doubler, tripler, quadrupler leurs caractères numériques, selon qu'ils avaient besoin de leur faire signifier j)lusieurs unit(?s, dizaines, centaines ou milliers. Toutefois on ne voit guère multijilier les V et les L, mais les I et les X y suppléent. Ces six lettres combinées étaient portées jusqu'h cent mille, au-dessus desquels on prétend que les anciens Komains ne connaissaient point de nombre (1875). Lorsqu'ils tiraient une ligne sur quelqu'un de leurs chiffres, il produisait autant de fois mille, qu'il renfermait d'unités. Au lieu de mettre autant d'H que de mille, ils se contentèrent de les représenter par autant d'I surmontés d'une

biéroglypbe iiui désigne un doigt levé ou debout ; x est un autre niéroglypbe des deux mauis croisées, pour faire entendre qu'on exprime le nombre dix par tous les doigts joints ensemble. Quant à la forme V, étant la moitié de dix, elle a dû signifier le nombre V. Vacfater ne veut point reconnaître L 50, ni D 500, comme des letlrcs : ce sont, selon lui, des moitiés. Tune du N, l'autre du ♦ des Grées (6). »

(1872) Nova acia erudit., dec. 1745.

1875) CosTADAU, Traité des signes, tom. il, p. 90.

(1874) TftOTz, p. 502 et seqq. Annales, dit Pline (c), antea in clavis fuerunt, et per numemm-clavo* rum fixorum fuerunt anni numerati, ouod rarœ Ut" terne eo temoore futêsent, idcircoque clavum es legs vetusia figebat Prœtor maaimus,

(1875) CosTADAt, md., p. 89.

(r) L. VII, c. 40.

^tl

DIGTiONNAmE DE PALEOGRAPHIE. ETC.

barre. Ainsi îlxviui yaJait mille soixanteneuf. Celte barre sur i'î un peu abaissée forma un T qui signifia mille. Cette lettre renversée x a quelquefois la même signiflr cation. La lettre X, qui d'elle-même ne signifie que dix 9 avec une barre X vaut dix mille. V Lsurmontéo^rune ligne désigne cinquante mille, elle Ccent mille. Ces barres ou lignes horizontales furent placées d'abord sur les chiffres pour les distinguer des lettres (1876). Mais dans la suite elles ohi servi à distinguer les millièmes. Lorsqu'on érrivait plusieurs nnltés. le premier et le dernier I étaient prolonges au«dessus des autres, comme <lans Iiilver, quatuor-vir^ liiiilvir, sex-^mr. Le D seul marque cinq (îcnts. On en détacha la ligue perpendiculaire, d'où résulta la figure id (|ui conserva, la même valeur. VU tant i-apitalc qu'onciale m signifie mille, parce qu'elle est la première du mot mille. Mais comme onciale, elle s'est insensiblement changée en ces qua^ tre figures CI^, CD, OO .iQ^sans rien perdre de sa valeur. La figure OO paraît plusieurs fois dans un acte de Ravenne de Tan kkk (1877). Les copistes ont quelquefois confondu tous ces caractères avec V Q ,-feute de

connaître les rapports qu'ils ont avec F CO onciale, d'où ils descendent. Si quelquefois on trouve l'L entre les C, comme CL3, cela vient de Tignorance des mfrmes copistes qui, ayant vu que I'I s'élève ordinairement audessus des Cla, ils l'ont pris pour un L. L'X renversé servait encore de mille. Ainsi Xî^><CCC, XXCV, veut dire trois raille trois cent quatre-vingt-cinq. On marquait quatre-vingt-dix avec un X et un C, en cette sorte XC, parce que le C signifie par luir môme cent et que le dix X, est une distraction du cent. «Ainsi toutes les fois qu'il y a une figure de moindre valeur devant une plus haute , elle marque qu'il faut autant rabattre de la grande figure, comme iv, quatre : xl, quarante, etc. (1878). » On peut donc croire que les chiffres xxcv signifient seulement quatre-vingl*cinq. Un manuscrit (le Venise présente cette expression xxçy, pour marquer le nombre dos pieds que Pline donne à l'obélisaue du grand cirque romain. On a aussi uécouyert la môme manière de chiffrer xxcv dans un très-, beau manuscrit de la Bibliothèque du Roi, 60té 6797. Ces deux manuscrits, l'un du |\* et l'autre du xii* siècle, ne présentent donc point pour l'obélisque les cxxv pieds,

** (1876) Mém. deTrév.,mfki 1751, 1«'vol., p. 976,

S 1877) MArFÉi, lÉtor.dtplûm,,p 435.

1878) Méihodjatinede Port'Aoyat,^. 689.

1879) On pctiiToir les autres manières de mar quer et de combiner les chiffres romains au commencement de chaqne lettre daus le Gloêsaire latin (le Du Cangc, dans le grand Dictionnaire de Trévoux, dans le second tome du Traité historique et critique de$ signes de nos pensées, par le P. Cosiadau, dans les Recherches de Pasqnicr, et tians la premièt*c par- \^K des Tablettes chromiogiques de I.englct, où l'on

qu'on lit dans les éditions'de Pline. Telle est en général la manière dont les anciens se servaient de leurs lettres numérales (1879). Dans ia suite toutes les lettres de l'al^abei latin ont été prises pour des chiffres. 11 entre dans notre dessein d'examiner quel usage on en a fait dans les principales centrées de l^Europwe.

IV. Diversêe meniires âCexprimet tes nom» br$s dans les manuscriis et les diplômes (Tlta' /te, de France^ d'Allemagne^ d'Espagne ^ etc. — Dans les anciens manuscrits on écritquatre par 1111, et non pas par iv. On lit dans le Virgile de Florence à la tète du quatrième livre de VEnéïde : Incipil lib, un féliciter^

et à la tête du neuvième : Jnc, lib. i un [çliciter. Le manuscrit du Roi 4884' du vin* siècle ofifre le nombre quatre écrit de la mème^manière ; et le nombre neuf est rendu par viiii, à moins qu'il n'use du six ç avec trois iii^ ce qui n'est pas rare. Ce manuscrit ainsi que les autres plus anciens se servent de fx avant I'l pour marquer quarante. Dans le beau saint Hilaire de ta même bibliothèque, on commence au 28* cahier à marquer les signatures de cette sor4e x&çii. Ainsî^ répisème des Grecs était en usage dès le v* siècle dans les manuscrits latins. Celui de Saint-Germain des Prés, n* 1311, écrit au vu* siècle, présente upe manière singulière de compter les mois et les jours de l'année. On lit à la page deuxième : De'e, d xxxi E dec un, noti. vui, id. xviiu. K Januarias. Eeb. in Ka xxxii. In nô xxxvi. In tS xliik Ce qui. signifie que le mois de décembre a 31 jours : que des calendes de décembre aux nones, il y en a quatre ; des nones aux ides 8, des ides, aux calendes de janviei^ 19 : Tannée a le jour des calendes de février 32 jours, 36 aux nones, et aux ides kh. Tous les mois et les jours de l'année sont ainsi calculés. Nos. manuscrits emploient quelquefois Vj long parmi les chiffres. Lorsqu'il est surmonte d'une ligne j, il signifie mille. Dans le manuscrit du roi 107, le nombre des versets du livre de Judith est désigné parjccc, c'est-À dire mille trois cent, et celui du livre de Tobiepai^J. Les chiffres et surtout les I sont de différente hauteui:; P^i* caprice. Le manuscrit Royal 3836 et plusieurs autres en fournissent des exemples. Au lieu du v, on marquait quelquefois cinq u Ainsi écrit-on le nombre cinquante-cinq liiiii dans le manuscrit de l'abbaye de Saint-Germain 758 du via* siècle. On y voit plusieurs fois une

donne un extrait des notes numéraires des Romains, tiré de Sertorio Orsati. Il f^ut surtout consulter !e ms. du Hoi, 7550, où Ton trouve le détail des sîcni firations numériques de toutes les ktties de t^alpbabot. Les modernes ont profité de rexpHcatiou de ces clûflrcs publiée à la fin d'un petit livre, imprime C4i J 599, oui renferme les notes romaines interprélérs par Valcrius Probus, Nagnon et Pierre Diacre. L& mêmes notes numérales se trouvent dans le ReaseU des anciens grammairtens, puLlié par Elie Pois ciiius (a).

rALHOGRAPHlS.

