MAIRES DU PALAIS
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félicite éternelle dans le paradis toujours vert, aux frais ombrages, aux eaux jaillissantes. Les autres, précipités dans les abîmes, y subiront des tourments sans fin.
L'Islamisme dans riiistràre. — Tel est le dogme. Le credo musulman tient dans ces quelques mots: Dieu ist lieu et Maliomt est son prophète. Tout le reste nVst que règlements du culte, prescriptions de morale, de politi(|ue ou simplement d hygiène. L'idée fondamentale se dégage avec une pi ccision et une netteté intelligible pour tous. Des millions d'iiorames l'acceptèrent. En un siècle, l'islamisme, par la parole et surtout par le sabre, avait conquis l'ouest de l'Asie, le nord de l'Afrique -et l'extrémité de l'Europe. A son abri, des États s'organisèrent, des civilisations fleurirent. Dans l'histoire de l'iiunianiti', le moyen-âge musulman mérite une plus belle place que le moyen âge chrétien. Mais .andls que le reste du monde marchait. 1 Islam est demeuré stationnaire. Les sociétés qu'il a formées n'ont eu ni Rcnais'iance ni Kévolution. Elles sont menacées de périr, si l'Europe ne leur reporte la lumière qu'elle leur a prise autrefois. [Maurice Wahl.l
MAIItES DU l'ALAIS. —Histoire de France, IV. — Ce titre désigne, à l'époque mérovingienne, un personnage dont les attributions primitives sont assez mal connues, et qui paraît avoir été simplement, au début, le premier officier de la maison royale, désigné par le roi lui-même pour remplir ces fonctions. Mais dès le règne de Sigebert, dans la seconde moitié du vi* Mècle (V.il/cVoi'Bji'c'S;, le maire du palais, en Austrasie. nous apparaît comme le chef électif des leudes, c'est-àdire des grands du royaume; et il en est bientôt de même en Bourgogne et en IVeustrie. Clotaire II s'engage, en 614, à ne jamais intervenir dans l'élection des maires du palais; et pendant que les royaumes francs sont réunis sous l'autorité nominale d'un seul souverain, les maires occupent dans cliar|ue royaume la place d'un vice-roi. Sous le règne de Dagobrrt et de son fils Sigehert II, Pépin de Landen ou Pépin le \ieux est maire du palais en Austrasie, et il acquiert une telle puissauce, que cette dignité devient héréditaire dans sa famille. Grimoald, son fils, lui succède, et, « voyant le mépris des Ausirasieiis pour la race du grand Clovis, il relégua le fils de Sigehert dans un monastère d'Irlande, et fit nommer roi son propre fils, Childebert. Mais le moment n'était pas encore venu de renverser l'antique laniille des rois chevelus. Les Austrasiens s'unirent aux Neuslriens contre Giimoald, qui fut tué avec Childebert. » (Lavallée.) La tentative prématurée de Grimoald ayant échoué, les royaumes francs se trouvèrent places de nouveau sous le gouvernement nominal des rois neustriens, au nom desquels commandèrent successivement deux maires célèbres, F,rkinoald et Ebroin. Cependant l'Austrasie supportait impatcmnient le joug. Un petit-fils de Pépin le Vieux par les femmes. Pépin d'Héristal, y devint chef des leudes, et, après la mon d'Ebroin, vainquit les Neustriens .'i Tcstry (GS'i). Cette victoire assura définitivement la prépondérance de l'Austrasie, et donna à Pépin d'Héristal un pouvoir qu'il devait transmettre à S( s descendants. Pépin se conlenla du titre de maire du palais, et laissa la couronne au roi de Neustric Thierry III et à ses faibles successfuis Clovis III, Childebert III, Dapobeit III, que l'hisioire a appelés les rois fanéi vis. A sa nnort en 7 M, il eut pour successeur son fils Charles Maitel. qui, après avoir comprimé une tentative dis Neustriens pour reconquérir leur indépendance devint le maître de tout l'empire franc, sans prendre toutefois la couronne, et en conservant à roté de lui des simulacres de rois pris dans la famille mérovingienne. Il confisqua les biens de l'Eglise, qu'il distribua à ses
leudes, et sauva la Gaule de l'invasion musulmane, en battant les Arabes à Poitiers Ci 3?). Charles Martel laissa deux fils, Carloman et Pépin le Bref, qui se partagèrent le pouvoir; mais bientôt Carloman se retira dans un cloître, et Pépin conserva seul l'autorité. Déjà pendant un moment, sous Charles Martel, le irône était resté vacant à la mort de Thierry IV (737); Pépin le Bref, continuant la politique des chefs austrasiens, fit couronner en 742 Childéric III ; mais dix ans plus tard, jugeant qu'il pouvait sans danger rompre avec la tradition jusqu'alors respectée, il déposa le dernier représentant de la famille mérevingierne, et se fit proclamer roi lui-même (75"^). Son alliance avec le Saint-Siège, à la suite de ses expéditions en Italie contre les Lombards, affermit son autorité, et lorsqu'il mourut en 7C8, nul ne songea à disputer la couronne à ses héritiers. L'nc race nouvelle avait remplacé celle de t.lovis; Charlemagne *, fils et successeur de Pépin le Bref, allait achever l'étonnante fortune des descendanisdrs maires d'Austrasie en rétablissant i son profit l'emplie d'Occident.
31.\ISONS. — Hygiène, VII. — Nousavons rarement le privilège de faire construire notre demeure, souvent même nous ne pouvons guère la choisir, et nous sommes obligés de tirer le meilleur parti possible d'une construction mal conçue et mal exécutée. Peut-être les architectes de l'avenir apprendront-ils l'hygiène. De nos jours, ilsne s'en occupent point, il semble que cela ne Eoit pas de leur ressort. 11 s'en faut de beaucoup que le confort des habitations progresse du même pas que le luxe des constructions et des aménagements : c'est le contraire qu'il faudrait. Lorsque l'hygiène sera vulgarisée, l'opinion publique forcera les architectes et les spéculateurs h bâtir des maisons saines. Jusque-là, on ne peut espérer aucune réforme sérieuse.
Il iraporie donc à chacun de savoir d'après quelles règles une habii.ntion doit être construite, afin d'apprécier, en toute connaissance de cause, les qualités et les défauts de celle qu'il habite ou se propose d'habiter. Si le choix est possible, ces connaissances seront d'un grand secours. Dans le cas coniraire, elles serviront du moins à suggérer les piécautions nécessaires pour pallier les défauts du local imposé et défectueux.
Nous aurons soin, d'ailleurs, après avoir décrit ce qui devrait être, d'indiquer les compromis, les petits moyens qui peuvent rendre moins dangereuse une habitation malsaine.
Emilaomenl. — La localité, le sol, le voisinage, l'exposition doivent être l'objet d'un minutieux examen, soit pour fixer son choix, soit pour prendie toutes les précautions possibles lorsque la nécessité permet seulement d'atténuer certains désavantages. Le inil/'U dans lequel se trouve l'habitation apporte naturellement des modifications dans sa construction et son aménagement; nous en parlerons en détail en traitant ce mot.
Constiuctioti. — Les bons matériaux de construction doivent être mauvais conducteurs de la chaleur, non hygroscopiques, inattaquables par les moisissures, non susceptibles de dégager des gaz délétères. Les questions de prix, de durée, de beauté, sont tout à fait secondaires. Le granit, le grès, la pierre meulière, le calcaire dur, remplissent toutes ces conditions. Le calcaire tendre, qui fournit à Paris la plus grande partie des pierres de taille et des moellons, est plus sujet à retenir Ihumidité. Cependant on a inventé plusieurs procédés qui le rendent imperméable à la surface. Lun d'eux consiste à l'imprégner de silicate de potasse. Ine peinture à Ihuile de lin cuite et saturée de litharge serait également utile.
C'est surtout pour les fondations et le rez-dechaussée qu il importe d'employer des matériaux.
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inaccessibles h l'Immidito, comme la pierre meulière jointe au ciment. Au niveau des fojidations, le sol devrait ôtre parfaitement draini', puis recevoir une couclie de scories ou do pieii-ailles recouvi'rte par une assise de ciment. De cette manière on serait sur qu'aucune cxlialaison dangereuse ne pourrait sV.leverdu sol pour se répandre ' dans la maison. Il serait mfime avantageux de bi- j tumer le sol et les murs de la cave.
La brique bien cuite, en partie vitrifiée, vérita- \ blc pierre siliceuse artificielle, est d'un excellent emploi pourvu qu'on la joigne avec du ciment. La terre pilée, ou pisé^ peut servir aux constructions sur les terrains très secs, ;\ la condition de proté- j ger les murs contre la pluie et les infiltrations.
Le meilleur plâtre est celui qui exige le moins d'eau pour se gâcher au degré convenable. Dans toutes les parties basses ou exposées à l'Iiumiditc on doit lui substituer le ciment. Le plâtre, en effet, est très liygroscopique, et au bout de quelque temps l'humidité qu'il retient produit le salpètrage des murs, défaut auquel on ne peut guère remédier.
Les bois employés dans les constructions sont sujets à une décomposition lente produite par une sorte de fermentation et par la production de moisissures. C'est IJi une cause de dangers et d'insalubrité qu'il serait facile de prévenir en imprégnant ces bois d'acide pyroligneux ou d'autres substances préservatrices. En tout cas, il faut savoir que les bois coupés en sève sont fatalement destinés à une .prompte destruction. On choisira les essences les plus résistantes et surtout on prendra soin que l'humidité n'ait accès nulle part.
Si les maisons des villes laissent tant à désirer, sous tous les rapports, que dire de celles des paysans dans la plupart de nos provinces ? L'espace étroit enclos entre les quatre murs est recouvert d'un toit de chaume surbaissé, fertile réservoir de moisissures suspectes. Le sol de terre battue se détrempe et s'imprègne de boue et de fumier; souvent même des animaux domestiques, admis dans une intimité compromettante, rendent la place inhabitable pour leurs maîtres, stoïquement entassés dans des lits clos étages comme ceux des cabines de navires. L'impôt des portes et fenêtres ingénieusement éludé a fait percer dans le mur des trous bouchés en hiver par de la paille. A côté de la maison un tas de fumier dont le purin forme ruisseau devant la porte, puis l'étable dont les émanations se mêlent i celles du (purin. Parfois même, un vide dans la muraille met celle-ci en communication directe avec lu maison pour que les animaux puissent y prendre leur .nourriture dans l'auge ou le râtelier.
Certes le mal n'est pas partout aussi grand ; mais, presque toujours les constructions rurales semblent un défi à l'hygiène et à la bienséance. La réforme viendra de la vulgarisation de l'hygiène qui fera aimer, avec le bien-être relatif, tout ce qui augmente la dignité humaine. Pour améliorer l'hygiène rurale, il faudrait d abord choisir judicieusement l'emplacement des habitations, les construire de façon à ne pas marchander l'air et la lumière, isoler les dépendances de l'habitation humaiiie, adopter pour les fumiers les fosses étauches et couvertes, placées loin de la maison et loin des puits Ensuite, l'instruction bien dirigée apprendrait au paysan qu'il a intérêt à soigner sa maison, son fumier, sa santé, celle des siens, que c'est pour lui la meilleure des spéculations. Quand il en sera convaincu, le reste sera facile.
^ Malgré leurs misérables demeures, les paysans résistent à une foule de causes de maladies ou de dégénérescence, parce que la plus grande partie de leur vie se passe au grand air. Les ouvriers des villes sont encore plus mal partagés. Ils forment une population chétive, malingre, rabougrie. Après un
travail forcé dans les ateliers où l'encombrement, les émanations, les poussières, conspirent contre leur existence, ils s'entassent dans de misérables réduits, où régnent le méphitisme et l'asphyxie ; c'est là une des plaies de notre temps. Les consi'ils de salubrité pourraient beaucoup pour atténuer le mal. On a réussi en partie en quelques pays. Mais la question du logement des ouvriers est lort complexe, elle touclie à l'organisation môme de la société, aux salaires; il faut donc se résigner k donner des conseils palliatifs. En les suivant, on rendra supportable ce qui est, et peu b, peu l'esprit public améliorera, sans secousses, la vie matérielle des travailleurs. L'hygiène est une science sociale : elle joindra sa voix aux revendications légitimes et profitera des progrès apportés par le temps dans l'organisation de la société.
