MYTHE, MYTHOLOGIE — 1384 — MYTHE, MYTHOLOGIE
Chevet on piment couronné ou poivre de Sai7lt- Viiicenl provient du Myrtus pimentoides.
Les psidiuni ou goyavierb, les jambosa ou jambosiers, les josséiiia ou néfliers de l'île Maurice produisent des fruits très estimés à cause de leur saveur très parfumée, acidulée et sucrée. On les conserve en marmelade.
Les couroupita de la Guyane sont de très grands arbres, dont le bois est fort rcclierclié pour les constructions. Les couroupita produisent un fruit dont la grosseur peut atteindre celle d'une tête d'enfant; son poids dépasse parfois 5 kilogrammes. Il est gorgé d'une pulpe sucrée acide très agréable. Ces fruits sont très rechercbés par les naturels du pays.
Les quatelés de la Guyane ou Leiythis sont des arbres très semblables aux couroupiias et servent aux mêmes usages. Leurs fruits, nommés marmites de singe, consistent en une capsule ligneuse très épaisse, en forme d'urne, pourvue vers le milieu de sa hauteur d'un bourrelet proéminent. I. a partie supérieure de ce fruit est formée par un opercule conique qui se prolonge en un axe quadrangulaire. C'est à la base de cet axe que sont fixées les semences, peu nombreuses. A la maturiié, l'opercule se détache tout seul, et les e;raines sont mises en liberté. L'amande enfermée dans la graine est très riche en matières grasses ; au Brésil et à la Guyane on en retire une huile très recherchée aujourd'hui pour la fabrication des savons communs.
Les juvia, touka ou chûtaigniers du Brésil sont de très grands arbres originaires des bords de rOrénoque. On les cultive aujourd'hui en grand à Cayenne et dans tout le Brésil. Ces arbres, outre leur bois qui est très estimé, nous fournissent des fruits volumineux qui rappellent beaucoup ceux des lecythis. Les graines qui sont enfermées dans ces fruits sont très volumineuses. On les nomme châtaignes du Brésil ou noix de Para. L'amande qu'elles contiennent est très riche en matières grasses. M. Correnwinder, qui le premier a fait l'analyse de cette graine, y a trouvé jusqu'à 60 p. 100 de matières huileuses. L'huile que l'on retire des graines des noix de Para est de très bonne qualité; elle peut rivaliser avec l'huile d'olive. Le nom botanique des juvia est liertlndtelia excelsa.
Le Ciiryophi/tlus aromaticiis ou girollier est un arbre originaire des îles Moluques, d'où il a passé dans l'Ile Bourbon vers 1710. Deux ans plus tard Il était transplanté à Cayenne; de là il a gagné peu à peu toutes jios autres colonies. Le giroflier produit le girofle du commerce. Les clous de girofle sont formes par les fleurs du giroflier cueillies avant que leur corolle, qui est caduque, ne se soit détachée. Les fleurs de girofle sont sécliées au grand soleil sitôt après la cueillette. Le girofle, soumis à la distillation, en présence de l'eau, fournit une huile lourde dont on retire l'essence de girofle. Cette dernière substance est très employée en parfumerie.
Les Pumca ou grenadiers sont originaires de la Mauritanie ; c'est de là que leur vient leur nom botanique, qui rappelle les Carthaginois. Les grenadiers sont cultivés aujourd'hui sur tout le littoral méditerranéen et dans toutes les régions tempérées du globe. La racine fraîche du grenadier est un puissant vermifuge ; de tous les remèdes employés contre le taenia, c'est de beaucoup le plus prompt et le plus efficace; mais il importe que la racine soit employée toute fraîche. La pulpe sucrée du fruit est fort recherchée. L'écorce du fruit est employée par les tanneurs comme succédané de l'écorce do cliêne; cette écorce est alors désignée sous le nom de malicor.
L'écorce du Cnli/c- nt/iui /loridui est employée en Amérique comme tonique stimulant.
