‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (volume 2)Chapitre 177 sur 459 · NOMBRES DÉCIMAUX — 1416 — NOMBRES DÉCIMAUX · texte numérisé non relu

NOMBRES DÉCIMAUX — 1416 — NOMBRES DÉCIMAUX

et l'on fera L-xpriniei- au total des unités du même ordre que les unités additionnées.

Soit, par exemple, à additionner les nombres 2,5 — 2,1498 — 1,32 et ",166. On pourra d'abord les écrire ainsi :

en leur faisant expiimer des dix-millièmes. La somme de ces dix-millièmes, faite par le môme procédé que pour les nombres entiers, est 141358 dix-millièmes ou 14,13i8. On voit que, pour additionner 'les 7wmbies déciniuUT, il faut /es écrire les uni au-dessous d'S autres, de mnnière que les unités lie même "rdre se correspondent (les zéros rais îi droite pour l'explication ne sont pas nécessaires dans la pratique), faire la somme comme si c\taieni des nom>'re< tntio-s, et placer, au résultat, une mrqvle décimale au-dessous des virgules des nombres à addiiionner.

On pourra exercer les élèves sur les exemples suivants :

l,3il3

2. — SoiJSTBACTlox. — L'opération est la môme que pour les nombres entiers, quand on a placé les nombres donnés de manière que les unités de même ordre soient dans une même colonne. Kx. :

On a quelquefois ù retrancher une fraction décimale de l'unité ; on verra facilement que l'opération peut se faire, en commençant par la gauche, d'après cette règle : retrancher tous les chiffres de 9, et le dernier de 10.

Exemple :

3. — Multiplication. — Supposons d'abord que le multiplicateur soit entier : et soit à multiplier 7,325 par 14k. Le but de l'opération est alors de répéier 146 fois le nombre 7.325 ou 7325 millièmes; la multiplication devra donc se faire comme pour les nombres entiers : mais le produit, au lieu d'exprimer des unités, devra exprimer des millièmes; il faudra donc séparer sur la droite trois décimales, c'est-à-dire autant de décimales qu'il y en avait au multiplicande. On trouvera 1069, i50 ou simplement 10(i9,45.

Supposons en second lieu que le multiplicateur soit décimal et qu'on ait à multiplier 7,325 par 1,46. Le but de l'opération dans ce cas n'est plus de répéier le multiplicande 146, mais de répéter 116 fois la 10»' partie du multiplicande i c'est-à-dire prendre les 146 centièmes de ce multiplicandei. Or, pour en prendre le 100% il suffit de reculer la virgule de deux rangs vers la gauche, ce qui donne 0,07i25; et, en multipliant, par I i6 on obtiendra 10,6945(1 ou 10,1)915. On voit que l'opération est la même que dans le premier cas, si ce n'est qu'il faut séparer à la droite du produit, non plus seulement 3 décimales comme au multiplicande, mais 3 plus 2, c'est-.à-dire autant do décimales qu'il y en avait au multiplicande et au multiplicateur réunis.

La règle de la multiplication des nombres décimaux est donc la suivante : faire lu inultiplication sans avoir égard aux virgules, et séparer sur la droite dn produit uutnnt de décimales qu'il y en avait dans les deux facteurs réunis.

On trouvera ainsi que le produit de :

5,8 par 4,25 est 24,650 ou 24,65 13,75 7,836 107,74500 107,745

Il peut arriver qu'on ait à séparer au produit plus de chiffres décimaux que ce |iroduit n'a de chiffres ; on y supplée à l'aide de zéros placés à la gauche. Soit, par exemple. ;\ multiplier n,(J08 par 0,u7 ; le produit, abstraction faite des virgules, est 56, et l'on a cinq décimales à séparer ; on mettra donc quatre zéros à la gauche de 50; et, en séparant les cinq décimales, on obtiendra 0,00055.

4. — Division. — Nous supposerons d'abord que le diviseur soit entier, et qu'on ait h diviser, par exemple, 1069,45 par 146. L'opération a pour but de prendre la 14()° partie de 106945 centièmes : on opérera donc comme si le dividende était entier, en se rappelant que le quotient doit exprimer des centièmes. On trouvera 732 centièmes, et un reste de 7.3 centièmes. Ce reste vaut 730 millièmes, dont la 146'' partie est 5 millièmes. Le quotient complet est donc 7.325.