La création de grandes ciléx ouvrières, sortes de casernes fatalement insalubres, — au physique et au moral, — cède aujourd liui le pas aux essais bien mieux compris de petites maisons isolées ou par groupes de deux à quatre, comme celles de la Société mulhousienni', de la Cnmimgnie des Mines de Blnnzy. Aujourd'hui les bons modèles ne manquent pas, il s'agit de tiouver les moyens de les rendre graduellement accessibles h tous. Les plus intéressés sont ceux qui doivent faire le plus d'efforts ; on peut leur dire : Aide-toi et la société t'aidera.
Distribution et usage. — La maison la plus humble doit avoir une salle commune destinée aux réunions de la famille et aux relations. Si l'espace manque, elle pourra fort bien servir aussi de salle à manger, pourvu que l'on ait soin d'y établir, après chaque repas, un rapide courant d'air, qui chasse les odeurs et les émanations. Que cette salle commune, àme de la maison, réunisse toutes les conditions désirables de confort : température douce, air pur, beaucoup de lumière, des meubles bons à l'usage ; tout cela dispose favorablement l'esprit, fait aimer la maison, et c'est là, en hygiène, comme en morale, un point essentiel. L'amour du foyer crée des habitudes régulières, des plaisirs simples, des satisfactions toujours prêtes qui contribuent puissamment à entretenir l'esprit et le corps dans de bonnes conditions. Le salon do parade et la salle à rainger sont des pièces de luxe pour lesquelles on sacrifie à tort l'espace et l'argent qui seraient mieux employés ailleurs. Les tentures sombres, les meubles d'apparat n'ont rien de commun avec l'hygiène. Si les occupations exigent un cabinet de travail, que ce soit une pièce grande, bien éclairée, dont on puisse facilement régler la température. Surtout, qu'elle permette de s'isoler des bruits domestiques comme des bruits du dehors, car le cerveau se fatigue beaucoup plus lorsqu'il est obligé de faire sans cesse abstraction de ces bruits pour rester seul avec lui-même. Une double porte, une double fenêtre, peuvent beaucoup pour produire cet isolement et maintenir une température uniforme.
Nous passons dans noire chnmhre à conclier au moins un tiers de notre existence; mais comme cette partie de notre vie est absolument privée, nous croyons que tout est assez bien pour cette pièce dont le salon et la salle à manger réduisent à l'envi les dimensions. En fait, on couche n'importe où, dans un cabinet, une alcôve, une soupente; il semble que là où l'on peut placer une couchette un homme peut dormir. On devrait chercher tout le contraire. Que la chambre à coucher soit vaste, bien éclairée, visitée du soleil, le grand assainisseur. Que l'air s'y renouvelle naturellement par la cheminée ouverte, on sera sur alors qu'elle sera plus utile comme appareil de ventilation que comme appareil de chauffage. Ou aura donc soin de ne pas l'obstruer en baissant le rideau mobile ou en y plaçant un devant de cho-
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mince. Le trou béant n'est pas joli .\ l'œil, mais c'est un poumon qui fait respirer cette cliambre où l'air doit sans cesse se renouveler. Il y aurait d'ailleurs un moyen de tout concilier, ce serait de fabriquer des devants de cheminée en toiles métalliques peintes et ornées comme des stores. Il serait bon, en outre, de pratiquer près du plafond une ventouse dans le tuyau de la cheminée. L'air vicié s'écoulerait naturellement par cette issue, que l'on pourrait fermer quand la cheminée servirait au chauffage.
La chambre à coucher, pour une personne, devrait cuber 61) mètres environ, pour que l'air s'y maintienne dans un état de pureté convenable sans recourir h une ventilation forcée. En huit I>€ures nous absorbons dans nos poumons .3,G00 litres d'air et nous exhalons 180 litres d'acide carbonique. Ce gaz n'est pas à proprement parler toxique, mais il est irrespirable. L'air pur n'en contient que trois à quatre dix-millièmes, l'air d'une salle de spectacle, d'une classe, devient malfaisant et cause des maux de tête, de l'engourdissement, dès qu'il en contient quelques millièmes. Jugez quelle doit être l'atmosphère d'un réduit étroit où l'on passe huit ou dix heures, quelquefois en compagnie d'une lampe , d'un chien, qui doublent la production de gaz irrespirable.
Notons que l'accumulation d'acide carbonique ne constitue pas le plus grand danger de l'atmosphère confinée d'une chambre à coucher. La peau et les poumons exhalent aussi dans l'air des vapeurs, des miasmes qui imprègnent la literie, les rideaux, les papiers de tenture, les murs même et qui constituent, dans certaines circonstances, un véritable poison dont les effets se traduisent quelquefois par une maladie aiguë, et le plus souvent par une détérioration générale de la santé que l'on attribue à toute autre cause.
La laine des matelas et des couvertures, la plume et le duvet surtout, retiennent facilement les miasmes. Ces deux derniers articles devraient être bannis de la literie, car outre leur facile contamination ils habituent à une chaleur moite qui est malsaine. La laine est facile à nettoyer et à désinfecter, il n'y a donc pas lieu de la proscrire, pourvu qu'on procède fréquemment à son épuration. Les sommiers élastiques tendent à remplacer partout la pnillusse, véritable sac à poussière et à moisissures. Faute de sommier élastique, que le premier matelas soit fait de paille, de balles d'avoine, de spaihes de mais, de crin végétal, mais à la condition de renouveler très souvent ces substances pour assurer en même temps l'hygiène et le confort.
Supprimez les rideaux de lit, obstacle au renouvellement de l'air, refuge des insectes, réservoir de poussière s et de miasmes. Aérez chaque jour et exposez s 'il se peut au soleil les pièces de la literie. Comme on fait son lit on dort et l'on se porte.
Là où les circonstances le permettent, nous voudrions voir sacrifier, au besoin, une des pièces de luxe pour en fa ire la chuml.re (les enfanta. Lorsque le mauvais temps ou d'autres causes ne leur permettent pas les ébats au grand air, qu'ils aient au moins à la maison une pièce h eux, en rapport avec leurs besoins. Pas de rideaux aux fenêtres presque toujours ouvertes, pas de meubles qu'il faille traiter avec cérémonie, rien qui gêne les franches allures, mais ujie natte sur le plancher pour amortir les bruits et au besoin les chutes. Des jouets simples, qui soient une occasion d'exercice et de jeux actifs. Nous voudrions bannir la poupée, inventée pour immobiliser les enfants, ces o bandits aux lèvres roses >i qui ne doivent pas être .. sages » si l'on veut qu'ils se portent bien. I
L'adulte de 20 ii 25 ans respire de 18 à 2(1 fois par minute, l'enfant de 5 ans, 2C fois. Ces chiffres montrent que les besoins respiratoires de l'enfant sont bien supérieurs à ceux de l'adulte, et comme, d'autre part, il résiste beaucoup moins aux causes d'affaiblissement ou de maladie, on comprend qu'il lui faut beaucoup d'espace et beaucoup d'air pour se développer convenable ment. Le luxe mal entendu tue autant d'enfants que la misère, en les condamnant à l'immobilité, au silence, en les privant d'air et de lumière dans des appartements calfeutrés et capitoimés.
Les ihamtres de domestiques devraient peu différer de celles des maîtres au point de vue de l'hygiène. Nous admettrons qu'elles soient moins confortables, parce qu'elles sont moins habitées, mais la santé, l'hygiène, ne connaissent point de distinctions sociales. Il y a égalité parfaite devant les rhumes et les fluxions de poitrine, Tétiolement faute d'air et de lumière, l'asphyxie ou l'empoisonnement dans une atmosphère confinée. Si la classe des serviteurs est utile, indispensable, il importe de la maintenir dans les meilleures conditions possibles, même au seul point de vue de l'économie sociale. Il appartient aux maîtres de veiller à ce que les chambres des serviteurs soient aménagées et entretenues de manière à leur assurer le confort et la salubrité compatibles avec les circonstances, mais les serviteurs doivent s'instruire eux-mêmes des principes élémentaires de l'hygiène pour les appliquer avec soin et zèle ou pour réclamer les améliorations urgentes dans leur installation.
A la campagne et dans les petites localités les ctiishies des maisons bourgeoises sont d'ordinaire assez vastes, suffisamment aérées et disposées de telle façon que les odeurs ne pénètrent pas dans les appartements. Mais chez les paysans, la salle commune dont nous avons parlé sert aussi à la préparation des repas, de sorte qu'aux mille odeurs et émanations qui s'y rencontrent, s'ajoutent les vapeurs culinaires, les senteurs acres et tenaces de graisses surchauffées. La plus humble maison rurale devrait avoir une cuisine séparée, pour assurer la propreté et prémunir l'habitation contre les émanations, la fumée qui s'en dégagent.
Dans les grandes villes, la cuisine fait corps, d'ordinaire, avec l'appartement ; on lui donne à regret, un coin obscur, étroit, carrelé, disposé de la façi'n la plus ingénieuse pour ruiner la santé des personnes qui y séjournent et pour incommoder plus ou moins les autres. Le fourneau chauffe fortement la tête, tandis qu'un courant d'air froid passant sous la porte glace les pieds; le tirage illusoire de la Itotte laisse disperser aans la pièce l'oxyde de carbone, source immédiate de malaise, de maux de tête, et source lointaine d'un véritable empoisonnement chronique. Par intervalles, des bouffées de vapeurs acres et irritantes achèvent de rendre irrespirable cette atmosphère viciée. Ajoutez à cela un évier dont le tuyau ouvert dégage une odeur méphitique dœufs pourris. Telle est la cuisine du plus grand nombre des logements de Paris et des grandes villes. 'Voici ce qu'il faut faire pour la rendre moins dangereuse et moins disagréable à tous égards. Sur le dallage mettre une natte épaisse; poser un bourrelet au bas de la porte et à mi-hauteur des côtés : établir à la hauteur de la tête une prise d'air pur par la porte ou la fenêtre ; pratiquer une venlouse près du plafond pour l'échappement du n.auvais air ; ventiler en grand, par un courant d'air, — sans y rester exposé, — dès qu'il s'est dégagé une cdeur un peu lotte, et après la préparation de chaque repas: employer fréquemment, et partout, la brosse et le savon. L'évier nécessite dos soins spé-
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ciaux. Plus tard, les architectes sauront los dis- [ avoir plus de O^ilG de hauteur. On les fait d'orposor de manière à ne pas en faire des foyers dinaire planes ou légèrement inclinées on avant, d'infection. On peut assainir les plus mal cons- de sorte qu'il faut un efiort musculaire consi-
truils par de grands lavages avec une solution bouillante de potasse. Pour empêcher l'air impur de refluer par leur orilice, une soupape ou un bouchon de métal suffisent à la rigueur. Pour faire mieux, on couvre l'orifice d'un petit appareil filtrant, mobile, en forme de cloche, dont le bord ajoure repose sur une rainure pleine d'eau, de sorte qu'en laissant passer les liquides il s'oppose à la rentrée de l'air.
Les cabinets de toilette, ganle-rolies, débarras sont trop souvent des cabinets esigus. privés de lumière et d'air, laboratoires suspects où s'élaborent, fermentent et se multiplient les poussières, les miasmes, les vapeurs, les moisissures, les insectes. A tout cela, il faut de l'air, des nettoyages à fond renouvelés souvent. Le mieux serait de réui.ir dans une seule pièce nue, aérée, ensoleillée, toutes ces dépendances qui sont d'autant moins nécessaires que l'ordre règne davantage dans la maison. Bannissez les vieilleries de toute sorte ; si tout est en usage et en vue vous serez obligés de tout entretenir en bon état.
Tout est à faire, chez nous, dans la construction et l'aménagement des cabinets. La meilleure disposition est celle qui permet aux matières de se rendre directement à l'égout, en totalité ou après séparation des parties solides dans des appareils mobiles. Pour cela il faut un service d'eau abondant, des soupapes bien disposées et une ventilation spéciale des tuyaux, afin que l'air des égouts no pénètre pas périodiquement dans l'habitation. Le système de fosses fixes est absolument barbare et homicide. Même lorsqu'elles sont munies d'un Iwjnu dévent pour les gaz en excès, elles infectent nécessairement les habitants chaque
déra hie pour porter le corps en avant pendant qu'on l'élève; cet effort serait notablement diminué si l'on inclinait légèrement les marches en arrière.
