‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (volume 2)Chapitre 159 sur 459 · MOUSSES · texte numérisé non relu

MOUSSES

l'iinmiiii' oiivci's les animaux poumiient bien n'clre qu'nne extension de ceux qu'il a envers lui-niftme (m- pns endurcir son cœur et contracter des liabitudcs de cruauté en maltraitant sans raisou des fctri's inelVensirs;. Les mauvais traitcMuenis envers les l)ùtcs sont d'ailleurs interdits, sous certaines peines, par la loi française (loi Granimont).

[L. Carrau.j MOU l'AUTK. — V. Populittion.

MOUSSUS. — Botanique, XXVUI. — Etym. : de l'allemand ancien nios, i|ui signifie mousse. —On (U'-sifïUO sous le nom général de Mousses de petits végétaux cryptogames cellulaires, qui lorcnent dans la nature actuelle un groupe très nettement isolé de tous les groupes voisins. Tout nous porte ;\ regarder les mousses comme les plus élevés j des cryptogames cellulaires. Malgré l'extrême dé- 1 licatessB de leurs tissus, certaines mousses ont été conservées à l'état fossile ; leur présence a été si- | gnalée dnns les terrains les plus anciens; et celles | de ces formes anciennes que Ion peut leconnaitre 1 diffèrent assez peu des espèces actuelles. |

Dans l'histoire complète du développement i d'une mousse on distinguo trois stadies; 1° le i stade fruit; 2° le stade prolonema ou stade /î'amniteux ; .S" la phase adulte ou de mousse pro- 1 prement clita. '

L'embryon des mousses n'est jamais libre. Sitôt forme, il se développe, et les premières phases de son déveliippemciii s'accomidissent au sein de l l'archégone dans lequel il a pris naissance. Lorsque , la jeune plante a aciuis un certain développement, elle rompt l'arcliégoiio dont la partie supérieure | demeure à son sommet, la recouvrant comme une sorte de chapeau. Cette pièce protectrice, qui persiste parfois pendant un temps très long au sommet de la plante, a reçu le nom de cni/fe. Les premiers développements de la mousse ont pour effet de la transformer en un appareil spécial que l'on nomme la capsule ou le fruit. A cet effet le ! corps de la jeune plante se partage en trois parties. L'inférieure demeure fixée sur la plante mère; elle se tuméfie légèrement ; c'est à la fois un suçoir pour la plante et aussi un moyen de fixation. La région moyenne du corps de l'embryon s'allonge en un pédicelle très délié, que l'on jiomnie le liédoncule ou la soi)- de la capsule. Cette soie se renfle supérieurement en un corps globuleux nommé npopkiise, à l'extrémité duquel se dresse la capsule proprement dite, qui résulte delà transformation du tiers supérieur du corps de l'embryon. I.a capsule était d'abord formée par un tissu cellulaire homogène plein, recouvert superficiellement par une couche de cellules épidermiques iTun seul rang de cellules. Dans la région moyenne de l'épaisseur du tissu de là capsule, à une distance sensiblement la môme de la surface et du centre de l'organe, on voit s établir une rangée de cellules qui se transforme bientôt en un sac spoiifère. Ce sac sporilère, complètement développé, forme donc une sorte de ceinture lâche et plissée autour d'une colonne centrale. La colonne centrale de la capsule s'étale supérieurement en un disque qui se raitaciie à la couche opidermique, et termine le fruit par une sorte de dôme de forme variée. A la maturité, la partie supérieure du fruit de la mousse se détache et s'enlève à la manière d'un couvercle, d'où le nom d'oprrcu/e par lequel on désigne quelquelols cette partie de la plante. Le bord de l'ouverture faite dans le fruit par la chute de l'opercule tst te i éristome. Les caractères des principaux genres des mousses sont tirés de l'ornementaiioii plus ou moins complexe de ce péristome ; cestauisi (|ue les Téirapliisontquatre dents au périslome. les Splaehnum en ont seize, les Grimmia en ont trente-deux, le Polylric commun en présente jusqu'à soixante-quatre. Haiement l'opercule demeure en place, comme dans les

Andréa ; alors la capsule mûre se déchire latéralement pour mettre les spores en liberté.

