‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (volume 2)Chapitre 164 sur 459 · CX.SXix:iX · texte numérisé non relu

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4 0-8:i:îl 35.1.' 592 1000 001) ■|20 [H. Sonnet.] MVSACÊES. — Botanique, XXV. — Étym. : le mot Musai ées est tiré du mot latin mus-i par lequel on désigne les bananiers.

Définition. — Les Musacces sont des vi'gétaux monocotylédonés caraclérisos par leur fleur irrégulière liypogyne avec une ou plusieurs étamines stériles. Presque tous les botanistes réunissent aux Musacces les familles des Zingi/iéracéi-s et des Cannnc'i'es, pour former la classe des Scitnminées. Eu égard à l'utilité majeure que présentent les plantes de ces deux dernières familles, nous ferons aussi connaître leurs caractères principaux par comparaison avec ceux des Musacées.

Caractères t,oiani(jues. — Les graines des Musacées sont ovoïdes ou triangulaires; elles présentent souvent un arille charnu ou membraneux (Ravmiilii), ou poilu (Urama); dans ce dernier cas, r.irille est très vivement coloré en bleu céleste ou en rouge de Saturne ; c'est un organe destine à favoriser la dissémination des graines. Le tégument séminal de ces graines est extrêmement épais, très solide, et fréquemment relevé en manière de bourrelet autour du bile ; sous le spermodorme, on trouve un albumen farineux, blanc, très volumineux, qui doit son origine aux matières nutritives qui se sont accumulées dans les dc- ■bris du nucelle de l'ovule ; nous avons donc affaire dans ce cas à un périsperme; l'albumen véritable fait défaut. Au sein de cette réserve nntrilive de nature amylacée, nous remarquons un embryon plus ou moins allongé, mais toujours droit.

La germination des graines des Musacées demande, pour s'accomplir, un temps considérable. La tige des Musacées se réduit à une liampe florale qui présente, vers sa partie supérieure, une inflorescence très cbargce de fleurs, et, tout à fait à son extrémité, un gros bourgeon charnu utilisé souvent comme légume, et qui, très souvent aussi, sert à multiplier les Musacces par bouture. La tige ou hampe est enveloppée par les gaines persistantes des feuilles.

Les feuilles sont alternes, pétiolces, simples, entières, très volumineuses; chacun sait en effet que les nègres utilisent les feuilles de bananiers pour couvrir leurs cases. La nervure médiane de ces feuilles est très épaisse; elle émet latéralement des nervures secondaires tiès fines, parallèles entre elles.

Les racin''s des Musacées sont presque toutes dos racines adventives; elles sortent, de très bonne heure, de toute la région inférieure de la tige.

La fleur présente de dehors en dedans : 1° un périanthc formé de six pièces très différentes les unes des autres, comme dimensions, comme forme et comme coloration. Les six pièces de ce périanthe sont disposées sur deux rangs, et toutes sont insérées au sommet même de l'ovaire; 2" un androcée formé de six pièces, disposées, elles aussi, sur deux rangs au sommet de l'ovaire. Des six pièces de l'androcée, cinq sont des étamines normalement constituées; la sixièm'^ est une foliole de forme variée ; 3" un gynécée formé par un ovaire infère à trois carpelles ; cet ovaire est lui même surmonté d'un style très long terminé par un stigmate globuleux trilobé. Les ovules sont anatro-

pes. généralement nombreux dans chaque loge de l'ovaire. Ils sont bitégumentés et très volumineux ; on les trouve dans cha(|Uo loge dans l'angle interne de la loge ; ils sont insérés sur un seul rang.

Le fruit qui résulte de la transformation de l'ovaire des Musacées sous l'influence de la fécondation est une sorte de gros cylindre charnu indéhiscent chez les bananiers. Uans le genre Knccnala, le fruit est une capsule ligneuse à cloisons très épaisses, qui s'ouvre à la maturité en trois valves. La structure des parois de la capsule des liavenatn est des plus compliquées.

Les Zingibrracées se distinguent des Musacées par ce fait que toutes le» pièces de leur androcée sauf une seule sont transformées en lamelles foliacées. La dernière pièce de l'androcée est une étamine régulièrement constituée. Les Zingibéracées ont de plus leurs ovules disposés sur deux rangs dans chacune des loges de leur ovaire.

