II. Orthographe des phrases. — L orthographe
' uement dans l'applica-
Lion, règles qui dé-
réelleraent digne de
ce nom.
La lionctuotion consiste à marquer, pardos signes convenus, les divisions ou la fin des phrases (signes objectifs), et la manière actuelle dont nous considérons telle ou telle proposilion, tel ou tel membre de la proposilion (signes snh/edtfs). Les
lide cônîme ré muet : l'âme, ,e l'n, vue, s'il pleut, signes objectifs sont : le point (.), le s gne ûe Les accèrî;/to"7s qu'il ne faut pas confondre 1 ponctuation le plus fort et qui se met à la hn de Les accents eu Us, qu ^p^^^ ^^ ^^^.^ , v^ ^^^^^^ ^^^^^ indiquer que le sens est tou à fait
é. l'accent orave , terminé ; la virgule (,), le signe de ponctuation le plus faible et qui s'emploie dans la phrase de subordination pour séparer, dans certains cas, la
avec l'accent tonique, sont au no l'accent aigu ('), comme dans café, l'accent grave ("), comme dans père, et l'accent circonflexe ("^ comme dans fête.
"L'accent aigu se place ordinairement sur tout proposition subordonnée de la P,^|"'=iP^'^' ,«' f.^"' ^r"îe^^inant^a^syllabe.^xceptéqua.idcet;|a^phras^
qui expriment ibies que le
e es suivd'ûê syllabe muette finale, auquel cas ! pour en séparer les termes s.milau-j
es quand . n'est pas le signe du pluriel : abcès, | P«;f • Pj^^^^f'^^f g^nerl dl séparer les propositions coordonnées, soit de marquer les divisions
pôle, dôme, cône.
On emploie encore l'accent grave et l'accent circonflexe comme slgno purement diacritique, c'est-à-dire qui sert à distinguer les mois sans influer aucunement sur la prononciation : a. préposition, et a, verbe; l't, ça, oit, adverbes, et la. article, ça. pronom, ou, conjonction ; — jeune, 7/iiir sûr, crû, dû, ot jeune, mur, sur, cru, du.
Le's lettres majuscules sont aussi des signes diacritiques qui servent à distinguer des noms communs les noms propres et les noms communs employés comme noms propres ; le Portugal, t Académie française, etc. On peut encore considérer
signe de ponctua-
quant une separ
aussi être considéré comme
jjQP V Piinii"-'''"n.
ni Variations de 1 orthographe. — L'orthographe de l'ancienne langue était indécise et flottante, mais elle se distinguait par une grande simplicité et, en somme, elle dillorait moins de lorthographe actuelle que de celle de Rabelais ou de Montaigne. Voici comment M. Rracliot a résume ces variaiions de notre ortliograplie :
u II n'existe, en théorie, que deux systèmes d orthographe : le premier qui liKure exac-eraent l.i prononciation ou orlliographe phonétique; le se-
ORTHOGRAPHE
ORTHOGRAPHE
coud qui s'altaclio plutôt i rappeler l'origine du mot et est dit ortliograplie iHj/mulDi/ii/ui;. L'oriliogi'aplie plion6tir|UO, exacte peiiiture de la voix, n'admet que des lettres vivantes ou pronoucées : elle écrira filautropie , oi'/elùi, fitoiofin, comme muis écrivons faisan (do /ihasianos'', fanlnisin (du grec phantasia), fantôme (de iiliantnsma). A coté de ces lettres actives, l'orthographe étymologique admet, au contraire, des lettres mortes, qui rappellent aux yeux l'élymologie, mais qui ne jouent aucun rôle dans la prononciation ; telle i:st, par exemple, la consonne p dans exempt i,de ftemplus), baptiser (de baplizare) : dans ce système on écrira phaisan, pliantaisie, phiinto^nif ; sH/'et, venant de sufijectuin, sera orthographié su'iject, etc.
