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dans les colonnes suivantes : et ce système n'exposait k aucune erreur. »
Personne ne peut hésiter à voir, avec M. Chasles, dans ce passage, une description assez claire du principe de notre système de numération ; la valeur de position des chiffres croissant suivant une progression décuple, en allant de droite à gauche. Ce passage, du reste avait déjà fixe Tattention des savants. On y avait surtout remarqué 1* forme des chiffres, et Ton avait dit que ces caractères, connus à Rome trois siècles avant llnvasion des Arabes en Espagne » furent ensuite oubliés en Europe jusqu'à ce qu'on les eût retrouvés chez les Arabes, qui en ont été regaidés comme les inventeurs. Il ressort des recherches de M. Chasles que l'on connaissait à Rome, au v* siècle,* non-seulement les chiffres,'mais encore la valeur de position; oue ces notions ne s'étaient pas éteintes en Europe, puisqu'au x' siècle, uerbert, donnant des règles d arithmétique, sup- Dosait connus les apicei ou chiffres, et Tiioacuê ou le principe de la valeur de position. Il faut donc reformer ces expressions inexactes de chiffres arabes , de numération arabe^ puisque nous devons nos chiffres et notre système de numération aux Romains, et peut-être même aux Grecs; car, nous l'a- ▼ons déjà remarqué, Roèce attribue l'invention de l'Abacus à des disciples de Pythagore. C'est encore là une question à résoudre, question pleine d'intérêt, cjui trouvera, comme beaucoup d'autres questions du même ordre, sa solution dans une Histoire nothvelle de VAritlanitique^ promise par M. Chastes, et (jlont nons hfltons de tous nos vœux Fachèvement et la publication.
Aat. III. Abréviaiioos proprem«nl <lil«s aocienoes et modernes. AbréviaUoDS plus réceoies. loeoovénien» de TabréviaUon n cjktbba.
I. Abi^iationsles plus ordinaires; auteurs qui en ont publié des recueils: bévues des copistes ^ui les ont mal rendues. Alphabet d'àbréviattons. — La manière la plus commune d'abréger l'écriture chez les anciens est celle où Ton conserve une partie des lettres qui expriment les mots , en même temps qu on substitue certains signes à celles qu on supprime (1961). Ces abréviations qui viennent des sigles, furent d'abord consacrées aux noms propres, à certains mots et à certaines phrases. Elles reçurent différentes formes, et se multiplièrent surtout dans les écritures du moyen et du bas flge. Si l'on ne se fait une habitude de les décniffirer,il est très-
[ (1961) Selon Baxtorf, les rabbins se contentent de retrancher une ou plusieurs lettres de la An d*un mot, (qu'ils marquent d'une petite ligne, qui tombe «Miquement sur le dernier caraclère. Mais veulentils abréger plusieurs mots, ils prennent ordinatreinent la première lettre de cliacua, ensuite ils joignent ensemble toutes ces letti*es, dont l'assemblage marqué de deux petites barres tirées perpendiculairement sur son milieu , forme un mot tout nouireaUy parle moyen des voyellf*s i|u*ils y ajoutant. Par exemple, ib al'rés(ci:t.ce uoiu Rubli >fos{:héb-Beur
diflicile de le« entendre et de lire les manuscrits et les diplômes. En faveur de ceux qui* s'appliquent à l'étude de ces monuments,, plusieurs antiquaires ont formé des recueils d'abréviations latines, rangées par ordre alphabétique et suivies de leur explication. Celles que Bariugius publia à Hanovre en 1737 dans son livre intitulé : Clàvis diplomofticttj remplissent dix-huit pages in-l^'' à troisceloEuies. Les caractères en sont gothiques , et ne remontent pas plus haut que le xiil* siècle. L'abbé Godefroi de Bessel (1962-) a donnédans une demie page in-folio les abréviations les plus ordinaires des manuscritsdu XI* siècle. Celles des^chartes d'Ecosse occvpent quarante pages in-folio. dans le Trésor choisi des diplômes et des médailles^ pu-^ blié par Anderson. Ce beau pecueil d'abréviations représentées suivant l'ordre alphabétique, ne commence qu'à la fin du xr siècle. Mais on n'a rien de plus étendu ni de plus parfait en ce genre oue le Lexicon diplomatique de Walter, ou sont renfermées 225 planches d'abréviations expliquées. Le savant diplomatiste a marqué le siède oiJL chacune d'elles était en usage ,.en commençant au VIII' et finissant au xvi'. Notre littérature française manque encore d'un pareilouvrage dont la nécessité se fait sentir vive-^ ment à ceux qui veulent déchiffrer les anciennes écritures, et travailler dans les archives.
Au moyen d'un dictionnaire d'abrévia*> tions, fait sur les manuscrits et les chartes de France, on surmonterait sans peine biea des difficultés, et Ton éviterait de prendre un mot pour un autre , méprise toutefois
2ui change souvent le sens d'une phrase», ombien d'erreurs n'a pas produit la témé rite des copistes anciens et modernes , lorsqu'ils ont voulu rendre des abréviatix)ns qu'ils n'entendaient pas? L'ancien Martyr rologe de saint Jérôme en fournit un exem-^ pie frappant au 16 février. On y marqiie onz.e. martyrs compagnons de saint Pampliile, sire-^ commandable par son amour pour l'Ecris ture sainte, dont il distribuait des cooies à tous les fidèles (1963). A la suite de ces. mots Juliani cum Mgyptiis v, il y a ea* abrégé mil. qui signifie militibus. Les copis tes après le mot Juliani ont mis tout au lon^, cum aliis quinque millibus. Baronius luimême ne s'est pas aperçu de cette bévue, qui de cinq martyrs en fait cinq mille. N'est-il
Eas encore surprenant qu'un aussi habile omme que Tabbé Fleury ait pris pour les sceaux de plusieurs seigneurs , les signatu-
Mafemon de cette sorte D 3 D n , que Ton prononce B/?MBaH. Buxtorf a publié un recueil de ces sortes d'abréviations , qu'il a rangées par ordre alphabétique. D. Bernard de Montfauc^n a pareillement recuetlK et expliqué les abréviations grecques les plus ordinaires dans le premier chapitre du cin-
3uièmc livre de sa Paléographie. Elles ont beancoui^ e rapport avec celles des Latins.
(1902) Chrome. Godwic, p. 5i.
(li)63) Chatelâ», MarturoL, p. 675*
DICTIONNAUŒ DE PALEOGRATHIE, ETC.
res de la charte de la fondation de CInny, exprimées par Tabrévialion sig ou $ avec une barre, qui signifie êignum? {i96k}
Les bornes de notre ouvrage ne nous permettent pas de traiter avec étendue la matière des abréviations. Nous nous contenterons de donner à, la fin du volume, avant les planches de paléographie, les plus fréquentes abréviations du moyen Age.
II. Signes et usage des abréviations dans les manuscrits et (es diplômes les plus oneiens. — Les maraues les plus générales d'abréviations chez les anciens sont : la pe-» lite ligne droite horizontale ~ et la lijiçne courbe transversale t#i en forme d's couché, ou d'accent ^ circonflexe grec. Ces deux dgnes, placés sur la fin d*un mot au bout de la ligne, valent Vm ou Vn dans les Pawdectes de Florence (1065). Vm y est signifié par une ligne '^ sous le milieu de laquelle on met un point. Ces lignes, placées sur le milieu d*un mot, suppléent aux lettres qu'on retranche pour abroger, comme dans cet exemple : JUIS A'jPS, Jésus Chrislus, Dans ces noms adorables les Latins ont anciennement retenu les lettres grecques (1906); mais les terminaisons sont changées, selon le génie de la lan^ie latine (1967). Le d, traversé horizontalement |Wir la ligne droite, signifie digeste. Le mot omnia s'abrège par orna et non par oia dans une charte du roi Eudes do l'an 888. Dans les anciens actes de Kavcnno, pour exprimer direrunt^ on se jcrtd'undcursif orné d'une queue traînante, ^ur laquelle il y a autant do barres que do personnes qui pîïrlonl.
La oonjonclinn est s»*al»n''ge par une ligne horizonlnlo on par un jr riMiciié onire doux points en ceiti* nianitTo-^ y^ L'uneet Tauirc rbrévialMin iVesl se roihonlronl ilans les n)anusrrit<(. LMos luirai^^seni frOquoninient •fanf cent qui nui ^ni^ .le su renl>ans d'antiquiiô et Jan< i|tio*que$ insoriptifms du ^1* sièc'e (tOGH) Lfl hpw horîzonlale onlre •iou\ pointas |>our si^nitirrr«/« est employée •lan< le t«-é^-aniien ni.inu<i«*ril des Epures • io «iamt IMuu .Je la r;»ilH'vIra»e de Wirls- U*\n^^ (I9ri9) ei ilauN lioaui-ouf» d>iilres (i- »ôs iiar I). Marlianav (1970). Celle figure •».ani seuiblablo h celle de r«»lièle, qu» est le »igae lies IViu les h rorrrger, il faut prendre
(lOlît) lin:, ccflès , I. XI, siu- Tau 910. p. 637.
(19(I*>) |{ri:.m.ii.\x., Ui»l. l*t;utlecl.^\K Itù,
(19<»(i) Hiblèolh, HrUtmmq.^ I \\ |Kui. ii, p. 5o2.
(IU67) I Jeim (a) t'si ociil iTls ou en pelil cinclcrc ih$^ cl cVsi le grec lUS, ou i^ç , abrc\;i«n(ion <lc vnfTd'jç, C«'|M*iiil;uil les copistes (l^al lus) oui ignoré cela duiaiil l'ef»p:ice de mille ans avani rinvcnliou A ' ràinprimorie. Car s*ils r«nvaienl su, ils irauratenl pas c»cr:l i/7i pour i^o-ou; ; mais couHue de véritables iguo.ants ilscopiaienl les uns apès les autres les lettres qu*ou avait mises, pour déligurci* ces deux mois : et cnlln ils ont trouve Jaus llominum Salvalor dans celte abréviation lus ; ce qui fait encore mieux voir qu'ils croysiient que la ieUre du milieu était un /i et non pas un q. Ils ont aussi cbangc le trait qui est au-drssus du mot et qui est une
marque d'abréviation, 01 en ont fuit une crvdx / A ^* ('!) B'Hoth. Briamt., l. V. narl. n. p. .ViJ.
garde de confondre Tune avec Taulrc.
La barre ou ligne sans points « mise au bout des mots pour servir d*m, comme meoru — annonce une haute antiquité. Nous Tavons remarquée dans un fragment des }dus anciens virgiles du Vatican. On s'en est servi dans la suite^ pour signifier d'autres lettres, comme rai pour tale^ TT librœ^ que les copistes et les imprimeurs ontrendues par une H. La ligne droite placée sur p, si* gniâe pri, et la ligne courbe p veut dire prœ et per. On met la ligne droite quelquefois sur des mots écrits sans abréviations. C'est ainsi que dans le beau manuscrit de saint Paul, de la Bibliothèque du tqU on écrit quelquefois />eK Souvent les signes d'abré* viation sont doubles dans un même mot.
Nous Tavons observé dans le manuscrit du roi, 3838, et dans les E^'aneiles en lettres d'ai^ont, du Chapitre de Vérone, dont le P. Bianchini a publié un beau modèle. Ces mots interpretatione non indiget , sont ainsi abrégés intp n indj dans le manuscrit du roi, il^i03, A, q^i renferme le code Théodo-* sien. La ligne droite et la courbe sont aussi d'un grand usage dans les manuscrits grecs pour marquer les abréviations.
Les points sont des signes d'abréviation presque aussi ordinaires que les lignes. Tantôt ces points sont écrits sur les lettres, comme dans plurib. pour n/iinftu* (1971 L Nous avons trouvé celte abréviation dans le Virj^ile d'Asper. Tantôt les points sont marqués devant et après, comme .e. qui signifie f«/, dans la première Bible do Charles le Chauve, do la Bibliothèque du roi, et dan» l(vs deux plus anciennes de saint Martin db Tours. Lusago le plus ordinaire est que les mois abrégés soient suivis d'un point Ainsi écrivail-on XPI. pour Christi dès les prcluiers ItMUps. Le Commen/niVc de saint Jérôme sur les Psaumes^ renfermé dans le manuscrit du roi, 12235, en fournit beaucoup d'ex(Mnplos. Tous les mots abrégés v sout régulièrement suivis d'un point; et quand le sens en demande un , on en ajoute encore un ^ulre. Ils sont posés nerj^endiculaircmont ou diagonaleraenl ^t p\us souvent lionrizontalemenl. Le fragu^ont <lu Vatican déjà ciré se sert du point tisal
Mais quoique ces nïols JeiHS-Cimitns snîent loujoiii*s ahi'cgils dans les mss. la lins de la manière qu'on viiMilde dii-e , cepcmlanl los niss. grecs /dont ou pourrait croire que les Latins onl imtie îcs alucvial'.ons) no retiennenl que laj)rciiiièrc et la ilcrnicre Irïlrc de ces mots, «insî m us. De même le mol àoL€i9 n*a dans los msK. (çrocs que la première el ia dernière Icltrc A$, de sorte qu'il est Irès-diffictl(% pour ne pas dire impossible, de savoir aujourd'iiui comment les Grecs écrivaient ce mol. > Nous Tavons vu écrit Aauîd dans plusieurs ross. grecs.