Il n'arrive pas toujours que le quotient se termine; mais on peut toujours prolonger la division, on mettant un zéro à la droite de chaque reste pour le convertir en unités de l'ordre immédiatement inférieur. On arrête l'opération lorsqu'on juge avoir obtenu au quotient une approximation suffisante. Soit, par exemple, à diviser 4.096 par 35; les calculs auront la disposition ci dessous :

Après avoir obtenu au quotient 0,117, on trouve pour reste 1 millième ; multipliant par 10, on obtient 10 dix-millièmes, dont la 35' partie est Odix-millièmes ; les 10 dix-millièmes valent lOOcentmillièmes, dont la 35° partie est 2 cent-millièmes, et il reste 30 cent-millièmes, qui valent 300 luillièmes dont la :i,5'' partie est 8 millionièmes : et il reste 20 millioniètnes. On pourrait pousser l'approximation plus loin si on le jugeait nécessaire.

Supposons, en second lieu, que le diviseur soit décimal, et soit i diviser 1069,458 par 1,46. On ramène ce cas au précédent en multipliant le dividende et le diviseur par 100, car on a alors h diviser 1069*5,8 par le nombre entier 146. Cette opération n'altère pas le quotient, car si l'on appelle D le dividende, d le diviseur, q le quotient et r le reste, on a :

D = rfX '/ + '•.

Cette relation ne sera pas altérée en multipliant tous les termes par lOU; on aura donc, en remarquant que, pour luultiplierpar 1 00 le produit rfx q, il suffit de multiplier le facteur d,

100D=100rfXî-f 100»',

ce qui exprime qu'en divisant 100 D par 100 d, on obtient encore le munie quotient q; le reste r est seul multiplié par 100.

NOMENCLATURE

ivn —

NOMENCLATURE

Uans l'Gxmuple actuel, Ir calcul donno poui-iiuotieiit ":i2,j();.4....

La règle de la division des nombres décimaux est donc la suivante : Rendre le diviseur entier, en supprimant la virgule; avancer la virç/ule du dividende d'autant de rangs vers la droite qu'il y avait de décimales au diviseur; faire la division eomme dans le cas dus nombres entiers.

[H. Sonnet.] NOMENCLATURE. — Chimie, H. — Après que Lavoisier, par son analyse de l'air, eut donné l'explication du pliénomènc cliimique, en faisant voir ([ue tout corps provient d'une union intime ou d'une séparation dont les éléments se retrouvent tout entiers, la clef de l'analyse chimique fut trouvée, et les chimistes, pouvant connaître dès lors la composition des principales substances usitées dans leurs laboratoires et dans leurs recherches, sentirent la nécessité de leur donner des noms rappelant celte composition. Juscpi'à Lavoisier, les produits chimiques ou pharmaceutiques sur lesquels s'exerçaient les recherches des alchimistes portaient des noms plus ou moins bizarres, ou n'ayant aucune signification, ou rappelant au contraire par leurétymologio les fausses idées qu'on s'était faites sur leur composition ou sur leurs propriétés. Une science étant la connaissance certaine des rapports existant entre les éléments des choses dont elle s'occupe, exige un langage précis, systématique et approprié, exprimant et représentant ces rapports.

En arithmétique, par exemple, la numération est la nomenclature des nombres fondée sur la méthode d'après laquelle ils ont été formés. De même, dans la nomenclature chimique, le nom d'un corps doit être en rapport direct avec la constitution qu'on lui a trouvée par l'analyse. Guyton de Morveau, né à Dijon en 1137, proposa le premier la réforme du langage chimique dans un travail qui a pour titre : Mémoire sur les dénominalions chimiques, la nécessité d'en perfectionner le si/slème, les règles pour y parvenir, suivi d'un tableau d'une nomenclature chimique.

