‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (volume 2)Chapitre 156 sur 459 · MONOCOTYLÉDONES — 1343 — MONOCOTYLÉDONES · texte numérisé non relu

MONOCOTYLÉDONES — 1343 — MONOCOTYLÉDONES

d'indication de racine, bien (|ue par licence de langage on continue encore à désigner snus le nom do radicule (petite racine) la région inférieure de l'axe liypocotylé.

Chez ces végétaux, les racines ne se développent que très tardivement dans l'épaisseur même de la région inférieure de l'axe liypocotylé. Pour arriver au jour, cliaque racine perfore les tissus superficiels de cette partie de la plante. Il en résulte une collerette à la base de cliaquo racine; cette collerette a reçu le nom de coléorhize; les racines elles-mêmes sont dites endurhhie-.

Sauf clioz les orcliidées *, qui se distinguent des autres monocotylédoncs par leur mode de vie épipliyte et parfois liumicole, l'embryon se présente comme il vient d'être dit. Dans les orchidées, au contraire, l'embryon se présente sous la forme d'un globule cellulaire sphérique, homogène dans toutes ses parties. Il est impossible de distinguer dans ce corps si s.mple les diverses parties que nous avons nommées précédemment. Dans ces embryons, l'axe liypocotylé, la gemmule et le coiylédon ne se forment que pendant la germination.

Autour de rembryoïi, et contre lui, se trouve la réserve nutritive que nous avons nommée nlhumen. Cette réserve nutritive consiste en amidon chez les graminées ', les cypéracées ; en cellulose, en matières grasses et en matières albuminoides chez les palmiers". Lorsque la réserve nutritive est formée pour ujie large part par de la cellulose, cette matière peut présenter une très grande dureté et donner la substance connue sous le nom à'ivoiri- véfft'il. Cette matière, sur laquelle nous aurons occasion de revenir, nous est fournie par une sorte de palmier, le phytelc-phas, qui croit aujourd'hui dans les marais du Gange. Dans les typha, les sparganium, les pandanus ou paquois, la réserve nutritive de l'albumen consiste surtout en matières albuminoides cristallisées; ce sont les cristaltoides. On montre bien ces cristalloldes en laissant séjourner des lames minces des albumens de ces plantes, dans une solution aqueuse extrêmement étendue de bleu d'aniline ^oluble h l'eau. Même dans le cas des réserves amylacées, on trouve toujours dans l'albumen une certaine quantité d'huile et de matière albuminoide ; tout le monde connaît le gluten que l'on extrait de la farine du froment, en enlevant par le lavage l'amidon avec lequel il est mêlé. Exceptionnellement, comme dans le cocotier, l'albumen des monocotylédones demeure pulpeux, semi-fluide ; telle est l'origine du lait que l'on retire de la noix de coco.

Le spermoderme ou tégument séminal des monocotylédones est assez simple. Il se réduit à une pellicule très mince qu'il est impossible de séparer du péricarpe chez les graminées ; il devient dur, noir, crustacé chez les liliacées *. Ailleurs la surface du tégument séminal demeure sèche et membraneuse, tandis que sa partie profonde devient ligneuse et se charge doxalate de chaux et de matières fortement colorantes. Parfois la pellicule superficielle de la graine se gélifie sous l'action do l'eau et lui fournit ainsi un moyen de fixation au sol ; c'est un phénomène analogue i ce que nous voyons se produire k la surface des graines de lin, de melon, de cresson, de moutarde. Un petit nombre de spermodermes présentent des expansions en forme d'aile qui favorisent la disse mination des graines.

Lors de la germination, une partie seulement de la plante monocotylédonée sort d'abnrd de l'enveloppe de la graine, grâce au grand dévidoppement que le cotylédon prend à cette époque. Par lallongemer)t très considérable de ce cotylédon, l'axe hypocotylé et la gemmule sont poussés hors du spermoderme et enfoncés dans le sol à une certaine profondeur. A ce moment seulement on voit naître les premières racines, dont le riile physio-

logique spécial à, cotte période de la vie de l'être est de fournir à celui-ci un moyen do fixation. Tant qu'il reste quelque chose de la réserve nutritive enfermée dans la graine, la partie supérieure du cotylédon y demeure engagée et absorbe la réserve imtriiive. Quand l'albumen est épuisé, ou bien le cotylédon se flétrit et meurt, ou bien il se dégage complètement de son enveloppe séminale, arrive il la surface du sol et remplit pendant un temps plus ou moins long le rôle d'une feuille ordinaire. Un des meilleurs exemples qui se puisse indiquer pour observer toutes ces phases de la germination des monocotylédones nous est fourni par l'oignon.