» Au point de vue do la pure logique, le système phonotique est la seule orthographe rationnelle; l'orthographe étymologique .manque en effet de base, puisqu'elle ne s'appuie que sur l'orthographe d'une langue antérieure, et que d'autre p;irt elle suppose arbitrairejnent que les étymologios sur lesquelles elle se fonde pour imposer aux mots telle ou telle lettre parasite sont indiscutables. D'ailleurs, l'orthographe d'une langue, comme la langue elle-même, n'est point faite pour quelques lettrés, mais pour l'ensemble de la nation : le /■ de faisan n'empêchera pas plus l'helléniste de reconnaître dans cette forme le grec phasianos que le j)h de philosiplue n'aidera les illettrés à retrouver l'origine du mot.
" De ces deux sy.stèmes orthographiques, le moyen âge, à l'origine, adopta le premier, la langue de la Renaissance adopta le second, et notre orthographe actuelle est le résultat d'un compromis très arbitraire entre les deux. Le moyen âge chercha d'abord à modeler l'orthographe sur la prononciation : au xii' siècle on écrivait comme aujourd'hui neveu (de netiotrm), recevoir (recifiere), ensevelir (insepelire) ; le xvi" siècle, pour rapprocher ces mots de leurs originaux latins, écnvit /<e/iye//, recupvoir^ R7tsepvi'lv\ sans se douter que le p Utin existait déjîi dans tous ces mots sous la forme du v; do même les formes du xii' siècle devoir [debere), fièvre (februn), février (frbruarium), sont devenues auxvi' siècle aeifoic, fiebvre, febvrier. Le moyen âge, changeant le d latin on it, écrivait lait {Iwtem), fait {fadu-n), iriiil [tractuin], nuit [noctem); le xvi« siècle refait ces mots en laict, traict, faic't, nuict. Cette reclierche d'orthographe érudite, quiavait commencé dos le xv= siècle avec les clercs et les premiers i);iducteurs des livres de l'antiquité, s'accrut d une manière démesurée sous la Renaissance, pav l'influence que prennent alors les imprimeurs orudils : Robert et Henri Estienne surchargent les éditions sorties de leurs presses d'une foule de lettres parasites empruntées i l'orthographe des langues anciennes. 'Cette invasion de lettres muettes jette un tel trouble dans l'orthographe, qM'une réaction en sons inverse ne tarde point à Si' produire. Meigret etrillustre Ramus, qu'approu- VMil Ronsard, Du Bellay et toute l'école nouvelle, tentent contre les Estienne et l'école des éli/niot'^jistes^ de ramoner l'orthographe au pur système poonetique. Cette tenutive échoue, et l'orthograpiie étymologique persiste, en s'allégaant, quelque peu, jusqu'à la fin du xvii» siècle. Malgré les efforts de Corneille et de Bossuet, l'Académie conserva presque intact ce sysième orthographique dans la première édition de son Dictionnare (i'i94); elle proscrivit même l'usage des accents o: ne jugea point à propos d'adopter l'orthogriphe de Richelet, qui écrivait télé pour leste, épée pour e--pée, etc..
» Ce fut seulement en n40.d-ins sa troisième e.lition, que l'Académie remplaça par l'accent l's étymologique; elle écrivit alors tête, épée, apôire;
elle supprime de même le d muet de advoeat, ndvenlure, etc., qu'elle avait jusque-là conservé. Mais elle n'osa point aller jusqu'au changement de ni en ai que Voltaire proposait, et jusqu'en 18.38, elle écritye conîtoissois^ il étoit, il marchoit ; ce fut seulement dans sa sixième édition que l'Académie sanctionna la réforme voltairienne.
