‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (volume 2)Chapitre 176 sur 459 · NIVELLEMENT · texte numérisé non relu

NIVELLEMENT

NOM

hauteurs analogues obtenues à la seconde station, entre M et N ; /14 et A5 les hauteurs lues à la troisième station, entre N et P; et ainsi de suite.

Les différences successives entre les cotes seront /(o ~ ''11 Ih— ''3. ''» — ''5. etc.; la différence totale sera donc:

Aj — /(, + //. — //3 + /,j — /(5 + etc.,

ou, ce qui revient au même,

(//o-f/ij + Ai + etc.) — (/(,4-;,3 + /,. + etc.),

c'est-à-dire la somme des coups arrière diminuée de la somme des cuups avant, en entendant par i:oiip de nivfiau la hauteur lue sur la mire.

Le point B sera au-dessus ou au-dessous de A suivant que cette différence totale sera positive ou négative. Si elle était nulle, les points A et B seraient au même niveau.

11 est bon, surtout lorsque le nombre des stations intermédiaires est considérable, de vérifier l'opération en allant de B vers A, si l'on a été d'abord de A vers B ; en théorie, les deu.\ opérations devraient donner la môme différence de cote, au signe près. Il est rare qu'on obtienne cette précision ; mais si les deux résultats ne diffèrent que de 1 à 2 décimètres par kilomètre, quand on a opéré avec le niveau d'eau, ou de I à 'i centimètres quand on a opéré avec un niveau plus précis, on regarde l'opération comme suffisamment exacte, et l'on se contente de répartir l'erreur également sur toutes les cotj'S, sauf la première. ;-i l'erreur était plus considérable, il faudrait reprendre les opérations.

3. — Pour tenir une note exacte des opérations parlielles, on ouvre d'oidinaire un registre spécial qui porte le nom de registre de niveliernent. Il se compose de " colonnes. La 1" contient les numéros d'ordre des points successivement observés. Les 2* et 3' reçoivent lis hauteurs de mire observées, savoir les coups arrière dans la 'l' et les coups avant dans la 3«. Les 4° et i>' colonnes sont affectées aux différences entre les coups arrière et avant; ces différences s'inscrivent dans la i' colonne si elles sont positives, et dans la 5'^ si elles sont négatives. Les cotes déduites de ces différences s'inscrivent dans la B' colonne, en tète do laquelle on a eu soin d'inscrire la cote, donnée ou arbitrairement choisie, du point de départ de l'opération. La V colonne est réservée aux observations.

■i. — Il est rare que, dans les opérations d'arpentage proprement dit, on ait besoin de faire connaître exactement le relief du terrain sur lequel on opère; mais il est utile cependant que l'arpenteur ait quelques notions sur la représentation de ce relief. L'élément principal de cette représentation consiste dans les courbes horizontales.

Supposons le terrain coupé par un plan horizontal : l'intersection de ce plan avec la surface du terrain jouira de cette propriété que tous ses points auront la même cote. Et réciproquement : si l'on réunit, par une ligne droite, ou brisée, tous les points du terrain qui ont la môme cote, cette ligne sera une ligne horizontale.

Pour se procurer une pareille ligne, on se place, muni d'un niveau d'eau, ou d'un instrument plus précis, en un point du terrain dont la cote soit connue; on règle le voyant d'une mire de telle sorte que son centre soit à une hauteur, au-dessus du lalon, égale à la hauteur du niveau employé. On fait porter cette mire sur le terrain, et on fait varier sa position jusqu'à ce que, en visant avec le niveau dans sa direction, le rayon visuel passe par le centiedu voyant; on est sur alors que le point où repose la hiirea la même cote que le point où l'on stationne; et on y fait planter un piquet Sans changer de station, on fait une série d obser-

vations analogues, en variant la direction horizontale de la visée; on obtient ainsi sur le terrain autant de points que il'on veut ayant la même cote que la station ; on lève, à la planchette, le plan des piquets qui ont été plantés; par les points obtenus on fait passer une courbe continue; c'est la courbe horizontale correspondante à la station choisie. On détermine de la môme manière les courbes horizontales qui correspondent à d'autres stations. En général on les choisit de manière que les courbes horizontales obtenues soient équidistantes, de 5 mètres en .S mètres, de 10 mètres en 10 mètres, suivant l'étendue et le relief du terrain. L'ensemble de ces courbes suffit pour donner tine idée de ce relief.

5. — On associe aux courbes horizontales deux autres espèces de courbes.

En premier lieu on trace une série de lignes rencontrant à angle droit toutes les courbes horizontales successives; ces lignes, auxquelles on donne le nom de hachures, expriment des pentes d'autant plus grandes que la portion comprise entre deux courbes horizontales consécutives est plus petite; et le rapport de cette portion de hachure à la distance connue des deux courbes horizontales, sert de mesure à la pente moyenne entre ces deux courbes.

On fait aussi usage de ce qu'on appelle des profils. Si l'on suppose, par exemple, que le terrain soit coupé par un plan vertical, l'intersection sera un profil; et, connaissant les projections horizontales et les cotes d'un nombre suffisant de points de cette courbe, il sera facile d'en obtenir la représentation à une échelle quelconque. Au lieu d'un plan vertical, on peut employer un cylindre à générations verticales, et, en opérant de même manière, on se procure le profil du terrain la suivant une courbe quelconque tracée sur ,sa surface.

On multiplie les profils, soit rectilignes, soit curvilignes, de manière à obtenir tous les renseignements nécessaires pour la représentation du relief.