La graine des Zingibéracées présente souvent un arille ; son spermoderme s'élève aussi en forme de bourrelet autour du micropyle. Vu l'épaisseur excessive du tégument de la graine, colle-ci demeure entière au moment de la germination ; l'embryon doit, pour se trouver en liberté, soulever une sorte de petit couvercle conique produit par une transformation des plus sini.'ulières des bords du micropyle. Les graines des Zingibéracées ont un double albumen. L'albumen externe ou périsperme est de nature amylacée ; il correspond à l'albumen des Musacées ; l'albumen interne est de nature charnue, huileuse ; c'est le véritable albumen, celui qui se produit autour de l'embryon dans l'intérieur même du sac embryonnaire.

Les Zingibéracées ont souvent des rhizomes souterrains, rampants et vivaces, qui émettent de distance en distance des tiges aériennes ou des hampes florales. Les autres caractères des Zingibéracées ne diffèrent pas des caractères correspondants des Musacées.

Les Cannacées sont des Zingibéracées dont l'étamine fertile est à demi stérilisée , c'est-à-dire que l'une des loges de l'antlière des Zingibéracées demeure stérile; l'étamine elle-même est transformée en une sorte de languette foliacée. Le style (les Cannacées diffère aussi de celui des Zingibéracées par sa forme en languette. L'embryon des Cannacées est courbé en cercle, tandis que celui des Musacées et celui des Zingibéracées sont droits. La graine des Cannacées no présente qu'un seul albumen amylacé, ((ui correspond à l'albumen externe des Zingibéracées. La graine du T/ittlia dealhnta, une Cannacée, mérite une mention toute spéciale à cause du singulier organe disséminateur dont elle est pourvue. Dans l'épaisseur de l'albumen de cotte graine, on trouve deux canaux demi -circulaires pleins d'air; ces deux canaux communiquent entre eux dans la région du bile. Tout cet appareil est disposé de telle façon que la graine du Thaliii, étant placée dans l'eau, vient flotter à la surface, le hile sortant notablement du liquide. De la sorte, la graine peut nager pendant assez longtemps. A l'état sauvage, les Tlmlia habitent les bords des lacs peu profonds. Leurs graines miires tombent dans l'eau, puis viennent nager à la surface du liquide. Les vents et les courants assurent la dispersion de ces graines. Les exemples de graines pourvues de vessies natatoires sont extrêmement rares dans la nature actuelle ; à l'époque liouiUère, au contraire, ou connaît de très nombreux exemples de plantes pourvue^ de ces ampoules natatoiies destinées à assurer la dissémination des graines par l'eau.

Usiigrs (les scilaviinéfs. — Toutes les Scitaminées sont des plantes originaires des régions tropi-

MUSACEES

MUSIQUE

cales du globe. Les Musn ou Bananiers sont originaires àtt l'ancien continent ; ils ont été importés en Amérique et sont maintenant cultivés dans toutes les régions chaudes du nouveau continent. Le fruit des Bananiers fournit h l'Iionime un aliment farineux sucré qui, par la fermentation, donne une boisson rafraîchissante rappelant le puiqué des Mexicains ; la moelle de leur tige et le bourgeon terminal de leur inflorescence se mangent cuits en guise de légumes. La culture des Bananiers n'est pas moins importante entre les tropiques que celle des céréales et des tubercules farineux dans les régions tempérées. On estime qu'un plant de Bananiers peut fournir par an jusqu'à trois r-'gimes de fruit, chaque régime pesant '27 kilogrammes; on arrive ainsi à calculer qu'un hectare de Bananiers produirait annuellement environ 2iiOlOU kilogrammes de bananes sous l'équateur. A la Nouvelle-Grenade le rendemont moyen des Bananiers est encore de 700. d kilogrammes à l'hectare. Des pétioles des Bananiers, on relire une filasse dont les nègres font un fil très estimé.

Le Havfnala mndai^ascariensis, dont le nom populaire est l'Arbre du voyageur, tire ce dernier nom du fait suivant : les feuilles du Buvena/a engaînent la tige et forment autant de réservoirs dans lesquels la rosée s'accumule ; en perforant avec une vrille la base de la feuille, on voit s'écouler une eau limpide et fraîche qui permet au voyageur d'étuncher sa soif. Les graines du Rnvenalii, broyées et cuites avec du lail, fournissent aux liabiianis de Madagascar une bouillie dont ils sont très friands. Les ariiles bleus do ces mêmes graines donnent une huile volatile abondante très employée à Madagascar contre les attaques de rhumatisme.