» Notre orthographe contient, malgré ces utiles réformes, plus d'un reste de la manie érudite du svi" siècle : le moyen âge écrivait autr-' (alter), paume (palmaj, pous (puisus) ; le xvi' siècle, aultre, paulrn-, poult ; nous avons repris pawiie et autre, mais nous avons gardé ponts. Le moyen âge disait oser (otisare;, oreille ('/iiricula), p -vre [\>auper), trireau (tawrellum), acheter (acca;)'are), baliser (bap/izare), dérou/e (derup/a), escri^ (scri/)(us); le xvi" siècle, '/Mser, awreille, pauvre, taureau, et de même aclia/j<er, ba/Wiser. dérou/j^e, escripi. L'orthographe moderne a repris oser, mais non povre ; oreille, niiiis non t ^reau ; acheter, mais non ba/iser. Les lettres doubles qui infestent notre vocabulaire sont encore l'héritage du xvi° siècle ; nous écrivons arbitrairement et sans aucune raison d'étymologie, ni de prononciation : aba(is et aba<to'w, — chan-etier et chariot, coureur et cou/rier, — timo'iier et cano;i7iier, canto?ial et cantoïi«ier, félonie et baro«/iie, patroHal et patro;i«er, to/mant et déto/iation, — agrandir et aj(/raver, a/daoir et ap/;laudir, a/i^-auvrir et apercevoir, etc.
» Le moyen âge écrivait nacion, porcinn. Au lieu de garder cotte orthographe qui nous permettait de conserver au t un son unique, les latinistes rétablirent dans tous ces mots le ti latin : de là les inconséquences de prononciation telles que les édit oris et nous éditions, les portions et 710US apportions, les inspections et nous inspections, etc.
» Cette orthographe dite étymologique, qui ne représente pas la prononciation, devient même tout à fait arbiiraire quand elle repose, comme cela est arrivé plus d'une fois au xvi" siècle, sur une étymologio erronée. De même que peser vient de pejuaie. le latin pensum (au sens de poids) donna le vieux français poi-, comme mensis a donné mois, tensa toise. Le xvi' siècle, qui tirait pois de pondus, voulut conformer l'orthographe du mot à cette fausse étymologie et écrivit poids, dont nous avons hérité et qui sous cette forme a perdu, en apparence, toute parenté avec peser. ^
» Il est à souhaiter que, dans la septième édition qu'elle prépare du Dictionnaire de l'usage, l'Académie, qui a déjà fait en lS3i tant d'utiles réformes dans notre orthographe, persiste dans cette voie en supprimant la plupart des doubles lettres et en bannissant bon nombre de ces prétendus signes étymologiques. » [ISràchet, Morceaux choisis dcf yunds tc-'.t) dns du xvi" siècle, p. LXXIU.)
Malheureusement l'Académie n'a pas répondu à cet appel, et la septième édition de son Dictionnaire, qui a paru en IS77, n'a guère amélioré notre orthographe. Non seulement l'Académie n'a pas fait disparaître les anciennes bizarreries de cette orthographe, mais elle y en a ajouté de nouvelles et elle n'a pas même su éviter les contradictions. Voici à ce sujet quelques indications sommaires qui pourront être utiles aux maîtres ausîi bien qu'aux élèves.
Emploi des voyelles : l'Académie continue à écrire les voyelles muettes môme quan 1 elles sont complètement inutiles, comme dans bœuf, 'iiœurs, loast, paon, heaume, etc; elle supprime le e étymologique dans Voir et le conserve dans seoir, mais olle écrit je surseoirai ol j'assoirai, etc.