De plus amples détails sur ce sujet appartiendraient à la topographie plus qu à l'arpentage. [H. Sonnet.]

NOM ou SUBSTANTIF. — Grammaire, L\. — Le uom (en latin, nomen, et, en grec, onoma ou O'it/iii'i) est le mot qui sort à désigner les personnes et les choses. Les Latins appelaient le nom sutjstantivuin quand il désignait des individus, tandis qu'ils le nommaient (idjectivum, quand il servait à exprimer leurs qualités. De ces deux catégories de noms, nous avons formé deux espèces de mots distinctes : i'adj-'clif et le substnnlif. Mais ce terme .substantif, dont le sens précis est assez difficile ù saisir pour les enfants, et qui d'ailleurs ne répond pas toujours exactement à l'usage pour lequel on l'avait créé, s'emploie de moins en moins dans nos classes, et finira bientôt par céder la place à ce mot si simple, le nom, qui est beaucoup plus juste et beaucoup plus familier aux élèves.

Noms propre.i. Noms conimuiis. — Au point de vue de la compréliension, c'est-à-dire du nombre des individus auxquels un même nom peut s'appliquer, on distingue deux sortes de noms : le nom prupre et le nom commun. Le num /riipre (du latin pro- /j//«.>-, qui appartient à un seul, qu'on ne partage point avec d'autres) est celui qui ne désigne qu'une seule personne ou une seule chose. Exemples: Adam, Eve, faris, tu Heine, les Alpes.

Au contraire, le nom coinniun (du latin commuhis, qui appartient à tous) est celui qui désigne tous les individus de la même espèce. Tels sont homt/'C. f'tmme, ville, fleure, qui peuvent se dire indifféremment de toics les hommes, de toutes les femmes, de loules les villes et de tous les fleuves.

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La compréhension dos noms, quii'tait très étroile il l'oripine, qu.iiid on ne. connaissait qu'un individu, ou que quelques individus d'une espèce, s'est élargie avec le progrès des connaissances, et voici ce que dit Condillac de cette transformation des noms pi op'-es en noms cutinnuns :

« Si nous n'avions pour substantifs que des noms propres, il les faudrait multiplier sans fin : les mots, dont la multitude surchargerait la mémoire, ne mettraient aucun ordre dans les objets de nos connaissances, ni, par conséquent, dans nos idées, et tous nos discours seraient dans la plus grande confusion. On a donc classé les objets, et les substantifs, qui étaient des noms propres, sont devenus des noms communs, lorsqu'on a remarqué des choses qui ressemblaient à celles qu'oJi avait déjà nommées. (Condillac, Grammriire, 11" partie, ch. i''.) n

Les enfants demandent quelquefois si des noms tels f\\iA.exnndie, < hurles, Heiin, qu'ils trouvent employés pour désigner des individus nombreux et différents, sont des noms propres. On leur fera facilement comprendre que ces noms ne peuvent être des noms communs, on appelant leur attention sur le sens exact de ce terme, et en leur disant qu'un nom cutnrnun doit pouvoir s'appliquer à n'importe quel individu de l'espèce à laquelle il appartient.

Noms concrets, noms abitraits. — Lorsqu'un objet se présente à nos regards, nous remarquons en lui un certain nombre de manières d'être. Sa couleur nous révèle sa forme et son étendue; le toucher peut aussi nous apprendre s'il est lisse ou rugueux, dur ou mou, etc. Je vois un arbre, par exemple ; il me parait gris ou vert, suivant la saison ;il est petit ou grand, mince ou gros, élancé ou touffu. C'est parce que ces qualités se <lé<eio,,pent en quelque sorte nvec ('■oitcrescunt) l'objet que l'on considère, qu'on a appelé noms concrets ceux qui désignent des objets considérés avec l'ensemble de leurs qualités. Ainsi, arlire, jnrd'n. maison. Iinmine, sont des nous concrets, puisque leur aspect révèle une quantité plus ou moins considérable de manières d'être. C'est à ces noms concrets seulement que peut convenir la dénomination de substiiiiti/<, puisque les obiets qu'ils désignent sont les seuls qui éveillent dans notre esprit l'idée d'une su'.staiice, c'est-à-dire d'une sorte de fond qui semble se tenir sous (sub-sture) ces qualités et leur servir de base et d'appui.

Mais, parmi toutes les manières dètre d'un objet, je puis en considérer une isolément, et la détacher (a/,s/)-«//e/<') en quelque sorte, par une opération de mon esprit, de l'objet auquel elle appartient. Ainsi que je sois frappé, par exemple, des dimensions que présente le tronc de l'arbre que j'examinais tout à l'heure, je dirai : <. la ç/rosseur et la hauleur de cet arbre m'ont étonné. » J'a,i ainsi abstrait, c'est-à-dire détaché deux manières d'être de l'arbre ; je puis aller plus loin encore, je puis prêter, en quelque sorte, une existence indépendante à ces produits de l'abstraction, et dire : « La qnmiteur et l'éMimtion frappent vivement tous les hommes. » On appelle, en conséquence, noms abstraits ceux qui, comme qrnncleur, élévation, désignent des nianif'res d'être séparées de l'objet auquel elles appartenaient.

Noms collertifs. Les noms collertifs (du latm lollectum, supin de colnijcre, réunir) se nomnient ainsi parce que. môme au singulier, ils e.\prinient une réunion, une collection, un nombre plus ou moins considérable d'individus ; tels sont : muititui/e, foule, i-ifvnté, nombre, etc.

Il y a deux sortes de noms collectifs : les collectifs (léneriiux et les collectifs partitifs.

