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DICTIONNAIEË DE PÂLB06RAPHIE, ETC.

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ser poiur des titres d'autorité > les autres de respect ou de flatterie. Quelques-unes étaieat comme autant de monuments de Îeur5 victoires sur les nations ennemies.

Rien déplus simple que les suscriptions des évêques clés trois premiers siècles. Le nom de celui qui écrivait marchait le premier, le nom de celui à qui l*on écrivait venait après avec la seule qualité de frère, terminée par un salut. En tout cela nulle différence entre une lettre écrite au Pape par saint Cyprien , et à saint Cyprien par le Pape. Les prêtres écrivaat aux évéques, au lieu de les désigner par une dénomination qu'ils ne prétendaient pourtant pas leur contester, se contentaient quelquefois de les traiter de frères. Cependant plusieurs confesseurs ne se refusèrent pas ce glorieux titre, ni aux évoques celui de Papes. Le clergé de Rome, même pendant la vacance du Saint-Siège , ne fit nulle difficulté de leur accorder un nom que tout la monde leur donnait, et que les pontifes romains ne s'étaient point encore appropriés comme ils ûrentdans la suite. En euet, avant Grégoire VII, les Papes s'attribuaient rarement ce titre, quoique de tout temps il leur eût été déféré. Mais depuis qu'il eut été interdit aux évêques , les Papes firent grand usage de cette qualité (2467). Ils raffectèrent surtout dans leurs rescrits , connus sous le nom de brefs. On sait combien le nom d'évêque oscuménique ou universel, pris par le patriarche de Constantinople, causa de chagrin à saint Grégoire le orand , et combien il travailla oour le faire supprimer; ce fut inutilement. Les {)atriarches de Constantinople étaient trop jaloux de cette épithète pour s'en départir, et les Papes ne l'envisagèrent plus comme un titre d'orgueil depuis qu'ils les eurent égalés ou surpassés par la magnificence des titres qu'ils prenaient ou se faisaient donner par leurs officiers ; car ils ne jugèrent pas à propos d'imiter saint Grégoire, qui ne pouvait souffrir que le patriarche d'Alexandrie l'honorât du titre de Pape universel (2W8).

Chaque évêque de France, avant son sacre, se qualifiait autrefois vocatus episcopus ; après son ordination il se disait humilis^ inaignus^ ou pecco/or (2469). |Auxvr et vu* siècles, rien de plus commun dans les souscriptions des évêques que ces mots : ac si peccator episcopus. Us s accoutumèrent en-

(2467) fieniardiniFERRÂRii,D6 antiq. eccies. epist» qen,y lib. m, cap. 1.

(2468) Ce grand Pape prit Thumble qualité de servtletfr des serviteurs de Dieu, Saint Au^tin semble être le premier qui se soit ainsi nomme dans ses lettres. L*acte de la fondation du monastère de S. Marcel de Châlons-sur-Saônc, en 584, commence ainsi : Gontram, par la divine Providence^ roi sous le règne de Dieu, serviteur des serviteurs du Seigneur, à tous les enfants de notre mère la sainte Eglise, salut. Le P. Longueval, fui rapporté cette suscriptton, n'y trouve rien à dire, quoiqu'elle soit fort extraordinaire et suspecte pour le temps de sa date. '

(i469) Les moines prenaient aussi quelquefois le titre de peccator. Le P. Lecointe en a conclu que Fauteur des fausses Décrétales, qui vivait sous le règne de Gliarlemagne, était moine, parce qu'il s'in-

suite à joindre à leur titre à*évéqut la formule par la miséricorde divine^ ou» par la grâce de Dieu. Enfin, lorsque les élections firent place aux réserves en cour de Rome ou plutôt d'Avignon, plusieurs se rendirent assez justice pour se reconnaître évêques,

L'évêque d'Amiens se servait de cette formule en 1322 , comme l'attestent des lettres où nous avons lu : Simon Dei et apostolicœ sedis gratia Ambianensis episcopus f2471J. En 1324, Ponce, abbé de Tlslebarbe, se disait : Pontius Dei et sanctœ sedis apostolicœ gratia abbas (2472). Cependant les auteurs du nouveau Gallia Christiana (2473), qui ont dû être parfaitement au fait des qualités prises par les évêques de France , n'en avaient [)oint découvert d'exemple antérieur à Tan 13%, selon Tusage gallican, c'est-àdire 1339 (2474). En Allemagne, Eberard, ëvêque de Bamberg , avait au xn* siècle en quelque sorte préludé à une formule si propre à favoriser Topinion que toute puissance épiscopale émane de celle du Pape. Après tout , ce prélat ne se déclarait évoque par la miséricorde divine et apostolique, dittna et apostolica miseratione, que dans une lettre écrite au Pape même.