L'ascension un peu rapide de quatre étages fait souvent monter le pouls de 72 à l'IO pulsations par minute. Les fonctions du cœur ei des poumons se trouvent donc gravement compromises pendant quelque temps, chaque fois qu'on renouvelle cette gymnastique. Les personnes disposées aux maladies de ces organes ou qui en sont déjà, atteintes doivent tenir compte de ce fait. Vivre quelques étages plus haut ou plus has peut abréger ou prolonger notablement leur existence. Voici d'ailleurs un moyen pratique de réduire au minimum la fatigue de l'ascension. Prenez une longue et profonde respiration et gravissez doucement les marches jusqu'à épuisement de l'air lentement expiré : arrêtez-vous alors et recommencez la manœuvre ; vous serez surpris du soulagement produit par cette simple précaution.
Descendons un instant à la cave. Nous savons déjà que le sol doit être drainé, recouvert d'une couche épaisse de matériaux hydrofnges, puis de ciment ou de bitume. Les soupiraux seront ouverts toute l'année, protégés seulement par des barreaux de fer, et l'on fera en sorte que les corridors, les escaliers qui y conduisent soient secs et bien aérés. Cette pièce doit être aussi sèche, aussi salubre qu'une chambre à coucher, sans quoi elle répand dans la maison des exhalaisons, des miasmes, des germes de moisissures qui en font un véritable foyer d'infection. Le bois, les provisions, les tonneaux y seront disposés de telle sorte qu'une sur\eillance journalière permette de
fois que s'abaisse la cuvette. De plus, il se produit remédier au moindre accident, d'assainir aussitôt toujours quelque fissure dans ce réservoir d'im- | qu'on aura découvert de l'humidité ou des moisiS'
mondices, et le sol des caves, l'eau des puits se trouvent tôt ou tard souillés sans remède. De graves épidémies de fièvre typhoïde sont dues à cette cause. A la fosse fixe il faut donc absolument substituer la fosse mobile en attendant mieux.
Dans les campagnes le moyen le plus simple, le plus salubre consiste dans l'emploi de la terre sèche et pulvérisée ou des cendres sans valeur pour ''ecouvrir immédiatement les matières qui sont tombées dans un tonneau. On ne perçoit aucune odeur, il n'y a pas de fermentation putride. Ce moyen est non seulement facile et hygiénique, mais il rembourse bien vite les frais minimes d'installation, car le contenu des tonneaux forme un excellent engrais. Il est facile d'improviser une trémie qui laisse tomber à volonté un peu de poussière sèche, mais à la rigueur on pourrait la verser de toute autre manière. Si l'on prend les précautions nécessaires et si l'on emploie assez de niatières absorbantes, ce tonneau pourrait recevoir aussi tous les détritus de la cuisine. L'important, c'est que tout soit bien couvert et soc à la surface. La plus humble habitation rurale, munie de cet appareil, sera mieux partagée que les somptueuses maisons de Paris.
Un mot seulement sur les ecaliers. C'est par eux, d'ordinaire, qu'arrive l'air extérieur lorsque les fenêtres sont bien closes. Il y aurait avantage et même économie à les chauffer en hiver au moyen d'un poêle, afin que l'air froid n'arrive pas subitement dans les pièces chaufl'ées. Mais en tout cas, il importe qu'ils soient parfaitement aérés, car c'est aussi par l'escalier que le mauvais air d'iin appartement s'introduit chez les voisins pour y porter la gène, le dégoût ou !a maladie.
Les escaliers droits sont plus commodes que ceux dits tournants. Les marches ne devraient pas
sures. Il faudrait des ordonnances de police pour obtenir la construction rationnelle des caves et l'assainissement de celles déjà construites. Tout ce qu'on peut faire comme palliatif, c'est de chauffer au moyen d'un poêle pour sécher les murs et le sol, d'élever tout ce que l'on y conserve sur des madriers ou mieux des pierres, et d'établir une ventilation aussi complète que possible.
L'hygiène des animaux est à peu près la même que celle des hommes. Si l'on veut en tirer tout le profit possible, on a intérêt à tenir sains et propres les locaux qui leur sont affectés. Ceux qu'on néglige le plus, les porcs, sont justement ceux qu'il importe de soigner davantage. La réforme sur ce point est partout possible ; il suffit d'en faire comprendre l'utilité, la nécessité. Même en supposant les écuries, les élables, les p-^rclievies, les poulaillers, les pigeonniers, etc., tenus avec la plus rigoureuse propreté, la nature même de ces annexes entraîne toujours l'accumulation de détritus et d'immondices d'où se dégagent des odeurs, des miasmes toujours désagréables et dangereux; ce sont des nids de parasites. 11 est donc indispensable d'éloigner tous les bâtiments destinés aux animaux de ceux habités par les hommes.
C'est une erreur de croire, sur la foi de traditions sans fondement, que l'air des étables est hygiénique pour les gens sains ou malades. Mieux vaut coucher, bien couvert, dms une chambre froide que dans l'atmosphère d'une ctablo ou d'une écurie chauffée par les exhalaisons des animaux et toujours imprégnée de miasmes qu'une circonstance impossible i prévoir peut rendre dangereux.
HumiilM. — Toute maison humide est malsaine. Au bout d'un certain temps ses habitants ressentent un trouble général des fonctions qui
s'accuse par le lymphatisme, l'atonie, l'anémie,
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le scorbut, les scrofules, les rliumalismes; la même cause suffit pour causer des maladies mieux déterminées ou plutôt mieux localisées : angines, bronchites, fluxions de poitrine, pleurésies, hydropisies. C'est surtout l'humidité froide qui est dangereuse- Dans la même maison et au niCme étage, les pièces situées au nord seront meurtrières, tandis qu'on habitera sans trop d'inconvénients celles au midi.
Lorsque l'humidité tient à la construction même et non à l'aménagement, elle est à peu près irrémédiable. Cependant il y a des palliatifs qu'on ne ■doit pas négliger. Le plus important, le plus «fficace, c'est d'élever la température, en commençant par la cave et le rez-de-chaussée. C'est aussi le remède le plus facile à employer dans jjne maison à loyer, où l'on ne peut ou ne veut pas faire des dépenses d'amélioration. Un calorifère placé dans la cave avec bouches de chaleur dans les corridors, les escaliers et les pièces du rez-dechaussée, suffira presque toujours pour diminuer ■dans une forte mesure les dangers de Ihumidité. Si ce moyen est trop dispendieux, que l'on chauffe avec des poêles, depuis octobre jusqu'en mai, les chambres habitées.
Si les réparations et améliorations sont possibles, la première consiste à dminer le sol sous le bâtiment et alentour. Cela suffira, dans bien des cas, pour sécher les caves et les murs du rez-dechaussée. Mais si les pierres poreuses, imprégnées de matières organiques, ont donné lieu à la formation de salpêtre qui recouvre leur surface d'une inflorescence blanclie, l'assèchement du sol par le drainage ne suffira pas pour sécher les murs, parce que le salpêtre, substance hygrométrique, attire et retient l'humidité de l'air. Dans ce cas, le chaufl"age constituera le meilleur palliatif. On couvre souvent de lambris de bois les murs salpêtres; c'est un moyen de diminuer la proportion d'humidité qui s'exhale des murs, mais le bois pourrit infailliblement et la surface intérieur des lambris se couvre de moisissures dont la présence est toujours suspecte. On éviterait cet inconvénient en interposant une mince feuille de plomb entre le mur et le revêtement de bois.
La maison la mieux construite est humide longtemps après son achèvement. Les pierres perdent lentement leur eau de carrière; le mortier et le plâtre sèchent plus lentement encore. Habiter une maison nouvellement construite, essui/T (es plâtres, comme l'on dit, c'est s'exposer sciemment et fatalement aux maladies causées par 1 humidité, j Dans les grandes villes, on emploie maintenant des appareils de chaufl'age pour hâter l'assèchement des locaux neufs : c'est une excellente mesure qu'il faudrait généraliser et rendre obligatoire, mais on se fait souvent illusion sur son efficacité et l'on ne continue pas assez longtemps le chauffage forcé pour permettre aux parties profondes des murs d'en éprouver l'influence.
Quelques moyens empiriques permettent d'apprécier le degré d'humidité d'une maison, d'une chambre. Le sel gris y devient proniptemeni humide, la chaux vive pulvérisée se délite en fixant l'humidité de l'air et l'on peut apprécier la quantité d'eau absorbée en la pesant avant et après 1 expérience.
A moins d'urgence, on ne doit habiter une maison qu'un an après son achèvement. Si l'on est forcé d'y vivre prématurément, le chauffage énergique et continu constitue la seule ressource pour atténuer l'influence dangereuse de l'humidité.
Dans une maison humide, la literie devra être «xposéo le plus souvent possible au soleil ; la toile ■sera bannie du lit et des vêtements; l'usage de la iJanelle sur la peau est de rigueur.
En attendant qu'il ne soit plus permis de construire une maison contrairement aux lois du l'hy-
giène, il importe que chacun apprenne à reconnaître les qualités et les défauts des logements tels qu'ils existent, et qu'on vulgarise les connaissances élémentaires au moyeu desquelles une maison défectueuse peut être habitée avec le moins de risques. Lorsqu'on en comprendra l'importance, on choisira son logement avec plus de soin qu'on ne le fait d'ordinaire, et lorsqu'on sera forcé de vivre dans un milieu malsain, on s'appliquera h combattre les conditions défavorables par les moyens que nous venons de résumer.
[Dr. Safl'ray.]
MALADIES. — Hygiène, XVI, XVIll. — Chaque
milieu exerce sur la santé une influence plus ou
moins lente, plus ou moins manifeste, mais dont
l'efl'et contribue toujours à maintenir, améliorer
ou détruire la santé. L'école, considérée comme
I milieu au point de vue hygiénique, offre tous les
! inconvénients des locaux exposés à l'encombre-
! ment, source de méphitisme et de contagion. Nous
traiterons plus loin (V. Trnvnil, Vue)àe l'influence
spéciale du travail scolaire. Nous devons nous
, borner i donner ici quelques notions générales
I mais précises sur la riialaaie, puis à signaler celles
! que les maîtres doivent s'efforcer de reconnaître
j dès le début pour interdire l'école aux enfants qui
en sont atteints.
La santé et lu moladie. — La santé est un état caractérisé par le fonctionnement régulier et concordant de nos organes, en harmonie avec le milieu où nous vivons. Cet état constitue un idéal I dont nous trouvons peu d'exemples, surtout chez les peuples raffinés ; mais heureusement nous ' sommes organisés de telle sorte que nous pouvons nous en écarter sensiblement sans que notre existence se trouve compromise.
Entre la santé parfaite et la désorganisation qui produit la mort, on peut établir une série conventionnelle d'états intermédiaires commençant à l'indisposition et finissant à la maladie grave ou mortelle. Le langage usuel est suffisamment précis : par indisposition, on entend un désordre peu considérable et passager des fonctions; par maladie un désordre de longue durée. Au point de vue médical, le mot maladie indique, en outre, l'idée de lutte ou plutôt de réactio7i des organes contre une cause de désordre ou de destruction. Quelquefois un organe a reçu simplement une impres^ioti passagère, subite même. Cette impression a troublé sa vie, sa manière d'être, il lui faut un certain temps pour rentrer dans son érat normal. Souvent aussi l'impression a persisté, accumulant son influence, aggravant en proportion les troubles fonctionnels, de sorte qu'ils se prolongent longtemps après la cessation de la cause. Il peut arriver enfin que l'impression soit permanente et dès lors ne permette pas le rétablissement de l'équilibre dans les fonctions. Que cette impression provienne du froid, de la présence d'un gaz délétère, d'un liquide vénéneux ou de parasites microscopiques, le résultat est le môme : il y a réaction contre la cause morinde en vertu d'une loi de notre nature, et ce sont les phases de cette réaction qui constituent la maladie.