Un collectif est général quand il comprend une catégorie tout entière d'individus. Kx. : la /ouïe

des hommes. Il est ici question de l'humanité tout entière.

Un collectif est partitif, lorsqu'il ne désigne qu'une partie de l'espèce dont il s'agit. Exemple : une foule de gens. Il n'est pas question, dans ce cas, de toute l'humanité. Cette distinction est importante. Kn effet, bien qu'un écrivain soit toujours libre d'appeler l'attention du lecteur sur le collectif ou sur le nom qui lui sert de complément, c'est ordinairement avec le collectif que le verbe s'accorde quand ce collectif est général, tandis qu'il prend le nombre du complément quand le collectif est partitif. On dira donc :

« La foule des hommu^ est sujette ii l'erreur. — Une foule d'enfants se perdent par la lecture des mauvais livres. »

On reconnaît que le collectif est général, quand il est précédé de l'article défini ou de l'adjectif démonstratif ; au contraire, le collectif est partitif quand il est précédé d'un adjectif indéfini, comme un, une.

Noms composés. — On appelle noms composés ceux à la formation desquels concourent deux ou plusieurs radicaux. Tels sont : philoso/ihos, en grec, philosophas, en latin, qui ont donné le mot français philosophe. Dans la langue grecque et la langue allemande, les mots composés se forment avec la plus grande facilité. Les radicaux se soudent les uns aux autres, et la désinence s'ajoute au dernier radical. En français, si l'on excepte ceux qui dérivent du latin ou du grec, les noms que les grammairiens français ont appelés composés se forment par juxtaposition. Tels sont : chi.u-fleur, porte-étendard, pot-au-fu.

Ces noms ne sont pas en réalité composés, mais bien plutôt 7"a'<a/.o,ses. On verra, à la fin de cet article, comment les noms se composent à l'aide des affixos.

Noms mdc finis. — On appelle indéfinis, les noms qui désignent un nombre indéfini, indéterminé, de personnes ou de choses. Tels sont : peu, beaucoup, lu plupart, quantité, tmp, assez, etc. Il faut remarquer que peu et heauc'uip ne doivent point s'employer comme collectifs, sans un complément qui les détermine. Ne dites donc pas : cbeuucoup pensent ainsi, » mais : " beaucoup à'hnmmes, de personnes, pensent ainsi. »

Du genre. — En grammaire, on appelle genre la propriété qu'ont certaines parties du discours de distinguer le sexe.

En fiançais, il n'y a que deux genres : le masculin et le féminin. Notre langue n'a conservé aucune trace importante du genre neutre, qui désignait généralement, en grec et en latin, ce qui n'appartenait ni au sexe mâle, ni au sexe femelle.

Les noms d'hommes et d'animaux mâles sont du genre masculin ; les noms de femmes et d'animaux femelles sont du genre féminin. De plus, on a attribué, en français, le genre masculin et le genre féminin à la plupart des noms qui avaient, en latin, l'un ou l'autre de ces genres.

Quant aux noms neutres, ils sont généralement devenus masculins en passant du lalin en français. Cependant, quelques pluriels neutres, étant terminés en a, ont été pris à tort pour des noms féminins de la première déclinaison latine, qui ont aussi a pour désinence. Ainsi foliu, pluriel neutre de fulium. a donné le nom féminin feuille. Il en est de même de piru, puma, etc., qui ont formé la poire, la pomme.

Iieu,aii/ues sur le i/en^e de quelques noms. — Quelques noms soin tantôt du masculin et tantôt du féminin. Ainsi, amour, del'ce et orgue sont du masculin au singulier et du féminin au pluriel. La grammaire historique rend compte de celte anomalie. En co qui concerne le mot

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amour, elle nous apprend que les mots masculins en or du latin sont presque tous devenus féminins en passant dans la langue française. Les savants du moyen âge ayant voulu restituer au mot amour son genre latin, ne réussirent que pour le singulier. On écrit, en conséquence, U7i fol amour, de folles amourx.

Quant au mot déliera, il vient du mot latin neutre delicium, dont le pluriel était du féminin ; deliciic. On s'explique donc facileiuent qu'il ait également ces deux genres en français, lie même, orgue, masculin au singulier, reproduit le neutre orqnnum; tandis que le pluriel féminin a été calqué sur le pluriel neutre orgnna, que l'on a pris, comme nous l'avons dit plus liaut, pour un nom féminin de la première déclinaison.

Gent (qui vient du latin gens, race, famille) est féminin au singulier comme en latin; « la gent écnliére. » Au pluriel, " les gens, » il désigne collectivement les liommes et les femmes, et, par conséquent, devrait être exclusivement du masculin. Il semble qui! se soit fait sur ce mot un compromis ; les adjectifs qui précèdent immédiatement ce nom prennent son genre étymologique, c'est-àdire le féminin; tandis que les adjectifs qui le suivent prennent le genre qu'a ce nom au figuré, le mnsctdin. On écrira donc : « Formés par l'expérience, les vieilles gens sont pruihnts, soupçonneux, » ce qui parait très bizarre quand on ne reconnaît pas la cause de cette anomalie. Quant au mot unis, précédant i/rus. il se règle sur l'euphonie. On écrit : « tout les honnêtes gens, u parce qulujiniéte n'a pas au féminin une forme spéciale ; et on dit : « tnuffs les vieil/es gens, » parce que vieilles est une forme spéciale qui forcément appelle le féminin toutes. — Gens est uniquement du masculin quand il éveille spécialement l'idée d'honnnes : « de nombreux gens d'affaires, les vrais gens do lettres. »

Parmi les noms qui ont les deux genres, il faut encore citer les suivants :

Aigle, oiseau, est du masculin, îi moins qu'on ne désigne spécialement la femelle : " On fit entendre Ji l'aigle enfin qa'clle avait tort. « (La Fontaine.) Au figuré, il est du féminin ; « les aigles romaines ii (les enseignes).

