I-IV. — La météorologie, sa place dans les
sciences, son utilité. — L'atmosphère, sa composition, éléments constants ou variables qu'elle contient ; son action sur les températures du globe. — Températures de l'air suivant l'altitude et suivant les saisoiis. — Températures à la surface du sol ; leur distribution suivant la latitude et dans le cours des saisons. — Circulation générale de l'atmosphère et des mers ; leurs causes; leur influence réciproque sur les températures dos continents. •— Lignes isothermes. — V. A/mosjihne, Air, Chaleur, Rajonnemeid, Température, Thermomètre,
MÉTIERS
METIERS
^Baromètres, Coumnt, Ilumid4é, Hygrométrie, Ge!, Gelée blanche, Givre.
V-V'I. — Perturbations de l'atmosplière, vents, tourbillons et tempêtes. — Origine et mnde de .progression des vents et tempêtes. — Influence des vents sur l'état du ciel et sur la température de l'air et du sol. — V. Vents, Tempêtes, Baromètre.
^ VII-X. — Météores aqueux; nuages, pluie, neige, grêle. — Relations qui existent entre la pluie et la circulalion générale de l'atmosphère ; répartition générale des pluies à la surface du globe. — Relations qui existent entre les pluies et les veots, tourbillons ou tempêtes; distribution des pluies i la surface de la France. — Influence do la position du lieu, de son altiiude et des circonstances locales. — Quantité d'eau tombée par jour de pluie, fréquence des pluies et nébulosité du ciel suivant les saisons. — V. Nuages, Pluie, Serge, Baromètre.
XI-XII. — Electricité atmosphérique ; orages, éclair, foudre, tonnerre ; paratonnerre. — Magnétisme terrestre. — V. Electricité, Orages, Foudre, Piiratomt' rre, Mugnéti^me.
XIII. — Phénomènes optiques de l'atmosphère ; aurores boréales, arc-en-ciel, halos : météores, météorites, bolides, aérolithes. — V. Méléorfs, Aérolilhes, l'hénomènes optiques de l'atmosphère.
II' partie: Météobologie agricole.
XIV-XIX. Influence de l'eau sur la végétation ; ■pluies, irrigations. — Influence de la chaleur sur la végétation; chaleur atmosphérique, chaleur solaire ; durée des cultures. — Influence de la lumière sur la végétation ; qualité des récoltes. — ■Climats, régions agricoles ; limites des cultures. — V. Climiils, Régions agricoles. Pluies, Irrigations, Inon'latio7is.
XX. — Avertissements météorolopiques. — Pronostics du temps. — V. PrévisioJi du temps, Métévrognosie. Baromètre. [Marié-Davy.]
MIÎTIKRS. — Connaissances usuelles, XI. — Il est difficile de tracer une ligne de démarcation précise entre les métiers et la grande industrie. On peut dire que les premiers sont ceux auxquels les ouvriers travaillent individuellement ou en trèspetitsgroupes,oùils n'emploient que des outils relativement simples et dans lesquels leur force musculaire est généralement le seul moteur. Dans la grande industrie, au contraire, la force musculaire de l'ouvrier ne compte plus; sa puissance directrice elle-même perd chaque jour de son importance, à mesure que les grandes machinesoutils se perfectionnent et se spécialisent.
Ce n'est pas ici le lieu de chercher k évaluer d'avance les conquêtes que l'industrie est encore appelée h faire sur le domaine des anciens métiers, ni d'apprécier leur influence probable sur le bonheur humain. En tout cas l'étude et la pratique des métiers resteront les seuls moyens de cultiver une faculté humaine importante, jusqu'ici négligée dans l'éducation générale, nous voulons dire l'habileté manuelle ; c'est grâce k la possession de cette faculté autant qu'à des conceptions théoriques ou empiriques que les inventeurs ont fait^ les grandes découvertes industrielles, et c'est -vraisemblablen ent elle aussi qui sera le facteur principal des progrès de détail réservés k l'avenir.