Les titres de métropolitains et d'archevêques ne furent pris ordinairement en France par ces prélats qu'au ix' siècle (2475). On pourrait même alléguer sur celabiendes exceptions, puisées dans les signatures des conciles avant le milieu du même siècle; mais depuis elles devinrent fort rares. Les titres deprœsutf d'antistes, de frœlatusj ne sont

f)as moins anciens. Reçus plutôt que pris par es évêques, ils leur furent communs avec ks abbés et (juelquefoisavecles rois mêmes. Plusieurs saints évêques el abbés affectèrent par humilité le titre de serviteur des serviteurs de Dieu. Saint Eloi ne s'y borna pas; il jTit encore le titre de serviteur des eervUeure de la Dame tris - sainte Eglise de Jésus- Christ (2476). Les évêques prenaient quelquefois la qualité de vicaires des saints titulaires de leurs églises. Les évêques d'Arezoz se disaient vicaires de saint Donat, et les évêques de Milan sont appelés vicaires de saint Ambroise par saint Grégoire le Grand (2477). Aux xi* et xii* siècles, les

tîtttle de la sorte. C'est sur quoi ït savant annartfitr de l'Eglise de France a été solidemeai relaie par D.

Mabiilon.

(2470) V. ci-dessus, col. i080.

(2471) Cartulaire de tévéché d^Amiens, foL 176.

(2472) Le Labodreur, Masures, p. 52.

(2475) Tom. IV, col. 619.

(2474) C'est ainsi qu'il faut corriger Texemple cité d'après le Glossaire de Du Gange dans la Diptomuiti^.^ latine, p. 64, où l'on attribue à Jean, éfèqoe de Langres, de s'être dit étféque par ta grâce de Dieu et du siéae ançstolique en 4528. Jean Q ae ~— sur le si&e ae Langres que Tannée syaivante.

(2475) JDe re diplom., pag. 65.

(24761 Jbid., p. 67.

(2477) If us. Italie, part, i, p. i9. 180.

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PALEOGRAPHIE. - APPENDICE.

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évéques tirés de Tordre monastique retenaient souvent le titre de Frère^ et commençaient môme par là leurs chartes. Les abbés, à plus forte raison, en faisaient autant (2478). Mais ces exemples n'étaient pas d'un usage universel, ni même ordinaire. Les évéques prirent quelquefois le simple titre de prêtre. . Gebouin, archevêque de Lyon en 1080, se donnait à lui-même le titre de presbyter indignus (2ik79). Celui de sacerdoa était également pris par les évéques et les prêtres. Hugues d'Amiens, arcnevêque de Rouen, s'intitulait souvent Rotomagensis sacerdos. Philippe de Harcourt, évoque de Bayeux, donna, l'an 1150, une charte en faveur des moines du Val-Richer , à la tête de laquelle il prend la qualité de prêtre : Vntversis sanctœ Dei Ecclesiœ filiis^ Fhilippus Bajocensis ecclesiœ presbyter, etc. (2480).

Chacun des rois de la première race avait coutume de se donner le titre de vir inluster. Pépin, Carloman, et Charlemagne avant ses conquêtes en Italie, n'innovèrent rien è cet égard. Lorsque les premiers adressaient leurs diplômes à des évéques ou à des seigneurs qu'ils honoraient du titre d'tWw*^rM,ils ne se qualifiaient souvent que rot* des Français, sans ajouter vir inluster. Ils en usaient de même dans leurs lettres, où l'on n'était point surpris de ne leur voir relever d'aucun titre celui de rois. Le nom de leurs sujets à qui ils notiûaient leurs ordres n'occupait jamais que le second rang. Mais si l'on remonte aux premiers temps de la monarchie , le nom de lios rois suivait celui des évéques et des empereurs à qui ils adressaient leurs lettres. Loin d'étaler des titres superbes, les rois mérovingiens, contents des plus simples, souvent ne se désignèrent que par leur nom propre lorsqu'ils écrivaient à des évéques assemblés en concile. Mais ils ne tirent plus difficulté de se nommer les premiers.