Couple, signifiant simplement dtajc. est du féminin : « une roupie de perdreaux. >■ Il est du masculin quand il exprime l'idée d'union, d'entente : « un couple bien assorti. »

Foudre, au propre, est du féminin ; dans le sens figuré, il est du masculin : « un foudre de guerre. »

CEuvre était autrefois du masculin au singulier; il l'est encore au figuré et dans le style soutenu : 0 le grrind œuvre, tout l'œuvre de Corneille. » Mais, dans le style ordinaire, il est du féminin, et il vaut mieux lui donner dans tous les cas ce genre : « une bonne oeuvre, une belle, œuvre. »

Orge n'est du masculin qu'en pharmacie, « de l'orge perlé, de l'orire mondé. ■> Dans tous les autres cas, il est du féminin.

Pàque, fête des Juifs, est du féminin singulier et prend l'article : « manger la Pàque. » — Pf'iques, fête des chrétiens, est du masculin singulier : « Pâques est tardif cette année. » Au figuré, il est du féminin pluriel : « faire de tonnes P.iques » fc'est-a-dire faire une bonne communion). Ce qu'il importe de faire remarquer avant tout aux élèves, c'est que le changement du genre est presque toujours la conséquence d'un changement de signification.

Formation du féminin dans les noms. — La langue française a des noms spéciaux pour désigner les deux sexes dans la famille, ou encore dans les espèces animales qui, de temps immémorial, vivent dans la domesticité do l'iiommc.

C'est ainsi que nous disons : homme, femme, père, mère, oncle, tante, net^eu, nièce, fils, fille, — et, de même : chuval, jument, binuf, taureau, vache, génisse, bouc, c'ièvre, bélier, brebis, coq, poule, etc.

Notons en passant que certains mots, comme chevid, bœuf, mou/on, s'emploient non pour exprimer l'idée de sexe, mais pour désigner ces animaux comme alimoits ou comme espèces.

Lorsque le nom spécial manquait, on a pu tirer le féminin du masculin, quand la terminaison s'y prêtait, do même qu'on forme le féminin de l'adjectif (V. Adjertif). Exemple : ours, ourse; chien; chienne; chat, chatte; tigre, tigresse; loup, louve. Cependant l'usage n'a pas étendu cette formation à tous les cas, et fort souvent l'on emploie les mots mâle et femelle, que l'on ajoute au nom pour désigner de quel sexe on parle, bien que la désinence du masculin se prêtât tout naturellement à la dérivation d'un nom féminin. On dit, par exemple, un pinson, un chardonneret mnlc, un pinson, un chardonneret /'fme//p, ou encore une femelle de pinson, de chardonneret.

Notons encore que le mot enfant peut s'employer pour désigner les deux sexes, mais seulement au singulier; on dira donc, en parlant d'une fille : « une charmante enfant. " Au pluriel, ce mot est exclusivement du masculin.

Du nombre dans les noms. — On entend par nombre, en grammaire, Vindication de l'unité ou de la pluralité.

Il n'y a, en français, que deux nombres, le singuliei , qui ne désigne qu'un seul objet, et ie pluriel, qui en désigne une quantité plus ou moins considérable.

Les Grecs avaient un troisième nombre, dont on ne trouve que quelques traces chez les Latins : le dîiel, qui servait à désigner les objets qui se présentent généralement par couple dans la nature : les deux yeux, tes deux mains, les deux pieds.

Formation du pluriel. — Le pluriel se forme généralement en ajoutant un s au singulier. Exemple : le livre, les livres. Cette règle nous vient du latin. Des six cas que pouvaient prendre les noms déclinables de cette langue, deux seuls survécurent enfin aux mutilations que subit la langue latine depuis le jour où elle fut introduite dans la Gaule par les légions de Jules Cé.sar. Ces deux cas étaient Vnccusatif siiigulier et ['ocrnsatif pluriel, le premier terminé généralement par le suffixe m, et le second, par le suffixe .ç. Il est dès lors naturel que la forme de ces deux cas ait servi de modèle à notre singulier et à notre pluriel. De là ces noms singuliers qui, comme la rove, le livre, la couleur, représentent les accusatifs rosnm, librum, colorem, tandis que les noms pluriels les roses, les livres, les couleurs ont été calqués exactement sur rosns, libres, colores et leur ont emprunté l's désinentiel.

Quant aux noms français qui ont été formés de noms neutres latins, dont l'accusatif pluriel se termine par a, et non par .s, ils n'auraient pas dû logiquement prendre un s au pluriel. Et, en effet, nous avons remarqué plus haut que quelques-uns de ces pluriels neutres avaient même formé des noms singuliers, comme la joie, la feuille. Mais comme ces noms étaient de beaucoup les moins nombreux, on leur a appliqué le procédé le plus général, et on a écrit les tetnpies. les arme^, bien que teriipla, arma ne fussent point terminés par un s.