Vers le milieu de 1"86, BerthoUet, Fourcroy, Lavoisier et Guyton de Morveau se réunirent pour examiner ensemble le projet de nomenclature proposé par Guyton, et arrêtèrent d'un commun accord le plan d'une réforme exigée par le progrès de la chimie. Tous les chimistes d'alors, même les plus attachés aux traditions du passé, comprenaient la nécessité de cette réforme. « Ne faites grâce, écrivait Bergmann à Guyton, à aucune dénomination impropre; ceux qui savent déjà entendront toujours; ceux qui ne savent pas encore entendront plus tôt. >i

.^près huit mois de conférences, presque journalières avec ses collègues, dit M. F. Hœfer, Lavoisier communiqua à la séance publique de l'Académie des sciences du IS avril 1787, les principes de la réforme et du prrfectiunnement lU la nomenclature de In chimie, et il les développa dans un second mémoire lu le 2 mai suivant.

L'œuvre collective de ces savants porte particulièrement sur les corps composés; ceux-ci ont été divisés en acides, en bases et en sels (V. Acides, Bi'ses et f'eis). Cette nomenclature est une véritable classification ; c'est, avec la théorie de la combustion, la base fondamentale de ce qu'on a appelé l'école de Laioisier ou l'école chimique française.

L'ensemble des noms des corps simples ne constitue pas, à vrai dire, une partie de la nomenclatu[-e ; ces noms n'ont rien de systématique et leurs origines sont très diverses; tantôt le nom rappelle une propriété réelle ou apparente, comme oxijyéne, qui veut dire n producteur d'acide », ou azote, signifiant .. absence de la vie u ; tantôt il rappelle l'un des principaux composés du corps, comme lifldrogènc, qui veut dire o producteur do l'eau » ; tantôt enfin il date de l'antiquité et appartient à

la langue littéraire, commi' or, argeal, frr, etc.

— V. Corps simples.

Ces noms ont été conservés parce que l'usage les a consacres et qu'ils en valent d'autres.

NOMENCLATllKE DES CORPS BINAiniîS DONT I.'uN DES

ÉLÉMENTS EST L'oxYoiiNE. — On appcllc corps binaires des corps composés formés de deux corps simples. Les plus importants et les plus nombreux sont ceux qui contiennent de l'oxygène. Ils portent le nom générique d'oxydes. Ce nom doit être suivi de celui du corps simple qui est combiné à l'oxygène et qui spécifie l'oxyde. Ainsi on dira: oxyde de fer, oxyde de plomb, oxyde de phosphore, oxyde d'azote, oxyde de carbone, pour désigner des combinaisons formées exclusivement d'oxygène et do l'un de ces corps.

Quand on brûle du phospliore dans l'air sec sous une cloche, il se forme des fumées blanches résultant de la combinaison du phosphore et de l'oxygène de l'air, car le gaz restant après la condensation des fumées est de l'azote. Cette substance blanche est acide; mise dans de l'eau, elle s'y combine énergiquomentet s'y dissout : la dissolution a une saveur fortement piquante, et elle rougit le tournesol bleu; c'est ce qu'on appelle un acide i,V. Acide). Le composé acide résultant de la combinaison de l'oxyuène et du phosphore s'appelle acide phosphorique ; il n'était pas nécessaire de faire entrer dans cette dénomination la mention de l'oxygène : elle y est sous-entendue, l'oxygène étant le générateur habituel des acides.

Si 0(1 met dans l'eau la substance blanche qui résulte de la combustion du potassium i l'air, elle s'y dissout aussi, mais elle a une saveur brûlante, caustique, tout à fait différente de celle de l'acide ; elle verdit le tournesol et ramène au bleu celui qui a été rougi par un acide; cette combinaison du potassium avec l'oxygène, dont le vieux nom est potasse, sera inscrite dans la nomenclature sous le nom d'oryde de potassium et s'appellera une base, ainsi que tous les oxydes qui auront des propriétés semblables. La chaux, qui est de Voxyde de calcium, est une base; la magnésie, qui est de Voxyde de magnésium, est une base ; la soude, oxyde de sodium, est une base.