parlic (le cos i écrits on dessous. Lo acmi semis est exprimé par un S placé h la fin des autres chill'res xcns, c'est-à-dire qualrevingt-douze et demi. Celle s (1880) prend la figure de notre 5, dans rancien PoUptique de Tabba^-e de Saint-llemi de Reims. Elle se mctre jusqu'à quatre fois dans le modèle de ce manuscrit , publié par dom Mabillon (1881). Raban dans son livre du Co/>a* put (1882) fait signifier h ce chiffre semis ou six onces. Il est diflicilc de faire quadrer celle signiftJîation avec cet endroit du Polt/ptique de saint Rémi, Ova licviis, deui mille cent sept œufs et demi; h moins qu*on ne rentenae du prix auquel la reJevance de ces œufs était évaluée. L'ancien manuscrit des lois des VisigotFiS, raclé pour écrire les Hommes illustres do saint Jérôme, laisse apercevoir une singularité, en marquant ainsi deux cent qualre-vingt-di^, cglxl, au lieu que nous écririons ccxc Dans le nianuscril 036 de la bibliothèque de Sainl- Germain des Prés, les canons du concile de Cartilage depuis le 89, soûl aussi chiffrés do la 5orle : ixl, 00 lxli, 01, ixui, 02, lxliti , 03, LXLuii, OV, i.xLv, 03, i.xLç, 06. Les chiffres tics canons sont accompagnés d ornomenis n<nrs, rouges el verts, et cela quelquefois à laUcrnative. Ils sont souvent entrelacés les uns dans les autres, et surtout les x; c'est ce one nous avons observé particulièrement «fans le manuscrit 1278 de la même abbayo. L abbé Diibos (1883) ne connaissait aucun inanuscritde riiisloire de Grégoire de Tours, copié du temps des rois de la première race, où le' nombre des années soit écrit toul au long. Il y est tenjjours représenté en chiffres ronjains! Sous la seconde race on a^ail coutume, lanl en Franco nu'en Allemagne, de dalcr en res mêmes chirires. Le même usage persévéra constamment sous la troisième au moins jusipi'au xv' siècle. Alors on commonija en France h mêler les chiffres romains avec les arabesques. Nous donnons, d'après donv Mabillon (1884), des exemples de ce mélange dans noire planche lx (1885). Les ancicMis chronographes ou emblèmes n'a.îmeltonl point le i> au nombre des lellres numérales. Outre les i)reuves que nous en donnons au bas de la page (1885), on i»n trouvera d'autres dans le tome 11 des

(1880) De redipion:., p. 45^

(1881) lbid.,p.Atil,

(1882) Baiiz., HhceiL, I. 1, p. 15.

(1885) nUi. crit. de la mon, franc., l. Il, p.2ia.

(1884) Oc re diplom.^ p. 573.

(1885) 'On lii sur une vitre tic réglisc «le Saiiil- Pîerrc à Aire, ce vers chrornïgi-aphiqtic aui iiiannic raiinéc lOGi. lils sepleM prebendas iV linL dVIne ded/sil. Il y a ilniis ce vers qiuUre D, qui trculrcnt l»a!» d:iiis ic calcMiI. Ceue leltro iréLill point encore iiuincrnie .iu temps de la balailIo.dtîMontlfiôry, ileiitiée en 1405, comme on le voit par cet ftut.ê Chronogi-aplic franvals, (|ut désigne cette nnnét-là : à C'Ajatïl, à Chesai.^ gcwlarMcs, à Ch^xai.. ÏJi i» n'élait pas encore compté en 1 185, comme ràtitcur d'une (itsserUition analvUqiuî sur les €ln'Oi)0^*atK|)'v*s le uioiitrc par une omce de ce genre faîte sous €lïar- Ics VIII (a).

(a) JmurfL des Suv., déc. ITSO^

Variétés historiques ^ physiques et htiérai' res (1886).

L^ anciens Espa^ols se ser>irent de$ mêmes chilTres romains que nous ; mais ils firent en même temps usage de plusieurs ' nombres singuliers que nous avons fait représenter sur la mètne planche, en y ajoutant leur valeur. Remarquons seulement .ici que Yx de forme ordinaire, qui signifie dix, désigne le nombre de quarante, lors-

3 non ajoute au haut du jambage droit un emi-cerde (1887). Plusieurs savants, pour n*avoir pas fait attcnlion h ce trait ajouté h 1% ont lu simplement dix, où ils devaient lire quarante. Celte méprise a produit des anachronismes, qui ont donné lieu d'accuser divers diplômes de supposition. Dans les monuments espagnols leT vaut mille(1888). Morales (1889) en donne des preuves solides. £n ajoutant deux points sur celle lellre, elle no signifie plus que 900. Néanmoins dom Mabillon (1890) n'y voit que i'i ries Uomains, c|uî désigne le nombre de mille. On trouve I X sous Ta forme d'un ^ dans un acte de la Polygraphie espagnole ^ daté sub era vccai L ^ vtni, c'esl-îi-dire de l'ère neuf cent soixante-iieuf. C'est à tort que don Joseph Ferez souliem qu'en Espagne on n'écrivait jamais le nombi*e cinq i^ir luii (1891). La Polygi^phie espagnole fournit àes preuves fie celte manière de chiffrer. Mais ce savant Bénédictin* professeur des langues dans l'acadénrue de Salamanque, a raison d'assurer que ri?s cinq 1 ayant auelquefois leurs pieds b>urnés les uns vers les autres et entrelacés peuvent signifier \ U9. Les ligures singulières l>ar lesquelles on exprimait en Esjjagne certains nombres, sont représentées dans noire planche L\. Morales ilit qVie les caractères connus dans tes titres do .sa natif»!! sont Ti. et lé XL d'une figtjre un peu gothique* Dit reste le cbilf're romain s'y est maintenu jasqcre dams le x%' siècle.

Les Allemands ont longleni-ps usé (les chilfres romains, à peu près coniiue on faisait en France. Dans ces cliiilVes les v eu pointe sont beaucoup plus fréquents <(ue les tj arrondis ou plutôt u obtus par le bas. llaban (1892) réduit a sept les lettres nu^ méraleSr qui chez les Latins, diuil, ne se

(IS86) Part, i, p. 'iOi et siiiv.

<t887) PKarz, Ulsxert.erclet., p. 2(î6ol mi.

(1888) La CkrûMifiHe «le .Morales avant Jt*siis-^^lirÎ!4 rminitl deux iiiscri|itieiis où Ion emploie cette Iv^uva I pour L. C'est |K>Hr cela que la preiuièrc a quciquolois la valeur de ctnquniite.

(^1889) Lachron. ^ener. de Espana^L xvi, p. 2 H, et I. XVII, j>. 370.

(1890) De re dipi^nn.^ p. 3IG.

(1891) liÎMer/. e£r/cs.,p. âo5.

(189i) Sepiem ergo LUieris UHtneri notunlur^ id est L V. X, h.C, D\ m. quw aul sotic posiitc ftt:m<rossignificaHiy Mf /nnmw, Vquhuiue^'X àecem^ Lquhh quaghita^ C centum, D (luiiujenlos, M mUU : ukI coniposUœ cmu aliis^ ni et V èi L sex siguificanl^ X el I uudechn : A* et L qua.lragluta^ Lct A sexHghUdf et X anteponitur € quando noungihta êigHifiait^ D vi C scxcentoSy. aut fuultiptkatœ )m se, veluti 1 dupi^

DICTIONNAmE OE PALEOGUAPIIIE. ETC.

mulliplient pas par elles-mêmes plus de quatre fois. Dom Mabillon (1893) fournit des exemples du contraire. Walthera recueilli, dans son Lexicon diplomatique d'abréviations, les figures des chiffres usités en Allemagne depuis le viir siècle jusqu'au xv*. Nous les avons fait graver dans notre planche LX.

Les dates en chiffres romains furent autrefois d'un usage presque universel , et n'ont jamaisété entièrement abolies. Les lettresnumérales des manuscrits sont les mêmes dans les chartes. Ici les quatre ainsi figurés nu sont d'un usage ordinaire. Lesc et les m sont presque également multipliés. L'x est répété quoique rarement jusqu'à six fois pour soixante. Mais les quatre x 'sont assez [communément employés pour quarante et pour quatre-vingt dix, quand ils sont précèdes de II. On trace souvent une espèce de huit arabe oo posé horizontalement au lieu de Vu. Dans quelques anciens titres les chiffres sont marqués à rebours, comme vix, qu'on a pris pour cinquante-neuf, au lieu qu il signifie XVI (189i). Cette manière de chiffrer revient à celle ci : sexto decimo^ au lieu de decimo sexlo. La date de l'an de rincarnation mille douze est ainsi exprimée i. xii dans une ancienne notice des archives de Jumiéges (1895). Dans une autre Tannée 105^ est rendue par ces chiffres iliv (1896).

V. Millième et autres nombres omis , surtout dans les dates. Nombre rond mis pour un nombre incomplet. Difficulté d'expliquer certains chiffres. Erreurs des copistes qm les ont pris les uns pour les autres ; points et virgules après les nombres. O sur les chiffres. — Mais le millième est souvent om-is, surtout dans les chartes et les autres monuments de France et d'Espagne. Dans un dipl6me original de Philippe 1", roi de France, on lit anno Dominicœ incarnationis lx"' (1897J.

Le millesimo qu'on a écrit au-dessus est d'une main postérieure. Le cartulaire de Soucilange (1898) offre une charte ainsi datée : Imperante Domino nostro Jesu CkristOj anno ab Incarnat ione ipsius cxi, et Ludovico rege 'Francorum régnante anno nu , c'est-à-dire Tan HCXI, la quatrième année du règne de Louis le Gros.