Dans la plupart des cas la maladie ne consiste pas dans la présence matérielle d'un principe, d'un agent, d'une substance qu'il s'agit de détruire ou de chasser. Le plus souvent, lorsque les désordres fonctionnels se manifestent, la cause impressionnante a cessé d'agir, l'ennemi est hors de portée, il ne reste que la réaction naturelle, qui constitue la maladie. Que trois personnes s'exposent ensemble au froid, dans des conditions identiques, l'une sera atteinte d'un coryza (rhume de cerveau), l'autre d'une fluxion de poitrine, la troisième d'une névralgie. Il n'y a eu qu'une cause, le froid ; il n'a fait pénétrer dans l'économie aucun principe morbide matériel, mais il a causé trois impres-
MALADIES
MALADIES
sions qui ont afiocté (les points dilTércnts et se sont traduiti's par trois maladies distinctes.
Tout ce qui produit sur nos organes une impression perturbatrice peut devenir une cause de vuilridic. Ces causes peuvent être prochaines ou éloignées, externes ou internes, principales ou accessoires, générales ou locales, mécaniques, physiques, chimiques ou physiologiques. De plus, les causes sont jjfédisjiosanles ou délerhdnanles.
Parmi les causes prédisposantes de maladies, il y en a qui sont générales, qui afl'ectent tous ceux qni y sont soumis ; telles sont ; la pression atmosplicrique, la composition de l'air respiré, la quantité et la nature de la lumière, les climats, les saisons, etc. ; elles produisent les maladies locales, les eni/émies. D'autres causes prédisposantes sont individuelles et dépendent de la personne même ou des circonstances spéciales de sa vie. De ce nombre sont : l'âge, le sexe, le tempérament, la constitution, les maladies antérieures, l'hérédité, les impressions morales, la profession, les habitudes, les aliments, le vêlement, l'exercice.
Los causes prédisposantes nous donnent seulement une aptitude h être affectés par d'autres causes plus spéciales que l'on appelle causer détermimntes^ telles que le froid, le chaud, les écarts de régime, les chocs, les blessures, les caustiques. Parmi les causes déterminantes, quelques-unes ont un caractère spécifique, comme les parasites, les venins, les virus, les effluves, les miasmes, les eaux souillées, l'air confiné.
On appelle symptômes les, troubles morbides qui se manifestent à nos sens. Les uns se rapportent aux fonctions, comme la difficulté de respirer, le ■manque d'appétit, la fréquence du pouls, la paralysie; les autres révèlent des altérations dans la structure intime ou dans l'apparence des organes: gonflement, rougeur, amaigrissement, ossification, etc. Quelques-uns frappent à première vue; d'autres ne se laissent découvrir qu'après un examen minutieux et méthodique. Parmi les symptômes, il y en a qui constituent l'aspect principal de la maladie, d'autres qui ne sont qu'accessoires; il faut distinguer enfin ceux qui appartiennent au désordre initial et ceux qui résultent de désordres dépendants de la maladie principale. Notons d'ailleurs que la maladie peut demeurer longtemps latente et ne se révéler par aucun symptôme bien déterminé.
Il arrive souvent que la maladie se propage par contact, par cantagion, ou même par l'infection de l'eau ou de l'air qui deviennent les véhicules de la cause spécifique : c'est ce qui arrive pour les épidémies.
Toute maladie passe parles périodes A'invasîon, ■àe progrès, d'état et de rfec/(>! /.quant à la durée, elles sont aiguës ou clironiques. Elles se terminent par la ffuécî'son, la sufjstitui ion d'une autre maUidie, Vnllération permanente d'un ou plusieurs organes, ou par la mort. Notre organisme est disposé de telle aorte que la mort est la terminaison la plus rare.
Ces notions sommaires suffisent pour faire comprendre combien il est difficile, dans la plupart des cas, de former un dirigno'-tic exact, complet, c'est-à-dire de reconnaître la nature de la maladie, les troubles fonctionnels et organiques apparents ou latents, principaux ou accessoires, etc. Mais le diagnostic ne suffit pas, il faut encore établir un prono.</ic, prévoiret prédire, dans certaines limites, la durée, la marche et la terminaison de la maladie.
Devoirs de Finslituteur. — Seul le médecin est compétent pour établir un diagnostic assure. Mais il importe que les parents, les instituteurs, apprennent à reconnaître les symptômes d'un certain nombre de maladies. Pour l'instituteur, c'est «n devoir impérieux, car il doit refuser l'entrée
de l'école h tout enfant qu'il soupçonne atteint d'une maladie contagieuse. Il faut même qu'il soit pessimiste dans son appréciation, car le tort qu'il causera en faisant perdre à un enfant quelques heures de classe n'est pas comparable h celui auquel il expose le sujet lui-même et ses camarades, en usant de tolérance ou de temporisation. Dès qu'il soupçonne ujie maladie, il doit informer les parents et n'admettre l'enfant que sur un certificat du médecin constatant ou la Ijonne santé de l'enfant, ou le C'iracièie 71011 contagieux de la maladie, ou la guèrison assez complèie et ancienne pour que tout danger de contagion soit passé.
(lu'il soit donc bien entendu que l'instituteur, après avoir acquis les notions premières de l'hygiène médicale, ne sera pas apte à porter un diagnostic sur. Il ne doit pas prétendre i cela. Mais la connaissance de ces notions élémentaires le mettra à même de reconnaître, avec une précision suffisante, certains caractères qui lui suffiront pour agir sans faiblesse comme sans légèreté. A défaut d'un diagnostic précis, qui est souvent difficile, môme pour le médecin, au début d'un certain nombre de maladies, il suffira que certains signes généraux indiquent un danger. Il importe de ne pas perdre de temps, quitte à se tromper et i. croire malade un enfant simplement indisposé, car pour beaucoup de maladies contagieuses, le danger de diffusion commence avant le développement complet des syiuptûmes. Ce que l'on doit demander aux instituteurs, aux directrices de salles d'asile, c'est bien moins un diagnostic de la maladie que la connaissance de certains signes caractéristiques, communs d'ailleurs à plusieurs affections, et qui suffisent pour faire isoler l'enfant qui les présente.
On peut ranger en deux grandes classes les maladies contagieuses : celles qui sont accompagnées de fiéore ; celles dans lesquelles la fièvre n'existe pas. Les premières comprennent les maladies éruptives, les plus fréquentes et les plus graves parmi les affections contagieuses de l'enfance. La fièvre est donc un symptôme général suffisant pour motiver le renvoi d'un enfant à ses parents jusqu'à l'avis du médecin. Peu importe que l'on se trompe sur la nature de la fièvre et sur ses conséquences. S'il s'agit d'une indisposition passagère, l'enfant se rétablira mieux chez lui qu'à l'école, dont le séjour ne peut, dans ces conditions, lui être profitable en aucune façon. La fièvre la plus bénigne exige du repos, des soins, et celui qui en souffre est incapable do profiter du séjour à l'école. Il n'y a donc lieu d'avoir aucun scrupule à cet égard; tout enfant fiévreux doit être exclu do la classe. Cette précaution devient surtout impérative lorsqu'il règne une épidémie de fièvres éruptives. Il faut alors épier les moindres symptômes, éloigner le malade avant toute contagion et lui assurer un traitement immédiat.
Que l'on ne s'inquiète pas de reconnaître à quel genre de fièvre on a affaire. L'important c'est de savoir qu'elle existe. Le médecin lui donnera son vrai nom. Or il y a deux caractères auxquels les personnes les moins initiées à la médecine reconnaîtront la fièvre : augmentation delà température du corps, accélération du pouls. Il suffit de placer la main sur la poitrine, ou même d'ordinaire sur les joues, le front, pour reconnaître la chaleur insolite de la peau. 11 est bon de se servir toujours d'une montre pour constater l'accélération du pouls ; cependant avec un peu d'habitude (que l'on doit s'exercer à acquérir), les doigts qui pressent l'artère du poignet apprécient avec une approximation suffisante la dureté etla fréquence du pouls. La fièvre est ordinairement accompagnée de quelques symptômes accessoires : soif, frissons ou sueurs, manque d'appétit, langue blanchâtre, rouge ou sèche, alanguissement ou éclat des yeux,
MALADIES
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mal de tête, fatigue, abattement ou excitation délirante.
Nous allons passer en revue les maladies que les parents et les instituteuis, les directrices de salles d'asile, ont intérêt il connaître à cause de leur caractère contagieux.
Fièvres éiuptives. — Variole ou petite vérol''. — Dès le commencement, douleur dans les reins, puis dans le dos et la poitrine, vomissements, fièvre intense. 11 peuty avoir délire et convulsions. Du troisième au cinquième jour commence, à la face, une éruption de points rouges qui deviennent des taches, puis des pustules dépriméesau centre. Du quatrième au sixième jour s'étalilit la snppuration, accompagnée de fièvre. Du neuvième au dixième jour, les pustules se dessèchent, les croûtes tombent, laissant des taches rouges et des cicatrices. C'est pendant celte dernière période que la maladie se transmet le plus facilement par les poussières desséchées : il est utile, pour prévenir leur dissémination, de graisser la peau avec une pommade ou de l'enduire de glycérine. L'enfant devra être baigne plusieurs fois avant de rentrer à l'école.
La variole est rare dans les asiles et dans les écoles où les enfants ne sont admis qu'avec un certificat de vnccine, car d'ordinaire ils n'ont pas atteint l'âge où la vaccination cesse d'être efficace, puisque son action préservatrice dure une dizaine d'années. Mais en temps d'épidémie de variole, les instituteurs devront avoir soin de faire vacciner tous les enfants âeés de plus de dix ans.
Varicelle on petit: léro/e voli.n'e. — C'est une maladie sans giMvité. La fièvre, toujours peu intense, passe parfois inaperçue. On voit d'abord quel(|ues taches rosées qui se déve!opp(ln en bulles grosses t o nme un petit pois. L'eau qu'elles contiennent se trouble, se dessèche et les croûtes qui en résultent tombent sans laisser de cicatrices. Le cuir chevelu est toujours atteint.
Pou<,eole. — Elle débute par un rhume de cerveau avec accès de fièvre, puis arrive une toux sèche. Quelquefois il y a des saignements de nez et de la diarrhée. Du troisième au quatrième jour apparaissent à la face, au cou, des taches rouges semblables h des morsures de puce, qui se réunissent en groupes irrégnliers. Souvent elle se complique de bronchite assez grave. Cette alTection de l'enfance est éniinemment contagieuse, mais pour les petits malades qui gardent la chambre et ne sont pas exposés au froid la terminaiscn est presque toujours favorable.
La convalescence, qui dure une dizaine de jours, commence lorsque la peau se dépouille de son épidémie. 11 est bon alors de la graisser ou de l'enduire de glycérine pour empêcher la dispersion des pellicules, source de contagion. Des bains sont nécessaires avant la rentrée h l'école.
Scarl'tine. — Le début est celui d'un mal de gorge compliqué d'un accès de fièvre. Vers le deuxième jour, quelquefois dès le début, apparaît aux mains, aux pieds, à la face, aux articulations, à la partie interne des cuisses, une éruption de petites taches roses pointillées, accompagnée de fièvre, parfois d'un peu de délire. Le pointillé provient de points plus élevés qui deviennent de petites vésicules. Les articulations sont souvent douloureuses. Après deux ou trois jours les symptômes s'apaisent et l'épiderme commence à se détacher en larges écailles.
Quelquefois la maladie est si bénigne que la chute de l'épiderme appelle pour la première fois l'attention . Dans d'autres cas il survient h la gorge, au poumon, au cerveau, des complications sérieuses.
L'usage de la fianelle est indispensable pendant la convalescence, qui est longue et réclame des soins minutieux, suitout pour préserver du froid. Il faut au moins six semaines après la chute de l'é-
piderme pour q le le danger de contagion soi passé. En temps d'épidémie de scarlatine, on ferai' bien de donner aux enfants, tous les deux jours, deux ou trois giuttcs de teinture de belladone. Ses vertus préservatrices ne sont pas prouvées, mais à cette dose c'est un médicament inoffensif et il semble avoir produit de bons résultats.