Si nous mettons un acide en présence d'une base, nous arriverons par tâtonnements à obtenir une substance qui n'aura ni les propriétés caractéristiques de l'acide ni celles de la base ; ces propriétés opposées, pour ainsi dire, se seront neutralisées; le composé nouveau sera un sel ou cornposé ternaire. Il y a des oxydes métalliques, comme celui qui se forme h l'état de poussière jaune sur le plomb fondu, qui ne se dissolvent pas dans l'eau, n'agissent ni sur le tournesol ni sur aucune couleur végétale, et qui sont cependant capables de former des sels en neutralisant les acides: ce sont aussi des bases, car c'est li le caractère le plus important d'une base.

Nomenclature des acides cordenant île l'oxygène.

— L'acide qui se forme par la combustion du phosphore dans l'air sec est appelé amte phosplioriQuc.

Le gaz acido qui se dégage de la combustion du charbon ou carbone est appelé acide carbona/ue. Il suffit de nommer les acides chlo'iquc, iodique, azotique, pour qu'on en devine la composition. Quand on tient dans les doigts un bâton de phosphore mouillé, ou simplement des allumettes chimiques humides, il s'en dégage des fumées d'une odeur désagréable et ayant les caractères des acides. L'analyse chimique de cette substance a montré qu'elle était, comme l'acide phosphorique, formée de phosphore et d'oxygène, mais qu'à poids égal elle contient moins d'oxygène; on l'appelle acide phosphoreux ; de même on dit acide azoteux., chloreux, etc., pour désigner des acides moins riches on oxygène que les acides phospho-

NOMENCLATURE

NOMENCLATURE

rigue, azotique, chlûrigiie.'Sous pouvons donc dire, avec les illustres auteurs de la nomenclature, que, quand un corps simple forme avec l'oxygène un ou deux acides, on désignera l'acide unique ou principal en faisant suivre le nom du corps simple de la terminaison ique qui se substitue à \'e final ; le second acide, le moins oxypéné, se nomme en mettant eur à la place de ique. On comprendra facilement le sens des quelques exceptions qui suivent, dans lesquelles la forme française du nom des corps simples est légèrement modifiée : acide 5»/furique, acide sulfuietix ; &c\àe anti»io7tique, acide anttmotiieux ; acide orsénique, acide arséniejix ; acide mang (inique, etc.

Quelquefois un m6me corps simple forme avec l'oxygène trois, quatre et même cinq acides. Pour former leurs noms, on emploie les préfixes hi/po, per ou hyper, prépositions d'origine grecque qui signifient, la première, au-dessous, la deuxième, audessus. Ainsi on dira : acide hiipochloreux, acide hypocltloriijue, pour désigner des acides moins riches en oxygène que les acides cliloreiuc et chlorique, et acide liy/ien-h/nrique et hypermanyanique pour désigner des acides plus oxygénés que les acides clilorique et mangnnique.

La série importante qui suit, en résumant ce que nous venons de dire, en fera retenir l'ensemble:

Composés oxygénés acides du r/ilore :

Acide pe7- ou liypercMovigue

— ch\oriqiie

— hypocMorique

— chlorc'îix

— /lypocMoreux.

• On voit par ces exemples, dit M. H urlz, que le degré d'oxydation est exprimé dans la nomenclature française par certaines modifications qu'on fait subir à l'adjectif qui marque Yeipèce d'acide, le mot ucide lui-même étant pris comme substantif et marquant le genre. On modifie cet adjectif tantôt en faisant varier la terminaison, tantôt en le faisant précéder de liypo ou per. »

Nonienclature des oxydfs non acides. — Un même corps simple peut former avec l'oxygène plusieurs oxydes qui ne diffèrent dans leur composition que par les quantités d'oxygène combinées à un même poids de l'autre corps simple.

Le premier degré d'oxydation est le protoxyde ; le degré le plus élevé est le peroxy/e.