Pour abréger les dates, on omettait encore plusieurs autres nombres d'années et surtout les centaines. D. Mabillon le prouve l^ar une charte d'Espagne ainsi datée : JEra discurrente lxii, c'est-à-dire dans l'ère DCCC Lxii, sous le règne du roi Alphonse, ce qui revient à l'an de Jésus-Christ 834. La première édition du livre de Guillaume de raris est datée de l'an Mlt, quoiqu'elle ait

catnm duo tignifical, iripiicatum tres^ qnadmpHca^ tnm qualuor ; X duplicatum viginH^ tripHeatum tri" ^iMl/r. C. duplicainm dueentos^ trioficainm trecentot. quadmvlieatnni /fuadrUgentos. S'îdia auiem noia apnd Latinos muUiplicalur per se magis ifHam per quatuor vices (a),

(1893) De re diplom., p. 215.

(i89i) M^.?iAitD, Mist. de Nismes^ préf., p. 7

(1895) Annal. Bened., t. IV, p. ^4.

{ai IUbi!«^ DêtO)ipulo'M Miscet. Balcz , t I.

paru en M. dly. Par une scmblalife omission des centaines la lettre d'Erasme, placée à U tête de l'édition des œuvres de saint CvoriJ n'est datée que de ^XIX au lieu de Mom On ne manque point d'exemples pour inonl trer qu'on datait quelquefois seulement de I année du siècle courant. Les éditeurs du Glossaire latin de Du Cange produisent un acte daté seulement de l'an de grâce Notrt' Seigneur soixante^ quatre^ quoiqu'il soit certainement de 136& (1899). Dans le resistre A (1900) du parlement de Paris fol. 1, recto le privilège accordé aux écoliers de TUniversité porte la date de l'an trois cenitoixatutsix. Ce privilège néanmoins fut accordé par Charles V en 1366. Dans un arrêt du parlement de Toulouse (1901), il est fait mention d'un privilège accordé aux habitants du Jjinguedoc l'an cccctxxxiii avant Pâques, ce qui signifie l'an 1483. On lit dans un manuscrit deVIrhitation de Jésus-Christ, appartenant à Tabbaye de Meli, qu'il a été achevé die Kiliani 34, c'est-à-dire le jour de Sainl- Kilien, 1 an 1434, et dans un autre antio 21, ce qui signifie 1421. Rymer a publié les conventions faites entre Jean, duc de Normandie, fils de Philippe de Valois, et les Normands, dans lesquelles ceux-ci s*obligent à suivre le duc en Angleterre avec quarante mille hommes, pour faire une seconde fois la conquête de ce royaume (1902). L'acte est daté du bois de Vincennes le 23 mars l'an 38; il est visible que non-seulement le millième, mais encore les centièmes ont été omis,ei

3ue les conventions ne sont datées que e l'année courante, c'est-à-dire de Tan 1338. 11 est important d'observer que les anc eus exprimaient souvent les nombres pardcs comptes ronds laissant à quartier les nombres imparfaits (1903). Cette manière de compter n'est pas rare dans les livres sacrés. £lle a passé de là dans les monumcnls. It est certain, et personne ne l'içnorc, quele> Pères du troisième concile d'tphèsc éiaieni au nombre de 274. Néanmoins la seconJe profession de foi rapportée dans le Dmnww Romanum rappelle seulement un conciiede deux cent Pères, ducentorum sanctorumh^ trum. Selon cette manière de compter, Vépitaphe gravée sur le tombeau de Charlema^n^. porte que ce prince mourut septuagéMire, c'est-à-dire Agé de soixante-dix ans. îginanl son secrétaire et son confident, oui rapporte cette inscription, ne laisse pas de dire qu" mourut dans la soixante-douzième année.

Cet auteur n'a pu ignorer l'âge de son maître, dont il écrivait la vie. L'épitaphe a don' suivi un compte rond, en donnant soixanledix ans à Charlemagne au lieu desoiïaoïe-

(i896) îbid., p 547.

(1897) De reaiplom., p. 178.

(1898) Ibid.

{1899 T.IV,.col. 1Î45. ^^ ...

(4900) Secousse, Ordon. des row, t. 1^, P- '»*

(1901) De re diplom.y p. 178.

(1903) De re diplom,, p. 95.

^ss

aouze (1904^). Les anciens catalogues des Papes ne donnent à Jean XIII que six ans, onze mois et cinq jours de pontificat. Cependant son épitaphe porte qu'il a tenu le saint-Siége pendant sept années (1905).

D, Mabillon cite une charte de Raoul» évéqiie de Chàlons, datée de la vingt-sixième année du règne de Lothaire, quoique la vingt-septième courût depuis lemois d'octobre (1906). C'est que pour faire un compte roudt on ne mettait point en ligne de compte 1« surplus de la vingt-sixième année. « La plupart des historiens qui ont marqué les i^ommencements (du règne de Clovis II), les uns le font régner dix-sept ans et les autres dix-huit, ei apparemment ces historiens s'accordent en ce que ceux qui lui donnent dix-huit ans de règne comptent le dixhnitième qu'il commença et les autres ne le comptent point (1907). » Cette observation sur les années cat^5 ou incomplètes sert souvent à concilier les dates. Il est donc essentiel de bieii discerner quand les anciens parlent ou d'une année commencée, ou d'une année achevée, ou d'une année qni ne fait que commencer, ou d'une année qui finit. D. Mabillon trouve (1908) quelque rapport entre kl $uppi*essiv}n des années caves ou incomplètes avec l'omission du millième et des centièmes, lorsqu'ils sont précédés d'assez lires par les mêmes nombres. Par exemple lorsqu'on écrit ML ou seulement L pour signifier l'année mcccgl.

La 'commodité des chiffres romains a ses incommodités. Les copistes y ont fait et font encore mille fautes. Contentons-nous de quelques exemples. Une lettre originale, qui est dans les archives de la cathédrale de Olermont, porte cette date : Fada carta ipsa anno m. x. régnante Henrico re§e Francorum (1909). On a fait signifier à ces chiffres trois fois dix, et en conséquence on a rapporté cette date à Tannée uxxx de Jésus- Christ, au lieu de la rapporter & la treizième année du règne de Henri V\ Et pour qu'il n'y manquât rien, dit Baluze, on :^ a «goûté le millième qui n'est pas dans l'original. C'est ainsi que par de semblables bévues une multitude de chartes sont déclarées fautives dans leurs dates. Comme les deux lambages du V se rapprochent et se confondent souvent avec je nombre ii, les copistes ont pris Fun pour l'autre. L'u carré et IT arrondi par le i>as ont encore donné lieu à un plus grand nombre de méprises, à cause, de leur ressemblance avec le chiffre ii. Pline, dans les anciennes éditions, assure que de son temps on a vu deux éclvpses en douze jours, quoiqu'il soit naturellement impossible que cela arrive en si peu de temps. On croit avec beaucoup de fondement qu'une faute si grossière doit être mise sur le compte des copistes ignorants ou peu attentifs, qui ont pris

(1904) Dahiel, Hi$t. de France^ nouv. édit., t. if, p. 180.

!1905) ScHANivAT, Vindk» arckivi Fuldem., p. 56. 1906) Annai. Bened., t. III, p. «61.

îêdTjHhL de Fr. <hi P. Daniel, tom. H, CAro- ., p. 25.

l'u, ou Vv pour II, Ci au lieu de xv ont mis XII (1910). D'autres ayant transcrit tout au long ce passage, dont le chiffre était peutêtre déjà corrompu, ont mis duodecim diebuSf au lieu de ffuindecith. Dans le même endroit de Pline, le troisième consulat de Vespasien est joint au second de son fils, en dépit d6 la chronologie des fastes consulaires et de tous les plus habiles chronologistes. tl'est encore une faute des copistes qui, ayant pris l'un ou l'autre des caractères w ou v poui deux II, ont écrit m au lieu de iv. Ce ne sont point ici de vaines conjectures, l'autorité des médailles antiques et d'un nombre de bons manuscrite prouve que les nombres de Pline ont été mal rendus (1911). Ajoutons à ces remarques que la ressemblance apparente de l'i et de I'l dans les chiffres romains les a fait confondre plus d'une fois. Cependant l'i, ou premier des I, lorsque plusieurs se suivent, domine sur les autres caractères en montant plus haut, et en descendant plus bas. L'l en doit être distinguée par l'inflexion qu'elle forme dans sa hauteur et dans la courbure de son pied , tant dans les manuscrits que dans les diplômes. Elle est quelauefois tournée de façon qu'elle approche du z en caractère italique. 11 faut bien se donner de garde de prendre les v pour des VI , parce que 1'» carré en écriture cursive semble effectivement offrir aux yeux le vi romain exprimé par un seul caractère. On confond aussi les vi avec les v, à moins

3u'on y prenne sarde de près. Nous avons éjà averti que T Iuci^tç^lov j3aO ç ou q des Grecs perd un de sa Valeur dans les bas temps, où il est souvent employé pour le 5. Ajoutons ici quelques remarques sur la ponctuation du chiffre romain. Dans làStichométrie du beau inanuscrit royal de la bibliothèque Vaticane coté ix, oft sont renfermées les Epitres de saint Paul, les points ne sont pas marqués régulièrement à la (In des lettres numérales (1912). Elles sont suivies d'un seul point dans l'ancien manuscrit des lois^des Visigoths que nous avons découvert sous l'écriture du manuscrit 1278 , de l'abbaye de Sàint-Gerraain des Prés. Dans les manuscrits du roi 6413 et 3836, les nombres en chiffres sont suivis de points en forme de virgules. On les pbçait souvent avant et après la totalité du chiflre renfenné dans le texte. C'est ce que nous avons remarqué dans un diplôme original de Charles le Chauve appartenant h la Bibliothèque du Roi. Le dix y est ainsi marqué, x. Dans le code Théodosien de la même bibliothèque, coté W03 A , il y a une écriture demi-onciale du vu* siècle , où les nombres sor.t souvent renfermés entre deux points, i., si ce n'est quand il y a plus de quatre chiffres de suite. Cet ancien usage durait encore au X* siècle , comme il paraît par le Saint--

(1968) De re dipiom,, p. 05.