C'est afin d'attirer l'attention sur le développement de cette faculté, que nous allons présenter quelques considérations sur les principaux métiers.
L'impossibilité de tout dire à la fois, le besoin de suivre un ordr-e déterminé, de rapprocher les travaux qui ont entre eux des rapports de diverse nature, tout cela nécessite une classification, et, ici comme ailleurs, trouver une bonne classification, c'est avoir fait la majeure partie de la besogne.
La classification qui séduit tout d'abord consiste à diviser les métiers d'après la nature des besoins qu'ils sont destinés à satisfaire : alimentation, vêtement, logement. Son inconvénient est de laisser de côté un certain nombre de métiers préparatoires à ceux de cuisinier, de tailleur et de maçon, et d'éloigner les uns des autres des travaux analogues. Du reste aucune classification n'est parfaite, et la classification dite naturelle est un idéal dont on se rapproche sans doute, mais qu'on ne peut atteindre. Nous préférerons donc une classification qui fasse mieux comprendre les relations, les analogies des divers métiers, leur dépendance réciproque, les progrès que peut introduire dans l'un l'imitation des procédés employés dans un autre. Celle que nous adoptons a pour point de départ la nature des modifications que 1 on fait subir aux matériaux. Ces modifications sont de deux sortes : chimiques ou géométriques. De li deux grandes classes.
La première comprend la cuisine, la conservation des aliments, les industries accessoires ou préparatoires aux métiers du vêtement et du logement, telles que la préparation des fibres textiles, la tannerie, la teinture, la fabrication des produits chimiques.
La seconde peut être subdivisée en trois, d'après le nombre des dimensions dominantes des objets fabriqués ou employés comme matières irumédiates.
Dans la première subdivision se place la filature des fibn. s textiles, de la laine, de la soie, licorderie, le tréfilage des métaux; citons, parmi les industries qui s'y rattachent encore, la fabrication des clous, des épingles, des aiguilles, des chaînes.
La seconde comprend les tissus, tricots, travaux au croihet, toile et réseaux métalliques, la confection des vêtements, et en général le travail du papier, du carton, des étoffes, des cuirs, des lames métalliques.
Dans la troisième, nous placerons à part la culture, l'action de l'ouvrier n'étant qu'une aide accessoire ou une direction des effets naturels, et prendrons pour type : le modelage, d'où dérivent la poterie, la briqueterie, la verrerie, la forge, la fonderie; et la sculpture, comprenant le travail du bois, des blocs métalliques, de la pierre, les divers genres de gravure. Un grand nombre des métiers que nous avons cités se sont plus ou moins complètement transformés en grandes industries, et des articles spéciaux leur ont été consacrés dans ce Dictionnaire. Nous nous contenterons, dans les quelques considérations que nous allons présenter ici, d'indiquer ce qui ne le serait pas ailleurs.
A. MÉTtERS QUI FONT SUBIR AUX MATIÈRES PBE-
MrÈRES UNE MODIFICAT.ION CHIMIQUE. — Les animaux mangent leur nourriture telle que la nature la leur fournit, et pour un certain nombre d'entre eux le travail de la digestion absorbe une partie notable de leur énergie. Une découverte qui a transformé les conditions de la vie humaine a démontré que l'action du feu retuplaçait une partie du travail d'assimilation, qu'un aliment cuit se digérait plus facilement que le môme aliment cru ; et la saveur de cet aliiuent a paru meilleure, observation probablement connexe avec la première. Les innombrables expériences qui ont suivi cette découverte ont fondé l'art de la cuisine. Cet art en est arrivé aujourd'hui k comprendre une certaine quantité do préceptes pratiques qui devraient trouver leur place dans tout bon enseigneiuent. La cuisine, dont la boulangerie, la pâtisserie, la préparation des conserves, ne sont que des branches, devieiit déjà souvent, comme ces dernières, une grande industrie. Les manutentions militaires, la conrpagnie anglaise du pain aéré emploient des machines, des fours continus dirigés par des
METIERS
METIERS
mécaniciens plutôt que par dos boulangers. Dans les grands liùtels des capitales, lus casernes, les prisons, le cuisitiier emploie aux divers degrés les appareils perfectionnes des industries chimiques. Tandis que le procédé d'Apport, fondé sur la destruction par la chaleur des germes de fermentation contenus dans les aliments enfermés dans des vases h(;rmétiquement clos, ne s'applique gnf're que sur UJie grande échelle, toutes les ménagères de la campagne et les petils marchands des villes salent et fument la viande, sèchent des légumes, des champignons, des fruits.