Pour la même quantité du métal ou du métalloïde, le deidoxyde ou binxyde renferme deux fois plusd'oxygène que \e protoxyde ; le sesquioxydeea renferme une fois et demie autant. Ainsi on dit : protoxyde de manganèse, ^esquioxi/de de manganèse, oioxi/de ou peroxyde de manganèse, pour désigner des combinaisons de manganèse et d'oxygène dans lesquelles les quantités d'oxygène croissent, le poids de manganèse restant le même,

comme 1, |-, '2.0n devine lasignificationdesnoms:

protoxyde de plomb, sesquioxyde de fer, protoxyde de mercure, bioxyde de mercure. On dit quelquefois, d'après Berzelius et par analogie avec la nomenclature des acides : oxyde mercweux, oxyde tnercurique ; oxyde (en'eux, oxyde (errique.

Nomenclature des corps composés binaires ne CONTENANT PAS d'oxygène. — Comiiinaiious d'un métnlliiide et d'un métnl. — On termine en me le nom du métalloïde qui caractérise le genre du composé, et le nom ainsi modifié est suivi du nom du métal qui définit l'espèce. Ainsi on dira: cldorure lie fer, indure de potn.tsinm, pour représenter les combinaisons du chlore et du fer, de l'iode et du potassium; par exception, on dit .<«/fwc de fer, arsémure de cuivre, etc.

Un même métalloïde peut former avec un métal plusieurs combinaisons dans lesquelles, pour

un même poids du métal, les quantités du métalloïde seront entre elles comme 1, -ir , 2, etc.

On dira, comme pour les oxydes, chlorure de fer, iesqiiiMorure lie fer, bi:-li/orute de fer, protosulfure de plomb, bisulfwe de cuivre.

Combinaisons d'un métalloïde avec un autre métolloide. — On applique les mêmes règles qu'aux combinaisons précédentes, en tenant compte de ceci : que le nom générique (celui que l'on devra terminer en ure] est celui du métalloïde qui dans la décomposition du composé binaire par la pile se porte au pôle positif. Ainsi on dira : cldorure de phosphore, .ml/nre d'arsenic, et chlorure de soufre, etc. Le chlorure, le bromure, l'iodure et le sulfure d'hydrogène, qui se comportent comme des acides, ont été appelés liydrucidfs, et on les désigne presque toujours parles noms suivants : acide clilor hydrique, acides iodhydrique, bt omhydrique, sulfhydrique, flunrhydrique.

De même que les acides se combinent aux oxydes pour former des sels, de même deux chlorures, deux iodures, deux sulfures, deux bromures peuvent se combiner ensemble pour former des composés ternaires analogues aux sels, l'un jouant le rôle d'acide, l'autre le rôle de base. Un chlorure acide se combinant à un chlorure basique forme un chlorO'."! ou chlorure double. Ainsi le chlorure de platine en se combinant au chlorure de potassium forme un cldorure double de plntine ef de potassium. On le désigne quelquefois sous le nom de chloroplatinale de potassium.

Le persulfure d'antimoine et le protosulfure de sodium forment ensemble un sulfo-set appelé sulfo-anlinioninte de sodium ou simplement sulfantimoninte de sodium.

On rencontre encore quelquefois les noms de chlori'les, sulfi'Ies, que Berzelius avait donnés aux chlorures et aux sulfures acides.

Enfin, nous dirons qu'on nomme alliages les combinaisons des métaux entre eux. On dit ullinge de plomb et n'étain, allioye de cuivre et de zinc, etc. Quand le mercure entre dans un alliage, celui-ci porte le nom d'umalgnme : amalgame d'étain, etc.

Nomenclature des composés ternaires ou sels. — Pour ces sortes de composés, la nomenclature française sous-entend que, dans la constitution du sel, l'acide et la base, quoique intimement liés, restent distincts. Cette hypothèse, qui n'est pas admise par tout le monde, s'appuie cependant sur quelques faits importants réunis dans ce qu'on appelle les lois 'le Hertholltt. On peut, par exemple, chasser l'acide d'un sel, soit par la chaleur, soit par un autre acide, sans que la base ait été en rien altérée.

Il faudrait donc que la base se fût reformée pendant la réaction, si les éléments de l'acide et de la base avaient été unis dans le sel, de telle façon que ces deux composés binaires n'aient plus eu d'existence propre.

Dans l'hypothèse sous-entendue dans la nomenclature française, on peut dire que les composés terniures sont des combinaisons binaires de second ordre.