M969) Hist. de ia maitm d^Auver^^ U 1, p. iX

(1910) Desvolets, Mém. littér.] 1. 1, part, i, p. 201.

(I9H) IWrf., p. Î04.

(1912) 6iANCttJ?ii, Vindic, script, canon., p. 283.

DiCTIONNAlRE DE PALEOGRAPHIE, LTC.

Hilairc des Capucins de Tours, où les nombres sont écrits en cette sorte : j.. iu. nu. Nous ne )X)uvon$ déterminer au juste quand on a commencé à mettre Vo et le siino sur ou après le dernier chiffre. La charte originale de Childebert I", de Tan 5d5 » offre cet exemple de Vo : anno xl. \i\ le Saint'^Augustin manuscrit de TégUsc de BeauvaiSy dont le P. Mabillon (1913) a donné un modèle , est daté An xl simo Patris «osiri , ce que notre savant antiquaire entend dcsaint Columban, qui vivait sous Clotaire II. Une bulle originale de Pascal II, pour l'abbaye de Saint-Pierre le Vif , exprime aim* sa date : Anno âciiu. Il serait superflu d*at cumuler ici d*autres exemples de cette ma nière d'écrire les nombres romains.

§ 1 Chiffres Du/gairei nommée arabOé

I. Divers sentiments des savants sur Cori^ fine et Vantiquité des chiffres arabesques. — I^s chiffres courants, dont toute 1 Europe fait aujourd'hui un si grand usage, l'empor» lent infiniment pour I aisance et la brièveté sur ceux des llomains. Mais leur ori^jine et répoqua de leur introduction parmi nous sont encore couvertes de ténèbres ; malgré les soins que les savants ont pris d*éclaircir cet objet de controverse littéraire et diplomatique. Est-ce aux Grecs ou aux Latins ; aux Indiens ou aux Carthaginois ; aux Celtes ou aux Scythes, que nous sommes originairement redevables de l'institution de ces caractères numérîc^ues ? Faut-il s'en tenir à Topinion du vulgaire qui les rapporte immédiatement aux Arabes ou Sarrasins ? Chacun de ces sentiments a ses défenseurs, qui sont tous ou presque tous fort célèbres dans la république des lettres.

Beveregius soutient que les chiffres ara^ bcsques furent inventés par les Indiens, et répandus dans l'Orient plusieurs siècles avant que TEurope en eût connaissance.

« Les Arabes, dit le P. Costadau (19U), les ont appris des Indiens, comme les Maures les or\t appris des Arabes, les Espagnols des Maures, et les Latins des Espagnols, depuis quatre cents ans seulement ou environ. » Ce fut vers le x" siècle, si Ton croit Kirker (1915), que les Indiens les communiquèrent aux Arabes, et vers le xiii° que ces derniers, par le moyen de leur philosophie c[ des mathémaliaues, les transmirent aux ILspa^nols. « Le chiffre arabe, dit l'abbé de Longuerue, est venu des Brachmanes^ trèsgranJs arithméticiens, aux Arabes, qui se

1915) De re diplom., p. 559.

mi) Traité des signes, t. II, p. 07.

|i915) Arithmotog., part. i. c. 4.

[1916) Chronk. Codwic., p. t14.

1917) Polygraphie espan.^ fol. 19, te; 40.

1918) Sunplém. à CAniiq, expHq,, l. 11, pi. liv.

1919) A la fin de h pi-eiuièie édil. de &ou Diction, tau

(1920) Anaiect. grœc.^i, I, p. 501 ctsttq.

(19il{ Meros esse Grœcorum characteres aio, a /«•« i?rariis Crœcœ linguœ ignaris interpolâtes et {Huturna scribendi consuctudine corruptos. Nam primum 1

servaient auparavant de ciiiRres par lettres. » Cette origine indienne |>asse communément pour- la mieux appuyée. Rudbei-. Hollandais, et Brixhorne, Suéilois (1916), ont fait tous leurs efforts pour la revendiquer aux Celtes ou aux Scythes établis dans le Nord ; mais, quels que puissent être les fondements de cette opinion, elle n'est plus aujourd'hui de mise parmi les gens de lettres.

Don Antonio Nazzari (1917) eoigeclure que les Arabes ont pris leurs chiffres chez les Carthaginois ou Africains. La raison qu'il en donne» c'est qu'on trouve plusieurs de leurs figures dans qtielques inscriptions tyriemies. Mais quelle est l'ancienne écriture nationale où quelques-unes de ces figures ne paraissent pas? Elles se trouvent dans le Calendrier égyptien publié par D. de Monlfaueon (1918). « Mais ce n*est (]ue par certain hasard, dit ce savant antiquaire, qu'on y voit souvent le 2, le 3 et le ^ de chiffre, et qu'en certains endroits, comme à la colonne sixième en comptant de la droite à la gauche, on lit fort clairement et distinctement U3, 112 et tôl. 9

Edouard Bernard veut que les Grecs aient donné les chiffres aux Indiens, vers l'an 710; que des Indiens ils aient jpassé aux Arabes, vers l'an 800 de l'ère chrétienne ; et que des Arabes ils soient venus aux Espagnols, vers l'an 1000. Isaac Vossius et Huet, évêiu^i d'Avranches, les font aussi sortir immédiatement des Grecs, pères de toutes les scienoes cultivées par les Latins.

Joseph Sealiger, dans ses Obserraiions sur une nwnnaie de Constantin^ publiées par iHi Cange (1919), oppose à cette ori^ne grecgue de nés chiffres les livres d'astronomie et de commerce écrits avant et a|irès la ruine de l'empire de Constantinople, dans lesquels les nombres sont exprimés en caractères grecs, et non étrangers. Nous ne remarquons en effet aucune trace de nos chiffres arabes, ni dans les supputations du Type d'Irène, ni dans les comptes d'Alexis Comnène, publiés par D. Bernard de Montfaucon (1920). Toutes les sommes et les évaluations y sont écrites par des abrévia:ions et des caractères purement gfecs, mais difficiles il déchiffrer. Huet semble avoir voulu aller au devant d*une objection si forte, lorsqu'il rejette sur l'impéritie et la négligence des écrivains le peu de ressemblance de nos clûffros vulgaires avec les lettres numérales des Grecs. En conséquence, il ajoute et retranche à la figure de celles-ci (1921). Mais,

apex (mit seu wrgulUy nota imMqç. 2 est ipsum J9 extremis suis truttcatum, y si sinistram partsm ifulinateris et couda muiilateris^ et sinisirum comm unisîrorsum flexeris, fuit 5. Res ipsaJoquiturA, ipsissiuttia esse ^, cujus crus sinistrum erigilur xorà zaêixv»^ €* infra ùasim descendit; basis tero ipsa ultra cms pro ducta emiaeS, Vides quam 5 siwiie sit tw t ; êi infiwo tantum semicirculo, qui sinistrorsum patebat^ dextrorsum constrso. Kniaspa^fiWfqnodita tiotabaiurç^ rotundato ventre^ pede deiracto peperit tô 6. Ex z basi sua multato; ortum est tô /. Si U iii/tosM ta trorsum apicibus in rotundiorem et comntodiorem

PALEOGRAPHIE.

malgré ces opérations arbitraires, les rapports des unes avec les autres paraîtront toujours peu naturels. Cela n'a pas empêché Ward, professeur d'éloquence au collège de Gresham en Angleterre, d'erabrasser le système de M. d'Avranches (1922). Nos chiffres, selon le docteur anglais, seront venus des Grecs; de lai Grèce, ils seront passés aux nations orientales par le canal des Maures d'AfMque; ceux-ci les auront apportés en Espagne; delà, ces chiffres se seront communiqués de proche en proche à tous les Etats d'Europe. Malgré le mérite desdéfenseurs de celte hypothèse, l'origine indienne de nos chiffres estia plusaccréditéeparmiles savants. Vachler (1923) s'est frayé une autre route pour découvrir l'origine de nos chiffres vulgaires. 11 prétend (1924) « Op'on doit la chercher, comme celle des chiffres romains, dans ta diverse coinbinaison des doigts;

au'ainsi l'unité ayant été trouvée dans le Qigt debout, on a répété et varié cette figure, d'où sont venus ces caractères r:: pour deux, 2 pour trois, etc.; et avec le temjis on a formé 2, 3, qui répondent à ces combinaisons de doigts. » Cette conjecture, relativement aux figures numérales des Grecs et des Romains, se trouve dans la Méthode de Port^- Roifat et dans une multitude d'autres livres. Mais l'application qu'on en fait aux chiffres arabes est toute neuve : malheureusement, elle n'est pas moins forcée que destituée d*autorité et de preuves solides.