Des métiers préparatoires cités dans notre première classe, il n'y a guère que la préparation, teillage, rouissage du lin et du chanvre, le lavage de la laine, qui occupent des travailleurs isolés; tous les antres sont complètement conquis à la grande industrie.
B. MÉTIERS QUI FONT SUBIR AUX MATIERES PRK- UIÈRES UN CHANGIÎMENT DANS LA FORME GÉOMÉTRIQUE.
— 1. Oliiels OÙ II'. Iriiiail ne porie que sur nue s^ule dimension. — On pourrait en dire autant de la plupart des métiers de cette classe : la quenouille et le fuseau sont tombés en dé-uétude; on voit encore le cordier, entouré de chanvre et marchant à reculons, arracher de sa ceinture les fibrilles qui composeront le brin, mais ce n'est plus toujours un malheureux enfant qui tourne la roue : les ports militaires ont des corderies comparables aux filatures, sauf la dimension de l'objet fabriqué. Le bijoutier emploie encore la filière aux trous diminuant graduellement pour obtenir le fil d'or ou •d'argent dont il ne peut avoir d'avance toutes les dimensions désirables, mais l'industrie seule fournit le fil de fer, de cuivre, de laiton. A l'aide d'un marteau qu'il manie avec une rapidité prodigieuse, le cloutier antique détache d'une baguette de fer rougie un clou irrégulier, pendant que la machine coupe à froid le fil do fer, en façonne sans bruit et par simple pression la tête aux formes géométriques. La chaîne de grosses dimensions rentrerait plutôt dans notre dernière division ; celle de taille moyenne seule se fabrique à. la main à froid ; i l'industrie encore appartiennent les chaînes à forme compliquées et celles de petites dimensions, qui atteignent leur minimum sur les fusées des montres et des chronomètres.
II. Oi'jcti où le travail porte sur deux dimensions. — La seconde division est le vrai domaine des métiers proprement dits, sinon complètement en ce qui concerne la fabrication des matériaux à deux dimensions, au moins quant 5, leur utilisation. Après que l'industrie a fourni le papier *, le carton, les étoffes de toute espèce, le cuir", les lames métalliques, c'est l'ouvriçr qui, guidé par des principes géométriques, les découpe à l'aide de procédés analogues. Le problème général est celui-ci : étant donnée une surface déterminée, une partie du corps humain par exemple, la recouvrir de portions de diverses surfaces doveloppables. Le cas le plus simple est évidemment l'emploi immédiat des surfaces planes elles-mêmes, comme pour la plupart des cartonna;;es. Mais ordinairement le plan doit être plus ou moins déformé, et modifié avec une précision qui varie suivant le but à atteindie. De plus, à leur flexibiliié les matériaux employés ajoutent une certaine somme d'élasticité ou de malléabilité qui facilite le problème. Les étoffes, les toiles métalliques aux mailles carrées peuvent dans certaines limites s'allonger ou se raccourcir dans le sens des diagonales et prendre la forme de surfaces assez compliquées; les lames d'argent, de cuivre, de fer peuvent à l'aide d'un martelage, qui les allonge surtout dans le sens perpendiculaire à la panne du marteau, être repousséos. et prendre les formes les plus variées. L'industrie obtient sans choc, par des pressions successives, des elTets encore plus surprenants et
réussît, entre des poinçons et des matrices parfaitement adaptées, à étendre ou à contracter des lames que les moyens anciens eussent déchirées ou froissées. Les tricots, les travaux au crochet, le filet, soiit relaiivement peu annexés à la grande industrie, et offrent à l'ouvrière les ressources les plus variées; les mailles sont formées par un seul fil dont les tours successifs viennent se lier aux précédents d'une manière plus ou moins intime; la possibilité de fixer plusieurs points nouveaux à un seul ancien, ou inversement, d'augmenter ou de diminuer, permet de donner au tissu toutes les formes, tous les ornements imaginables ; de plus, le fil, dans les deux premiers tissus surtout, n'est pas tendu, reste arrondi, ce qui leur donne beaucoup d'élasticité et les rend spécialement propres h. la confection des vêtements qui doivent s'appliquer exactement, tels que les bas, les gants, etc.
