‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (volume 2)Chapitre 145 sur 459 · MEXIQUE · texte numérisé non relu

MEXIQUE

nier mot du progrès, détails ;\ part. Deux fils de longueur égale à la couture s'entrelacent à chaque point. L'un, indéfini, est conduit par boucles successives à travers l'étoffe par une aiguille semblable à celle de la machine à point de chaînette ; l'autre, enroulé sur une petite bobine placée dans la navette, traverse h chaque point la boucle formée par l'autre fil ; tous deux se serrent en même temps, et le résultat est un point presque identique à celui des selliers et des cordonniers. Ces derniers cousent avec deux fils imprégnés de poix agglutinante, portant aux extrémités, au heu d'aiguille, une soie de sanglier raide et suffisante pour introduire le fil dans un trou percé d'avance avec une alcne.

Le rivetage, employé à joindre les cuirs, les lames métalliques, est analogue ii la couture ; le fil de fer ou le rivet a ses deux extrémités élargies par choc ou pression, la jonction est parfaite. Ajoutons, comme mode de jonction des lames métalliques, le bouclage des ferblantiers, l'assemblage à queue des chaudi'onniers, lesquels donnent, après que la pièce est soudée ou brasée, un résultat d'une solidité absolue.

III. Oljjels où U travail parle sur les Irais dimensions. — Dans cette dernière section, nous ne citons que pour mémoire le métier de cultivateur et ses nombreuses variétés. 11 ne façonne pas directement la matière ; il vient en aide aux forces naturelles des êtres organisés, en dirige l'action en intervenant sans cesse dans la lutte pour l'existence qui est le fait dominant de la vie animale et végétale ; il entrave ou arrête le développement des espèces les moins utiles ou nuisibles, facilite le développement de celles qui lui servent.

Le travail de la matière, quand ses trois dimensions sont d'égale importance, peut se rapporter à deux types, le modelage et la sculpture. Ce sont bien les deux premiers efforts de rimmaiiité, ei, quelque grand que puisse être dans l'avenir le rôle de la machine, le modelage et la sculpture sont des domaines d'où la main ne sera jamais chassée. Si, dans leurs manifestations les plus élevées, ces travaux appartiennent à l'art, plusieurs métiers proprement dits s'y rattachent. La poterie, la briqueterie donnent toutes les formes aux diverses argiles que des cuissons convenables transforment en véritables pierres.

Le verrier modèle i son gré le verre amené par la chaleur à l'état pâteux, le forgeron agit sur le fer ramolli; mais, moins favorisé que le verrier, il n'obtient de résultats qu'à l'aide des chocs du marteau. 11 n'appartient qu'aux puissances de la grande industrie de modeler les métaux chauds ou froids comme des matières plastiques. Les médailles, les monnaies se coupent sans bruit à l'emporte-pièce, et la plus fine gravure y est non frappée, mais imprimée par de formidables presses aux mouvements déterminés de la manière la plus exacte. La fonderie elle-même se rattache de loin au modelage, soit par la fabrication de moules à l'aide du sable, de l'argile, soit par la pression que ceux-ci exercent sur la matière amenée par la fusion au maxin.um de plasticité.

La taille de la pierre est à la sculpture ce que l'art du briquetier est au modelage. La scie pour les pierres tendres, le burin et le marteau pour toutes, sont les instruments à l'aide desquels l'ouvrier applique sa force musculaire et son adresse. Le graveur sur métal, sur bois, conserve presque toujours l'outillage individuel ; la molette tournant rapidement est indispensable au lapidaire, au graveur sur pierre, et commence ii pénétrer, transformée, dans le façonnage du bois et des métaux. De la sculpture dérivent les travaux plus géométriques du charpentier, du menuisier, du tourneur, du mécanicien. En général les surfaces qu'ils

produisent peuvent être considérées comme engendrées par des lignes droites, des cercles; d'où l'usage d'appareils tantôt rudimentaires, tantôt compliqués, spécialement propres à produire ces surfaces, rabot, tour, foret.