Le nom d'un sel est formé de la combinaison du nom de l'acide et de celui de la base ; le premier indique le genre, l'autre l'espèce. Si l'acide a un nom terminé en iqne, le nom générique du sel se termine en nie, et le nom spécifique est celui de l'oxyde qui joue le rôle de base. L'acide azotique en se combinant à de la potasse ou oxyde de potassium formera de Vuzoïate de polaise.

On dira de même :

Azotate de deutoxyde de mercure ou azotate mercurique ;

Sulfate de protoxyae de fer ou sulfate ferreux ;

NOMENCLATURE

NOMENCLATURE

Pliosplmie ilf c/i(iux;

Ciirhuiie rlf priitoxijde île plomb ;

Ar^t'iitiile Ile /lofusse ;

C/rnra/i: lie poliiS!te, etc. ; ces noms indiquent

es combinaisons des acides azotique, sulluWque,

)liospiiorique, carbonique, arscnique, clilorique

l'ec les oxydes dont les noms suivent les mots

erminos en aie.

Si, au contraire, l'acide porte un nom terminé ni eiir, le nom générique du sel sera lormé par e remplacement de ctix par iie. On dira : ArsénUe le siiiide, phO''plnle île chaux, sulfite de soiiflf, izolili' lie polavie, pour représenter les sels formés les acides arsénieux. phosphoreux, sulfureux, azoeux avec les bases dont les noms suivent les mots KTminés en ite.

On nomme seli ncides les sels qui renferment plus d'acide qu'il n'en faut pour saturer la base. (Vinsi on connaît deux combinaisons de l'acide sulfureux avec la potasse : l'une renferme deux fois plus d'acide sulfureux que l'autre pour le même poids de potasse; la première s'appellera liisulfite de potasse, la seconde sulfite neutre de potasse. On dira de même : sulfate neutre de passe et bisulfate de potaxse.

On connaît trois carbonates de soude, dont les quantités d'acide carbonique pour un même poids

de soude sont entre elles comme I, ^, 2; on les

appelle : Carbonate de soude, sesquicarbonate de onde, bicarbonate de soude.

D'antres sels contiennent un excès de base : on les appelle sels bu.siques. Tels sont : le sous-sulfate du bioxyde de cuivre, le sous-azotate de bismuth; on dit souvent de cuivre, de bismuth, de pininb, etc., au lieu de dire il'oryde de cuivre, d'o.ryde de bismuth, d'oxyde de plomb, etc.

Lorsqu'une certaine quantité d'acide se combirir :i diverses quantités d'une même base pour Ifiiiiiei- plusieurs sels différents, celles-ci sont '■inr,' olles comme (, 2, 3, et on le rappelle par les mots luoiio, bi, Iri placés en avant du mot l"ish/ite. Ainsi les expressions :

Azotate de deutoxyde de mercure monohasique ; Azotate de deutoxyde de mercure bdjasique; \zoiate de deutoxyde de mercure Iribusique, i-oprésentent trois sels formés d'acide azotique et d'une môme base, le deutoxyde do mercure, mais on proportions telles, que, pour une môme quantité d'acide, il y a dans le 2° deux fois plus de base, et dans le 3" trois fois plus que dans le premier.

Sels doubles. — Un sel peut se combiner à un autre sel en formant un composé tinaire de troisième ordre ou qua ernuire et qu'on appelle un ■<el double. Ainsi, si on verse du sulfate d'alumine dans du sulfate de potasse, on obtient de petits cristaux à'aluu: l'analyse de ce corps montre qu'il 'SI. forme par la combinaison des deux sulfates. On lo nomme sul/ate doub'e de potasse et d'alniiiiiv. C'est en s'appnyant sur cette hypothèse, reposant du leste sur un grand nombre de faits, qu« Berzelius, le célèbre chimiste suédois, a exprimé l'idée que toutes les combinaisons chimiques se faisaient entre deux corps : simples pour former un composé binaire ; binaires pour former un composé ternaire ou sel ; ternaires pour former un composé quaternaire. C'est cette manière de voir qu'on a appelé la théorie dnnlistique. L'étude des composés organiques l'a mise en défaut malgré les efforts de son illustre auteur (V. Chimie organique). Aujourd'hui, comme plusieurs autres théories qui l'ont successivement remplacée, elle représente une partie, mais une partie seulement de la vérité. C'est ainsi que notre insatiable et légitime désir de tout expliquer par ce que nous savons déjà, nous porte à |

faire des théories générales qui embrassent tout, mais que nos connaissances si incomplètes rendent forcément imparfaites et provisoires.