Quels que soient la nature de la surface plane déformée et le rôle qu'elle doit remplir, il est rare qu'un seul morceau puisse suffire à l'exécution de l'objet demandé. Les procédés pour joindre les divers morceaux offrent de l'analogie dans tous les métiers que nous plaçons dans cette seconde classe. Citons, en première ligne, la soudure autogène qui permet de réunir en une seule deux lames de plomb dont les bords sont juxtaposés, en fondant successivement leurs divers points à la flamme du chalumeau. L'usage de flammes puissantes et de petites dimensions permet d'étendre ce procédé .\ d'autres métaux ou tout au moins d'employer pour le laiton, par exemple, des soudures qui diffèrent i peine par leur fusibilité, leur couleur, leurs diverses propriétés, du métal qu'elles ont à joindre. Le ferblantier, le plombier emploient des soudures tout à fait dilTorentes des métaux à unir, et leur travail a l'analogie la plus proche avec celui du cartonnier, du relieur, de l'ébéniste ; la colle forte, la colle de pâte remplacent les alliages fusibles ; les mêmes précautions sont h prendre pour le rapprochement des surfaces h. unir, pour le nettoyage parfait qui assurera leur adhérence à la substance interposée.
La couture des étoffes, des peaux, du cuir fut sans doute l'un des premiers métiers. L'aiijuille rudinientaire, os pointu ou arête de poisson percée, se retrouve dans les anciens restes de la civilisation primitive; l'aiguille moderne, merveille de perfection et de bon marché, lype de ce que peuvent accomplir les forces industrielles, est l'instrument inévitable de toutes les ménagères. Nous devons renvoyer pour les détails sur ce sujet aux traités spéciaux, bien qu'une partie théorique des plus intéressantes y soit toujours négligée ; c'est cependant grâce à l'intuition de cette théorie que le métier si minutieux de couturière a subi dans ces vingt dernières années une transformation complète par l'introduction de la machine à coudre. Tout a dû être mélhodiquement calculé, longueur, tension, résistance des fils, distance des points successifs. A l'aiguille qui passe tout entière il travers l'étoffe, entraînant un bout de fil limité, on a substitué l'aiguille entrant en partie dans l'étoffe et y laissant un fil illimité dont chaque point se bouclait avec le précédent ; la machine fondée sur ce principe, employant un seul fil d'une longueur triple de la couture effectuée, forme le point de chaînette décousable, ce qui e~t tantôt un inconvénient, tantôt un avantage. Une deuxième sorte de machine, dont lo travail n'avait aucune analogie avec celui que la couturière efl'ectue h la main, produisit à l'aide de deux aiguilles et de deux fils indéfinis un puint difficilement décousable, qui compte encore des amateurs; mais la machine à navette, inventée simultanément par Singer et par llowe, paraît le der-
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