MYRTACÉES
MYRTACEES
1 aljondaïUo ramification des brandies de la tige. \ cotm grande surface fouillée correspond une Iri's grande aciivilé Iranspiratoire, et par suite la Ki'aiide surface feuillue dés myrtacces fait de ces végétaux dos agents de dessèchement des marais, 'l'outos les fouilles des myrtacées produisent en al)ondanco dos matières résineuses très odorantes <'.os matières résineuses sont sécrétées par des glandes spéciales très petites, closes de toutes parts. I.eur forte réfringence permet de les dislingnei- il l'œil nu par transparence h travers la feuille, comme auiant di' petits points blancs.
Les fleurs des myrtacées sont le plus souvent solitaires et liermaplirodites. Chaque fleur comprend ordinairement, de dehors en dedans : 1° un calice à cinq dents, coloré, persistant, d'une consistance assez grande. Ce calice se voit encore sur lo fruit mûr, comme une sorte de couronne de consistance ligneuse; 2" une corolle à cinq pièces. Chaque pièce est insérée sur un bourrelet qui borde intérieurement la base du calice. Dans quehjues myrtacées la corolle fuit défaut; on môme temps aussi les dents dn calice sont caduques. Dans les eucalyptus, qui peuvent servir de type à ces myrtacées anormales, les dents du calice soudées supérienrcment forment une sorte de calotte qui se détache au moment de la floraison ; .3" un androcée formé d'un nombre considérable d'étamines généralement égales entre elles. Dans le conroupita, un certain nombre des étamines surpassent, de beaucoup les autres par la longueur de leurs filets. Dans les beauforlia, chaque filet staminal se divise en un certain nombre de filaments plus gièles dont chacun porte h son extrémité une anthère biloculaire. Les an hères sont fréquemment fortement colorées en orangé ; 4° un gynécée qui se réduit Ji un pistil trilocul..ire ou tétraloculaire, toujours nettement infère. Le pistil est surmonté d'un style simple, lequel se termine supérieurement par un stigmate sphérique. Chacune des loges de l'ovaire prési'Ote, dans son angle intérieur, un placenta charnu hémisphérique dont la surface est toute couverte d'ovules. De ces ovules, les supérieurs seuls se développent et sont fécondés: les inférieurs s'atrophient et demeurent stériles. Les uns et les autres acquièrent pourtant un tégument ligniux; les ovules fei-tiles se distinguent aisément des autres par leur «rande taille et leur forme allongée. Tous ces ovules ont deux téguments, tous sont anatropcs.
Le fruit des myrtacées présente toujours des parois épaisses et une consistance assez grande. Dans les myrtes, ce fruit est une sorte de baie. Dans les eucalyptus, le fruit, arrondi ou tétragone, a la consistance du cuir; ses parois sont gorgées de résine. Dans les bertholletia et les conroupita, le fruit en se développant prend un très grand volume; ses parois acquièrent une consistance ligneuse telle qu'il faudrait employer la liache pour les ouvrir.
Les dranalée' diffèrent des myrtacées par leur ovaire à deux étages de loges, l'étage supérieur est tétraloculaire, l'étage inférieur est triloculaire. A cet ovaire succède un fi'uit tout particulier, nommé balauste ou grenade. Ce fruit présente une coque papyracée, un certain nombre de loges, et dans cha(|ue loge des graines dont le tégument est mi-partie ligneux et mi-partie charnu. La pulpe rosée et sucrée qui recouvre la graine des grenades a pour but d'assurer la dissémination de es graines par les oiseaux. L'embryon des granatées est fortement plissé dans l'intérieur de leur graine. La famille des granatées ne contient qu'un seul genre, le genre Punica ou grenadier.