Par les piocédés employés pour joindre les diverses pièces d'un même objet, les métiers de cette section se rapprochent de ceux de la précédente. Les clous, les chevilles, les vis sont les analogues des rivets ; les assemblages du charpentier, du menuisier ne sont que des modifications de ceux employés dans le travail des lames minces. Les colles diverses, les soudures y jouent le même rôle.

A la fin de notre rapide promenade îi travers les métiers, nous trouvons la construction des édifices, depuis la plus humble masure jusqu'au palais. Dans la jonction des masses pesantes de pierre, de mêlai ou de bois qui les composent, on s'arrange autant qui! possible pour que ces matériaux restent en équilibre sous la simple action de la pesanteur, abstraction faite des mortiers, des ciments considérés comme agglutinants ; et, quand c'est impossible, il faut avoir recours aux puissants liens de fer qui seuls peuvent longtemps résister à un effort continu. Les mortiers, les ciments ne servent qu'i combler les vides, ou à résister à des actions temporaires notablement inférieures à celle de la pesanteur. Leur rôle diffère donc essentiellement de celui des colles et des soudures. A cette courte revue des métiers, sous le rapport technique, il y aurait h ajouter quelques notions sur l'histoire de leur naissance, de leur développement; mais, à ce point de vue, h défaiit d'une nomenclature avec dates précises dont il serait impossible de retrouver les éléments, on trouvera tout ce qui est nécessaire dans les articles Indusirie et hiceniinn. fPaul Robin.]

MEXIQUE. — Histoire générale, XVII-XXVI. — I. Temps primilifs. — L'histoire des premiers habitants du Mexique est tout ii fait inconnue. C'est seulement à partir du vi" ou du vu" siècle de notre ère que l'on constate en cette contrée l'existence d un corps de nation et d'un gouvernement à peu près régulier. Lesïoltèques, peuplade venue du Nord (et qui parait originaire- de l'.Vsie), envahirent vers l'an o44 (s'il faut en croire les traditions du pays) le haut plateau d'Anahuac. Ils y établirent le culte du dieu QuetzalcohuatI, comme l'attestent les pyramides de Cholula, de Papantla et de Téotihuacan. Leur domination fit place, au x= ou xi" siècle, à celle des Chichimèques, des Tlascalais, des Acolhuis, nations plus grossières, qui se disputèrent longtemps le pays, mais finirent par se policer au contact des vaincus. Le Mexique subit encore, du \i' au xiii" siècle, une troisième invasion, celle des Aztèques. Ces derniers venus, vaincus d'abord et asservis par les Acolhuis, construisirent, après avoir recouvré leur indépendance, la ville de Tenochtitlan (que les Européens ont appelée Mexico, de Mexi ou Mexitli, ancien chef divinisé des Aztèques). A partir de cette époque (l32ô), ils ne cessèrent d'étendre leur empire. Le plus puissant et le plus redouté de leurs rois parait avoir été Montézuma, qui vivait au commencement du xvi' siècle. A ce moment, si l'on ne tient pas compte du petit Etat de TIascala, qui formait une sorte de république, l'immense région comprise entre la Californie et l'Amérique centrale constituait une monarchie féodale, dont le chef ne régnait qu'à condition de respecter les privilèges de ses vassaux. La noblesse possédait presque toutes les terres et n'avait d'autre métier que celui des armes. La plèbe vivait dans le servage: des terres communes {calpulli). lui étaient assignées dans chaque province pour sa subsistance. Les prêtres, fort nombreux, attaches aux temples \teocallij des divinités meu- ;