La racine du Gingembre, une des «quatre épices» du moyen âge, que les seigneurs du xiV siècle achetaient au poids de l'or, a été transplantée des Indes dans les Antilles par les Espagnols. Cette racine possède une odeur forte, acre, piquante; les médecins l'emploient comme un stimulant puissant ; elle entre en cette qualité dans la fabrication d'une bière anglaise fort en usage dans le nord de l'Europe. On peut aussi la confire dans le sucre.

Les racines de Galanga étaient naguère employées pour la fabrication d'une sorte de confiture.

Les racines des Co-tus contiennent un principe amer qui les fait employer dans l'Inde comme toniques. Les Cosfiis fournissent aussi une belle matière colorante jaune très employée en teinture. On retire aussi des Curci.ma, qui sont des plantes voisines desCosiUi,une matière colorante jaune très belle fort employée dans l'industrie. Quelques Curcuma donnent en ouire une farine comparable à celle que l'on extrait des Mnrantn.

Les fruits des Amomiim sont connus sous le nom de cardnmomcs ; ils sont utilisés à cause de leurs propriétés excitantes et stomachiques. La maniquette ou graine de paradis est une graine qui provient d'une espèce à'Amoinmn originaire de la Guinée ; elle sert à donner de la force au vinaigre, et parfois à falsifier le poivre noir.

Les feuilles odoriférantes des llfnecotmia sont employées par les Péruviens, au dire de Pôppig, contre les douleurs rhumatismales. Le Maranfa arundinacea est cultivé dans les Antilles pour la farine que l'on retire dr sa moelle réduite en pulpe. La farine de Maraii.u est surtout connue sous le nom d'acjow-ioo/. Le rhizome cru du Muinnta arund nncea contient un principe vénéneux qui disparaît .'i la cuisson. Les tubercules du Maranla ol ouii'i, cuits et assaisonnés avec du poivre, remplacent aux Antilles nos pommes de terre.

La racine des Canna est diurétique. On retire

du spermodermc des graines de certains Canna une matière colorante pourpre d'une très belle couleur. [C.-E. Bertrand.]

MUSIQUE. — La musique est l'art des sons.

Pour lire la musique et comprendre cette lecture, il faut connaître les signes au moyen desquels on l'écrit, et les lois qui les coordonnent. L'étude de ces signes et de ces lois est l'objet de la Théorie lie la musique.

Tous les signes se placent sur la portée, qui est la réunion de cinq lignes parallèles et horizontales. L'espace compris entre ces lignes se nomme interligne. Les lignes et les interlignes se comptent de bas en haut. Ex. :

i" ligue, Jl

I. SIGNES EMPLOYÉS POUR ÉCRIRE LA MUSIQUE — A. Signes principaux. — Les signes principaux au moyen desquels on écrit la musique sont : 1° les no'es; — 2" les clefs; — 3° les silences; — 4° les dllération'^.

Les notes. — Les notes représentent des durées et des soirs.

Selon leurs différentes figures, les notes expriment des duré' s différentes. — Selon leurs différentes positions sur la portée, les notes expriment des sons différents.

Figures des notes {signes des durées). — Il y a se/it figures de notes qui sont: la ronde O, la blanche ,0 , la noire • , la croche /• , la double

croche 10 , la triple croche ^, et la quadruple

Lorsque plusieurs croches, doubles croches, triples croches ou quadruples croches sont placées les unes à côté dos autres, on peut remplacer les crochets par des barres unissant ces notes. Le nombre des barres doit toujours être égal pour 'chaque note au nombre des crochets qu'elles remplacent. Ex. :

Deus croches.

Trois double

"OJ"

Les figures de notes étant disposées dans l'ordre indii|né ci-dessus, la ronde représente la plus longue duré", et chacune des autres figures vaut la moitié de la figure qui la précède. Ainsi : la roU'Ie vaut 2 blanches, ou 4 noires, ou 8 croches, ou IC doubles croches, ou 32 triples croches, ou fj4 quadruples croches.

Position des notes sur la portée (s'gnes des sons). — Les no/es, quelles que soient leurs figures, se placent sur la portée : soit sur les lignes, soit dans les interlignes.

On place également une note au-dessous de la 1" ligne et une au dessus de la 5'.