Les racines des monocotylédones sont toujours adventives. L'organe que l'on qualifie de pivot chez quelques palmiers n'est <|ue la région inférieure de l'axe hypocotylé, et c'est à tort que certains auteurs l'ont assimilé à une racine pivotante placée dans le prolongement direct de la tige. Les racines des monocotylédones sont très nombreuses, cylindriques, grêles, très peu l'amifiées, blanches quand elles so."-t enfouies dans le sol, brunes lorsqu'elles sont superficielks. Ces racines ne présentent qu'un seul faisceau libéro-ligneux, i plusieurs centres de développement. Le nombre des centres de développement de cet unique faisceau peut s'élever jusqu'à soixante et quatre-vingts dans les racines des palmiers. Le faisceau de la racine des monocotylédonées ne présente jamais de zone cambiale, et par suite ne présente pas d'accroissement secondaire; par suite aussi le volume de ce faisceau demeure toujours fort petit et la racine elle-même reste grêle. Un renouvellement rapide et une production toujours abondante de nouvelles racines supplée au faible développement de chacun de ces appareils. La surface de la racine est toujours constituée par une couche subéreuse, qui prend un développement exceptionnellement puissant chez les orchidées épiphyies, comme les vanilles, les dendrobium, etc. Dans ces plantes spéciales, en dehors de son rôle protecteur, le liège superficiel des racines aériennes a pour mission d'emmagasiner de l'air et de l'eau, puis de retenir ces fluides à proximité de la surface absorbante. Les racines des monocotylédones sont très rarement tubéreuses. On coimaîl cependant queli|ues exemples de racines transformées en tubercules chez ces végétaux; telles sont par exemple celles du ûios'.orea 4atoto.<, connue vulgairement sous le nom d'Iynanie de Chine ou de fatale de Chine, et qu'il ne faut pas confondre avec la patate provetiant de VIpomea ùatat is,une convolvulacée ; telles sont encore celles de quelques orchidées. On retire d.i ces derniers tubercules une sorte de tapioca connu sous le nom do salep. Quelques monocotylédones peuvent vivre sans racines; telles sont par exemple certaines broméliacées; d'autres n'ont jatnais de racines, telles sotit le corallorhiza et 1 épipogon. Les monocotylédones sans racines remplacent ces organes par de petits poils absorbants qui naissent sur toute la surface de la tige; ces plantes vivent d'ailleurs dans des etidroits très humides et très sombres.

La tige développée des monocotylédones présente une surface lisse parfois revêtue d'une sorte de vernis siliceux comme dans les graminées, les cypéracées. Le revètetnent siliceux des cypéracées forme à leur surface de très petites épines tranchantes ; tout le monde a touché la /evhe, qui maintient les talus des canaux et des rivières; chacun sait aussi combien les bateliers de la navigation des canaux se plaignent du préjudice que leur cause cette plante par la rapidité avec laquelle elle use et coupe les cordages les plus solides. Tout le monde connaît encore des exemples de pâturages ruinés parce que quelques touffes do

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leiche s'y sont développées et que les bêtes à cornes et les chevaux qui veulent manger cette leiche se coupent la bouclie et la langue. Sauf dans un très petit nombre de monocotylédones, la tige de ces végétaux demeure grole et se ■•amilie peu. Ce n'est guère que dans les palmiers, les yuccas, les agaves que la tige des monocotylédones prend un certain développement en diamètre et en hauteur. Dans le palmier rotang, dont on retire le jonc à canne, la tige, tout en conservant un diamètre très faible, présente une longueur qui peut atteindre 200 et même 300 mètres. La tige des monocotylédones présente uu très grand nombre de faisceaux libéro-ligneus à un seul centre de développement; tous ces faisceaux sont plongés au sein d'un parenchyme ou tissu fondamental. La surface de l'organe est constituée par une lame épidermique. Quelques mots sur chacun de ces éléments, faisceaux libéro-ligneux, tissu fondamental et épidémie, ne seront pas inutiles. Cliaque faisceau libéro-ligneux comprend une petite masse de bois primaire, composée de trachées de vaisseaux rayés et de quelques fibres ligneuses, et une masse principale de liber composée de cellules grillagées, de fibres primitives et de parenchyme libérien. Les cellules grillagées, toujours très simples, du liber des faisceaux de ces tiges, ont été désignées par Hugo von Mohl sous le nom de vaisseaux propres, alors qu'on ignorait leur véritable nature; ce nom est encore en usage dans beaucoup de manuels élémentaires. Exceptionnellement, le faisceau libéro ligneux peut présenter des laticifèrcs. Eu général dans cliaque faisceau le liber et le bois sont situés sur un même rayon qui passe par le centre de la tige, le liber étant plus près de la périphérie de la tige, le bris au contraire étant plus près du centre de cet organe. Dans sa course à travers la tige, chaque faisceau part d'un faisceau siiué plus bas que luimôme et voisin de la périphérie; de là on le voit s'avancer peu i peu vers le centre de la tige, dont il apprO' lie plus ou moins, puis il s'incline de nouveau vers la périphérie et se rend dans une feuille ; toute cette évolution s'est faite, non dans un plan, mais bien sur une sorte de surface gauche. Aux différents poims de sa course, un faisceau n'a pas toujours la même constitution ; il est plus simple à sa partie inférieure que vers sa région supérieure