raiiios (dont la principale était Mexi ou lluitzilopolli, personnification du soleil), sacrifiaient souvent des victimes liumaines. Mais, en dehors de CCS pratiques sanguinaires, les mœurs do la nation étaient assez douces. Les Aztèques cultivaient la terre avec soin. De nombreuses routes leur facilitaient les relations commerciales, mais ils ne possédaient pas de bétes de somme. L'or et l'argent abondaient dans leur pays, mais s'ils excellaient ;\ en confectionner dos objets d'art, ils n'avaient pas l'idée d'en faire des moyens d'échange. ]is avaient du goût pour les sciences niatliémaliques, ))our l'astronomie, et avaient dressé un calendrier plus parfait que celui des anciens Romains. Enfin, leurs aptitudes artistiques nous sont révélées par leurs délicates poteries et par ceux de leurs monuments relioieux (pyramides tronquées, tombeaux, etc.), qui ont échappé au vandalisme fanatique des conquérants (ruines de Palenqué, d'Ytzalan, etc.).

II. Conquête iiu Mexique par les Espagnols. — Dès 1515, Velasquez, gouverneur espagnol do Cuba, avait fait explorer par Hernandez de Cordova la presqu'île du Yucatan. Un peu plus tard, un autre de ses lieutenants, Grijalva, s'avança jusqu'à Guajaca et put apercevoir les bannières blanches de Montézunia. Mais la conquête du Mexique ne commença qu'en 1519. Elle fut l'œuvre de Fernand Cortez, gentilhomme ambitieux et hardi, qui, envoyé par Velasquez, puis rappelé, refusa d'obéir, biûla ses vaisseaux et commença par fonder la ville de la Vera-Cruz. Il n'avait avec lui que ,'i53 soldats (dont 13 armés de mousquets et 32 d'arquebuses), 16 chevaux et 10 petits canons de campagne. Mais, bien secondé par ujie jeune fille du pays, qui lui servait d'interprète, et profitant de la terreur inspirée par les armes à feu aux indigènes, qui le prenaient pour le dieu Quetzalcohuatl, il poussa rapidement jusqu'au centre de l'empire, Comme il détruisait partout les temples, brisait les idoles et imposait de force le christianisme, les prêtres de Cholula essayèrent de l'attirer dans un piège, pour le massacrer, lui et ses hommes. Cortez se vengea en saccageant cette ville, dont il fit égorger presque toute la population. L'Etat de TIascala s'était soumis à lui. Plusieurs caciques, vassaux de Montézuma, étaient aussi devenus ses auxiliaires. Le roi de Mexico voulut éloigner les étrangers par de riches présents, qui ne firent que surexciter leur convoitise. Obligé de recevoir pompeusement Cortez, ce malheureux souverain devint bientôt son prisonnier. Le conquérant dut, il est vrai, en mai I5'.!0, quitter la capitale pour marcher contre Narvaez, que Velasquez avait envoyé contre lui, et que, du reste, il ne tarda pas S faire passer sous ses ordres. En son absence, son lieutenant Alvarado avait fait périr les principaux chefs de la noblesse mexicaine. Un soulèvement national s'était produit. Cortez, rentré h Mexico, vit tomber Montézuma, tué par les insurgés, et se trouva dans une situation si critique qu'il crut devoir se retirer — de nuit — avec sa petite troupe, pour aller demander des renforts à ses alliés (I" juillet). Moins de six mois après, il était de retour avec deux cent mille auxiliaires. Guatimozin, successeur de Montézuma, ayant refusé de traiter avec lui, le siège de Mexico fut régulièrement entrepris (mai 15'il). Il dura plus de 80 jours et amena la prise et la destruction presque totale de la ville (13 août). Plus de cent mille habitants avaient peri. Les Espagnols recueillirent des richesses immenses. Guatimozin fut pris et, comme il refusait d'indiquer l'endroit où était caclié le trésor de son prédécesseur, on l'étendit sur des charbons ardents avec un de ses miiiistres. Ce dernier poussant des gémissements : Et moi, dit le roi, iuts-je donc sur un lit de ruses ? Bientôt, du reste,