Lignes siipidémentaii es. — On peut aussi écrire d'autres notes en dehors de la portée, soit audessous, soit au-dessus. On emploie pour cela de petites lignes nommées lignes supidémintaires, dont le nombre n'est pas limité et qui s'emploient de la manière suivante :

MUSIQUE

MUSIQUE

Au-dessus iln hi portée ^ O » ^

Au-dessous de la purlée.

t^»ms des notei. — Il n'y a que sept >/oms de notis pour exprimer tous les sons. Ce sont : 1 2 3 4 S 6 l

ui ou do, ré, mi, fa, sol, h, si.

Ces notes fonnont une série de sons allant du grave à l'aigu, et que l'on nomme série ascirulanti-. En prononçant ces noms de notes dans 1 ordre inverse, on obtient une série de sons allant de l'aigu au grave, et que l'on nomme série ''«f ™daiite. On peut ajouter une ou plusieurs séries ù la première. .

On nomme octave la distance qui sépare deux notes de même nom, appartenant ii deux séries voisines. ....

Les clffs. — Les clefs sont des signes qui servent à fixer le nom des notes. Elles se placent au commencement de la portée.

Il y a trois figures de clefs : la clef de fa, la clef d'!(/ et la clef do soi. Les clefs qui sont le plus employées sont : la clef de sol, sur la deuxième ligne, et la clef de fn, sur la miatrihne ligne. La première sert à écrire les sons aigus, et la seconde les sons graves.

Chaque clef donne son nom à la note placée sur la ligne même qu'elle occupe :

Clef de sol 2' ligne. Clef de fa 4" lisnc.

Le nom d'une note étant connu, il est facile de trouver le nom des autres notes, car elles se succèdent toujours dans l'ordre indiqué précédemment.

Noms des notes écrite soi la si ut

Chaque ligure de silence a une durée correspondante h celle d'une figure de note : la panse vaut une rujid- ; la demi-pause, une blanche; le soupir, une noire; le den,i-soupr,wm c>oclic;le quait de soupir, une doulde croche; le huitième de soupir, une triple croche; el le seizième de S'iupir, une quadruple crache.

L'altébation. — L'altération est un signe qui modifie le son de la note h laquelle il est affecté. Il y a trois altérations :

1° Le aièse t, qui élève le son de la note (le rend plus aigu) ;

2° Le hemol [>, qui abaisse le son de la note (le rend plus grave);

3° Le bécarre Ij, qui détruit l'effet du dièse ou du bémol.

L'altération se place : 1° devant la note dont elle modifie le son; son effet se produit sur toutes les notes de même nom qui se trouvent dans la même mesure; 2" au commencement delà portée et immédiatement après la clef; son effet se produit alors sur toutes les notes de môme nom pendant la durée du morceau.

B. Signes secondaires. — Les signes secondaires sont : 1° le voi7it et le double point; — 2° le trio/et; — 3° la liaison.

Le point. — Le point se place après une note et augmente la valeur de cette note de la moitié de sa durée primitive. Ainsi la ronde vaut deux blanches; étant pointée, elle en vaudra trois.

On place également le point après les figures de silence.

Le double point. — On peut aussi placer deux points après une note ou un silence. Le second point augmente la durée do celte note ou de ce silence de la moitié de la durée du premier point (c'est-h-dire augmente encore d'un quart de sa durée primitive la note ou le silence déjà pointé). Une blanche suivie de deux points équivaut a la valeur de : une blanche, une noire et une croche.

rites en Clef de fa, 4' ligne

mi ré ut si la sol fa mi

La succession de deux notes immédiatement voisines forme le nouvemeni ronjoint ; ceWe ie deux notes non voisines forme le mouvement disjoint.

Les silences. — Les silences sont des signes qui indiquent l'i?!ie/'7-up(!on '/«son. Selon \e\ivs différentes figures, les silences expriment la durée plus ou moins longue de cette interruption.

Figures des silences. — Il y a sept figures de silence, qui sont : la pause "«^, la 'lemi pause -m-, le soupir y, le demi-soupir M, le quart de sou-

\r y, le huitième de soupir y, le seizième de

pir

soupir

Le triolet. — Le triolet est la division ternaire d'une figure de note. .

On emploie, pour représenter le triolet, les figures de durée que nous connaissons déjà ; seulement, trois de ces figures (ou un nombre de figures équivalant à la même somme de valeur) employées dans une division ternaire, ont une valeur égale h deux des mêmes figures employées dans une division binaire.