Par la chute de l'opercule et la déchirure du sac sporilère, les spurcs ou cellules dissémitiatrices produites dans son intérieur tombent sur la terre humide et lit germent immédiatement. Sous l'action de l'humiditc la régioti superficielle solide et dure de la paroi cellulaire de la spore se brise, et la région inierne molle de cette môme paroi s'allonge au dehors en un filament grêle qui est une nouvelle forme de la plante. Cette nouvelle forme de la monsse est désignée sous le nom de protonemji. Le stade ptoionema, dans le développement des mousses, est la phase à laquelle ces êires se montrejit comme constitués par de petits filaments verdàtres. Le proionema se ramifie abOQdatiimi^nt. iiienlùt, eti certains points, on voit le protonema émettre vers le sol des poils fixateurs, véritables crampons qui l'altachenl au sol d'une manière définitive. Dans la région du protonema qui vient démettre ses poils fixateurs, on voit le filament se segmenter, et la niasse cellulaire produite s'édifier bientôt en une sorte de tige chargée de petites feuilles; nous trouvons etifin l'aspect sous lequel nous sommes habitués à voir ce que tout le monde nomme les mousses.

Dans cette troisième phase de leur développement, que l'on regarde ordinaiiement comme la phase adulte de la plante, la mousse se compose d'une tige grêle courte ; les plus élevées de ces tiges n'atteignent pas 0"|,()0. Cette tige est plus ou moins ramifiée selon les genres. Elle porte toujours do petites écailles membraneuses ou feuilles, arrangées en disposition spiralée. La structure des tiges des mousses est des plus simples; c'est une masse de cellules à parois très fortement épaissies, d'autant plus petites qu'elles sont plus voisines de la périphérie de l'organe. Les cellules extérieures forment à la surface de la tige un revêtement épidermique. Toutes les parois cellulaires des mousses prennent avec l'âge de vives colorations et déterminent les couleurs de ces végétaux. Dans les mousses les plus élevées en organisation, on trouve au sein des cellules épaisses de la tige des cordons do cellules à parois minces, (|Ue l'on désigne sous le nom de laisreauj:, en les assimilant à tort aux faisceaux tibrovasculaires des mononoiylédones et des fougères. L'existence de ces faisceaux n'est pas constante pour une même espèce: elle dépend surtout du volume pris par la tige lors de son développement. Quant aux feuilles des mousses, fré(|Uemmetit elles sont constituées par une lame d'un seul rang de cellules plus rarement on trouve deux rangs de cellules à parois minces dans l'épaisseur de la feuille, l'iès souvent les feuilles des mousses sont chargées de petites pelotes cellulaires nommées pnip' gules; ce sont des sortes de végétations informes qui naissent i la surface des feuilles. Les propagules >e détachent facilement de la feuille sur laquelle elles sont nées, elles tombent sur le sol humide et donnent en s'y développant immodiatemeni une nouvelle tige de mousse. Les propagules sont donc des organes de dissémination. Les feuilles des mousses sont colorées en vert par de la chlorophylle granulée. 'Vu la délicatesse de la texture de leurs feuilles, les mousses ne peuvent vivre que dans les endroits humides. Les quelques spécimens de mousses que l'on rencontre parfois dans les pays exposés à la sécheresse n'y vivent que pendant la saison des pluies et disparaissent avec le premier rayon de soleil.

Les organes reproducteurs des mousses apparaissent à l'exirémité des liges et des raniificaiions latérales de ces tiges. Ces organes sont de deux sortes. Les un-;, nommés on'li ndies, correspondent aux anthères des phanérogames ; ce sont de gros sacs cellulaires qui produisent dans leur