Remarques sur la formation du pluriel. — 1" Quand un nom est déjà terminé par un s au singulier, il est naturel que l'on n'ajoute point ce signe pour former le pluriel. On écrit donc : le fijs, li-s fils. Il on est de même si le nom se termine par .1 ou par :. qui n'étaient ([uc des équivalents

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— i'ii;j

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de s dans notre ancienne langue, où l'on écrivait indifféremment /es lois ou les loiv; un 7îes ou un

2" Cet emploi de a; pour s est maintenant de règle pour former le pluriel des noms en au et en eu, et l'on est forcé d'écrire i/es couteaux, des cheveux (la seule exception est landau, pluriel landaus, espèce de voiture);

3" On emploie encore exclusivement \'x pour former le pluriel de sept noms en ou, bijou, caillou, chou, genou, hiOou, joujou Et pou. Les sLUtrea noms en ou suivent la règle générale.

4° Les noms en al font leur pluriel par le changement de cette terminaison at en aux, qui n'est qu'une prononciation adoucie de als. On écrivit d'abord des ch-vuls; puis, des chevaus, et, enfin, en substituant k Va son équivalent x, on forma des chevaux.

Quant à cette tendance de l h s'adoucir en m, nous en trouvons des exemples dans Vuugirard pour Valgirard, chccau-Uger pour checal-Uger, et surtout dans le passage du latin en français : n/ia-aube; aftp;'-autre ; ea/uus-chauve, etc.

Quelques noms en al, cependant, suivent la règle générale. Les plus usités sont hiil, carnaval, chacal, régal, qui prennent un s au pluriel.

5° Sept noms en ail forment aussi leur pluriel par le changement de ail en aux. Ce sont : bail, corail, émail, soupirail, travail, vantail et vitmil, peu usité au singulier. On écrira donc den baux, des coraux, etc. Tous les autres noms en ad suivent la règle générale.

Noms ù double pluriel. — Le double pluriel de certains noms a pour but d'en exprimer le double se.ns propre oa figuré.

Ainsi, aïeul fait aïeuls quand il désigne le grand-père et la grand'mère, et nieux. quand il désigne les ancêtres. Ces deux pluriels ne sont d'ailleurs que deux formes absolument équivalentes. (V. plus haut ce que nous avons dit de l'équivalence de s, x, z.) — .iil fait nulx, chez le jardinier, et ails, chez le botaniste. — Ciel fait deux pour désigner la voûte apparente, et ciels pour exprimer tout ce qui en présente l'image. — Œil fait yeux pour tous les noms qui ne présentent aucune équivoque : les yeux du pain, du fromage, de la vigne ; on sait très bien que ces objets n'ont pas d'organe visuel; mais on dit des yeux de bœuf, de perdrix, de cliat, de serpent, pour désigner lorgane de la vue, et des ouïs de bœuf, de perdrix, de chat, etc., pour exprimer tout ce qui ressemble aux yeux de ces animaux.

De même, travail fait son pluriel avec .«, quand il conserve son sens primitif, et désigne cet assemblage de poutres (Irabes), qni sert à contenir les chevaux vicieux ; ou encore quand il désigne des études, des comptes, faiis en commun ; mais il fait travaux dans tous les autres cas.

Noms invariables. — Un certain nombre de noms, pris dans leur sens propre, ne s'emploient point au pluriel. Tels sont, par exemple, les noms abstraits, comme ta vieillesse, la jeunesse, la paurcffé, la yloire, le bonheur, l'adversité.

Cependant, beaucoup de ces mots peuvent s'employer au figuré et prendre le pluriel. On dira, par exemple : «■ cet homme ne débite que des pauvretés )), c'est-à-dire des mots vides de sens, des hajiatités.

On ne fait jamais varier non plus les noms formés à l'aide d'un adjectif ou d'un verbe et de l'article: te juste, le beau, le boire, le manger. Il en est de même des noms de métaux, l'or, le fer, l'urgent, à moins qu'on ne veuille spécifier : « les fers de la Suède sont excellents. »

Sont encore invariables les noms des arts et des sciences : l'agriculture, la chimie, etc. L'usage apprendra toutes ces particularités.

Au contraire, il y a des noms qui ne s'emploient

qu'au pluriel. Tels sont: ancêtres, annales, armoiries, appas, arrérages, brouisuilles, catacombes, décombres, funérailles, mœurs, vêpres, vivres, etc. On les trouvera tous dans les grammaires.

Pluriel des noms dérivés des langues étrangères. — Les noms étrangers qu'a francisés un long usage prennent le signe du pluriel. On écrit donc : des accessits, des agendas, des atbunn, des alibis, des alinéas, des altos, des bravos, dos ilominos, des iluos, des factums, des folios, des imbroglios, des numéros, des opéras, des oratorios, des panoramas, des pensums, des quiproquos, des quolibets, des récépiasés, des trios, des vivats, des zéros.

Comme c'est l'usage qui est ici le seul guide, il ne faut pas toujours rechercher la logique dans la formation de ces pluriels. Ainsi, en dit nn pensum, des pensums, tandis qu'on dit un errata, des errata, bien que pensum ait pour pluriel pensa, I tandis qu'errata a pour singulier erratum en latin. Mais comme un errata est une liste de fautes, on ne le trouve point en français avec la forme du singulier. De même, on ne devrait pas dire des alibis, avec un .v, puisque alibi est un adverbe.

11 faut, pour se tirer de toute incertitude, consulter le Dictionnaire de l'Académie, qui fait seul autorité en cette matière.

L'Académie fait invariables duplicnta, errata, maximum, recto, verso. Elle écrit des cicérone, des quintettes, des ladics, des tories ou torys.

Quelques mots conservent le pluriel qu'ils ont dans la langue d'où on les a tirés. On dit donc : des carbonnri, des dileitunti, des lazzaioni, des soprnni, 11 serait bien ;\ soubaitor qu'on appliquât enfin à tous les noms étrangers la règle générale.

