MYRIAPODES
ressemblent beaucoup d'aspect, mais dont ils se distingucni par uiio quantilc bien plus gmnde do pattes, car elles sont au noujbre de 34 clii^z les niàlos et iO clicz les fenielles, la plupart des douze anneaux en portant deux paires. Ce sont les Gloméris, et l'espèce la plus commune dans le midi de la France est le Giomérii bordé, dont la tfite et les anneaux sont entourés de rouge ; on trouve près de Paris deux autres espèces d'un gris plombi5, dont l'une a les anneaux entoures de blancliâtre.
Les Iules proprement dits ont le corps très long et cj'lindrique, avpc des yeux simples très rapprocliés et de nombreuses et très petites pattes, deux paires par anneau, atteignant jusqu'au nombre de l'JO paires dans certaines espèces, s'inscrant très près les unes des autres en dessous du ventre, ce qui fait que ces myriapodes marchent fort lentement. Sur les côtés du corps, des glandes laissent suinter par des pores un liquide dont l'odeur forte rappiUe celle des gaz nitreux.
Les luios viv^nt sous les mousses humides et les feuilles mortes ; il en est qui se cachent sous les pierres; d'autres habitent sur le bord des eaux, ou dans les terrains sablonneux, ou enfin sous les mottes de terres. Il y a deux espèces très communes partout, sortant volontiers sur les sentiers après la pluie et se roulant sur le sol en spirale plate ou s'accrochani aux écorces des arbres Ce sont le Iule lerrestr , long de 30 il i» millimètres, grisâtre, avec deux raies plus pâles de chaque côté du dos, et le luie iies snô/es, ayant sur le dos une double ligne rougeâtre. Les Iules vivent de détritus végétaux, peut-ê re aussi d'insectes mons. Dans un genre voisin, privé d'yeux, se trouve le Blnniul- à i/otiiteletles, dont le corps est d'un blanc jaunâtre très pâle, avec 74 pattes, les segments ayant presque tous un point rouge de chaque côté, ce qui forme comme deux rangées de gouttelettes. Ce myriapoda est nuisible, car il sh nourrit de fruits qu'il cnuse à l'intérieur eji se cachant par crainte do la lumière, de sorte qu'il les vide de leur pulpe sans qu'on s'en aperçoive au dehors. 11 fait souvent du tort aux cultures des grosses fraises ananas et les perce de trous.
Les Polydesmes sont aveugles, aplatis, avec des anneaux subiectanglts, tronques latéralement et bordés, la plupart des anneaux portant deux paires de pattes, qui sont sous le ventre, mais moins rapprochées que chez les Iules ; aussi les l'olydesmes marchent plus vite. On les trouve dans les lieux humides, sous les pierres, sous les feuilles tombées et autres débris végétaux. Les plus communs sont le J'idi/rtesme aplani, la « Scolopendre à 60 pattes » de Geoffroy, ntrirâtre et chagriné en dessus, d'un blanc cendré en dessous, les pattes rougeâtres, et le Polijdesme à pattes pâles, dont les anneaux ont une couleur ferrugineuse, avec deux points jaunâtres.
Scolopenhhes. — La tête est large et le corps toujours aplati; les segments n'ont jamais qu'une paire de pattes rejeiées latéralement, ce qui permet une marche rapide; les mandibules sont très fortes, aiguës et en faucille; la seconde paire de mâchoires offre à sa base une paire de crochets acérés, ayant près de la pointe un trou par où coule le venin d'une glande interne, appareil tout à fait analogue aux chélicères venimeux des araignées; les ouvertures pour la ponte des œufs sont situées à lextrémilé anale de l'abdomen, comme chez les insectes. La plus grande partie des scolopendres sont des articulés carnassiers, destructeurs d'insectes, de larves, de limaces, par suite très utiles ; l'instituteur doit recommander le respect de ces animaux aux enfants, qui sont toujours tentés de les écraser en raison de leur aspect bizarre, parfois effrayant.
