MÉTÉOROLOGIE
METEOROLOGIK
Le grand mouvement nidléorologicino dont nous sommes témoins a eu son origine en France dans la seconde moitié du siècle dernier.
Lavoisior, frappé de l'importance des premières observations de borda sur la possibilité de prédire le temps h courte écliéanco, s'entendit avec lui pour ouvrir di-s conférences auxquelles prirent partl.aplace.d'Arcy, Vandermonde, Montigny, etc. Il s'agissait d'établir des instruments et surtout dos baromètres comparables sur un grand nombre do points de la France, de l'Europe, et môme de l'univers. Nombre de ces instruments furent distribues par Lavoisior, et, quand on en a lu la description, il n'est pas difficile de s'assurer que quelques châteaux possédaient encore, il y a peu d'années, des instruments donnés par lui b. cotte occasion.
L'idée éminemment française de Lavoisier disparut avec lui, mais pour être reprise par la France dans des conditions plus favorables. C'est h l'Observatoire de Paris que fut conçu et réalisé le projet de réunir en un bulletin quotidien les observations simultanées faites à la môme beure le matin de chaque jour dans les principales stations de l'Europe et expédiées à Paris par télégraphe. C'est là que furent inaugurées les premières cartes synoptiques du temps sur l'Europe, que furent rédigées les premières cartes de la marche des tempêtes sur l'Atlautiquo, de la marche des orages sur la France.
Tout cet ensemble de recherches qui s'est généralisé en Europe et qui a été établi sur une très large échelle en Amérique, a pour principal objet la science des mouvements de l'atmosphère, et les avertissements qui en peuvent découler concernant les changements de temps probables dans un avenir très prochain. Il est loin de répondre h tous les besoins de l'agriculture.
Il est sans doute des circonstances dans lesquelles l'annonce faite quelques heures à l'avance de l'arrivée d'un orage qui compromettra la rentrée d'une récolte ou cette récolte elle même, peut rendre i l'agriculteur de grands services. Il en est de même de l'annonce des crues qui menacent ses intérêts les plus chers. Mais, en dehors de ces cas spéciaux, l'agriculteur subit passivement les intempéries. Ce qui lui serait plus généralement et pltis pratiquement utile, serait de lui apprendre les relations vraies qui exislent entre les variations du temps et la marche de ses cultures ; de lui fournir les moyens de prévoir quelle sera la valeur de ses récoltes pendantes et, par suite, de pallier pour lui leur insuffisance ou de profiter le mieux possible de leur succès; de le renseigner enlin, s'il se peut, sur les caractères probables d'une année agricole qui va commencer, afin qu'il puisse régler ses emblavures au mieux de ses intérêts.
Pour cultiver avec économie et profit, il faut connaître sa terre et son climat; il faut, de plus, savoir de quelle façon la plante cultivée se comporte en présence des éléments climatériques ou autres au milieu desquels elle vit, ce qu'elle exige d'eau, de chaleur, de lumière; ce qu'il lui faut d'engrais divers en raison de l'eau, de la chaleur et de la luniière dont elle dispose. L'observateur qui travaille pour la météorologie générale fournit les matériaux d'un type uniforme et convenu, qui seront élaborés dans l'établissement central d'où lui reviendront les résultats déduits de l'ensemble. Tout en continuant cette collaboration nécessaire, le météorologiste agricole doit travailler aussi pour son propre usage, sur le terrain qu'il occupe et que nul ne connaît mieux que lui. Il doit y associer sans cesse l'observation de la marche des cultures à celle de la marche des saisons, afin de se pénétrer de leurs liens communs, trop généralement faussés par des préjugés nés d'une interprétation incomplète de faits eux-mêmes in-
suffisamment étudiés. Rien n'est plus propre d'ailleurs à développer ses facultés d'observation et à accnltre les plaisirs des champs.
La météorologie agricole est loin d'avoir suivi la marche progressive imprimée à la météorologie générale. Elle a été magistralement traitée par M. de Gasparin dans son Cours d'agriculture. Depuis cette époque, déjà un peu éloignée cependant, nous ne voyons guère qu'on ait songé !i combler les nombreuses et importantes lacunes que l'éiuinent agronome signalait lui-même aux météorologistes. La cause en est restée la même que de son temps. « Préoccupé des grands problèmes de la physique générale du globe, dit M. de Gasparin (t. II, p. 21, de son Cours d'agriculture), le météorologiste néglige les détails qui sont les plus importants pour nous. Qu'il soit question, par exemple, des abaissements de température, nous devons consulter leurs effets sur le sol, sur les plantes, les époques où ils arrivent, leur coïncidence avec l'état de la végétation, qui les rendent plus ou moins pernicieux ou indifférents ; les régions du glohe qu'ils affectent, leurs limites qui indiquent les limites des différentes cultures, les probabilités de leur retour en chaque lieu, ce qui mesure les chances de réussite de certains végétaux, etc. Toutes ces notions appartiennent bien à la météorologie, mais elles importent peu aux physiciens, tandis qu'elles préoccupent vivement l'agriculteur. Les premiers insisteront sur les questions qui se rattachent i la tem|iérature de l'espace, à la chaleur intérieure du globe, tandis que nous devons surtout étudier ce qui se passe dans le milieu où vivent nos plantes, la couche d'air en contact avec la terre, la couche de terre où plongent leurs racines. »
Il en est de môme de la question capitale de la lumière qui, en l'absence d'un instrument de mesure, a coûté tant de peines h M. de Gasparin pour la sortir du vague où elle était laissée. Les météorologistes physiciens se préoccuperont surtout du pouvoir lumineux du soleil, du degré de transparence de l'atmosphère sous un ciel accidentellement pur. Le météorologiste agronome, au contraire, s'efforcera surtout de mesurer la somme effective de lumière que le ciel envoie par tous les temps aux plantes, qui ne peuvent vivre et croître que sous l'action de cette lumière.
La météorologie doit être étudiée sous toiis ses points de vue, dans ses lois générales aussibien que dans ses applications diverses : les premières servant de guide sîir dans les secondes; mais, dans les campagnes surtout, celles-ci ne doivent pas être sacrifiées à celles-li. C'est dans ce sens qu'il convient de développer le programme suivant. Nous le partageons en deux parties : la première consacrée à la météorologie générale; la seconde consacrée à la météorologie agricole. Les développements h donner à l'une et à l'autre peuvent changer avec les conditions spéciales dans lesquelles est fait le cours.
PROGRAMME DU COURS 1"= partie: Mistéorologie généiiale.