Les noms qui ne prennent pas la marque du pluriel sont:

1" Ceux qui sont formés de plusieurs parties. Exemple : des ex-voto, des in-ocliivo, des postscriptum, des Te-Deum. Cependant l'Académie écrit des autodafés en un seul mot.

2° Les noms des prières : des Ai e, des Confiteor^ des Pater. Cependant l'Académie écrit : des Alléluias .

Pluriel des noms composés. — Les mots qui concourent, en français, à la formation des noms dits cumpO'iés, sont : le 7iom, Va/ljectif, le verbe, la préposition et {'adverbe. De ces cinq mots, le nom et l'adjectif sont les seuls qui puissent prendre la marque du pluriel.

En formant le pluriel des noms composés, on doit examiner si les parties composantes sont unies par un rapport de concordance ou par un rapport de coinplcnienl. Ainsi, dans coffre-fort, le second terme ne sert qu'à qualifier le premier, au Contraire, dans le mot chef-d'œuvre, le premier nom a pour complément déterminatif celui qui le suit. De là les règles suivantes :

1» Un nom composé formé de deux noms dont le second qualifie le premier, prend la marque du pluriel aux deux parties composantes. Ex. :

Un chou-fleur, des choux- fleurs.

i" Si le nom est composé d'un nom et d'un adjectif, la règle est la même. Ex. :

Un coffre-fort, des coffres-forts.

Une basse-cour, des basses-cours.

3° Si le nom est composé de deux noms dont le second sert de complément déterminatif au premier, le premier seul prend la marque du pluriel. Ex. : Un chef-d'œuvre, des chefs-d'œuvre, un holel-Dieu, des hôtels-fjieu.

Quelquefois le nom déterminant est placé le premier. Ex. : un havre-snc, des havre-sacs, c'està-dire des sacs à l'avoine (hafer, en allemand).

Quelquefois aussi on sous-cntend le nom qui seul renferme l'idée de pluralité. Ex. : des te'te-àtéte, c'est-à-dire des entretiens où l'on est tête à tdte.

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NOM

4" Si le noQi est composé d'un verbe et d'un nom, lo nnm seul prend la marque du pluriel, à moins qu'il n'exclue toute idée de pluralité. On dira donc : un possi'pnrl, des passeport-:, mais on écrira : un sen e-léle, des serre-têt--, parce qu'on ne serre qu'une tête dans un bonnet.

C'est en venu de ce principe qu'on a proposé d'écrire au singulier un essuie-mains, parce que l'on n'essuie pas une Sfule main.

5° Si le nom est composé d'un nom et d'un mot invariable, il est naturel que le nom seul prenne la marque du pluriel. Ex. : Un contre-coun, des contre-coups', un avunt-courtur, des avant-coureurs.

(i" Si le nom composé ne renferme que des éléments invariables de leur nature, aucune partie ne prend la marque du pluriel. Ex. :

Un in-douze, des in-douze.

Un oui-dire, des oui-nire.

Un pass--iiartout, des passe-pnrtout.

Pluriel des nnms propres. — Lorsque les noms propres conservent leur caractère spécial et servent h distinguer certains individus de tous ceux qui leur ressemblent, ils restent invariables. On dira donc : « Les doux Corneille et les deux Racine ne sont pas également célèbres. " On dira de même : « Envoyez-moi deux Télémaque, » c'està-dire deux exemplaires du livre intitulé Télémaque.

Mais, lorsque les noms propres sont employés pour désigner une espèce, ils deviennent de véritables noms communs. On écrira donc :

Un Auguslc

nt pout fairp *li'> \irgiles,

c'est-à dire, un empereur éclairé comme Auguste peut faire surgir des poètes semblables a Virgile. On dira de même :

La Seine a des Bourbons, le Tiijre a des Césurs.

parce que ces noms, Bourbims et Céiars, sont des litres g-nériques communs à tous ceux qui appartiennent A la même dynastie.

On dira encore, en vertu du même principe : des Elz vil s, des Pouss-ns, des Raphaèh. parce que ces noms sont employés au figuré, pour désigner les œuvres qu'ont produites les imprimeurs et les peintres célèbres dont il s'agit.

Les noms propres prennent encore la marque du pluriel quand ils désignent plusieurs pays. Exemple: les deux Siciles, les deux Amériques, les deux tasiilles, toutes les Russies. Ces noms propres sont de véritables attributs des noms communs teires, provinces, pays, royaumes, sousentendus.

Oriqine des noms propres et des noms communs. — Lorsqu'un objet se présente à nos yeux, nous sommes frappés de certaine qualité, de certaine manière d'éire qui le caractérise et lui donne sa physionomie particulière. Les noms qui ont servi à désigner les personnes, les animaux et les choses, ont été tirés des caractères spéciaux que présentait chacun d'eux. Lorsqu'on analyse ces noms, on trouve, dans chacun d'eux, deur éléments irréductibles, que l'on a, pour ce motif, appelés 7-ucines, parce qu'ils sont, en quelque sorte, les germes dont les noms ont été formés.

Il y a deux sortes de racines. Pour rendre celte explication plus facile, empruntons un exemple à la langue française. Soit, par exemple, le mot roses, au pluriel. Si je compare ce nom pluriel avec le singulier rose, j'y trouve un élément de plus, la lettre s. Ces deux parties, rose et la lettre s, représentent préci^ément les deux sortes de racines dont les mots ont été formés. Le premier, rose, représente une racine verbale ou nominale, qui a pour propriété de désigner les objets. Ces racines, verbales ou nomindes. contiennent la. signification des mots, et en forment en quelque

sorte la base : aussi appelle-t-on thèmes les radicaux qui sont le produit direct de ces racines et de leurs combinaisons. Dans le mot phibsoplie, par exemple, il y a deux racines, philosophe, dont la réunion forme un radical.