MOUTON

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intérieur de très petits corps nommés attthéruzoldes.he^ aiitlicrozoidcs correspondent aux grains de pollen produits par les anthères. Ctiaquo aritliérozoîde se présente sous la forme d'un filament très fin portant i sa partie antérieure deux fils vibratiles extrêmement mobiles et à son nxtrémité opposée une vésicule pleine d'amidon, i^cs anthérozoïdes nagent dans l'eau et s'y déplacent avec une très grande rapidité. Les autres nrganes reproducteurs, ceux qui correspondent aux pistils des végétaux phanérogames, consistent en des sortes de petites bouteilles nommées ay-chéf/oyia. Chaque archégone contient dans sa partie basilaire un globule protoplasmique nommé ortsphéie. A la maturité de l'archégone, son tube s'ouvre, recueille les anthérozoïdes, qui agissent sur l'oosphère. Par le fait de cette actioji des anthérozoïdes, l'oosphère est transformée en embryon. Cet embryon forme la graine de la mousse, mais cette graine, au lieu de quitter la plante mère, se développe immédiatement sans se séparer de rétro qui lui a donné naissance. Selon les genres, les anthéridies et les archégone» forment des groupes distincts. Ailleurs, les atithéridies sont mêlées parmi les archégones; des groupes d'anthéridies et d'archégones forment ce i|u'nn appelle les fleuis de mousses. Selon que la tige d'une mousse se termine par un fruit ou selon que ce sont ses ramifications qui portent les fruits, on a les Mousses acrocarpes et les Mousses pleurocarpes.

Aux mousses on rapporte quelquefois les Sphaignes, petits végétaux très semblables aux mousses, qui vivent surtout dans les marais tourbeux. Les sphaignes se distinguent des mousses par un sac sporifère en forme de calotte sphériflque au lieu d'être en forme de ceinture, et par des spores de deux espèces, les nues petites, nommées microspo<es, les autres très volumineuses et appelées pour cette raison des mncrnspures.

Généralement aussi, on rapproche encore des mousses les Hépatiques. Les hépatiques, avec une histoire très semblable h celle des mousses, difTèrent de ces dernières par leur forme générale à l'état d'adulte. Beaucoup d'hépatiques adultes se présentent en eflTet sous la forme de lamelles foliacées, dans lesquelles oti ne peut rieti reconnaître qui soit comparable, même de loin, à une ti-'C ou à des feuilles. Les hépatiques différent encore des mousses par la présence dans leur sac sporifère d'un appareil destiné à favoriser la disséiuination des spores. Ce sont de petites cellules élastiques nommées elatires, très sensibles aux variations de l'état hygrométrique de l'air et qui, sous cette influence, exécutent des mouvements brusques qui ont pour résultat la projection des spores à quelque distance. Le type des hépatiques est le Murchantiii po! iimnrpha,(\m se développe entre les pavés des cours humides et sans soleil.

Usages de- mou^sps. — Les mousses ne servent guère dans nos régions qu'à l'emballage des objets fragiles Les horticulteurs, mettant à profit les propriétés spongieuses des mousses, les emploient souvent pour maintenir l'humidité autour de leurs cultures Dans les pays froids, les mousses sont utilisées pour couvrir les habitations; grâce à leur faculté de conserver la chaleur, elles protègent très efficacement les habitations contre les rudes atteintes de l'hiver. Quelques mousses servent à la nourriture des animaux. En Laponie ce sont les mousses qui, associées aux lichens*, forment la majeure partie de la nourriture des ennes pendant l'hivpr. Dans l'économie générale du gh'be, les mousses entrent, pour une part importante, dans la production de la totirbe et du terreau. [G. -E. Bertrand.]

MOUTON ET n.VCnS OVI.VES. — Agriculture, XV. — Le mouton est un des priticipaux

animaux domestiques agricoles. Sa domestication remonte aux âges les plus reculés Les moutons formaient dans l'antiquité la principale richesse des peuples pasteurs; les conditions de leur production se sont modifiées en Europe: mais dans plusieurs parties du nouveau monde, il existe aujourd'hui encore d'immenses troupeaux aussi considérables, sinon plus, que ceux dont l'histoire a gardé le souvenir.

Le iriot générique de mouton est employé pour désigner les individus, à quelque race qu'ils appartiennent: mais, en langage absolument correct, il s'applique aux mâles châtrés. Le mâle est appelé hédei, la femelle bre'is ; les jeunes sont désignés, pendant leur première année, sous le nom d'agiieaux ou d'a.y?!e//es; à un an, ils deviennent antennis et antmais'-x. La brebis porte, en moyenne, 150 jonrs. Dans les circonstances ordinaires, en France, on adopte trois époques pour les agnelages ou naissances ; l'hiver (décembrejanvier), le printemps (février et mars), l'été (juin). 1,'allaitement des agtieaux par leur mère doit durer de quatre à cinq mois.