On place le cliiffre 3 au-dessus ou au-dessous du triolet; ce cliitIVe 3 suffit pour indiquer la division ternaire. Ex. :

Ce triolet de croches équivaut à une noire.

Un triolet peut ne pas former un groupe de trois notes égales, pourvu que la somme île ses durées sod éqniuulenie à celle des irui. notes égales. Le silence peut aussi faire partie d'un tnolet :

MUSIQUE

MUSIQUE

On nomme double triolet, sizain ou sextolef, l'union en un seul groupe de deux InoUls voisins.

Au lieu d'indiquer par un 3 chacun des triolets séparés, on indique le dnuble trio'et par un 6 placé au milieu du groupe entier. Ex. :

LLLUJ

La liaisoh. — La liaison est un signe qui unit deux notes de même son et presque toujours de même 7!0"', quelle que soit leur durée.

Elle indique l'adjonction de la valeur de la seconde note h la valeur de la première ; on dit alors que ces notes sont liées. Ex. :

On peut également lier, les unes aux autres, plus de deux notes consécutives. Ex. ;

n. LA GAMME. — LES INTERVALLES. — On nomme gamme diatonique une succession de sons disposés par mouvement conjoint et selon les lois de la tonalité. (La tonalité fera l'objet de notre S'' chapitre.)

Les sept notes se succédant ainsi : ut-ré-mi-fasol-la-si, et auxquelles on ajoute un huitième son, forment une gumme diat^/iigiie. Ce huitième son n'est autre que la première note répétée à l'octave supérieure.

Chaque note d'une gamme prend aussi le nom de degré.

Ton et demi-ton. — Les degrés ou notes de la gamme ne sont pas également espaces entre eux ; entre les uns la distance est plus grande, entre les autres elle est plus petite. La distance plus grande se nomme ton, la distance plus petite se nomme dem'-ton.

Le demi-ton est placé entre le .3' degré et le 4«, entre le 7' degré et le 8'. Le ton est placé entre les autres degrés de la gamme.

Cette gamme pourrait être figurée par une échelle dont les échelons, inégalement espacés entre eux, en leprésenteraient les notes en degrés :

La

Sol

<k ton

1 ton

1 ton

1 ton

1/2 ton

1 ton

1 ton

'i' degré

6' degré

5' degré

i' degré 3« degré

2' degré

1" degré

La gamme diatonique est donc composée de cinq tons et deux demi-tons. Elle peut commencer par toute autre note que la note ut.

Division du ton. — Un ton peut se diviser en deux demi-tons. Entre deux notes séparées par un ton, soit ut-ré, on peut faire entendre un son intermédiaire. De la note ut à ce son intermédiaire il y a un demi-ton. De ce son intermédiaire à la note ré, il y a un autre demi-ton.

Ce son intermédiaire peut s'obtenir : 1° en élevant le son de la note inférieure par un dièse # (le dièse élève d'un demi-ton le son de la note devant laquelle il est placé) :

2° En abaissant le son de la note supérieure par un bémol b (le bémol abaisse d'un demi-ton le son de la note devant laquelle il est placé):

Demi-ton diatonique. — Demi-ton chromatique. — Les deux demi-tons formant un ton ne sont pas égaux ; l'un est un peu plus grand que l'autre. Le plus petit se nomme demi ton diidoniqne. C'est celui qui se place entre deux notes de noms différents.

Le plus grand se nomme demi-ton chromatique. C'est celui qui se place entre deux notes de même nom, mais dont l'une est altérée.

Un ton contient toujours deux demi-tons de natures différentes : l'un diatonique, l'autre chromatique.

L'enharmonie. — L'enharmonie est le rapport, l'espèce de synonymie (|ui existe entre deux notes de noms différents, mais affectées toutes deux au même son, soit ut | et lé \r, mi et fa b.

Les notes formant l'enharmonie se nomment notes enharmoniques.

Les inlervalles. — On nomme intervalle la distance qui sépare deux sons. On mesure un intervalle par le nombre de degrés qu'il contient, y compris le son grave et le son aigu. Le nombre de degrés est exprimé par le nom de l'intervalle. Ainsi l'intervalle contenant 2 degrés se nomme seconde; 3 degrés, tieice;i degrés, quarte; .S degrés, qui'i'e; 6 degrés, sixte; ' degrés, 'Cfjtiéme; S degrés, oJiive; 9 degrés, neuvième; etc.

MUSIQUE quinte.