(t068) liiblhUu BrUann,, t. V, part, n, p. 335. (1960) Cshronic, Gcdwic^ p. 34-, n. 3.
(4070) Prolegom. Ul tu ditiu. bibiiotk. S. Uiê^ Tonymi, (11)71) Stulv., De crUermsi,^ p. 319.
PALEOGRAmiE.
pour alirégerces mots : Laudib. q, laudthuique. Le relatif quœ est ainsi abrégé par deux points q: , dans un modèle d'écriture saxonne publié par SchannaK Ces points ont souvent fa figure de virgule et oes triangles très-pointus. Tels les voit-on dans le célèbre Psautier de Saint-Germain des Prés, dans le manuscrit 2235 et dans plusieurs fort anciens. Dans le Saint-Hilaire du roi, que est abrégé par q; et dans le code Théodôsien de la même bibliothèque par q- Dans d*autres manuscrits du vnr siècle, les abréviations finales sont exprimées par ces signes ;• : :, 2; ; 3. Lorsque les anciens copistes avaient mis une lettre ou mot de trop, ils marquaient un point dessous, au lieu de les effacer. lisse servaient encore de cette figure > pour marquer les transpositions. 11 faut donc bien prendre garde de ne pas confondre ces points de correcteurs avec ceux des abréviations.
Qmo est l'abréviation de quomodo dans le manuscrit 152, et b' est celle de la syllabe* bus dans le manuscrit 1820 de la Bibliothèque di roi. Lorsque les abréviations affectant tout le mol, elles sont souvent entre deux virgules comme ?, est. « Dans les manuscrits qui ont plus de six cents ans (1972), la même conjonction est est souvent marquée par une ligne horizontale entre deux points ainsi -^ » Dans le manuscrit royal, 1820, pour abréger qui, on supprime Fti, et Von marque l't ou Vu au-dessus q. ," . Mais de toutes les figures qui marquent les abréviations, la plus fréquente est le c cursîf renversé, qui prend la forme du 9 : Ce signe produit différents sons tout contraires. Ecrit a la fin ou au milieu du mot, il marque w*, comme D" maxim* reb*^ pour Deus^ maximus^ rébus et Aug^sti pour Augusti.
Au-^dcssus du ' , il signifie post. Placé au commencement d*un mot, il signifie corn ou con. Ainsi, dans un nombre presque infini de monuments (1973), on écrit 9/ropour contra, €)rersus pour eonversus^ ^vsacones pour con^ versationes y 91 pour communiy dscta pour conscienciaj Omemorao pour commemoratio j etc. Le 7 pour signitier & n'est pas moins ordinaire dans les manuscrits cl les chartes. On retrouve ces marques d abréviations avec beaucoup d'autres dans les notes tironiennes. Nous avons déjh observé (1974) qu'il y a des abréviations propres de certaines écritures particulières, et que la saxonne et la lombaniique expriment autem par ce signe h\ On donne huit h neuf cents ans aux manuscrits où il se trouve.
(1972) DibUoth. Britan., t. V, port, n, p. 525.
(1973) Paiiquier (a) met le 9 au noiul»rc <Jcs i.Htrès de notre alphabet, c Mesmcinent, dit-il, fut cette lettre si familière à nos ancêtres , qu'en tous les anciens livres nninuscrits, vous trouvez le !), employé potir corn, dont ils usaient pour le mol de eamme^ que nous avons depuis fait de deux syl- Isbes t
(l»U) Tom.ir, p. 588.
(o) Lîv. VIII. di. ()3.
IU« PeuP'On distinguer les siècles et Fâgê des manuscrits par le plus ou le moins dCa-" bréviations qui s'y trouvent f Remarqiues sur celles qui ont passé dans les plus anciens imprimés. — Les abréviations devenant plus fréquentes marquent une moindre antiquité, à raison de leur augmentation. On en trouve assez peu dans les plus anciens manuscrits. Si récriture capitale ou onciale en est belle; s'il n'y a qu'un très-petit nombre d'abréviations; c'est un signe de la plus haute antiquité. La ligne droite ou courbe pour tenir heu d'un m ou d'un jY, et le point marqué après le Q. sont presque les seules qu on rencontre dans le fameux Virgile de Médicis (1975). Elles ne sont guère moins rares dans les Pandectes Florentines. Brencman, outre la barre mise au bout de la ligne pour remplacer TM et TN, n'y aremarquéque ïrf. pour tdem, n. pour non, ecfni pour edictum et I. pour primum (1976). Nous avons diGL (1977) ailleurs que Dms fiour Dominus est la marque d'une haute anti(|uilé. En effet cette abréviation se Irouve «ians les Evangiles écrits de la main de saint Eiisobc do Verceil,et dans le Psautier de saint Germain, évêque de Paris. Dnus ^lour Dominus n'est peut-être pas moins ancien. Dans le môme Psautier et dans quelques autres manuscrits d'une égale antiquité, on n'abré^c pas Doml-^ num par Dnuin ni même par Dnm^ mais par Don, avec deux marques irabrévialtons. (belles que nous avons rcmarmiées dans lès Kpf-' très de saint Paul de la Bibliothèque du roi se réduisent presque à liîu. sPi. Dîiii.ii. Jesu Christi Domini nostri. Elles sont rares dans le beau manuscrit de saint Prosper de la même bibliothèque en écriture oncFale du vi^ siècle. Elles se bornent presque à K, Dnus, xps,7i's, scu$,buseiquee'iprimés [>arune virgule et plus souvent par un triangle fréquemment allongé haut et bas en forme d'S. Mais les abréviations sont d'une extrême rareté dans le manuscrit des Evangiles en lettres capitales d'or, appartenant à 1 abbaye de Saint-Germain des Près.
Elles devinrent moins rares un peu après le vr siècle. Les modèles du va* publiés par (lom Jean Mabillon en otfrentun bon nombre. . On en peut juger par le saint Augustin de l'église de Beauvais, oil la date est ainsi exprimée (1978) : Eorpiiciln opus favehte Niio . apud Coenubiu Lussoviû anno duodecimo^ KegisJJhlotharharn indictione lercia décima^ an crlsimo jiis m f pâcto (1979). On rencontredc pareilles a bréviations presque à chaqoef li^ne dans la plus ancienne écriture du ma* niiscrit du roi coté 299i, A; Leur nombro
(1975) V. notre 11' t., p. 599.
(197(») HisL PandecL, p. 420.
(1977) V. noire II* t., p. 599.
(1978) De re diplom., p. 5<S9, n. 1
(1979) Cette date se rend ainsi, selon rorthogrnphe ordinaire : ExpUcitum opus, favente Domino^ apvd Cœnobinm Lnxovium, anno duodecimo refis Cltlothacharii (Chiotarii li) indietione tertiadeeima^ anno quadragesimo ratri$ noitri {Columbani) feltei-- 1er peracto.
IMGTIONNÂIRE DE PALEOGflAPIllE. ETC.
augmente considérablement au vin' sièr c)c, comme l'on voit dans le manuscrit de Wirlsbourg, dont Tabbé de Godwic (lOSO-) a donné un modèle, et'dans le calendrier de Corbie, dont nous avons deux lignes dans la Diplomatique de D. Mabillon (1981). ElJes .se multiplièrent encore bien davantage au it* siècle. Nous en avons la preuve dans le code Théodosien de la Bibliothèque du Roi éerit par Ra^enard, la xix' année de l*em-
ffire de Louis le Débonnaire, et daiis un ragment du xviu* livre de saint Jérdme sur , Isaïe, qu'on trouve dans le manuscrit du roi n° 152. Outre les anciennes abréviations, il y en a de nouvelles, comme qmo^ dixer^ pour quomodo, dixérutit. Dans récriture capitale des Heures de Charles le Chauve, un petit s sert de si^e d'abréviation, et dans Tonciale le 9 est mis pour us. Dans quelques manuscrits saxons a geu près du môme temps, on écrit secûn Mathj pour se^ cundum Mattheum, Le x* siècle encnérit sur les précédents pour les abréviations , à en juger par le saint Hilaire des PP. Capucins de Tours, et plusieurs autres manuscrits du même siècle. Au suivant, il n'y a point de lignes dans les manuscrits et les chartes, où il n'y en ait plusieurs. C'est ce que nous avons observé dans deux lettres d'Abbon transcrites dans le manuscrit du roi 4566. On y Voit souvent deux points à côté des mots abrégés, et toujours lorsqu'ils ne sont gue d'une lettre. Les noms propres n'y sont écrits que par leur initiale, rïous avons compté six et dix.abréviations par lignes dans un manuscrit de Saint-Martin de Pontoise écrit au xii* siècle. Les actes originaux du concile de Lalran tenu sous Alexandre III Ye.n 1179 étaient (larcis d'un si grand nombre d'abrévianons insolites, que celui qui les a transcrits, déclaré qu'il était plus facile d'en deviner la signiGcation que de les lire (1982). Nous avons vu des manuscrits à peu près du même temps, où les mots coupes h la fin des lignes sont abrégés par un trait oblique. Au xui* siècle et dans les deux suivants, l'écriture est pleine d'abrégés : Vn veut dire enîiM, S signifie non; re 2 est l'abréjjé^e rerum; celui de êanctœ est scie. On écrit frm, ordisj hem^ Ports pour fratrum ordinis hère-' mitarum Prioris. JLudovic* pour Ludovicus mfa pour miserieordia^ g'iosœ ponr gloriosœ^ Am pour omnium , hois pour nominis. Pendant ces trois siècles les abréviations furent employées même dans les écrits en langue vulgaire. On écrivait en français naie d'orne pour nature d'homme; espmce de Thm t\ pour espérance de biens temporels ; le 9mc6« nit de Sn fe\ pour le commencement de bien faire; H pstrey__poxxr le prêtre; vt'us pont vertus^ ta têptacio^ pour la tentation. Toutes ces abréviations des xiii% xiv'et xv* siècle5, et une multitude d'autres introduites pen-
(1980) CkronU. Godtttc.p. Si, n. 4.
(1981) Ih re diplom., p. ^1, n. i.
(1981) Labbe, ConeiL, t. X, p. 1557.
iïi^V Orig, de rtm?)'tu.,pan. ii, c. 1., p. 110. (1984 Pcnird-Casiel, avocii, publia en 1717, un
dant la barbarie de ces temps scholastique.<; rendent la lecture des manuscrite très-difl ficile. Elles se trouvent dans les ouvrages que produisit l'imprimerie encore dans son enfance. La difficulté de les déchiffrer a fait
Sérir un grand nombre d'anciennes éditions. Fais il y en a encore assez dans les biblio^ thèques pour ceux qui voudront apprendre comment on abrégeait les mots dans les bas siècles, cf II me souvient particulièrement, dit Chevillier (1983), De la Logique d'Okam, imprimée à Paris en 1448, in-fol., au Clos- Bruneau, d'une belle lettre, où il n'y a presque point de mot qui n'ait quelque abréviation. Voici par curiosité deux lignes au fol., verso f chifl're 121 : Sic hic e fal. sm qd iimplr : a epducibile a Deo : g ae. Et sir hk . an e: g ane pducibile a Do. qui siffnifient : Sicut hic est fallada secundum quia simpliciter ; A est producibile a Deo. Érgo A est, et similiter hic : A non est : Ergo A non eit producibile a Deo. » On peut se servir de semblables imprimés, pleins de tèveries scbolasliques , pour faire des fusées, sans que la république des lettres en souffre aucun dommage. L'historien de rimprimehe £(joute : ft On mit tant de ces abréviations dans les volumes de droit, dans les manuscrits "et dans les imprimés, qu'on fut oMigé de faire un livre pour enseigner à les lire, livre intitulé : Modus legenat iiAreciat.urat in utroquejurcj qui est dansla bibliothèque de Sorbonne, imprimé in-8" à Paris par Jean Petit, l'année 1498 (1984}. » Sans la connaissance de ces abréviations, il est impossible de déchiffrer certains manuscrits importants qui en sont reiâplis et qui sont sans points ni virgules. Tel est celui de Cologne, dont Vondert - Hardt s'est servi pour corriger VHistoire du concile de Constance , que Théodoric Uric de l'ordre de Sainl-Augustin acheva en 1425. Il résultede toutes ces recherches que les manuscrits et les chartes de plus (ie six cent cinquante ans ont beaucoup moins d'abréviations que les manuscrits et les actes postérieurs.