Les Scolopendres proprement dites ont des
a;;neaux égaux et vingt et une paires de pattes, les dernières plus longues et plus fortes; il y a des assemblages dyeux lisses. Dans l'extrôme midi de la France et en Algérie se trouve la Seolopemire mordante, de 70 à 75 millimètres, d'un ferrugineux verdàtre, très carnassière d'insectes; elle mord fort ementavec ses mandibules, en même temps que la piqtire de ses crochets cause une douleur très vive, suivie d'enllure locale, sans véritable danger pour l'homme ; on dit, en revanche, que les énormes scolopendres des pays chauds ont une piqiire très redoutée, causant de graves accidents à l'homme.
Les Lithobies (c'est-à-dire « vivant sous les pierres ») présentent en dessus des plaques dorsales carrées, ahernativement plus grandes et plus petites, oITiant quinze paires de pattes et des yeux simples agrégés. L'espèce la plus commune, répandue dans toute la France, est la Lilhnhif à leninlle, d'un brun tantôt roussàtre tantôt noirâtre, devant son nom â ses fortes pattes de deriière, simulant uno tenaille Elle mord, mais faiblement et sans danger; dans son jeune âge elle est comme étiolée, car elle vit alors dans des lieux très obscurs. On la trouve sous les pierres, sous les écorces humides, sous les pots à fleurs, dans les fissures des vieilles charpentes, et elle est carnassière. D'antres utiles carnassiers sont les Cryptops (« œil caché »), qui ont les yeux nuls ou non apparents, les derniers segments épineux, et vingt et une paires de pattes, dont les dernières sont plus fortes ; nous avons plusieurs espèces à pattes poilues, ferrugineuses sur le dos, plus pâles on dessous, vivant surtout dans le bois pourri et sous les écorces, et qui sont fréquentes dans les jardins.
LesScutigères (" porte-écusson ») présentent de longues antennes grêles comme des fils, et des yeux composés, à nombreuses facettes, analogues à ceux des crustacés supérieurs; le corps, proportionnellement plus court que celui des genres précédents, est recouvert en dessus do huit plaques, ou boucliers, tandis qu'en dessous sont quinze demi-segments portant une paire de pattes, terminées par un tarse grêle et très long, formé d'un gr.nnd nombre d'articles; les dernières paires de pattes sont plus longues et plus fortes que les autres. Ce genre est ^epro^enté par une espèce nommée la Sctitigére ardiiéfid'', longue de 4 centimètres en\iron, d'un jaune roussâire ou couleur de cire, avec trois lianes bleues longitudinales sur le dessus du corps, les pattes très longues et très grêles, surtout les dernières, portant des bande» bleues. Ce myriapode, répandu du nord de l'Europe jusqu'au nord de l'Afrique, perd ses pattes avec la plus grande facilité si on cherche â le saisir ou seulement si on le lait tomber, et leurs articles restent quelque temps agités de mouvements convulsifs, comme les longues pattes arrachées aux Faucheurs (V. Arac/niid's). On croirait voir une araignée à pattes multiples, quand on aperçoit ce bizarre animal dans sa course rapide ; il vit dans les celliers, les granges, les greniers inhabités, les vieilles charpentes, et nous est très utile en dorinant la chasse aux insectes qui rongent les bois ouvrés et surtout à leurs larves dites Vers de buis. Il détruit encore les chipories dans les serres.