Mais ce n'était pas assez que d'avoir désigné les individus par leur qualité essentielle. Il fallait encore, pour la commodité du langage, pouvoir exprimer les rniypnrts dans lesquels ces individus se trouvent avec tout ce qui les entoure. L'expression de ces rapports se fait à l'aide d'une seconde espècede racines que l'on a, pour ce motif, appelées démonstratives ou indicatives. Quand nous disons, en français, cet homme-ci a frappé cet homme-là, les paiticules et et là déterminent la positinn des deux hommes par rapport h. nous, ci désignant celui qui est le plus voisin, et lii celui qui est le plus éloigné. Eh bien, toutes les désinences qui, dans les langues anciennes, servent à déterminer la position des individus ou à les montrer comme on le fait par un geste, sont tirées des racines indicatives. Les pronoms qui ne sont, en quelque sorte, que des gestes écrits, à l'aide desquels on désignerait les individus dont on ne saurait pas le nom, n'ont pas d'autre origine.

Pour en revenir au mot /o.?es, la première partie, rose, exprime l'idée rie la fleur qui porte ce nom. Quant à la lettre s, elle exprimait, au pluriel, dans la langue latine, un rapport d'éloignement, et servait, par conséquent, à l'indication d'un complément direct, sur lequel se /lortoit l'acte marqué par le verbe, Vobji-t, qui supporte l'action, étant naturellement plus éloigné des yeux de l'observateur que le sujet qui accomplit cet acte.

On a vu, à la formdion du pluriel, comment cet s a pris, en français, un rôle tout différent de celui pour lequel il avait été créé.

Tous les éléments qui servent îi former les mots peuvent donc se diviser en deux grandes catégories : la première et la plus considérable contient les parties fondamentales des radicaux, c'est-à-dire celles qui en renfermentlasignification; la seconde, beaucoup moins considérable, renferme les affixes, qui s'ajoutent aux radicaux pour marquer les rapports qu'ils souliennent dans le discours et exprimer les idées de tas, de nombre, de genre, de temps, de mode et de personnes. \\ . Ornmoiaire comparée.)

Formation des substantifs. — Pour former un 7iom ou sub-tnntif, il faut, comme on vient de le voir, deux éléments. Ainsi, lonp se dit en latin Inliis et en grec lyko-i. Si nous comparons lupui et hjko', nous y trouvons un même suffixe, .«, qui marque proximité comme notre particule ci, et sert à indiquer le sujet; c'est la désinence. Ce qui précède cette désinence, c'est-à-dire lupu. lyUo, ce sont les radicaux auxquels est attaché le sens de loup. Tous les noms ont la même origine ; tous ont été noms propres tant que l'on n'a connu qu'un individu de l'espèce qu'ils désignent ; tous sont devenus noms communs quand ils ont été employés pour désigner un nombre plus ou moins considérable d'individus.

îsoms composés-, uoois dérivés. — Les noms com/iosés proprement dits sont formés de radicaux devant lesquels on place un ou plusieurs affixes qui, dans cette position, prennent le nom de préfixes. Ainsi, controdiction, désobéissanci-, mésinieiligence, formés des noms diction, obéissance, intelligence, et des préfixes contra, dés, )7tés, sont véritablement des noms composés.

Les principaux préfixes employés en français sont a (idée d'éloignement). arf(idée de tendance vers), ante (antériorité), bene (bien), bis (deux fois), cire (autour), C'>« (ensemble), contra (opposition), de (séparation), e et ses différentes formes (sortie, expulsion), in ou en (contenance, introduction, tendance, privation), mé ou mes

NOM

NOMBRES DECIMAUX

(mal, difflcultù), )ivé (antériorité), pro (pii avant, pouv), rc (redoublement, réciprocité, opposition, rénovation), .to/i (sous), sK/cr (sur), ^■";i.s'(au delà).

Déi-ivé.i. — Quand un aftixe s'ajoute il la xuito du radical, il projid le nom de suffire, et le nom ainsi formé est un nom iléiivé. (V. Dcrivntinn.)

lilxemple : paroissien, feuittar/e, formés des noms paroisse et /etiille, et des suffixes ien ctage.

Les noms dérivés peuvent se former de substantifs à l'aide des suftixes ade (qui exprime l'idée d'assemblage), at (profession), oge (état), OH, nin, ien (état, collection), ard (espèce), aire, ter, er (profession), ilie, ice, esse (état, manière d'être). Exemple : colotmade, cnrdinalat , esclavat/e, charltita», épinard, statuaire, calvitie, complice, allégresse, etc.

On peut encore tirer des noms dérivés des adjectifs, h l'aide des suffixes esse, ice, ise, ie, ti, lire, qui indi(|uent un élat, une manière d'être. Exemple : sage , saç/esse ; avare , avarice ; sot, s:;tlise; malade, mula'lie; pauvre, pauvreté; y exi, verdure.

On peut aussi en tirer des verbes, ^ l'aide des suffixes iide. ai/e, ance (état, inaction), eur, euse, eresse, ice (celui qui fait une action), (s. vi-nt, lire (résultat d'un acte), air (lieu où se fait l'acte), on, ison, aison (action). Exemple : snUule, bbmc/iissai/e, vengeance, chanteur, chanteuse, vengeresse, logis, logement, trottoir, salaison, bouchon, blessure, etc.