Onillms. — Cette maladie se rapproche, sous certains rapports, des fièvres éruptives contagieuses, et nous pouvons, sans inconvénient, la mentionner ici.
Au début malaise, fièvre, gêne vers l'articulation de la mâchoire, puis gonflement douloureux de \î glande parotide et des parties voisines. D'ordinaire, les deux côtés de la face sont pris successivement. La tuméfaction se résout, le plus souvent, au bout d'une huitaine de jours ; quelquefois elle se porte sur d'autres organes.
Fièvre typhoïde (nommée aussi muligne, putride, muqueuse). — Le début n'est jamais brusque. L'enfant est abattu, il perd les forces et l'appétit, puis la fièvre se déclare, accompagnée de mal de tête, saignement de nez, ballonnement du ventre, diarrhée fétide, stupeur, somnolence, délire ; du sixième au douzième jour apparaissent, sur l'abdomen et la poitrine, des taches semblables b. celles produites par des piqûres de puce. Tels sont les symptômes de la première période. L'enfant cesse forcément de fréquenter l'école avant l'apparition des plus graves, mais sa présence est dangereuse dès le début ; par conséquent il importe d'agir aussitôt que les premières indications sont corroborées par le développement de la fièvre.
Maladies non fébkiles. — Stomatite ulcéreuse.
— Les débuts sont pou marqués et n'appellent gucie l'attention; parfois cependant il y a un peu de fièvre. Les gencives, l'intérieur des lèvres et des joues, le voile du palais, se couvrent peu à peu d'ulcérations grisâtres, saignantes, qui s'aggravent a^'Sez rapidement. La fétidité extrême de l'haleine est ordinairement le premier symptôme que l'on remarque.
Anç/rne diphtêrilip e, ou maligne, couew euse.
— Cette maladie éminemment contagieuse consiste dans la formation d'une exsudation membraneuse (fausse membrane, couenne) d'un aspect lardacé, jaunâtre ou no râtre, qui recouvre d'abord les amygdales, puis l'arrière-gorge. Quand ces fausses membranes gagne it le larynx, la maladie prend le nom de croup. Il importe de ne pas confondre le croup, maladie terrible et parfois foudroyante, avec la luri/m/ite slriduieuse ou faux croup. Cc\\xici débute brusquement par une toux rauque et sifflante, mais sonore; c'est une affiction principalement spasmodique. L'examen de la gorge ne montre pas de fausses membranes.
L'angine diphtéritique débute par un peu de gêne dans la gorge et d'enrouement, comme un cas de simple mal de gorge. 11 ne faut donc jamais négliger de visiter avec soin cet organe, dès qu'un enfant y accuse i:n trouble quelconque. L'examen au moyen d'une cuiller dont le manche abaisse la langue suffit pour constater la présence ou l'absence de fausses membranes. A mesure que cellesci gagnent les fosses nasales, elles causent un enchifrènement du nez avec écoulement plus ou moins abondant. Les glandes qui se trouvent er arrière de l'angle de la mâchoire s'engorgent, et 1( gonflement s'étend vers le cou.
Coqueluche. — C'est une alïection nerveuse contagieuse et épidémique. A son origine il n'es pas facile de la distinguer d'un simple rhume: ce pendant on remarque déjà que la toux se produi par quinlei ou accès isolés et surtout la nuit Cette période un peu indécise peut durer plusieur semaines. Enfin la maladie prend son caractèr spécial. L'accès débute par un malaise, puis la tou
MALADIES
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convulsivc se déclare par secousses rapides, presque iniiitcrrompuos, suivies d'inspirations sifflantes. Chaque accès se compose ordinairement d'un certain nombre de quintes qui se succèdent il peu d'intervalle, mais la première est la plus violente. Lorsque le calme se rétablit, l'enfant rejette des mucosités épaisses. Souvent les efforts produisent le vomissement. L'expectoration met fin à l'accès, qui dure environ une minute. Cette maladie se complique souvent d'accidents graves.
Di/ssenlei-ie ou fui- de sauf]. — Ce dernier nom suffit pour différencier la dyssenterie de la diarrhée. Colle-ci n'est qu'un catairhe de l'intestin qui sécrète plus de niueus (glaires) qu'à l'état normal Dans la dyssenterie, l'intestin enflammé sécrète du mucus mêlé h. une exsudation sanguine. Les besoins d'aller à la garde-robe sont fréquents, les matières rendues sont peu abondantes. Les coliques et le malaise obligent bientôt le malade à garder la chambre. Dès le début il faut empêcher l'enfant de se rendre aux cabinets d'aisance, car la dyssenterie peut être contagieuse.
Maladies parasitaires. — Gale. — On donne ce nom ù une maladie de la peau causée par un petit insecte iacanis) long d'un tiers de millimètre et un peu moins large, qui ressemble h. une micros- I copique tortue. Dans le principe, sa présence se décèle, particulièrement aux pieds, aux mains, aux poignets, par de petites vésicules qui produisent une vive démangeaison nocturne. Souvent elles "lit été écorchées par les ongles et se trouvent remplacées par une croûte brunâtre. De la vésicule part souvent un sillon grisâtre ou brunâtre, long de quatre à cinq millimètres, semblable à une ésratignure, et terminé par une petite bosselure |iliis foncée. Ce sillon est creusé la nuit par l'insecie, qui habite le fond de la bosselure et y dépiise ses œufs.
Comme les poux, la gale a eu ses défenseurs : nn la considérait comme un dépuratif digne de lespect, voire même de reconnaissance. Aujourdliui, on s'en débarrasse le plus tôt possible en tuant l'insecte parasite, sans se préoccuper des ronséquenccs chimériques attribuées à ce traitemiiii rationnel par la médecine populaire.
L'insecte de la gale ayant des habitudes nocturnc'S, la maladie se communique principalement la nuit : cependant la contagion diurne est toujours |iiissible, et l'isolement des enfanis atteints s'impose jusqu'à parfaite guérison.
Teignes. — Nous admettrons ici trois teignes ésultent de la présence de végétaux parasi-
Dès le commencement, des démangeaisons annoncent l'invasion du parasite. Elles deviennent bientôt in.supportables, et le cuir chevelu exhale une odeur fétide caractéristique. L'enfant atteint de teigne doit être éloigné jusqu'à complète guéri.son certifiée par le médecin.
La Icifjne foiisiiranf'- doit son nom à ce qu'elle produit sur le cuir chevelu une véritable tonsure large de deux i cinq centimètres. Au début de l'invasion, les cheveux noirs deviennent rougeâtres; les blonds, d'un gris cendré; en même temps ils sont grêles et friables. Bientôt leur base se trouve étoufice par la végétation parasitaire et tous les cheveux se cassent à deux ou trois millimètres audessus du niveau de l'épiderme. Le fond de la plaque ainsi tonsurée semble chagrinée, elle prend une teinte bleuâtre et laisse échapper une poussière grise. Quelquefois le mal est limité à une seule plaque, mais le plus souvent il se forme plusieurs centres qui gagnent de proche en proche.
La feigne déealvante ou pelade, au lieu de produire des plaques croûteuscs ou des tonsures, fait disparaître entièrement les cheveux ou les poils de la partie attaquée. La peau reste unie, douce au toucher et très blanche. Les sourcils sont fréquemment le siège de cette variété de teigne. Elle est d'ailleurs plus envahissante que les autres et peut, de proche en proche, se répandre sur tout le corps.
Au début on ressent d'ordinaire une assez vive démangeaison, mais on ne remarque pas toujours dans la couleur et la nature des cheveux les changements qui annoncent l'invasion des autres teignes.
Souvent cette affection passe inaperçue pendant assez longtemps, de sorte qu'avec ses allures assez innocentes elle est, au fond, plus dangereuse, au point de vue de la contagion, que les antres variétés qui attirent promptement l'attention. 11 y a donc lieu de surveiller périodiquement la tête des enfants pour signaler les premiers symptômes.
Ophtiialmies. — Toutes les fois que les paupières sont tuméfiées et sécrètent du mucus ou du pus ou un mélange de liquides sanieux, on doit se hâter d'isoler et de faire traiter l'enfant atteint d'ophthalmie, sans s'inquiéter de savoir s'il s'agit d'ophtIialmierf!'joA?e/!'^!7we,;jt/c!(/pn(e ou autre. Dans tous les cas il y a danger de contagion, et souvent la maladie fait des progrès si rapides que le médecin est impuissant. On doit donc toujours considérer l'ophthalmie comme grave et nécessitant dos soins urgents. Surtout, que l'on ne perde pas de temps
t.iires analogues aux champignons, mais d'une or- à essayer les recettes de familles, ou celles qu'ôfganisation tout à fait élémentaire et si petits qu'on frent les guérisseurs de village. Il y a des ophthal
ne peut les reconnaître qu'i l'aide du microscope.
Ces végétaux se propagent au moyen de semences
j j d'une ténuité extrême, qui peuvent flotter dans
j ! l'air et disséminer la maladie. Mais le plus sou-
jjj j vent la contagion provient du contact d'un objet j I imprégné de ces semences ou ,ipo>es, comme un
' j \ peigne, une brosse, une coiffure. En règle générale, j I il faut donc veillera ce que les enfants ne s'expo- 1 i sont pas à ces contacts toujours suspects dans les t, I aggloniérations. Chaque teigne est caractérisée par
, j I un végéta) particulier, dont le développement et la
■ j j multiplication h la surface de la peau sont accom-
,J pagnes de symptômes spéciaux.
i.l I ^^ teigne proprement dite, ou leir/ne fweuse,
i petit occuper toutes les régions garnies de poils, mais siège particulièrement au cuir chevelu. Les cheveux se décolorent, deviennent grêles, cassants ; il se forme à leur base des croûtes jaunâtres qui ,', i se rejoignent pou à peu sur des espaces assez con- 'j|Sidérables, et même envahissent toute la tète. Ces J, croûtes, formées de sérosité, de débris et de se- .,^i menées du végétal parasite, s'écaillent, tombent 'en poussière, et leur dispersion sème partout la "maladie.
mies dans lesquelles il suffit de quelques heures perdues pour occasionner la perte des yeux.
Maladies du svsTiiME nerveux. — Epilep.iie, ou haut mal, mal caduc. — Celte terrible maladie peut se transmettre soit par suite de la frayeur que cause la vue d'une attaque, soit simplement par imitation. II importe donc de savoir la reconnaître, afin d isoler les enfants dès le début de l'attaque. Les maîtres useront, pour cela de prudence et de discrétion; ils se garderont bien de prononcer le nom de la maladie, et en éloignant les élèves de leur camarade, ils auront soin de dire que c'est une indisposition passagère, qui réclame la tranquillité et l'isolement. On pourra donner à l'accident le nom de syncope, dire que l'enfant se trouve mal.
Quelquefois la personne épileptique prévoit, par certaines sensations, l'arrivée de l'attaque et peut s'y préparer; mais le plus souvent l'invasion de la crise est soudaine.
Quelquefois l'attaque est bénigne (petit mal), c'est un vertige épileptique, qui consiste dans la perte de la connaissance et du mouvement. Tantôt le malade marche rapidement en ligne droite ou
MALADIES
MAMMIFERES
■en tournoyant, puis tombe, la face pâle, les yeux fixes; taniôt le mal le surprend au milieu d'une phrase, d'un mouvement, et il demeure comme frappé de la foudre. Dans quelques cas il se remet presque aussitôt, achève lactioii ou la phrase commencée, sans avoir conscience de ce qui est arrive ; dans d'autres, il demeure un peu assoupi et in- I conscient.
L'enfant sujet au petit mal doit être l'objet d'une surveillance spéciale; si les attaques sont rares et ' bénignes, il serait sans doute rigoureux do lui re- ' fuser l'entrée de l'école; mais on a lieu de craindre j que la maladie ne prenne la forme plus grave du grand mal, qui est une cause d'exclusien. |
Au moment de l'attaque, l'enfant pâlit, pousse d'ordinaire un cri, et tombe sans connaissance. Le j ■corps se raidit, puis s'agite en mouvements con- | vulsifs de plus en plus violents. L'insensibilité est complète. La face devient rouge violacée, les traits grimacent, une écume abondante sort de la bouche. Peu à peu le calme se rétablit, la face pâlit. un assoupissement profond remplace l'agitation ! convulsive. I
L'attaque dure ordinairement de deux îi dix mi- ' nutes, mais elle peut se prolonger pendant plusieurs heures. Il est inutile de chercher à conte- j nir le malade, on doit se borner Ji le placer de telle sorte qu'il ne puisse se blesser.