MUSIQUE

L'intervalle est ascendant ou descendant; simple ou redoublé. L'intervalle est ascendant lorsqu'on le mesure en partant du son grave; il est descendant lorsqu'on le mesure en partant du son aigu. L'intervalle est simple lorsqu'il n'excède pas l'étendue d'une octave ; il est redoublé lorsqu'il excède l'étendue d'une octave.

Qunlifi alion fies mlertmlles. — Les intervalles contenant le même nombre de degrés ne sont pas toujours égaux entre eux ; ainsi les deux tierces utmi et id-mi \> ne sont pas égales, puisque la première contient deux tons et que la seconde contient seulement un ton et un demi-ton diatonique.

Il y a donc plusieurs espèces de secondes, de tierces, de quartes, etc. Pour distinguer ces différentes espèces, on emploie plusieurs qualifications qui sont : minew, majeur et juste. La seconde, la tierce, la sixte et la septième peuvent être mineures et majeures. La quarte, la quinte et l'octave peuvent être justes.

Composition des intervalles :

o j i mineure 1 demi-ton diatonique.

Secondes... j ^^^^^^^ j t^^^ ^

Tifirrtxi I ""'"^"ï"*^ * *o" «t 1 demi-ton dîat.

ixerces.... j majeure 2 tons.

Quarte juste 2 tons et 1 demi-ton diat.

Quinte juste 3 tous et 1 demi-ton diat.

Sixtes * mineure 3 Ions et 2 demi-tous diat.

{ majeure 4 tons et 1 demi-ton diat.

„ ,., l mineure 4 tons et 2 demi-tons dint.

Septièmes., j „,^j^„^^ j j„„^ ^^ , j^,,,,.;^,, ^-^^

Octave juste 5 tons et t derai-tuns diat.

Il y a encore les qualifications de diHfmué et d'm/jmenté. A l'exception de la seconde, tous les interyalles peuvent être diminués. Un intervalle diminué a toujours un demi-ton chromulique de moins que le même intervalle juste ou mineur.

A l'exception de la septième, tous les intervalles peuvent être rnigmentés. Un intervalle augmenté a toujours un demi-ton chromatique de plus que le môme intervalle juste ou majeur.

On voit par ce qui précède qu'un intervalle tire son nom du nombre de degrés (|u'il contient, et sa qualification du nombre de tons et de deEiii-tons qui séparent ces degrés.

Renversement des intervalles. — Renverser un intervalle, c'est intervertir la position respective des deux sons qui le forment, de façon que le son grave de l'intervalle i renverser devienne le son aigu (lu renversement. On opère le renversement d'un intervalle, soit en transposant le son grave de cet intervalle à l'octave supérieure, soit en en transposant le son aigu à l'octave inférieure.

Les intervalles simples peuvent seuls être renversés.

Dans le renversement l'unisson devient octave, la i" devient 7°", la 3" devient (J", la 4'" devient à", la o" devient 4", le d" devient 3''', la "."" devient 2"", l'octave devient unisson.

Remorque. — Le chiffre représentant l'intervalle à renverser et le chiffre représentant son renversement, additionnés ensemble, donnent pour total lo nombre 9.

Intervalle

Totauj

Par le renversement les intervalles mineurs deviennent majeurs, les intervalles majeurs deviennent mineurs. — Les intervalles justes restent justes. — Les intervalles diminués deviennent augmentés, les intervalles augmentés deviennent diminués.

Ainsi le renversement d'une 3°° majeure est une G" mineure. Le renversement d'une 4"" juste est une 5" juste.

m. L\ TONALITÉ. — La tonalité est l'ensemble des lois qui régissent la constitution des gammes. Prise dans un sens plus restreint, la toncdité ou le ton exprime l'ensemble des sons formant une gamme diatonique.

On a vu que les huit notes formant la gamme diatonique sont disposées ainsi: deux tons consécutifs, un demi-ton, trois tons consécutifs et un demi-ton.

Cette disposition est le résultat de la résonance naturelle des corps sonores. Cette gamme est engendrée par les trois sons générateurs ut, l'a et sol. Ces trois sons générateurs sont nommés pour cette raison noies tonales, et occupent ies 1", 4% et ô" degrés de la gamme.

Noms des degrés de la gamme. — Chaque son peut être la première note, le premier degré d'une gamme semblable à la précédente. Pour éviter tonte confusion, chaque degré, quel que soit le nom de la note qui le représente, a reçu un nom particulier qui caractérise la position qu'il occupe dans la gamme et la fnnction qu'il y remplit.