IV. Ecriture abrégée mise en usage dans les diplômes et les actes judiciaires^ défenst de s'en servir dans les contrats et dans la registres du Parlement, Arrêt rendu au suiH de l'abréviation Et coetera. — Si dans les manuscrits la plupart des anciennes abréviations sont marquées par une lisne horizontale sur le mot abrégé , celles des dipl^ mes sont indiquées par d'autres figures. Sous la première race de nos rois elles avaient communément la forme d'un acirent circonflexe ou d'un c de ces temps-là, c'eslà-dire de deux^c l'un sur l'autre semblables à certains ^ de l'écriture courante. Mais ces figures étaient tantdt placées obliquement, tantôt perpendiculairement et tantôt horizontalement ; ce qui les fait paraître
Traité àe l'usage et pratique delà cour de Bamt, peur Cexpédition des signatures et vrotisions des béné^ de France^ où il y a une table des abréf ialîoiis ^ plus ordinaires dana les expéditions de la cour àe Rome
PÂLEOGRAPIIIfi.
p)o5 diflCérentes entre elles qu*elles ne le sont en effet»
Sous la seconde race» ces figures ne furent pas totalement abolies, mais elle se transfbriuèrent en d^autres approchant de nos âr,
de nos 3, de nos 8 et de nos /^ d'écriture
courante, mais qui paraissent quelquefois fort différentes d'elles-mêmes par les diverses situations qu'on leur donne. Il y a bon nombre de semblables abréviations dans le diplôme de Charles le Simple , donné en 908 en faveur de labbaye de la Grasse et gardé à la bibliothèque du Roi. Mous en avons remarqué neuf ou dii par ligne dans une charte originale, accordée Tan 988 à Fabbaye de Sainte-Colombe de Sens par Hu«;ues Capet. Ces abréviations se soutinrent en Allemagne à |>eu près sur le même pie.l jusqu'au xiu' siècle; mais en France, dès la moitié du xi% elles commencèrent à être si chargées de traits, qu'on a quelquefois de la peine à les reconnattre. Les plus simples prirent la forme d un 3 ou d'un i grec assez mal fait et diversement placé. Cependant quelques-unes des anciennes se maintenaient encore. Au xiii* siècle en Allemagne on leur fit prendre la figure du 2 arabe. Elle ne prévalut pourtant pas sur les anciennes abréviations, qui se sentirent fort de la décadence de l'écriture. Ei* France on revint à l'accent circonflexe ou h un trait approchant du 7. C'était d'ailleurs une note de Tiron, qui s'est presque conservée en tous lieux et en tous temps dans les diplômes pour signifier ^«
Les abréviations dont nous avons parlé jusqu'ici, répondent à la ligne horizontale placée sur les mots pour marquer qu'il man
aue quelque chose au milieu ou même à la n. On se servait encore d'un 9 en chiffre ou d'une petite s pour marquer les abrégés des noms en u«, et de différentes barres qui coupaient les lettres et surtout pour signifier per, prOf prœ. Leur signification confondue a introduit bien des erreurs dans les livres et dans les copies des chartes. Per était marqué par une petite ligne ou toute autre figure d'abréviation coupant la queue du p : Pro par un p de la tète duquel on faisait partir un trait presque en forme de c ou iïs porté en devant ou de droite à gauche. Quelquefois ce trait était placé au-dessous de la tête du p et variait beaucoup dans sa figure, en sorte qu'il res'semblait à un ^ ou à un 8 couchés de travers. La même chose arrivait aussi quoique ce trait sortît de la tête du p. Ce trait (Tabréviation faisait aussi quelquefois une suite avec la queue du p. Quant à prœ^ l'abréviation sous différentes formes était toujours placée au-dessus du p.
Dès les premiers temps récriture abrégée eut cours principalement au barreau. Les vctes publics de Ravenne des v. et yi' siècles
(f98.<S) htor diplom.f p. 130 et seq.
(19^) De êigifliê, p. 186, 187.
•1987} Ordott. tlts roit de la troisième race^ t. I,
en font foi. On y lit : Speclr^al. v t condd. v û ce Du V inl. Maa. dd tyxj. tua in hd. pdia. iv Diac. ëchol et col ret?. Eccl. vnti qd. pc 1$. pp. qq 9$. c'est-à-dire . Specialiêer valere^ vin inclyti^ condiuiores , viri clarisisimiy Dominus vif inluster, Magislratus dtxeruntj vir perfectissimus Decemprimusy usque in hanc diem^ prœdicta , vir venerabilis diaconusj scholaris et collectarius reverendœ Eccleeiœ, prœsentiy quondam^ post consulat tum supra scriplum^ prœeentibus quibus *uprOf etc. On trouve une multitude d'autres abréviations dans le recueil des actes en
Kapier d'Egypte , publié par le marquis ratféi (1985). Elles sont beaucoup moins nombreuses dans les diplômes de nos rois mérovingiens et carlovingiens. Mais elles se multiplièrent dans les chartes de la troisième race. Tantôt on y fait les abréviations des nomsproprÊS par les lettres initiales, comme Tho et J/it, pour Thoma$eiThibauldy etc. Les différents noms étant souvent abrégés de la même manière causent de l'embarras; mais pour lever l'équivoque, on a recours k l'histoire, à la chronologique et aux anciens monuments. Tantôt pour abréger on joint les Jettres finales aux initiales, comme. /ôAs evus ipour Joannes epiêcopue, a/^frem pour abbatem, chcum pour clericunif c£mt pour cAarwimt, tnocho pour iwoni^J^o, Tris Thœ pour fratrie Thomœ , sci Bndlt pour sancti Benedicti, etc. On fit un assez grand usage «les abréviations dans les inscriptions des bulles de plomb et de sceaux de divers p^ys Heineccius (1986) en a ramassé un non.bre d'exemples auxquels on pourrait en ajouter beaucoup d'autres.
Pendant le xm* siècle le nombre des abréviations était devenu si excessif, qu au commencement du xiv* on en aperçut les inconvénients. L'abus qu'on en pouvait faire dans les actes publics, détermina le roi Philippe U Bel à bannir des minutes des notaires surtout celles qui exposaient les actes à être falsifiés ou mal entendus. C'est ce qu'il exécuta dans 1 article m de son ordonnance de Tan 1304, touchant les tabellions et les notaires. Il veut (1987) qu'ils écrivent nettement les minutes sans abréviations , et qu'Us n y mettent point de clauses obscures et inintelligibles, principalement si elles sont écrites en abrégé, parce qu'alors on est exposé au danser de se tromper : Maxime ubi esset propter abreviationes de faeili pertculum. Dans cette ordonnance les minutes des tabellions « sont nommées notes, parce qu elles contenaient comme en abrégé la substance des contrats , en sorte que ce qui n'était que de style, et qui était omis, était marqué par des et cœtera (1988J. » Les notaires des bas siècles mettaient dans les grosses ce qu'ils avaient sous-entendu par ce signe démission. Au lieu que selon le droit
(1988) Ordon. des rois de la troisième roce, UHB. II, p. 141.
écrit, pour éviter tout souuçon de faux, on ne devait rion rtiettre de iîlus dans \a grosse que dans?.. là minute. Ces et aetera des notaires ont été regardés comme fort dangereux, surtout en Italie, où ils ont passé en proverbe (1989).
Au XVI* siècle on était sur ses gardes contre Tabus des U cœiera. Charles V en 13G6 avait accordé des privilèges à Tuniversilé de Paris. Dans la copie des leltres royaux insérée dans les registres du Parlement, le greffier ou écrivain pour avoir flustôt fait, avait passé |)!usleurs mots, auxquels il avait substitué un et cœiera (1990). L^an 1552 le recteur de l'Dniversité présenta requête, ou il exposait les conséquences de ces omissions, et suppliait qu*t7 plat à la cour ordonner que ce qui était ainsi imparfait audit registre par ces dits mots et CyETEiiA, fât rempli par collation qui se ferait du registre à Voriginal. Sur quoi le f parlement ordonna le 18 août 1552, que les étires royaux seraient transcrites de nouveau dans ces registres tout au long et sans Tahréviaiion et cœtera.
Los lettres nionogrammatiques, liées et conjointes, inventées pour abréger l'écriture n*oni pu enirer dans notre tome TL Mais en les rapprochant des abréviations ordinaires, nous allons leiir donner une place as- Sî3Z naturelle.
Anr iV. Des Uooograimneftel rleréciitare mooogramma-
tique.
I. Comment les lettres monoarammatiques, lires et conjointes ahrégent-eïtes Vécriture ? Antiquité des monogrammes; leur usage; difficulté de les lire ; vainâ efforts du P. Germon contre le privilège de Clovis //, — Les lettres. monogrammatiques et conjointes abré.^ent récriture parle retranchement de quelques-uns de leurs traits. Une de ces lettres servant souvent à deux usages, réduit néoessairement récriture à un moindre espace. Les liaisons Fabrégent aussi , en tant quelles la rendent plus prompte et plus expéditive. Mais comme on ne supprime pas ordinairement les lettres dans ces trois sorte* d'abréviations , récriture où elles concourent , n'est qu'improprement abrégée. On ne manque pourtant pas d'exemples de mots abrégés dont les lettres sont conjointes. Tel est le labarum ou monogramme de Jésus-Christ j qui renfeme les deux lettres initiales greeques «le Chrislus.Les lettres monogrammaliques se rapportent aux lettres liées,' conjpinles, enclavées : elles en tirent leur origine.
(1089) C'est ce que tïous apprenons dn P. Hiijro Jc^uile. Plane, (lit-il (a), ut non inseite Italns nuidam Piovaeno Arloto in faeetiU vtttgari lingtia eàitis (cmn îh proverbium abiiê$et^ et- caetera noiariornm) rogaîusquid quolidieDeum qraret ^ respi>ttdeni}:orare se auoliaie tria : primo, scignor inio, guardate nie daiuria de Villani; secundo^ da Guazainbaglio de
Le monogramme est un assemblage de plusieurs^ caractères enirèiacés , €onjôiD(j et qui semblent n'en former qu'un seul. Ceit^ écriture parait sirr plimeurs médailles des villes de la drèce dès le temps de Philipne de Macédoine ^ d'Alexandre son fils, sur les monnaies consul^airps et sur celles des plus anciennes familles romaines. On commença d'abord par joindre ensemble deux ou trois lettres, poui* se ménager un espace qui oût contenir le mot qu'on voulaft écrire (1991;. De là on passa tout naturellement à la conjonction de toutes lès lettres dont il était composé. Dans l'ouvrage de Spauhéim sur Te-xceUence des médafllqs, oii en trouve qui offrent des monogrammes renfermant sous une seule lettre cinq ou six caraclèrest En expliquant les planches de notre second volume où sont renfermées les écritures métalliques et lapidaires, nous avons éprouvé combien il est difûcilc de dééhiffrer lesJGt- 1res monogrammatiques.E$t-il surprenant que nous ayons été arrêtés dans la lecture de celte sorte à'écriture, après que les plus grands hommes y ont été souvent très embarrassés?
Dom Mabillon voulant déchiffrer la charte de Clovis II, qui confirme le privilège d'exemption accordé au monastère de Saini- Dcnispar saint Landry^ demeura court au monogramme qui' accompagne la signature du roi. 11 conjectura seulenient que ce pouvait être la souscription de Sigebert, roi d'Austraisie. Le P. Germon no manqua pas de profiter de celtre simple conjecture, et d'en conclure que le diplôme expédié dans l'assemblée dé Clichy eM évidemment faux, imisjue les historiens^ dîsait-t-il, font mourir Sigebert un an avant cette assemblée. Pour lever cette difficulté , il n'v a au'à lire le monogramme comme il doit être lu. Ony lit clairement Clodoviqs Rex Francorum Le caractère initial est le c conjoint avec Yi et le D qui tient de la figure de l'o et paraît avoir un double usage, comme cela est ordinaire dans les écritures monogrammaliques. Le cf^racièrc supérieur conjoint avec la tôle du '• initial est visiblement un f cursif suivi d'un i et peut èîre de i'abréyialion 9 dont on aura allongé la queue en ligne perpendiculaire. Si l'ou i)rend celte figure \mT un ç, ce qui semble assez naturel, nous dirons qu'on Ta substitué au c et qu'il cm porte Vu avec soi. Vs est placée sur (aligne qui traverse le monogramme et qui aboulil à une lettre dont le jambage sert à former un carré. Ce dernier caractère a tout 1 air d'une F qu'on aura.oublié de trancher d'un i qui signifiera inluslcr. Ainsi ces caracUios CldGii ou Cldoviqs signifient Cklcdovius o\x
Medîci ; tertiif, da gli cl caetera de notai. >fW« enim per nnavi cliqnam linjusmodi nolam, tic. ita sœpe sitfniftcanldiverBismnas,
(19HÛ) Jbid.y lom« JV, p. 710, noi, •• ..