Les Géophiles(" amis delà terre »; ont la tête â peu près triangulaire, et dépourvue d'organes de vision, le corps démesurément long, avec des segments et dos pattes très nombreux, parfois plus de trois cents; ce corps est déprimé et s'élargissant peu h peu jusqu'à une certaine distance de la tôle. Bien que les pattes soient petites, leur insertion très latérale permet aux Géophiles une course rapide dans une reptation ondulée qui rappelle les serpents ; souvent on les voit grimpant sur une crête et la dépassant, la moitié antérie.uro du corps descendant, tandis que l'autre monte. Los Géophiles vivent le plus ordinairement dans l'humus du
MYIVTACEES
MYRTACEES
sol, ce qui est en rapport avec leur nom; on les trouve sous les pierres, dans les trous des vieux murs, sous le fumier et jusque dans les liabitations.Iis reclicrclient encore les endroits liumides, le bord des ruisseaux, les bosquets touffus, le pied (les arbres et les mousses. D'après une croyance populaire, ces animaux s'introduisent dans les narines des personnes endormies, séjournant dans les fosses jiasales et y amenant de graves désordres. Les journaux de médecine rapportent même des cas paihologiques de ce genre où d'intolérables douleurs cessèrent après que le géophile l'Ut éié expulsé da nez. Nous ne trouvons pas à ces récils, qui portent cependant le caractère d'une parfaite bojine foi, une autlienticité suflisante, car ils proviennent de personnes qui ne bontpas babituées aux observations précises.
Certains Géopliiles sont nuisibles, car ils pénètrent à l'intérieur des fruits conservés dans les garde-mangers et les rongent; parfois on ne peut réprimer un mouvement de dégoût, presque d'effroi, quand on voit sortir brusiiuement d'un beau fruit qu'on porte à la boucbe une sorte de petit serpent jaunâtre', couleur babituelle des Géophiles. L'espè e qui attaque principalement les fruits, surtout les pèches, les prunes et les abricots, est le Gé phile cnrpop/mge, long d'environ .S centimètres, marqué sur tout le dos d'une ligne d'un brun violet boi'dée de jaunâtre, la tète et la région anale jaunâtre, il faut placer auprès des
A ces premiers caractères on peut encore ajouter la courbure de lembryon et son Kfand volume ; la consistance du tégument séminal de la graine, et la présence constante de résines odorantes dans les feuilles de ces plantes. Les Myrtacées se rapprochent beaucoup des Granatées et des Calycantliées. M. Brongniart a réuni ces trois familles dans sa classe des Myrtoïdées.
Caractères botaniques. — La graine des myrtacées nous présente ne dehors en dedans : 1° un tégument séminal crustacé extrêmement dur, ligneux, très résistant. Ce tégument acquiert son maximun de puissance dans les beriholleiia, dont les graines se vendent sous le nom de noix de Hié'il; 2° un embryon très volumineux, charnu, gorgé de matières grasses. Cet embryon est en général très fortement courbé sur lui-même ; dans les bertholletia et les barringtonia, il est souvent fort difficile de mettre en évidence ses deux cotylédons ; à plus forte raison ne peut-on pas montrer sa gemmule. Dans un peut nombre de myrtacées. la graine présente, en plus des deux parties ci-dessus mentionnées, un albumen; cet albumen toutefois n'acquiert qu'un faible développement.
La germination de la graine des myrtacées n'offre aucune particularité digne d'être notée. La racine des myrtacées est pivotante, toutefois le pivot se développe peu ; en revanche la racine se ramifie abondamment. Toutes les raci-
Iruits des feuilles de chou repliées en quatre, où nés des myrtacées sont extrêmement contourse loge ce millepied, et le détruire. 11 y a des [ nées; leur écorce, très épaisse, est très riche en Géophiles qui deviennent pliospliorescents dans principes actifs; plusieurs de ces écorces contienl'obscurilé à certaines époques, la lueur prove- nent aussi des glandes qui sécrètent des matières nant de l'exsudation, surtout entre les anneaux et fortement colorantes.