Emploi des consonnes : capricwd, fabricant, provocant, suffocant, vacant et chof/ lant, marquant, pratiqu 'nt, trafiquant,e\,c ; excédant fparticipe) et excédent (adjectif), excellant et excellent, néyligeunt et négligent, etc. ; — aphte, apo-
ORTHOGRAPHE
ORTHOGRAPHE
phtegme, autochtone, diphtongue, hémorragie, \gle-né, nouveau-né, nouveau venu, court vêtu; hérrwti oïiles, hi/poco7idre, ichtyophagf, opidalmie, corps-saint, corps de ganle; eau-de-vie, enu de phtisie, rythme, etc. : rapsode et rhapsode, flegmi', rose ; état-major, tiers état ; haut- fond, haut fouret phlegrne, frénésie et phrénésie. para/e et pa- neau; faux-fuyunt, faux frais, faux mmnayeur; rophe, fantasmagorie et pliantasmugorie, parélie francs-tireurs, corps francs; pied-de-cliat, pied et parhélif, etc. de l/œuf; pot-mi-feu, pot pourri; c'est-à-dire, cest
Doublement des consonnes : l'Académie a éga- à savoir; au-devant et au deliors, au-d' ssus, aulisé rorlliograplie des mots assonance, cnnsoiumce , dessous et en dessus, en dessous; là-dessus et là et dissnn'-m-e, emmailloter et démailtoter; mais dedans; ici-bas, là-bas et en bas; là-fiaut et en elle continue à' écrire résonner, résonnutit et ré- \ haut; par-ci p^r-là et par in) par là, par deçà; sonance ; consonne et consonont, consonance ; abat- par-devers, par-dessous et jjar devant sa chambre tre, abattement et ahatage, abatis (à côté de lattis); (mais par-devant notaire) ; très bon, trotte menu ; assujettir et nssujétir, carotte, calotte et compote, havresac ; morte-eau et eau morte; un téte-à-téte camelote; ballotter, culotter, crachotter,dccrutt'-r, et tête à tête 'adv.), avenir et à-venir (subst.); grelotter, gar' tter,eXt.., et barboter, chevrot'r, cla- rouvieux ou loux-vienx; bis-blanc et pain bis ; poter, caillouter, lorloter, fricoter, grignoter, an homme bien-disant, de soi-disant docteurs, à gigoter, etc. ; tabletterie et buffleterie ; sijfler et bras-le-corps, acompte, afin, atour, averse et à persifler, gifle ; souffler, essouffler et boursoufler, verse, à-coup, à-propos, à vna-Veau, etc.; contreemmitoiifler, etc.; chamtte, charrue et chariot; bawle, contrepoison et contre-ordre, contre-poil, courrier et coureur; baronnieet félonie ; cancaner etc.; endos, encaisse, entrain, en-téte, en-cas; enet camionner; bananier, marinier, nautonier, ti- trecouper, entrelacs, entrecôte, entresol, entremets monier, etc., et bâtonnier, braconnier, chiffon- et entre-bdilter. entre-temps, entre-voie, etc. ; nier, marronnier, prisonnier, vannier, etc; imbé- ' soucoupe et sous-sot, etc.; surpoids, surtut et cile et imbécillité; accourir et acoquiner, atlen- ' sur-arbitre, susdit et sus-énoncé, etc. ; malsain dre et atermoyer, approfondir et aplanir, ullon- et mal-cire, mal-oppris ; non pareil et non-sens, ger et alourdir, etc. non-payement, non seulement, les gens non inlé-
Emploi de la cédille :rfouc«î<w au lieu de rfo!«- ressé^', etc.; boutefeu et boute-en-train; cuilleçâtre. botte et caille-lait; claquedent et casse-cou; léche-
Em'ploi des accents : l'Académie écrit mainte- frite et à léche-a'oiyts; passavant, passeport, pasnant je siège, d'après la règle générale, mais elle sepoit et passe-debont, passe-droit, pusse-partout, maintient l'ancienne ortliograplie dans tussé-je, passe-temps, etc.; porteballe, portecrayon,portedussé-je, etc.; elle écrit avec l'accent grave ba- faix, portefeuille, portemayiteuu et porte-aiguille, rrme, orfèvre, poète, sève, troène, prèle; avecVac- porte-clefs, p'.rte-drapeau, porte-liqueurs, portèrent aigu : énamourer (contrairement \k l'étymo- montre, porte-voix, etc. ; coivlamnulion par corps logie qui exige e7iamourer, comme enivrer, enor- elle par-corps; quant à moi et le quant-à-n.oi, gueillir, etc.). goéland, goélitte, goémon, pépin, bien fnre et le bien-faire, cette description est pépie, pétiller ; avènement , affrètement, soutène- \hors d'œuvre et un lors-d'œuvre. crier sauve qui ment, tènemint et événement; complètement, dià-^., peut et ce fut un sauve-qvi-peut. et complètement, subst. ; règlement et dérègle- , Ponctuai ion : Vive la liberté! et vive le vm. ment, subst., et règlement, déréi/lément, adv. ; Ah! mon Diu,qu'avez-ious fait? Eh! mon bieu, réclusion et réclusion, celer et celer, etc. L'Acadé- laissons cela. Ah! quelle chute! et : Oh Ineu, que mie écrit maintenant sans accent circonHexe : gaine je souffre ! Oh çà, parlons de nos affaires. 