(1901) BcoNARiJOTi, OMcrra^. opra (ramm. « rétro, p. 257.*
{a, Di prim. tcrib, oriq » c 3i.
PALtOGRAPHlE.
dCl
Chlodaticus^ mais il n^est pas possible d'y découvrir Sigebertus (1992).
D. Mabillon avoue son embarras sur les lettres luoDOgramniatiques du tableau repré* sente au frontispice de la belle Bible de Tabbajede SaintPaulde Rome^etgravédans le ^fuseum italicum (1993). Il n*y voilqueces mots Carolus Rexy qui selon lui doivent s^entendre de Charles le Chauve. Les autres caractères larrètent tout court ; Bt aliisi iit-il» nihil solidi nobU oceurrit. Ce mono- ^amrae que nous avon§ fait graver sur notre planche lxi est composé de ces letti^es: CRSNMXR. HiLE. Nous avons vu dans a^s sigles mooogrammatiques les aoiùs de Char- Icmagneetde sa femme Hildegarde ainsi exprimes: Carolusnostrimundi thrùdanus Rex.
Ilildegardis. Nous nous en tiendrons h cette explication, laissant aux antiquaires à décider si nous avons mieux rencontré qu'un savant (1994) dont Tinterprëiation se troiàve au tome IX des . Mémoires de tUtérature et d'histoire (1995) du^P. DesmoleLs. Nous ne pouvons trop nous défier de nos forcer, après qu'un aussi habile homme que £cknart (1996) s*est Visiblement égaré en lisant ainsi le monogramme : Carolomannus Rtx
(1992) Les plas grands génies se trouvent quelquefois arrêtes sur des points qui n'embarrassent point les esprits les plus médiocres. D. Mshillon dit ia) que dans fa sif nature de Ciovîs II on en a insère une autre qu'u n*a pu deviner : quod cujus $it'faciit divinare non potuimus. Il entrevoit néanmoins que c*est celle de Sigebert, roi d'Austrasre. Il lit mèose sigRex S., qu*il explique ainsi : Siqeherlun rex wbsctiptL II se fait ensuite une difOculie tirée du temps de la mort de Sigebert, Mats quoique ce soit sur ce point qu'ait romé le fort des objections du P. Germon (6), on. sait maintenant qu'elles portent toutes à faux. Du reste, cet auteur, loin de trouver h redire que le P. Mabillon eût ainsi expliqué là signature insérée dans celle de Clovis, trouve asscï mauvais qu'il ne parle pas sur cela d'un- ton pins afMrmatif. Raguet (c), qui vient à Tamil, se tourne dans tous les sens |mur combattre le F. Mat)ilion. Dans ki vue d^y mieux réussir, il basarde même une C'>i\jecture qui n'est pas fort heureuse. Enfin, dom Mabillon publie son supplément, et,* loin dç soutenir son opinion, peu s'en laut qu'il ne Fabandonne tout à fait. 11 croit même qu'au lieu de. Si€. il faut lire Srq. Mais enfin, comment a-t-il pu se persuader qu'on aurait inséré (chose sans exemple) une signature étrangère au milieu de celle d'un roi? Il est encore plus surpraïaut qu'après avoir reconnu la signature insérée pour une espèce de monogramme, on n'en ait pas conclu qu'il ne pouvait élre autre que celui de Clovis. Il ne fallait pour cela que suivi*e l'analogie des signatures réelles ou apparentes des rois i!t des empereurs. Le monogramme de Clotaire n,'aîeul de Clovis, n'occupe-t-il pas la même place daus le diplôme rapporté à la pQ|^e 09 du Stipplément ? Ceux des empereurs et des rois de la deuxième el troisième race ne se trouventils pas toujours inséi'és dans leurs signatures? Il était donc naturel de dire que c'é:att ici le monogramme de Clovis. Qu'on le compare avec le monogramme de la charte suivante, quoique ce dernier lirait pu être représenté qu'imparfaitement, il en reste assez pour qu'on reconnaisse qu'il ne diffère presque point du premier* Rien n'empêche donc
(a) De re diplcm^fO. ?f76.
.^ÎUiacei*. I,p liG, 127.
Bojoariœ. Les lettres initiales de ce dernier mot sont purement imaginaires.
Non-seulement les Papes, les empereurs et les rois employèrent les monogrammes dans leurs diplômes el sur leurs monnaies» mais les évèques s'en servirent de temps en temps. La signature de Quiriace, évêque de Nantes, est exprimée p^r son monogramme* dans un titre original de Tabbaye de Saint- Florent. 11 ne serait pas difficile d'en produire d'autres exemples. Les monogrammes devinrent arbitraires et ne supposèrent aucune signature. Rhaban (1097) nous en a laissé dii-huit' de cette espèce, dont seize sont h croix simple et deux à croix double, c'esl-à^lire en étoile. On y voit souvent l'Y prétendu mystérieux, que D. Mabilion (1998) a cru, on ne sait sur quel fondement, 'avoir été écrit de la main de nos rois ; quoique ces monogrammes de Rhaban ne supposent aucune signature, et que quelques-uns no soient pas môme dts noms propres : tels sont DominuSi Sanetus^ Sanota, On a publié à Paris, en 1750, un dictionnaire de monogrammes récents, qui n'ont point de rapport a la diplomatique.
IL Lettres conjointes ou tnonogrmnmati»^
que nous n^expliquions celui-ci de la sorte : CtodovicHs ou Ciodovius rex inimter, ou Ludoiius Fran*coruth rex. On sent bien qu'il n est pas nécessaire d'y trouver toutes ces Lettres ; il S'iflit qu'on ptiisse remarquer les principales. On serait fort emi)amsaé à montrer toutes celles qui composent le< noms des trois rois mérovingiens, dont les nionogi animes sont rapportés dans le Glossnire de Du Can^e. 11 en serait de même de celui de Clotaire rejpreieuté dans le^ Supplément de la Diplomatique. Certainement !emouosrammede lâ< charte de Clovis 11 a inliniment plus de rapport avec le nom de ce roi qu'avec celui ' de Sigebert. Enfin nous ii'avons pas assez de monogrammes des rois mérovineiens pour qu'on puisse leur prescrire des règles qu 'une soit pas permis de transgresser.
(1993) Pag. C9, édit de MU.
(1994) Cet anonyme suppose que le manuscrit de Samt-Callixte, ou plutôt de Saint-Paul de Rome< est écrit depuis la bataille de Fonienal, et après que les trois frères Charles, Louis et Hlotaire eun ut partagé la vaste monardiie de leur père, *rcmpereur Louis le Débonnaire. > 11 ajoute que la li'tlre A\
Î|u'on voit dans le momigramme, est peut-être une aute du copiste, (fui l'aura marc|uée au lieu de l'F. ; Après l'H il ne voit qu'une L, bu nous voyons clairement un I. Enfin, il prétend qu'on doit Krc les lettres de l'inscription, en commençant par la pointe d'en haut, en descendant à la gaucho tout de suite, en celte - manière : C. R. N. L. H. L. F. X. R. S. M., c'est-à-dire : Carolum regeni ttoilrtim. Lu-. dovicum, Ulotarium fratres, ou ejnsy si c'est un Ë. Christus servet mundo. On lirait mieux en arrangeaul autrement les lettres : Caiolus rex uater : Saivator tnwidi Christus : nUdetjardis.
M 995) Partiel, p. 4/4.
^1990) MonogrammOf dit ce savant (d), quocumque. modo illud considères verbo exprimit CAtioLOUAN.NCs HEX BAiOARiiG. Ba Ulud quidem inferiusin monograinmate extans cœteris obscurius est; hanc tamen explicatiotiem, cœteris omnibus perpensis, facile admittit,
(i997) T. Yl, p. 534.
(1998) De re diphm., p. 3, n« 13.
{c\ Uist, des con'.fst. mr la d'wloni, p. 191.
((/) Contmem, (ic»".!/. Fiaue. oritnL l. 11. p. 623.
MCTIONNAIRE DE PALEOGRAPHIE, ETC.
Eet dan$ /et inscrlptitms « les manuicrils et chartes. Peut-on distinguer Vâge des écritures par la conjonction M? Quand o-Z-on cessé de faire entrer tÔL dans les mots. — Il faut distinguer entre lettres liées et lettres conjointes. Les lettres liées ne perdent aucun trait par leur liaison , au lieu que les lettres conjointes en perdent quelqu'un qui leur est commun par leur conjonction. La première colonne de notre
[blanche lxi représente les conjonctions de ettres les plus ordinaires tant dans les inscriptions métalliques et lapidaires que dans les anciens manuscrits. C'est une méprise de la part de Mafféi d'avoir dit (1999) qu'il ne se fait jamais de conjonction de lettres dans l'écriture capitale ; une multitude de monuments antiques attestent le contraire. Nous en avons assez rassemblé d'exemples dans les planches xxx et xxxi du volume précédent, et dans celles de celui-ci pour nous croire dispensés d'entrer ici dans un détail de nouvelles preuves.
Les lettres conjointes ne se montrent régulièrement qu'à la fin des lignes des manuscrits de la plus haute antiquité. Nous pouvonâ citer en preuve le Virgile de Médicis, où Ton conjoint assez souvent Tn et le T à la fin des vers. On voit bien que cette conjonction et autres semblables ont été inventées pourcontenir le verset dans l'espace marqué, et pour ne pas porter l'extrémité de la ligne sur la marge. On trouve les mêmes conjonctions de lettres dans les Pandectes Florentines. Mais les lettres monogrammatiques y sont rares.
Le Saint Prosper de la bibliothèque du roi ne met presque point la conjonction M dans le corps du discours mais seulement à la fin ou vers la fin des lignes, par la même raison qu'on use de lettres conjointes , de lettres plus petites , soit onciales, soit capitales, soit minuscules vers la fin de la ligne , afin de n'être pas obligé de porter à la ligne suivante une partie de vers. Alors on met Vu ou Vo sur la ligne pour abréger l*écriture des mots dont ces lettres font partie. On observe à peu près tous ces moyens de gagner du terrain dans la prose ; quoiqu'on n'y fasse pas ordinairement difficulté de rejeter à la ligne suivante une C' [>rtion de mot commencé à la précédente, es conjonctions sont assez fréquentes dans le Saint Prudence du roi , à cause des vers qu'on veut finir dans une ligne. Elles ne
rirai ssent qu'à la pénultième syllabe, ou la fin de la ligne dans le Saint Paul de la même bibliothèque. Il y en a peu dans les Evangiles en vélin pourpré et en lettres d'or de l'abbaye de Saint-Crerraain-des-Pré3. On y lie l'F avec les voyelles. Dans récriture onciale, depuis le vr siècle jusqu'au x% les conjonctions se multiplient indiffé-
(1999) OpuscoL eccht.^ p. 58, col. i.
(iOOO) Areh. de Vabbaue de Saint-PUne-le-Vif. (iOOl) Veron. iliuttr., col. 530.
liOOi) y. planch, xxv de notre II' vol.
rcmment vers le commencement, au milieu et à la fin des lignes. Il faut excepter les Heures de Charles le Chauve, où Ton ne trouve guère de lettres conjointes , même à la fin des lignes. Dans le manuscrit du roi 1S20 il y a des conjonctions d'onciales avec les minuscules à la fin de la liçne. On y rencontre aussi des mots terminés xuki des conjonctions majuscules , quoique i&criture soit minuscule. On rencontre encore dans celle-ci la conjonction if au xt* siècle. Elle n'est pas rare dans les diplômes de Charles le Chauve, où nous en avons remarqué plusieurs autres. Sur le dos d'un diplôme de Louis le Débonnaire de la bibliothèque du Roi, n* 1, nous avons vu une notice ancienne en lettres conjointes et enclavées. Elle peut bien être du X* siècle, si elle n'est pas du précédent. Elle iiorte Pceptum Domni Ludo^ vici ymperatoris ad Atalanem Ab. La devise Verbo Domini cœli firmati sunt , écrite dans le cercle excentrique, qui renferme la signature de Pascal II, offre plusieurs lettres coiyointes , ou monogrammati ques (2000). ^
Les conjonctions JE œ qui expriment la diphtongue ae sont des premiers temps.