Attaque de nerfs. — Il est rare que cette af- ! fection atteigne les pptites filles en âge d'école ; j cependant on doit savoir la reconnaître, surtout pour ne pas la confondre avec l'épilepsie. Une émotion violente, une contrariété sont les causes ordinaires de l'attaque de nerfs, qui n affecte pas l le sexe masculin. Elle est remarquable par l'agitation générale, les cris, les pleurs, rarement ac- j compagnes de la perte de connaissance.
6i une enfant est sujette aux attaques de nerfs, sans qu'on puisse les attribuer à une cause fortuite et extraordinaire, il devient nécessaire de l'éloigner de l'école jusqu'à guérison complète. C'est, en effet, une des maladies qui se transmettent le plus facilement par imitation, et une fois produite, elle peut dégénérer d'une façon; alarmante.
Chorée ou Danse de Saint-Giiij. — Les filles sont particulièrement sujettes à cette névrose, qui consiste en mouvements involontaires, irréguliers, ordinairement bornés h un membre, au cou, à la face, mais qui peut se généraliser. 'Tout enfant atteint de cette maladie doit être éloigné de l'école, car c'est une de celles qui se propagent par imitation.
Tic convulsif. — Il consiste en mouvements locaux habituels, involontaires, de certains muscles et particulièrement de ceux de la face. Ce tic non douloureux fait faire des grimaces grotesques ou hideuses, dont la vue est une cause de désordre ou de dégoiit. De plus, les enfants sont portés à les imiter, par raillerie d'abord, puis sous l'influence de ce que l'on a nommé la i:ontngio?i nerveuse, c'est-à-dire l'imitation inconsciente. Une fois l'habitude prise, le tic acquis devient aussi rebelle que la maladie naturelle. Pour tous les cas un peu marqués, il y a donc lieu d'exclure de l'école les enfants atteints du tic de la face.
Les indications sommaires que nous venons de donner ne constituent pas pour les non initiés des connaissances médicales, et ils ne doivent point s'en jirévaloir à ce point de vue. Elles suffisent toutefois pour permettre à ceux qui ont charge d'enfants d'exercer sur leur santé une surveillance intelligente, afin de remplir le devoir délicat mais impérieux de les exclure de la classe dès qu'ils présentent les symptômes des maladies que nous venons d'énumérer. Ils y apporteront toujours le tact, l'humanité, les formes bienveillantes, qui adouciront, pour les parents et pour
les élèves, la rigueur de mesures pénibles, mais nécessaires pour sauvegarder la santé de l'école et assurer aux malades un traitement immédiat. [D' Saffi-ay.] MAMMIFÈRES. — Zoologie, IV. — On sait que les animaux peuvent être répartis en un certain nombr ■ de groupes principaux, ou embranchements, dont le premier est constitué par les Vertébrés, c'est-à-dire par des êtres très élevés en organisation et pourvus d'une charpente solide qui est elle-même formée de pièces- osseuses ou vertèbres, tandis que le dernier renferme des êtres d'une simplicité extrême, les Zoophytes et les Infusoiref:, qui touchent par certains côtés au règne végétal. A leur tour ces embranchements se subdivisent en groupes secondaires ou classes. Les Vertébrés, par exemple, comprennent cinq classes : les Poissons, les Batracien^:, les Reptiles, les Oiseaux et enfin les Mammifères, qui occupent le sommet de la série et dont nous allons dire quelques mots.
Les Mammifères, étant les premiers des Vertébrés, sont par cela même le* premiers des animaux, et ils ont à leur tête l'espèce humaine, en faveur de laquelle on a voulu parfois créer un ordre, une classe ou même un règne à part.
A première vue, les mammifères se distinguent des vertébrés des autres groupes par leur forme extérieure et par la nature de leurs téguments. En effet, leur corps est ordinairement muni de quatre membres qui servent tous à la locomotion, ou qui peuvent être affectés eu partie à la préhension des aliments; la tête est distincte et le corps est très souvent recouvert de poils. Mais il n'en est pas toujours ainsi : certains mammifères aquaùques en effet, tels que les baleines, ont la tête confondue en arrière avec le tronc, les membres antérieurs transformés en nageoires, les membres postérieurs atrophiés, le corps presque glabre, surmonté d'une nageoire dorsale et terminé par une nageoire caudale ; bref, ces animaux aquatiques ont tout à fait l'apparence des poissons, avec lesquels on les confond trop souvent. Les baleines cependant ont le même mode de développement que les autres mammifères, comme eux elles produisent des petits vivants, comme eux elles les nourrissent dans les premiers temps avec du lait, liquide sécrété par des organes particuliers nommés mamelles.
Il n'y a en effet qu'un nombre assez restreint de mammifères qui naissent les yeux ouverts et qui soient capables de courir immédiatement à droite et à gauche à la recherche de leur nourriture. La plupart ont besoin des soins de leurs parents ; quelques-uns même viennent au monde dans un tel état de faiblesse qu'ils doivent s'abriter, pendant un certain temps, dans une poche disposée sous le ventre de la mère. C'est le cas des kangourous, des sarigues, dontil seraquestion dans un autre article (V. i\Jarsuijiau.i:).
Les poils qui couvrent les diverses parties du corps des mammifères varient beaucoup sous le rapport du nombre, de la longueur, de la qualité et de la couleur.
Les uns, comme les cheveux de l'homme, sont longs, souples, etfins; d'autresaucontraire, comme les piquants du porc-épic, sont épais et asseï durs, assez aigus pour constituer des armes défensives ; d'autres encore s'aplatissent en écailles de manière à former la cuirasse des tatous et des pangolins; ceux-ci sont d'une seule couleur; ceuxlà marqués de zones ou d'anneaux, etc.
La forme du corps des mammifères est déterminée par le squelette, qui offre en général la même disposition que dans l'espèce humaine. On constate cependant dans certains groupes des modifications de détail : le nombre des vertèbres de la région antérieure ou de la partie postérieure du
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corps augmente ou diminue suivant que la tête est portée sur un col allongé, comme chez la girafe, ou bien au contraire enfoncée dans les épaules, comme chez l'ours; suivant f|ne la queue est bien développée, comme chez le lion, ou rudimentaire, comme clicz le cerf. De même la forme, la longueur et lo nombre des dents sont en rapport avec le régime; les manmiifères qui vivent de racines et de graines dures ont des incisives bien développées, ceux qui mangent de l'herbe ont de larges molaires, ceux qui se nourrissent de chair, de puissantes canines.
Sans être aussi profondément iléguisés que les baleines, s'il est permis d'employer cette expression, certains mammifères marins, les phoques, ont déjà les extrémiiés de leurs membres dispo- B''es en forme de rames; d'autres au contraire, qui pourcherclier leur nourriture ou pour échapper à leurs ennemis doivent courir rapidement à la surface du sol, ont les pattes longues et grêles, la portion correspondant au cou-de-pied et au poignet s'ctant étirée pour ainsi dire et le nombre des doigts s'étant réduit. C'est le cas des chevaux, des cerfs, des antilopes, etc. Chez la taupe, luus les os des bras ont subi une modification luécisément inverse; ils sont extrêmeiuent courts et massifs, et la main affecte la forme d'une large polie. La tête présente également chez les mammifères une très grande variété de formes; elle est tantôt épaisse et arrondie, tantôt allongée et piiiiitue : les oreilles sont tantôt i peine distinctes. laiitôl longues et dressées ; la région frontale est parfois surmontée d'appendices simples ou raiiirux, droits ou recourbés, qu'on appelle des lj<'k ou des cornes suivant qu'ils sont caducs ou <|iiils persistent pendant toute la durée de la vie de l'animal. Quelquefois enfin, comme chez l'éléphant, le nez s'allonge démesurément et constitue une trompe au moyen de laquelle l'aniiual peut saisir les objets, cueillir des leuilles et les porter à sa bouche, ou se défendre contre ses ennemis.
Nous avons déjà rappelé que les dents ne sont pas disposées chez tous les mammifères suivant un plan uniforme ; quelquefois mêmn ces organes sont remplacés, comme chez les baleines, par des lames cornées ou fanons, ou simplement, coiume chez les ornilhorhynques, par des lames garnissant les bords du museau et ressemblant au bec d'un oiseau palmipède. Signalons encore, pour terminer ce qui est relatif à l'appareil digestif, la nature plus ou moins complextide l'fStomac, qui. chez les mammifères heibivores d.ts ruminantx, se décompose pour ainsi dire en plusieurs parties distinctes; les dimensions plus ou moins considérables de l'intestin, le développement inégal des glandes salivaires, du foie, du-pancréas, etc.
L'appareil respiratoire et l'appareil circulatoire présentent une plus grande fixité ; le premier en effet est toujours constitue par une trachée-artère, des broiiches et des poumons à petites cellules; le second par des artères, des veines et un cœur à quatre cavités, deux oreillettes et deux ventricules.
Nous ne saurions, sans sortir des bornes qui nous sont tracées, insister sur les degrés de perfection que peuvent offi-ir le systime nerveux et les organes des sens ; nous avons eu du reste l'occasion de signaler ailleurs la finesse de lodorat chez le chien , la délicatesse de l'ouic chez le cheval, la faiblesse de la vue chez la taupe, et nous avons montré que les différences de cet ordre sont en rapport avec les mœurs de l'animal et les conditions dans lesquelles il se trouve placé.
En étudiant lo genre de vie, le régime, les allures, la physionomie et la structure intime de tous les mammifères, on est parvenu à découvrir entre eux, soit des points de contact, soit des dissemblances, et par suite on a pu les distribuer
en un certain nombre de groupes d'importance diverse, en espèces, en genres, en familles, en tribus et en ordres. Quelques-uns de ces groupes sont nettement définis et par consé(|uent admis sans conteste par tous les naturalistes ; d'autres, au contraire, se fondent les uns dans les autres par des transitions insensibles, de sorte qu'il est difficile de leur assigner des limites précises, et que tous les auteurs no leur attribuent pas une égale étendue. Tout le monde n'étant pas d'accord du reste sur la valeur qu'il convient d'attribuer à tel otii tel caractère, il y a de notables divergences entre les classifications proposées successivement pour la subdivision intérieure de la classe des mammifères.
La classification que nous indiquerons ici, et qui est empruntée aux savants les plus autorisés, repose principalement sur les modifications qui existent dans le mode de développement des mammifères, dans la conformation de leurs membres et dans la disposition de leur système dentaire.
Nous avons dit plus haut que certains mammifères naissent dans un état d'imperfection extrême, tandis que d'autres, et ce sont les plus nombreux, au moins dans la nature actuelle, viennent au monde avec tous leurs organes ; chez les premiers, les deux hémisphères du cerveau offrent une structure peu compliquée et restent indépendants l'un de l'autre ; chez les derniers, au contraire, ces mêmes parties sont marquées à leur surface de sillons plus ou moins nombreux et rattachés l'un à l'autre par un rorps ciitleiix ou mésûlûbe. On peut donc subdiviser imniédiateiuent la classe qui nous occupe en deux grandes catégories: 1° les Mamtinfh-es diiielpliiens ; 'i" les Mammifi'res monodrl/jlnens.
Les Mammifères didelphiens à leur tour comprennent deux groupes secondaires ou oi-dres : les Marsui'iai'X et les Monotrèmes, qui sont chacun l'objet d'un arti' le spécial. De leur côté, les Mammifères monodelphiens se composent de Mammifères ortlinaires, conformés pour vivre ordinairement à terre, et ayant par conséquent le corps couvert de poils et porté par quatre membres, et de Mammifères pisc formes, conformés pour uneexistence aquatique et ayant le corps pres(|ue nu, terminé en arrière par une nageoire, privé de pattes postérieures et muni seulement de membre» antérieurs complètement transformés. Les Cétacés et les Siréniens (V. Cétacés) constituent à eux seuls la catégorie des Mammifères pisciformes; niais il y a un beaucoup plus grand nombre de Mammifères ordinaires.