[C.-E. Bertrand.]
MYTHE, MYTHOLOGIE. — Mythe (du grec
mythns, récit, conte; plus tard, liciion, fable) est le nom commun de ces anciens récits traditionnels que l'on trouve à l'origine de toutes les histoires et que l'on peut ranger en deux genres: ou bien ils décrivent des faits de l'oidre naturel, mais interprétés comme des exposants de drames divins ; ou bien ils incorporent une idée morale dans une forme historique et dramatique. Dan& les deux cas, ce qui est permanent, ou fréouent, ou périodique, dans la nature et dans l'humanité, est ramené à un événement accompli une foi» pour toutes, et le drame, bien que fictif, est tenu pour réel. — La Mythologie est ou bien la science qui s'occupe de rechercher l'origine, le sens et les ramifications de ces mythes divers, ou bien leur simple exposition.
Il n'y a pas encore très longtemps que cette notion du mythe est acquise à la science. Notre littérature classique ne la connaît pas. Pour elle» il n'y a que les deux catégories de l'histoire réelle et de la futile inventée à dessein, avec la claire conscience qu'elle n'est qu'une fiction. Il a fallu les recherches approfondies qui se sont faites ^ la fin du siècle dernier en France et surtout en Allemagne sur le terrain de l'histoire religieuse, pour qu'on découvrît la vraie nature des récits mythiques, lesquels ne sont ni des histoires ni des fables, ne racontant ni des faits réellement accomplis comme les premières, ni des faits d'invention arbitraire et voulue comme celles-ci.
Toutes les religions de l'antiquité sont plus oti moins mythiques. La mythologie la plus connue parmi nous est la mythologie grecque, bien que les noms par lesquels nous désignons les divinités mythologiques soient latins (Jupiter, Junon, Neptune, Diane, Mercure, Mars, Minerve, Vénus, etc.). Cela tient d'abord à ce que la mythologie grecque, plus riche et plus belle que la mythologie latine, se répandit de bonne heure en Italie et se fusionna avec celle-ci, mais en lui donnant beaucoup plus qu'elle n'en reçut ; puis, la conquête romaine apporta dans notre Gaule cette religion gréco-latine qui absorba, chez nous aussi, bon nombre d'éléments de la vieille religion gauloise, en les frappant à son empreinte, mais toujours avec la prépondérance marquée de la mythologie grecque; enfin la littérature et les beaux-arts en maintinrent le souvenir en lui empruntant toute sorte de sujets dont la poésie, la peinture, la sculpture, le théâtre profitèrent beaucoup. Mais il ne faut pas considérer cette mythologie classique comme la seule existant autrefois. Toutes les nations, non seulement la Grèce et l'Italie, mais encore la Germanie, la Perse, l'Inde, la Chine, I Egypte, les peuples dits sémitiques (Chaldée, Assyrie, Phénicie, Arabie. etc.1, noire Gaule, les populations indigènes de l'Amérique, celles de l'Afrique et de la Polynésie, etc., ont eu ou ont encore leur mythologie distincte. Nous supposons dans ce qui va suivre que nos lecteurs connaissent, au moins en gros, les principaux récits de la mythologie gréco -latine ou classique.
Comment se sont formés les mythes ?
Pour le comprendre, il faut se reporter en imagination aux âges de la complète ignorance, quand l'homme commençait seulement à sortir de la vie purement instinctive et à jeter un regard curieux sur le monde. Il fut alors, comme nous l'avons tous été dans notre enfance, porté à animer, à personnifier, à dramatiser les choses inanimées. L'enfant croit aisément que sa poupée ou son cheval de bois sont dos êtres animés. S'il se fait mal en se heurtant contre une chaise, cette chaise est méclionte et il la bat pour la punir. La lune lui fait l'efTet d'une tête humaine qui le contemple. C'est dans un état d'esprit tout semblable que l'homme regarda primitivement les phénomènes ! de la nature. Dans l'éclair il vit tantôt les replis