La peau des moutons porte une espèce spéciale de poils désignée sous le nom de luine ; ce sont des poils fins, longs, onduleux et souples. A la laine sont môles en proportion variable des poils rudes et grossiers, qu'on appelle jnrre; le jarre se rencontre surtout à la base de la queue et sur les membres.

Les produits que l'agriculteur demande au mouton sont la viande, la laine et le lait. Ce dernier produit est tout à fait accessoire, et ce n'est que dans des circonstances assez rares qu'il acquiert de l'importance, principalement pour la fabrication du fromage.

rendant longtemps, la laine a été le produit à peu près exclusivement recherché dans 1 élevage du mouton. Sous l'inlluence des anciennes méthodes de culture, où de nombreuses jachères et des biens communaux étendus pouvaient recevoir et nourrir à bon niaiché de grands troopeaux, le mouton ne comptait que pour la laine qu'il produisait. En outre, en raison des difficultés de communication, et de son faible poids sous un grand volume, la laine était un objet difficile à transporter, et elle se vendait à des prix élevés. On a donc cherché à en encourager la productioi» en France, et c'est dans cette pensée que le gouvernement préconisa, au siècle dernier, l'introduction et la propagatmn du mouton mérinos. Mais, depuis une quarantaine d'années, les conditionsont beaucoup changé ; la propriété territoriale s'est sensibl ment modifiée, la jachère a perdu du terrain, les communaux se sont divisés et ont été cultivés. L'élevage du mouton n'a donc pu se faire suivant lesanciens errements. D'un autre côté, la laine, pressée en balles compactes, a pu voyager faciletuent, en même temps que sa production prenait d'énormes proportions dans r.\mérique du Sud et en \ustralie: par suite, son prix a baissé. La production de la viande de mouton, jadis secotidaire, est, par suite de ces circonstances, devenue le côté priticipal de l'élevage. Les anciens grands troupeaux ont disparu dans quelques régions. De nombreuses piaint-s se sont élevées au sujet de cette transformation. Pour y répondre, il suffit de comparer la situation des agriculteurs aux deux époques : elle est incontestablement metlleure aujourij'hui. La transfortnation leur a donc été favorable.

I L'élevage du mouton est principalement dirigé aujourd'hui vers la production de la viande. Pour que celle-ci soit avantageuse, il a fallu transforiner les anciennes races françaises i our leur donner plus do précocité, c'cst-h-dire pour faire arriver les animaux en moitis de temps à leur 1 complet développetnent. Pour atteindre ce but.

MOUTON

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on peut suivre deux niciliodes. La pri^mièro consiste h croiser les anciennes races avec des races doj^ plus parfaites au point do vue de la précocité. Quelques races anglaises ayant été antériiurement développées dans ce sens, ont été choisies par un certain nombre d'agriculteurs pour faire ces croisements. Le principal exemple est dans le croisemeni. disliley-mérinos, très apprécié dans le rayon de Paris et dans le nord do la France, et qui a donné au mérinos une ampleur de formes jadis inconnue. La deuxième méthode consiste dans le développement des qualités qui constituent la précocité, au moyen de 1 1 sélection entre les animaux d'une mémo race. Cette méthode a aussi été adoptée pour la race mérinos : c'est par son emploi qu'ont été créées les variétés de mérinos du Soissonnais, du Chatillonnais, dont le développement est presque aussi rapide que celui des races dites à viande, en môme temps que ces variétés ont gardé l'avantage de fournir une laine abondante et de qualité supérieure.

Pendant longtemps, l'opinion qu'une race de moutons ne peut pas être à la fois bonne productrice de laine et bonne productrice de viande, a prévalu parmi les agriculteurs. Mais les faits ont démontré que cette opinion était erronée. Les mérinos précoces obtenus aujourd'hui dans les centres qui viennent d'être indiqués n'ont rien perdu des qualités qui ont fait la réputation de la laine mérinos. En môme temps, le poids de leur toison n'a pas diminué: et cela devait être, puisque, quand on cherche à rendre une race plus précoce, on tend ;'i diminuer, dans le corps oes animaux, le volume des parties les moins utiles, c'est-à-dire les membres, le cou et la tête, où la laine est toujours de moindre qualité.