En tête de ceux-ci se placent les Bimanes, groupe comj.osé de l'espèce humaine (V. linces humaine^) : puis, à un niveau notablement inférieur, viennent les Quadrumanes, c'est-à-dire les Singes et les Lémuriens (V. Singea); plus bas encore les Chiro/ii-res *, les Insectii'ores ', les llong'urs ', les Carnieores ordinaires', \<ii Carnivores marins qu'on appelle aussi les Amphibies *, les Prohos'idieJis ' ou Eléphants, les Pun-ins ', les Jumentés (ces trois derniers groupes étaient autrefois réunis en un seul et formaient l'ordre des Paclii/dermes ') ; enfin les liuniinants *.
Pour l'étude détaillée de ces différents ordres, nous renvoyons le lecteur aux notices particulières qui leur sont consacrées dans le corps du Dictionnaire. |E. Oustalet]
i»l AIT KM ON DE. — Géographie générale, I. — Forme du glitlic. — On connaît depuis fort longtemps la foi me du globe que nous habitons, puisque Thaïes de Milet, G X) ans avant l'èie chrétieiine, enseignait déjà sa sphéricité. Mais ce ne fut (|ue doux mille ans plus tard, au début du xvi' siècle, que Magellan, en accomplissant pour la première fois la circumnavigation de la terre, vérifia par l'expérience
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la réalité de cette théorie Dos lors aussi, on connut à grands traits la distinction des eaux et des terres émergées h la surface du globe, connaissance qui devient chaque jour plus complète h mesure que les nations civilisées pénètrent davantage chez les peuples encore barbares, s'ouvrent de nouvellet routes que les difficultés matérielles avaient jusqu'ici tenues fermées, ou, perfectionnant leurs pro;cdôs d'expérimentation, mesurent d'une manière plus précise les dimensions de la terre, et les coordonnées géographiques ainsi que l'altitude de chaque lieu.
Les mers et /es lerres. — Quoiqu'on n'ait pas encore pu délimiter autour de chaque pùle l'espace occupé par les terres et celui qui, bien que couvert par les glaces, se rattache aux mers, on peut dire que les trois quarts de la surface du globe sont du domaine de l'océan.
Leur dislriOiiliun sur le globe. Les grands océans. — La distribution des continents et des mers n'est pas uniforme sur les diverses parties du globe. Au sud de l'équatcur les océans sont beaucoup plus étendus qu'au nord, et entre les eûtes occidentales de l'Amérique et les côtes orientales de l'Asie, l'immense océa/i l'iicifique couvre à lui seul près de la moitié du globe.
A l'est de l'Amérique, Vocéan Atlantique, bien moins vaste que le Pacifique, puisqu'il n'a que ;)5U0 kilomètres de largeur entre la côte du Brésil et celle de Guinée, a néanmoins suffi pour isoler l'.incien et le nouveau monde jusqu'à Christophe Colomb. Aujourd'hui les navires le traversent en une dizaine de jours entre l'Europe et l'Amérique du nord. Le troisième grand océan, celui des Indes, qui s'étend au sud de l'Asie et h l'est de l'Afrique, n'a été tj'aversé dans son entier qu'au XVI' siècle, lorsque les Portugais abordèrent aux lies de la Sonde, et les Hollandais k la côte d'Australie.
Avec les océans qui s'étendent probablement jusciue sous les glaces des deux pôles, et que, pour cette raison, on appelle océa?t glacial du nord ou océan Arctique, ucean glacial du sud ou océan Antarctique, les trois grands océans que nous venons de nonmier forment les grandes divisions maritimes du globe.
/.'S continents. — L'ancien continent, constitué par la réunion de l'Asie, l'Afrique et l'Europe, est baigné par ces trois océans et l'océan Arctique. Le nouveau continent formé par l'Amérique est enveloppé par l'océan Pacifique, l'océan Atlantique et l'océan Arctique.
De ce dernier côté, les deux continents ne sont séparés l'un de l'autre que par le détroit de Behring, et la chaîne des iles Aléoutiennes, jeiées à la rencontre de la presqu'île asiatique de Kamichatka, constitue un second trait d'union entre les deux mondes. Peut-être, Ji une époque inconnue, des tribus asiatiques, émigrant de proche en proclic, ont-elles suivi cette route pour venir peupler le continent américain.
Au nord-est de l'Amérique, le Groenland et l'Islande jalonnent aussi le chemin de 1 Europe, et les navigateurs Scandinaves ont ainsi trouvé la route du Labrador avant que Colomb n'abordât à son tour sur le nouveau continent.
C'est donc par le nord que les terres sont le plus voisines, c'est de ce côté qu'elles tournent leurs rivages les plus étendus. Au sud, au contraire, elles se terminent par des promontoires étroits : le cap Horn pour lAmérique du sud, le cap do Bonne-Espérance pour l'Afriiiue, le cap Comoriji pour l'Inde, le cap Remania, à l'extrémité de la presqu'île de Malacca, pour l'Indo-Chine.
Les mers sfcondn^res. L-s grands (golfes et les archipels. — Enire ces caps, les océans Pacifique, Atlantique et Indien s'ouvrent de larges débouchés sur l'océan Antarctique. Au nord, au contraire.
la communication avec la mer polaire ne se fait largement qu'entre l'Europe et le Groenland, et elle est réduite à des détroits à l'est et h l'ouest de l'Amérique.
Nous avons déjà cité le détroit do Behring ; le canal de Baffln, qui sépare le Groenland des terres de Parry, se partage en plusieurs canaux. A l'ouest, le canal de Lancastre forme l'entrée du pa'^sage N.-O. Au nord, le cajial de Smith conduit dans la mer paléocristique, c'est-à-dire de glaces anciennes, où l'hommo a gagné jusqu'à présent la plus haute latitude, 83° environ.
Les rivages do l'océan Pacifique so développent en courbes régulières du côté de l'Amérique, où l'on ne remarque que la presqu'île de Californie et le golfe ou la mer Vermeille qui la sépare du Mexique, puis, au nord, les archipels de l'Alaska et de la Colombie britannique, et au sud, ceux du Chili et de la Patagonie. Du côté de l'Asie au contraire, le Pacifique projette une suite de mers intérieures, celles de Behring, d'Ockotsk, du Japon, la mer Jaune, la mer de Chine, que des presqu'îles comme le Kamtchatka et la Corée, et des archipels, comme les .\looutiennes, les Kouriles, les îles du Japon, les Philippines couvrent du côté du large.
La mer des Indes entame aussi le continent par de vastes golfes, ceux du Bengale et d'Oman, les golfes Persique et Arabique ou mer Rouge.
L'océan Atlantique découpe encore davantage les rivages de l'Europe. L'étroit canal de Gibraltar débouche dans la Méditerranée, dont les rivages partagés entre l'Europe, l'Asie et l'Afrique ont été le berceau de quelques-unes des plus antiques civilisations. La Manche et le Pas-de-Calais, la mer du Nord et la Baltique pénètrent au loin dans l'intérieur des contrées septentrionales de l'Europe.
Allant au-devant du golfe .\rabique, la Méditerranée faisait de l'Afrique une presqu'île rattachée à l'Asie par le seuil bas et étroit de l'isthme de Suez, avajit qu'on n'y eût ouvert le canal maritime qui en fait actuellement un des principaux points de passage du commerce.
Du côté de l'Amérique, l'océan Atlantique projette sur les côtes de l'Amérique centrale la mer des Antilles, qui, avec le golfe du Mexique, forme la séparation entre l'Amérique du nord et l'Amérique du sud, et qui n'est séparée de l'océan Pacifique que par l'étroit isthme de Panama, où un canal maritime fera bientôt sans doute penaant au canal de Suez.
Dans l'océan glacial Arctique, il faut citer l'archipel qui couvre l'Amérique. Au sud de cet archipel s'ouvre sur le continent la vaste baie d'Ilndson ", puis, à l'est du Groenland, d'où descendent les plus vastes glaciers du monde, le Spitzberg et la terre nouvellement découverte de François- Joseph forment des archipels presque toujours couverts de glaces. La Nouvelle-Zemble enveloppe au nord-ouest la mer de Kara, limite commune de l'Asie et de 1 Europe. Au nord de ce continent, la mer Blanche entame profondément le rivage de la Russie.
C'est au long de l'océan Indien qu'on trouve les plus vastes îles du monde, l'Australie qu'on appelle quelquefois le troisième continent, Madagascar, la Nouvelle-Guinée, Bornéo, Sumatra. On ne trouve, au contraire, dans tout l'océan Pacifique, au nord de la Nouvelle-Zélande, qu'un très grajid nombre de petites îles. Dues pour la plupart aux constructions des coraux, elles semblent les embryojis d'un continent en formation.
Le relief des continents. — Les montagnes, qui surgissent sur le sol des continents, n'y sont pas plus symétriquement distribuées que les eaux à la surface du globe. Il y a des îles fort petites où s'élèvent des pics très élevés. Chacun connaît de
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réputation In pic de TéndriiTe dans les Canaries, qu'on aperçoit de 40 lieues en mer. Java et les autres îles de la Sonde, Hawaî au centre du Pacifi(|UO, renferment do nombreux pics de ,i h 4000 nii'trcs d'altitude.
Sur les continents, c'est au pourtour des océans pUiiCi qu'au centre des terres qu'on rencontre les chaînes et les sommets les plus élevés. Ainsi l'océan Pacifique est enfermé, en Amérique, par la chaîne des A ndes, la Sierra-Nevada de Californie, le mont Saint-Elie et le mont Beautemps de l'Alaska, où l'on trouve des sommets de 4 0(iO, 5 00ii, UiMiO mètres d'altitude et au deli, à quelques lieues do la côte. En face, sur les rivages de l'Asie, les volcans du Kamtchatka, des îles du Japon, et les Alpes de l'Australie ferment cette ceinture, sur laquelle se rencontrent presque tous les volcans du globe qui n'ont pas encore perdu leur activité.
L'Himalaya, où se trouvent les plus hautes sommités de la terre, n'est pas au centre du continent asiatique ; le Caucase unit la mer Noire à. la Caspienne, et c'est presque au bord de celle-ci que s'élève en Perse le haut mont Dcmavend. En Europe, le pied de l'Iîtna baigne dans la mer Ionienne, la Sierra Nevada d'Espagne borde presque le détroit do Gibraltar, les fjords de la Norvège découpent les hautes montagnes de la Scandinavie. Eu Afrique, les monts Camérones se dressent au bord du golfe de Guinée, et le Kénia et le Kilimandjaro non loin de l'océan Indien. Et l'on pon.rralt encore multiplier ces exemples.
Les grands bassins. — Les versants que séparent les montagnes sont donc très inégaux en étendue. L'océan Pacifique ne reçoit que trois fleuves considérables, le Kiang. le Hoang Hô et l'Amour. L'Amérique ne lui envoie que l'Orégon et le Colorado, ce dernier aux eaux rares.
C'est dans l'Atlantique ou ses dépendances, au contraire, que débouchent les deux fleuves les plus considérables du monde par la masse de leurs eaux, l'Amazone et leLivingstone, les fleuves les plus longs par l'étendue de leur cours, le Mississipi, le Nil, et d autres encore très considérables, comme le Saint-Laurent, l'Orénoque, la Plata.
Les glaciers du Tibet s'écoulent dans l'océan Indien par le Gange, le Brahmapoutre et l'Indus, et les eaux de la Sibérie vers l'océan Arctique par la Lena, l'iéniséi, l'Obi.
Au centre des continents, la sécheresse est assez forte pour que l'évaporation sur les nappes où se réunissent les eaux compense l'apport de fleuves quelquefois considérables. La Caspienne boit ainsi le Volga, le fleuve le plus long de l'Europe, dont le bassin couvre la moitié de la llussie ; l'Aral absorbe le Syr et l'Amou-Daria descendus des hauts glaciers du Pamir. La mer Morte boit le Jourdain. Le Balkachi et plusieurs lacs de la Mongolie jouent le même rôle. Il en est ainsi du lac Tchad, en Afrique, du lue Sale dans les Etais-Unis, du Titicaca en Bolivie, et de quelques nappes de la Confédération argentine dans l'Amérique du Sud.