La première figure parait sur les anciennes médailles consulaires (2001) et sur celles des empereurs (2002). Ou la voit dans les inscriptions sous Claude (2003), et sous le
Suatrième consulat de Gratien. Elle prend ans les manuscrits toutes les formes; mais la plus ordinaire e^t celle-ci ç Dans l'écriture onciale du saintHilaire et du saint Prudence écrits au iv* ou v* siècle deux des plus précieux de la bibliothèmie du roi » Vae est ainsi conjoint iE œ. Le célèbre Psautier de Saint-Germain-des-Prés du Vf siècle, offre fréquemment des JE toujours sans cédilles à la fin des lignes. Il v a beaucoup d'œ dans la plus ancienne collection des canons de la même abbaye, et dans le manuscrit du roi 152. Dom Mabillon (200U a remarqué l'œ dans le Psautier de sainte Saiaberge, écrit au vu' siècle. Le 12* verset du psaume xlvii y commence ainsi : Lœtetur. Le manuscrit royal 2206, du vii' au VIII* siècle,exprime souvent cette diphtongue par ae, or, e, comme dans la plupart des plus anciens manuscrits. Dom Mabillon (2005) a publié un modèle de huit lignes, tirées d'un manuscrit du ix' siècle, contenant l'ouvrage de Rhaban-Maur sur la Croix, où l'on rencontre jusqu'à sept fois la conjonction œ. On la trouve exprimée par un ç dans le saint Hilaire des Capucins de Tours, et dans les autres manuscrits des x* et xi* siècles.
m. Erreurs de Saumaise et de Çonringiuê sur Vusage de VM et de l'œ. Cette diphtongue a-t-elle été écrite par Te simple oroiu h XJi* siècle ? — Nous ne sommes entrés dans ce
(2005) Antiq. rom., t. III, p. S2, il8.
(2004) De re dipl., p. 59.
(2005) Ibid., p. 305, n* 4,
PALEOGRAPiniL
détail t que pour manifester les faussas règles de Saumaise (2006) et de Conriiigius (2007) sur l'usage et Tantiquité de VM et de rœ. Le premier suppose (2006) clairement que Tab ou Vae est le caractère distinctif des manuscrits ]es plus anciens et les plus sincères, 11 relègue à des temps bien postérieurs ceux ou Ton trouve^ iE , Tœ et Tç Le second soutient cpie la diphtongue ae n'a jamais été écrite ni dans les manuscrits ni dans les diplômes par M ou œ. Mais lorsqu'il ajoute qu'on a très-souvent emi>lôyé Ve simple au lieu de ces conjonctions, il avance une vérité dont les inscriptions lapidaires et métalliques, et les manuscrits lournissent une multitude de preuves , même pour les siècles antérieurs au xii*. C'est ce qu'ont remarqué avant nous Slruve (2009) , Godfroi (2010), de Bessel, dom Mabillon et plusieurs autres habiles antiquaires. Quant aux char* tes , si l'on n'y voit pas d'iE ni d'œ , on y trouve la conjonction équivalente ç D. Mabillon (2011) l'a remarquée dans un diplôme de Charles le Simple , pour l'abbaye de Compiègne : elle est fréquente dans celui que Hugues Capel accorda à Sainte-Colombe de Sens, l'an 988 (2012). Nous la trouvons encore dans une bulle originale de Pascal II, de l'an llOi^, en faveur de l'abbaye de Saint-Pierre-le-Vif.
Mais depuis cette époque la diphtongue, divisée ou coi^ointe, a-t-elle toujours été renrplacée par Ve simple jusqu'au temps de rimprimerie? C'est ce que croient la plu-> part des antiquaires. « Les manuscrits , dit Casley (2013), qui marquent cette diphtongue, ainsi ae et jamais ç ont; généralement parlant, cinq à sept cents ans d'antiquité; et ceux qui sont au-dessous de^cinq cents ans , n'ont point de diphtongue , mais un sim-» pie e. » cW-à-dire que, depuis le commencement du XII* siècle jusqu'au milieu du XV', elles ont été bannies des manuscrits. Les savante d'Allemagne (201 &) se contentent de dire que, pendant les xiii*, xiv* et XV* siècles, on na fait aucun usage des diphtongues, et qu'on écrivait touiours êancle pour êanctœ , eccltMÙ pour ecclesiœ. En général cette règle n'est ni sûre ni
(2006) Si quibns t» tibrii nus. diphtongue tMetia'tmr ^, duahus litteriSy non in unam coalitis, seasepa^ raliSy expreua ad hune modumA &*, aut ae icia$ co^ dices Hlos et veiustos esse imprimis et fideli manu eonfectos. Si aliter efficta oecurrat^ aut per unam iitieram ex duabus eonflatam^ aut per unicum E, eut nota supposita sit, hoc modo Ç : ^iit primo modo êcripti sunty paulo majorem vetustatem redolent : qui aecuwto ad infimum swculutn rele^ari debent {a).
(2)007) Ce docte Allemand soutient hardiment que les conjonctions JE ae étaient inconnues au ix* siècle, ei qu*elle8 ii*oiit commencé que longtemps après. Il se fonde sur les manuscrits et les diplômes du temps de Louis le Germanique, et ajoute : Etenim perfreqmenter quidem a scrtbis et Itbrariis omissa est di* pikiangi nota, et simplex vocalis illius loco adhibila, Quaniocumque tamen diphtongi habita in scribendo fuit ratio solet illa exprimi per divisas litteras ae,
ta) Sulmoê, eoiu. ad Sarra».
exacte. En effet, la diphtongue ae, ainsi figurée £ œ, a été employée quelquefois depuis le xi" siècle jusqu au renolivellement des lettres arrivées au xv% Nous en avons pour garants plusieurs sceaux authentiques*. Celui de Robert le Frison , comte de Flan-^ dre , de l'an 1072 , porte cette inscription où Yae est exprimé par M : Sigillum Rotberti CoMiTis Fla7(dri.e (2015). On lit sur le sceau de Charles le Bon, aussi comte de Flandre en 1122. Carol. Comes Flandrie et fiu' Régis Dacim. Remarquez dans cette inscription le génitif Flandrie terminé par un e simple , en même temps que Dadœ est écrit par un œ : ce qui prouve que l'on se servait autrefois indifféremment de ces deux caractères. Mais depuis le commencement du xii* siècle, Ve prit tellement le dessus, que l'iE devint fort rare, saps néanmoins avoir été entièrement aboli, comme le prétend Heineccius (2016).
Nous voyons ce caractère monogrammati-»
que conservé sur le sceau de U arguerite « comtesse de Luxembourg, en 1225. Voici l'inscription (2017) : f S. Margaretjb Comi- Tissjs LuGELBURGENsis. La même copjonction œ se inontre deux fois sur le sceau (2018) ^ et une fois sur le contre-scel de Jean, roi de Rohême et comte de Luxembourg en 1321 et 1328. Nous la retrouvons dans 1 ins* cription du scel secret de Maximilien I, arcbiduc d'Autriche, en 1480 (2019). La même conjonction prend cette forme œ sur le sceau de Chanes II, duc de Lorraine depuis l'an 1390, jusqu'en U31 (2020), et sur celui de Léonard, évèque de Passau en 1438.
Toutes ces conjonctions de la diphtongue ae s'étmt maintenues jusqu'à un certain point dans les inscriptions métalliques depuis le déclin du xi' siècle jusqu'à la fin du xv% il n'est guère vraisemblable que pendant tout ce temps on n'en ait pas fait usage, au moins quelquefois dans les ma* nuscrits et les actes. Ainsi dire que durant les xii% xiii% XIV* et xv* siècles on s'est touiours servi de l'a seul, au lieu de la diphtongue ae écrite séparément ou par conjonction , c'est poser une règle générale qui peut souffrir des exceptions. Pour par-»
numquam autem per œ autjE, Ittteris in unum quasi eonfiatis (b).
Cette erreur contagieuse a pénétré dans les écrits de plusieurs auteurs qu*il est iuutile de nomme -.
(2008) Epist, ad Sarravium.
(2009) De criter. mss., p. 17,
(2010) Chronic. Godwic, p. 28« (|01i) De re dipL, p. 59.
(2012) Archives de Sainte-Colombe.
20i3) Bibliotk. Brit., U V, part, ii, p. 32f».
2014) Nova acta erudu.^ nov. 1758, p. 6U.
2015) Heiïiibgcius, De sigill.y p. 186.
2016) Ibid.
[2017) Calhet, Hist. de Lorr,^ planch. ix, n* 50. 2018) Ibid., n** 60, et pi. x, ii* 61. l^mVj Jbid., pi. XI, n- 71.
(2020) V. pi. xxxiii de notre II* vol.
(fr) Censuf, diplom. LMav. p. 516.
1er dans Texacte vérité , il faut dire que Tusage de cette diphtongue ae, œ^ a été extrêmement rare dans ces bas siècles.
Nous avons quelque chose de plus précis à dire sur la conjonction & dont les plus anciennes et les principales figures sont représentées dans la première colonne de la planche lxi. La particule & ainsi formée, ne se trouve ordinairement que dans les écritures cursives et minuscules anciennes; elle y est non-seulement séparée, mais elle entre encore dans la composition des mots, comme dans r&mdr, éiiam^ pdctVe; retinet^ eliam^ petite (2021). Les manuscrits et les diplômes lournissenl l:)eaucoup d'exemples de celte manière d'écrire, qui cessa au xii* siècle. Ainsi, lorsqu'on rencontre la conjonction at faisant partie d'un mot, c'est une marque que le manuscrit a plus de cinq cent cinquante ans d'antiquité. On ne dira pas, avec Casicy (2022), plus de six cents ans, parce qu'on a des preuves que cet usage n'était |ff»int onoore aboli, du moins dans les charlos, en H97 (2023).
Nous ne répéterons pas ici ce «[uc nous avons dit dans notre aljitiabet raisonné {^2k)^ louchant le V V conjoint et le W entrelacé, tlont nous avons fait remonter l'antiuuité bien plus haut que n'avait fait I>. MahilloiK
IV. Liaison des écritures ciir s ires antiques: observations sur tes liaisons wises en parutt:te dans In planche i.xii. — Rien ne rend roncienno érrîture, surtout la rursivo, plus dinicite à dédiiltrcr que les liaisons de res lettres. Toi, qui connaîtra jiarfaitonicnt tous les caractères par4it'uli(*rs d'un iliplônio, sera très-eniharrassé dans Tapplication qu'il on faudra faire, attendu les (lillicultés sans nombre qui naissent de leurs liaisons. Différentes suites de ces lettres liées, gravées sur noire planche lxi, et mises en ordre al-
1)habéir(|ue, contribueront beaucoup à faciiler la lecture <le ces pièce:v Les autours qui ont écrit sur les diplômes ou sur les écritures ont scnji la nécessité de ces sortes de tables, et on ont mis quclmies légers essais sous les yeux du public. Nous avons cm devoir pousser plus loin ce pénible travail, et nous avons tâché d'y donner un nouveau prix, en comparant ensemble les liaisons les plus difllciles des différentes écritures antiques. On voit donc sur quatre colonnes de notre fjlanche lxi les liaisons des caractères romains comparées avec les liaisons franco-galliques ou mérovingiennes, iombardiques, saxonnes et wisigotbiqnes.
Nous avions recueilli un assez grand nombre de liaisons, de ces cinq genres d'écritures cursives, pour en remplir plusieurs planches. Les seules liaisons de l'écriture aiplomalique Caroline et des temps postérieurs, jusqu'à la fin de la deuxième race, et celles des siècles suivants, n'auraient pu 6tre renfermées en moins de deux autres
(i02l) De re diplom,, p. 53.
*04:S) Bibliotli. Ihitaun,, l. V,n' pa t., p. 32:J. (i*»25) De re diytom.y p. 55.
tables do la grandeur d« celle que nous donnons. Mais, outre que le nombre des planches de ce troisième volume est déjà excessif, nous avons cru que les liaisons les plus anciennes et les plus difficiles une fois éclaircies, celles des temps postérieurs no causeraient presque plus d'embarras. Quiconque, en effet, saura déchiffrer celles dtjs écritures cursives romaines, Iombardiques, mérovingiennes, saxonnes et wisigothiques', ne sera pas arrêté par les carolines ni par les capétiennes, qui sont beaucoup plus faciles et moins nombreuses.
Non-seulement les conjonctions, mais encore les liaisons et les entrelacements de lettres, avaient lieu dans l'écriture majuscule, quoiqu'ils y fussent moins fréquents que dans la minuscule et la cursive. Neus avons déjà dit qu'il est échappé à Mafféi (2025) de dire qu'on ne liait jamais l'écriture maiuscule. Bourguet (2026) en connaissait les liaisons, et nous en avons remarqué au moins vingt exemples dans les seules Recherches curieuses de \Bouteroue.
Dans l'ancienne cursive romaine, non^^ seulement Jes syllabes et les mots entiers sont assez souvent liés, mais les liaisons des lettres passent encore d'un mot à l'autre. C'est aussi ce qui rend cette écritctre plus dillicilc à lire que nulle autre.