Quand les maires du palais commencèrent à usurper l'autorité royale, ils se parèrent en même temps du titre d'hommes illustres, qu'ils recevaient auparavant, mais Qu'ils ne prenaient pas. Cependant, au lieu de terminer, comme les rois, par vir inluster,\ les qualités qu'ils s'arrogeaient, ils placèrent celle-ci avant leurs noms. Encore un maire du palais ne se disaitril pas vir inluster, mais inluster vir. Cela est si vrai, que Pépin élevé sur le trône quitta le dernier titre pour se revêtir du premier, on plutôt il lui donna le nême arrangement qu'il avait sous les rois ses prédécesseurs. Il y lyouta par la grâce de Dieu, formule retenue presque constamment par Charlemagne, même après qu'il eut retranché de ses titres celui de vir inluster. Qualifié d'abord roi des Français, homme t7lusire, il se dit ensuite rot des Français, pa-triée des Romains^ roi des Lombards, et très-

(3478) De re diplom., p. 65.

(3479) Singularités historiq. et littér., tom. lY,

(3480) Suffplém. à VHist. d'Harceurt, pag. 15. (2481) De re diptom., pag. 73.

(3483) itfid., p. 83, 83.

(3485) Ibid., p. 77.

souvent homme illustre dans les suscrljptioivs soit de ses lettres, soit de ses diplômes (2481). Enûn la qualité d'empereur effaça toutes les autres. Du moins fit-elle supprimer pour toujours celle de vir inluster, si ce n'est qu'elle fut reprise, mais non constamment, par Tusurpateur Raoul au x' siècle. Charlemagne devenu empereur^ réunit les titres suivants : Serenissimus Augustus a Deo co~ . ronatw magnus et paci ficus imperator, Romanorum gubernans imperium, sans omettre toutefois ceux de roi des Français et des . Lombards. Il substitua jiar la miséricorde de Dieu h par la grâce de Dieu. Telle est la forme des diplômes de Charlemagne, que le P. Mabillon croit avoir été suivie pour l'ordinaire dans sa chancellerie. Néanmoins, s'il en fallait juger par ses lettres et par ses capitulaires, les titres qu'il porta devraient admettre une assez grande variété, tant du côté de l'expression que de l'arrangement.

A commencer par Louis le Débonnaire, les empereurs, rois et princes d'Occident, ont très-fréquemment employé, à la tête de leurs titres, divina ordinante, propitianle, annuen" te, favente, ou prœordinante providentia, misencordia, ou clementia, impercUor Augustus, rex ou dux, etc. Ce qui n'empêche pas qu'on ne fit usa^e des formules Dei omnipotentis misericordta, Dei miser icordia, Dei clementia, divinœ providentiœ clementia, gratiaDei, formule qui dans la suite a prévalu en France sur toutes les autres (3482). Mais un peu après le milieu du ix* siècle, les empereurs français, et, depuis, les Allemands à leur exemple , affectèrent plus particulièrement cette formule : Divina favente clementia.

Nos empereurs, à l'imitation de ceux de ConstantinoplC) prenaient les titres d'invin^ cibles et de pacifiques. Quelques-uns de nos rois s'attribuèrent aussi les mêmes qualités. On en vit y ajouter celles d'inclytus , de glo^ riosissimus. de clementissimus , de semper Augustus (2483). D'autres firent précéder leur nom du pronom ego, dont on trouve quelques exemples au ix* siècle. Mais cet usage devint fort à la mode aux xi* et xn*.

jRot des Français est un titre si ancien et si constant pendant sept siècles, qu'on pourrait l'envisager comme une formule invariable, malgré quelques omissions du terme Fran-corum; rex est plus souvent placé après qu'avant ce mot. Mais Franciœ rex ne se rencontre presque dans aucun diplôme avant les dernières années du xii* siècle, et ce n'est même que fort longtemps depuis qu'il a prévalu sur Francorum rex jusqu'à 1 exclure entièrement (2484). Les rois d'Angleterre, qui se disent rois de France, ne refusent pas à nos monarques le titre de roi des Français, et nos princes se soucient fort peu qu'ils prennent celui de rois de France. Mais

(3484] Au huitième tome des Actes des sainu de l'ordre ae Saint-Benoit, b. 347, on trouve une charle du B. Guillaume, abbé de Fécamp, où parmi les simatures le titre de Rex Franciœ est pris par le roi Robert : Ego Robertus aratia Dei rex Francis et filii met Ugonis nomen scrioere rogavi.