Le I" degré se nomme tnniqne; le 2', sus-toniqtt;\a 3', médiante;le i' , sous-dominante ; le h' , dominante: le (i*, sus-dominante; le 7', note snsi/ile; et\e H', oetare.

Gammes nouvelles. — Pour former une nouvelle gamme en prenant pour tonique une autre note que \'ut, il faut que les notes de cette nouvelle gamme soient disposées de la même façon que les notes de la gamme d'ut ; c'est-à-dire, que les demi-tons soient placés: le premier du 3' au 4' degré, et lo second du 7" au IS".

La nouvelle gamme fermera alors le même chant que celui de la gamme à'ut. Pour cela, il faut modifier le son de certaines notes en l'élevant ou l'abaissant au moyen des altérations '^dièse ou bémol;.

Gammes contena:t des notef diésées. — La gamme dont une seul' note estdiésée est la gamme de sol. La note diésée est /a. — La gamme dont deux notes sont diésées est la gamme de ré; les deux notes diésées sont fa et ut. — La gamme dont trois -otes sont diésées est la gamme de la; les trois notes diésées sont /«, nt et .-ol. — La gamme dont 7 "a</e noies sont diésées est la gamme de mi; les quatre notes diésées sont /a, ut, sol et ré ; et ainsi de suite.

On voit: l"quo les gnmmes qui contiennent des notes diésées se succèdent par une pro /rcsston iiscendnnle do quinte en quinte; 'J" que chaque nouveau dièse se présente également dans l'ordre ascendant de quinte en quinte.

Armureou ormniurede In clef [en dihes). — Les dièses qui font partie d'une gamme (do la tonalité) se placent dans leur ordre de succession, immédiatement après la clef, au commencemcmt de la portée, et sur les mêmes lignes ou dans les mêmes interlignes que les noies qu'ils altèrent.

MUSIQUE — 1372

MUSIQUE

Les dièses placés ainsi forment l'armure fie la clef (armure en dièses) et leur effet se continue pendant tonte la durée du morceau, i moins que l'armure de la clef ne soit modifiée. L'armure de la clef (en dièses) indique la tonalité dans laquelle un morceau est écrit : le dernier dièse affectant toujours ia note sensible, la tonique est, pur conséquent, la note placé''- un nemi-tnn rjialrmique au-dessus. Ainsi : avec trois dièses à la clef qui sont fil, ut, et S"/, le dernier dièse étant sol, la tonique est /n, demi-ton diatonique au-dessus. On est donc, avec trois dièses, dans le ton de la.

Gammes contenant des notes /j-nioUsées. — La gamme dont une seule not- est bémolisée est la gamme de fa; la note bémolisée est si. — La gamme dont deui: not^s sont bémolisées est la gamme de si 1? ; les deux notes bémolisées sont si et mî. — La gamme dont D-ois Jiotes sont bémolisées est la gamme de mi l>; les trois notes bémolisées sont si, mi et lu. — La gamme dont ijuafie notes sont bémolisées est la gamme de /o t ; les quatre notes bémolisées sont si, mi, la et ré, etc.

On voit: r que les gammes qui contiennent des notes bémolisées se succèdent par une progression di^scen'laiite de quinte en gi'inle;'i° que chaque nouveau bémol se présente également dans l'ordre descendant de q'ànte en quinte.

Aimure de la clef {en bémoU). — Les bémols qui font partie d'une gamme (de la tonalité) se placent dans leur ordre de succession, immédiatement après la clef, au commencement de la portée, et sur les mêmes lignes ou dans les mêmes interlignes que les notes qu'ils allèrent.

Les bémols placés ainsi forment l'armure de la clef (armure en bémols; et leur effet se continue pendant toute la durée du morceau, à moins que l'armure de la clef ne soit modifiée.

L'armure de la clef (en bémols) indique la tonalité dans laquelle un morceau est écrit; l'avantdernier bémol affectant toujours la tonique, le nom d- t'avant-devnier bémol est aussi, par conséquent, celui de la tonique. Ainsi : avec trois bémols à la clef, qui sont si \>,tin b et la l7,ravantdernier bémol étant mi k mi \> est le nom de la tonique ; on est donc dans le ton de mi t».

Les modes. — On appelle mode la manière d'être de la gamme diiionique.

11 y a deux niodts: le mode majeur et le mode mineur.