Les liaisons de la cursive franco-galliquo sont un peu moins impliquées que la r^ niaino. Les liaisons mérovingiennes passèrent dans la minuscule Caroline de plusieurs nh'iiiuscrits et dans la cursive de tous les c!j|)lôme.s des viir et ix* siècles. ïlles sont fréipientcs dans le manuscrit du roi Ul3, écrit dans la dix-neuvième année de Temlàre de Louis le Débonnaire, c'est-à-diro l'an 832. Mais sur la (In de ce siècle elles diminuèrent beaucoup, comme nous l'observons dans les diplômes de Charles le Simple. Quelques lettres liées dans la niinuscuio caractérisent ordinairement le vm' et le IX' siècle.
Les principales liaisonsde l'écriture lombard ique de la première et de la deuiième* cs|)èce ont beaucoup do rapport aux mérovingiennes. On les déchiffre assez difficilement dans les manuscrits du roi U03 et 4568, dont l'un contient une partie <lu code Théodosien, et l'autre les iVore//ef de Jaslinicn en écriture lombardique de la seconde espèce, qu'on pourrait aisément prendre pour mérovingienne.
Les liaisons des écritures saxonnes et wisir gothiques étaient plus petites et moins nombreuses que celles i\qs autres anciennes écritures. C'est néanmoins de l'écriture saxonne liée dont saint Boniface se plaint dans sa lettre è Daniel, évoque de WiniAester. U oppose à ce menu caractère entrelacé et compliqué les lettres claires et détachées, telles qu'elles étaient ordinairement danî l'onciale et la minuscule.
(Wik) Nom. traUé de dipiêm,, t. U, o. 28S.
(i02r>) Opuscol. eccles., col. 52.
(iOaO) Ms. de la mt du Roi. l. U, d. 17.
PALEOGRAPHIE.
CHip. 3, Des nofes ^ironiennM.^202T).
KxlraUsdtt Mitmùrê iur les ruUet tiroaienucêtr,^ ti. iules.
Tardif.
L'écrltuTô tirouienne est formée de mots écrits en abrégé avec des lettres^ qui sont elles-mÊmes ordinairemeut abrégées ; il y a donc, dans cette écriture, à la fois abréviation de mots et abréviation de lettres.
Les notes tironiennes ont déj^h été Tobiet de nombreux et savants travaux. L'emploi fréquent et les applications importantes de cette écriture abréviative dans Tantiquité justifient les efforts faits à diverses époques pour découvrir le système sur lequel elle repose^ C'était à Taide des note$ que Ton recueillait à, Roine les lejQons des maître^, célèbres et les inspirations, du forum , les. dépositions dès témoins et les sentences des juges. Cet art était enseigné dans les écoles, ' et on le voit pratiqué par. des esclaves et cultivé par des empereurs. Il prit encore une plus grande extension à la naissance du , christianisme : approprié par les évéques eux-Hièmes aux nesoms de la foi nouvelle, il servit à conserver les prédications des doc- ! teurs de l'Eglise, les délibérations des con« ciles et les actes des martyrs. Mais les notes tironiennes n'offrent pas seulement un in- I térèt historique : elles ont été employées au moyen ige, surtout au ix siècle, et il existe, encore un certain nombre de manuscrits ' écrits en notes. On trouve auasL des notes dans lés souscriptions des chartes; et les* ^ chanceliers , en s en servant dans leurs f9r. ' rafeSy espéraient déjouer l'habileté des faus-. ' saires. I/étude de cette écriture , qui a sub-' ' sisté pendant dix siècles, qui était employée I da temps de Cicéron et qui se retrouve dans i les monuments du moyen flge, ne pouvait être dédaignée ; mais, parmi les auteurs qui I ont essayé d'expliquer le mécanisme de cette tachy graphie , les uns n'ont résolu qu'une partie des nombreuses difficultés qu'elle présente , les autres n'ont pas donné a leur . travail toute la clarté que réclamait un pareil sujet. Nous nous sommes efforcé d'éviter ces deux écueils.
HISTOIAE DBS HOTES TiaOHUNNES.
Les Grecs , les Romains et peut-être les , Hébreux, ont fait usage d'une écriture abrégée et très-rapide, avec lacmelle ils s'effor-. çaient de suivre fat parole. Nous lisons dans an psauine, consacré aux louanges de Sato-. mon, lebfwssage suivant: LinguamfaeaUunuâi scribœ tueUeiier scribeiUis, JPsal. xuv, 2.) Chez les Grecs, Xénophon, au rapport de Dioçène Laëree, fut le premier à recueillir, k Taide des notes, les paroles de Socrate : Kal-
n70i7tv. ÇViedêXénophon^ xiyhS.)
(S027> ékn chamtre écrit parles Bénëdietios sur
Nûeftr MM» smtUaons des extraits du Méinoiie^ de M. ivles Tardif, «neieo élève de rEcoie des Chartes. Ge savant travail a oblenQ la première médaille h lIAcadémle des îasçriplioDS et oeUes-lettret dans le-eoiicoQr« des antiquités nationales de i850. Il a été eo outre inséré en entier dans le Choix de mUnudre9 préietUés par divers savants à V Académie des im^criptiùns^ tom. ni de la 2* série. C'est dai^ ea
DlGTlOHN. PE PA|.tOSBÀPBlB, OtC.
" Chcjsiesr Romains, Ennius, selon Isidore de ^ Séville, aurait le premier inventé onze cents caractères d'écrit a ré abrégée : Vulgares no^ tas Ennîus primns mille et céntum invtnit. [Orig.^ 1. 22, éd. de Rome, 1798.)Eusèbc, dans sa Chronique (Olyrap. cxciv), attribue l'invention des notesàTuUius Tiron, affranchi de Cicéron, qui a donné son nom à cette* écriture. Cicéron lui-même s'en servait dans sa correspondance, comme on le voit dans une de ses lettres à Atticus : Quod ad te de decem legatis scripsi pnrum intellexi, credo, quia îlà (nj/Actwv scripseram (2028).
. Plutây^que nous apprend que la harangue prononcée au sénat par Catoa d'Utique, contre les complices de Catilina^ fut recueillie par des notaires. ToOtov .fiôvov,. uv kûtc^v tins »
^f49u(sffOai .yao'c tov Xôyov, Kixsp^'Mç roû ûttcitom xçùç iuntfépoTfzaC oSvtqtc t&v ypâ^ cuv <rQfuïa itpù'- ' iiléçlonrsçj iv f/itxp^iÇ xal ^fuvivi rvirocç ireÀXûy
cîkl TOT< npûxQyt sic Ix^^ ^* KstraaT^vfic Xtyoua«(20a9).
On employait aiusi, au rapport d'Isidore *, dëSérille, [dusieurs écrÎTaina pour recueillir les discours, comme cela se pratique de nos jours pour les diseussions politiques. Notarum usu$ eraty tU quidauidpro concione, aut injudiciis dieeretury Itorani scriberent com' piures simul astantes». dxvisis inter se parti" ouSf quot quisque verba et quo ordine exci^ peret, Rotnœ prîmus T. liro , Ciceronis êibertusy comrnentatus est notasj sed tantum > prapositionum. (Orijjf., i, 22, éd. de Rome, 1796.) Isidore de Séville dit encore que Se- . nèque , recueillit toutes qelles qui étaient^ connues de son temps et en porta le nombre, à cinq mille : D^indi iSm^ca^ contracta omnium digestoque eiaucto numeroy opus effecit in quinque millia. {Qrig^^ i, 22.) Les collée* lions de notes dont nous parlerons plus loin , ont en effet pour titre ; Notœ Tironts ac 5eneeœ ; mais .comme on r0tro.uye en tète de quelques-uue$ le passage dlsidore que iiousv . venons de citer , c*est sans doute d après co^ texte que les copistes des collections se sont. . crus a\i[tpri^és $ les attribi^er à Tiron et ^, Sénèque. Quoiqu'il en.spit, 4.1 ne pourrait guère être, question ici de Sénèque le philor^ . sophe; car il semble, dans une de ses.épttre$^ . ne pas fidr^e assez d^ qa$ d^s notes et dO;. ceux qui 3'en.sefyaieBi9 pojur s'être occupé è^ . en fonder nue nombr^se collection ; qufi ,
(hfuar) verborum notas, . quibus. quatnpiû, • ^e^a, e^fipitur oratio^ ei efleri(atem lirigtém, manus eequitur? Viliseimorum maneipiorun^ iêta eQmmefnta sunt : sapimtia altins. sed^tl . nec inanus edocet, animorum magistra est ^
Mémoire que iesdii&caltés des notes tiroBiame» ont été pour la première fois traitées métbodiquemem, et, on peut le dire, complètement édaircies. Do nombreux tableaux, qui résument toute Futilité publique de la belle déi^uverte de M. Tardif, sont an^ nexés à son Méjpaoire dans la publication de TAcadémie.
(2028) Ad Auic. xiii, S2.
(2029) Cat. Vtic, 28.
DlCTlONNÂmE DE PALEOGRAPHIE KTC.
(Ep. 90, 26.) Vipsanius, Philargius, Aquiia, affranchi de Mécènes et Mécènes lui-même , auquel Dion Cassius attribue en outre Tinvention des notes* étudièrent cet art^ et y apportèrent des perfectionnements. (Dionis Cassii Hist. Rom.^ lv, 7, et Isid., Orig.y i, 22.] Suétone nous apprend que Titus était aussi fort habile à écrire en notes : E pluribus comperi notis quoque excipere velocissime solituiUf eum amanuensibus suis per lusumjocumque certantem imitari chirographa quœ^ cunqut vidisset. (Suet., Jtï.» iii.j'
On entiployait les notes pour recueillir les leçons des maîtres célèbres, ainsi que l'atteste un passage de Quihtilien : Namque ailemm, sermone per biduum habita^ puerij quibus id prœstabatur, exceperant; aherum plurifri^i sane diebuSy quandum nolando consequi poteranty xnttrceptumj boni juvenes^ sed ni^ fnium amantes mA^temerario ediCionis honore vulgaverant, (Quintil., De instit. orator.f ProoBmium, 7.)
On trouve dans les poètes de nombreux passages où il est question des notes : tels sont ces vers bien connus de Martial (xiv, 208} :
Currant verba iicet^ manus est vetocior iHi$; Nandum tinçua^ sunm dexlra pereqit ofnu. ^
Aosone exprime la même idée dans sa 146* épigramme :
Puer^ notarum prametum Sollen minister^ aavola.
Tu sensa nostri pectoris Vix dicta jam ceris tenes^ Sentire tam vetox mihi Veliem dedisset mens mea, Qiiam, prœpetis dextrœ fuga^ Tu me loquentem pr€evenis.
Ces deux textes s'appliquent, sans aucun doute, aux notes tironiennes. On les trouve encore aussi clairement désignées dans le poëme de Manilius sur l'astronomie (ir, 197-199) :
Hic et scriptor erit velox^ eut littera verbum est, Quime noiis tinguam superel^ cursim4fue loquentis - Exmpiat tongas nova per compendia voces.
Lorsque lé foruin fut désert et que Téloquènce eut disparu, les notes tironiennes Aô cessèrent pas , néanmoins > d'être employées. Le texte du Digeste (xxix, 1, 40), que nous avons cité h la i)remièi:e page, prouve que l'on s'en servait pour écrire, SMS la dictée, des projets d'actes,' que Ton trinserivait ensuite a loisir.
Ce n*était pas là, sans douté, les seules applications de cette écriture abréviative, et' Von dut en faire un usage assez général pour qu'elle fftt enseignée dans les écoles, ainsi (|ii'on le roit dans l'hymne de Prudence sur saint Gassien. (Hymn. 9.)
liO christianisme utilisa cette éeritor» abréviative, qui pouvait rendre de grande' servicigts à la propagation de la toi. Ce fut
'.' l^tOM) La D* Bedunanii, «n de» savants eotta^K^- . rpSuÉm de Peru, ^ur la coUectîoa dès IfônMflieaia Cermanta;, mentToBiie paraii^les manuscrits. dé la blt>Hothéqû6 de Valenciennes im vokiine in-4*, du t* siècle, coté T. 4. 17, et intitulé : Paradiius ■^KMT^gdij de eonverdione SS. Pairum^ et avertit ^^iBiiÇ' feuille â'^ufi mariascrit de la tin du. s*. iiiècle, .
saint Gyprien qui, selon Trithème (Polygr.f liv. VI, au fol. signé Q vi), ajouta aux notes usitées chez les Romains toutes celles dont on avait besoin pour exprimer les termes intro* duits dans la langue par la religion nouvelle.