Les Cribjcanlhées se distinguent des myrtacées et de> granatées : i" par l'apparition précoce de leurs fleurs qui se montrent en môme temps que
leurs feuilles; 2" par le grand nombre des pièces do leur calice; 3° par leur corolle h neuf pétales ; i' par leurs étamines au nombre de cinq seulement; 5" enfin, par leur gynécée composé de dix carpelles presque indépendants les uns des autres. Chacun de ces carpelles se transforme en un fruit qui est un achaine comparable à ceux de la benoîte. Tous ces caractères font des calycanthées un type intermédiaire entre les myrtacées et les rosacées.
Usages des Myrto'idèes. — Un grand nombre de Myrloidées fournissent il, l'homme des produits dont il tire parii pour son alimentation, pour son industrie, ou comme médicament. Nous nous born-rons h ciier les genres principaux.
Les eucalyptus, grands arbres originaires de l'Australie, fournissent d'excellents bois de construction; les feuilles de ces plantes, macérées dans l'alcool pendant un certain temps, donnent une liqueur aromatique qui peut remplacer l'absinthe. La croissance de l'eucalyptus est des plus rapides. En quelques années, un eucalyptus, venu do semis, devient un grand arbre, (À>tte plante a été transportée de ,son pays d'origine daii,j l'Inde, dans l'Amérique, en Alg('"rie,et môme en Provence. Partout l'eucalyptus a prospéré et, dans un temps très court, a provoqué le dessèchement dés marais et par suite l'assainissement des localités où il a été planté. C'est ainsi que les environs de Bouffarick en Algérie, qui éiaient considérés autrefois comme un foyer d'infection etde miasmes pestilentiels, sont devenus l'un des points les plus sains et les plus riches de l'Algéri-, grâce aux plantations d'eucalyptus qui y ont été faites. Dix années ont suffi à la transformation de ce pays jadis inliabitable. Les eucalyptus plantés :i lioufl'arick, il y a trente ans à peine, sont aujourd'hui des arbres gigantesques. A l'heure présente le gouvernement italien entreprend le dessèchement et la désinfection des Marais Pontins en ayant recours à des plantation» d'eucalyptus.
Les melaleuca.en particulierle M-lalewa minor, originaire des îles Moluques, et le ,1/. viridiflora, originaire delà Nouvelle-Calédonie, fournissent par la distillation de leurs feuilles fraîches une huile aromatique verte. En vieillissant cette substance perd sa coloration verle: par fraude on lui rend sa coloration primitive à l'aide du chlorure de cuivre. L'huile de melaleuca est connue sons le nom de liuile de Cnjp.pui. Abandonnée il l'air pendant un certain temps, elle perd son odeur première et conserve une odeur spéciale qui rappelle à s'y méprendre celle de l'essence de rose faible; au-si la plus grande partie de l'huile de Cajeput est-elle utilisée pour falsifier l'essence de rose liquide.
Les Myrtiis de la Grèce, de l'Italie, de la Provence et do l'Espagne ne sont guère utilisés que comme arbrisseaux d'ornement. Jadis le myrte était consacré il la déesse Vénus; exceptionnellement on en faisait un attribut de iVlinervc. Les feuilles de myrte servaient à préparer une eau aromatique très usitée contre les maladies des yeux. Le Mi/rtus pimenta ou Ewjeniii pimenUi est un arbre de la Jamaïque. On le culiive avec grand soin dans les Antilles- on le plante en bordure le long des promenades; son feuillage dure toute l'année. Toutes ses parties sont aromatiques et sont usitées dans son pays d'origine. Nous n'en recevons que les fruits secs; ce sont de petites baies sèches de la grosseur d'un pois; leur surface est toute couverte de tubercules. Chacun de ces tubercules du piricarpe esi formé par une glande. Les fruits du Myrtiis pimenta possèdent une odeur très forte et très agréable qui tient h. la fois du girofle et de la cannelle : aussi lui a-t-oii donné les n(nns de ont'' épve et de pinu-nt de In Jmn. ïqw. Le piment Talicirjd, qui nous vient du Mexique, est formé par les fruits du Myrtus ati-is. Le poivre de