Beaucoup de noms dérivés des verbes ne sont à proprement parler que l'infinitif même : le deuoir, le savoir, le manger; ou le participe passé féminin : la dictée, la livrée, la tenue, la revw^; ou le participe présent: un mo7itant. \m mourant. Ces mots ne sont pas de véritables noms dérivés.

Exercices. — Voici un moyen commode et amusant d'apprendre aux enfants l'onhograplie d'usage et la signification des noms. Le maître partage le tableau noir en deux colonnes. Il écrit deux ou trois noms dans la colonne de gauche ; puis il écrit dans la colonne de droite, mais en intervtrtissiint l'ordre, des noms qui indiquent d'une manière générale la signification des premiers. Exemple :

Colonne de gauche. Colonne de droite.

Violon. — Sabre. -— Arbre. — Fleur. — Peuplier. — P,ose. — Arme. — Animal. — In- • 'hien. strument.

Voici maintenant comment se fait cet exercice, qui intéresse au plus haut point les enfants.

L'élève écrit sur son cahier le premier nom de la colonne de gauche : violon: Il cherche ensuite, dans la colonne de droite, le nom qui indique ce que c'est qu'un violon, et il forme, h l'aide de ce mot, une proposition :

Le violon i-st un instrument.

Procédant de même h l'égard des autres noms, il écrira successivement :

Le sabre est une arme. — Le peuplier est un arbre. — La rose est mie fleur. — Le chien est un animal.

Ces exercices pourront servir une seconde fois, dans l'étude de la formation du pluriel des noms. 11 suffira de faire transformer les propositions de cette manière :

Les violons .\ont des iii^truments, etc.

On tirera encore un excellent fruit de ces exercices, si l'on veut compléter la définition. On ferairoMver à l'élève les réponses nécessaires, en le questionnantavec adresse : « Un violon est un mslrume/it de musique,» etc., etc. Des exercices ainsi faits vaudront les meilleures leçoni de clisses. Mais il faudra que le maître évite avec le plus grand soin de multiplier les noms outre mesure dans un même exercice, ce qui embarrasserait le jeuie

élève; il faudra aussi qu'il prenne garde de mettre dans la colonne de gauche deux noms auxquels s'appliquerait un même nom de la colonne de droite. On ne placera donc point deux noms d'arbres, deux noms de plantes, etc.

Noms concrets-, noois nbstraits. — Pour bien faire comprendre aux enfants la différence qui distingue ces noms, on pourra les exercer d'abord à former des noms abstraits. Exemples :

1° Des adjectifs suivants, formez des noms ab straits, sur ce luodèle : Prudent, la prudence; sage, la sagesse.

Prudent.

Constant.

Souple

Vieufaisaut.

Paiicnt.

Juste.

Abondant.

Sage.

Triste.

Confiant.

Tendre.

2° Formez des noms abstraits, à l'aide des adjectifs suivants, sur ces modèles : Laid, la laîdeur; fertile, la fertilité.

Haut.

Gros.

Froid.

Large.

.3" Enfin, dans un morceau dicté, on fera souligner d'uii trait les noms concrets, et de deux traits les noms abstraits.

Pour apprendre aux élèves à former le pluriel des noms dits composés, tout en exerçant leur sagacité, on leur donnera une liste de noms, à la suite desquels on leur dictera des propositions où chacun des noms proposés doit trouver place, et ils devront compléter ces phrases.

Exemple: Basse-cour.— Clvf-lieu. — Passeport.

— Serre-téte. — Passe-partout.

Phrases a compléter. — Les — sont des clefs qui ouvrent toutes les portes d'un établissement. Los paons sont l'ornement de nos — . Les villes les plus importantes de nos départements en sont les — . Les États de l'Europe ont abolijla formalité des — . Les femmes du Midi remplacent souvent les bonnets par des — .

On emploiera le même moyen, indépendamment des dictées, pour apprendre aux enfants la formation du féminin.

Exemple : Orphelin. — Paysan. — Fermier. — Instituteur. — Patron. — Blanchisseur.

Phrases a coMPLÉTt'.n. — Les jeunes filles apprennent à lire chez leur — . Sainte Geneviève est la — de Paris. — Une fille qui a perdu son père et sa mère est une — . Jeanne d'Arc était une — . La — prend le plus grand soin de la basse-cour.

— La — repassera la robe blanche.

On les exercera de même à former le pluriel.

Exemple : Corps. — Troupeau. — Aveu. — Clou. — Journal. — Soupirail.

Phrases a compléter. — Les bergers sont les gardiens des — . Les — sont des écrits quotidiens ou périodiques — . Les — sont des ouvertures qui servent à aérer les caves. — C'est avec le marteau qu'on enfonce les — . Nous mériterons notre pardon par des — sincères.

Nous ne voulons pas multiplier ces exercices. Les maîtres sauront les modifier do manière à enseigner l'orthographe tout en formant le jugemont de leurs élèves. [C. Rouzé.J

NOSIBKUS lniCIMAL'X. — Arithmétique, XV-XVIII. — (Pour la numération des nombres décimaux, V. Numération.)

l. — Addition. — Si l'on a des nombres décimaux à additionner, on peut d'abord, en écrivant des zéros à la droite de quelques-uns d'entre eux, ce qui n'en altère pas la valeur, leur faire exprimer il tous des unités décimales du même ordre ; la somme devra donc aussi exprimer des unités décimales de cet ordre; on fera donc la fomiTie cninmo s'il s'agissait de nombres entiers,

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