G'est à l'aide des notes, comme l'ont fait remarquer les Bénédictins» que nous ont été conservés les actes originaux des martyrs, publiés par D. Ruinart. On s'en servait aussi dans les conciles. Les actes de la grande conférence tenue à Garthage, le vendredi 2 juin 411, constatent, en effet, que les dona« tistes demandèrent ià transcription des actes de la conférence précédente, dont le procès^ verbal avait été rédigé en notes. Les evèques avaient ordinairement des notaires près d'eux; on en voit une preuve dans la lettre mi'Evode écrivit, en 415, à saint Augustin: Tavais auprès demoi^ dit Evode, le fils dAr^ menus y prêtre de Melone... Assidu au travail^ il excellait à écrire en notes. (Epist. 158, al. 258.) Saint Augustin nous apprend, dans sa ihV lettre, que huit notaires suivirent, en se relayant de deux en deux, les discours des évoques assemblés à Garthage.
On lit aussi, dans sa 44* lettre, que .es notaires n'ayant pas voulu recueillir un de ses sermons, les fidèles se chargèrent de ce soin; ce qui prouve que cet art était répandu.
Saint Gaudence, évèque de Brescia, dit, en parlant de ses sermons, que les notaires mettaient en écrit en même temps qu'il les prononçait. (Prœf., p. 220.)
Pendant la période mérovingienne, les notes tombèrent en désuétude ; mais elles ne furent pas complètement oubliées, car on en trouve encore aans un certain nombre de diplômes de cette époque ; elles sont, il est vrai, très-grossièrement tracées, et c*est seulement sous le règne de Gharlemagne qu'elles commencent à prendre une forme régulière.
Pendant la période carlovingienne, les notes tironiennes furent remises en usage. On les employait dans les paraphes des diplômes, dans les souscriptions des chartes, pour transcrire des manuscrits précieux, tels que des psautiers et des recueils dé formules, et pour dresser des projets d'actes; peut-être même servirent- elles encore à cette époque à suivre la parole, comme on le voitdaDs un
Kssage d'une lettre de l'abbé Hilduin. ( D. vQ.y t. VI, p. 349.)
Une découverte récente a montré une curieuse application des notes. Un savant allemand a trouvé dans la biUiothèque de Yalenciennès un fragment de manuscrit contenant une homélie sur la prophétie de Jonas, en idiome vulgaire mélangé de la|io, dans laquelle tous les mots latins, et même quelques mots en langue vulgaire, soDt écrits en noires tironiennes (9090);
La connaissance des notes tironiemies
ooHée sur la |Kinie imériewe de la
est iréd-àncicniie, contient mi tetle
tironiennes, en langue romane, dHm
pour riiistoire-'aé ta l»igoe française,
Archiv.yymj 412.) Ce fragioent a^té pabliépairll. dé
GonssenalM^r, étensmte parli. Gémn dânt ^sàn^ èdi
ixùtk^ùU Chanson ik Roténd. < ^
PALEOGRAPHIE.
dut sans doute so propager à 1 aide de colleo lions analogues à celles qui nous ont été conserrées.
La Bibliothèque nationale possède six manuscrits dé ces oollections fAnc. fonds lat. n- 190, 74Ô3, 8777, 8778, 8779, 8780), et il en eiiste en Allemagne un certain nombre, d'après lesquels Gruter a publié celle qui se trouve à la fin de son recueil d^inscriptions. Les plus complètes renferment environ treize mille notes. Ces notes sont parfaitement semblables dans tous les manuscrits; mais elles ne conservent pas toujours le même ordre. Elles sont orainairemént çroupées d'après les idées générales auiguelles elles se rattachent. Ainsi, on v voit des listes d'empereurs, de noms géographiques, de noms d'animaux, etc. 11 est probable que ces collections ont, au moins en partie, une origine très-ancienne. On y rencontre un
g and nombre de. termes d'un emploi trèsiquent chez les' Romains dans le langage politique et dans le langage du barreau. Or il n'est guère supposable que les notes nécessaires pour représenter ces termes aient été écrites, pour la première fois, à une époque où elles ne pouvaient plus être d'aucune utilité.
Quel J e que soit, du reste, l'époque à laquelle remontent ces collections de notes, elles sont le seul document à^ l'aide duquel on
Eisse retrouver la clef ^ de cette écriture* [ effet, si l'on compare les notes qu'elles renferment avec celles que présentent les autres manuscrits, on voit qu'elles sont exaetements formées d'après les mêmes procédés et soumises aux mêmes règles; ce qui porte à croire que ces collections servaient de modèles , de manuel , aux notaire$ du moyen âge.
C'est vers la fin du ix* siècle que l'usage des notes parait avoir été abandonné. Cependant on en rencontre dans les souscriptions de certaines chartes jusqu'au commencement du xr. A partir de cette époque, elles disparaissent complètement.
Vers la fin du xv* siècle, l'abbé Tri thème trouva dans la bibliothèque d'un couvent de Strasbourg un Psautier écrit en notes; il se contenta d%n extraire un certain nombre qu'il publia dans sa Polyhraphie en les accompagnant de quelques observations, m^s il ne chercha point à découvrir la clef de. cette écriture. Vers le mémo temps, le Vape Iules II ayant reçu un manuscrit en noles,renfermant les commentaires d'Hygin sur les astreSt le cardinal Bembo essaya vai* nement de le lire; il s'excuse dans une de sesr lettres (lib. v, epist. 8) de n'avoir pu y parvenir, en rappelant que depuis un temps inuoémorial les. notes avaient cessé d'être en usage, et il déplore l'oubli oii est tombée celle éerUnre, qui luî panât tligne de fixer rallen^tt des savants, f |us4u*k B» Carpentier , tous les auteur^ jmii se sont occupes des notes se sont efforcés ae. retrouver, .soit par induction dans les renseignements que nous ont laissés les au* .leurs anciens, soit dan9 l'examen même def
signes, le système sur lequel repose cette écriture abréviative, mais leurs efforts ont été infructueux, et pour la plupart ils se sont égarés dans de vaines hypothèses.
En 1747, D. Carpentier publia l'ouvrage intitulé Alphabetum Tirontanum^ seu notas Tironis expiicandi mtthodus. Ayant trouvé dans les archives de la couronne un manuscrit renfermant un capitulaire et des chartes de Louis le Débonnaire, écrits en notes, il essaya de les déchiffrer. I«e capitulaire et quelques-unes des chartes étaient déjà connus et publiés; ces textes lui fournirent la signification d'un grand nombre de notes, et la connaissance approfondie des formules de l'époque lui permit d'arriver, non sans de nombreuses erreurs, h lire les chartes encore inédites.
C'est le premier ouvrage sérieux qui ait été fait sur cette partie de la paléographie, mais il est bien loin de présenter, quoi qu'en dise le titre, une méthode pour expliquer les notes tironniennes. « Sans toucher au mérite réel de l'alphabet tironien, disent les Bénédictins [Nouv. traité de Diplom.^ t. III,
1>. 587), son insuffisance parait en ce que ceui qui le posséderait le plus à fond, nous ne le disons qu'après une expérience sans réplique , ne pourrait, pour l'ordinaire, exphauer quatre notes qui ne seraient point renrermees dans cet alphabet. Un alphabet tironien doit être la grammaire et le dictionnaire des notes tironiennes. Si l'on ne fait ni l'un ni Tautre, on n'apprend pas à les lire ; or un|alphabet, qui n'apprend pas à lire les lettres d'une langue dont il devrait donner la clef, n'est pas un véritable alphabet, n
Il suffit d'^uvnr YAlphabttum Ttrontanuili: pour être frappé de la justesse des observa-' tiens des Bénédictins. L'alphabet donné par D. Carpentier est bien loin d'être complet;' et d'ailleurs, en affirmant dans sa préface que| les notes ne sont pas composées de lettres,! il a montré qu'il n'en comprenait ni la na^ ture ni la composition.
Les Bénédictins, dans le troisième volume! du Nouveau traité de Diplomatique ^ se sont^ à leur tour occiqpés des notes. Ces savants; auteurs ne pouvaient traiter cette partie de* la paléographie sans y apporter quelque lu-: mière. Aussi l'analyse qu'ils ont faite d'uni psaume et d'une charte écrits en notes est-»} elle remplie d'ingénieuses observations.
Ils n'ont point cependant présenté une méthode sûre et précise pour lire les notes ;l et s'ils avaient développé le système qu'ils, se sont contentés d'indiquer dans un passage que nous reproduisons, ils ne seraimt pro^ bablement arrivés à aucun résulat satiàlkii-^* sant. Voici ce passage : « Lorsqu'une Tiole est divisée en plusieurs signes soit :SHuplesi. soit composés , nous nommons celui qui commence iiichoatif où là lettre ]&ifimev'e setx)nd bine ou secondaire, le troisième irinci ou tertiaire, le quatrième quadrime où tffiir ternaire , et le cinquième quinaire. Cémwé; il est rare que les sisnes postérieurs au pre* mier aient plus de oeua signes., jaousaési* çnons le second signe. en conjonction par
DIGTIONNAIRR DE PALEOGRAPHiC, ETC.
sns
beluï d'auxiliaire, et le premier prendra le nom d'initial ; le premier du second signe divisé se nommera consécutif; le premier du troisième ou ternaire s'appellera sub- •sécutif ; le second de chacun d'eux sera rauxiliaire ou le subsidiaire. Le troisième. Je final ou terminatif, le sera en séparation» s'il est divisé des autres signes ; en conjonction» si deux signes empruntent Tun del'au*tre une partie d'eux-mêmes ; en liaison, s'ils ne sont que joints , chacun ayant son intégrité ; en monogramme ou en insertion^ s'ils brochent sur le tout , s'ils traversent une des notes principales.
« Le signe initial peut être composé de divers signes en coi^onction ou en monor
framme. Dans le dernier cas , ils peuvent Ire transposées. Si le signe incobatif e$»Jt conjoint ou lié avec son signe final en tant que . déclinable ou décliné, le premier s'appellera initiale ou lettre initiale, et le se* cond final ou terminatif ; s'il a trois signes , le premier sera la lettre initiale , le second l'auxiliaire , le troisième la finale. S'il en a quatre* le premier sera l'initial , le second 1 auxiliaire, le troisième le subalterne, et le dernier toujours final. S'il en a cinq, le premier sera l'initial , le second l'auxiliaire , le troisième le subalterne, le quatrième le pos* térieur, et le cinquième final ou terminatif. » {Nouv. traité, de Diplom, t. lll^p. 583, note 1.) Les Bénédictins auraient sans doute donné beaucoup plus de clarté à l'exposition de leur système, s'ils ne s'étaient crus obligés d'employer une terminologie aussi compli* quéé. Mais tous ces termes étaient nécessaires, parce qu'ils devaient désigner un rôle particulier loué par chacun de»signes auxquels ces dénominations s'appliquent, suivant la place que ces signes occupent. Il n'y a cependant rien de semblable dans les notes; les lettres dont elles se composent n'acquièrent aucune valeur particulière, par les diverses positions qu'elles occupent : ainsi, qu'elles soient au premier, au second^ AU troisième rang, elles n'en conservent pas moi^s la signification qui leur est assignée dans l'alphabet. Cette nomenclature, imaginée par les Bénédictins, nous parait donc indiquer tout un système qui, s'appuyant sur une distinction de signet qui n'existe point, aurait été radicalement faux. Ils ont eu d'ailleurs le tort , ainsi xiue B* Garpentier, de prendre pour base de leurs recherches un petit nombre,de textes fort restreint, et de aegliger les collections de no-v tes, espèces de manuels destinés à renseignement, dont les signes {Présentent toute la regu* larité et l'exactitude des modèles d'écriture. Un^savant allemand, M. Kopp> a publié, en 1817, lUi ouvrage ayant pour titre Falmo^ graphiii^critiiia $fiu tackygraphiù veterum ex-: posita. Bien qa*tf ait pu mettre à profit les travaux des Benédietins, et qu'il ait fait un n^age constant des collections dont nous vftnon» de parler, noua ne croyons pas qu'il ai4 été bien plus loin qu'eux. II a consacré la plus granoe partie de son travail à rechercher dMs les iHseriptions ei lés textes an*
ciens l'origine des signes dont se compo* sent les notes. *tironiennc3 , et il n*a point donné de règles précises pour arriver à leur lecture. Dans le second volume de son ouvrage, M. Kopp a disposé , en forme de dio^ .tionnaire, les treize mille notes que fournissent les collections; mais l'ordre dans lequel les notes, y sont rangées rend les recherches très-difficiles ; en efi'et, elles sont classées, non pas d'après les diverses formes qu'elles présentent, mais dans l'ordre alphaJjfétique de leur signification : or pour retrouver la signification d'une note à son ordre alphabétique, il faut savoir de quelles lettres se compose le mot que cette note re« présente, c'est'À-dire connaître d'avance précisément ce que l'on cherche.