Dans le dessein d'enlever aux Arabes Thonneur d'avoir introduit nos chiffres, et pour concilier les divers sentiments, D. Calmet forma au commencement de ce siècle uJi nouveau système, dont il donne lui-même le précis dans ses Ueoherches sur l'origine des chiffres d'arithmétique, insérées dans les Mémoires de Trévoux (1925). « Les chiffres, dit-il, dont nous nous servons aujourd'hui viennent des Latins et sont des restes des anciennes notes de Tiron, que les Pythagoriciens avaient prises pour la facilité de leurs démonstrations d'arithmétique. » Ceci

formam muUa^rU, exurgei ro 8. At 9 iptiuimum • £«/ 9 , etc (a).

(19^) Oburv. sur Us écrits des modem.. L ^Vlll, feu. 265, p. iSi.

(1925) rialurœ et uripturce concordia; Lips, 1732, c 4.

(i924) Mém, de Trév., avril 1753, p. 793 et suiv.

(1925) Sept. 1707, p. 16:22.

(192G) Yerisimilius est ejusmodi numericas notas, ifuoê arabicas voeant^ originem kaMsse^ a notis Tironiums^ quœ magnam cum iltis afimiatem kabéni (b).

(1927) Pour faire apercevoir 4^ premier coup d*œii les rapports des diverses sortes de chiffres, D. Calmct les a fait graver sur huit colonnes. La première représente les chiffi*es vulgaires, usités parmi nous; la deuxième, ceux des xiv* elxv*!sièdes; la troisième,* les noies de Tiron pour abréj^er récriture; la quatrième, les chiffres aUribués aux Pytba^rioiens par Vossius. La cinquième, les notes numériques des mêmes Pythagoriciens, tirées du

(a) MmniMr. éoangH., é il. Paris, 1679, p. 647. £r) De re diplom.. \k 215.

DlCTIOfHN DP. pALÉOGRàrniF, CtC.

est emprunté du P. Mabillon * (1986) , qui trouyait beaucoup d'affinité entre nos cniffres modernes et les notes tironiennes. « Les anciens chiffres des Arabes, tels qu'on les voit dans les manuscrits du xiir siècle, ajoute D. Calmet, viennent des Grecs et ne sont autres que les lettres de Tàlphabet de ces derniers. Enfin, les chiÉfres modernes des Arabes sont peut-être venus des Indiens; car sur ce dernier article nous n'avons point de preuves bien certaines, i» Voilà donc trois sortes de chiflres et trois origines de ces chiffres fort différentes (1027). Les preuves dont le savant Bénédictin se sert pour les établir sont : «« 1' la ressemblance de nos chiffres avec les anciennes notes de Tiron, et des anciens chiffres des Arabes avec les lettres grecques; 2' une tradition et un usage des notes anciennes des Latine dans tous les siècles, jusqu'aux xiir et xiv. r

Mais en confrontant ces cliiffres, 41 est aisé de voir que ceux dont nous usons aujour*d'hui sont à peu près les mêmes que ceux des xiii% XIV et xv* siècliîs; ils n*eû sont pas plus différents que l'écriture de œs bas temps diffère de celle du nôtre. On ne peut pas non plus dire que les chiffres vulgaires des manuscrits et des inscriptions d^s troi^s siècles marqués ci -dessus soient tous les mêmes que les notes de TiVon représentées sur la planche de D. Calmet. Si l'on y dér couvre les 2, 3, 9, la ressemblance est si légère, ({ù'on peut bien la regarder comme l'efi'et d'un pur hasard. D'ailleurs l'usage des notes de Tiron cessa d'ès le x* siècle, et il n'en reste presque nul vestige dans les mo-^ numents depuis le commencement du xi* siècle, si ce n'est le 7, abréviation (ïety et 9, autre abréviation d'u^, toutes deux très-fréquentes dans l'écriture latine. Ce n'est donc pas dans ces notes qu'il faut chercher nos chiffres vulgaires; on les trouverait tous plus facilement dans nos anciennes écritures, tant minuscules q.ue cursives (1928). On peut s'en convaincre sur les alphabets que nous avons donnés dans notre II' tome.

frtanuscrit de Colbert 4004 ; la sixième, les lettres oU^ caractères des Grecs, qui servent de cbiflres; la seivtième, les chiffres araues tirés éei manuscrits ait XIII* siècle ; la huitième, les chiffres modernes des Arabes ou des indiens.

(19i8) La figure du 1 est partout ; celle du 2 so montre dans L antique, dont le haut se courbe vers . la gauche, et dans Vr gothique. Les fiirures 3, 5, servent d*abréviations au xiii* siècle dans le ipanuscrit du roi 152, fol. 31. La ligure du 5 se trouve dans le Polyptique de S. Rémi de Reims, et y tient lieu d's, comme Ta remarqué D. MabiUon (c). Le 6 a tout Tair du b cursif de nos aiicieunes écritures ; le 7 est une des abréviations dV/, très-fréquentes dans les manuscrits ; le S est parfaitement seml)lable à Ts'gotbifiue ; le 9 ne semble-t-il pas être Kt même chose que Tabréviation 9 si connue par marquer us ? Tori (d) donne au 2 la figure du z. Les manuscrits donnent quelquefois au 5 celle du ç et au 4 celle du q en écriture cursive. Si Torigine ded chiffres courants se tire de leur ressemblance avec

(r) De re d'iolom,, p. iîîO et 457.

((/) Vol 105.

îSSO

MB

Notre savant auteur dit que les Arabes eurent des chiffres bientôt après le W siècle. Il prétend qu'ils prirent des Grecs ceux qu'on voit dans les manuscrits du xiii*. Il s^appuie uniquement sur la ressemblance de ce*s anciens chiffres, figurés dans sa septième colonne, avec les lettres ^ecques représentées dans la sixième; mais cette prétendue ressemblance ne tombe que sur quelques caractères.

A regard des chiŒres nouveaux des Arabes, comme ils ne ressemblent ni aux nô« très , ni aux notes de Tiron , ni aux lettres

Srecques , le P. Calmet veut bien en abanonner l'origine aux Indiens. En effet les chiffres de ces peuples approchent beaucoup de ceux dont se servent a présent les Arabes.

Quelque ingénieux et recherché qne soit ce système, iln'a nul fondement solide. La façon de lire et d'écrire des Orientaux montre assez clairement que nos chiffres vulgaires, tant d'à présent que des xiii% xiv* et j.y* siècles viennent plutôt des Indiens et 4ies Arabes que des Grecs et des Laiins. D. Calmet (1^29) . convient lui-môme que la manière dont nous nous servons de ces chiffres «et surtout du zéro, vient des Arabes, et que l'ordre dans lequel nous arrangeons ces signes numériques, « en donnant fa plus grande -valeur à celui qui est le premier de gauche à droite, et en commençant à lever les sommes de la droite à la gauche, est conforme à la manière d'écrire des Arabes ; que 4out cela est de l'invention des Orientaux... «t que les noms d'algèbre , de chiffres , de «calcul, de tarif, etc., viennent de la même source.» Pour(][uoi donc neleurattribuerons- ^ous pas l'origine et les figures de nos chiffres, oui se lisent de gauche à droite? C'est, «fious dit le savant auteur, que le xiir siècle, •oîi nous eûmes plus de commerce avec les Arabes, est celui où nous trouvons moins 4e traces de nos chiffres. « Or, ajoute-t- 41 (1930), ce n'est pas un petit préjugé qu'ils lie sont pas venus à nous par le canal de ces peuples, comme on l'a cru jusqu'ici. » Cependant si l'on consulte les manuscrits de «France, d'Angleterre, d'Altemagne et d'Italie .pour savoir quand on a commencé à se servir des chiffres nommés arabes ; on sera convaincu que dans le xiir siècle l'usage de œs signes était déjà commun parmi les Chrétions.ïl faut toujours supposer, avec Joseph » S<*^Iiger, que ces chiffres ont subi parmi ■nous" le sort de l'écriture, c'est-à-dire que leurs flzures n'ont pas moins varié que celles ide nos lettres.