DICTIONNAIRE D£ PALEOGRAPHIE, ETC.

nos souverains étant rois des Français ne peuvent manquer d'être rois de France, au lieu que les rois d'Angleterre et prétendus rois de France, loin de le devenir des Fran-

Suis, ne sont pas trop sûrs de l'être toujours es Anglais. Au xii* siècle, un de nos rois se qualifie de la sorte : Dei dispensante miserù cordia in regemFrancorumsublimalus (S&SSj. Mais il ne s'attacha pas plus constamment à cette formule qu'à celle de fils du roi Philippe. Louis le Jeune se désisne ainsi dès l'entrée d'une charte : Ego Luaovicus Junior magni Ludovici filiuSj JDei gratia rex Francorum et dux Aquitanorum» Du vivant de son père, il prit pour titre : Régis filiusj Dei gratia Francorum rex designatus.

Les Othon, les Henri, et les Frédéric et autres se nommaient dans leurs suscriptions le second, le troisième, le quatrième. Mais, avant le xir siècle, les empereurs d'Allemagne ne se caractérisèrent point par le rang qu'ils tenaient parmi leurs prédécesseurs de même nom aans leurs suscriptions mêmes (2^86).

Les rois des Lombards commençaient l'étalage îpompeux de leurs titres par Ego^ le continuaient par l'invocation et le terminaient par leur nom propre, accompagné de quelques-unes de ces épithètes : Vir excellentissimus , prœcellentissimus et eximius frincepsy ChrxstianuSy Catholicus. Comme ils portaient des noms différents , ils annonçaient tout au plus quel rang ils occupaient f^armijles rois de Lombardie. Mais quoiqu'ils 'aient fait quelquefois, ce n'était pas chez eux une formule ordinaire. Au x* siècle, Henri s'appela humilis rex Romanorum ; au XII' siècle, les rois de Sicile empruqtèrent des empereurs de Constantinople, du moins en partie, le titre in ghbisto deo fidelis et potens rex y sans toutefois se l'approprier constamment.

A la formule régnante in perpetuumj les anciens rois d'Angleterre joignaient tantôt Domino nostro Jesu ChristOy tantôt omnipotente Deo et Domino nostro Jesu ChristOj à quoi ils ajoutaient encore ac cuncta mtmdi jura justo moderamine regenti et autres expressions semblables. Venait ensuite leur nom précédé d'Ego. Tel était le début de leurs diplômes. Mais le plus souvent fnul préambule ne les empêchait d'y mettre en tête et leurs noms et ceux des peuples à qui ils commandaient. Souvent néanmoins avant leur titre de roi, ils faisaient marcher quelque formule par laquelle ils protestaient solennellement qu'ils tenaient de Dieu leur puissance royale. Ici c'était largiente Dei gratia^ là potentia régis sœculorum œtemique principis. c.

Les chartes des particuliers commencé- • rent fréquemment par l'invocation suivie (ÏEgOf ou par Ego suivi de l'invocation, j- Quand une charte était adressée à un saint, à une église, à un évêque, à un abbé, cette

(2485) De rediplom.j p. 79.

\US6) Derediplom,, p. 85, 81.

(248Î) UUL de r église Oaliic, t. Il, l. v, p. 445,

adresse était presque toujours placée avant tout autre titre. Il était aussi fort ordinaire de débuter par les dates. La signature même fut quelquefois placée avant l'invocation. Les particules illatives ou causales semblaient affecter, sinon la première place, du moins la seconde dans les formules initiales. Mais passons aux titres donnés ; aussi bien le détail des suscriptions par rapport aux titres que prenaient les personnes privées nous mènerait trop loin.

II. Titres donnés aux prélats ^ princes et seigneurs : nom d'archevêque donné aux métropolitains dès les V* et W siècles ; en a-i-on autrefois décoré les simples évéques ? Prêtres appelés évéques. — Si'les titres donnés aux Papes, aux évéques, aux abbés, aux empereurs, aux rois, aux grands, aux magistrats, aux seigneurs, ne nous présentaient pas un sujet d'une discussion innnie, et si nous n*en avions pas touché cfuelgue chose en parlant du style, ce serait ici le lieu d'examiner ceux dont on a honoré les supérieurs, les inférieurs, les égaux. Mais cette discussion est réservée pour les trois parties suivantes. En attendant bornons-nous à un petit nombre de remarques.