L'ouvrage de M. Kopp est le dernier qui ait été fait sur les notes tironiennes. Sans méconnaître tout ce qu'il y a de recherches savantes et d'observations utiles dans ses travaux et dans ceux des Bénédictins , nous avons cru qu'il était possible d'exposer d'une manière plus simple l'ensemble des procédés employés dans cette écriture abréviative, et de donner une méUiode sûre .et facile pour la lire. Tel est le but que nous nous sommes proposé dans ce mémoire.
EXPQSITIOH DU SYSTiUR.
3e falphabei.
Le système des notes tironiennes consiste, 1** à employer un alphabet dont les caractères peuvent recevoir de nombreuses modifications, qui facilitent leur liaison et étendent leur signification; ^ à représenter les radicaux et tes terminaisons par deux notes distinctes ; S"" à mettre en usage tous les procédés, indépendants de la forme des caractères , qui peuvent contribuer è la rapidité de l'écriture.
Nous devons dono rechercher de quels caractères se compose l'alphabet des notes , étudier les moditioations qu'ils subissent, recueillir les nombreuses formes que prennent les signes primitifs, et , après avoir ainsi reconstitué l'alphabet, expliquer comment ces caractères se joignent les uns au)i autres. Nous donnerons ensuite un tableau des terminaisons , en indiquant ce qu'elles o&!rentde remarouable dans leur composition, et le rôle qu elles jouent près des radîeaux. Enfin , après avoir reconnu et fixé la signification de tous les signes, nous terïiii<nerons en exposant tous les procédés abréviatife, indépendants delaforme et des oom* binaisons des caractères, procédés qui . dans les notes, comme dans toutes les taciiTKn phies, sont indispensables pour donner a ré* criture une rapidité égale à celle de laparole.
Les notes tironiennes reposent éfidem* ment sur un alphabet, gil en était watre ■ ment, si elfes n'étaient, comme féal cru quelques savants, qu^une nombreuse coHeetion de signes arbitrairement ^iEeetéi 1 représenter des objets matérieb ou à exprimer des idées abstraites, l'étude et la pratique d'une semblable écriture avffaieat présenté dés difficultés extr6mes, etourna pourrait s'ei^liquer comment ces notes
PALE0GRAPH1£
seraient derennes d'un usage si géaéral. Nous ne nous arrftterons pas a réfuter une opinion si peu fondée» et qui, cependant, a été adoptée par D. Habillon et D. Carpenlier. Ces deux auteurs, le dernier surtout, ont d'ailleurs iiïiplicitement reconnu la fausseté de cette théorie, en s'efforçant d'analyser les notes et d'en reconstruire Talphabet. Ve pouyant retrouver ces types ni leur rattacher les nombreux signes qu ils renc-ontraient , ils en ont conclu aue les notes n'étaient point composées de lettres, mais de signes arbitraires et indépendants de toute combinaison alphabétique.
On ne trouve nulle part l'alphabet des notes tironiennes, et les collections des notes elles-m6més ne donnent la significa-> tion isolée que d'un petit nombre de signes. Il est donc nécessaire, pour reconstituer cet alphabet, de soumettre à une analyse rigoureuse les notes doirt la signification est
Cet alphabet renferme, outre quelques signes particuliers aux notes, un certain nombre de lettres appartenant aux alphabets latin et grec. Ainsi le C , l'I , l'L et le Y ont la forme de la capitale romaine ; elle apparaît encore, mais avec quelque altération dans TA, le B, le K, l'S et l'une des formes de l'M; enfin on y reconnaît facilement quatre lettres grecques : le X, le A renversé i<)t Vielle p.
si Ton essayait de lire des notes avec cet alphabet, on reconnaîtrait bientôt qu'il est tout à fait insuffisant. Il est facile d'expliauer pourquoi., tout en connaissant la signincation des caractères qui forment l'ai phaoet des notes tironiennes, on ne peut^ point parvenir à les Ure. Dans toute écriture abréviative, les signes que Ton emploie doivent avoir une forme très-simple et se lier facilement. Or, il suffit de jeter les yeux sur Talphahet que lious venons de présenter pour voir combien les caractères qui le composent étaient peu propres à satisfaire aux exigences d'une taehygraphie.
Pour reinédier à cet inconvénient, pour rendre praticable un système abréviatcur reposant sur un ensemble de caractères complexes et difficiles à tracer, il fallut faire subir à ces (Caractères des modifications , qui en changent souvent la forme et créent de iiombreusea difficultés pour la lecture des notes.
Nous allons recnercber quelles sont les
^(iOSl.) NeuB ^soBHQeft ol^Ugés de «ui^prkmei: ces
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connue, pour découvrir et fixer la valeur de chacun des caractères dont elles se corn-* posent. Ce travail ne présenterait aucune difficulté si tous ces caractères conservaient toujours la même forme; mais, ainsi que nous l'avons d^à dit, ils subissent très-sou« vent des modincatiens qui leur donnent ua aspect tout nouveau. Cependant, comme les collections contiennent quelaues séries de mots rangés par ordre alphabétique, on peut, en constatant la ressemblance des signes initiaux dans les notes des mots qui commencent par la même lettre , retrouver les premiers éléments d'un alphabet ; c'est par des moyens analogues que nous avons reconnu, au milieu des signes si nombreux et si variés que présentent les notes, ua certain nombre, assez restreint, de caractères primitifs, d'où sont dérivés tous les autres , et que nous donnons ci-après dans Tordre alphabétique.
diverses modifications que reçoivent les signes et comment elles s opèrent. Elles ont toutes une origine commune : c'est là nécessité dans laquelle on se trouva d'étendre la signification de ces signes et de rendre leur liaison plus facile. Pour atteindre ce double but, quatre procédés généraux furent mis en œuvre : l*" on a d'abord simplement changé les caractères de position , sans altérer en rien leur forme ; 2' on a modifié la direction ou la dimension d'une ou plusieurs de leurs parties ; 3" on leur a retranché certaines parties, dont la sun-
{ pression ne changeait pas complètement la brme du signe; V enfin on leur a ajouté des liaisons qui n'ont aucune signification et ne servent qu'à unirles lettres entre elle$. Avant d'aller plus loin, il est indispensable de présenter un tableau complet de tous les signes qui ont été formés par rapj)]ication des quatre procédés que nous venons d'indiquer (2031).
On sera facilement convaincu, eh parcourant ce tableau, qu'il est impossible, comme nous l'avons déjà dii^ de cénnatlre là classificatiou des signes A nombreux et si variés que présente l'écriture tironienne, avec l'alphabet que nous avons donné au commencement de ce chapitre , et dont les caractères se retrouvent dans la prem^ière colonne. On essaierait vainement oe lire les notes , si l'on ne connaissait p^iràiiCemeat . toutes les modifications que ces caractères
.ubleaux, coiupiémirni .du. mémoire et Jt TtnUb
DICTlONNAtRB DE PALEOGRAPUR,
primitifs ont subies» toutes les foTmes nouvelles auxquelles ces modifications ont donné naissance» et dont la réunion constitue le véritable alphabet tironien.
Nous avons disposé cet alphabet dé façon à ce qu'il présentât tout à la fois sur une même ligne ctiacun des signes primitifs suivi de tous ses dérivés » et dans la même colonne Tensemble des signes résultant de J'appIîcatiott# de chacun des quatre procédés que nous venons d'indiquer.
Le premier et le plus simple de ces procédés, céhii qui consiste à chancer seulement la position de la lettré , ira pas été très-fréquemment employé et n a pas fourni un grand nombre de nouveaux signes (2* colonne ). Il n*en est pas de même du seciDnd. Un simple changement dans la direction ou la dimension des parties d'un signe suffit pour en former un nouveau. Les inventeurs des notes ont» comme on le voit (3* colonne}» largement usé de ce facile moyen; néanmoins » toutes ces formes sont assez distinctes les unes des autres pour qu'on n'é{)rouve aucune difficulté à en déterminer la signification.
Les suppressions que Ton a fait subir aux caractères primitifs portent» tantôt sur la première moitié du sigiie» tantôt sur la demièfe {k* colonne). Pour joindre deux lettres Tune à l'autre» pour rendre plus facile leur combinaison et simplifier la note
3ui en résulte» on retranchait souvent à une es deux » ou même à toutes les deux» une ou plusieurs de leurs parties.
Dans la note JU (AC)» par exemple» J^A K a perdu son second jambage» dans FH>^^^ TFxNa perdu sa seconde partie et M^<^on premier jambage. En analysant les notes alnsî farinées de lettres mutilées e^ jointes les unes aux autres» on trouve un certain nombre de lettres assez éloignées du type primitif dont elles dérivent» pour être regardées cemmedes signes particuliers, etcomme tels prendre place dans lalphabet tironien.
La quatrième et dernière espèce de modifleatioRS apportées aux caractères de cet al-^ phabet a été faite dans le même but €[ue la précédente» mais ce n'est plus ensuppnmaut une partie des lettres que l'on s'enorce de faciliter leur liaison» c^est» au contraire» en leur ajoutant» soit une boucle» soit un trait montant de gauche à droite et semblable aux liaisons de nos écritures modernes, et quel-
Ïuefois aussi une boucle suivie d*iin trait l* colonne). Ces trois espèces de liaisons sont surtout destinées à rendre la transition moins brusque entre les signes droits et les signes courbes. Ces lettres» munies de leurs liaisons» qui occupent la 5* colonne de notre tableau» complètent l'alphabet général des notes tironiennes» alphabet h Taide duquel ou pourra fistcilement retrouver la signincation de tous les signes que présente cette écriture^ Pour montrerd'une manière évidente comment, dans les notes» les caractères primitife ont donné naissance à un grand nombre de signes nouveaux» il a été nécessaire de présenter sur une même ligne ces caractères
pnmitffs et leurs dérivés ; mtàn siToirnNAaIi connaître la signification de tel on tel signe donné» il serait difficile dé te retrouver parmi toutes ces lettres dont les formes sont si variées. Pour obvier à cet inconvénient , pour donner à cet alphabet uiie utilité pratique, nous avons dû le reproduire dans un ordre reposant uniquement sur la forme des signes.
Les notes tironiennes» comme toute écriture allant de gauche à droite » ne peuvent renfermer que dix espèces dé signes sim pies : les traits* vertical» horizontal» âescendant de droite à gauche» montant de gauche à droite, descendant de gauche à droite» la circonférence de cercle» et les quatre sections de cercle.
Cela étant posé» on peiït former dix gran* des séries se succédant dans l'ordre que nous venons d'indiquer, et chacune d'elles renfermant les notes qui commencent par l'un de ces<iix lignes. On j^euV ensuite classer dans le même ordre les signes dé chaque série» en considérant successivement le 2% le 3*, le k* élément de chaque note. Avec cette disposition^ que nous avons constamment snivie dans nos divers tableaux» les recherches sont aussi faciles que dans un dictionnaire alphabétique. Nous avons dit que les signes pouvaient quelquefois acquérir» en subissant des modifications» une signification plus étendue : on les trouvera toutes dans ce second alphabet. Pour indiquer que ces significa* tiQus additionnelles ne sont pas toujours constantes» nous les avons représentées par des minuscules. On remarquera encore ^e quelgues lettres sont accompagnées de traitsd'union. Les signes dont ces lettres font connaître la valeur sont des signes mutilés» dont on a retranché la première ou la seconde moitié pour faciliter les liaisons. II en résulte qu'ils n'ont la signification qui leur est attribuée dans notre alphabet que lorsqu'ils sont précédés ou suivis d'un autre signe ; c'est ce qu'indique le trait-d'union placé avant ou après les lettres qui se trouvent en regard de ces signes.
Après avoir étudié la forme et fixé la valeur des signes employés dans les notes,, nous devons montrer comment ils se lient les uns aux autres pour former les mots. Si Ton s'était contente de les placer l'un après l'autre sans les joindre» on aurait singulièrement ralenti l'écriture» et l'on i>*aurait jamais pu suivre la parole en employant un tel procédé. On dut donc en chercher un autre» à l'aide duquel on pût lier les signes les uns aux autres, en n'introduisant dans l'é^ criture aucun trait, aucune liaison» qui compliquât inutilement les notes« Pour obtenir ce résultat» on imagina de joindre les signes» en commençant à tracer chacun d*eux au
I^oint précis où finit le précédent. Ainsi » les ettres HL \ ^^ c M, S,.I, C» Jinies d'après ce proche» lorment une note %\^. dpnt le tracé est assez prompt. ^^^^
Cette manière d'unir les simes est la pins généralement employée dans Tes notes; mais elle n'est pas la seule. Souvent, e|>f es avoir
PALEOGRAPHIE.