II. Qiuind a-t'On commencé à se servir des ^chiffres arabes dans les inscriptions et les snanuscrits ? — Le P. Papebroch (1931) était

persuadé que l'Usage de uos chiffres a été inconnu avant les croisades. En 1672, Coringius (1932) ne leur donnait que quatre cents ans d'antiquité. Le P. iHardouin (1933) donne comme une chose connue de tout le monde que ces chiffres n'ont point été en usa^e avant la fin du xiir siècle ou le commencement du suivant. < Sialiger (1934) était si convaincu de leur nouveauté, qu'il assura qu'un médaillon d'argent, sur lequel il fut consul é, était moderne, parce que les caractères 234. et 235 étaient gravés dessus. » D. Mabillon se contente de dire que J'usage en fut rare avant le xiv* siècle. Il convient cependant qu'on trouve ces chiffres dans un petit nombre de manuscrits plus anciens qui traitent de la géométrie et de l'arithmétique. Un do nos savants académiciens (1935J va plus loin : L'usage des chiffres arabes^ dit-il, ne remonte pas plus haut ^ue le xiv siècle. Les éditeurs du Glossaire de Du Gange, sur le mot Numeritœ notœ^ avancent pareillement qu'avant IcxiV siècle ils étaient inconnus D'autres auteurs ont déféré à Planudes, moine grec qui vivait sur latin du XIII* siècle, l'honneur d'avoir été le premier qui se soit servi de ces chiffres. Mais nous les croyons plus anciens , sans néanmoins être convaincus qu'il faille les faire remonter au delà du xir siècle. Le docteur Wallis et Veidler, célèbre professeur des mathéma* tiques à Wittemberg; ont fait tous leurs efforts pour prouver que Boèce, auteur du VI* siècle, avait fait usage de chiffres trèsapprochants de ceux dont nous nous servons aujourd'hui (1936). Ils s'appuient prineipalement sur deux ou trois manuscrits où ils ont vu que les chiffres employés dans l'arithmétique, la musique, et vers la fln de la géométrie de ce philosophe, sont semblables aux nôtres .Cette ressemblance est-elle bieo certaine et bien établie? Pour la mettre en évidence, nous regretterons toujours qu'on n'ait pas fait dessiner et graver sur une planche les chiffres tels qu'ils sont dans les manuscrits de Boèce. C'était l'unique moyen de prouver que ce philosophe, dans sa table de Fy thagore ,^ s'est servi des mômes figures numérales qu'on emploie aujourd'hui. Boèce n'a-t-i) pas pu employer d'autres signes qui, comme nos chiffres, pouvaient se mulf ipher, se diviser et se combiner à l'infini? S*il faut s'en rapporter à Veidler sur la ressemblance des figures numérales de Boèce avec nos chiffres arabes, la question est terminée. Mais si ces figures sont différentes, il n'est pas démontré que le philosophe du VI* siècle ait fait usage de nos chiffres vulgaires.

On a cru que Gerbert, moine d'Aurillac, ai premier Pape français sous le nom de

<|udqtieB caractères connus, il faudra dire <r* ^ ces cUiffres vienDent de nos anciennes leures iatîQ s, et lion d^aîUeurs.

(ldS9) Calket , i6ùL, p. 16i5.

(iSSOJ Calmet , ibàd.

4931] Propyl: , part, ii, n* 20.

[1932) Cent, dipfom, Lindav., e. 17, p. 319.

(1933) Ms. reij, 6216. A. p. 21t.

(1934) Encyclop., 1. 1", p. 566.

(1935) Hiu, deVAcad.rdes Inseript., U 1¥1D, p. 252.

(1936) Jo. I^riderici Yriolebi SpUileg. oésrrMC; Witemb.,t755.

Ml

PALEOGRAPHIE.

Sjltestre lit avait enseigné l'aritbmélique (1937) arec ces chiffres vers la fin du X* siècle, et qu*il les avait appris des Sarra^ zins dans son voyage d*£spagne (1938).

« Quoique les chiffres romains paraissent employés dans quelques-unes de ses lettres, il n*estpas moins certain, dit un savant académicien (1939), que dans l'art de compter sur la table couverte de poudre, il connaissait les chiffres qui exprimaient chacune en une seule pièce les neuf premières unités, à peu près commeonles représente aujourd'hui. ^ Nous avons voul u nous assurer du fait en con sultan t le manuscrit Colbertin 5366, 5 de la Bibliothèque du roi. Nous n'y avons point vu nos chiffres vulgaires, qui ne se montrent que dans une copie de cet auteur assez récente. Avant le milieu du xiir siècle, Jean de Sacrohosco ou de Sairbois (19M), qui vécut h Paris, jusqu'en 12S6fit, dit-on, un usage de nos chiffres dans son livre De sphœra mundi. Sous le rè^ne de saint Louis, quelques écrivains continuèrent de s'en servir L*auteur anonyme du traité de l'Algorisme ou de I arithmétique, composé en langue vulgaire au plus tard sous Philippe le Hardi , tit entrer ces chiffres dans ses leçons sur la multiplication et dans ses 'explications de géométrie (19M).

On ne voit pas que les Espagnols s*cn soient servis longtemps avant les Français, les Italiens et les Anglais. Cependant s'il fallait s'en rapporter àdonNazzari(19^2), on les trouverait dans des inscriptions des v* et vr siècles, dans plusieurs livres, et mémo dans les plus anciens diplômes publiés par Schannat et Mabillon. Mais nous avons découvert que notre savant Espagnol nrcml des caractères romains et des notes (le Tiron pour des chiffres arabes. Il s'accorde pourtant à dire, avec le P. Kircher, qu'Ai- , phonse X, oui fut reconnu roi de Castille et d't Léon 1 an 1252, les répandit dans toute l'Europe par le moyen de ses Tables aslronomiifues. Quelques-uns même nous donnent ce pnncepour le premier chrétien qui ait ftiit usage des chiffres arabes; mais c'est sans trop de fondement.

• Les savants d'Angleterre ont beaucoup tra- Taillé à fixer la date de l'introduction priinitive de ces chiffres dans leur lie. En général, le docteur Wallis (19i3) place leur époque au temps d'Hermannus Contractus , * qui llorissait vers l'an 1050. Pour déterminer avec j^lus de précision leur Age en Angleterre, il a eu recours à une inscription en bas-relief, qui était autrefois sur un ■Minteau de la cheminée de la maison pres-

bytérale de Helmdon ou Helindon. Selon lui* cette inscription offre ces caractères Jf* 133» c'est-à-dire 1133 (19W). Tuffkin (19fc5) a prétendu donner une preuve plus sûre de l'antiquité des chiffres chez les Anglais. C'est une croisée d'une maison bAtie à la romaine, dans le marché de Colchester sur laquelle, on voit un écusson chargéde ces caractères 1090. Cope avant reçu de Wigdel-Hall, dans le comté dHerford, une ancienne date où il lisait JU. 16, c'est-à-dire 1016, en conclut aussitôt que c'était la première époque des chiffres arabes, et qu'on avait eu tort de la chercher dans les inscriptions de Hefindon et de Colchester. Mais deiiuis ce temps-là, ayant ac* quis une nouvelle date trouvée à Worcester qui portait 975, il se crut autorisé à faire remonter jusqu'au x* siècle l'antiquité des chiffres dans son pays.

Après un examen sérieux de toutes ces prétendues découvertes, Ward soutient (19W) que ces caractères n'ont été en usage qu'un siècle après la plus récente de toutes ces dates, qui est celle de l'an 1133. Celle de Helindon, qui est la plus ancienne de toutes, ne donne selon lui que 1233. Celle de Colchester ne remonte que jusqu'à Tan 1490. Celle de Wigdel-Hall ne présente point d'autre chiffre que la lettre in. et par conséquent ne sert de rien pour éclaircir 1 Age des chiffres arabes en Angleterre. Enfin Ward ne voit dans la date de Worcester que les chiffres romains mxv, saus y apercevoir aucun chiffre arabe. Le plus ancien manuscrit de la bibliothèque Cottonienne (1947) où ils paraissent, n'est que de l'an 1292. Casley nous on |>résentc un autre de 1334 où ils sont employés. Quelques savants ont avancé que Jean Basingctokes les avait apportés en An-* gleterredès l'an 1230 Mais Mathieu Paris, qu'ils citent, ne parle que des chiffres grecs, bien différents des arabesques (1948). On peut voir ces fisures singulières parmi les variantes de cet historien.

Hl. Chiffres arabes inconnus en Allemagne^ en France et en Italie , avant le xiir siècle. Quel a été leur usage depuis le xiv*, dans les actes publics et les imprimés? — Quoique le savant abbé de Godwic convienne que nos chiffres arabes étaient inconnus avant le xii* siècle, il prétend néanmoins trouver des notes numériques semblables dès le viii' et même dès le ti*. Il cite la neuvième planche de D. Mabillon (1949) ; mais on n'y trouve que le dont on a parlé plus haut. Dans le vrai, les chiffres arabes ne sont pas plus anciens que le xui* siècle en Allemagne. En vain a- t-on recours au calendrier de Cor-

fi957) Le docteur Wallis a prétendu qu^avant Tan IDÛOf le moine Gerbert enseigna raritbmétique avec Bos neuf chiffres , telle qu*elie est maintenant en tarage , et qu*il Tavait apprise des Sarrazins d*Espagiie. {Obtertfations sur les écrits des modernes^ t. XYlll, l<*U. 265, p. 232; Journal denavants, 1759, p. 5S5; Hi$t. liHér. de la France, t. VI, p. 69.

(1958) Guill. Malmesb. Hist. AngL , 1. ii, c. 10.

(1939) Lewif, Reeeuil dedivers écrits^ t. II, p. 84.

Uwn Md. , Dissert. 2, t. Û , p. 94.

(1941) Biblioth. de Sainte-Geneviève, cod^ BB. 2.

(1942) Polyifraph. EafMMi. fol. IX et X y verso.

(1943) Wallis, Algeb., c. 4.

(1944) TransacU philo». , n« 174.

(1945) Ibid., n» 255.

(1946) Observ. sur Us écrit$ de» mod., t. XYID, p. 232.

(i947) Caslet, planche xv.