Quoique les titres d'archevêque et de métropolitain aient été rarement pris par les évéques avant le ix* sièele , ces mêmes titres leur ont été donnés en Orient au iV, et en Occident dès le v* ou vi'. Le canon vi du premier concile de Mftcon, tenu vers Tan 582, défend à Varchevéque de célébrer la messe sans son pallium : Archiepiscopus absque pallio missas dicefe non prœsumat. La dénomination d'arcAev^gue se trouve dans la lettre de saint Florien à Nicet, évoque de Trêves, et jusqu'à quatre fois dans le testament de saint Césaire d'Arles. Fleury, qui croyait avec dom Mabillon que ce nom avait passé en Occident au v* siècle, qualifie archevêques les métropolitains qui assistèrent au m* concile d'Orléans en 538. Le P. Longueval (2W7) l'en reprend, et ajoute oue le nom d'archevêque ^ pour signifier métropolitain ^ n'était pas encore en usage alors dans VOccident. Saint Césaire, qui vivait alors, s'en est servi. En' faut-il davantage pour conclure que la critique de l'historien de l'EçUse anglicane est ici en défaut? On trouve, àïa tête de l'histoire des sept Dormants de Marmoutier, une lettre publiée par dom Ruinart, qui a pour titre : Grégoire^ prêtre indigne de Tours^ au bienheureux Pire Sulpice^ par la grâce de Dieu archevêque de Bourges {2kSè). Les PP. de Sainte-Marthe et Rivet croient que l'ouvrage n'est point de Grégoire de Tours. Cela peut être ; mais la raison qu'ils en donnent n'est pas péremptoire. C'est, disent-ils, que le terme d'archevêque n'était point encore en usage de son temçs. Au vn* siècle, si Ton en croit le P. Lecointe (2489) et don Vaissette (2k90)f il était encore inconnu. Il est important de relever ces mécomptes, qui

(2488) Gregor. Turon. Opéra, p. 1269.

(2489) Annal, ecclés., t. H, p. 860.

(â490j Hist. de Langued., 1. 1, p. 752, vT vu.

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PALEOGRAPHIE. — APPENDICE.

Eeuvent influer dans le jugement défavorale qu'on pourrait porter des anciennes chartes, où se trouve le mot d'archwéque.

Ce titre a souvent été donné a d'autres (ju'à des métropolitains. Saint Boniface fut appelé archevêque avant que d'avoir été mis sur le siège de Mayence. Saint Chrodeganç, évèque de Metz en 742, Bernon, évèque de Châlons en 879, Théodulphe évèque d'Orléans sous Louis le Débonnaire, et saint Hugues, évèque deiGrenoble, on 1090, sont décorés du titre d'archevêques dans des monuments certains. c< Il a été un temps, dit Châtelain (2491), que le terme d'archevêque ne s'appliauait point encore au métropolitain, et qu il s'appliquait déjà tantôt au premier de tous les évêques d'une église, comme on le trouve de saint Denis de Paris, tantôt au^premiersufifragant de la province comme il s est dit des évêques du Mans à l'égard de Tours (2492). » Ce titre d'honneur donné à de simples évêques peut encore venir de ce qu'on leur accordait quelquefois le pallium, qui est l'ornement propre des archevêques. Tout le monde sait que saint Grégoire le Grand l'accorda à Syagrius, évèque <r Autun, et le Pape Etienne 1 v à Théodulfe, évèque d'Orléans.

Pourvu qu'on en excepte la primauté, il n'est point de titre, quelque magnifique qu'on le suppose, quelque particulier qu'il soit devenu aux seuls pontifes romains, qui n'ait également été déféré aux évêques (2493). Les titres de Papesy de sotvoerains Pontifes^ de prêtres suprêmes^ de princes des prétresj étaient accordés non-seulement à des primats, à des archevêques, à des métropolitains, mais encore à de simples évêques, non-seulement par des inférieurs, par des princes, par des rois, mais encore par leurs propres confrères. Il y a plus : on les qualifiait, comme les Papes, Pires des Pèresj évêques des évêques f Apostoliques (2494) et ce qui pourrait encore plus nous surprendre, leur dignité était communément célébrée par le titre de Siège apostolique. Car cette magnifique dénomination ne pouvait pas tomber sur les sièges de tant d évêques de France, dont les apôtres ne passèrent jamais pour fondateurs. Enfin le Pape Adrien I" restreignit les titres de prince des prêtresj ou des pontifes^ et de souverain prêtre^ ou jpontt/e, aux seuls primats. Les évêques sufrragants de Rome, comme ceux de Sabine et de Tusculum, sont qualifiés : episcopiurbiSy episcopi sanctœ Romanœ Ecclestœ (2495). Saint Grégoire donna aux évêques d'Italie le titre

(2491) Martyrot, rom. traduit, p. 669.