Quelques parties de la France sont plus spécialement des régions i moutons. Ce sont surtout les plaines du Berri, de la Beauce, de la Brie, de la Champagne, et dans le Midi une partie de la Provence et du Languedoc. Dans ces pays, les troupeaux de moutons sont mis à la pâture pendant une bonne partie de l'année ; on les sort de la bergerie au printemps, pour les y rentrer pendant l'hiver. Les pâturages socs, à herbe courte, sont ceux qui conviennent le mieux; les moutons réussissent peu dans les terrains bas imperméables, plus ou moins humides et marécageux. Les bois ne forjnent pour eux qu'un pâturage médiocre, surtout quand ils sont très couverts et remplis de broussailles. Quant à la quantité de moutons qu'un pâturage peut nourrir, il est impossible de l'indiquer d'une manière tant soit peu précise ; elle dépend de la nature des pâturages, et de leur produit, variable suivant les conditions climatériques des années. En'géiiéral, le pâturage dure de 170 à 180 jours par an.

Pendant l'hiver, les moutons sont nourris à la bergerie : la nourriture qui leur convient la mieux consiste en fourrages divers, et on racines Les fourrages les plus avantageux sont les ' mélanges de trèfle et de paille d'orge ou d'avoine, 1 les pailles de féverolles, etc. Quant aux racines, ce sont les betteraves, les carottes, les navets, coupés en tranches minces, mélangés avec des balles ou des pailles hachées, ou encore avec du son. Cette nourriture leur est distribuée dans des crèches, qui doivent être maintenues dans un grand état de propreté. Les rations journalières varient suivant le poids et l'âge des animaux.

Les béliers doivent être séparés des brebis | d'une manière constante. Plusieurs méthodes [ sont employées pour la reproduction; celle qui parait la plus commode est de mettre, au moment opportun, un bélier pendant quelque temps dans un compartiment spécial avec une quinzaine de brebis.

En dehors de l'élevage des moutons, un grand

.nombre d'agriculteurs, surtout dans les régions plus spécialement consacrées à la culture des céréales, se livrent îi leur engraissement. Pour cette sorte de spéculation, les moutons sont achetés au moment de la moisson, et parqués sur les chaumes. Ils commencent h s'y engraisser, et ils arrivent à leur état complet dans la bergerie, pendant l'hiver, sous l'inlluence d'une nourriture plus concentrée. Le principal bénéfice de cotte opération est dans la diflcrcncc dn poids do l'animal au moment do l'achat et à celui de la vente. Les moutons sont ainsi employés, comme les bœufs, dans la région de la betterave, à consommer et transformer les résidus des distilleries et des sucreries, drèches, pulpes, etc.

Chaque année, les moutons sont soumis à la tonte. Cette opération a pour but d'enlever limr laine à l'époque la plus favorable pour que les animaux n'aient pas à sonfTrir des intempéries. La fin du printemps est, dans la plus grande ! partie de la France, le moment le plus propice.

La qualité de la laine est très variable suivant ! les races qui la fournissent. En pratique, on dis- ] tingue un grand nombre do sortes de laines. ( D'une manière générale, la finesse et la longueur de la laine sont les deux qualités qui sont le plus recherchées. Au point de vue de la finesse, on classe les laines en superfines ou extrafines, \ laiiies fines, laines urdiuaires et laines intermédiaires. Il serait peut-être préférable de ne considérer que trois catégories : laines fines, laines communes, laines grossières. Mais c'est une ques- 1 tion de commerce et d'appellations qu'il est difficile ! de changer. Au point de vue de la longueur, I c'est l'égalité dans la longueur des brins qu'il faut ' surtout rechercher dans une toison. Cette égalité existant, les laines longues sont celles qui sont le I plus appréciées. Après ces qualités, celles qu'il ■ faut principalement rechercher, sont l'élasticité ou le nerf, la douceur et la force ; cette dernière qualité dépend principalement de la nature du suint dont la toison est imprégnée.

Autrefois la tonte des moutons se faisait avec des /oire.ç ; aujourd'hui on possède plusieurs appareils spéciaux désignés sous lo nom de tondeuses, qui présentent l'avaiitage de faire plus l'apidement une tiinte plus régulière, sans blesser la peau du mouton, ainsi qu il arrive trop souvent quand l'ouvrier tondeur n'est pas très expérimenté.