(1948) Matth.< Paris, m Henric. III , p. 559L

(1919) Chrome. Godwu. , p. 114. '

DICTlONNAillE DE PALÉOGttAPIllE, ETC.

bie (1950) du miV siècle , et à un mftnuscrit de l'abbaye de Fulde ancien de plus de douze cenl5 ans : on n'y verra jamais nos chiffres., à moins qu'on ne les confonde avec les lettres numérales des Latins. Mais ou peut bien s'en rapporter à l'abbé de Godwic, lorsqu'il cite, d'après ïenzelius, un manuscrit de Tan 1268 , gardé à Uratislau, où 1 on trouve un calendrier en chifires arabiques. Tenzelius en a inféré seulement qu'ils étaient en usage parmi les Allemands avant la publication des Tables Alfonsines (195i). Cependant notre abbé (1952) porte ses prétentions au delà du xiii' siècle. Il lui paraît incroyable que ces chiffres aient été inconnus jusque-là en Allemagne, où les livres do médecine des Arabes furent traduits sous les règnes de Conrad III et de Frédéric Barberoiisse. Il faut ici des preuves de fait , et jion de simples vraisemblances. Dans les Gestes de Baudouin^ archevêque de Trêves (1953), et de son frère Henri de Luxerabourg, empereur, un auteur contemporain t'apporte vers Tan 1306 , que ce Baudouin avait fait usage des chiffres arabes, lorsqu'il faisait ses études dans l'université de Paris.

L'Italie commença plutôt que l'Allemagne i se servir de ces signes numériques. C est €6 qui paraît par un manuscrit de la bibliothèque de Strozzi, où ils sont employés à ^marquer Fan 1245. Il est à remarquer que leurs premières figures ont insensiblement varié, et que le 2 du xni' siècle a été transformé en 7. On peut voir les autres métamorphoses de ces chiffres sur notre planche Lx, eùils sont représentés d'après les manuscrits et les modèles des PP. Mabillon et Calmet (id^k). Il résulte de toutes ces discussions que les chiffres arabes n'ont été ^connus en Franco et dans les autres Etats de J'Europe qu'au xiir siècle D'abord on n'en fit guère usage que dans les livres de mathématiques, d'astronomie, d'arithmétique ^t de géométrie ; ensuite on s'en servit dans les chroniques, les calendriers , au haut des Dàffes et dans les dates des manuscrits nous «n avons cité des années 1233, 124.5 , 1292 ,

133!h, etc. On les voit fréquemment (1955) sur des tables de pierre, sur les pories et les tours des églises, sur les reliquaires et dans les épitaphcs aux xiv* et tly' siècles. On les trouve dans quelques livres imprimés dès 14-76 et 1489, etc. (1936). Ce fut par une ordonnance de Henri III, rendue à la 6n de 1549, que l'on commença à marquer sur les monnaies l'année de leur fabrication en chiffres arabes (1937), et à faire connaître si le roi de qui elles portent l'image , est le premier, le deuxiè.nc, etc., du nom. Il fiaraît par les monuments d où le P. Calmet a tiré les chiffres qu'il a fait graver, que jusqu'en 1535t leur figure n'était pas encore uniforme.

Quoiaue dès le commencement du xiv siècle, 1 université de Paris s'en servît pour enseigner l'arithmétique et les autres sciences prises des Arabes (1938), l'usage n'en devint ordinaire que depuis 1500, encore les entremôlait-on souvent de chiffres romains. Ce n'est même que depuis le règne de Henri III, si Ton en croit un historien moderne (1939) que Ton commença en France à se servir en écrivant des caractères 1, 2, 3, 4., 5, 6, 7, 8, 9. Ces chiffres n'ont jamais été admis dans les diplômes. Néanmoins Tabbé de Godwic (i960) ne les exclut pas des actes donnés depuis le milieu du xii* siècle jusqu'au xvr. Nous pouvons assurer que s'il existe quelque acte antérieur au xiv*, où nos chiffres arabiques soient employés, c'est lih phénomène des plus rares. Cependant comme les anciens notaires usaient d'abréviations, surtout dans leurs m'inutes, nous ne voudrions pas nier qu'ils n'aient fait quelque usage de ces chiffres dans leurs écritures dès les xiv* et xv* siècles. Les Russes ne s'en servent que depuis les voyages du tzar Pierre le Grand.

APPENDICE A l'article II.

Nous insérons ici un compte-rendu publia par la Bibliothèque de VEcole des chartes^ 1" série, t. IV, p. 382, d'un savant mémoire de M. Chasl^s, membre de l'Académie des sciences, qui touche à l'origine de nos chiffres et de noire système de nuraératioD.

ii950) De re dtp/. , tab. IX , n' I.

<195i) Chronic. Godivic.p. 114.

(1952) C'est sans doute par inadvertance que ce «avant reprend D. Mabillon d'avoir dit que Pétrarque est le premier qui ait employé nos chiffres en 1375. Il faut lire 1555 C'est une fauté échappée à D. Mabillon, à la page 215 de sa Diplomatique. Dans ses observations sur la planche xiir, n" 2, il lit luimême 1555, conformément à la note de François Pétrarque, iigurce sur la même planche', n" 2. De plus le P. Mabillon (a) se contente de dire qu'on en trouve rarement dans les anciens monuments avant le XIV* siècle , et que Pétrarque s'en est servi dans une note écrite de sa main sur un manuscrit de saint Augustin, qui est aujourd'hui à la Bibliothèque du

roi (b).

(1955) Lib, n, c. 3.

(1954) De rediplom. , tab. xv, page 573; Mém. de

{a) De reiiifffm., p. 215.

{b} IM., p. 508.

Trév , sept. 1707, p. 1654.

M955) Calmet, i6fi/., p. 1654.

(1956) Tels sont : \He Fasciculus tempQfuu. entiquornm , imprimé à Louvain, in florentissima armversitate Lovaniensi; 2" les livres de saint Augustin sur la Trinité , et de la Cité de Dieu , lou» imprima en la même année 1489; 5'' Jacques Fabrî d'Esupies (c), introduisit les chiffres arabes à la léle de chaque verset de son P^alterium quincuplex, imprimé par Henri-Etienne, en 1509. Le même Etienne sVn senait, en 1517, dans l'impression du livre intiiult:: De taude monaslicœ religionis,

(1957) Le Blamc, p. 571.

(1958) Chronic, Godwic^, p. 114.

(1959) LoBiNEAU, préf. sur le 11' tom. de YBiitolTt de Bretagne.

(i9o0) Ciironic Godtpic.ibid.

{c) Orifi de rimprim. de ParU^ part. ii« p. 115.

PALEOGRAHIIE.

Histoire de Varilhme'tique, Explication des traités deTAbacus , et particulièrement du traité de Gerberty par M. Chasles; 18'(3, in-^* de 65 pages.

M. Chasles vient de compléter, par Tiriterprétation d'un passage extrêmement obscur de Gerbert, une démonstration qu'il avait commencée il y a six ans , en expliquant un passage non moins difficile de Boèce. Ces deux interprétations se complètent mutuellement » et fournissent la solution d'une des questions les plus iniportantes qui aient jamais partagé les savants : celle de l'origine de nos chiffres et de notre système de numération.

Dans son Aperçu historique sur V origine et le développement des méthodes en géométrie^ imprimé à Bruxelles on 1837, M. Chasles a traduit et commenté un passage du premier livre de la Géométrie de Boèce, înorceau fort célèbre , mais si peu compris jusqu'alors, qu'on n'était môme pas d'accord sur le sujet qu'y avait voulu traiter l'auteur. M. Chasles crut y reconnaître, 1" l'exposition succinte d'un nouveau système de numération, basé sur le même principe que notre système: la valeur de position des chiffres ; 2r des règles pour la multiplication et la division des nombres , règles qui reposaient elles-mêmes sur ce principe fondamental de l'arithmétique actuelle. Pour rendre son exposition plus claire, Boèce se servait d'un tableau inventé , suivant lui , par des pythagoriciens qui lui avaient donné, en l'honneur de leur maître, le nom de table de Pythagore , mais que Boèce et ses contemporains nommaient i46afM5. Malheureusement, en cet endroit toutes les éditions et la plupart des manuscrits de Boèce n'offrent autre chose aux yeux du lecteur que la table de multiplication , vulgairement connue sous le nom de table de Pijthagore. Cette table placée à côté des règles données par Boèce, bien, loin d'en faciliter l'interprétation, les rendait complètement inintelligibles. M. Chasles la remplaça par un tableau à colonnes verticales, destiné aux opérations arithmétiaues , et au moyen duquel il démontra clairement et les règles exposées par Boèce, et la curieuse particularité qu'il y avait signalée , c'est-à-dire Ja valeur de l>osilion.

C'était 15 une découverte d'une haute im-

I sortance, si M. Chasles avait bien compris e mathématicien latin; il fallait réformer désormais l'opinion généralement adoptée sur l'origine de notre système de numération, et même sur celle de nos chiffres , car les apices a l'aide desquels Boèce ex])liquail ses règles ressemblent singulièrement., pour la plupart y h nos chiffres arabes. Il importait donc de donner à cette explication du passage de Boèce toute l'autorité possible, et d'en éliminer tout ce qui pouvait, h tort ou à raison, soulever quelques doutes. 11 iinporlait surtout de bien établir, d'après ()os témoignages irrécusables , la forme de PAbacus, roT foute l'inlerprétalion du pai?-

sage de Boèce reposait sur la disposition qù attribvait M. Chasles k cette table de calcul, et cette disposition même serait l'application, la mise en action du principe de l'arithmétique actuelle. Le dernier mémoire du savant géomètre ne laisse nen à désirer à cet égard.