0 tcaips, et gainier, goitre, levure, masse et masser (termes â mœurs ! 0 mon Dieu ! — Plaise à Dieu qu il re- 6e jeu); elle admet également aboiement et vienne sain et sauf! Plût à Bieu que cela fui, etc. aboiment, dénouement et dénoûment, dénuement IV. Rétorme de l'orthographe. — Comme on et dénùment, engouement et etigoùment, en- l'a vu plus liaut, l'orthograplie de 1 ancien franjouement et enioûmeyit, etc. Elle écrit angélus , çais était très simple et en somme beaucoup plus et angélus, ad hoc et ab hac, optime, nec rationnelle que celle qui l'a remplacée après la plus ultra, a posteriori, a priori, vice versa et à Renaissance. Gttte orthographe moderne de Maminimâ, med-culpd, nota benè, sine quà non; rot et de Rabelais, toute hérissée de lettres eiysoul, sower et saoul, saouler ; palustre et palâtre; mo\og\i:\ne& mntWes, dont trois siècles n ont pu trinôme et binôme, monôme, etc. ' nous débarrasser entièrement, est encore la no-
Emploi des majuscules : amen et Ave; les an- , tre aujourd'hui, sinon dans les détails, du moins techrisls et Y Antéchrist; le Bas-Empire et la dans l'ensemble. Il y a là une tradition d autant basse Bretagne, les busses Pyrénées; le Très-Haut, plus puissante qu'elle remonte à une époque ou le haut /iAi'sun liant pays, le haut mal; VEsprit- '. la langue française s'est fixée et est entrée dans Saint, VEaituresamle, hsainte Vierge, la sainte la phase classique de son histoire, et cest prect- Famille, la sainte Bible, les lieux suints, le saint \ sèment à cause de cette tradition que toute relorsépulcre; saint Jean, la Saint-Jean, le saint-père, i me radicale de l'orthographe française est entou- \e saint-siège, le saint-office, le ia«i<-e??îpi>e; ' rée de difficultés presque inextricables. Noire-Seigneur ; le conseil des dix, les dix, les | 11 est bien prouvé cepc ndant que de tous les Seize, \esQuurante;]î Grammaire de Port-Royal •■ idiomes romans, c'est le français qui possède le et le dictionnaire de l'Académie ; un bon barème, .système orthographique le plus défectueux, c'est un ion Bai ème; la satire mc7iippée et U Mé-\ Ce système a en eflet deux défauts bien graves: nippée; le Pont-Neuf, le Long parlement, le )• 11 manque de signes simplf» pour exprimer Thédlre-Francaic,la. Comédie française, lesFrancs des sons simples, savoir . les voix pures que nous saliens, les girondins, les trois heures; c'est un représentona par les combinaisons de voyelles ou S'ivoyard (homme grossier), un scapin, un séide, et eu; les voix nasales, de a, de e, de o et de eu, c'est son sosif, un se/-i'ice de sèvres, une garniture qui se rendent par une voyelle suivie de n ,on m , de vulenciennes, etc. c'est à-dire la nasale de l'a par an ou e«,la nasale
Emploi du trait d'union : l'Académie écrit un de l'e parain, ein ou in, la nasale.de l'o par on et blanc-seing et un blanc seing, un acte sous-seing , la nasale de l'eu par un ; la chuintante forte que privé et un acte sous seing privé, un sajis-cœur nous représentons par cA, et enfin les consonnes et un soîis cœur, le sans façon, le sans gène, le mouillées dont la notation par ill et gn est très libre-échange et le libre échange, le coton-poudre défectueuse, parce quo ;// et yn ont une double et le coton poudre, la gomme-résme et la gomme valeur phonétique, comme on peut le voir dans résine, le laisser-aller et le laisser aller, \e qu'en- les mots, fille et ville, agneau et ognus, etc. dira-t-on et le qu'en dira-t-on; clairsemé, aveu- 1 'i" Certaines consonnes ont en français un dou-
ORTHOGRAPHE
ORTHOGRAPHE
l>le ou niCnie un triple emploi, d'où il résulte que lo mùiiK! son peut se rendre par plusieurs signes, comme l'y forte, qui est représentée par s, s.f, c, ç, t et X, comme dans sel, /jo^se, ceci, maison, nntion, soixante. Ces emplois multiples de la môme lettre sont très fréquents et compliquent inutilement notre orthographe.