(2492) Le roi Thierri accorda, dit-on, à Engilbert, évèque de cette ville, le droit de faire battre monnaie, c L'on en produit un acte, dit le P. Longueval (a), que je n*ose garantir, parce que je trouve qiie le roi v donne à Engilbert la ({ualité d'archevêque du if ans» Pour justifier ce titre, on prétend çu'Engilbert était arcbichapelain du roi. Il resterait a examiner si les archicbapelains portaient alors le pallium ou le titre d'archevêque, comme ils firent sous les rois de la seconde race. > U n'était nullement nécessaire que Tévéque du Mans fût archicha-

(fl) I/Î5/. deNgl. galL, t. IV, I. x, p. 174.

d'fmtnence, qui est devenu dans ces derniers siècles le titre spécial des cardinaux. Gerbert, depuis Pape sous le nom de Silvestre II, écrivant à des évêques leur donne quelquefois le titre de Majesté^ qui estj aujourd'hui réservé aux seules têtes couronnées. Il semble aussi, dit dom Rivet (2496), qu'on lui doive l'expression Beatissime Pater j qu'emploient ceux qui parlent au Pape ou lui écrivent en latin. Mais le titre de Beatissimus était autrefois donné à tous les évêques, comme celui de Pape et d'Apostolique. Le titre de Sanctissimus était anecté aux évê-

3ues même hérétiques. Dans la conférence e Carthage, saint Augustin ne feint point de dire le très-saint Emeritus et le très-saint Pétilieny quoique ce fussent des donatistes. Agobard, archevêque de Lyon, dans une lettre appelle Vala et Hilduin très-saints Pères^ quoiqu'ils ne fussent que prêtres et abbés.

Aux III* et IV* siècles, et longtemps après, quoique les évêques se décorassent mutuellement des titres lés plus éclatants , ils ne laissaient pas de s'entr appeler frères (2497). Us en usaient même de la sorte en écrivant aux Papes. Souvent néanmoins, surtout depuis le IV* siècle, ils employèrent des termes Îlus respectueux en leur parlant. Celui de ope, auquel on ajouta dans la suite l'épithète d'universel et même de souverain Pontifcj fut déféré aux Papes, durant le cours du •siècle qui suivit saint Grégoire le Grand.

Quand on eut une fois épuisé les titres les plus sublimes, en adressant la parole aux

Sontifes romains, il leur parut un peu trange que quelques évêques voulussent en revenir avec eux au simple nom de frère^

3uoique tempéré par celui de Pape. Cepenant ils ne commencèrent à s'en plaindre ouvertement qu'au ix* siècle. Ce qui n'empêcha pas qu'ils n'aient toujours eux-mêmes traité les évêques de frères et quelquefois de confrères f2498). La première expression a longtemps été consacrée pour désigner les cardinaux, dans la bouche même de personnes qui pouvaient passer pour inférieures à leur égard. Aux m* et iv* siècles, de simples prêtres ne craignaient pas d'appeler des évoques frères (2499). Personne ne trouvait encore a redire, aux viii* et ix* siècles, que des abbés et dos diacres employassent le même style, en écrivant à des prélats du premier ordre, à des métropolitains, à des primats (2500). Le titre de vicaire de saint Pierre^ assez longtemps affecté aux Papes, fut communiqué aux évêques au xii* siècle. Les premiers n'y perdirent rien. Car celui de vi-

pelain pour recevoir le titre d'archevêque d'un roi qui voulait Thonorer.

(2495) De re diplom., p. 63, 64.

(2494) Ibid., p. 65.

(2495) Mus. italic., part, i, p. 145.

(2496) Uist. /î«., t. VI, p. 613.

(2497) De re diplotn., p. 63, 64.

(2498) Ibid., p. 66.

(2499; Sœcul. iv. Bened.^ part, i, p. 362; De re

diplom.f p. 64, 65.

(2500) Joan. Georg. ab Eckhàrt, Ammadvers, in hierarch. Fuld.y^. 29.

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