‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (volume 2)Chapitre 16 sur 459 · INTERET · texte numérisé non relu

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mois qui se trouvent dans beaucoup de traités en tête des facultés intellectuelles et dont nous ne méconnaissons pas l'importance : Vattentioii, la réflexion, la comparaison, le Jugement. Voici nos raisons.

Aucun de ces termes, à proprement parler, ne désigne une faculté intellectuelle ; ils indiquent, soit des actes de toutes les facultés ou de certaines facultés, soit des manières d'être ou des caractères de l'intelligence.

Vattention n'est pas une faculté spéciale ayant un objet spécial : elle s'applique à tout, elle donne à toutes les facultés leur puissance, h tous les résultats de la pensée leur valeur. L'attention, c'est le degré d'intensité avec lequel l'esprit s'applique à un objet, soit par la perception, .-oit par la conception, soit par le raisonnement. On peut dans chaque ordre de facultés opérer avec ou sans attention, avec plus ou moins de force d'attention.

La réflexion est le nom qu'on donne à l'attention quand la pensée se replie sur elle-même ; avoir une grande puissance de réflexion, ce n'est pas exercer une faculté distincte des autres, c'est exercer son intelligence d'une certaine façon dont tous les esprits ne sont pas également capables et qui varie suivant les âges, les tempéraments, les circonstances. Tel a l'esprit porté i l'observaiion externe, Ji la constatation des phénomènes matériels; tel autre a plus de facilité à se recueillir, à rentrer en lui-même, i observer en quelque sorte sa propre intelligence. Savoir réfléchir, c'est avoir conscience plus fortement et plus nettement que le commun des esprits superficiels.

La eumparaiion est un autre genre d'attention. On l'a assez mal définie une attention double, pour dire tout simplement qu'elle suppose l'attention rapprochant deux faits ou deux idées. Comparer, ce n'est pas être attentif à deux choses à la fois, c'est être attentif au rapport de deux choses, en saisir la ressemblance et la dilïérence. Il ne faut donc pas voir non plus dans la comparaison un ordre spécial de faits intellectuels ; c'est une opération qui peut se produire dans toutes Irs facultés et qui est particulièrement fréquente dans les facultés secondaires, puisque la mémoire, l'imagination, l'association des idées ne vivent que par d'innombrables comparaisons.

Ainsi ces trois mots désignent non pas des facultés à part, mais des conditions d'exercice des facultés intellectuelles, l'attention indispensable en particulier à la perception externe, la réflexion à la perception interne, la comparaison aux facultés de conception.

Quant au jugement, nous n'en pouvons faire une faculté particulière, après ce que nous en avons dit au début de cet article. Juger, c'est penser. Il n'y a pas un seul acte de l'intelligence qui ne se résolve en an jugement. On peut distinguer diverses espèces de jugements; mais le jugement comprend toute l'intelligence. Voir un objet, c'est juger qu'il existe, sur le témoignage de la vue ; avoir conscience de ce qu'on éprouve, c'est juger qu'on est dans tel ou tel é'at ; se souvenir ou imaginer, c'est juger que telle chose a été, que telle autre pouvait être; raisonner, c'est juger plusieurs fois de suite et en mettant un certain rapport entre ces jugements.

Ce n'est donc pas méconnaître l'importance du jugement que de l'omettre dans la liste des diverses facultés intellectuelles ; c'est au contraire lui restituer son véritable rùle, celui d'opération fondamentale et essentielle de l'intelligence.

Enfin il y aurait peut-être encore à expliquer pourquoi nous ne portons pas dans ce tableau certains faits intellectuels complexes et dérivés dont on a proposé quelquefois de faire des facultés. Par exemple, certains termes empruntés à la vie religieuse, tels que croire, adorer, prie/-; ou d'autres qui ont

trait à des opérations à la fois intellectuelles et physiologiques, parler, compter, lire; ou enfin d'autres qui concernent des opérations de la sensibilité ou de la volonté unies à celles de l'intelligence, admirer, se décider, obéir, etc. Notre réponse est dans le sens même de ces mots : aucun ne désigne ni une opération simple et irréductible, ni une faculté intellectuelle se manifestant isolément. Ce sont des produits mixtes, des résultats multiples, dans lesquels on peut rechercher quelle est la part des diverses facultés. Ce sera même là, un excellent exercice psychologique à faire faire dans une 'i' année d'école normale. Mais la classification des facultés intellectuelles doit évidemment se borner aux groupes de faits élémentaires et irréductibles; la liste que nous en avons dressée est ce qu'elle devait être s'il n'y manque aucun fait intellectuel sut c/eneris, et s'il n'y figure aucun phénomène complexe pouvant être ramené à des éléments plus simples.

INTÉRÊT (Règle d'). — Arithmétique, XLL — 1.— On appelle intérêt le bénéfice que rapporte une somme prêtée ou placée dans une entreprise quelconque. La somme dont il s'agit prend le nom de capital, et on appelle taux de intérêt ce que rapportent lOU fr. dans une année. L'année commerciale est comptée pour 300 jours. Dans le commerce, le taux stipulé ne peut être supérieur i6 p. 100 ; mais dans une entreprise industrielle le bénéfice peut être plus considérable.

L'intérêt se calcule conformément à une règle facile à établir. Supposons, pour fixer les idées, que le capital placé soit de 2 800 fr., le taux 6 p. 100, et que la durée du placement soit de 90 jours. On raisonnera de la manière suivante :

pendant

300 jours rapportent G'

1 jour rapporteront —

6'X90 90 jours rapporteront

-. : 6'X90 90 rapporterait ^^^^^^

et 2800f

28Û0'.fi.90 90 - rapporteront

On voit que, poicr obtenir Vintérét, il faut multiplier le capital par le taux et par le nombre de Jours, et diviser le produit par 36000. Dans l'exemple actuel, on trouve 42 fr.

On trouverait de même que l'intérêt de 596 fr. pendant 135 jours est :

ou 12' 41

2. — Dans les maisons de commerce, où on a souvent i calculer les intérêts à un même taux, on simplifie un peu le calcul. Si le taux est de 0 p. 100 par exemple, on remarque que multiplier par 0 et diviser ensuite par 30 000, revient à diviser tout de suite par 6000, c'est-à-dire que, pour obtenir l'intérêt, on multiplie le capital par le nombre de jours, ce qui donne ce que, dans les habitudes commerciales, on appelle le nombre; et l'on divise par 60tiO, qu'on appelle le diviseur fixe Ainsi, dans le second exemple traite plus haut, le nombre est 590' X 125, c'est-.Vdire ■;4 500; en divisant par 6000 ou d'abord par 1000 et ensuite par 0, on obtient comme ci-detsus 12fr. 41. , ,

On pourrait, pour d'autres taux, employer le même procédé, en remarquant que, pour le 5 p. 100, le diviseurfixe serait -200; pour 4^ le diviseur fixe serait 8000; pour 4 ce serait 9000; mais on

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