Cortez fit mettre b. mort Guatimozin et la plupart des caciques mexicains. Il est juste de dire qu il fit rebâtir Mexico et qu'il n'épargna rien pour attirer dans la Nouvelle-Espagne (ainsi qu'il appelait sa conquête) la civilisation européenne. La prise de possession de l'empire des Aztèques par les Espagnols fut complétée par les expéditions heureuses <|ue l'audacieux aventurier envoya ou conduisit jusque dans le Guatemala et le Honduras (i5'21- 15'.'5). Plus tard, il fit explorer et parcourut luimôme les côtes occidentales du Mexique et particulièrement la presqu'île de Californie (1533-1536). Mais après avoir enrichi Charles-Quint en lui donnant, comme il disait, plus de provinces que ses ancêtres ne lui avaient laissé de villes, il éprouva toute l'ingratitule de ce prince, qui lui retira le gouvernement de la Nouvelle-Espagne. 11 mourut à Séville, presque oublié, en HAÏ.

m. Le Mexique sous la dimiinntin espagnole. — Pendant près de trois siècles, li> Mexique a été soumis à un joug de fer et presque stérilisé par un despotisme religieux et administratif dont il se ressent encore cruellement de nos jours. Les vicerois (dont le premier fut Mendoza, nommé en 1536), étaient, il est vrai, révocables; le pouvoir judiciaire, attribué à laudiencia ou tribunal suprême, leur échappait; le Conseil dfs Indes, siégeant à Séville, avait sur eux un droit de contrôle; enfin il leur était défendu de prendre femme dans la Nouvelle- Espagne et d'y acquérir des terres. Ils n'en exerçaient pas moins, vu l'éloignement de la métropole et l'impossibilité d'une surveillance exacte, une autorité presque arbitraire, dont ils n'usaient en général que pour s'enrichir par tous les moyens. Au-dessous d'eux, douze Hi/e?îda»/s procédaient à peu près de même dans les provinces (Potosi, SoDora, Durango, Guadalaxara, Yucatan, Mexico, Oaxaca, \era-Cruz, Michoacan, Puebla, Zacatecas et Guanaxuato). Dans les villes, les pouvoirs, d'abord électifs, des alcades et regidores d'une part, des ayuntamienloi (ou conseils municipaux) de l'autre, ne tardèrent pas à être usurpés par le gouvernement central. Non contente des revenus énormes qu'elle tirait des mines d'or et d'argent, presque inépuisables, du Mexique, l'Espagne s'attribua dans cette colonie le monopole de l'importation et de 1 exportation. Elle y interdit ou restreignit singulièrement certaines cultures qui auraient enrichi ce pays (celles du cacao, du café, de l indigo, par exemple). Quant aux colons, ils avaient commencé par décimer, comme à plaisir, la population indigène. Charles-Quint, il est vrai, garantit aux Mexicains, par une loi, la liberté personnelle. Les neuf dixièmes des indigènes n'en demeurèrentpas moins, jusqu'à la fin du xviii' siècle, serfs de la glèbe. Les chrétiens purs ou espagnols exerçaient seuls les fonctions publiques et, presque seuls, possédaient les terres. Les bastes ou métis étaient artisans. Au point de vue religieux, l'Inquisition régnait au Mexique comme en Espagne. Un clergé fanatique, astucieux et peu instruit, disposait d'immenses richesses et maintenait lanationdans une ignorance telle que, sur plus de 4 millions d'habitants que comptait la colonie au commencement de ce siècle, trois ou quatre cent mille à peine savaient lire et écrire.

IV. (iuerre de iindépenilunce. — Les métis, qui formaient la classe la plus énergique de la population, aspiraient depuis longtemps à l'indépendance. Les Indiens étaient prêts à les soutenir. L'usurpation de Joseph Bonaparte en Espagne (1818) servit de prétexte aux patriotes mexicains pour se soulever. Le cuié Hidalgo, qui, en 1810, donna le signal de la guerre de l'Indépendance, fut battu et fusillé (ISll). Morelos, qui réunit un Congrès et Ht voter une constitution (18r2i, n'eut pas un sort plus heureux. Mina, qui prit les armesen 18 li, fut également mis à mon. Mais la révolu-

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