La gamme étudiée jusqu'à présent est la gamme

diatonique du mode majeur, ou, par abréviation : gamme mnjeure. Dans la gamme minmrc, les demi-tons sont placés différemment. En jetant un regard en arrière sur la gamme majeure, on remarque: 1" que la tonique et la médi- nte, soitîi^et »iî dans la gamme d'u< majeur, forment l'intervalle de tiera majeure; 2° que la tonique et la susdi^mitumie, soit ut- la dans la mémo gamme, forment l'intervalle de ^ixte majeure.

Dans la gamme mineure celte tierce ei cette sixte sont mineures.

La ii'édinnle et la sus-dominante d'une gamme majeure seront donc abaissées d'un demi-ton chromatique pour former une gamme mineure; par suite de cette modification de la tierce et de la sixte, la gamme mineure contiendra trois demitons diatonii/ues placés entre le 2° et le 3» degrés, entre le 5= et le i,', et entre le "" et le 8=.

La médiante et la sus dom nante n'offrant pas, dans ces deux gammes, les mêmes rapports de distance avec la tonique, constituent les caracières distinctifs des modes, et pour cette raison prennent le nom de notes mo'iates.

Gamaifs relatives. — On nomme gammes relatives deux gammes n'ayant pas la même tonique, dont l'une est majeure et l'autre mineure, et qui, toutes deux, sont formées des mêmes sons, ont la même armure de ta clef.

Ainsi la gamme à'ut majeur a pour gamme relative mineure la gamme de la.

Mais cette gamme mineure offre un point défectueux; le T degré est à un ton du 8% et perd ainsi sa qualité de note sensible, puisque la note sensible ne doit être séparée de la tonique que par un demi-ton diatonique.

Pour rendre à ce 7' degré sa qualité de note sensible, on l'altère en l'élevant d'un demi-ton cliromatique, mais l'altération qui élève le 7* degré de la gamme mineure ne fait jamais partie de l'armure de la clef.

Gamme de la mineur.

altération.

La gamme mineure es une tierce mineure audessous de sa gamme relative majeure et vice versa.

Les deux gammes relatives ayant la même armure de la clef, pour reconnaître dans laquelle de ces deux gammes est écrit un morceau de musique, il faut chercher dans les premières mesures la note qui n'est pas commune aux deux gnmmes.

Cette note est la dominante du mode majeur, qui, dans la gamme mineure, élevée d'un demiton chromatique, représente la. no e sensitde. Donc, si cette note n'esi pas attirée le morceau est dans le mode majeur ; si, au contraire, elle est élevée d'un demi-ton chromatique, le morceau est dans le mode mineur relatif. Ainsi, avec deux dièses à la clef, on est, soit en ré majeur, soit en si mineur. Si le la, dominante de ré majeur, n'est pas altéré, on est en ré majeur; si, au contraire, le la est altéré par un S, on est en si mineur dont la # est la note sensible.

Gamine chromatique. — La gamme chromatique est celle qui ne contient que des demi-tons diatoniques et chromatiques.

Toute gamme majeure ou mineure peut être transformée en gamme chromatique. Cette transformation s'opèi'e en faisant entendre le son intermédiaire qui se trouve entre tous les degrés espacés entre eux par un ton.

ildulatio'i. — La modulation est le changement de ton ou de mode, et, en même temps, la transition au moyen de la(iuolle ce changement s'opère.

MUSIQUE

MUSIQUE

La modulation est déterminée par l'altération d'iiiio, ou do plusieurs noies du ton dans lequel on est. (^es altérations, étrangères au ton que Ion c|uitie, ai'parliennent au ton dans lefiuel on entre. , ,

Si lo ton dans lequel on module n est que passager, on place immédiatement devant les noies qu'ails' allèrent los accidents appartenant à ce nouveau ton. Si an contraire le ton dans lequel on module doit persister pendant un temps assez

noui'elU meswe par de nom-eoiix chiffres qu'on placeraitapros une double barre de séparation. Kx. :

Le chiffre supérieur [numérateur), exprime la qunntilii de valeurs formant une mesure. Lé chif-

, . Ire inférieur (d«?îO";»ia(e'i'-), exprime la çw'ii'i,' de

long, on remplace l'armure de la clef du ton que ^gg valeurs. Ainsi : l exprime une mesure formée

l'on a quitté par celle du ton où l'on module Lg ^^^^ quarts de ronde, cest-idire de deux

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