M. Chasles , dans son aperçu historique, tout en affirmant que le traité do l'Abacus attribué à Gerbert, se rapportait précisément au système de numération exposé dans le premier livre de la géométrie de Boèce, hésitait à reconnaître Gerbert comme l'auteur de ce traité et de la lettre qui raccompagne. C'est qu'alors un seul témoignage faisait honneur à Gerbert du traité de 1 Abacus, et c'était celui d'un chroniqueur anglais du xir siècle. Depuis, les titres de Gerbert à la propriété de cet ouvrage ont été confirmés par un de ses contemporains et de ses amis , dont la précieuse chronique découverte et publiée par M. Pertz, jette un nouveau jour sur les événements qui ont si- Snalé en France la fin du x* siècle. « Gerbert, it Richer, avait fait finre par un ouvrier un Abctcus , c'est-à-dire une tablette disposéepour le calcul. Cette tablette était divisée en vingt-sept colonnes longitudinales , dans lesquelles Gerbert plaçait les neuf chiffres {novem numéro notas) aui lui servaient h exprimer tous les nomorcs. Il avait fait, exécuter mille caractères en corne à l'effigie de ces chiffres , au moyen desquelles il effectuait sur l'Abacus les multiplications et les divisions. Pour prendre , ajoute Richer, une entière connaissance de cet art, il • faut lire l'ouvrage que Gerbert a adressé à l'écolâtre C. ïi C'est le traité de Gerbert intitulé De numerorum divisions , ou bien Rationes numerorum Abad , ou simplement Abacus, et qui porte dans les manuscrits la suscriplion suivante : Constantino suo Gerbertus scolasticus^

Mais le traité de Gerbert, très-difficile h comprendre à une époque assez rapprochée de celle où il vivait, comme le prouvent cej mots de Guillaume de Malmesbury : Régulas dédit f/uw a sudantibus abacistis vix intel^ ligentury devait l'ôlre bien davantage au xix* siècle, dans un temps oiîi la pratique du calcul conserve à peine quelques traces fugitives des procédés usités dans Tanlittuité au moyen âge. Pour comble de difficultés, Gerbert s'est contenté de donner des règles pour la multiplication et la division, sans indiquer son système de numération, et sans décrire cet Abacus sur lequel devaient se faire pourtant toutes les opérations qu'il indique. Le passage de Richer est donc précieux, non-seulement iiarce qu'il attribue définitivement à Gerbert le traité adressé au moine Constantin , mais' encore parcft qu'il donne une première idée de l'Abacus, grande table divisée en vingt-sept colonnes verticales, sur laquelle on opérait avec des caractères mobiles.

M". Chasles a complété la description de TAbacu^, et préparé ses lecteurs à TinteUi-

Ml

Pence de l'ouvrage de Gerbert, en donnant analyse, la traduction et le texte d'un traité anonyme, intitulé Regulœ iifcact, qu'il a trouvé dans un manuscrit de la Bibliothèque royale (s. v. 533,) et qui date de Tan 1200 environ. Voici comment l'auteur de ce traité décrit l'Abacus : « On dispose plusieurs espaces, à côté l'un de l'autre , douze ou un plus grand nombre (celui de Gerbert en avait ving-sept) qu'on appelle arc, ^rcu«.i> Avant d'aller plus loin, disons que ce que le mathématicien nomme Arcus est désigné

{>ar Boèce sous le nom de paçiwBj mot que es anciens appliquaient aussi aux colonnes verticales de leurs volumes , lesquels se déroulaient horizontalement. On peut donc traduire provisoirement iircu* par colonnes; nous verrons tout à l'heure l'origine de cette expression, a Dans la première colonne, continue l'anonyme, on écrit l'unité; dans la deuxième, le nombre qui est décuple de l'unité , c'est-à-dire dix ; et des autres nombres qui sont écrite dans les autres colonnes , chacun est décuple de celui qui est immédiatement antérieur. La première colonne qui contient l'unité, s'appelle «tngularis arcus ( colonne des unités); la deuxième, decenus (colonne des dizaines); la troisième , centenus' ( colonne des cen<; taines); la quatrième, mt//«nu5 (colonne des mille), etc. Dans ces colonnes préparées pour multiplier et pour diviser, on place divers caractères au nombre de neur qui suffisent pour faire toutes multiplications et divisions des nombres entiers. » (Ici se trouvent les noms et la fljçure des neuf chiffres, dont deux seulement, le & et le 5, diffè^rent notablement des chiffres actuels). « Si vous voulez avoir X, posez 1 dans la colonne des dizaines^ pour exprimer XX, posez 2 dans la même colonne,» etc. Remarquons en passant que la colonne des dizaines est la seconde a gauche , et que la première colonne, restant vide, fait l'office du zéro.

Au moyen de ce document 9 que nous abrégeons à regret, et de la figure de l'Aba- . eus, que l'on trouve dans divers manuscrits, M. Chasles donne une idée très-nette et trèsexacte de cette table de calcul. Elle se composait de plusieurs colonnes verticales, à l'extrémité supérieure desquelles étaient fixés les chiffres romains, décuples les uns des autres, en avançant de droite à gauche , savoir : I dans la première colonne, X dans la seconde, G dans la troisième, M dans la quatrième, X M dans la cinquième, C M dans la sixième, etc. Ces chiffres étaient surmontés d'un arc, et ^ dans quelques grands tableaux, un arc plus çrand relie entre elles trois colonnes à la fois, et fait ainsi l'office de la virgule ou de l'espace en blanc par les-^

3uels, dans l'expression d'un nombre consi-» érable, on sépare aujourd'hui les différents ordres d'unités. Toute la longueur de la colonne restait vi<îb pour recevoir les chiffres mobiles, qu'on pouvait ainsi placer et déplacer suivant les Dessins du calcul. Un cnif-

fre quelconque placé dans la colonne roar quée X exprimait des dizaines; dans la colonne marquée H, il exprimait des milles; '<lans la colonne marquée CM, des centainesde siili^, etc. ; les colonnes restées vides à la «i^^itedu chiffre tenaient la place d'autant de zéros. Ainsi, en plaçant le chiffre 9 dans ia

Crémière «olonne , celle des unités, le chiffre dans la troisième colonne, celle des centaines, la deuxième colonne, celle des dizaines , ^estant vide , on exprimait le nombre ^09.

Voilà donc le principe de la valeur de position des chiffres parfaitement connu au commencement du xiu* siècle. Il Tétait déjà au x% puisque Gerbert, sans décrire l'Abacus , le mentionne sans cesse et cite les colonnes par les noms mêmes que leur donne l'anonyme duxiii* siècle : singularUy centenus^ millenusj etc. Nous ne nous arrêterons pas à l'analyse du traité de Gerbert, plus intéressant au fond pour la science que pour l'histoire ; il nous suffît de dire que l'explication qu'en a donnée M. Chasles, la seule qui ait été tentée jusqu'à ce jour, repose tout entière sur le principe de la valeur de position des chiffres.

Mais nos lecteurs nous sauront fvé de leur donner ici le système de numération exposé par Boèce. En se pénétrant bien de la forme de l'Abacus, en se la mettant autant que possible devant les yeux, il suffira de lire ce passade iK)ur se convaincre gue le mathématicien du V siècle connaissait parfaitement la valeur de position.

« Voici, dit Boèce, comment les pythagoriciens se servaient de l'Abacus ou tableau qui vient d'être décrit. Us avaient des apù ceê ou caractères de diverses formes. QueK ques-uns s'étaient fait des notes A'apicu, telles que... » (Ici vient la figure des neuf chiffres, qui diffère un peu de celle que M. Chasles a donnée d'après le manuscrit de la Bibliothèque royale, et de l'indication de la valeur de chacun d'eux.) «Quelques autres, pour faire usage de ces tableaux» prenaient les lettres de l'alphabet, de manière que la première ré{)ondait à Tuniie, la seconde à deux, la troisième à trois, et les suivantes aux nombres naturels suivants. D'autres, enfin, se bornaient à employer dans ces opérations les caractères usités avant eux pour représenter les nombres naturels. Ces apiees^ quels qu'ils fussent, ils s'en servaient comme de la poussière, de manière que s'ils les plaçaient sous 1 umtc ils représentaient toujours des digils. Plaçant le premier nombre, c'est-à-dire deux»» (car l'unité, comme il est dit dans les anli;métiques, n'est pas un nombre, mais! origine et le fondement des nombres); «P'?' çant donc deux sous la ligne marquée a, ils convinrent qu'il signifierait vingt; qtt« trois signifierait trente; quatre, quara^f^-^ En plaçant les mêmes apices sous la ligne marquée du nombre C, ils établirent que deux signifieraient deux cents; trois, troi' cents; quatre, quai re cents..., ctainsidesuuc

PALEOGRAPHIE.

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