Lorsque le mouton est tondu sans lavage préalable, on dit que la laine est en suint; quaiid la toison a été lavée avant d'être enlevée du corps de l'animal, la laine est dite lavée l'i dos. Il y a une diminution de près de 40 p. 100 dans le poids de la toison ; mais la laine est vendue notablement plus cher. Il est difficile de se prononcer sur l'avantage de cette pratique, usitée dans quelques contrées, notamment en Lorraine, en Champagne et en Bourgogne, tandis qu'elles est proscrite ailleurs, particulièrement dans la Beauce.

Classification ues uaces ovines. — La classification des races ovines a été faite d'après des méthodes très difl'érentes. Ainsi que nous l'avons fait pour les races bovines (V- Bœu/), nous suivrons la classification adoptée par Sanson, parce qu'elle repose sur des caractères précis et bien déterminés. On a vu, à propos des races bovines, quelle est la base de cette classification; il n'y a donc pas à y revenir ici.

I.a première catégorie, celle dite des races brachycépliales, comprend quatre races spéciales : la race germanique, la race des Pays-lîas, la race des dunes, et la race du plateau central.

La rfice i/eri>,anique, de grande taille, à tête chauve,,'! toison grossière avec brins très longs, à peau épaisse, est surtout une race de bouchoiie, mais donnant une viande de qualité ordinaire.

MOUTON

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Cette race appartient à l'Europe centrale; on en trouve une variété Tort intéressanie en Angleterre ; c'est la variété Leicester ou dUhlen, remarquable aujourd hui par ses aptitudes de précocité et de production d'une grande quantité de viande. Le» animaux de cette variété arrivent à peser jusqu'à lOn kilogr. et au delà, avec un rendement considérable en viande nette. Cette race a été introduite en l'rance, il y a une quarantaine d'années ; elle a été surtout croisée avec la race mérinos.

La raci; des Pni/s-Has est aussi d'assez grande taille, donne une laine grossière, mais a un développement assez précoce. Elle s'étend paniculièrement en Hollande; en Angleterre, la variété New-Kent appartient à cette race.

La race des dunes est de taille moyenne; elle se distingue par une peau de couleur foncée; sa toison est courte et frisée; elle niojUre les caractères d'une grande précocité ; elle donne une viande délicate et abondante. La principale variété est la variété Soutkdown, originaire d'Angleterre, mais qui s'est répandue depuis quelque temps dans toutes les parties de l'Europe; cette variété est celle qui a le corps le plus régulièrement développé, avec le squolettc le plus réduit. En Erance, elle a été principalement introduite avec succès dans le centre et dajis l'ouest. A coté de la variété Southdown. il l'aut citer celles appelées Oxl'ordsliire et Sliropshire, qui ont les mômes qualités, mais à un moindre degré, avec une taille plus élevée.

La nice du plnteau central parait urigi' aire du centre de la France. Elle est de petite taille, à laine courte et frisée présetitant des mèches pointues; la face est courte, le front un peu bc.iibé; elle s'engraisse assez facilement Les principales variétés sont celles di.'S moutons auvergnats, limousins, raarcliois. La variété limousine aune laine de meilleure qualité.

La deuxième catégorie, celle des races dolicliocépliales, comprend sept races : race du Danemark, race britannique, race du bassin de la Loire, race des Pyrénées, race méiinos, race de Syrie et race du Soudan.

La race du Danemark est de grande taille, avec les membres longs et la tète volumineuse. Le corps est étroit, et la toison est assez courte et grossière ; la chair est de qualité médiocre. Les principales variétés sont celle des landes du Nord, celle des polders, la variété flamande ou picarde, la variété poitevine. Ces doux dernières seules sont françaises.

La race irilannique est aussi de très grande taille ; sa toi>on est longue et douce ; elle a été améliorée au point de vue de la précocité. Les principales variétés sont les Coiswold et les Cheviot. Elles sont conlinées en Angleterre.

La race du bassin de la L ire est générdlement de taille moyenne ; quelques variétés sont plus développées. La tête est petite. La toison est fine et d'une bonne qualité. La chair est délicati-. Elle présente deux variétés principales, la variété berrichonne et la variété solognote. La variété berrichoiHie, d'un tempérament rustique, donne de belle laine, et elle s'engraisse facilement. On fait avec succès des croisements de cette race avec des southdowns pour produire des animaux de boucherie d'une grande précocité. Quant à la variété solognote, quoiqu'elle soit généralement assez négligée, elle peut, avec de bons soins, donner d'excellents résultats.