l'our que cette orthographe fût complètement rationnelle, il faudrait : 1° que chaque son fût représenté par un signe distiiict, et 2° que chaque signe ou lettre eût un son qui lui fût propre et ne servit pas à marquer d'autres articulations. Plusieurs essais de réforme ont été tentés dans ce S(!ns, afin de rapprocher l'écriiure le plus possible de la prononciation. Après Mcigret et Ramus, dont nous avons déjà parlé, on peut citer parmi les réformateurs les plus marquants : au dix-septième siècle, Cliiflet, Ménage, l'abbé Dangeau et-Richelet; au dix-huitième, Regnior-Desmarais, Buftier, l'abbé Girard, Dumarsais, Duclos, Wailly etBoauzée ; et dans notre siècle, Domergue, Volney, Marie, Féline, Erdan, Raoux et Ambroise-Firmin Didot. Mais ces tentatives ont toutes échoué, parce que la plupart ne tenaient pas assez compte, soit de l'étymologie, soit de la flexion et de la dérivation des mots.
Et cependant l'orthographe se modifie constamment et insensiblement dans le sens d'une plus grande simplification « On n'a, dit Littré, qu'à comparer l'orthographe d'un temps bien peu éloigné, le XVII» siècle, avec celle du nôtre pour reconnaître Combien elle a subi de modifications. Il importe donc, ces modifications étant inévitables, qu'elles se fassent avec système et jugement. Manifestement le jugement veut que l'orthographe aille en se simplifiant, et le système doit être de combiner ces simplifications de manière qu'elles soient graduelles et qu'elles s'accommodent le raii'ux possible avec la tradition et l'étymologie.» (Histoire de la Imir/ue française, I, H?7.)
Voici, croyons-nous, les améliorations de détail qui auraient le plus de chance d'être adoptées, parce qu'elles constitueraient, non pas une révoiulion, qui bouleverserait toute noire orthographe, mais une simple évolution, qui pourrait s'opérer tout naturellement et pour ainsi dire sans secousse.
1° Remplacer l'y par i dans tous les mots d'origine grecque, où il a le son de cette voyelle ; on écrirait donc annlise, sttle, comme l'on écrit amidon, cristal, au lieu de annlijse, style, umi/ilon, crystai, et l'on conserverait Vr/ comme lettre française avec sa valeur propre à'i consonne (y espagnol,y allemand), telle qu'elle s'est conservée en général, sauf après l'a où y vaut aujourd'hui deux i dont le premier se combine avec ia de manière h former le son c, tandis que le second est un i consonne qui commence une nouvelle syllabe, de telle sorte que pai/er sonne comme pai-i/er, ce qui n'était pas le cas dans l'ancienne langue où l'on prononçait pn-ycr sans modifier le son de l'a, prononciation qui s'est conservée dans les noms propres, comme Bai/onn-', Mayenne, et même dans quelques verbes et noms communs, tels que bayer, muyonnnise, etc.
2" Supprimer la lettre h partout où elle est inutile, ce^t-à-dire au commencement des mots, quand elle est mu"tte, et dans les combinaisons ch ayant le son de c dur, rli, th, etp'i, qu'on remplacerait par f; on écrirait donc iver, arcuïsme, cro'iique, rétorigue, rul/arbe, atlète, m'tO'le, alfahet, épitafe, comme étique, colère, école, rapsode, trésor, faisan, fanal, fl-yme, soufre, qu'on écrivait autrefois/ierii9U.,V./,o/(!,.e, escole, rhapode, tlirésor, ptwisan, phanal, pldeyme, sonplire ; il n'y aurait d'exception que pour quelques mots où e'i sonne comme c dur devante et i : arJ(éologi ', ecchymose, mnlacliite, orchestre.