La circulation des eaux, /,e^ C"it"inls maritmies. — Les eaux des océans, échauffées par le soleil sous l'équateur, s'élèvent et font place dans les profondeurs de la mer à des eaux plus froides et plus lourdes telles que celles des contrées plus éloignées de l'équateur : il tend donc naturellement à s'établir à la surface de la mer un courant se dirigeant de l'équateur vers chacun des pôles, tandis qu'en dessous do ce courant superficiel règne un courant inverse dirigé vers le foyer d'appel.
Mais les eaux à l'équateur, entraînées dans le mouvement de rotation de la terre de l'ouest i l'est, sont animées dans ce sens d'une vitesse plus grande que les points du globe situés sur des parallèles plus élevés, puisque dans les vingt-quatre
heures elles doivent parcourir la circonférence de l'équateur, plus grande (|ue celle d'un parallèle. Les eaux qui s'éloignent de l'équateur doivent donc s'incliner vers l'est, tandis que celles qui se rapprochent de l'équateur doivent, pour une raison inverso, im liner vers l'ouest.
La rotation de la terre détermine une autre nature de courants. Les eaux et l'atmosphère enveloppant le globe ne le suivent pas aussi vite dans son mouvement de rotation que les corps attacliés à sa surface. Ces eaux, comme lair, semblent donc reculer par rapport aux rivages dans le sens de l'est à. l'ouest. C'est ce qu'on appelle les courants équatoriaux, situés au nord et au sud de l'équateur. Ils ont pour conire -partie un contre-courant équatorial suivant l'équateur même dans le sens de l'ouest ii l'est.
Le Gulf-str-arn. — Parmi les principaux courants maritimesilfaut citer celui duGuIf stream.Issu du golfe du M exiqne, ce courantsuii les côtes des Etats- Unis, traverse l'Atlantique, où il se bifurque en deux grandes branches. L'une d'elles baigne toutes les côtes de 1 Europe occidentale, les réchaufl'e, y verse des pluies bienfaisantes et s'étend au nord de la Scandinavie jusque dans les parages compris entre le Spitzberg et la Nouvelle-Zemble. La seconde branche du Gulf-stream s'infléchit au sud le long des côtes de l'Afrique. Uiie troisième branche intermédiaire vient contourner le golfe de Gascogne.
Le KouroSii'O. — Un second courant analogue au Guif stream part des côtes du Japon, traverse le Pacifique et vient baigner les côtes de l'Amérique septentrionale. C'est le Kmno-Sivo, dont les efl'ets, analogues à ceux du Gulf-stream, donnent à la Californii^ un climat pareil à celui du Portugal, et à l'Alaska celui de la Norvège.
Les deux courants froids les pins remarquables sont celui qui arrive du pôle nord le long des côtes du Labrador, en charriant de grandes montagnes de glaces descendues des glaciers du Groenland. Ces montagnes fondent à la rencontre des eaux plus chaudes dans le voisinage de Terre- Neuve, y déversant au fond de la mer les pierres et les autres matières solides qu'elles tenaient enf< rmées dans leur masse. C'est là l'origine du fameux banc. Au delà le courant froid, poursuivant sa route, plonge sous les eaux chaudes du Gulf-stream et reparait ensuite à la surface à l'ouest des Bernuides Un autre courant froid venant du pôle antarctique refroidit les côtes du Chili et du Pérou.
Les courants maritimes ont une grande influence sur le climat des pays qu'ils baignent. Ils servent aussi à faciliter on à entraver la marche des navires. C'est d'après l'étude qu on en a faite qu'on trace aujourd'hui la route la plus sure et la plus rapide à suivre pour se rendre d'nn point à un autre. .Mais plus d'un marin inexpérimenté aura été Jeté hors de sa route par un courant dont il n'a pas été le maître. N'est-ce pas ainsi sans doute que les terres isolées de la Polynésie avaient été successivement découvertes et peuplées par des blancs sortis de l'Asie? Oui sait même si les ancêtres des Indiens d'Amérique n'avaient pas ainsi traversé tonte l'étendue du Pacifique?
Les vtnts réguliers. — Les vents n'ont pas une influence moins grande sur les climats que les courants maritimes. De même que les eaux marines, l'air est appelé constamment des pôles vers le point an zénith duquel se trouve le soleil dans la zone lorride. et comme le foyer d'appel se trouve animé dans le mouvement do rotation de la terre d'une vitesse plus grande que les parallèles d'où viennent ces vents, ils semblent se diriger vers l'ouest en se rapprochant de l'équateur. Ces vents, qui se nomment les W'ss, soufflent ainsi du nord-est au sud-ouest dans l'hémisphère
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nord, du sud-est au nord-ouest dans l'hémisphère sud pour les océans Parifiqueet Atlantique. Dans la merdes Indes, le soleil passant alternativement au nord et au sud de l'équateur, le foyer d'appel se trouve différent pendant le printemps et l'été de ce qu'il est pendant l'automne et l'hiver. Durant cinq mois la mousson souffle du nord-est, et pendant cinq autres mois du sud-ouest. Chacune des deux moussons est séparée par un mois de calmes.
Les vents alises et les moussons, reconnus depuis longtemps par les marins des nations les moins civilisées, ont joué le plus grand rôle dans les pérégrinations et les émigrations de ces peuples. Les Arabes, les iMalais, les Hindous n'entreprennent leurs voyages qu'i l'époque de la mousson favorable. (V. Cowatits.)
Clirnals. Division île la terre en cinq zones. — Le climat d'un lieu tient tout d'abord à sa latitude ; et c'est ainsi qu'on partage la terre en cinq zones : au centre, la zone torride compri&e entre les deux tropiques, et dont chaque point voit le soleil passer à son zénith au moins pendant un des jours de l'année ; puis les deux zones tempérées, situées entre chaque tropique et le cercle polaire du même hémisphère, dont les habitants, sans jamais avoir le soleil ;\ leur zénith, ne le perdant du moins jamais de vue pendant vingt-quatre heures consécutives ; et enfin les deux zones pnlaires, qui ont au moins une nuit et un jour de vingt-quatre heures chacun par an.
Mais l'altitude, l'exposition, le voisinage des océans ou des montagnes, le régime des vents et des pluies, la nature même du sol viennent modiller singulièrement l'uniformité du climat à laquelle seraient soumis les points de même latitude, si cette dernière circonstance seule était déterminante.
Les températures moyennes les plus élevées se rencontrent dans l'hémisphère septentrional sur le Soudan en Afrique, le golfe du Bengale en Asie, la mer des Antilles en Amérique. Dans l'hémisphère sud, les lignes isothermes suivent à peu près les degrés de latitude; mais dans l'hémisphère nord, elles dessinent au contraire des courbes très irrégulières. Grâce au Gulf-stream, la température est aussi douce aux îles LolToden qu'à Terre-Neuve, au Spitzberg i|ue dans le nord de la baie d'Hudson. Le nord de la Sibérie et de l'Amérique, tourné vers le pôle arctique, est soumis à une température moyenne très rigoureuse. A l'embouchure de l'Amour, située à la même latitude que Copenhague, la moyenne de l'année est la même qu'au cap Nord de l'Europe.
En général, l'hémisphère sud est plus froid que l'hémisphère nord, à cause de la plus grande masse d'eaux qui le recouvre ; les côtes occidentales de l'Europe et de l'Afrique sont plus échauffées que les rivages de l'Amérique qui leur font face. Pour l'Amérique septentrionale la température, à latitude égale, est plus élevée sur la côte occidentale que sur la côte orientale. C'est l'inverse pour l'Amérique méridionale.
Les pluies. ■ — Les pluies se déversent aussi très irrégulièrement à la surface du sol. Le Sahara africain, l'intérieur de l'Arabie, de la Perse, de la Mongolie forment une zone presque continue où la sécheresse de l'atmosphère est extrême et où il ne tombe jamais d'eau. Il en est de même au centre de l'Australie, sur les côtes péruvienne et bolivienne du Pacifique dans l'Amérique du sud, et sur quelques points du littoral mexicain ou du Colorado américain.
Par contre le soleil pompe dans les mers équatoriales une masse énorme de vapeur qui se déverse généralement en orages et pluies très épaisses. C'est là ce qui donne à la végétation inlerlropicale une si grande force. Généralement
c'est au long des rivages que les pluies tombent en plus grande abondance. Il en est ainsi dans le golfe du Mexique, sur les cotes occidentales de la Patagonio, de la Colombie britannique, dans l'Amérique septentrionale, sur les côtes de Norvège, de Malabar, etc. La côte du Pacifique, dans l'Amérique méridionale, fait exception, comme nous l'avons vu.
Les montagnes sont aussi de grands condensateurs de l'humidité des nuages sous forme de pluies ou de neiges. Ainsi, sur le versant sud de l'Himalaya, il tombe chaque année plusieurs mètres d'eau.
Les elesirls, IfS forêls, les cultures, les ptHuraqes. — L'humidilé est indispensable à la végétation : aussi le Saijara et le désert de Kalahari, au sud de l'Afrique, sont-ils extrêmement arides. Les premiers explorateurs qui ont tenté de traverser le continent australien y ont péri de soif et de faim. Le désert du Co' ', dans la Mongolie, celui de Thur, au nord-ouest de l'Inde, les steppes de la Faim dans le Turkestan, les déserts de l'Arabie, sont aussi désolés. L'Europe n'ofl'i-e de solitudes semblables que sur quelques points du littoral de . la Caspienne. L'Amérique a le désert qui sépare le Texas du Colorado, et celui d'Atacama, où l'on n'exploite que dos nitrièressurles confinscommuns du Pérou, de la Bolivie et du Chili.
A part Ces divers déserts, les zones tempérées sont pour la plus grande partie couvertes de forêts, que les hommes défrichent successivement pour y substituer diverses cultures plus productives. Certaines régions, toutefois, ne se sont pas recouvertes spontanément de forêts et restent à l'état de pâturages quand la pluie y fait verdir l'herbe. Au centre de l'Asie et dans le sud de la Kussie, les steppes sont le domaine des principales races nomades, les Tartares, les Turcs, les Mongols, les Kirghiz, les Kalmouks. A l'ouest du Mississipi, la prairie s'étend jusqu'au pied des Montagnes Rocheuses : c'est l'ancien domaine des Indiens chassant le buffle, devenu aujourd'hui le Far West américain, où se créent chaque jour de nouvelles fermes et (|ui sera bientôt entièrement recouvert d'épis et de moissons. Les pampas de la République argentine, les plaines de l'Australie et de 1 Afrique méridionale nourrissent aujourd'hui les plus nombreux troupeaux du monde.
Les deux zones glaciales sont généralement stériles, offrant çà et là quelques mousses ou lichens dont les rennes seuls savent se contenter. Les rares habitants de ces contrées doivent chercher dans la pèche et dans la chasse des animaux à fourrures le principal aliment de leur misérable existence.
Les races humaines. — On trouvera aux articles Europe, Asi'', Afrviue, Amérique, Australie, Oiéanie, les détails concernant les divers peuples qui se partagent le globe. On ne peut pas encore démêler d'une manière certaine la filiation qui rattache les races provenant de croisements aux trois grands types blanc ou caucasique, jaune ou ouralo-altaique, et enfin nègre. On ne connaît pas non plus exactement les migrations qui ont dû s'effectuer successivement pour les disperser de leur point d'origine sur les diverses parties du globe. L'Asie oiientale et septentrionale reste toujours le principal domaine de la race jaune, l'Europe est presque tout entière habitée par des blancs, ainsi que le sud-ouest de l'Asie, l'Inde et 1 Amérique. L'Afrique est la terre des noirs. (V. Haces huitaines.)
Les aliments. — Bien que chaque pays cherche à tirer de son sol sa propre subsistance, la facilité des échanges tend de plus en plus à conci'n- j trer sur les points les plus favorables les diverses ; cultures utiles.
Le blé, qui forme la base de la nourriture de la
MAPPEMONDE