Formules chimiques. — Les formules chimiques sont les expressions abrégées et exactes de la composition des corps ; elles représentent non seulement les corps simples constituant un corps composé, mais aussi les proportions suivant lesquelles ils s'y trouvent unis.

Les noms dos corps simples s'écrivent par leurs symboles qui sont formés par la première lettre, ou par les deux premières du nom français ou de son équivalent latin ou arabe, ou par les deux premières consonnes, ou enfin par les deux premières consonnes des deux premières syllabes; c'est l'usage qui les apprend. Nous allons donner la série des symboles des principaux corps simples :

KOMS

SÏMBOT.ES

Hydrogène .

OxygèiiP . . .

Soufre

Sélénium...

Se

Tellure....

Te

Azote

Az

Phosphore..

Ph

Arsenic. ...

As

rhlorc

Fluor

Bi'ônie

Br

lod,.

r.iu-honiy....

Bore

Bo

Potassium..

K (kalinm)

Sodium ....

Na(nn(nu»!)

Daryuni....

r.alcium. . . ,

. Ha

Magnésium.

Aluminium.

. Mg . Al

Manganèse .

r.hrôme . . . .

. Mn

Fer

. Fe

Zinc

. Zn

Plomb

. Pli

Elain

Antimoine., r.uivre

Sn {stajutum) . Sb {stibium) . Cu

Argent

Ag

Platine ...

PI

Mercure. . . .

Itg (liydrargyrum).

Pour obtenir la formule d'un corps composé binaire, on place à côté l'un de l'autre les symboles des corps simples qui le constituent.

Ainsi pour représenter l'eau, qui est formée par de l'hydrogène et de l'oxygène, on écrira HO. La formule 00 représentera de l'oxyde de carbone ; CaO, de la chaux ou oxyde de calcium.

Le symbole d'un corps simple ne représente pas seulement son nom, mais encore la proportion suivant laquelle il entre dans la combinaison, en un mot son èquivnlenl '. Ainsi HO n'exprime pas seulement que l'eau est formée d'hydrogène et d'oxygène, mais encore que ces doux éléments y entrent dans la proportion de I à H, qui sont les équivalents de l'hydrogène et de l'oxygène.

CaO indique que dans la chaux le calcium et l'oxygène sont combinés dans la proportion de 20 à (S, ces deux nombres étant, le premier l'équivalent du calcium, le deuxième celui de l'oxygène. SO-i, formule de Vai.ide sulfurique anhijiire, exprime que ce corps composé est formé par du soufre et de l'oxygène dans la proportion de IG à 3 -|- 8, c'est-à-dire de I équivalent de soufre pour 3 équivalents d'oxygène. D'après ces exemples, on comprendra tout de suite les relations de composition qui existent dans les séries suivantes :

CIO. Acide hyperchlopeux.

C103, — chloieux.

CIO'., - hjperelilorique.

C105, — rhlmique.

CW, — pcichlorique.

MnO, Proloxyde de manga-

Mn^O-*, Sesquioxyde de man-

Mn02. Bioxyde de manganèse.

MnOa. Acide manganique.

Mn^O'ï, Acide permanganiqiie.

.\zO. Protoxvde d'azote.

Az02, Bioxyde d'azote.

AzO-^, Acide azoteux.

AzO^, Acide hypoazotique.

AzO^, Acide azotique.

KeS, Protosulfurc de fer.

FcSS', Sesquisulfure de fer.

Formule d'im corps binaire de deuxième ordre ou sel. — On sait qu'en versant de la potasse dans de l'acide sulfurique ou réciproquement, on obtient

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