3" Remplacer partout l's faible par z et écrire poizon au lieu de poison.
4" L'emploi de l'accent circonflexe est tout particulièrement abusif; car, si ce signe doit indiquer l'allongement de la voyelle, il y a beaucoup de voyelles qui ont l'accent circonflexe, bien qu'elles soient brèves, comme o dans hôpital, tandis qu'une foule d'autres ne l'ont pas, lors même qu'elles sont longues. Il serait donc préférable de supprimer partout ce signe et de le remplacer, sur l'e terminant la syllabe, soit par l'accent grave dans la pénultième tonique, soit par l'accent aigu partout ailleurs ; on écrirait donc sans accent jimlel, conmme on écrit ohjet, mais avec l'accent grave fête, hlème, et avec l'accent aigu fêter, blêmir, etc. On pourrait peut-être conserver l'accent circonflexe dans les mots tels que dcre, bdilhr, chasse, jeûne, mâtin, pêcher, tâche, mûr, sûr, crû, dû, pour les distinguer des homonymes acre, bailler, chasse, jeune, matin, pêchi'r, ta-he, mur, sur, cru, du.
b" Dans les consonnes doubles, il n'y a que la seconde qui se fasse entendre, la première est nulle. L'Académie et tous les dictionnaires, depuis celui de Boiste jusqu'à celui de Littré, disent qu'on prononce quelquefois les lettres doubles, comme pp dans appétence, mm dans imnvvulê. Il dans illustre, etc. Rien de plus contraire au génie de notre langue. On ne peut d'ailleurs émettre deux fois de suite le même son-consonne, par ex. Il dans illustre, sans séparer les deux articulations par une voyelle, si faible qu'elle soit, comme l'e muet dans le lustre. Il faut excepter les consonnes c et </ devant e, i : accès, siygérer, parce qu'alors le premier e ou ^ conserve le son guttural qui lui est propre, tandis que le second c prend le son d's et le second q le son de ,/'. Sauf dans ce dernier cas, les doubles consonnes se prononcent donc comme les consonnes simples, et l'on simplifierait beaucoup l'orlhographe si l'on supprimait toutes celles qui sont nulles, en écrivant, comme dans les premiers temps, acroire, agraver, atendre, aservir, apeler, an^ncer, ahiiter, aroser, doner, courone, somet, volée, etc. Par cette réforme on rendrait uniforme l'orthographe de tous les verbes en eler et eter: il yle et il appelé (au lieu de appelle), il achète et il jètc (au lieu de jelt'') .
C Supprimer dans l'intérieur des mots toutes les consonnes parasites, comme p dans baptiser, compter, etc.
1" On a vu plus haut que, pour l'emploi du trait d'union, l'Académie ne suivait aucun système et qu'elle tombait dans les plus étranges contradictions. Pour sortir de ce dédale et simplifier l'orthographe des mots composés, il n'y a qu'un moyen, c'est de les réunir le plus possible en un seul mot. Nous renvoyons pour les détails de cette réforme à l'ouvrage de Didot sur l'orthographe et à celui de M. Darmesteter sur la formation des mots composés.
8" Substituer l's à l'x dans les noms et les adjectifs qui prennent cette dernière consonne comme marque du pluriel ; on écrirait donc les beaus bafraui et non pas les beaut hnteaux. On étendrait plus tard cette réforme à tous les mots où la consonne finale a; a la valeur de s, comme dans je veux, heureux, etc.
Nous nous arrêtons ; peut-être est-ce déjà trop pour la routine, si puissante partout, mais plus particulièrement sur le terrain de la grammaire et de l'orthographe. Il faudrait donc ajourner les autres modifications à introduire dans notre système orthographique, comme l'emploi de y pour le g doux (;/ juija pour jugea), de / cédille pour distinguer les mots terminés en lie et tion, qui se prononcent tantôt avec lo son de t et tantôt avec