sous le ventre, d'une substance qui éprouve a ] La lige des myrtacées est généralement lilair une combustion lente et laisse une raie lu- gneuse, elle peut acquérir un très grand dévemineuse après les corps sur lesquels l'animal a loppemcnt en hauteur et en diamètre; c'est ainsi marché; c'est tout à fait analogue à ce qui se [ que dans les eucalyptus de la Nouvelle-Hollande, produit sous le ventre des vers-luisants IV. Co- \ on voit cette tige atteindre une hauteur de 130 mètéoptèrfs). L'espèce qui présente principalement , très et une circonférence de \i mèiros. Selon les cette propriété est le Géup/nle é.ectnque, ainsi espèces, le bois des myrtacées est tendre et blanc, nommé parce qu'il sort surtout de dessous les comme dans Ihs eucalyptus, ou au contraire mottes de terre après les orages. A peu près de dur, veiné et colore, comme dans les myrtes. Le la longueur de l'espèce précédente, il est en entier bois des myrtacées est toujours fortement impréd'un jaune d'ocre, l'extrémité de la tête blanchâ- gné de matières résineuses. Cette circonstance tre, et en arrière de celle-ci un collier jaune rou- i donne h ces bois une grande valeur, car elle geâtre ; les pattes sont assez longues et celles de les rend presque imputrescibles, et surtout les la dernière paire plus grosses. La phosphores- | met à l'abri des attaques des animaux perforants, cence paraît exister aussi, mais moins régulière- Ceux des bois des myrtacées qui présentent une ment, chez le Géophile phosp'ioré et parfois chez certaine dureté sont recherchés pour l'ébénistele Géophile carpophage. Une espèce très remar- |rie; plusieurs sont utilisés par la parfumerie à quable est le Géophiie de Wolckenaer, long de cause de leur oileur suave. L'écorce de la tige plus de deux décimètres, ayant jusqu'à 326 pattes, : des myrtacées est presque toujours lisse, sèche ; le premier tiers du corps et la tète d'un jaunâtre elle est assez mince. Lorsque la décortication se pâle, le reste d'un brun ferrugineux, sauf le der- produit, les pellicules de rithydome qui se fornier anneau qui est jaune comme la tête; il y a ment se réduisent à de très petites écailles qui se comme des traînées sanguinolentes le long du détachent très peu de temps après leur formation, corps Ou a rencontré cet énorme millepied dans \ Toutes les écorces des myrtacées sont gorgées de des jardins de l'intérieur de Paris, sous le fu- j baumes et de résines que l'on peut extraire par mier, sous les pierres et dans la terre; on le des incisions longitudinales, trouve aussi dans les appartements et surtout \ Les feuilles des myrtacées sont simples, endans les ateliers et magasins de bois des éb^nis- | tières, persistantes; presque toutes sont couvertes, qui l'appellent le « roi des scolopendres ». Nous tes. au moins supérieurement, d'un cmluit cireux sommes portés à supposer que cette espèce n'est ' parfois très épais. Ces feuilles ne portent de stopas indigène, mais a été introduite cachée dans 1 mates que sur leur face inférieure. Dans lesjeuies fissures des bois d'ornement exotiques. } nés eucalyptus, les feuilles sont de tous points
Les instituteurs verront, par les ext-mples qui semblables à la description qui précède ; à un âge précèdent, qu'ils peuvent tirer des sujets de le- plus avancé, à ces premières feuilles en succèdent cens dites de c/iose<, même de l'élude des ani- d'autres qui, au lieu d'être insérées sur la tige maux les plus dédaignés et qui appellent le moins horizontalement, sont insérées verticalement; de l'attention. [Maurice Girard.] telle sorte qu'au lieu de recevoir les rayons solai-
SiYIlTACEES. — Botanique, XXII. — Klym. : res de face, ceux-ci frappent la feuille de champ. Wyrtacéps est tiré du nom grec nii/itos qui dési- Ces feuilles insérées verticalement sont croiton. gne l'arbre que nous appelons myrte. ; des feuilles ordinaires réduites à leur pétiole; on
Dépniti'n. — Les Myrtacées sont des plantes les nomme phyllodes. La surface feuillue des dicotylédonées à étamines nombreuses, insérées myrtacées est extrêmement étendue, grâce au sur l'ovaire; à ovaire pluriloculaire et pluriovulé. grand nombre des feuilles de chaque branche et -i