ces éléments aux fibres libériennes et les ont rattachés aux faisceaux libéro-ligneux. Cette erreur a entraîné certains industriels dans une fabrication désastreuse, en leur faisant rechercher dans des végétaux monocotylédones comme l'alfa, le phormium, le jute, des fibres textiles comparables à celles du chanvre et du lin. Ces dernières, étant constituées par des libres libériennes, ont des qualités de longueur, de souplesse, et de finesse qu'il est ridicule de demander à des fibres mécaniques. L'épiderme qui revêt la tige aérienne des monocotylédones est remarquable par sa longue durée, et la faculté que possède chacune de ses cellules constituantes de se cloisonner perpendiculairement à la surface de la plante pendant un temps fort long. Vu le faible grossissement des tiges des monocotylédones en diamètre, ces végétaux ne présejiicnt que rarement des phénomènes de déconication comparables à ceux que nous observons sur la surface des arbres de nos pays.

Beaucoup de monocotylédones ont des tiges souterraines dont les bourgeons latéraux ou terminaux viennent à la surface du sol et donnent les hampes florales. Les tiges souterraines sont généralement transformées eu rhizomes, c'est-àdire que chacun de leur-i entre-nœuds se raccourcit, augmente de diamètre dans des proportions souvent considérables ; les faisceaux de la tige se pressent les uns contre les autres et ne forment plus qu'une inasse minime concentrée autour du centre du rhizome; la région corlicale du tissu fondamental est alors très développée. La surra;e des rhizomes est très souvent constitué ■ par une couche subéreuse. Le rhizome se montre donc comme un appareil d hibernation comprenant un réservoir, c'est le rhizome lui-même, et des points de végétation qui sont les bourgeons latéraux du rhizome. Ces points de végétation sont destinés à redonner chaque année ou périodiquement les parties florales.

Quelques tiges courtes de monocotylédones et les bourgeons qu'elles portent se transforment en bulbes par l'épaississement des écailles qui les revêtent. Tout le monde connaît les bulbes de l'oignon, de la jacinthe, du lis.

Les feuilles des monocotylédones sont simples, entières, ou déchiquetées en lanières, sessiles, embrassantes, à nervures généralement parallèles.

Dans sa course, un faisceau a donné généralement \ Chez quelques asparaginées et chez les dioscorées, naissance à plusieurs autres faisceaux, il a aussi j la nervation des feuilles est exceptionnellement rétouché un certain nombre de faisceaux, ses voi- | ticulée. Dans quelques juncus, les feuilles sont sins, avec lesquels il s'est parfuis plus ou moins i cylindriques et cannelées. La surface des feuilles confondu. Cette marche assez compliquée de cha- l des monocotyléd'nes est presque toujours lisse, que faisceau de la tige, jointe au grand nombre | luisante. La feuille par elle-même est assez coude ces faisceaux, justifie l'idée exprimée dans la : sistante. Les stomates sont disposés en files paplupart des ouvrages botaniques, à savoir que les • rallèles à la longueur des feuilles, sur toute la faisceaux sont dispersés sans ordre dans la tige surface, ou seulement sur la face inférieure de des monocotylédones. Rarement le faisceau 11- j ces organes. Chaque stomate forme par lui-même béro-ligueux de la tige des monocotylédones pré- : un appareil assez compliqué. Dans quelques plansente une zone cambiale. Ce faisceau jie peut donc tes, les stomates sont cachés au fond de cannecroîire eu épaisseur d'une manière tant soit peu lures plus ou moins profotides; le rôle de ces cannotable: on dit qu'il est /■«■««. 11 en resuite aussi nelures est d'immobiliser une certaine quantité que la tige des plantes monocotylédonées ne peut ; d'air dans le voisinage de la surface d'absorption non plus augmenter beaucoup en diamètre, à moins des gaz. La plupart des feuilles des monocotyque, comme dans les dragonniers, il ne se produise lédones ne se détachent pas imiuédiatement de à la périphérie de la tige une zone spéciale d'épais- I la tige qui les porte, lorsqu'elles cessent d'être sissement dans laquelle apparaissent de nombreux utiles à la plante. Dans les plantes des régions faisceaux secondaires. Le tissu fondamental qui \ tropicales où cette disposition est le plus acrattache entre eux les faisceaux libéro-ligneux centuée, la feuille se détruit sur place. La préest formé de cellules polyédriques à parois minces sence de tous ces débris de feuille autour de gorgées de suc. A cet état, ce lissu est comparable la tige fournit à celle-ci un revêtement très à la moelle et à l'écorce des plantes dicotylédo- puissant constitué par une sorte de bourre nées. Dans quelques palmiers le tissu fondamen- . brune, très recharchée aujourd'hui pour la fabrital de la tige se fibréfie et forme ces éléments cation des tissus grossiers en filasse de palmier, que M. Schwendener a désignés sous le nom de Ce n'est que dans des plantes très avancées en fibres mécaniques. Quelques botanistes, trompés âge que, par suite de la décortication, la surface sur la véritable nature de ces fibres n)écaniques, redevient lisse. Les feuilles des monocotylédones par leur position et par leur aspect, ont assimilé , sont disposées sur la surface de la tige en séries al-

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