La rnce des Pi/rénécs, de grande taille, avec une forte tête, une laine longue mais grosse, habite les vallées des Pyrénées ; elle s'est étendue au-delà de cette zone dans le midi de la France. Ses principales variétés sont les basquaise et béarnaise landaise et gasconne, kuraguaise, albigeoise et du Larzac. Cotte race est une de celles qui sont

le plus spécialement élevées au point de vue de la production du lait. C'est avec le lait di'S brebis du Larzac qu'on fabrique le célèbre fromage de Roquefort, et ses similaires dans le Languedoc. La ra e mérihos est originaire d'Espagne. La tête est forte et presque toujours porte des cornes volumineuses. La taille varie ; elle est généralement assez forte. La toison est extrêmement abondante; la laine est fine et longue. Le squelette est volumineux, et la croissance est tardive, sauf dans quelques variétés améliorées au point de vue de la précocité. La production de la laine est l'aptitude prédomitiante de la race mérinos. Celte race s'étend aujourd'hui dans la plupart des parties de l'Europe, en Australie, en Amérique, au sud de l'Afrique. C'est au xvi," siècle que des moutnns mérinos ont été introduits pour la première fois en irance, mais leur grande extensiondate du siè. le dernier. Elle a eu un tel succès ((u'elle ne forme pas moins de la moitié de la population ovine du pays. On distingue un assez grand nombre de variétés de mérinos : les principales variétés françaises sont celles du Roussillon, de la Champagne, de la Brie, de la Beauce, du Cliatillonnais, du Soissonnais. Datis ces dernières variétés, on compte aujourd'hui un certain nombre de troupeaux dans lesquels les éleveurs se sont attachés à obtenir une grande précocité, sans nuire aux anciennes qualités si remarquables de la toison du iTiérinos ; la production du mérinos précoce tond à prendre une extension de plus en plus grande.

La race de Syri', d'assez grande taille, à toison assez grossière, est originaire du pays dont elle porte le nom. Parmi ses variétés, celle dite barbarine est assez répandue en Algérie et dajis le snd-est de la France. Sa laine est plus longue, mais elle est toujours assez grosse. Le inouton baibarin a des qualités prolifiques et laitières remarquables. C'est cette variété qui forme surtout les grands troup-'aux exploités, dans le midi de la France, d'après le système de la transhuiiuince. Ce système consiste à faire émigrer les troupeaux, pendant l'été, sur les lieux élevés, pour qu'ils y trouvent la nourriture qui manque dans les plaines brûlées par le soleil. La transhumatice «si une bonne opération au point de vue du profit qu'on retire du troupeau ; ir.ais elle a de graves inconvénients pour les régions montagneuses qu'elle contribue puissammenl à dénuder. Toutefois, il faut faire obseiver que cet inconvénient disparaîtrait, si l'on aménageait avec plus de soin, sur les pen- I tes, les pâturages à moutons qui ne sont le plus j souvent l'objet d'aucune surveillance. i La race du Soumn, répandue dans l'Afrique centrale, ji'olTre aucun intérêt pratique pour les agriculteurs français.

Entre les races qui viennent d'être décrites, il s'opère souvent des croisements qui se terminent par la prédominance dans les produits, au bout de quelques générations, de la race la plus puissante. Les croisements dishiey-niérinos en forment, en France, le lype le plus connu.

Mtdddies d- s moulons. — Les conditions d'une bonne hygiène sont la première condition de l'élevage du mouton, comme de tous les animaux domestiques. La plus simple prudence conseille d'éloigner des troupeaux toute cause de maladie.

Nous ne pouvons donner ici que la liste des principales maladies qui attaquent les moutons. Ces maladies sont: le sang de rate, endémique dans quelques régions, notatumetit en Beance; le claveau, le tournis, le piétin, la gale, la niétéorisation, le muguet, etc.

Bergers. — 11 est essentiel d'avoir un bon berger pour conduire un troupeau. Tant vaut le berger, tant vaut le troupeau. Une école spécialede bergers a été créée à Ratnbouillet en ISli. bile

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